Le retour préparé (?) de la Drachme

Pendant que Hollande sera en formation Chef d’État Pour Les Nuls pendant la matinée, la zone euro se prépare à l’accueillir dignement, avec les égards dus à son rang, en partant en sucette : eh oui, même si c’est en slow-motion, l’agonie de la monnaie unique continue et le quinquennat du Socialiste va commencer par une partie fort épineuse.

Les élections grecques n’auront finalement pas laissé de répit pour François : une grosse semaine après son élection, les marchés sont encore plus tendus et la plupart des analystes sérieux estiment que le nouveau président de la République française n’a, en définitive, aucune période de grâce.

Comme je l’avais mentionné dans un précédent billet, Hollande n’aura même pas 100 jours pour boucler ses réformes et autres progrès géniaux dans le monde merveilleux de la réalité européenne. D’ailleurs, certains ne lui prêtent que 10 semaines maximum pour se réveiller un bon coup ou à défaut, planter définitivement le pays.

Du reste, la probabilité que le nouveau président fasse un peu n’importe quoi est suffisamment forte pour qu’un nombre déjà notable de Français s’expatrie rapidement pour fuir l’enfer fiscal que la France devient depuis quelques années : pour les Londoniens, c’est devenu une évidence, qui voient débarquer des cohortes de Froggies prêts à gagner de l’argent chez eux plutôt que sur leurs terres natales.

Et ces signes avant-coureurs d’un passage difficile pour le pauvre Hollande ne sont pas les seuls, loin s’en faut.

Même si Merkel veut à présent placer ses relations avec lui sous un signe un peu plus hospitalier que ce que les premiers échanges laissaient augurer (avec un refus particulièrement ferme — et parfaitement prévisible — de toute renégociation du dernier pacte), il n’en reste pas moins que la suite logique des soubresauts grecs est déjà prise en compte par la plupart des grosses sociétés qui se doivent, en coulisse, de préparer le pire même si, en façade, elles espèrent le meilleur (et prendront tout ce qui vient).

Le défaut grec, pour le moment aussi mal boutiqué que délétère, continuera donc jusqu’à son issue évidente : l’abandon de l’Euro et le retour à la Drachme, ce que préparent discrètement les banques. Certes, la probabilité que l’Allemagne fasse elle-même cette manœuvre risquée a déjà été évoquée (ici et , par exemple) mais les événements semblent prendre de court nos amis Teutons : la Grèce risque bel et bien de sortir de la zone avant l’Allemagne, et – évidemment – pas pour les mêmes raisons. D’ailleurs, cette dernière a déjà commencé à compter ce que cette sortie allait lui coûter…

noel en grece : pas cette annee

Du côté des banques et assurances françaises, même si on ne veut surtout pas effrayer les marchés (ces grands enfants vite impressionnables), on n’hésite pas à se faire rassurant : oui, on saura répondre « prêt » lorsque le vent va se lever, et le secteur bancaire français a déjà fait tout ce qu’il fallait ou à peu près pour que tout se passe dans les meilleures conditions.

Pour les assurances, Groupama va suffisamment bien pour qu’aucune inquiétude ne soit nécessaire. Passons.

Le Crédit Agricole nous assure qu’il gère. Peinard. Dexia, solide banque franco-belge, promet elle aussi de résister au petit grain qui s’annonce (et heureusement, ce n’est pas comme si son passif était lourdement grévé d’actifs toxiques et d’emprunts contractés par des collectivités globalement insolvables). Natixis, elle, aussi a déjà rédigé le plan de contingence pour cette éventualité. À sa lecture, on comprend que tout va bien se passer, notamment quand on jette un oeil sur les petits graphiques suivants :

natixis : sensibilite des taux au spread

Chomage de quelques pays zone-euro

Une sensibilité de plus en plus forte des emprunts d’état à 10 ans au spread par rapport au Bund allemand, un chômage (notamment un chômage des jeunes) qui affiche une vigueur embarrassante, pas de doute, on a ici des ingrédients factuels intéressants pour un avenir rose : augmenter les impôts semble difficile à mesure que les gens ne travaillent plus, et emprunter sur les marchés va devenir de plus en plus risqué.

Zut et crotte. Faudrait-il tâter d’une autre voie ? Par exemple, une diminution sensible, drastique et intelligente des dépenses de l’état ? Vous n’y pensez pas !

Bref : Hollande n’a pas encore le temps de réchauffer le cuir moelleux des fauteuils élyséen qu’il va devoir affronter une conjoncture probablement un tantinet plus rude que ce qu’il avait imaginé avec des morceaux de dégradation de note souveraine dedans, et qu’il va donc devoir trahir, proprement et consciencieusement, chacun des objectifs politiques idiots qu’il avait pipeauté dans son programme. Et le plus drôle (enfin, façon de parler), c’est que même en reniant son programme et ses ambitions, la France sera rapidement dans le même sac que l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce.

La réalité, c’est que personne ne sait précisément ce qui va se passer : si gouverner, c’est prévoir, il est maintenant évident que personne n’a rien prévu et que les « gouvernements » qui se sont succédé dans les pays européens maintenant en difficulté ont fait les clowns grassement payé. La France n’échappe pas à la constatation : en quarante années, des générations de branleurs inconséquents obsédés par le pouvoir n’ont jamais remis le pays sur la chemin d’une saine gestion et ont systématiquement choisi la facilité, la procrastination et les polémiques stériles aux réformes de fond…

Le mur arrive, et il s’appelle drachme.

J'accepte les Bitcoins !

17M6bXEBYrWHZkyT2j4H39ndYHv3rheB1m

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires110

  1. Le Gnome

    Bah, pendant ce temps là, la CGT demande le SMIC à 1700 euros, FO à 1750 (qui dit mieux), le retour de la retraite à 60 ans et autre joyeusetés du même genre, car un prédident socialiste de gauche ne saurait décevoir ses électeurs.

    Je sens qu’on va bien rigoler dans les mois qui viennent, jaune, certes, mais rigoler quand même, avant de tomber dans le gouffre.

  2. kelevra

    comme le bousier, les gouvernements ont pousse la grosse boulette de la dette devant eux, la faisant grossir de plus en plus. jamais la grece n aurait du integrer l euro, tout le monde le savait plus ou moins, et il y a deja 2 ans qu elle aurait du en sortir, ce qui aurait evite cette situation. qui peut dire ce qui va se passer si la grece sort de la zone euro?. les estimations de perte sur les prets a la grece (emprunt, renflouement bce et bdf, et aussi banques commerciales??) pour la france sera au alentour de 60-65 milliards, quasiment 80 milliards pour l allemagne. pour l espagne et l italie le montant serait de 20 a 30 milliards, quand on connait l etat de leur finance, l effet domino sera en marche.

  3. Maxime

    Simplement la Grèce ne peut pas quitter l’euro comme ca. Il faut modifier le traité européenn vu qu’il ne le prévoit pas
    Ben oui quand on est con on est con

    @maxime7

    1. gem

      Les traités prévoient des sorties de secours. Par exemple, le traité permet de
      « de prendre des mesures justifiées par des motifs liés à l’ordre public ou à la sécurité publique », et bien sûr si la Grèce estime que la rétablissement de la drachme est une nécessité d’ordre public personne en Europe ne hurlera à la violation du traité.

      Cela dit je ne miserais pas un kopeck sur la sortie de la Grèce de l’euro : il est bien clair que la nouvelle drachme aurait autant de valeur qu’un PQ usagé et que tout le monde en Grèce continuerait à se servir d’euros. Le gouvernement grec se tirerait une balle, non pas dans le pied, mais carrément dans la bouche, puisqu’il n’aurait plus que ce PQ à offrir à ses fonctionnaires et ses fournisseurs.

      1. Pod

        Excellente mérhode pour réduire le poids du fonctionnariat, donc de la dette fondamentale… le PQ, c’est déja moins attractif… ‘ serait excellent pour dégraisser ici aussi…

    2. Calvin

      D’accord avec Gem.
      La Grèce peut (et risque de) quitter l’Euro;
      La Grèce devrait tout faire pour rester dans l’Euro;
      Les autres pays européens ont intérêt à ce qu’elle quitte l’Euro.

      Toute la question est :
      - est-ce que la sortie de la Grèce enclenche progressivement la désintégration de l’Euro,
      - est-ce que l’Euro se sciende en 2 zones,
      - est-ce que le départ de la Grèce suffit à rassurer tout le monde.

      Qui vivra verra.

      CMEF ?

      (Cette Monnaie Est Foutue ?)

  4. infraniouzes

    J’ai entendu, ce matin, François Lenglet nous dire qu’il faudra sans doute porter la Grèce à bout de bras pendant 10 à 15 ans, le temps qu’elle devienne un pays « normal ».

    Nous avons un président « normal »…. Pourquoi ne pas le lui envoyer ?

    Blague mise à part, si on doit aider la Grèce à ce point, que diront le Portugal, l’Espagne, l’Italie qui font des efforts désespérés mais louables pour s’en sortir ?

    1. bibi33

      L’Italie n’est pas dans une situation désespérée, elle a certes une dette colossale mais elle est en excédent primaire, avant paiement des intérêts de la dette et très peu d’engagement futur.
      Malgré tout le mal que l’on peut penser de Berlusconi celui-ci n’a jamais cédé aux sirènes du keynésianisme et n’a pas trop aggravé la situation de son pays.
      Et les réformes misent en place aujourd’hui sont de nature à améliorer sa situation économique.
      Donc je ne suis pas trop inquiets pour l’Italie même en cas de défaut total de la Grêce.

      Pour moi la France est dans une situation bien pire que l’Italie mais chut dormez brave gens.

      1. L’Italie est effectivement en meilleure posture que l’Espagne, clairement, et probablement que la France, de loin. Mais la situation n’est pas rose non plus.

        1. Deres

          Au moins, ils ont quelqu’un aux manettes qui est prêt à assumer la responsabilité des réformes structurelles qui fâchent les lobbys. On en est loin …

  5. bibi33

    Je vous le dit la droite va gagner les législatives, Fillon redeviendra Premier Ministre, et Sarkozy sera appelé à la tête du gouvernement avant la fin de l’année.

      1. Deres

        Je n’y crois pas pour pleins de raisons :
        - les français en bon soldats voudront donner une majorité au Président élu
        - la droite est bien parti pour se fourvoyer dans des affrontements stériles au profit de la gauche avec le FN
        - Sarkozy, même si très décrié, avait un certain aura. Il n’y a aucune personnalité marquante pour tenir haut le drapeau de la droite actuellement en reconstruction
        - Hollande va y aller de ses mesures populistes et par décrets d’ici les élections (affrontement avec Merkel, prix de l’essence, allocation scolaire, …)
        - Finalement, les français aime être du côté des vainqueurs. la dynamique créé par al Présidentielle aura donc un effet.

        Cela fait beaucoup à surmonter …

        1. gem

          ça se défend mais l’inverse aussi
          - les français ont plus voulu sortir Sarkozy que rêver de Hollande ; il n’ont aucune raison de donner une majorité au nouveau président
          - le FN n’est pas un parti de droite ; il capte un électorat populaire nationaliste et socialisant. donc il ne change pas grand chose.
          - La droite ne manque pas de chefs, elle en a plutôt trop ; évidemment si il se foutent sur la gueule c’est foutu pour eux mais ils peuvent s’entendre et il est de leur intérêt de gagner ces élections même dans une perspective 2017. Fillon termine avec une cote de premier ministre d’enfer et il peut rempiler les doigts dans le nez.
          - Hollande n’est pas sûr de réussir son coup ; au contraire même il est dans un merdier plus grave que jamais et se retrouver écalbousser
          - Hollande n’est pas perçu comme un vainqueur, il n’y a pas d’élan particulier pour le soutenir.

          Bref : ça reste 50/50

      2. Théo31

        La droite française, cette pâle copie du PS, qui fait que les électeurs préfèreront toujours l’original socialiste à une imitation honteuse inassumée.

    1. Before

      Mouais, et si on laissait la gauche se planter ? Après la cata, il y aurait peut-être un renouveau libéral à droite ?
      Mais je reste dubitatif sur l’honnêteté et la pertinence des analyses qui nous seraient servies pour expliquer le plantage.

      Tout ça bien sûr si la catastrophe ne se transforme pas en cataclysme sanglant.

      1. Stéphane

        Le renouveau libéral à droite, j’y crois moyen (un demi-siècle de matraquage idéologique antilibéral provoque quelques effets) mais je crois bien plus en une faillite d’ici à cinq ans.

        D’une façon ou d’une autre, pas de dette possible => Pas possible de dépenser l’argent qu’on n’a pas => budget à l’équilibre => Etat amaigri…

        Mais c’est plus l’anneau gastrique imposé de force que le régime Weight Watchers.

        1. Calvin

          « On a essayé le Régime Keynes Watchers pendant 40 ans ! »
          « Ah, et vous avez perdu combien ? »
          « 9 600 milliards ! »

          (hommage aux Inconnus)

    1. Calvin

      Sauf que ceux qui resteront dans l’euro vont vivre une période draghimatique.

      (oui, je crois que c’est la journée mondiale du jeu de mot pourri !!!)

  6. Pythéas

    “The era of procrastination, of half-measures, of soothing and baffling expedients, of delays, is coming to a close. In its place, we are entering a period of consequences. »
    WSC

  7. Pascale

    «  » »Hollande n’a pas encore le temps de réchauffer le cuir moelleux des fauteuils élyséen qu’il va devoir affronter une conjoncture probablement un tantinet plus rude que ce qu’il avait imaginé avec des morceaux de dégradation de note souveraine dedans, «  » »
    Peu lui chaut : il voulait le pouvoir, il l’a. Pour lui et ses copains. Le reste ….

    1. Deres

      Il a déjà annoncé sa position de Président au dessus du débat politique, garant des institutions. Il continue à singer Mitterrand. Je sens que les premier ministre vont redevenir des kleenex servant à essuyer les mauvais sondages après des mesures impopulaires …

    2. Calvin

      Je suis d’accord avec tes propos, à l’exclusion de l’assertion finale : « Pour lui et ses copains ».
      Le pouvoir, c’est pour lui.
      Les « copains », ça va tanguer sec.
      Je suis persuadé qu’il va rendre les coups à tous ceux qui, au PS, l’ont injurié.
      Il va leur rendre la monnaie de leur « flanby », « capitaine de pédalo », « fraise tagada », « incapable de prendre des décisions », « boulet du PS », « couille molle », etc.

      Une fois passé le moment bisounours, festive et le Retour de la Lumière, les uns et les autres vont (ré)apprendre que le pouvoir en France ne se partage pas, il se subit.

      1. caterina

        Pour compléter le « etc. », le surnom que j’ai préféré durant cette campagne de haute volée:
        Guimauve le Conquérant. (qui viendrait d’un proche de Fabius)
        Hein, c’est drôle?

  8. NeverMore

    Heureusement, quelques réformes fondamentales et indispensables vont nous sauver : le mariage gay, l’adoption homo, l’euthanasie joyeuse, la légalisation du cannabis …

    1. Paf

      bizarrement je serais tres etonne si Flamby faisait une seule de ces (pseudo) reformes.J’vou’l dis moi, president de gauche, politique de droite.

  9. Tremendo

    Une sortie de l’euro serait assez drachmatique pour les grecs: fuite des capitaux, augmentation de la valeur de la dette, dévaluation brutale…et au final suspension de paiement.

    En revanche ce serait une toute petite bulle d’oxygène pour le reste de la zone euro, et en particulier les pays du sud dont les primes sur les obligations souveraines souffrent d’abord de leur situation interne mais aussi un peu de l’effet contagion grec. Mais ce serait vraiment très provisoire, ça ne réglera rien tant que ces Etats n’insisteront pas pour faire des réformes.

    Ce serait aussi justice en disant aux grecs ben qu’ils ont menti sur leurs engagements, menti dans leurs comptes officiels et sur les critères de Maastricht -ce que toute la zone euro a fait d’ailleurs au passage-, et ont donc fait peser un risque indirectement sur les autres économies.

    Donc dehors la Grèce.
    In fine, la seule solution c’est de libérer les monnaies.

    1. kelevra

      fuite des capitaux : deja fait, les banques grecques manquent meme de billets!!!
      augmentation de la valeur de la dette : quelle dette? si la grece sort de l euro elle ne remboursera rien, c est nous qui payeront
      devaluation brutale : avant l euro, la grece mais aussi la france ou l espagne l italie etc devaluaient regulierement de 15 20% pour realigner leur productivite, cela ne sera qu un rattrapage, et en plus benefique pour le pays, ca attirera les touristes qui ne vont plus en tunisie ou en egypte, les imports seront plus cher pas grave ils consommeront local
      la sortie de l euro est tout benefice pour les grecs, par contre c est les europeens qui ont pretes qui vont souffrir, 380 milliars a eponger

      1. Tremendo

        La fuite des capitaux a commencé c’est vrai, mais là tu peux être sûr que ça empirera davantage.
        La dette augmentera effectivement puisque la dette sera toujours libellée en euro, mais le gouvernement fonctionnera en drachme, or il y a fort à parier que le drachme perdra très rapidement de sa valeur rendant la dette en euro encore plus chère et insoutenable, précipitant la faillite et la suspension de paiement (c’est d’ailleurs la seule solution à court terme si les réformes ne se font pas).
        Quant aux dévaluations, ce n’est pas une alternative. Les dévaluations sont une roue de secours qui tiennent peu de temps jusqu’à ce que la monnaie perde de sa valeur à nouveau sous l’inflation et les dépenses publiques dispendieuses. C’est surtout un vol des rentiers et une incitation à mettre son argent à l’étranger au lieu de l’investir en Grèce (et elle en a bien besoin).
        Pendant des années les pays du sud (la France comprise) ont dévalué trop facilement, leur évitant de prendre le chemin de la réforme, leur évitant de moderniser leur économie. A terme elles ont toujours conservé ce retard patent sur les économies du nord.

        Attention je n’ai pas dit que l’euro était génial, ce fut un parapluie déresponsabilisant, il a aussi incité les pays du sud à s’endetter et à vivre à crédit grace au fait que d’autres comme l’Allemagne compensaient plus ou moins. Ca n’a duré qu’un temps, aujourd’hui ce n’est plus possible, puisque les marchés considèrent que la zone euro n’est plus homogène et traitent de manière différenciée la prime de risque de chaque pays ainsi que toutes les valeurs boursatiles de chaque pays. Mais au moins aujourd’hui, le fait d’être dans une monnaie commune, oblige les uns et les autres à faire des réformes. POur être tout à fait sincère, les critères de Maastricht n’ont pas marché et le pacte budgétaire ne marchera pas, sans compter les problèmes de souveraineté nationale que cela pose, mais pour des pays aux économies à la traine c’est une alternative meilleure au fait de revenir aux monnaies nationales, pour d’autres comme l’Allemagne elle a tout intérêt à revenir au Mark à mon avis, et franchement je ne crois pas que la France a intérêt à revenir au franc.

        La meilleure alternative c’est la liberté monétaire.

        1. Calvin

          Je rappelle qu’avant l’Euro, la Grèce emprunter à 15-20%, avec l’Euro à 2-3%.
          Le crédit faible ne les a pas aidé à assainir les finances, bien au contraire.

          Ceux qui pensent que les Etats doivent emprunter à 0% se mettent le doigt dans l’oeil.

    2. Topaz

      De toute façon, la Grèce ne paiera pas sa dette, qu’elle soit libellée en Euro ou en Drachme.
      En conséquence, elle a tout intérêt à repasser à la Drachme et jouer la dévaluation compétitive (si toutefois on peut parler de compétitivité au sujet de la Grèce)

  10. Mare

    Ce n’est pas la Grèce, le problème et encore moins les chômeurs d’Europe et de Navarre…

    Non, non, les amis, une devise incapable de s’adapter aux différences fondamentales des économies qu’elle englobe n’a aucune chance de perdurer.

    C’est le cas de l’Euro. Si la Grèce sort, sans suivra un certain nombre de PIIGS tôt ou tard, peu importe.

    Ce n’est pas l’Euro le problème, c’est sa Valeur de plus en plus difficile d’évaluer et de cerner.

    C’est la construction Européenne mise en place par les Mythes errants et les De L’or qui se révèle d’une débilité profonde à l’extrême.

    Souhaitons une bonne continuation au délire Fauxscialistes et qu’ils contemplent leurs œuvres aux premières loges.

    L’Euro est mort, ils vont le réinventer, et il en faudra des traités et des traîtres pour que les peuples comprennent enfin que la politique n’a jamais inventé l’eau chaude, mais qu’elle s’en est toujours servie.

      1. mare

        @Stéphane,

        je ne sais pas écrire plus vite… même avec une barre d’Euromaltine, la mèche allumée.

        @Calvin

        Si un pays devait sortir, ce serait plutôt l’Allemagne.

        Le marché est mondiale, la finance international, la politique locale, l’armée sous contrôle.

        1. Calvin

          L’Allemagne restera parce que :
          - soit ses points de vue sont adoptés par tous,
          - soit la zone Euro est coupé en deux zones (typiquement Nord vs Sud).
          Je vois difficilement ce pays tourner le dos à la construction européenne. Je pense plutôt que les allemands garderont un train soutenu, et verraient bien les pays les plus faibles décrocher un par un.
          Au moins, ce ne sera pas leur faute.

        2. Paf

          « Le marché est mondiale, la finance international »

          mais BORDEL tu comprends le sens du mot ACCORDER ?
          les gens comme toi nous font CHIER avec leur faux style pourri et leurs vraies fautes d’orthographe.Apprends donc a ecrire clairement avec des vraies idees dedans et debarasse toi de cette propension a tenter le style litteraire qui apporte d’autant moins que tu fais plein de fautes minables.
          Tu t’es cru ou la? on n’est pas a la tele ou dans ton club de lecture, c’est un blog sur internet, ca n’amuse personne tes essais stylistiques.
          scrogneugneu.

        3. mare

          @Calvin

          Non, à la 1 et à la 2.

          L’Allemagne exportait, exporte et exportera.

          Une dérive monétaire conjuguée aux déficits des balances commerciales, aux disparités des productions, des compétences, des compétitions…, des cultures, des langues dans la zone Euro n’est pas soutenable. Grosse Malheur pour tous, nein ?

          Même pif-Paf d’amour devient intolérant de la faute des autres sans regarder les siennes.

          L’Allemagne réclame ses réserves d’or à la banque de France, d’Angleterre, et à la Fed. Ce n’est certainement pas pour enfiler des perles…

  11. gnarf

    Toujours a la pointe de l’innovation depuis pres de 3 millenaires,la Grece invente coup sur coup deux nouveaux genres theatraux:

    Le Tragyclisme
    La Catastragedie

    1. Calvin

      Moi, j’ai aimé (enfin, façon de parler) :
      - le psycho-drame du sauvetage de la Grèce : les Tragédettes,
      - le cocufiage des citoyens européens : l’eurodeville,
      - le burlesque des plans dits de croissance : la Commedia dell’arelance.

  12. Mirella

    Où sont passés les responsables de cette construction merdique ?
    Pourquoi n’établit-on pas LES listes des responsables (sans oublier les technocrates de Bruxelles) politiques ayant participé à cette grande fuite en avant et persistant dans l’erreur en multipliant les bidouillages ?

    Et que l’on ne vienne pas me chanter que tout est de la faute de N.Sarkozy, le faux libéral de la fausse austérité.

    1. gem

      Des listes, des listes … et un comité d’épuration, aussi ? Un procès de Moscou où les « responsables » feraient leur « auto-critique » ?
      les « responsables » proposent, les électeurs disposent, et, manifestement, ils choisissent toujours le pire dans le panel de cons sur l’estrade.

    2. LES responsables ? Mais tout ceux qui ont réclamé ces dettes, ces systèmes sociaux coûteux, ces fuites en avant … ce sont les peuples eux-mêmes, pardi ! Les politiciens sont responsables de n’avoir jamais eu les couilles de leur dire non, et l’Etat trop heureux de grossir de n’avoir jamais eu la volonté d’arrêter de s’empiffrer. Mais les principaux responsables, c’est toute la génération de quinquas qui ont profité tant qu’ils ont pu des bénéfices de la croissance des années précédentes. En gros, les générations des années 40, 50 et 60 ont construit, les générations des années 60, 70 et 80 ont profité à mort et se sont endettées, et les générations 90, 00 et 10 vont maintenant payer.

      1. Alexandrov

        « ce sont les peuples eux-mêmes, pardi !  »

        Exactement. Quand on voit des lycéens manifester contre l’augmentation de l’âge de la retraite pour alléger une dette qu’ils vont eux-mêmes devoir payer, la connerie atteint un niveau tel qu’on peut sans exagérer dire que le peuple est responsable. Ca tombe bien, c’est lui et lui seul qui paiera.

        Sauf que le décalage entre les générations est la pire des injustices. Mais réjouissons-nous, FH est le président de la jeunesse, il va consciencieusement acheter des iPad aux lycéens en endettant les nouveaux-nés qui n’ont rien demandé.

      2. Bip Bip

        Je suis pas entièrement d’accord avec toi Hashtable. C’est sûr que les gens ont une part de responsabilité mais cela ressemble beaucoup à ce qu’il s’est passé à Rome durant l’Antiquité.

        Les tribuns à l’époque nourrissaient gratos et divertissaient les gens pour acheter la « paix sociale » (le fameux « Panem et circenses »). Donc il y avait une population qui vivait bien et était lobotomisé par le cirque quotidien avec les théâtres, colisées etc. (aujourd’hui TF1 et toute l’équipe).

        Ce qui permettait aux tribuns de recevoir toutes les faveurs du peuple.

        Le gens ont une part de responsabilités importante dans cette affaire mais il ne faut pas sous-estimer les politicards qui ont achetés la paix sociale depuis 40 ans.

        1. Paf

          ahah, j’aime ton « (aujourd’hui TF1 et toute l’équipe). »
          tu as oublie France Televomi et toutes les autres chaines.Cracher sur TF1 c’est un bon gros lieu commun, comme si il y avait la moindre difference.
          Les politicards sont le pendant du peuple, il faut etre deux pour danser le tango.
          Si vous cherchez un coupable outsider regardez du cote de la presse.

        2. Oh, si tu lis mon blog, tu verras que je ne les sous-estime pas. Mais s’ils portent une part de responsabilité, ils n’en portent qu’une part, pas toute. Le mouvement général des foules qui ont réclamé des droits et des zacquis zsociaux, c’est un mouvement général assez bien décrit (notamment par Kondratieff). Les politiciens ont, traitreusement et/ou cyniquement, profité du mouvement d’ensemble pour des fins personnelles.

        3. Thomas

          C’est bien les peuples, et toutes les générations pré 90 qui ont abusé goulument.

          Après bien sur, c’est pas du tout calin comme raisonement. Et dans un pays de vieux (la France) ca fait grincer quelques dents.
          De même dire que voter à des conséquences et qu’il faut les assumer (l’état lamentable du pays), ne rencontre pas un vif succès.

          Pourrait on dire que la France et les autres pays adeptent de l’état providence, sont peuplé pour majoriter d’enfants (i.e qui refuse d’être considéré comme responsable ?)

          C’est amusant, prendre l’argent d’un autre de force est du vol, par contre faire la même chose aux générations futures, est parfaitement normale. Personne ne bronche.

        4. Shnaffy

          C’est en lisant un article sur la commune ( pour savoir s’ils étaient morts pour le droit de vote…), que je me suis rendu compte que les acquis sociaux datent d’il y a sûrement très longtemps en France!
          Bref toujours les mêmes qui trinquent, mais tant qu’ils ne comprendront pas qu’ils se font baiser, ils continueront …

  13. Mirella

    Oh là ! Comme vous y allez!
    Je déplore simplement que les responsabilités ne soient pas pointées et reconnues…Un comité « impartial » pourquoi pas ?
    S’il permettait aux cons du bas de l’estrade de ne point voter pour le panel qui se trouve en dessus en multipliant les bidouillages…d’esquive !!!!

  14. Alexandrov

    A-t-on des exemples historiques de sortie d’une union monétaire ? Parce qu’au final le problème de la dette n’est pas si anodin :

    Soit la dette grecque reste libellée en euro, et la dévaluation la fera doubler voire tripler après le retour à la drachme

    Soit la dette grecque se retrouve libellée en drachme à un taux arbitraire, et les créanciers sont spoliés (il ne sont plus à ça prêt).

    La deuxième solution paraît plus probable, mais alors ça créerait un précédent incroyable, et suivant cette voie je pense que l’Espagne, l’Italie, le Portugal et même la France auraient tout intérêt à en faire de même et la destruction de valeur serait massive…

    1. kelevra

      l argentine dans les annees 90 a annule sa dette, elle n emprunte toujours pas sur les marches…
      la grece l a deja fait a plusieurs reprise,
      la russie apres la revolution de 1917 : les fameux emprunts russes
      les exemples de non remboursement des dettes sont innombrables

      1. Blanc Cassis

        L’Argentine a sa propre monnaie et est un pays exportateur alors que la Grèce n’a presque rien à vendre sinon son soleil

        1. L’Argentine est gérée par des pingouins socialistes qui font n’importe quoi, d’où le problème. Mais c’est un pays qui, au début du siècle précédent, aurait pu largement prétendre à rentrer dans un G8 s’il avait existé à l’époque.
          La Grèce reste un petit pays touristique, point.

    2. Exemples historiques: chercher « Union Monétaire Latine » dans google. Cependant, tout n’est pas exactement comparable.
      Pour le reste, la dette grecque sera, à un moment où l’autre, répudiée purement et simplement.

    3. gem

      Plein d’exemple. L’union latine par exemple. Et bien sûr tous les cas d’éclatement d’un empire

      C’est évidemment la seconde solution qui s’impose.
      Par contre, il ne faut pas croire que c’est de l’intérêt des peuple que de ne pas payer leur dette. Je ne connais pas un seul cas dans l’histoire où la banqueroute a rapporté : le gain de la spoliation est toujours largement dépassé par les pertes (ruine économique, impossibilité d’emprunter donc vente à vil prix des biens publics donc corruption massive ou soumission au financeur, désordre sociaux voire guerre civile) pour un solde largement négatif.

      1. Alexandrov

        Oui mais si je ne m’abuse, l’union latine a explosé (retour à des monnaies nationales), mais personne n’en est sorti seul… l’exemple plus récent est celui de la Yougoslavie, mais là encore les pays ont récupéré leur monnaie nationale et la monnaie commune a cessé d’exister.

        Si la Grèce sort, l’euro existera toujours, et libeller sa dette en drachme serait une spoliation différente du défaut de paiement. Si la Grèce y arrive, pourquoi pas l’Italie ? l’Espagne ? la France ?

        Bon, après, c’est très théorique comme débat puisque comme le dit Hash, la « juste valeur » (dans tous les sens du terme) de cette dette est nulle, et l’égalité (zéro euro) = (zéro drachme) est encore vérifiée.

        1. Il y a aussi la Tchécoslovaquie qui s’est séparée en Tchéquie et en Slovaquie avec deux monnaies différentes… Mais il faut voir que chaque cas, finalement, est suffisamment différent pour qu’on ne puisse tirer que des conclusions fort générales.

          Pour ce qui est de la façon dont la sortie grecque peut se dérouler, j’ai prévu un petit billet à ce sujet dans les prochains jours. Stay tuned.

  15. Hollanchon

    Comme disait l’autre, on ne peut pas defaire l’Euro. C’est comme de vouloir refaire des oeufs a partir d’une omelette. Ca va donc tanguer de plus en plus fort. Heureusement qu’avec Flanbouillot, on va avoir plein de soussous. Pas de bile a se faire. Reconciliation. En plus, en Grece il y a plein d’aveugles. Entre aveugles, on peut quand meme pas se laisser tomber les uns les autres, quand meme. Vive l’Internationale Cecitosociale !

  16. BA

    En Grèce, le bank run s’accélère.

    Mardi 15 mai 2012 :

    Grèce : 700 millions d’euros retirés des banques grecques lundi.

    Les retraits d’argent dans les banques grecques ont atteint 700 millions d’euros lundi, a indiqué le président de la République Carolos Papoulias aux chefs des partis politiques grecs qu’il a reçu, selon les actes publiés mardi sur le site de la présidence.

    « Lors d’un entretien téléphonique avec le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos, ce dernier m’a informé que la situation des banques était très difficile et que le système bancaire était actuellement très faible. Les retraits ont atteint la somme de 700 millions d’euros jusqu’à 16H00 lundi » a déclaré Carolos Papoulias, estimant par ailleurs que la situation serait pire au cours des deux prochains jours.

    « M. Provopoulos a dit qu’il n’y avait pas de panique, mais qu’il y avait une grande inquiétude qui pourrait se transformer en panique », a ajouté M. Papoulias.

    L’inquiétude est provoquée par l’incertitude politique qui a suivi le scrutin législatif du 6 mai, au cours duquel aucun parti n’a reçu de majorité, plongeant le pays dans une paralysie politique.

    Le chef de l’Etat a présidé lundi et mardi des réunions des chefs de partis, tentant en vain de former un gouvernement de coalition. Finalement, le pays doit avoir recours à de nouvelles élections en juin.

    En février, l’ancien ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, avait chiffré à quelque 16 milliards d’euros les sommes déposées à l’étranger depuis 2009, début de la crise de la dette, dont 32% dans des banques au Royaume-Uni, et 10% dans des banques en Suisse.

    http://www.romandie.com/news/n/_Grece_700_millions_d_euros_retires_des_banques_grecques_lundi_96150520122138.asp

  17. fab

    Si vous aviez la possibilité de mettre un peu de vos économies au Canada, le feriez vous? J’ai pas envie de perdre tout le fruit de mon épargne à cause de ces guignols…

  18. Marco33

    Quelqu’un peut-il me confirmer si c’est bien 143 milliards d’€ qui ont été versés à la Grèce, qui a 11,3 millions d’habitants?

    1. Alexandrov

      Oui, et c’est sans compter l’abandon des créances privées.

      En sommant les « dons » publics et privés versés à la Grèce depuis 3 ans, on arrive à peu près… au montant de ladite dette.

      C’est n’importe quoi.

      1. Marco33

        Je viens d’entendre sur BFM radio qu’il y a aussi 100 milliards d’abandon de dettes.
        A ajouter aux 143 milliards de « prêts »……

  19. eheime

    L’article du Telegrah cite Touati…
    Le mec qui voyait le cac à 10000 en 2008 et qui s’est a peu pres trompé sur tout (mais que nos journaleux envitent encore et toujours a toutes les emissiosn de télé)
    Aucune credibilité !

  20. Homo-Orcus

    Pour bien comprendre les grecs il vous fait lire un bouquin de… 1858, le Grèce contemporaine – Edmond About.
    Sur Gallica
    « Les aumônes énormes exigées par certains personnages puissants qu’on paye non pour le bien qu’ils ont fait, mais pour le mal qu’ils daignent ne pas faire. »
    La Grèce contemporaine d’About est la Grèce actuelle.
    On y apprend également que les Grecs d’aujourd’hui n’ont rien de commun avec Socrate, Solon, Platon etc. mais sont d’origine envahisseurs barbares, un genre de bâtards albanais/ottomans – finalement on se marre bien à sa lecture puisqu’on a l’impression de lire la situation actuelle.

  21. Blanc Cassis

    Avez vous compris ce qu’à voulu nous dire FH lors de sa conférence de presse à Berlin ?
    Pour moi : dette réelle de fonctionnement + dette d’investissement virtuel => croissance => réduction de la dette.
    Que penser des Français lorsqu’on lit cet article ? http://bit.ly/JlfUOq

  22. alex

    Un peu trop facile de taper sur les quinquas, en disant qu’ils se sont goinfrés d’avantages sociaux pendant 30 ans et se sont cramponnés, de manière irresponsable et suicidaire pour notre économie, à des avantages acquis, durant la même période.
    S’il y a des responsables, ce sont plutôt ceux qui nous ont mal gouvernés. Et en premier lieu, quelqu’un qu’on oublie un peu vite, mais qui a été à la tête de l’Etat durant 12 ans.
    Oui Jacques Chirac, ce grand con, qui n’a strictement rien fait au niveau des réformes urgentes à entreprendre et cela dès 1995.

    1. Posez-vous la question : si les gens qui votent avaient voté pour des réformes, ne s’étaient pas laissés faire pendant les grèves de 95, par exemple, pensez-vous que Chirac aurait tenu sa position minimaliste ?

      1. berdol

        Bien vu, h16 : Les glands qui nient la responsabilité du peuple nient par la-même la démocratie. J’ai 62 ans et j’ai vécu 68 et 81 : En 68 tous les minables petits-bourgeois ont trouvé assez jouissif de pouvoir se faire enculer dans les allées du bois de Boulogne sans risque de sanction pénale et en 81 toutes les professions indépendantes ont voté comme un seul homme (celui du bois de Boulogne) parce que Barre refusait d’aller plus loin dans la dette, qui lui paraissait déjà trop importante et parce qu’il voulait réformer le système social dont il prédisait que son poids excessif nous entraînerait à la ruine. La ruine est là et les bobos de droite comme de gauche sont RESPONSABLES ! On a fait apparâitre depuis des lustres les scandales de syndicats (Comité d’entreprise d’EDF, RATP, SNCF ) Concussions diverses et en long et en large dans toute la presse, la corruption des mutuelles 45, aux mains des francs macs et des prévaricateurs : Tout cela est dans le domaine public depuis 60 ans et les cons ont continué à voter en fermant les yeux. A courir avec un bandeau sur les yeux, on ne voit pas fosse à merde et on tombe dedans. C’est le cas aujourd’hui… Mort aux cons.

  23. BA

    Mercredi 16 mai 2012 :

    Game Over.

    Voilà que la sortie grecque – ou plutôt son éviction ! – devient quasi chose faite. Citibank l’évalue à 75%, tandis que les bookmakers anglais ne prennent plus aucun pari tant l’affaire semble « pliée »…

    Les Grecs sont d’une part complètement saturés d’austérité sachant que, par ailleurs, les Allemands (en tout cas Madame Merkel, son ministre Schauble et leurs suivants) ne donneront plus leurs sous sans davantage de régime minceur grec. Certes, de nouvelles élections grecques sont agendées au 17 Juin prochain, mais pourquoi les résultats seraient-ils foncièrement différents des précédentes ? De fait, ils le peuvent, mais dans le sens inverse que celui attendu car celles et ceux ayant protesté par leurs suffrages contre la rigueur se mobiliseront – et mobiliseront – indubitablement davantage. Attendons-nous, en d’autres termes, à l’affaiblissement supplémentaire des partis de gouvernement grecs et à une installation des extrêmes, donc des partis contestant l’austérité imposée par Bruxelles et par le F.M.I..

    Dans un tel contexte, les officiels allemands – qui se sont préparés depuis déjà plusieurs mois à l’éventualité d’une sortie grecque – familiarisent et rassurent désormais leur opinion publique en déclarant haut et fort que l’Allemagne et que l’Union Européenne s’en accommoderont sans problèmes majeurs. La presse allemande s’en fait également l’écho, voire l’espère, tant elle est exaspérée par l’insupportable fourmi grecque. Le très ironique titre du Spiegel – « Acropolis Adieu » – paru il y a quelques jours ne signifie rien d’autre…

    Les marchés tangueront, certes, mais les Allemands semblent sûrs de leur coup et sous-entendent avoir concocté un « plan Grèce » qui n’éclabousserait pas trop l’Euro. Pourtant, absolument personne – les Allemands pas plus que les autres – n’est en mesure de prévoir les ravages de la contamination d’une sortie grecque. Mais l’Allemagne se rend-elle seulement compte qu’elle joue avec le feu ?

    Elle peut ériger des protections autour de ses banques. Elle peut même augmenter le Fonds de Stabilité et se coordonner avec le F.M.I. afin que les marchés financiers ne soient pas trop sonnés. Elle peut également sommer et sermonner les Grecs. Une sortie grecque de l’Union Européenne en ce printemps ou été 2012 ne sera toutefois que le prélude à un tourbillon qui frappera d’abord le Portugal et juste après l’Espagne. A moins que cet ordre ne soit inversé, sachant que l’Italie se retrouvera à un moment donné à son tour sur un siège éjectable.

    Quelles sont les conséquences de la cassure d’une union monétaire ? Les experts allemands peuvent-ils seulement le savoir ? Intuitivement, il est possible d’anticiper une fuite cataclysmique des capitaux hors des pays à risques, et une ruée pour se désister des billets de banque espagnols et italiens. La panique est capable de bouleverser et de rendre caducs en un rien de temps l’intégralité des simulations allemandes – et elle le fera !

    Quant à la Grèce, ce qui reste de son économie et de sa société civile s’effondreront : plus de services publics, plus de soins médicaux, plus de police, plus de justice, une masse d’exilés déferlera sur le reste des pays européens qui finiront pas leur fermer leurs frontières… Nul ne peut prédire les effets dramatiques – économiques, financiers mais également politiques voire sécuritaires – d’une sortie de la Grèce. Les responsables politiques sont certes connus pour leur vision court-termiste mais il est (encore) temps pour la classe politique européenne de réagir et de raisonner le gouvernement allemand actuel. Il ne faut pas attendre les résultats des élections en Grèce car il sera alors trop tard.

    Michel Santi, économiste, analyste financier.

    http://www.gestionsuisse.com/

  24. BA

    Mercredi 16 mai 2012 :

    La Banque centrale européenne (BCE) a confirmé mercredi avoir cessé de fournir des liquidités à certaines banques grecques en raison de leur sous-capitalisation, confirmant ainsi une information diffusée par Reuters dans la journée.

    « En attendant la recapitalisation des banques grecques qui sont gravement sous-capitalisées en raison de la récente opération PSI (échange de dette ndlr), certaines banques grecques ont été transférées à l’Assistance d’urgence à la liquidité », a déclaré un responsable de la BCE, confirmant des informations publiées par Reuters plus tôt dans la journée.

    « Une fois le processus de recapitalisation finalisé – et nous espérons qu’il le sera bientôt – les banques grecques auront à nouveau accès aux opérations habituelles de refinancement de l’Eurosystème », explique-t-on.

    La nouvelle a entraîné l’euro à la baisse face au dollar, dans un climat de craintes croissantes sur les marchés que la Grèce ne sorte de la zone euro.

    Ce dernier développement souligne l’état de faiblesse du système bancaire en Grèce où les ménages procèdent à des retraits massifs sur leurs comptes en banque.

    La BCE ne fait d’opérations de refinancement qu’avec les banques solvables. Toutefois, les banques qui ne respectent pas les règles de la BCE mais sont jugées solvables par la banque centrale du pays concerné peuvent s’adresser à leur banque nationale pour la fourniture de liquidités d’urgence (FLU).

    Le nombre de banques concernées n’est pas connu, mais cette décision souligne le nombre croissant de banques grecques qui dépendent de prêts d’urgence de la Banque de Grèce.

    Selon une source proche du dossier, quatre banques grecques vont si mal qu’elles fonctionnent avec des fonds propres négatifs.

    Une autre source de la Banque Centrale Européenne a indiqué que les banques grecques ont été exclues des opérations de prêts de la BCE en faveur des opérations d’urgence (FLU), car vue l’impasse électorale dans laquelle se trouve le pays, les chances d’une recapitalisation de ces banques s’évaporent.

    (Dépêche Reuters)

  25. BA

    Jeudi 17 mai 2012 :

    Grèce : vent de panique sur le secteur bancaire.

    Combien d’argent les Grecs ont-ils prélevé sur leurs comptes bancaires depuis lundi, jour où il est apparu évident que les responsables politiques seraient incapables de former un gouvernement d’unité nationale ? Les chiffres varient, mais il est probable que ce montant s’élève à quelque 1,2 milliard d’euros rien que pour les deux premiers jours de cette semaine. Des retraits en cascade qui s’ajoutent à ceux opérés depuis l’éclatement de la crise et qui font que plusieurs banques grecques sont désormais à court de liquidités.

    Depuis le printemps 2010, les Grecs ont retiré entre 2 et 3 milliards d’euros par mois en moyenne avec un pic en janvier de 5 milliards d’euros. On calcule que les dépôts bancaires ont fondu de 30 % sur l’ensemble de la période (environ 70 milliards d’euros). Sans compter les exportations illégales de capitaux générées par l’économie souterraine (environ 65 milliards d’euros), soit plus que les économies réalisées dans le cadre des deux mémorandums.

    La panique des épargnants s’est accrue lorsqu’on a appris par les derniers sondages que les deux grands partis pro-mémorandum, la Nouvelle Démocratie, conservatrice, et le Pasok, social-démocrate, cèdent encore du terrain au profit notamment de l’extrême gauche de la Coalition de la gauche radicale (Syriza), farouchement opposée au plan.

    Si ces deux grands partis ne parviennent pas à remonter la pente d’ici aux prochaines élections anticipées du 17 juin, la Grèce ne sera pas en mesure de constituer un exécutif qui appliquera les conditions imposées par les Européens et le FMI en échange d’un second programme de financements. La Grèce ferait alors défaut et sortirait de la zone euro. Une éventualité que le Premier ministre sortant, Lucas Papadémos, a qualifié de « désastreuse » pour le pays dans une lettre ouverte adressée hier à ses concitoyens. L’ancien banquier central cède son poste au Premier ministre intérimaire, Panagiotis Pikrammenos, le président du Conseil d’Etat chargé d’organiser les nouvelles élections.

    Alors que l’agence de notation Fitch a abaissé jeudi soir la note de long terme de la dette grecque en devises et en euros à « CCC » contre « B- » jusque là, les bailleurs de fonds internationaux prennent déjà les premières mesures de précaution en vue d’un hypothétique abandon de la monnaie unique par ce pays. Mercredi, la BCE a confirmé qu’elle cessait de fournir des liquidités à des banques grecques sous-capitalisées.

    Selon Crédit Agricole CIB, en janvier, le système des banques centrales de la zone euro était exposé à hauteur de 57 milliards d’euros vis-à-vis des banques grecques dans le cadre de son programme spécial d’assistance aux instituts de crédit. Une coquette somme à laquelle il faut ajouter 107 milliards d’euros dans le cadre des opérations normales de prêt.

    Frappés par les retraits massifs d’économies, les établissements bancaires grecs attendent avec impatience d’être renfloués par les créanciers internationaux dans le cadre du second programme de financements. Ce plan, suspendu jusqu’au vote, prévoit le versement de 48 milliards d’euros aux banques grecques, dont 25 milliards sont d’ores et déjà mis à la disposition de la banque centrale du pays, qui attend le feu vert définitif pour les transférer aux destinataires finaux. Un coup de plus pour une économie qui agonise et qui a plus que jamais un urgent besoin de crédits.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202068275590-grece-vent-de-panique-sur-le-secteur-bancaire-324454.php

Laisser une réponse

(obligatoire)
(facultatif)