Contribuables kamikazes

La magie de la démagocratie et de l’étatisme, c’est de permettre à chacun d’entre nous de participer activement à la vague d’attentats sanglants en Irak. Réjouissez-vous, cher lecteur : chaque jour qui passe, chaque nouvelle victime atrocement mutilée, éparpillée ou simplement choquée dans ce pays aura eu l’immense privilège d’avoir été mutilée, éparpillée ou choquée par une bombe payée de nos deniers, dans le cadre d’un mouvement sponsorisé par nos impôts.

En effet, l’évidence que personne ne voulait dire ou écrire a fini par être écrite et dite : la France a payé (chèrement) les ravisseurs d’Aubenas, de Chesnot et Malbrunot. Evidemment, la nouvelle a fui via un journal étranger… Et évidemment, l’état (au travers de ses représentants les plus dignes de foi) a clairement nié l’existence de tels paiements.

Il y a fort à parier que, dans les prochains jours, si l’affaire enfle un peu (ce qui est peu probable), un sous-fifre gouvernemental admettra du bout des lèvres les paiements en question, en disant en substance « Oui mais bon, si on n’avait pas payé, la Florence, elle serait morte à l’heure qu’il est ». Tout le monde repartira satisfait que les choses soient claires, et le présentateur du JT du jour reprendra deux fois du gigot quand il rentrera.

Bon.

Je n’en suis pas à souhaiter concrêtement la mort des pauvres journaleux concernés ; ils sont rentrés, tant mieux (ou tant pis, selon l’opinion qu’on a de leur prose). Mais j’en viens cependant à me poser quelques questions :

  • les autorités (notamment le Ministère des Affaires Etrangères) n’avaient-elles pas mis en garde tout un chacun d’aller en Irak ?
  • Les risques encourus (de prise d’otage) sont-ils compensés par la qualité des informations ramenées par nos brillants reporters ?
  • La doctrine officielle, qui consiste à ne pas payer, ne devrait-elle pas être d’autant plus solide que les gens qui se sont retrouvés sur place dans leur délicate position l’étaient, suivant l’expression consacrée, à leurs risques et périls ?
  • L’argent, il vient d’où ?
  • L’argent, il va servir à quoi ?

Reprenons : à partir du moment où les autorités ont émis un avertissement clair, pourquoi nos vaillants casse-cous de l’information se sont-ils rendus sur place ? Parce qu’ils sont journalistes, qu’ils ont la mission du reportage vécu dans le sang, et qu’ils veulent absolument se rendre sur place, pour être en prise directe avec l’actualité. Certes. Mais le gouvernement français, vous, moi, les autres, ne leur avons pas demandé ce sacrifice, cette prise de risques. Des organes de presses privés sont prêts à payer ? Tant mieux ! Des lecteurs sont prêts à subventionner leur voyage par leurs abonnements, leurs achats du journal ? Tant mieux ! Qu’une association de soutient des otages se monte, récolte de fonds et paye les ravisseurs, pourquoi pas ?

Mais, et ceci répond au « il vient d’où, cet argent ? », que le contribuable paye, pourquoi diable ?

Parce que ce sont des journalistes ! Les inconnus (plombiers, boulangers, sexeurs de bigorneaux de la Mer Rouge) partis sur place et pris en otage, eux, n’auront pas cette médiatisation. Et d’ailleurs, n’ayant pas cette médiatisation, ils n’iront pas en Irak. Pas fous !

Ici, on assiste au résultat de la loupe déformante de la démagocratie composée :
– des médias, qui amplifient des épiphénomènes pipoles et/ou musclés, font dans le spectaculaire avant le factuel et vendent de l’émotion
– des politiques, qui veulent bénéficier des retombées populaires d’un événement massivement couvert par les média
– des institutions démocratiques, qui permettent au plus grand nombre de tyranniser la minorité de ses lubies créées de toutes pièces par les deux acteurs précédents.

Moyennant quoi, tout le monde (les minoritaires et les majoritaires) paye pour qu’une brochette de risqueurs puisse continuer à sévir dans les colonnes baveuses de journaux de moins en moins objectifs.

C’est l’impôt Pétuncable : ce serait un impôt créé et levé pour payer Jules Pétuncable plusieurs millions pour qu’il ne mette pas à exécution sa menace de couper l’élastique auquel est suspendu, à 100 m au dessus du vide, Pierre Dubignou, le célèbre cascadeur de l’impossible.

Extraordinaire : cet impôt permet la survie de Dubignou ! Mais l’impôt Pétincable, celui qui fut utilisé pour Aubenas et consors, va plus loin !

Car en effet, non content de permettre la libération de journalistes privés payés par des intérêts privés dans des reportages privés malencontreusement pris en otages et non couverts par des assurances, des associations, etc, … , il permet aussi à de pauvres kamikazes sans le sou, à des terroristes poseurs de bombes un tantinet démunis, à des factions et des milices dans le besoin, … de continuer leur oeuvre salvatrice en Irak (et probablement partout ailleurs dans le monde où l’on peut distribuer généreusement du malheur, des bombes, du sang et des larmes à qui en a déjà deux caisses)…

Je dis ça, je m’avance un peu, mais il est en effet peu probable que l’argent des rançons soit utilisé pour l’ouverture d’une crèche. Avec des petits lits tous neufs.

Ainsi (et réjouissez-vous !), vous avez l’insigne honneur, citoyen français, de participer directement au terrorisme à l’effort de résistance irakien en sponsorisant de vos deniers la prochaine explosion meurtrière dans un rang d’ouvriers pauvres de la banlieu de Bhagdad. Grâce à vous, des douzaines d’enfants, de femmes et d’hommes seront joyeusement mutilés par le fruit de votre travail !

Et n’oubliez pas : payez vos impôts, soyez de bons citoyen. Car, et cela doit être rappelé, l’état sait ce qui est bon pour vous, et dépense plus judicieusement que vous votre argent !

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