Quand votre argent nourrit vos opposants

Les élections sont finies. La poussière des batailles retombe lentement sur le corps électoral et les bouffons qui l’ont agité. La vie peut reprendre son cours normal et les partis politiques peuvent recommencer à croquer dans le bon gros gâteau républicain des subventions…

Et si je parle de « bon gros gâteau », c’est qu’il s’agit d’un mille-feuilles particulièrement copieux de subventions, aides et autres avantages dont disposent les partis politiques, et ce d’autant plus qu’ils ont récupéré un maximum de voix lors des législatives.

Étonnement renouvelé du reste du monde qui ne comprend pas que l’Etat puisse ainsi distribuer de l’argent du contribuable à tous les partis politique, la République est en effet bonne fille : suite aux différents scandales de corruptions, de fausses factures et d’argent détourné pour financer des partis dans les années 80s et 90s, le législateur, dans sa grande lucidité, a décidé qu’il valait mieux détrousser le moutontribuable plutôt que d’aller ouvertement récolter de l’argent auprès de donateurs et d’entreprises, sous le fallacieux prétexte qu’ainsi, les patrons capitalistes voulant jouer la connivence ne seraient alors plus en mesure de distribuer des mallettes de billets aux élus de toutes tendances pour aider leurs projets.

Résultat des courses : la République distribue, bon an mal an, plus de 76 millions d’euros aux partis politiques. Et quand on sait que cette manne est directement proportionnelle au nombre de voix récoltées pendant les législatives, on comprend dès lors nettement mieux pourquoi tant de micro-partis ont éclos à chaque élection : la manne est intéressante, puisque chaque voix rapporte 1.69€. Et en moyenne, chaque élu permet au parti de récupérer plus de 42.000€.

À présent, il est intéressant de regarder le devenir d’un billet de 100€ précédemment arraché de la poche du citoyen. Certes, les élections de 2012 ont récemment modifié le découpage du billet, mais on dispose tout de même des chiffres suivants : le PS récolte un peu plus de 37 euros sur ce billet, l’UMP, 24, le Front National presque 10€, le Front de Gauche autour de 5.60€, les écolos récupèrent presque 5€ et le Modem, moins de 2, la monnaie allant à tous les autres partis (NC, PR, PRG, …) qui se bousculent en fin de tableau.

En image, cela donne ceci :

financement public des partis politiques

Eh oui.

Magie de l’impôt scotché à la démocratie (et inversement) : le contribuable distribue cette manne qui lui serait bien utile en ces temps difficiles pour, à la place, faire vivre toute une classe politique dont l’étendue des services laisse perplexe. Mais ce n’est pas le plus gênant.

En pratique, le financement des partis politiques français impose donc que des militants défenseurs de la veuve et de l’orphelin, bref, le Camp du Bien (aka Le Parti Socialiste) se retrouvent à distribuer de l’argent à leurs opposants idéologiques de l’UMP. Oui, petit militant socialiste qui me lit, oui, tu donnes bien de l’argent à tous les partis que tu exècres le plus : un paquet à l’UMP, et un autre paquet au Front National.

Alors, heureux de financer les tracts et autres affiches qui vont se retrouver collées sur celles de ton parti ?

Et toi aussi, joyeux apôtre de l’anticapitalisme qui cogne, du Front de Gauche, du PC ou des autres parfums communistes, eh oui, toi aussi tu payes de ta poche les exaspérantes vitupérations du Front National et de sa leader charismatique que tu ne peux pas voir en peinture ! Mieux : quand Mélenchon, ton Messie médiatique, fait son clown à Hénin-Beaumont et attire ainsi la presse en donnant une tribune colorée à Marine Le Pen, il crée les conditions nécessaires d’une victoire d’un autre parti que le sien, augmente sa portée médiatique, et lui insuffle ainsi un paquet de voix qui se traduisent mécaniquement en pognon dont un pourcentage non négligeable vient directement de ta poche.

Et pompon de l’affaire : toi, électeur Vert, électeur Front De Gauche, électeur Modem et électeur de tous les autres partis, tu donnes plus au Front National, au PS et à l’UMP qu’à ton propre parti ! Mais quel plaisir, quand on y pense, de se faire ainsi cocufier, à chaque déclaration d’impôts, par l’ensemble de la classe politique !

Et le plus beau, c’est que ce qui est vrai pour le financement des partis l’est, de façon générale, pour tout le reste du fonctionnement de l’Etat et de son gouvernement : tous ces partis se battent pour plus d’Etat, donc plus d’impôts, et donc plus de cette ponction rocambolesque qui permet à des gens farouchement opposés à la guerre de financer à la fois la guerre et les partis qui sont pour ! Du cléricalisme à l’athéisme de combat, de l’avortement à son interdiction, de la prostitution ou du mariage gay à leur prohibition, chaque assujetti fiscal se retrouve dans la situation où il doit ainsi amputer le fruit de son travail pour financer ceux qu’il abhorre.

Le financement des partis politiques en France, c’est, en quelques principes simples et hideux de socialisation du marché politique, une version miniature de tout ce qu’il y a de plus moralement condamnable dans l’impôt : on contraint ainsi ceux qui sont contre un principe qui les révulse de financer sans en avoir le choix les partis et les associations qui l’incitent ou en font la publicité. Par extension, l’impôt, les taxes et les ponctions deviennent le truchement pratique par lequel ceux qui n’utilisent pas un service devront le payer aussi, et de plus en plus cher, même lorsqu’il ne sert à rien ou qu’il détruit, à petit feu, de la valeur, de l’emploi, de la richesse…

Bah, peu importe ! Les thuriféraires de l’égalisation par l’impôt prétendront qu’ainsi, chacun peut avoir un moyen de répandre ses idées. En général, ils se trouvent vite coincés lorsqu’il s’agit d’idées qui, précisément, sont contraires aux leurs ou les dégoûtent : combien dans l’hémicycle se battent actuellement pour qu’on entende enfin les voix de cette partie du peuple qui a eu le culot de voter pour le vilain parti marron bleu marine ?

Réjouissez-vous, moutontribuables ! Vous tous, démocrates dans l’âme, vous qui voulez tous que l’État règle vos vies, vous participez, de fait, à la montée en puissance de ceux-là même que vous ne supportez pas ! Vous financez leur train de vie, vous financez leurs idées. Et en plus, vous applaudissez lorsqu’ils se payent votre tête !

J'accepte les BCH !

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Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
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Commentaires71

  1. DM

    Lorsque Bruno Gollnisch a émis, en dehors de ses fonctions de professeurs des universités, des propos qui ont choqué certains, des associations ont obtenu qu’il n’ait plus le droit de faire cours.

    Ces associations se sont félicitées de cette « sanction », sans doute faute de comprendre que cela revenait à le payer à temps plein pour faire de la politique au Front National (je ne pense pas qu’il fasse beaucoup de recherche, et je ne vois pas de quel droit on aurait pu baisser sa paye alors qu’il n’avait commis aucune faute professionnelle et assurait ses enseignements…).

    Un grand classique, donc.

  2. Flo

    Quand on vit en france on a pas le choix il faut payer.
    Cocu donc forcément, mais comme le faisait observer le professeur Schweitzer avant l’élection de 2007 si tu paies la chambre d’hotel où l’acte se produit, c’est à dire si tu votes, là ça devient vraiment immoral.

  3. Higgins

    Qui plus est, les comptes et la gestion des partis, comme ceux des syndicats également, sont plutôt opaques. Nombre d’adhérents assez flou (à jour de cotisation, pas à jour, etc…), origine des fonds pas toujours défini, etc…

    A titre purement personnel, j’ai tendance à croire que la corruption règne en maître en la matière. Se souvenir, il y a une trentaine d’années, que toute la comptabilité d’un parti de Gôche, bien connu mais tombé en désuétude depuis, s’était retrouvée par erreur dans des poubelles. L’exploitation qui en avait été faite sur le moment avait fait apparaître quelques « dysfonctionnements ». Jamais eu de nouvelles sur les suites judiciaires (une enquête avait été ouverte car il était établi que le parti en question était, entre autres, financé, chose absolument interdite, par une grande puissance (à l’époque) étrangère).

    1. Woland

      Ce n’était pas la comptabilité dudit parti qui s’était retrouvée dans les poubelles, mais des copies de bordereaux de transactions de la BCEN (Banque commerciale pour l’Europe du Nord), filiale de droit français de la Banque centrale d’URSS, qui montraient une partie du financement par la puissance en question.
      L’ouverture d’une partie des archives du Comité central du PCUS, en 1991, a permis d’autres découvertes, notamment les procès-verbaux des réunions du Bureau politique où les camarades octroyaient généreusement des millions de dollars à leurs « frères » français, italiens, américains et autres.
      J’avais lu à l’époque un bouquin qui, grâce à ces archives, retraçait l’histoire du financement depuis les origines jusqu’à Gorbatchev (sous son autorité, et alors que l’URSS était encore plus en faillite que la Grèce aujourd’hui, le PCUS continuait à distribuer de l’argent gratuit aux « partis-frères »).
      On y apprenait aussi que dans les années 1918-1919, les communistes européens, notamment le groupe Loriot en France (le PCF n’existait pas encore) étaient financés avec des bijoux confisqués aux « ennemis du peuple », des devises diverses et variées et même… de la morphine.
      Plus tard, le journal L’Humanité bénéficiait de tonnes de papier gratuit venant directement des usines caréliennes.
      Parmi les documents, on trouve aussi des lettres d’Henri Barbusse demandant de l’aide aux Soviétiques pour continuer à publier la revue « Monde ». Aidé accordée bien sûr, des reçus signés Barbusse faisant foi.
      Last but not least, le financement des entreprises « amies », comme Interagra du « milliardaire rouge » Doumeng, était assuré par divers trucs comptables, notamment de l’escompte sur la vente de produits pétroliers.
      Le bouquin s’appelle « L’argent de Moscou », publié en 1994 ou 1995 aux éditions Plon si mes souvenirs sont bons.

      1. breizh06

        Ah ! Henri Barbusse !
        Aujourd’hui Google donne 150000 entrée avec la recherche de « college Henri Barbusse ».

        Henri Barbusse, biographe de Staline (« Staline. Un monde nouveau vu à travers un homme (1935))
        Tout va bien.

        1. akhenaton

          @ Calvin

          Tss Tss ! Jusqu’en 1956 au moment où Krouthchev a désavoué l’ex lider maximo pour avoir assassiné un peu trop de bons communistes jugés un peu trop rapidement.
          Pour les autres, ils n’avaient qu’à pas être là au jour du passage de la Guépéou.

          Pour Essenine, ses dernières paroles avant son suicide sont connues en URSS : faîtes pas les cons, camarades!

      2. Higgins

        Merci de ces précisions. J’ai lu ce livre mais il y a de cela bien longtemps, les détails s’étaient un peu perdus. Je suis quasiment certain que des informations judiciaires on été ouvertes mais aucune nouvelle depuis. Idem en ce qui concerne la gestion du comité d’entreprise d’EDF, par exemple.

  4. Josselin

    Financements tirés des impôts, donc même ceux qui ne veulent pas voter ou ne peuvent pas voter financent de force un système qui ne tient pas compte de ces catégories de personnes. Là est toute la beauté du bousin.

    1. Calvin

      Ben, on n’a qu’à rien ponctionner et demander à chaque électeur se déplaçant dans le bureau de vote de régler la somme de 10 euros !

      1. andré

        payer pour voter?
        c’est exactement ce que dit (avec démonstration argumentée) Irwin Schiff dans sa bd très pédagogique « comment l’économie croît, pourquoi elle s’effondre », une sorte de « libéralisme pour les nuls ».

      2. gem

        On devrait même aller plus loin et compter l’argent versé, plutôt que le nombre de voix. Celui verse le plus emporte la mise, et fait sa politique avec ça (et seulement ça !).
        Bon, je rêve …

      3. Pandora

        Au XIXeme, ça existait : c’était le suffrage censitaire. Les électeurs devaient débourser une certaine somme pour pouvoir voter.
        H. Guizot a dit sa célèbre phrase a cause de ça : « enrichissez-vous » pour qu’un nombre maximal de personnes puisse voter.

        1. nebukadnetsar

          Plus exactement ne votaient que ceux qui payaient un niveau minimal de contributions directes, à l’époque des impôts fonciers puisque l’IR n’existait pas.
          Il était considéré que seuls des gens « capables » pouvaient voter sereinement et la capacité se définissait par un niveau minimal de biens immobiliers.

  5. Aurélien

    Le plus cocu de tous dans cette histoire de redistribution, c’est l’abstentioniste.

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire. »…

    J’imagine que c’est l’argument massue de ceux qui défendent ce principe redistributeur du pognon des autres. Mais je ne crois pas que Voltaire projetait par là de piocher dans la poche d’un tiers pour financer son interlocuteur…

    Ce qui me dérange le plus, c’est la double « récompense » aux vainqueurs. Le PS prend le pouvoir, tout le pognon qui va avec et en plus reçoit en récompense… un gros paquet de pognon. C’est comme si on obligeait par la loi l’ensemble des citoyens français à payer sa place de ciné pour voir le film qui reçoit le César du meilleur long métrage. Ca ne fait absolutment aucun sens.

    Si je me souviens bien, le PS va donc recevoir chaque année 10 fois environ ce que lui ont coûté les primaires… tu m’étonnes qu’ils ont le budget flexible.

    1. eheime

      @ aurélien

      « Ce qui me dérange le plus, c’est la double « récompense » aux vainqueurs. Le PS prend le pouvoir, tout le pognon qui va avec et en plus reçoit en récompense… un gros paquet de pognon. »

      > c’est peut-être pour ça que lorsqu’ils perdent les élections, ils ont l’air complètement déconfis. Un peu comme si tu avais préparé un hold-up pendant des mois et que le jour du casse du vois une belle voiture de flics stationnée devant la banque …

  6. paf

    moi je trouve ca plutot cool:tu defends l’etat democrasseux, tu payes pour l’ennemi.C’est tres Tendre La Joue Droite dans l’esprit.

  7. Calvin

    Aucun système de financement des partis politiques ne sera correct ou juste en dehors des simples cotisations des militants.
    D’ailleurs, cela vaut aussi pour le syndicalisme.

    Dans le cas français, c’est carrément une ineptie.

    Mais, faisons-nous l’avocat du Diable.
    Disons-nous, après tout, que ce système permet la pluralité, la liberté d’expression politique, etc…
    (Je laisse tomber l’argument : « vous payez pour éviter les enveloppes et que les élus soient influencer par les lobbies », ça, c’est de la science-fiction)

    Admettons le principe que chaque citoyen doit participer à financer les partis politiques.
    Il serait à la limite intéressant si au lieu de verser un montant par député élu (les 42K euros), on augmentait la somme allouée par voix obtenue au 1er tour seulement.
    Ce qui revient à dire aux politiciens : débrouillez-vous pour minimiser l’abstention (moins de suffrages exprimés = moins d’argent).
    On aurait là un moyen de relancer le « civisme ».

    En plus, ce serait (un peu) plus juste : pourquoi un candidat ayant obtenu 25% de voix au premier tour empocherait les 42K pour son parti après le second tour ? Qu’il gagne le droit de représenter l’ensemble des électeurs de la circonscription, ok, c’est la règle. Mais pourquoi la « double peine » ???

    (Coquille : plus de 76 millions d’euros au partis politiques => « aux »)

    1. Pere Collateur

      Ce qui revient à dire aux politiciens : débrouillez-vous pour minimiser l’abstention (moins de suffrages exprimés = moins d’argent).
      On aurait là un moyen de relancer le « civisme ».

      Et ce que vous obtiendrez, c’est le vote d’une loi rendant le vote obligatoire sous peine d’amende.

      1. Calvin

        Oui, oui, on est d’accord que ce serait le réflexe de nos élus…
        Je me plaçait évidemment dans l’optique de la liberté d’expression politique, y compris celle de se la garder pour soi !

        Mais bon, dans ce système, les abstentionnistes actuels pourraient voter blanc, et si cela n’aurait pas d’impact sur le résultat de l’élection, ça en aurait sur le montant versé aux partis !

  8. Deres

    Amusant.

    Le rabotage des crédits de la défense nationale correspond approximativement au dégel de crédit pour le « spectacle vivant » … les priorités régalienne du gouvernement sont claires … A noter que pour le budget de la défense, il faut regarder dans les blogs spécialisés alors que pour la culture, cela s’étale dans les journaux officiels. En effet, en parallèle de ces diminutions de crédit, nos dirigeants ont des postures martiales avec force visite de sous-marin et bonnes paroles. Aucun choix n’a bien entendu été effectué à l’avance sur ce qui devra être sacrifié comme capacité.

    http://www.opex360.com/2012/07/05/le-budget-de-la-defense-sera-rabote-de-292-millions-deuros/
    http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/07/04/des-credits-pour-le-spectacle-vivant_1727408_3246.html

    1. vabo

      approximativement, à un facteur 10 près tout de même!
      On a des journalistes sur ce blog? (lol)
      Le rabotage représente moins de 1% du budget de la défense, c’est encore assez timite, je pense que les entreprises du secteur s’y retrouveront sans souci en revendant à la Lybie pour 50 ans de contrat de reconstruction des forces armées…

      1. Before

        Certes c’est peu comme coup de rabot, mais ce sont bien des valeurs équivalentes :
        29.2 Millions en moins pour la Défense, 23.5 Millions de plus pour les mimes… (si les chiffres cités sont corrects)

        1. akhenaton

          Non, si je compte bien, Mimolette réalise 5,7 M€ d’économie.
          Il est donc effectivement soucieux de diminuer les dépenses…

    2. Higgins

      Les militaires courbent la tête (encore pour le moment). Quand on sait qu’il faut renouveler la flotte d’avion de transport, la flotte des hélicoptères, les 2/3 de la Marine, les véhicules blindés plus le reste… Bientôt, il va simplement rester les régiments de lance-patate (arme non-létale s’il en est) et les escadrons de cerfs-volants de combat (voilure camouflée, capable de délivrer des pétards à mèche sur l’ENI).

      1. akhenaton

        Vous oubliez les RAFALE en commande, ce qui au prix unitaire du joujou, fait plein de sous-sous…
        Espérons que les hélices du Charles de Gaulle tiennent le coup!

      2. Nemrod

        De toute façon, nous serions incapable de protéger efficacement nôtre territoire contre un ennemi aux reins solides.
        Nos matériels modernes sont rares et ne pourraient être remplacés en ligne passé le premier choc…car dans une vraie guerre du matériel est perdu avec des vrais morts dedans…si,si !
        Le reste n’est pas opérationnel et vétuste.
        Et ce depuis au moins 30 ans.
        Pas grave, ça n’arrivera jamais !…d’ailleurs ça n’est jamais arrivé !…si ?
        Au pire, il nous restera nos bombinettes atomiques…dont tout le monde sait bien que nous n’oserons jamais nous servir, evidemment.

  9. infraniouzes

    On pourrait faire une chose: fixer le prix de la voix à 1,70 € (indexé sur l’inflation chaque année) mais corrigé en fonction de la… participation.

    Donc on aurait, par exemple: Participation 55 %, prix de la voix: 1,70 x 0,55 = 0,93 €. M… les vaches maigres …. On verrait les partis se bouger pour faire venir l’électeur à l’urne.

    C’est comme en Italie: je crois savoir qu’un referendum n’est pas valable s’il n’y a pas eu une participation de 50%. Voilà de la belle démocratie.

    En Démocratie on peut tout faire et revoir les règles du jeu sans cesse pour améliorer le système, comme dans les sports du type rugby, football.

    C’est cela que doit exiger le citoyen: mais en a-t-il les moyens ou simplement l’envie ?

    1. Calvin

      Il y a méprise !!
      Le « prix de la voix » tient compte de la participation, mieux des suffrages exprimés.
      Ce sont les 42K (par élu) qui vont au parti qui ne tiennent pas compte des suffrages exprimés (ni de la taille de la circonscription, d’ailleurs).

  10. vabo

    100€? 76 millions d’euros… ça fait plus proche d’1€ par Français, je ne sais pas si ça m’aurait beaucoup aidé à boucler ma fin d’année. De plus, si c’est ramené au nb de voix, ça veux dire que j’ai donné mon euro INTÉGRALEMENT à mon sauveur, mon Élu, celui, le seul, qui veillera à nous sauver de ce misérable sort où les pauvres n’ont pas accès à d’autre position que la levrette.
    Plus sérieusement, à quand un Pareto des dépenses sans poste « autres » ou « dépenses de fonctionnement » pour voir ce qui douille vraiment?
    En attendant de découvrir le Kamasutra, merci h16 de nous rendre la vie plus supportable.

  11. Georges

    Que de MON argent aille à des partis que je vomis ne me choquerait pas si cela était limité à rembourser une partie des frais de campagne (sur factures dûment vérifiées, et à condition qu’il n’y ait pas eu fraude de leur part, bien sur) : ce seul cas participerait de la libre expression démocratique.

    Mais de devoir financer leurs « frais de fonctionnement » me donne la nausée.

    1. Ben voilà : l’Etat ne vous demande pas votre avis, prend votre argent, et l’utilise non seulement pour leurs frais de fonctionnement (putes & champagnes, voyages en 1ere vers des paradis fiscaux, etc…) mais aussi pour des actions que vous désapprouvez. Bienvenue en France.

      1. Aurélien

        Ah ben si, l’Etat nous a demandé notre avis par l’intermédiaire de nos députés, élus par nous au suffrage universel, au moment où cette loi régissant le financement des partis a été débattue puis votée.
        Et si nos élus étaient d’accord c’est que nous aussi.

        That’s the theory.

        1. Comme nous sommes d’accord pour que leur retraite à taux plein soit accessible après deux mandats, etc…
          C’est bizarre le nombre de lois avec lesquelles nous sommes subitement d’accords dès qu’il s’agit de leurs petits avantages 😉

        2. akhenaton

          @H16,
          Désolé de te dire que tu es (très) en dessous de la réalité.
          Un député peut accéder à une retraite de 1.200 euros mensuels après UN SEUL mandat de cinq ans, même après la méchante réforme de 2010 (avant c’était fixé à 1.600 euros).
          Soit à -12% de la pension de beaucoup de gens après 40 ans de cotisations (1.338 euros en moyenne) réalisée en cinq ans, il est vrai au prix d’une abominable surcote de 1,5 fois la cotisation théorique de base…
          ET s’il fait un deuxième mandat, la pension est tout simplement doublée à 2.400 euros, ce qui le place en rémunération bien au dessus de beaucoup de salariés en exercice…
          C’est bien la loi quand on est chargé de la faire…
          J’aurais dû faire député !…

  12. eheime

    On aurait pu forcer chaque citoyen a alouer son euro au parti politique de son choix.

    Mais nan.

    C’est tellement mieux quand c’est l’Etat qui détermine votre choix pour vous, car vous savez pas vraiment vous même le choix que vous voulez faire pour vous même, pas vrai ?

    1. akhenaton

      Si pour un euro, il en est déjà à ne pas vous faire confiance quant à son utilisation, alors pour le reste du pognon gratuit…

  13. GrosBen

    Est-ce que ne pas voter ou voter nul permet de réduire le financement des partis politiques ?
    Le mécanisme du financement n’est pas très clair dans ma tête…

    1. Calvin

      Je ré-explique, mais je l’ai dit plus haut :
      – si un parti présente au moins 50 candidats sur la France, et obtient au moins 1% des voix, il reçoit environ 1.6 euro par voix portée sur ses candidats (donc bulletins exprimés) par an,
      – chaque candidat élu rapporte à son parti plus de 42000 euros par an.
      Ce sont les chiffres pour les législatives.

      Donc, voter moins (blanc, nul, abstention) fait très légèrement baisser la « partie variable ». La prime donnée aux partis majoritaires, elle, demeure, même si très très peu de gens ont voté pour leurs candidats.

  14. BA

    L’Histoire s’accélère.

    Vendredi 6 juillet 2012 :

    Zone euro : la Finlande préfère sortir de l’euro que payer les dettes des autres.

    La Finlande préfère se préparer à sortir de l’euro plutôt qu’à payer les dettes des autres pays de la zone euro, affirme la ministre des Finances Jutta Urpilainen, vendredi dans le quotidien financier Kauppalehti.

    http://www.romandie.com/news/n/Zone_euro_la_Finlande_prefere_sortir_de_l_euro_que_payer_les_dettes_des_autres30060720121200.asp

    1. akhenaton

      Le jour où l’Allemagne, qui a su gérer sa barque avec le Deutschmark par rapport aux monnaies fondantes, trouvera que si l’euro a des avantages pour elle, cela lui coûte néanmoins bien cher et peut-être trop, nous aurons probablement un titre du même ordre…
      D’autant que toutes les cigales européennes espèrant qu’elle paiera ou garantira les dépenses et emprunts des autres, ce n’est pas de nature à la retenir envers et contre tout.

    1. Before

      Non violente ? Je suis très pessimiste à ce sujet, tout en sachant que la violence ne viendra pas des « rangs » libéraux, mais sera plutôt exercée contre eux.

  15. akhenaton

    Si encore ce financement officiel garantissait la disparition des financements occulte des partis politiques…
    On peut en douter à voir l’inflation galopante des ronds-points qui garnissent les routes pour « sécuriser » des intersections de chemins vicinaux à 10 voitures par jour et les prix de ces chantiers affichés sur les panneaux d’information.
    Avant l’uruo, il fallait un à 2 miilions de francs par rond point de budget de construction…
    Maintenant, 12 ans après, photographiez le panneau « anormal » si vous en trouvez un à moins de 1,5 million d’euro. IL est collector à ce prix là « donné »…
    Je vous recommande par exemple la succession de ronds-points sur la N6 aux environs de MONTEREAU FAULT YONNE sur seulement 5 Kilomètres sans qu’on ait remplacé l’abominable carrefour à feux qui aurait bien mérité, lui au vu de son trafic transversal, d’être transformé…
    On pourrait aussi parler de la surprenante attribution du grand stade de Lille à Eiffage qui était curieusement le plus cher de tous les compétiteurs et pas qu’un peu!!!!
    Il est vrai qu’on ne va pas se priver avec de l’argent totalement gratuit…

    1. Higgins

      « On pourrait aussi parler de la surprenante attribution du grand stade de Lille à Eiffage qui était curieusement le plus cher de tous les compétiteurs et pas qu’un peu!!!! » C’est un marché public donc il ne peut pas y avoir de corruption!!!

      1. akhenaton

        Ben voyons !
        On remet une offre après tout le monde, plus chère que les autres et ö miracle, elle est retenue…
        C’est assurément avoir l’esprit mal tourné que d’aller imaginer de telles choses…

        1. akhenaton

          Notre onéreuse Martine Delors-Aubry-Brochen est par ailleurs sous le coup d’une enquête de la Cour régionale des Comptes parce qu’en résumé, la communauté urbaine de Lille finance des tas de projets « communautaires » qui profitent plus sûrement à Lille (et à ses communes absorbées comme Lomme ou Hellemmes) qu’à l’ensemble des membres de ladite communauté.

          Il est vrai que c’est la technique socialiste de faire payer beaucoup de gens pour donner plus particulièrement à ses électeurs et supporters.

      2. akhenaton

        Toujours à propos du grand stade de Lille, il va coûter sur 30 ans 675 M€, hors le coût de maintenance courante des bâtiments, pelouses, etc… qui est en sus.
        Récemment le Stade de France a publié ses comptes 2011 où il apparaît qu’il a réalisé 90 M€ de C.A. pour un bénéfice de 7 à 8 M€.
        En supposant que l’activité soit la même ce qui est peu probable car le Stade de France est 25% plus grand et Paris est assurément plus intéressant pour un organisateur de spectacles que Lille , même en comptant la Belgique (à Bruxelles, on est équipé aussi, une fois), cela veut dire que le tiers du CA sera absorbé par le coût d’investissement auquel il faudra ajouter la maintenance courante des bâtiments, soit un total de 40 à 45% du CA. Tous les autres frais de personnel, d’électricité, etc étant encore en sus, cela veut dire qu’il sera très peu probable que le machin équilibre, sauf exceptionnellement, son coût global d’exploitation…
        Certes le LOSC vient de trompetter qu’il allait pouvoir atteindre les 20.000 abonnés et visait les 25.000 mais cela ne devrait rapporter que 20 M€ au mieux…
        Yapuka trouver le reste nécessaire…

  16. Calvin

    Au final, cet article est un formidable plaidoyer pour l’arrêt des subventions au profit d’une baisse drastique des impôts.

    H16 vient de trouver l’habillage bisou-compatible d’une dénonciation des méfaits des Etats :
    – l’Etat, qui finance l’industrie française grâce au redressement productif (enfin bientôt !), aide à tuer des enfants à l’autre bout de la Terre,
    – l’Etat, qui veut lancer un plan de relance vers les constructeurs automobiles, encourage des morts sur la route et l’émission du poison « Dont-il-ne-Faut-Pas-Donner-le-Nom mais Qui-Contient-du-Carbone-et-de-l’Oxygène », responsable du Redressement Calorifique…
    Des exemples, il y en a des tas, autant que de services d’Etat…

    Maintenant, quand un citoyen modèle me traitera d’infâme néo-libéral apatride, je pourrais lui dire, qu’en fait, c’est lui le petit facho qui finance des armes de destruction massive !

  17. Emma

    Heureusement H16 qu’il existe des gens talentueux comme vous pour dénoncer clairement ces dérives de notre Etat si vorace et si généreux en distribution de subventions avec notre argent. Merci.

    De jour en jour, l’envie de vomir tout cela – comme l’écrit un de vos commentateurs – est plus forte et le sentiment d’impuissance grandit.

    Vos billets sont très souvent relayés par Nouvelles de France http://www.ndf.fr/ et c’est très bien.

  18. Traban

    Ca me rapelle l’affaire de la Barclay en Angleterre.
    Poussé par la banque centrale et l’Etat, à tricher sur le LIBOR.
    Pauvre Barclay si innocent, qu’il ne s’amuserait jamais à tricher sans le bon conseil de l’Etat, ben non.
    l’Etat n’est vraiment pas humain, la Barclay était si pur, blanc et moraliste.
    La Barclay aurait fait comment sans l’Etat… sans doute pareil en pire. Et il y aurait des gens sur internet pour lui distribuer des bisoux dans un monde d’amour et de liberté ultra bright.

    Troll poussif (avec des petites fautes d’orthographes). Mais voilà. Tu arrives après la bataille. http://h16free.com/2012/07/02/16132-libor-les-raisons-dun-scandale Et comme tu ne sais pas de quoi tu parles, tu dis des bêtises un peu trop grosses et ton troll ne marche pas.

  19. Lousk

    Question pratique : ces 76 millions sont distribués proportionnellement aux votes des législatives.

    Si chaque électeur donnait directement les 1,69€ au parti pour lequel il a voté pour les législatives (et que l’argent des électeurs qui ont voté blanc serait réparti dans les mêmes proportions que le scrutin final, blancs non compris), cela reviendrait au même, n’est-ce pas ?

    Car si c’est le cas, ceux qui sont ici floués ce ne sont pas ceux qui votent pour un parti sans vouloir financer les autres (vu que pragmatiquement, on peut aussi considérer que chacun ne finance que son parti, cela revient au même), les pigeons non-consentants ce sont ici les électeurs blancs et les abstentionnistes.

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