Dépenser, c’est Agir

Parfois l’actualité nous réserve des surprises savoureuses. Alors qu’actuellement s’amoncellent les articles sur une bande de jeunes qu’on dira pudiquement survoltés, nos députés, de leur côté, se lâchent sauvagement. Je vous livre, pour le coup, l’article de Reuters correspondant, presque tel quel, histoire de pouvoir mieux le commenter ensuite…

Reuters.fr :

Les députés ont voté l’article du projet de financement de la Sécurité sociale qui crée pour 2006 une contribution de l’Assurance-maladie de 175 millions d’euros pour la lutte contre la grippe aviaire. L’article précise que cette contribution servira « au financement de stocks de produits de santé nécessaires en cas de menace sanitaire grave » – en l’occurrence la grippe aviaire. L’Assemblée nationale avait déjà adopté la veille une contribution de l’Assurance-maladie au financement de « stocks de produits de santé nécessaires » pour 2005, d’un montant de 176 millions d’euros.


Le ministre de la Santé Xavier Bertrand, a par ailleurs annoncé mercredi soir aux députés que 177 millions d’euros complémentaires seraient mobilisés par l’Etat avant la fin de l’année pour financer le plan de prévention de la grippe aviaire. « Je peux vous annoncer que d’ici la fin de l’année, des crédits complémentaires seront mobilisés sur le budget de l’Etat à hauteur de 177 millions d’euros afin de permettre aux pouvoirs publics de disposer au plus tôt des mesures de protection complémentaires dont nous avons besoin pour l’actualisation du plan grippe aviaire », a-t-il dit.

L’article de Reuters.fr se trouve ici.

Et là, je suis perplexe. Outre la confusion générale qui résulte à la lecture de l’article (Alors, cette contribution, est-elle de 175, 176 ou 177 millions ? Et s’il s’agissait en fait de 175 + 176 + 177 millions, soit 528 millions ?), on peut se demander sincèrement à quoi elle va servir (quel que soit son montant).

Lutter contre la grippe aviaire ? Je ne suis pas sûr que les montants impliqués soient suffisant, surtout compte tenu de la rapidité d’infection du virus comparé à la rapidité de mise en place d’une solution viable. En outre, encore une fois, on notera les réflexes habituels de nos talentueux élus : on réagit bien vite, à chaud, sur un problème qu’on ne maîtrise pas, et on décide dans la précipitation de l’affectation des sous des autres. Des moyens, encore des moyens, toujours des moyens.

A la limite, si tout ceci avait un impact sensible sur la rapidité de réponse à une infection générale… Mais même pas. Prenons un cas concret : la grippe (pas l’aviaire, l’autre, la bête grippe annuelle). Chaque année, des centaines de morts. L’aspect totalement prévisible de l’épidémie devrait avoir convaincu depuis longtemps à la fois des mesures à prendre et des moyens à mettre en place. En bons gestionnaires, l’état, ses commis et nos élus ont eu, sur les 25 dernières années au moins, largement le temps de se sortir les doigts du trou de la sécu pour mettre en place une parade ! Pensez donc ! Ca se passe tous les ans, entre novembre et février…

Bah non. Tous les ans, des petits vieux claquent. Des enfants chopent la grippe. Et notre état gesticule. Il prouve là encore sa totale inefficacité. A la limite, ce n’est même pas un reproche, une simple constatation.

Alors, par quel miracle l’Etat va-t-il arriver à faire face à une pandémie mondiale, focalisée sur des oiseaux, dont on ne connaît pas exactement la prochaine mutation humainement compatible ? Si, pour des événements locaux, répétitifs et prévisibles, ça pédale dans la choucroute, on peut imaginer le pire pour un événement d’ampleur mondiale relativement imprévisible.

Mais encore une fois, nos politiques réagissent suivant l’adage non dit, non écrit, mais implicite que Dépenser l’argent des autres, c’est Agir.

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Commentaires1

  1. visiteuse

    Soyons clairs, c’est surtout de l’argent de jetter. La grippe aviaire ne se transmet pas pour l’instant entre hommes. De plus rien ne dit qu’il n’y a pas dans les pays atteints de porteur asymptomatique, ou de porteurs peu symptomatiques à qui on a pas fait de sérologie…
    Quant à sa cousine (nos souches habituelles, en effet la grippe aviaire est le même virus que l’autre mais avec des protéines de surface différentes donc une immunologie..)

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