Comment claquer bêtement 40.000 euros

L’usage de la force par l’état est tellement courant que celui-ci passe de nos jours totalement inaperçu. Ainsi, la spoliation par le biais des impôts est si banale que plus personne n’y trouve réellement à redire, à part, bien sûr, quelques libéraux utopistes aux velléitées anarchistes. Certaines affaires, cependant, permettent – avec une certaine délectation – de bien montrer les détournements de fonds quotidiens auxquels se livrent sans vergogne les hommes et les femmes de pouvoir.

La dernière en date, ce serait celle opposant un « citoyen lambda » (i.e. un n-ième mouton qu’on tond dans une ville standard d’une banlieue traditionnelle dans un pays étatiste type) à la municipalité dont il dénonce les agissements financiers louches dans le cadre de son blog.

Vous pourrez trouver sur le blog en question le détail des problèmes que son auteur aura rencontrés. Indépendamment des idées politiques de l’auteur (qu’on peut ou pas partager), il est intéressant de noter que ce blog constitue une simple application pratique de son droit d’expression naturel dans le cadre d’une république dite démocratique.

Malheureusement, les articles produits ne sont pas du goût de la municipalité, qui a donc attaqué l’auteur en justice, en substance pour ne pas avoir agit comme un journaliste de presse, acrédité et vérifiant ses sources et ses infos – comme tout bon journaliste se doit de le faire, n’est-ce pas ;) -

En plaçant la procédure sur cette caractéristique de l’information (qui, pour être inattaquable, se devrait donc d’être estampillée « Journaliste de Presse »), le plaignant évite ainsi qu’on se pose deux questions :
- pourquoi quelqu’un qui émet une opinion sur une institution publique se voit attaqué en justice ?
- pourquoi une institution publique, et notamment ses représentants élus, prend-elle l’argent des impôts, obtenu par la coercition, pour empêcher l’émission de cette opinion ? Qui en a décidé ainsi ? Le peuple, souverain dit-on dans une démocratie comme la France, a-t-il pu décider qu’une partie de la ponction qu’il subit serait dirigé dans ces futilités ?

La première question peut amener, déjà, à prendre position : « On ne peut pas tout dire, il faut des limites, etc… ». Il va de soi que la liberté d’expression s’entend pleine et entière. Le droit d’expression est aussi, après tout, celui de dire des bêtises, des infâmies. Et de les contrecarrer par une autre expression d’opinion. Si, en plus, des lecteurs trouvent leur intérêt à lire les opinions émises, c’est que les inexactitudes ne sont pas si grandes, ou, peut-être, sans importance…

En outre, s’il y a bien un domaine ou la liberté d’expression doit être garanti, c’est bien celui de la critique des institutions, sauf à verser dans le totalitarisme le plus traditionnel. On doit pouvoir critiquer son maire aussi bien que Chirac…

On remarquera au passage que les partis politiques, d’ailleurs, ne se privent pas d’attaquer régulièrement des personnes ou des institutions, et d’émettre à leurs endroits des critiques parfois virulentes. Si ces organes s’expriment, il est logique qu’un individu dispose lui aussi des mêmes droits.

La seconde question, elle, ramène directement à la remarque d’introduction : dans la plus parfaite indifférence des média, une mairie aura donc choisi de claquer, bêtement de surcroît vu le résultat en sa défaveur du jugement, la modique somme de … 40.000 euros.

Je suppose que tous les parents de jeunes enfants, en pleine recherche de crêche, auraient acquiescé vigoureusement à l’idée de dépenser cette somme dans un procès perdu d’avance plutôt que dans l’ouverture d’une salle supplémentaire pour les bambins. Les petites têtes blondes ont en effet plus besoin d’une mairie sans critique que d’une crêche plus spacieuse.

Les petits vieux du cru, eux aussi, sont toujours heureux d’apprendre que la mairie croise le fer juridique avec un impétrant qui s’exprime sur un blog obscur, au lieu de s’attarder niaisement sur la climatisation d’une ou deux maisons de retraites. Quand aux lycéens et aux étudiants, ils sont de toute façon non-votants et bien trop occupés à brûler du pneu devant les facs pour assurer leur avenir…

La conclusion logique de tout cela est encore une fois la constatation – un peu amère – que le citoyen se fait régulièrement flouer, et que l’intérêt collectif, vaste excuse fumistoïde pour l’extorsion étatique, permet toutes les frivolités pour satisfaire quelques intérêts individuels.

Au passage, on peut se demander si la presse aurait donné autant d’ampleur à un blog ouvertement libéral attaquant une mairie ouvertement collectiviste à la politique sociale en béton armé…

C’est juste une question, hein !

Le Monde.fr:Relaxe pour le bloggeur

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Commentaires2

  1. Exactement : ce qu’il y a de bien avec les phynances publiques, c’est que Quand Y’en A Plus, Y’en A Encore !

    Jusqu’au jour où …

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