Avis de tempête

Le mois de juillet se termine et, avec le mois d’août se profile des vacances méritées ; ce blog prendra donc quelques semaines de repos, qui permettront à chacun de goûter sereinement aux voyages, au farniente, et oublier un peu la rengaine cynique et alarmiste que j’entretiens, goguenard, d’un sempiternel « Ce Pays Est Foutu ». Mais avant ce départ, un dernier petit billet, avant la rumba de septembre, s’impose. Et, au vu de la conjoncture globale, ce billet sera un véritable avis de tempête…

S’il s’agissait d’un bulletin météo, en effet, on pourrait facilement lire les mots cyclone ou vents très violents. Mais comme la météo n’existe pas encore pour l’économie, et c’est peut-être un tort, il faut en revenir aux principes de base : l’observation des faits, la collecte des informations, un peu d’expérience passée et quelques relevés historiques pour comparer, un doigt mouillé dans le vent et un peu de pifomètre, bref, toutes ces petites actions qu’on peut faire pour tenter des prédictions…

Par exemple, on pourrait s’attarder longuement, disserter sur la situation franco-française que le manque d’argent semble caractériser : apparemment, les soldes , c’est pas franchement ça. Et comme la consommation baisse, les deux éléments semblent pointer vers la même conclusion : les rentrées de TVA vont diminuer.

Côté TIPP, ce n’est pas plus joli non plus : au travers de l’un de ces articles bordélo-cryptique dont Libé à le secret, on apprend que ça chute énormément et en fait que non mais si un peu ; en clair, pour les gains sur la taxe pétrolière, c’est pas gagné non plus.

Et comme le fait de bidouiller le SMIC ne semble pas modifier la carte de la pauvreté, les gens ne vont pas se sentir mieux. D’ailleurs, on peut le dire : le Français tire de plus en plus la tronche, ce qui semble aussi compromettre les rentrées fiscales.

Résultat ? On réduit le train de vie de l’état, par exemple en serrant la ceinture des militaires, ce qui est pratique puisqu’ils sont entraînés à ne pas couiner dans la souffrance et n’ont, de toute façon, pas le droit de grève.

Et comme faire des économies, ce n’est pas simple, on cherche des ronds de tous les côtés, par exemple sur le 1% logement, ou en ajoutant des taxes (encore et encore, c’est une spécialité locale).

Et comme taper dans les poches à droite et à gauche ne suffit pas – surtout qu’on pratique la méthode depuis 30 ans avec assiduité – on tape dans le bas de laine le trou de laine : la dette augmente toujours un peu plus, et nous coûte de plus en plus cher.

Bref. Un régal. Au bilan, l’état nous a couvert de dettes, généreusement même, puisque chaque actif « doit » 47.000 euros

Or, tout ceci, finalement, ce n’est que la mise en jambe. Eh oui. Parce qu’avec ce qui nous attend tous, au tournant des prochains mois, tout ceci aura l’air d’aimables amusettes d’enfants jouant à la marchande. Si l’on tient compte, en effet, du taux d’endettement des ménages français (et notamment ceux qui commencent à tirer la langue) et de l’augmentation constatée des prix de l’immobilier entre 2004 et 2006 (49.6% – pour mémoire, il a été de 36.6% sur la même période aux USA), on commence à voir se dessiner un tableau bien sombre.

Entre les prêts taillés sur mesure pour des primo-accédants baratinés à la bullite aigüe (taux variables non capés, endettement sur 30 ans, etc…), les appartements lois Robiens mal troussés qui finiront vides, délabrés, et pas du tout défiscalisés, et le gouvernement shooté aux ponctions fiscales et à la dette facile et pas trop chère, la France de propriétaires va se retrouver dans de beaux draps quand … le krach américain va débouler dans le pays.

Car ne nous y trompons pas : ce qui attend l’Amérique, ce n’est pas un réajustement, c’est une véritable descente aux enfers ; tous les indicateurs, au rouge, pointent vigoureusement sur une issue catastrophique :

  • fin 2007, l’endettement des USA atteint 343% du PIB (du jamais vu sur 100 ans) – pour mémoire, en 1929, ce taux était de 265%.
  • le taux d’épargne américain a fondu au point d’être négatif ou nul actuellement (du jamais vu là aussi)
  • la dette (française comme américaine), en rythme annualisé, a augmenté de 29% en 2007

En clair, on peut s’attendre à une solide dégringolade des actions, de l’immobilier et, de façon générale, de tous les actifs. Et un élément déclencheur pourrait être, par exemple, … les Chinois : disposant de plus de 300 milliards de dollars dans Fanny Mae et Freddy Mac (ces fonds qui ont subi quelques petits soucis dernièrement), on peut se demander ce qui se passera le jour où, par besoin ou par calcul, les Chinois revendront leurs dollars…

La France sera-t-elle capable de résister à la catastrophe qui s’annonce, compte-tenu d’une part de l’ampleur de celle-ci et d’autre part de son état général (sans même mettre en ligne la compétence torride de son gouvernement) ?

Mmmmhhh. Je dirais que ce pays est foutu.

Enjoy your holidays ;) !

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Commentaires11

  1. jane

    votre optimisme me confond, moi qui passait par là par amitié!
    on se retrouve en septembre, si dieu nous prête vie et chaque minute de gagnée est précieuse. lol!!

  2. En terme de solution, quittez la bourse et l’immobilier.

    En terme d’optimisme, je vais bien, en fait. Cette crise sera l’occasion de remettre un certain nombre de pendules à l’heure ; la France en a réellement besoin :) A septembre, donc !

  3. Jesrad

    Ca ne fait jamais, oh, que deux ans qu’on dit que 2008 sera très Rock’n’roll. Il ne reste plus qu’à voir si 2009 verra bien l’état français faire banqueroute.

  4. Jesrad

    "En terme de solution, quittez la bourse et l’immobilier."

    Moi j’ai une autre solution: faire se battre les deux, en prenant un prêt pour acheter de l’immobilier via une SCI – prêt adossé sur une assurance vie en actions. Comme ça si la Bourse crame et que le marché immobilier suit, eh ben le banquier aura juste le droit de pleurer.

  5. @clk500 : il s’agit de la dette totale US (ie ménage + entreprises + étatique) – En 2007 : 47 000 milliards USD, pour un PIB de 14 000 milliards environs.

  6. Domi

    S’il y a réajustement, pour mon cas ce sera tant mieux : je pourrais enfin acquérir un logement qui ne sera pas à un prix purement artificiel et hors de mes moyens (c’est aberrent de devoir économiser/payer *toute* sa vie active pour simplement avoir un logement à soit !)

    Question complémentaire : en attendant, je fais quoi de mes économies qui sont actuellement sur un PEL ? Ça craint rien s’il y a un crach ? Vont pas dévaluer l’Euro quand même !?

  7. gnarf

    C’est au moment meme ou les gens les plus raisonnables finissent par se laisser gagner par la morosite ambiante, que les crises se terminent.

    Ca marche a tous les coups. Les crises (debut et fin) sont justement des choses que la majorite des gens ne voit pas venir…sinon il n’y aurait pas de crises ni de reprises puisque la majorite des gens agiraient avant.

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