Ségolène Culbuto

Avec l’avènement de la politique-paillette où la personne devient plus importante que ses idées, certains s’en tirent mieux que d’autres. Ainsi, défrayant la chronique, le couple torride du Culbuto et de la Madonne (Hollande et Royal ?) joue le jeu de la presse pipole et de la médiatisation facile d’une amourette qu’on a un peu de mal à imaginer. Lentement, cependant, la Pudibonde de Poitou-Charente, se démarquant de son falot mari, devient une candidate crédible à La Candidature et recueille, sinon le suffrage des Français, au moins celui des pisse-copies en mal de passionaria du peuple et des instituts de sondages sous commande. Il ne lui en faut pas plus pour nous fricoter un petit programme politique des familles pas piqué des hannetons.

Quelques informations ont déjà fui et donnent une idée des solides avancées politiques que constitue déjà son futur « programme ». Je mets des guillemets tant l’assemblage hétéroclite de mesures disparates ne ressemble pas à autre chose qu’un patchwork mal ficelé de bonnes intentions et d’idées foireuses. Gageons cependant que notre ségoliste pondra un ensemble cohérent dans les prochains jours.

Je dis « ségoliste », car c’est le terme qu’elle affectionne ; on comprend en effet que le « royalisme » prête à confusion et que le « ségogolisme » laisse trop facilement entrevoir la vraie nature des idées manipulées par la présidente de Poitou-Charente.

Notons qu’elle avait déjà préparé le terrain en proposant de créer un service civil obligatoire, et/ou de rétablir un service militaire, mixte, là aussi obligatoire. Ce mot étant à rapprocher de « sinon, prison », antienne délicieuse aux oreilles de tout étatiste.

On évoquera aussi sa proposition d’obliger tous les salariés à se syndiquer ; une mesure que ne renia pas l’URSS jadis, et qui montre deux choses : les bonnes intentions (avoir des syndicats représentatifs) sont généralement les précurseurs des pires enfers, et de plus, quand on est bloqué sur un mode de pensée, les moyens imaginés pour résoudre un problème sont déroutants de stupidité : si on les veut représentatifs, on libéralise complètement le domaine du syndicalisme, obligeant ces derniers à n’être présent dans les organisations paritaires que lorsqu’ils atteignent un certain seuil, par exemple… En tout cas, ajouter des lois contraignantes pour pallier un problème d’essence étatique à la base, c’est s’acharner avec des bactéries pour soigner une gangrène.

Mais la Dame de Nerf a, dernièrement, franchi le rubicon avec l’exposition claire de quelques points précis.

Ainsi, volant dans les plumes d’un défunt CPE qu’il est maintenant facile d’enterrer puisque mort, elle préconise une simplification du droit du travail (bien, très bien !) pour rendre au CDI sont statut de base du contrat de travail. Car, et je la cite, ce CDI représente « le droit – fondamental pour tout être humain – à la sécurité d’un salaire et à la dignité d’un métier », et là, patatras, la simplification qu’on pouvait espérer s’enfuit à toute jambe et on sent débouler l’usine à gaz législative dans ses gros sabots collectivistes permettant d’assurer, à chaque être humain car c’est fondamental, la « sécurité d’un salaire » (notion abstraite à l’exception des fonctionnaires) et la « dignité d’un métier » (notion d’une consternante vacuité).

Rappelons-le, les « droits à » ceci ou « droits à » cela font peser la responsabilité (que ce droit sera garanti) sur toute la société et donc sur chacun d’entre nous, au contraire des vrais droits (comme celui de travailler ou de s’exprimer librement), qui font peser la reponsabilité de son exercice sur (et seulement sur) celui qui l’exerce. En clair, le « droit à la sécurité d’un salaire » va se transformer en obligation pour tous et par le législateur de fournir à chacun un travail, et que celui-ci soit rémunéré et gravé dans le marbre de la sécurité. Alors que le « droit de travailler » permet seulement à celui qui veut le faire de travailler, point.

Bref, en quelques mots, on passe d’une position intéressante à – zoooup – un lieu commun des collectivistes.

Mais elle n’est pas en reste sur le plan économique : jugeant les charges sociales trop lourdes et pénalisantes pour les entreprises, elle propose de simplifier, d’alléger grandement ces charges. Voilà qui est superbien. Mais, – zoooup -, dans un mouvement de va-et-vient souple, elle propose aussi de transférer les cotisations maladie et famille sur la fiscalité. Bah voyons. Autrement dit, on déplace simplement le problème. C’est-y pas beau ? Comme les entreprises n’auront plus ces charges à payer, mais que les salariés devront quand même les payer, il y a fort à parier qu’un ajustement des salaires nets aboutira à une nullité de ce petit jeu de vases communicants.

A propos d’emploi et d’aides, elle estime que personne « ne doit être payé à ne rien faire ». Soit. Mais que fait-elle, elle, au juste ? Elle vit de nos impôts, et, en terme de valeur ajoutée (mesure précise que toute entreprise se doit de calculer pour ses salariés) on peut douter de son efficacité, non ? Et que propose-t-elle, à ce sujet ? Mystère ! S’il s’agit là encore de contrôler les chômeurs, sa position consiste donc à continuer ou à intensifier ce que fait actuellement … la droite. Oh, la coquine !

Mais elle est bien à gauche : en effet, pour elle, la gauche « doit se donner pour objectif de réduire les déficits ». Pour ce faire, elle soutient qu’« une politique favorable à la croissance l’y aidera », tout en affirmant que « l’Etat doit réduire son train de vie, ses gaspillages et ses doublons en misant notamment sur une vraie décentralisation ». On vous attendait pour ça ! Alleluhia ! Car, en matière de déficit et de gaspillage, toutes les législatures précédentes, tous les gouvernements précédents, de gauche comme de droite, ont fait montre d’une extraordinaire souplesse d’interprétation. Ségô, c’est vraiment plus fort que tô !

Elle finira sa présentation de « programme » en concluant que « Partout, la droite sème l’injustice et crée le désordre » ; heureusement, la gauche, c’est l’inverse : elle sème le désordre et crée l’injustice.

Au final, on en vient surtout à croire que l’adjectif Culbuto accolé à son mari va finalement mieux à elle qu’à lui. Posant parfois de bons diagnostics, elle les adjoint d’une cure torride directement à l’opposée du bon sens, balançant de gauche à droite les inepties collectives et collectivistes qu’on entend partout…

Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est finalement une explication : le Culbuto, c’est ségo, la Sainte-Nitouche, c’est Hollande.

Le Figaro

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