Crisis is back with a vengeance

Sarkozy est donc officiellement papa sur twitter candidalaprésidentielle. C’est, franchement, bouleversant tant on ne s’y attendait pas. Les socialistes officiels, pas du tout obsédés par le président sortant, ont donc passé tout leur mercredi à bombarder twitter et facebook de leur rage en découvrant qu’enfin, le candidat se déclarait. Pendant ce temps, Hollande et sa troupe se focalise sur l’essentiel : les comptes de campagne du nouveau candidat et les déclarations de l’indispensable Vanneste, faire-valoir comique de toute la troupe de clowns UMP.

Pendant que ces importantes questions sont donc ouvertes dans le champ politique français, et que l’ensemble du pays ne palpite plus que sur ces sujets primordiaux, quelques broutilles occupent le reste du monde. Comme nos politiciens en parlent assez peu, je vais y consacrer un petit billet.

Sans même parler des tensions de plus en plus vives autour de l’Iran et alors que le bruit des pierres à aiguiser sur les lames multiples au Moyen-Orient perce difficilement le brouhaha de la (magnifique) campagne présidentielle française, la crise continue son développement vers un horizon de plus en plus sombre.

Ainsi, pour la troisième fois consécutive, les chiffres des ventes américaines au détail sont plus faibles qu’escomptés, alors que la période passée (fin d’année) est réputée favorable à la consommation. On comprendra ici que malgré les montagnes de cash injectées dans les banques, les consommateurs ne suivent pas et ont tendance à nettement réduire la voilure.

Réduction de la voilure qui se traduit aussi au niveau de la consommation énergétique puisqu’on constate, toujours aux Etats-Unis, que la consommation d’électricité et de pétrole est en baisse sur les derniers mois.

Ce qui se passe outre-Atlantique est intéressant parce que cela démontre assez bien le ralentissement notable de la croissance et met, assez clairement, une sourdine sur les chants joyeux de certains économistes et politiciens qui continuent à prétendre que la crise est finie, ou que le plus gros est derrière nous, que nous avons échappé à la récession ou que sais-je encore.

Il est en outre intéressant de constater que malgré ce ralentissement net de la croissance, les prix du baril ne descendent pas ; si l’on passe le caractère purement saisonnier de la vague de froid qui contribue à alimenter la consommation, les tensions iraniennes jouent, comme mentionné un peu plus tôt, pour beaucoup d’autant que l’Iran a, justement, répliqué aux sanctions européennes en décidant d’arrêter d’exporter son pétrole vers la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et la Grèce. Quelle bonne idée ont eu nos dirigeants de se mettre à dos un fournisseur, en pleine crise, alors que les budgets se resserrent !

Au passage, on notera que la Grèce est dans les pays désigné par l’Iran, pour laquelle cette nouvelle arrive avec un timing diabolique, compte tenu de sa situation particulièrement tendue. On peut ici parier que le chef de l’État iranien n’a pas choisi ce pays au hasard, le coquin. Et on le comprend : appuyer ainsi là où ça fait mal n’est pas charitable, mais c’est le moyen le plus simple de faire comprendre à l’Europe qu’elle devrait se mêler d’abord de ses problèmes internes avant de regarder ceux des autres.

Et quels problèmes !

Non seulement, la situation grecque est maintenant incontrôlable, mais tout indique les bricolages continuent de plus belle, avec un vaudeville qui évolue d’heure en heure, et pas franchement dans le bon sens ; ainsi, on découvre un article de La Tribune datant du 14.02 expliquant que l’accord bancaire est imminent, rapidement suivi d’un article du Parisien du 15.02 informant que ben non, l’accord n’est pas signé du tout.

Ce serait drôle si ce n’était pas des bidouilles infâmes réalisées sur le dos des Grecs et, dans une bonne part, sur le dos des autres Européens qu’on s’est empressés de ne pas consulter dans l’opération.

À ce sujet, si vous ne comprenez plus rien à ce qui se passe, rassurez-vous : c’est le but de la manœuvre. L’idée générale est qu’il faut à tout prix sauver l’Euro et que ce salut passe par une victime expiatoire qui pourrait être la Grèce mais sera plus probablement le moutontribuable européen. Il est vrai que les conséquences vaguement prévisibles d’une sortie de la Grèce de la zone euro peuvent faire frissonner plus d’un politicien mais permettrait pourtant de résoudre un certain nombre de problèmes en évitant la tonte complète et probablement ultime des autres citoyens européens.

Pendant ce temps, les banques de la zone euro continuent de stocker du cash auprès de la BCE, à hauteur de plus de 500 milliards. Très manifestement, la confiance inter-bancaire règne. C’est le bonheur. On peut parier que si tous ces banquiers ne se prêtent pas entre eux, c’est parce que ces établissements sont parfaitement sains et qu’il n’y a donc pas lieu d’en parler ni dans la presse, ni dans les débats entre candidats déclarés, putatifs ou sur le départ à une présidentielle dont tout indique qu’elle sera de haute volée.

Dès lors, pas étonnant que les agences de notation, à commencer par Moody’s, remettent la pression sur les notations des pays européens : même si ces agences sont la cinquième roue du carrosse et n’indiquent la fièvre qu’une fois la gangrène déjà largement diagnostiquée, là encore, l’appel du pied pas très discret ne peut pas faire penser à une fin joyeuse avec dénouement hollywoodien, bisous inclus.

D’ailleurs, Nigel Farage, le député anglais UKIP qui n’a pas franchement la langue dans sa poche, l’explique assez clairement : le chaos grec, ce n’est que le début.

Les libéraux (les vrais, les durs, les poilus) n’ont eu de cesse depuis le début de la crise de dire que non, les banques ne doivent pas être sauvées, qu’il existe des mécanismes de faillites ordonnées et rapides pour éviter la spoliation des déposants, et oui, il faut sanctionner les décisionnaires fautifs dans ces établissements, que la faillite, tant d’un établissement que d’un État, était l’une des méthodes les plus efficaces pour purger le marché de ses canards boiteux.

Mais au vu de ces éléments, on comprend l’importance des manœuvres frénétiques des politiciens pour camoufler leur incompétence, soit par des bricolages financiers de plus en plus hasardeux, soit par des polémiques futiles et ridicules comme en propose la campagne présidentielle française : non seulement, les peuples ne doivent plus avoir leur mot à dire, mais en plus, on va tout faire pour faire taire ces insupportables libéraux qui désignent les bons coupables et les connaissent les bonnes solutions, malheureusement si défavorables aux oligarques et politiciens en place.

Et pour dénoncer l’ultralibéralisme, rien de mieux que les envolées lyriques d’un bobo que la cuistrerie et la mauvaise foi n’ont jamais gêné : le pauvre Cohn-Bendit explique ainsi que l’Europe est aux mains de « talibans néo-libéraux » qui poussent la Grèce dans ses derniers retranchements, faisant ainsi un assaut d’oxymore et d’incohérence que seul un fin connaisseur de son électorat peut se permettre : les libéraux prônant (c’est leur caractéristique principale) le moins d’état et le moins d’interventionnisme possible, on se demande comment on peut qualifier de libéral l’interventionnisme massif des 16 Etats dans la gestion d’un dix-septième, sans passer immédiatement pour un idiot dogmatique de première bourre.

En fait, le petit Cohn-Bendit illustre parfaitement tout le ridicule de l’attitude des socialistes devant la crise.

D’un côté, ils refusent d’admettre leurs erreurs : endettons-nous pour résoudre notre problème de dettes, l’euro doit survivre, un Etat ne peut pas faire faillite, les banques sont Too Big To Fail, désignons des dirigeants si la démocratie tourne au vinaigre pour les intérêts européens, etc…

De l’autre, ils refusent tout aussi catégoriquement, petits poings fermés et regard courroucé, de prendre en compte les remarques réitérés de ceux qui ont vu la crise venir, l’ont prédite, en ont expliqué les tenants, les aboutissants, et les méthodes pour en sortir, parce que ces solutions signifient, très concrètement, la fin de leurs privilèges, leurs pouvoirs et l’admission tacite et claire de leur incompétence crasse.

Cette attitude puérile ne conduira qu’à une unique issue, que Nigel Farage résume bien : le chaos.

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Commentaires27

  1. NEV

    Bah quand je vois la propension de l’être humain à toujours se fourrer dans des situatiobns pas possibles alors que la solution est évidente et juste devant son nez… Comme je l’ai déjà dit, vous en avez du courage à maintenir ce blog pour des causes perdues…

        1. Nord

          nt nt nt, ne tombez pas dans la caricature bien-pensante: j’ai suivi Vergès depuis le procès Barbie et pendant toutes mes études de droit (après le procès) … « faire parler de lui » c’est un peu court, jeune homme 😉

          @something – ai-je dit cela? mais voyez-vous, Vergès et moi n’étant bien évidemment pas du même bord, je l’apprécie portant infiniment. J’éprouve même un plaisir certain à ne pas être d’accord avec lui sur le plan politique. S’il n’y avait qu’un malheureux pour-cent d’accord entre nous, il serait toujours plus noble que les plus hauts idéaux de ses honorés confrères, Kiejman en tête 😉

          Mais nous sommes HS …

  2. Emma

    Excellent billet h16 qui met très intelligemment en perspective les évènements du moment : Iran, crise grecque, consommation en berne et… élections en France où bien sûr il ne sera pas question des vrais problèmes.
    Christian Saint-Etienne le dit très justement : la Grèce est comme un laboratoire en petit de ce qui pourrait advenir en France mais chut ici il est juste question de faire un référendum sur les chômeurs.

    1. Before

      Alors Copé l’a expliqué ce matin sur Europe 1 : les référendums c’est pour redonner la parole au peuple quand il y a un blocage sur une décision à prendre. Exemple : la règle d’or bloquée par le Sénat socialiste.
      Et les traités européens ? Ah bé non, ça on les discute à 27, c’est compliqué, on va pas tout mettre par terre en demandant son avis au peuple, ce gros con.
      Et la réforme des retraites ? Ah non plus, y a pas eu de blocages….

  3. Philippe Sandron

    A apprendre par coeur :

    « Les libéraux (les vrais, les durs, les poilus) n’ont eu de cesse depuis le début de la crise de dire que non, les banques ne doivent pas être sauvées, qu’il existe des mécanismes de faillites ordonnées et rapides pour éviter la spoliation des déposants, et oui, il faut sanctionner les décisionnaires fautifs dans ces établissements, que la faillite, tant d’un établissement que d’un État, était l’une des méthodes les plus efficaces pour purger le marché de ses canards boiteux. »

    Et conserver et faire connaître cet article « anthologique » !

    1. Emmanuel M

      Pourquoi ?

      Dans les sommets y a des petits fours

      Dans les émeutes y a des petits cons

      Le choix est assez facile

  4. Pod

    Et quelque part dans l’Espace, hier, Le Ministère de la Statistique Publique a publié les chiffres en direct de l’exo-planète « Insee »(http://www.insee.fr/fr/) : dormez bonne gens, le taux de croissance du bisou est bien au rendez-vous à 1.7%, c’est le stagiaire de l’Elysée qui vous le dit.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201900163629-la-croissance-francaise-fait-de-la-resistance-290125.php

    (…)
    la croissance française a fait preuve de résistance face au choc de la crise des dettes souveraines. A la plus grande satisfaction de l’exécutif. A 1,7 % en moyenne sur 2011, la croissance est « conforme à la prévision du gouvernement publiée en août dernier », s’est félicité le ministre de l’Economie, François Baroin. Surtout, l’acquis de croissance pour 2012 (c’est-à-dire si le PIB reste stable au cours des 4 prochains trimestres) est maintenant de 0,3 % : « La perspective d’une croissance de 0,5 % minimum en 2012 est désormais acquise », a estimé le Premier ministre, François Fillon, pour qui « cela veut dire que la politique économique conduite est une politique économique pertinente, adaptée à la réalité de la situation » .

    allo allo… ici la France… nous ne vous recevons plus… all…o…al……..

    1. Higgins

      Axel de Tarlé (qui peut être sérieux parfois) sur Europe ce matin expliquait que ce chiffre mirifique (+0,2% au dernier trimestre) était l’arbre qui cachait la forêt (celle-ci étant en très mauvaise état) et qu’il avait été obtenu grâce à de très fortes ventes d’Airbus et de véhicules de société (à cause d’une taxe à venir, les entreprises anticipant). Bref, on est sur le Corsa Concordia et, d’après le capitaine, l’absence de courant n’est dû qu’à une panne de générateur mais la situation reste sous contrôle.

      Plus que jamais, CPEF.

  5. Inso

    Aujourd’hui, le terme néo-libéral désigne une économie libre mais qui a besoin d’être encadrée par l’état pour simuler un marché libre. Qui à virer dans l’interventionnisme catastrophique.
    Au final, Cohn Bendit n’a pas tort. C’est exactement ça ce qui se passe

    1. Shnaffy

      On pourrait définir le terme neo- libéral comme cette mode de « laisser à certain acteurs financiers une liberté totale en leur retirant toute responsabilité »

      Mais à quoi bon… Employez ce terme avec cette définition à coté et tous croiront que vous battez contre le même fantôme ( illusoire et même pas définit ) qu’eux….
      Autant garder capitalisme de connivence au moins, ça veut bien dire ce que ça veut dire

    2. Maleypart

      Libéral désigne le méchant.
      « Néo-« libéral, c’est comme « ultra-« libéral, un mot qui désigne le très méchant.
      Ces mots ne servent à toute la classe politique/médiatique Française qu’à désigner un ennemi flou idéologiquement, mais commode puisque refermant le débat.

  6. Shnaffy

    Pensez vous que les politiciens sont au courant du nombre de CDS souscrits sur les bonds grecques?

    Je pense que oui et je pense aussi que c’est une des raisons qui les poussera à rayer le mot défaut de la prochaine édition de dicitonnaire du novlangue

  7. Pod

    Et sans oublier que quand la fête à Neu-neu prendra fin, les cohortes de gauchistes sauront trouver les boucs-émissaires chez les libéraux qui Ô surprise seront ressortis du placard de l’Opinion.
    Mes pauvres amis, sommes-nous prêts au haro sur les baudets que nous sommes ?

  8. Crucol

    Monsieur H16,

    Je vous sommes de retirer les propos suivants « les poilus » dans votre phrase « Les libéraux (les vrais, les durs, les poilus) ». il s’agit d’un affront incommensurable à la CNI (Communauté Naturellement Imberbe), dont je fais partie!!

    Dans le cas, où vous n’obtempéreriez pas, je me verrais contraint de vous dénoncer à la HALDE pour ces propos d’une autre époque.

    Je vous prie Mr H16 d’agréer l’expression de mes sentiments les plus distingués,

    Crucol,

    PS1: ceci est un fake.
    PS2: c’est aussi la manière qu’aurons les vrais trolls de la politique de détourner le débat dès qu’il pointera son nez, se concentrer sur des détails fumeux du discours de H16, pour le discréditer.

    Comme à votre habitude Hashtable, vous êtes une bouffée d’oxygène dans cette atmosphère avec bilan carbone positif étouffante de bisous en packaging éco-compatibles, dont l’éco-participation n’est pas bénigne sur notre porte-monnaire. Bonne Continuation,

    1. Calvin

      Je renchéris sur votre indignation (Indignez-vous !!).
      En effet, la phrase « Les libéraux (les vrais, les durs, les poilus) », semble indiquer que les libéraux ne sont que des hommes, machos de surcroît.
      C’est intolérable de voir les femmes, que dis-je, les féministes, aller grossir les troupes (hordes ?) de fans des étatistes, Flamby en tête.
      A moins que ce ne soit l’effet recherché !

      1. Ben non. Les femmes poilues sont féministes et rarement libérale. La femme libérale est belle, imberbe et aux formes appétissantes. C’est tout.

  9. christo

    « La guerre c’est la paix ».

    Bienvenue dans le monde orwellien total.

    Hier soir, l’avatar sarkozien fut : « La France Forte ».

    Les mots sont vidés de leur signification.

    -un pays est un hôtel (Attali)
    -les talibans ultra libéraux (Con Bandit)

    etc. etc.

    La même marmelade mentale que les crétins étalent sur leur tartines de pain rance.

    Ca en devient même comique.

    Mais ça marche.

    « La guerre c’est la paix ».

    1. Shnaffy

       » La guerre  » C’EST  » la paix  »
      Cette phrase est vraie, même si ce n’est pas une vérité universelle seulement ne lui donnez pas le plaisir de la sortir de son contexte…

      oui c’est un plaisir, car cette phrase à été forgée pour être sortie de son contexte, Ne jouez pas le jeu de la novlangue !

  10. simple citoyen

    Au sujet de la spoliation des déposants en cas de faillite bancaire, il est intéressant de noter au détours de la recherche rocambolesque des 1,2Mds$, ah non… on me dit 1.6Mds$ de fonds des clients déposés en garantie chez le courtier MF Global (dont le patron est un ancien patron de… Oui gagné! Goldman Sachs), ce qui a vallut à nos autorités compétentes de dire qu’ils s’étaient « évaporés » (sans rire).
    En fait d’évaporation ils sont bel et bien chez JP MOrgan, mais les déposants n’en verront pas la queue d’une cerise, car l’excellent lobbying des grandes banques a réussi à faire voter en 2005 un amendement « destiné à limiter les risques systémiques » (hahahaha) qui empêche les liquidateurs de MF Global de reprendre l’argent volé aux clients de la banque… ce qui est tout bénéfice pour les grosses banques en question puisqu’elles n’ont non seulement pas à rendre ce qu’elles volent ou le paient for peu cher (voir le scandale de l’accord concernant le forclosuregate) mais ne plus elles participent en ce faisant à mettre sur la paille leurs petits concurrents.
    Un modèle parfait je vous dis!

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