Primaires Fiction

À l’heure où vous lirez ces lignes, on aura déjà une idée plus claire de celui ou celle qui sera l’imbécile mollasson qui portera haut les couleurs du socialisme officiel et décontracté de gauche, et qui pourra nous infliger un débat lamentable et démagogique avec le crétin froufroutant désigné par les socialistes inassumé de droite, le tout à nos frais.

Gros désavantage que de devoir écrire ses billets en avance : on ne dispose pas toujours de l’information chaude et encore palpitante prête à être disséquée.

Gros avantage que d’écrire un billet sur les socialistes français embarqués dans ces primaires (ou de ces primaires français embarqués dans le socialisme) : leurs différences sont si marginales que peu importe le résultat final du scrutin, le pays passera par les mêmes difficultés, subira les mêmes affres et obtiendra les mêmes contre-performances.

Primares PS : Pulp Fiction avec des bananes

Non, ici, il ne s’agit pas de passer en revue les propositions des six pistoleros de la dépense : d’une part, je l’ai déjà fait rapidement dans de précédents billets, et d’autre part, mon microscope à balayage électronique est en panne actuellement. Le réparateur polonais qui devait venir le remettre en état est coincé à la frontière par un certain Jean-Luc M.

En réalité, je voudrais évoquer ici — rapidement parce que le sujet ne vaut guère plus qu’une poignée de paragraphes — la suite logique non pas de ce premier tour, mais celle, raisonnablement prévisible, de l’élection présidentielle si l’on se place dans la perspective du beau cerf … pardon du bel élan populaire que représente cette opération marketing du PS.

Car soyons fous, soyons déjantés, imaginons une véritable lame de fond démocratique (notez l’absence de « s » à fond, ici) et une ferveur quasi religieuse, une de ces fièvres populaire qui s’empare du pays dans un moment de rassemblement chaleureux que seule la France sait produire dans les heures les plus sombres de son histoire. Imaginons que le clown à roulette officiellement socialiste remporte les présidentielles.

Que se passe-t-il ?

Et c’est là qu’on se rend compte que ces primaires furent une magnifique opération de communication, mais seulement ça : lorsqu’on a compris que le candidat ou la candidate finalement élue n’aura aucune possibilité de manoeuvre, on en vient à la conclusion logique qu’ils sont, tous, parfaitement interchangeables.

Et si cela vaut pour les comiques du PS, cela vaut évidemment pour les tristes sires de l’UMP, les guignols verts ou rouges, et les bouffons du centre et de l’extrême-droite.

Attention, il ne s’agit pas ici de dire que tout se vaut et que les idéologies et programmes prônés par une Marine, une Martine, un François, un Nicolas, une Eva ou un Jean-Luc sont interchangeables. Non. Il y a, bel et bien, une gradation dans la pourriture, la haine, l’incompétence, les idées idiotes, les bêtises, les trouvailles drolatiques et les improvisations maladroites qu’ils nous proposent dans un vrac troublant.

Ce que je veux dire est que, quel que soit le nom de l’occupant de l’Elysée en 2012 (et pour peu que ce ne soit pas Nicolas à la faveur d’un état d’urgence catastrophique), le principe de réalité s’imposera à lui avec toute l’implacable force d’un principe qu’on a tenu trop longtemps à l’écart grâce à des élastiques bien trop tendus et qui auront fini de claquer.

Que ce soit Martine ou François, que ce soit Marine ou Nicolas, peu importe : l’état devra faire face à des échéances de plus en plus contraignantes. Peu importe qui sera au pouvoir : le triple A français ne tiendra pas, ou sera déjà tombé. Oh, certes, on pourra toujours bien gesticuler en montrant du doigt les méchantes agences de notations : les bons du trésor français n’en trouveront pas plus preneurs. Ils sont déjà, maintenant, considérés comme pourris.

Quelle que soit la personne à la timonerie du Titanic, l’iceberg est inévitable et les lois de la physique sont inviolables : il coulera. S’endetter encore plus ne sera plus une option. Peut-être l’état aura-t-il commencé à retarder le paiement de certains salaires, de certaines pensions. Regardez bien ce qui se passe en Grèce actuellement : c’est une bonne répétition, en miniature, de ce que la France devra affronter.

Au passage, il est intéressant de comprendre que lorsque les gens vont voir leurs finances personnelles rétrécir dans un mouchoir de poche, ils vont, naturellement, couper dans le superflu. Si certains se passeront d’abonnement 3G et devront se focaliser sur le Facetime plutôt que le Facebook, d’autres choisiront d’arrêter la fumette qui fait rire. Et comme les aimables revendeurs locaux de ce produit stupéfiant ne savent absolument rien faire d’autre que vendre ce produit franchement stupéfiant, ils devront se tourner vers d’autres sources de revenus. Attendez-vous à des journées rock’n’roll dans certaines cités d’habitude calmes.

Mais bref, peu importent les actions entreprises par nos Géo Trouvetou de la politique citoyenne redistributive : le niveau de vie Français baisse déjà maintenant. Chaque relance keynésienne, que ce fut dans les années 80, 90, 2000 ou 2010 furent des échecs ; embaucher des jeunes ou des séniors, endetter l’état (ah zut ce ne sera plus possible) pour « relancer » ne marchera pas. Ça n’a jamais marché.

La France des entreprises, des artisans et des travailleurs a désespérément besoin de liberté fiscale, d’oxygène législatif, de latitudes pour que chacun puisse tenter, expérimenter. C’est exactement ce que va s’employer à saboter chacun des prétendants au poste suprême. Il n’y aura donc pas de croissance. La récession est certaine. La dépression de plus en plus probable. Les rentrées fiscales s’écroulent. Cela va continuer. Les sorties, elles, augmentent. Et continueront à augmenter.

Mécaniquement, les impôts vont pleuvoir sur la masse la moins mobile, la cible la plus inerte, celle qui était déjà à moitié groggy.

Résignez-vous, moutons : on va vous tondre et brûler votre laine pour se chauffer.

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Commentaires44

  1. infraniouzes

    Une chose me déconcerte: les banques n’arrêtent pas de jurer leur grands dieux qu’elles sont saines et qu’elles vont bien et le ménage Sarko-Merkel ne cesse de parler de recapitalisation. Il y en a des menteurs quelque part. Ou alors (j’espère me tromper), nos dirigeants fiévreux savent, par des indicateurs secrets, que l’Espagne et l’Italie sont au plus mal. On va leur envoyer l’huissier mais elles ne paieront pas. Nos banques vont exploser puisqu’elles détiennent une grande partie de leur dette. Elles vont donc perdre sur les deux tableaux: les intérêts qu’elles ne toucheront pas et une bonne partie du capital prêté qui partira en fumée.
    Allez, aux armes citoyens, à vos porte-monnaie plutôt.
    L’Europe solidaire vous appelle, vous n’allez pas faire défaut vous aussi. . . .

  2. Calvin

    « Résignez-vous, moutons : on va vous tondre et brûler votre laine pour se chauffer. »

    Tragiquement collector…

    Merci, H16, d’avoir insisté sur le fait que les relances keynésiennes, particulièrement à crédit (oui, je sais, c’est un pléonasme), n’ont jamais marché.
    Ca ne date pas des années 80. Dès le début, dès les années 30, ça n’a pas marché : Il a fallu l’illusion d’une guerre (principe ultime de la vitre brisée) pour détourner les regards d’une politique économique calamiteuse.

    1. deres

      Surtout que les investissements effectués ont beaucoup moins de productivité que ceux d’un New deal des années 30. Investir dans des lignes TGV non rentables, des autoroutes très peu utilisés ou du chômage partiel est une version moderne du dépavage/repavage des rues du 19ème siècle.

  3. Gran Torrino

    Je suis au rez-de-chaussée mais moi aussi j’ai eu envie de sauter. Oui excellent billet. Encore !

  4. ANT1

    On ne peut plus d’accord avec votre billet.

    Un avantage quand meme par rapport a la Grece: personne n’essayera de sauver la France, on gagnera du temps.

  5. Sébastien R.

    Tout ceci sonne bien vrai mais est plutôt déprimant…

    J’aimerai bien un peu d’espoir. Le soucis est que la solution semble être d’aller voir ailleurs, ce pays étant « foutu ».

    J’aime pourtant la France (géographiquement parlant), la solution = ne plus y vivre & y revenir en touriste ?

    Quel gâchis quand même

    1. Calvin

      Franchement, quand la France aura plongé « à la grecque », je ne pense pas que les français expatriés y soient tolérés en tant que touristes…
      On (oui, oui, j’ai pas vocation à partir, je serais du lot !! non, je rigole… enfin, je veux dire… suis malheureux) les insultera pour avoir quitté le navire (qui est pourtant insubmersible puisque too big to fail), pour avoir refusé de payer des impôts bien Français, pour ne pas avoir participer à l’effort collectif de redistribution festive, pour ne pas avoir eu confiance en nos zélites éclairés que le monde ‘nouzenvie’

      1. wpe

        Où alors investir dans des obligations françaises, elles vont commencer à rapporter pas mal vu comment c’est parti

    2. Glam

      ‘& y revenir en touriste ?
      Quel gâchis quand même’

      c’est vrai qu’il y a d’autres endroits mieux pour le tourisme lolz

  6. kelevra

    ce week end se tenait une reunion importante, un peu passe sous silence, concernant l avenir de dexia. fillon a demande a la belgique de boire le calice jusqu a la lie, meme si la belgique perd sa notation. les agences de notation ont prevenu que si la france s engageait trop dans la reprise des actifs pourris de dexia, elle serait immediatement declassee.
    pour 8 milliards de fonds propres, 500 milliards de passif dont 95 pourris. le probleme est que la societe generale et bnp sont a peine plus vaillantes, et les passifs sont respectivement de 1200 et 2000 milliards. pour recapitaliser selon les normes bale iii, il faut trouver au bas mot 200 milliards juste pour sg et bnp. comme sur le titanic, le capitaine boit du champagne, le navire file a toute vapeur et les passagers sont tous heureux!!!!
    2200 passagers 1500 morts….

  7. Pascale

    Dans quelques années des embarcations remplies a ras bord de Français miséreux viendront s’échouer sur les cotes tunisiennes, algériennes ou lybiennes.

        1. Calvin

          Ils laisseront passer :
          – MAM en Tunisie,
          – DSK au Maroc,
          – NS en Lybie…

          Pour les autres, ce sera … : « désolés… »

        2. gem

          une « justice avec les chaussures  » (zebda TM), le comble pour des gens qui « votent avec leur pieds » …

        3. Jacques

          Non, mais pour faire des esclaves, ça, c’est du productif, l’européen de souche, croyez-en des siècles d’expérience…

  8. Philippe Sandron

    quelque soit le nom de l’occupant

    Quelle que soit la personne à la timonerie du Titanic

    Amicalement toujours. Et reconnaissant aussi.

  9. NeverMore

    Non, non, je ne vais pas vous faire la liste complète des réformes absolument essentielles qui vont sauver notre beau pays et son vivrensemble et que seuls François ou Martine auront le courage de s’atteler :

    L’interdiction de la fessée, le gai mariage, l’adoption tout aussi gaie, le vote des étrangers, la légalisation du canabis (au minimum), la pilule du lendemain pour toutes dès le collège, l’interdiction du gavage des oies, la généralisation de l’abattage rituel et du hallal, le retour (tout en douceur) de la police de proximité, le retour des motocrottes …

    J’en ai près d’une centaine comme çà (je me fournis chez Terra Nova), une législature n’y suffira pas.

      1. kelevra

        non terra nova c est la nouvelle serie de spielberg, en 2149 la terre est si polluee, que le gouvernement mondiale decide d envoyer, via une faille spacio temporelle, des humains selectionnes, 85 millions d annees en arriere au temps des dinosaures.
        bon le probleme du dinosaure, c est qu il est capitaliste a mort, il a tendance a croquer tout ce qui est plus petit que lui.

  10. Pascale

    En parlant des dépenses étatiques, j’ai entendu dire (ou j’ai lu quelque part) que l’État voulait créer une dizaine de nouvelles chaines de télévision. Je me dis que j’ai du rêver, parce que s’enferrer à ce point là dans les erreurs de gestion du budget de la nation, ce serait tout bonnement impossible. Et qu’en plus je vois mal les investisseurs continuer à prêter à des fous.

    1. Pandora

      Mais le peuple français doit être éduqué !
      Par un groupe de média forcément contrôlé par les hommes de l’État. Les autres ne proposent que des programmes médiocres, c’est pour ça que le peuple inculte en redemande et que le média public (coût 2011 : 3.8 milliards d’euros) fini par copier ces mêmes programmes !!

    2. Vabadus

      Plus précisément, avec la fin de la diffusion hertzienne, 10 nouveaux canaux seront attribués aux divers groupes privés, c’est pas tout de l’Ortf

  11. NeverMore

    Oui Pascale. Et si vous votez pour Mr H. il vous fera un gros poutou, et bien plus, même sans affinité.

  12. Pere Collateur

    Quand on les entends nos socialos de gauche, s’auto congratuler sur un soit disant succès démocratique, je me dit, mais sur quelle planète vivent ils?

    On a vraiment l’impression qu’ils se voient déjà à l’Elysée… Plutôt naif comme réaction…

    Néanmoins je reconnais tout de même que 2.5 millions de gus qui se déplacent pour soutenir des idées poussiéreuses d’outre tombe, c’est vraiment étonnant.
    C’est un peu comme si Yvette Horner remplissait le stade de France…

    1. Glam

      interessant comme le discours des rappeurs a petit a petit epouse celui des medias de gauche, pourtant je me souviens, deja dans les annees 90 IAM avait bien note a quel point les politiques s’etaient moques d’eux en les recuperant…
      Orelsan, rappeur conformiste.

  13. Loran

    hashtable, j’adore, c’est pathétiquement drôle.

    Ah ca ira les gars… no fear…

    Ron Paul for president and then…. No American dream anymore… Le pied non?

  14. gem

    « (notez l’absence de « s » à fond, ici)  »
    MDR
    Voilà une bonne vanne à tiroir (donc les fond ont déjà été raclés, BTW)

  15. yoook

    Pourquoi ce billet ne finit-il pas par : « ce pays est foutu. »

    Mmmmh. Tu nous cache quelque idées optimistes ou quoi ?

  16. Maleypart

    Un billet bien maussaude, mais la lueur d’espoir est dans ce texte: le principe de réalité.

    Les politiques peuvent gesticuler, inutilement ou pour nous enfoncer encore plus, mais au final, quand toutes les solutions keynésiennes et/ou socialistes à base de plans de relance et de taxes auront été tentées, peut-être les verront nous enfin, contraints et forcés, à un juste retour de balancier.

    Enfin, le pire, je crois, est que ces mêmes politiques sont de bonne foi! (la plupart du moins)
    Eux-mêmes sont persuadés qu’il faut s’attaquer au libéralisme « sauvage » et dompter les banques/spéculateurs, persuadés qu’avoir cette opinion les rend « rebelles » au système, alors là même que cette opinion est tellement partagée que le mot « libéral » est devenu une insulte.

    je ne comprends pas, et je ne comprendrai jamais je crois, que cette philosophie de la liberté, considérée autrefois comme émancipante et comme la chance du pauvre face au nanti, soit si dévalorisée dans ce pays.

    1. Stéphane

      Je ne sais pas trop s’ils sont de bonne foi. Ca paraît gros quand même.

      Peut-être qu’ils se disent que le bouzin tiendra cinq ans de plus, le temps de s’en mettre plein les fouilles, et dans l’intervalle on pourra prendre l’air grave et sévère pour fustiger les pays pauvres de la zone euro, à la Merckozy.

      La crise offre de belles perspectives de temps d’antenne…

  17. pod

    Nous sommes dans un cas sans précédent : l’année 2012 se présentant sous des augures très aztèques pour la Fraônce, on ne sait trop comment juger le niveau de co——ie de ces personnages dans la course au bâton merdeux… Ceci dit, un peu comme à la foire, parions sur le beignet-benêt qui aura le privilège de voir exploser le gros pétard à sa face…

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