Une si jolie histoire d’ânes

Il circule actuellement sur internet une bien jolie fable sur des ânes, que certains, dans un manque flagrant (et pour tout dire un peu pitoyable) de culture économique, utilisent pour illustrer la crise économique en cours. Et comme elle semble attirer à elle les gens épris de métaphores, voici ma modeste contribution aux contes qu’internet relaie…

L'âne se marreAvant de vous livrer la version initiale de la petite fable, je tiens à placer ici un petit avertissement : aucun âne n’a été blessé ou mis en danger dans la réalisation de ce billet.

Je le dis d’autant plus facilement que j’ai du respect pour ces animaux qui, même si, à la base, se contentent essentiellement de transformer des mètres carrés de pelouse en crotte, ont contribué pendant des siècles à l’amélioration du niveau de vie de l’humanité.

Et mine de rien, c’est bien plus que ce peuvent revendiquer les politiciens, qui se sont toujours contentés de transformer le contenu de milliers de poches de contribuables en crotte.

Ceci posé, voici la petite histoire, brut de décoffrage.

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village.

Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.

Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts.

C’était, disait-on, inévitable.

Mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Bien évidemment, cette histoire est complètement caricaturale. Enfin. Pas tout à fait, puisque la partie concernant l’achat et la vente d’ânes est une tentative de « corner » sur un marché. Cela a été tenté, par exemple, sur l’argent, par les frères Hunt (je vous laisse regarder sur Wikipedia).

En pratique, on se rappellera qu’un tel corner est de plus en plus difficile à réaliser alors que l’économie s’est passablement mondialisée ; cela demande de la part de l’acheteur des moyens gigantesques… En fait, mis à part un état (et encore), en se limitant à des marchés très étroits, on ne voit pas exactement comment ce serait possible de nos jours.

Quant à la partie sur la mairie et la banque, elle illustre parfaitement le galimatias économique tiède dans lequel nage celui qui a rédigé l’histoire.

Ainsi, on notera d’une part que le « corner » d’un marché n’est pas, de près ou de loin, similaire aux montages financiers qui ont été effectués pour vendre à tous prix des biens immobiliers à des personnes insolvables. Le sauvetage de la banque prêteuse par la mairie ne correspond pas non plus au sauvetage des banques par les états, puisque ces derniers ont, comme en France, émis des prêts à ces banques… qui les ont remboursées avec intérêt.

Eh oui : les difficultés présentes des Etats sont en totalité dues à des endettements massifs souscrits bien avant l’ensemble de la crise de 2008 ; la situation économique de la Grèce était en réalité connue depuis bien longtemps, et tout le monde savait que ses comptes étaient trafiqués bien avant la chute de Lehman. La France avait déjà plus de 1200 milliards d’euros de dette en 2008 et sa Cour des Comptes a clairement expliqué que la crise elle-même ne représentait qu’un petit pourcentage du déficit qui s’est accumulé depuis.

Dans notre histoire, la mairie aurait donc été, avant même l’arrivée du cravaté, en situation d’endettement massif : le maire, en bon socialiste de droite ou de gauche, aurait souscrits de nombreux emprunts joufflus (toxiques pour certains) et il aurait bruyamment réclamé un effacement de ses dettes auprès de la banque en utilisant le bras armé de la loi au besoin.

En outre, en France, dès le premier achat d’ânes, le cravaté aurait eu à subir le passage des inspecteurs du travail et de l’URSSAFF, des impôts, de l’inspection sanitaire, ainsi qu’une ou deux associations de citoyens visant à défendre les ânes des persécutions qu’ils subissent.

Lors de la vente des ânes, l’Etat (en la personne du Maire) se serait octroyé plusieurs ânes de taxes, qu’il aurait ensuite tenté de revendre (à perte) au banquier, afin de récupérer une ou deux fausses factures et gonfler artificiellement les coûts de la Mairie afin, par exemple, de camoufler des frais de bouche particulièrement scandaleux.

Parallèlement, une association de riverains de nos deux lascars, échaudés par les braiments des bestiaux, se serait enquis des activités (lucratives) des deux cravatés et en aurait justement déduit qu’une bonne grosse louche de pognon pouvait être récupérée à condition de tanner suffisamment le cuir du Maire. Qui aurait cédé à la « pression populaire ».

En définitive, il est plus que probable que les deux lascars ne s’en seraient pas si bien sortis, sauf s’ils avaient eu la présence d’esprit de lancer, en parallèle, un petit commerce d’herbe à fumer qui fait rire, auquel cas la police les aurait laissés tranquilles histoire de ne pas déclencher d’émeutes chez les consommateurs.

Bref : l’histoire transposée dans un village réel en France ferait plutôt déprimer que réfléchir.

Et si vous voulez une autre histoire d’ânes, prenez plutôt celle qui se passe au PS actuellement : excités par un âne d’un autre village, les ânes du petit village Officiellement Socialiste se sont mis en tête d’avoir à choisir, démocratiquement bien sûr, un chef pour les représenter dans la course au Gros Picotin. Et comme il n’en restera qu’un, tous nos ânes se mordent les mollets à qui mieux-mieux pour savoir qui pourra courir pour le Gros Picotin.

Mais voilà : comment courir quand on a les mollets mâchouillés ?

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Commentaires54

  1. Raoul

    Je trouve votre comparaison de l’âne avec le politicien un peu biaisée: Tout le monde sait que l’âne bouffe aussi les orties et les ronces, qu’il lui faut quinze jours pour nettoyer ainsi un sous-bois en friche d’un hectare et qu’il défèque toujours au même endroit ce qui est très pratique pour nettoyer, tandis que le politicien…

  2. Pascale

    Ce qui est aussi fallacieux dans cette histoire c’est que le paysan de la vraie vie, loin d’être un spéculateur, prend rarement des risques et fonctionne sur « le bons sens ». Pour un paysan, « un tiens, vaut mieux que deux tu l’auras » et je vois plus le paysan mettre les 400€ dans un bas de laine, plutôt que de se lancer dans des spéculations financières…. sauf, bien entendu, s’il y est poussé et manipulé par l’État et les banques pour placer son pécule « sans risque ».

    1. Et on voit mal un paysan vendre son âne s’il en a besoin pour faire tourner sa ferme. Sauf si le prix lui permet de prendre sa retraite, hein.

    2. Philippe R

      Le bon sens paysan ? Quand les prix montent, la plus-part s’endette à mort pour acheter des terres ou des grosses machines sans penser aux lendemains, quand les prix baissent, ils défilent à Paris avec leurs tracteurs luxueux pour demander à l’Etat qu’il fixe les prix, ce qu’ils obtiennent.

      1. Pascale

        Je ne sais pas si ceux qui manifestent font partie depuis des générations d’une longue lignée de paysans. Mais ça m’étonnerait. Car les vrais paysans, et j’en connais beaucoup (je me souviens de ma grand mère qui fabriquait son beurre à la main tous les 15 jours, et il fallait que ça tienne 15 jours), considèrent que le lait est sacré et qu’en aucun cas on ne peut le déverser sur les routes quand on n’est pas content.

        C’est cela la vraie paysannerie avec le bons sens transmis de génération en génération. Ce ne sont certainement tous ces techniciens formés dans les lycées agricoles et qui ont choisi cette option plutôt qu’une autre. Ne pas confondre paysannerie et ruralité avec l’agriculteur. À notre époque ce sont deux notions bien différentes.

        1. fifou

          je connais aussi pas mal de Paysans et leur bon sens se resume au commentaire de Philippe R
          La mentalite reste de racheter toujours plus de terre,et effectivement ils ont tellement pris l’habitude de l’intervention de l’Etat qu’ils se desolidarisent completement de l’impact de leurs decisions
          Quand les prix montent, au lieu de rembourser leurs emprunts ils rachetent toujours plus de terres et du materiel, quand les prix baissent ils sont pris a la gorge vu qu’ils ont tout claque et reclament des subventions (d’ailleurs en ce moment, vu les marges, ca va bien, on n’entend pas les tracteurs devant les mairies, mais des que ca va ralentir…)

      2. Vous soutenez donc que les paysans, où qu’ils se trouvent, s’endettent toujours dès que les prix montent ? Ou soutenez-vous que ce comportement, marginal mais réel, n’est visible qu’en France, dans un pays à l’agriculture massivement subventionnée et sous plannisme étatique ?

        1. Philippe R

          Je parle de la France. Ailleurs je ne sais pas.
          Pour répondre à Pascale, les « jacqueries » font partie d’une longue tradition paysanne.
          C’est ce qui fait que leur corporation a toujours eu beaucoup de poids politique, même avec un faible nombre d’électeurs.
          En vérité ça fait tellement longtemps que l’Etat intervient pour leur sauver les miches qu’ils ont perdu tout bon sens de gestion.
          A l’époque de ma grand mère (qui était fermière), ils mettaient leur tas de fumier devant l’entrée de leur ferme et plus il était gros, plus ils étaient fiers. Aujourd’hui, c’est le tracteur qui représente leur réussite. C’en est presque puéril. Ils ne pensent qu’à produire, produire coute que coute, et ils comptent sur l’Etat pour les payer s’ils ne peuvent pas vendre au prix du marché.

        2. Philippe R

          Ce que je veux dire c’est que le paysan, bon sens près de chez vous, les 2 pieds sur terre ou victimes du marché, etc, c’est bon pour les reportages de France Télévision.

          1. Bah non. Y’en a. Plein même. Parce que ceux que tu vois et qui chouine ne sont pas les plus nombreux. Et pour rappel, on a en France 180K familles surendettées sur 25 millions de foyers, soit 0.72% ; ou dit autrement, on a 99.28% de gens qui ne s’endettent pas à mort.

            A plus de 99%, je crois qu’on peut parler de bon sens général.

        3. fifou

          180000 familles sont en situation de fallite, utiliser cette statistique pour dire que 99% des gens ne sont pas endettes a mort c’est un detournement douteux

          on peut etre surendette mais pas en faillite quand on est en negative equity par example (la valeur de notre maison est inferieure au montant de l’emprunt contracte pour l’acheter) et si on rajoute cette categorie ca fait deja beaucoup plus de monde

          applique au monde Paysan ca fait un agriculteur qui achete des terrains avec un emprunt sur la base de certains revenus, quand les cours baissent ses revenus aussi et il se retrouve avec des traites enormes a payer qui lui bouffent tout son revenu disponible. Il peut encore payer donc il n’est pas fans tes 180K en faillite, par contre il est endette a mort

          Mieux a l’echelle Pays. La France que je sache n’est pas (encore?) en faillite, ca veut dire qu’elle n’est pas endettee a mort? donc ferait partie de ton groupe de ‘bon sens’?

      3. Ieremenko

        Je connais un peu le monde agricole.

        L’achat des machines, qui a explosé ces dix dernières années, sont désormais des « opérations fiscales ».

        L’agriculteur n’a pas d’intérêt, financièrement, à dégager de la trésorerie.

    1. Evidemment. Les collectivistes, c’est ainsi qu’ils fonctionnent : ils savent mieux que les autres ce qui est bon pour eux, parce que les autres sont des abrutis.

  3. Pere Collateur

    Pauvres bêtes! Sacrifiées sur l’autel de la démagogie politique.
    Elles ne méritaient vraiment pas ca.
    Que fait la SPA? SOS racisme (vu le pédigré de l’assoc, y a surement une section qui s’occupe des anes nécéssiteux…)

  4. Tremendo

    Ca ne vaut même pas la peine de répondre à ce genre de robinsonnade qui graisse la pâte à nos pauvres élus corrompus.

  5. infraniouzes

    Dans le même genre de fable, une histoire circulait autrefois: deux usuriers (Juifs-Libanais-Grecs …) s’achetaient et se revendaient un terrain. Le prix montait sans cesse et un jour, un gogo, bien riche (enrichi par son travail) se disait qu’il y avait une bonne affaire à faire. Il achetait le terrain à un prix très élevé aux deux malins qui se partageaient la galette et disparaissaient. Le gogo restait avec son terrain autour du coup, réalisant, trop tard qu’il s’était fait roulé. On se reportera avec profits aux innombrables films qui traitent du sujet avec humour: l’Arnaque, le Gentleman d’Epsom etc.
    Bref, rien de nouveau sous le soleil… Ah si. Parmi les gogos on trouve maintenant les politiciens. Mais eux ne prennent aucun risque; ils jouent avec l’argent des autres.

  6. BenFranklin

    Ce qui me fait bien rigoler dans cette « fable », c’est que les vilains marchés spéculateurs assoiffés du sang des prolétaires sortent autant de pognon que nécessaire de leur chapeau, alors que le reste de l’économie en a besoin. Comme si…mmm… ce pognon sortait de la planche à billets ? Oh zut, encore une intervention du capitalisme ultralibéral !

    Et on ne parle pas bien sûr des éleveurs qui se seront fait des c… en or en vendant toujours plus d’ânes aux spéculateurs, qui ont bien sûr les moyens de tous les acheter. CQFD.

  7. Tremendo

    Le but de cette histoire c’est de dire que les politiciens ont vraiment pas de chance de servir des gens irresponsables, et qu’à cause d’eux ils se retrouvent à devoir faire des économies.
    L’autre morale c’est de dire que si t’es bête comme les paysans dans cette histoire, c’est pas de ta faute ce sera toujours celle du banquier qui te prête de l’argent pour t’aider.
    Il s’agit sûrement d’une histoire inventée par un élu de l’UMPS, d’un militant très bête, ou d’un idiot utile qui regarde trop canal+.

    1. Ieremenko

      Huhu, et on repensera que le Tea Party a été accusé d’être responsable, d’une fusillade dans un meeting Démocrâte.

      L’histoire avait fait scandale, avant qu’on se rende compte que le tireur lisait… Karl Marx (entre autres).

  8. don cabillaud

    « les difficultés présentes des Etats sont en totalité dues à des endettements massifs souscrits bien avant l’ensemble de la crise de 2008″ah bon?et toute la triche des milieux financiers n’y est pour rien?toutes les grosses entreprises cotées en bourse et qui trafiquent leurs bilans depuis plus de 30 ans,toutes ces inventions de cds cdo et swaps qui ne seront jamais honorés?tous ces abus de bien social avec les golden hello,parachutes dorés.tous ces empilements de dette privée dissimulée,c’est ça le cauchemar des etats.la fable de l’ane est intéressante parce qu’elle fait réfléchir et débattre

    1. – la triche ? Mais ses montants sont un petit, tout petit, tout tout petit pouième d’un petit pays. Pour la dette standard, on parle de 14.000 milliards USD pour les Etats-Unis. En France, 1600 milliards d’euros.
      – entreprises cotées qui trafiquent leur bilan sur 30 ans ? Vite, des liens, des données précises, des montants, des impacts sur la dette des états !
      – les cds, cdo et swaps sont responsables de la dette des états ? Ah bon ? Vite, une explication claire !
      – les abus de biens sociaux (pour autant que ça en soit, ce qui n’est pas le cas) sont responsables des trillions de dettes ? Ah bon ? Vite, une explication claire !

      Puisque la fable fait réfléchir, j’attends que vous vous y mettiez sérieusement. Au début, ça va vous faire un peu mal, mais ne renoncez pas : un monde nouveau s’ouvre à vous.

      1. don cabillaud

        mon grand h16,oui les bilans des grandes entreprises sont trafiqués.récemment celui des banques françaises qui mettent en actif des prets irremboursables et non remboursés.comment crois tu qu’une banque comme la société générale continue a

        comme prévu, tu mélanges tout dans un galimatias illisible. En outre, les pb de bilan des banques n’ont rien à voir avec les dettes des états. Et les volumes des premiers sont nanoscopiques à côté du volume des seconds. Bref. Petit rigolo.

        1. Ieremenko

          Essayerait-il de nous parler de certains actifs valorisés en Mark to model au lieu de Mark to market pour faire croire que tous va bien ?

    2. Alex6

      « toutes les grosses entreprises cotées en bourse et qui trafiquent leurs bilans depuis plus de 30 ans »
      Un ane sur la table que tu ne sais meme pas lire un bilan. Il va falloir sortir une autre fable, avec des dindons cette fois, histoire de faire reflechir un poil plus certain…

      1. don cabillaud

        @ alex je suis dans le privé et j’ai ma propre (petite) boite.et toi au fait ?etudiant, prof,edf ou total?

        1. Alex6

          100% non dependant de l’etat francais. Pour quelqu’un qui est chef d’entreprise, quelle analyse cafe du commerce en tout cas.
          Ensuite je lis « bilans trafiques en regle generale » qui soudain devient « bilans des banques trafiques », c’est tout de meme different.
          Quand au rapport avec le deficit de l’etat, je me marre comme tout ceux ici qui te lisent!

    3. Pascale

      Elle fait réfléchir et débattre sur la nullité des analyses économiques et des conclusions que les socialo-collectivistes de droite ou de gauche en tirent.

  9. fifou

    Les anes restent les mecs qui s’endettent pour speculer c’est comme quelqu’un qui prendrait un emprunt pour aller jouer au casino

    Tout le reste n’est qu’une gestion normale de marche, chacun etant libre de ses choix et prises de risques et pouvant gagner ou perdre selon qu’il a fait le bon choix. Meme l’arnaqueur peut se retrouver ruine si les gens ne rachetent pas leurs anes il se retrouve avec des tas d’anes qu’il a paye trop cher, et un paysan intelligent qui a vendu son ane 100 et ne l’a pas rachete a 400 a meme gagne dans l’affaire la possibilite de racheter un ane pas cher quand les cours s’effondrent et de garder la difference

    Le seul parametre parasite ici est l’Etat, tout puissant, sans investissment de ses propres fonds, et qui peut fausser n’importe quelle partie de la transaction pour ses interets personnels

  10. Thomas

    Au passage, si je me souviens bien la vrai version de cette histoire est beaucoup plus courte, parle de singe, et n’est qu’une nième illustration du fait que « there is no free lunch »
    Evidemment cette histoire rencontre un acceuil moins chaleureux sur la toile française.

    En gros même début d’histoire, mais pas de dette, l’homme et son associé font de l’argent sur la cupidité des villageois. Point.

    Effectivement pour un socialauds c’est pas génial, pas assez manichéens, trop court, trop simple.

  11. riri

    Quelle que soit la version de l’histoire, le fonds du problème reste quand même que l’état ait réussi à accumuler autant de dettes. Ca n’a pu se faire, à mon avis, qu’avec la bienveillance de ses administrés, intéressés ou appâtés à travers des aides multiples et variées, à l’image des donneurs d’ordres dans certaines entreprises, qui majorent les devis pour encaisser quelque menu avantage (c’est d’actualité sur Marseille) et qui n’ont pas l’impression de scier la branche sur laquelle ils sont assis.

    Quelqu’un dont j’ai oublié le nom a dit: « les hommes politiques savent très bien ce qu’il faut faire, mais ne savent pas comment le faire tout en étant réélus ».

    Et la question reste de savoir comment se sortir de ce merdier en limitant la casse. Ils ont déjà hypothéqués l’avenir de nos enfants, comment leur conserver un présent acceptable?

  12. Pascale

    La conclusion que je tire de cette histoire, c’est que chacun est rémunéré ou perdant en fonction du risque qu’il prend. Le paysan qui spécule (mal) sur l’avenir est puni à hauteur du risque, c’est à dire très cher. Et la leçon à en tirer, selon moi, c’est qu’avant de spéculer, il faut être conscient des risques et, surtout, que si on perd, on risque de perdre gros … sans avoir à compter sur le parachute (doré ?) de l’État (cad des autres contribuables). C’est donc une grande leçon de liberté et de responsabilité individuelle.

  13. Javayim

    Enfin malgré tout la question se pose (et cette histoire réveille/révèle la question) : des états endettés à hauteur de milliards de milliards .. auprès de qui ?

    Quel créancier à pu accepter de tels montants de dettes ?

    Sans cracher dans la soupe, un banquier qui prête 1000000 Eur sans sourciller à madame michu qui est au RMI, c’est bien un pousse au crime.. non ?

    Sûrement que çà s’arrangera avec une bonne fellation derrière le guichet.

    1. riri

      Après Mme Michu pourra se vanter d’avoir encaissé 1 million d’euros pour une fellation, car elle va attaquer son banquier pour soutien abusif et n’aura même pas à rembourser;

      par contre pour son banquier… cul rouge en perspective.

  14. Calvin

    La morale de cette farce, enfin, fable, c’est que celui qui trouve celle-ci intelligente manque sérieusement de logique…
    La fable est déjà fausse dès le :
    « Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent. »
    C’est faux…!
    Comptez bien, seuls les premiers villageois rachètent leur ânes 4 fois le prix. Certains ont juste à emprunter 100 euros (400 racheté – 300 vendu).
    Donc, tous ne s’endetteront pas.
    Ensuite, les villageois ont décidé de vivre sans âne.
    Donc, c’est du superflu.
    Donc, seuls certains auront du temps à perdre pour un hypothétique gain.
    Ceux-là ont eu un pécule, mais ne se diversifient pas…
    En fait, cette fable ne fonctionne que si les villageois sont TOUS âpres au gain, rejettent le travail, et ne consomment même pas.
    Elle ne fonctionne que si les villageois sont TOUS des assistés.
    Elle ne fonctionne aussi que si le politicien a le plus d’argent, avant le début de la fable. Il l’a d’où, ce pognon ? N’est-il pas plutôt le cravaté d’un autre village ayant spolié ses habitants ???
    Elle ne fonctionne donc que si les villageois (et le Maire) sont à l’image de celui qui a initialement pondu cette ineptie d’une rare débilité : les gens sont tous des ânes et, parmi eux, le Maire est, en plus, un escroc.
    A ce niveau, cela ne me concerne plus. Je n’ai lu la suite que pour me délecter de la prose acerbe et réjouissante d’H16.
    Que pour en conclure, une nouvelle fois, que la pensée mainstream est facile à décoder, facile à ridiculiser.
    La morale, c’est qu’il y a urgence à donner un minimum de bagage économique sain aux futurs adultes.
    Ils choisiront d’être cravatés, paysans, laboureurs, ou devenir des ânes aux ordres des politiciens vivant à leur dépends.

  15. eheime

    j’ai vu l’article trainer sur internet moi aussi. Et là franchement j’ai pas eu le courage de reagir. Alors merci de l’avoir fait.

    Cette histoire est souvent utilsée pour signifier que les prix de l’immobilier sont tres hauts. Ce qui n’est pas forcement faux. Mais la difference avec l’histoire c’est que dans la plupart des cas , l’immobilier est vraiment utile aux gens. Par exemple pour se loger et eviter de dormir dehors. Alors que dans l’histoire les anes ne semblent avoir aucune utilité…

    C’est juste un gris detail 🙂

  16. BA

    Samedi 10 septembre 2011 :

    Le ministre allemand des Finances prédit une faillite de la Grèce.

    Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, se prépare à une faillite de la Grèce, affirme l’hebdomadaire allemand der Spiegel à paraître dimanche.

    Selon le journal, les fonctionnaires du ministère ont élaboré deux scénarios : dans un premier cas, la Grèce garde l’euro, dans le second elle réintroduit la drachme.

    Un porte-parole du ministère allemand des Finances n’était pas immédiatement joignable pour commentaire.

    Dans les scénarios développés par Berlin, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) devrait jouer un rôle clé.

    Seraient proposées des lignes de crédit préventives censées porter secours à l’Espagne et l’Italie, au cas où les investisseurs ne voudraient plus payer après une faillite de la Grèce.

    Les banques de nombreux pays européens devraient également nécessiter les aides du fonds.

    1. Pascale

      C’est drôle que ce soit seulement aujourd’hui qu’un ministre des finances de la zone euros s’aperçoive que la Grèce va faire faillite, alors que moi, simple femme du fin fond de la France, j’en suis persuadée depuis plusieurs mois.

  17. eheime

    je pense que « l’aveuglement » (auquel je ne crois pas) de nos politiciens avait un but : gagner un peu de temps pour substituer des creances detenues par les banques en d’autres détenues par les états. Maintenant que les banques sont « allégées » en créances Grecque , elles doivent pouvoir probablement tenir plus ou moins le choc de la faillite grecque.

    Le « sauvetage » de la Grece n’était qu’une mise en scene pour faire payer partiellement les contribuables à la place des banques et pour leur laisser le temps de s’organiser pour se préparer au choc et anticiper l’effet panique qui les aurait mises sur le carreau.

    Si on prend les choses sous cet angle, tout devient logique :
    – nos ministres font semblant de ne rien voir alors qu’ils savent tres bien la situation
    – puis tout d’un coup ils font semblant de découvrir la situation et ils lancent les grandes manoeuvres
    – « l’urgence » permet au passage de changer le traité européenne sans que le peuple ne trouve a redire et cela donne l’impression que les gouvernants « réagissent » alors que tout était préparé longtemps à l’avance

    Si c’est pas ça alors j’ai du mal m’expliquer que nos politiciens soient aussi betes

    incompetents, pourris, malhonnetes, oui
    mais stupides , non

    1. « substituer des creances detenues par les banques en d’autres détenues par les états. »

      Oui.

      Mais voilà : même les plans parfaitement préparés sont sujets à l’aléa. Et malgré ces précautions, les banques européennes sont tout de même dans la tourmente.

    1. (dégradation)
      Oui. J’en parle dans mon dernier article. Ce week-end n’est pas que le « Les 10 ans du 9/11 ». C’est aussi la faillite officielle de la Grèce, et la fin de la zone euro.

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