Le déficit budgétaire pas expliqué aux tout-petits

Tout commence avec un petit article de Libération. Je sais, c’est Libé, c’est donc facile de taper dessus. Mais c’est bon de rire, parfois. Alors, pour une fois, plaçons nous dans l’optique de celui qui produit l’étronarticle en question.

Bonjour les petits.

Je suis magicien, et, sous vos yeux ébahis, je vais de ce pas ne pas répondre à cette question que je pose au début de l’article:
« Pourquoi, depuis trente ans, le budget français n’a-t-il été équilibré qu’une seule fois ? Pourquoi notre pays est il plus affecté que d’autres ? Les travaux existants montrent que deux mécanismes expliquent bien pourquoi certains pays peinent à équilibrer les comptes publics de manière récurrente. »


C’est vrai ça, pourquoi ? On frémit d’impatience ! D’autant que ça fait un moment que des gens, de tous horizons, se la posent, cette question ! Alors ?

Alors ?

Eh bien c’est très simple: avec une petite explication neutre et qui englobe bien toute la complexité du problème, tout va devenir plus clair : « Une autre manière de le dire est que lorsque la droite fait des cadeaux fiscaux à sa clientèle politique, elle rend plus difficile pour la gauche d’augmenter le nombre d’enseignants dans le futur. »

Ça claque, hein ? Et puis, mettre en opposition d’un côté les enseignants que la gauche porte à bout de bras et de l’autre les cadeaux fiscaux à la « clientèle politique » qu’on suppose, d’emblée, pas composée d’enseignants, c’est très très malin. Et ça ne se voit pas du tout.

Poursuivons.
« Deux questions se posent alors : l’introduction de règles budgétaires contraignantes telles que celles envisagées aujourd’hui sont-elles efficaces ? et le remède est-il pire que le mal ? »

Rassurez-vous, encore une question à laquelle on n’aura pas à répondre. C’est Libé, hein, pas Alternatives Economiques Amusantes. Ainsi, quand on dit : « Il est utile d’analyser les expériences étrangères » … il faut comprendre en sus « …mais pas dans cet article.« 

Et si vraiment on veut tenter une analyse, on ajoutera plutôt :
« …puisque, depuis une quinzaine d’années, de nombreux pays, en particulier en Europe, ont introduit de telles règles. La réponse des travaux existants est que ces règles sont efficaces, elles amènent bien à une réduction des déficits. »

Voila.

Elle est pas belle, ma ‘nalyse ? Allez, circulez, y a rien à voir.


Ok, ok, ça râle un peu dans le fond, je vais donc faire un gros paragraphe bien baveux pour expliquer en détail. Ouais, je sais, j’explique pas vraiment, mais tu sais, c’est très compliqué, tout ça. Mate un peu :
« C’est que tous les déficits et toutes les dettes publiques ne sont pas mauvaises. En particulier, laisser les déficits filer lorsque la conjoncture est mauvaise (ce qu’on appelle les stabilisateurs automatiques)…

Remarquez au passage la jargonite qui permet de faire oublier quelques âneries comme « Faire des pertes, c’est sain »…

…est une bonne chose car cela permet à la puissance publique de se substituer à la demande privée (la consommation et l’investissement) quand celle-ci est défaillante et donc permet de stabiliser l’économie.

En plus, ça tombe bien : l’argent dégouline directement du ciel ; la puissance publique n’a donc nul besoin d’aller piocher dans les poches de la demande privée. Comme ça, ça ne manque à personne. La demande privée est contente avec ses poches pas vides, et la puissance publique est contente avec ses mains pleines de dettes.

Une trop forte contrainte fait donc peser le risque que les gouvernements soient obligés de baisser les dépenses pendant les phases de ralentissement lorsque les recettes fiscales sont mécaniquement plus faibles.

Et dépenser moins quand on reçoit moins d’argent, c’est mal. Parce qu’alors, ça rend plus difficile pour la gauche d’augmenter le nombre d’enseignants. Vous me suivez ?

Même si la proposition actuelle prend en compte les variations du cycle économique et n’imposerait pas l’équilibre chaque année, elle n’est pas sans risque. L’expérience des pays qui ont mis en place ces règles suggère qu’il existe un arbitrage entre l’efficacité de ces règles à réduire les déficits et la capacité de la politique budgétaire à stabiliser l’économie. Le véritable défi est d’obliger le gouvernement à présenter un budget en excédent lorsque la croissance prévue est au-dessus de la moyenne ce qui permettra de ne pas aborder un ralentissement conjoncturel complètement démuni. »


Tu n’y comprends rien ?

C’est normal : « Philippe Martin est professeur à l’université de Paris-I Panthéon Sorbonne. »

Eh ouais, je ne suis pas un journaliste ! Au passage, ça explique peut-être l’absence de fautes d’orthographes obscènes.

Bon, allez, ça me fait chier tout ce pragmatisme ! Vite ! Il me faut vite une conclusion dysfonctionnelle, quelque chose de bancal qui clos bien le débat. Disons par exemple que « La proposition actuelle laisse les mains libres au gouvernement actuel et sert surtout à lier celles du gouvernement de 2012. »

Comment ça, pourquoi ?
Tu rigoles ou quoi ? Je viens de te l’expliquer ! Et en plus, « Le débat économique et politique sur une règle budgétaire renforcée mérite mieux que ce stratagème et cette précipitation. ».

Bon, ok, c’est vrai, je suis prof, et on m’autorise a ouvrir ma gueule dans Libé, mais je ne vais pas fournir mieux. Oh non ! Je vais me contenter de dire qu’ il faut fournir mieux. C’est énergétiquement optimal (comprenez : moins fatiguant).


Bien.

Voilà, c’est dit.

Maintenant, je vais en réunion avec moi-même pour qu’on décide tous ensemble si on est d’accord sur le fait qu’on veut du café.
Apres, on fera une réunion pour discuter si on veut aller à la machine à café, pour chercher un café.

Crême ou lait ?

Sacré Libé… Si, quand vous en lisez les pages ou le site, vous entendez, dans le fond, de vigoureux coups de pelles, c’est normal et cela sera suivi, un beau matin, par les coups de marteau pour planter les douze clous dans la caisse en sapin.

Ce journal est foutu.

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