LIBOR, les raisons d’un scandale

Tiens, un scandale financier. Tiens, c’est sur un marché de plus de 300 trillions de dollars. Tiens, cela implique des manipulations de cours. Tiens, c’était connu du milieu et les journalistes ne se réveillent que maintenant. C’est ballot, alors que le sommet européen venait juste de s’achever en fanfare… Zut alors.

Pour ceux qui suivent de près les sites financiers, la nouvelle n’a pas été réellement surprenante : le LIBOR, le marché des taux interbancaires à Londres, est massivement manipulé. C’est une information qui circule depuis plusieurs années dans les milieux boursiers, et qui était déjà disponible depuis février dernier pour ceux qui se donnaient la peine de s’informer.

Pour rappel, le LIBOR est le London Interbank Offered Rate, autrement dit le taux auquel les banques se prêtent de l’argent. Ce taux est fixé à 11h (heure de Londres), par un groupement de banques déterminé (la British Bankers’ Association) et concerne les prêts non gagés par des titres. Au passage, il existe la même chose sur d’autres marchés, comme celui de la zone euro (EURIBOR). De façon indirecte, ces taux définissent aussi ceux des crédits aux ménages et aux entreprises.

Au courant du mois de février, on apprenait donc, dans la discrétion feutrée qui sied à tout ce qui se passe dans le monde de la bourse, que le taux auquel les banques se prêtent sur le marché de Londres (un marché de 350.000 milliards de dollars) était largement bidouillé. Pour le moment, Royal Bank of Scotland (qui fut l’une des banques sauvée en 2008 de la faillite à grande injection d’argent gratuit du contribuable britannique) et Barclays sont directement impliquées dans le scandale qui secoue toute la City. Et c’est bien normal, puisque le LIBOR sert de base à un nombre considérable de transactions financières dans le monde entier et bénéficiait jusqu’à présent d’une réputation sans tache…

Et le scandale est lisible, presque heure par heure, ici ; on y découvre les échanges (d’e-mail, essentiellement) entre différents traders qui s’arrangent pour obtenir des taux spécifiques du LIBOR en fonction de leurs besoins. Connaissant la variation et l’ampleur de celle-ci avant que le taux ne soit officialisé, on imagine sans mal que les traders concernés ont alors toute latitude pour faire fructifier cette information. La consternante décontraction avec laquelle ces manipulations sont faites laissent le lecteur dans une sorte d’incrédulité : d’un côté, le truquage semble aussi grossier que courant, et de l’autre, les traders ne semblent même pas réfléchir plus loin que le bout de leur nez en utilisant des moyens électroniques qui laissent des traces évidentes un peu partout.

Cette désinvolture viendrait-elle d’une sorte de paradigme de « Too Big To Get Caught », dérivé directement du « Too Big To Fail » dans lequel baignent les banques depuis que les Etats ont, unilatéralement, décidé de les sauver ?

En attendant, de fil en aiguille, après une petite manip par ci, une petite manip par là, on finit par parler millions, puis milliards de livres. C’est donc de sommes colossales qu’il s’agit à la fin. Pour le moment, les premières enquêtes aboutissent aux condamnations de Barclays pour un montant de 450 millions de dollars (ce qui est relativement peu si l’on compare aux bénéfices que les opérations frauduleuses ont pu générer) et de 235 millions pour RBS.

tyra banks - some banks truly cannot fail

Évidemment, la joyeuse coterie des banques trop grosses pour tomber qui se sont un peu trop senti pousser des ailes ne s’arrête pas à ces deux-là : Citigroup, HSBC, UBS comptent dans les rangs de ceux qui ont aussi participé à la bonne blague. Rassurez-vous : on voit mal des banques comme BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale échapper à la fête. Quant à Dexia, si elle n’est pas encore dans les noms cités, c’est probablement parce qu’elle a déjà d’autres chats, tigres, lions et panthères à fouetter.

Cette affaire est particulièrement symptomatique de la crise financière qui n’en finit pas de secouer le monde actuellement.

Les éternels contempteurs du capitalisme y trouveront, une fois encore, les raisons d’alimenter leur haine d’un monde qu’ils ne comprennent pas et que l’écrasante majorité jalouse en secret pour les milliards qu’il brasse sans eux. Ils argueront encore une fois que tout ceci ne serait pas arrivé avec « les bonnes régulations ». On ne peut que rire devant ces arguments ridicules : tout ceci étant déjà parfaitement interdit, tous ces marchés étant déjà, théoriquement, sous les yeux vigilants des autorités de régulation financière (SEC et compagnie), on comprend que le problème ne se situe pas dans les lois, mais plutôt dans l’éthique de ceux qui devraient les appliquer…

A contrario, les réalistes (dont, bizarrement, beaucoup de libéraux) verront que cette affaire, supplémentaire, illustre très bien l’incroyable dérive du capitalisme de connivence, de l’état lamentable dans lequel se trouve maintenant l’ensemble de la finance à force de mariages consanguins et incestueux entre le monde politique et les coulisses financières. La City n’est plus qu’un cloaque de patrons fricotant sur base biquotidienne avec les réguliers du gouvernement britannique, tout comme les banques françaises sont intimement mêlées au pouvoir politique et aux administrations françaises en place (il n’est qu’à voir le nombre d’énarques, parfaitement incompétents en matière bancaire, mais propulsés à la faveur de leurs accointances dans les conseils d’administrations de ces établissements, pour se convaincre de l’interpénétration nauséabonde des deux milieux, politiques et financiers).

L’État totalitaire, pour asseoir son hégémonie, a besoin de canons, de fusil et de soldats qui feront les guerres qu’il faudra pour assurer sa propre pérennité.

L’État social-démocrate, lui, a bien compris qu’il n’était pas nécessaire d’envahir un pays pour exister ; il lui suffit donc, pour se maintenir, de se brancher directement au monde financier. Après tout, c’est l’État qui est maître de la monnaie, qui définit le médium de toutes les transactions, et qui punit sans faiblir ceux qui tentent de s’extraire de son joug, qu’il soit monétaire ou fiscal. En cela, la sociale-démocratie aura permis aux larrons et autres aigrefins politiques de trouver de bons truchements pour leurs goûts immodérés de pouvoir et de luxe.

Et s’il faut que cette porosité se traduise par des actes purement et simplement illégaux, qu’à cela ne tienne.

Résultat : plus aucune banque d’importance, plus aucun établissement financier un tant soit peu remarquable n’est indépendant des politiciens qui, en l’échange de passe-droits et de regards tournés à gauche lorsqu’on bidouille à droite et inversement, récupèrent une partie des fonds ainsi collectés et, par voie de conséquence, du pouvoir afférent.

Maintenant que cette affaire éclate, il va être particulièrement intéressant de voir comment la presse va s’emparer du morceau (surtout la presse française concernant les banques elles-mêmes françaises). Et, encore mieux, cette semaine promet d’être intéressante : cette affaire se développe alors qu’on sort tout juste d’un sommet européen fanfaronné comme décisif et réussi…

Les marchés sauront-ils gober tout ça sans broncher ?

J'accepte les BCH !

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Commentaires54

  1. El Gringo

    Maintenant que cette affaire éclate, il va être particulièrement intéressant de voir comment la presse va s’emparer du morceau. »

    Pas dur à imaginer. D’ailleurs, vous donnez vous-même la réponse:

    « Ils argueront encore une fois que tout ceci ne serait pas arrivé avec « les bonnes régulations ». »

    1. Le Maxicain

      Bonjour El Gringo,

      Oh, un Banquier qui démissionne ferra bien une ligne, t’es vraiment trop méchant avec la presse subventionnée avec nos impôts. Et puis si tu leur mâches tout le travail y aura plus de surprises.

      Cette affaire Libor n’est pas une simple fraude supplémentaire. Pour les Anglo-Saxons, nous avons l’habitude, pour la Suisse, c’est une autre histoire. à suivre…

      Car pour les Banques Française, c’est archi-cuit-rôti-cramé comme la Lyonnaise d’une époque pas si lointaine. Avec ou sans Libor, plus besoin de crèmes solaire cet été.

      Nous sommes lundi et après un sommet € radieux, ben merde le Mécanisme européen de stabilité (MES) bloqué par la Cour constitutionnelle allemande qui doit se prononcer sur sa conformité dans les semaines ou mois à venir. Bon nous sommes rodés, mais bon, pour la Fanfare il faudra repasser.

      1. Théo31

        « la presse subventionnée avec nos impôts »

        Presse subventionnée également par les banquiers via la dette. On comprend mieux pourquoi les étrons qui se font appeler journalistes restent très discrets sur le sujet.

        1. vengeusemasquée

          Effectivement, il me semble déjà optimiste d’estimer que cette question fera l’objet de papiers quelconques dans nos torche-culs nationaux.

  2. vincent

    Mais heureusement, les nouveaux gouvernements, qui sont plus intelligents que les anciens (toujours – c’est pour ça que le monde va mieux maintenant qu’avant – Oh wait ?), vont enfin trouver la « bonne régulation ». Ah mais.

    Et pour fâter ça, ils vont les recapitaliser avec l’argent que le MES va emprunter ou faire imprimer, avec la garantie des contribuables trop heureux de fêter l’hyper-compétence de ses élites dirigeantes de cette façon.

  3. Calvin

    C’est finalement une belle aubaine pour les étatistes.
    Ils pourront au choix :
    – « je vous avais dit que les financiers étaient tous des escrocs »,
    – « non à la finance apatride »,
    – « 75% d’impôts n’est pas suffisant pour récupérer l’argent détourné »,
    – « l’ultra-néo-libéralisme a encore frappé »,

    Ensuite, quand il faudra que les banques prêtent de l’argent aux Etats sur-endettés et déficitaires, ils se rencontreront autour de petits fours, en leur disant que leurs réactions épidermiques ne reflétaient pas le sens réel de leur pensée, et que, bon, moyennant de nouvelles taxes et/ou impôts, il fallait trouver un bon compromis pour repousser les échéances à plus tard.

  4. Curmudgeon

    h16 distingue l’Etat totalitaire et l’Etat social-démocrate, et, par implication, des Etats qui ne seraient ni l’un ni l’autre. Toutefois, si j’en crois la présentation historique de Simonnot & Le Lien (La Monnaie, Histoire d’une imposture, Perrin, mai 2012), la Bank of England (1694), la Banque de France (1803) sont apparues dans des contextes historiques bien différents (pas d’Etat totalitaire ou d’Etat-providence), mais toujours selon la logique d’une collusion entre grands banquiers et pouvoir politique (désireux de financer la guerre). La Federal Reserve est apparue en 1913 dans des conditions analogues, guerre en moins (provisoirement). La connivence remonte à loin. Fabriquer de la monnaie, manipuler le taux d’emprunt, contre la fourniture du service de garantie en dernier ressort, caution à l’irresponsabilité gestionnaire, voilà un échange de bons procédés qui constitue une tentation apparemment inéluctable dès qu’on arrive à un certain de degré de développement étatique et bancaire (s’y mêlent aussi, probablement, des considérations honorables, les ressorts des raisonnements humains étant mélangés). Cette tentation apparue, on y succombe. L’état de fait est ensuite entériné par des justifications théoriques, qui sont enseignées et répandues, en sorte que le système paraît civilisé. En concevoir un autre tiendrait de la chimère. Les ethnologues analysent les « mythes » des sociétés traditionnelles ; nous avons les nôtres, et donc quelque peine à en sortir, puisque c’est notre univers mental.

    1. Soyons clairs : l’Etat minarchiste vire rapidement à l’Etat social-démocrate, qui sombre dans l’Etat-totalitaire. Ensuite, c’est le chaos et on peut revenir au premier cas. Et à chaque fois, la transition s’effectue par collusion des distributeurs de monnaie avec celui qui la fabrique.

      1. Calvin

        Et, euh, on peut savoir quand on revient à l’Etat minarchiste ??
        Et surtout, comment faire pour y rester un peu plus longtemps… ?

        Ce qui me rassurerait, c’est qu’on passe de l’Etat social-démocrate à l’Etat minarchiste (et viiiite !!).

        1. paf

          l’etat Canadien possede encore certaines rares pulsions minarchistes, au grand dam des socialimstes Quebecois qui prennent Harper pour un fachimse nazi pedophile.C’est toujours frais cependant et preferable a la fRance ou l’asphyxie est totale.

  5. T-Buster

    Les marchés ont une mémoire de poissons rouge.
    Donc cela sera très vite oublié….. Et réédité
    Sinon ce sont en effet tous les coco et autre NPA qui vont être content.
    Ils sont tellement jaloux du pouvoir que les autres ont obtenu, qu’ils vont fêter cela tous l’été.
    Car c’est cela le problème.
    Trop de jalousie et trop de pouvoir. Aucune éthique n’y résiste
    Et c’est navrant

  6. johnny_rotten

    Ayrault vient de se voir remettre le rapport de la Cour des Comptes et risque de voir son repas de midi lui rester sur l’estomac.
    Ils lui demande des mesures violentes de réduction des dépenses dès 2013 si on ne veut pas aller dans le mur.
    (esures que les experts libéraux réclament, sans être entendus,depuis plus de 5 ans ! ! ! )
    Je crois que la rigolade est belle et bien terminée.
    —————–
    La Cour des comptes estime que 6 à 10 milliards de recettes manqueront à l’appel, en faisant l’hypothèse d’une croissance réduite à 0,4 % – le budget actuel a été bâti sur une prévision de 0,5%
    ——————-

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/02/20002-20120702ARTFIG00367-la-cour-des-comptes-appelle-a-agir-durement-sur-les-depenses.php

    1. Calvin

      @johnny_rotten :
      Quand tu dis « Mesures que les experts libéraux réclament, sans être entendus, depuis plus de 5 ans ! ! ! »
      Cela sous-entend que tu t’intéresses aux mesures libérales depuis 5 ans, non ?
      Parce que, en fait, les experts libéraux les réclament depuis largement plus de 5 ans !!
      Et tu as raison, normalement, la rigolade est belle et bien terminée.
      Maintenant, que vont faire nos élites ?

      1. johnny_rotten

        > Cela sous-entend que tu t’intéresses aux mesures > libérales depuis 5 ans

        En fait, j’ai dit (PLUS de) 5 ans . Mais 5 ans c’était surtout par rapport à 2007 et au debut du quinquennat de Sarkozy où une grande partie de son electorat croyait bien qu’il allait « taper fort » (ce qu’il n’a jamais fait).
        Aujourd’hui Migaut et la Cour des Comptes disent en résumé « Soyons réalistes . De nouvelles ressources fiscales :il ne faut pas y compter à cause du ralentissement économique.Une stabilité des effectifs de la fonction publique ça ne marchera pas non plus; car il y aura toujours des augmentations de salaires donc davantage de dépenses. »
        Il faut trouver 40 milliards pour 2013 et la seule solution préconisée par Migaut, c’est une violente diminution des effectifs de fonctionnaires.
        Soit le Gouvernement va lui dire
        -« Migaut merci pour ton rapport mais pour le reste ….. couché ! »
        Soit l’heure des VRAIS REFORMES a sonné.

        1. Calvin

          Vi, vi, j’avais bien lu pour les plus de cinq ans, mais cela permettait de rappeler que ces mesures de bon sens (les cons appellent ça rigueur ou austérité) datent de plus longtemps.
          Pour la suite, je pense que cela va se passer par les deux alternatives :
          – d’abord, un « sus à l’austérité », avec hausse d’impôts et baisse limitée des dépenses,
          – une fois, la catastrophe confirmée, baisse drastique des dépenses et plafonnement des impôts.
          Ce qui m’embête, c’est qu’ils n’iront jamais au bout : continuation de la baisse des dépenses ET baisses d’impôts.

    2. Oui.
      J’aime le fait que l’actuelle majorité va dire « ouin, la précédente majorité a fait rien qu’à faire des trous et nous les laisse en héritage ».
      Mais bon, z’ont voulu le pouvoir ? Ils l’ont. Bien fait pour eux.

      1. Flo

        En jurant comme un charetier en plus!
        Mosco : « Ils n’ont rien foutu,… qu’ils se taisent nom de Dieu! »
        La classe.

      2. akhenaton

        Et l’actuelle majorité disait au moment de l’Ex qu’il était vraiment trop chciche dans la taille des trous pour mettre fin à la souffrance sociale des classes laborieuses…

        1. Deres

          Le plan de Hollande c’était d’augmenter les impôts, de ne pas diminuer les dépenses et de demander ce qui manque aux Allemands sous forme d’euro-bonds. Bref, de faire une relance par la consommation avec de l’argent allemand … Le souci, c’est que les euro-bonds, il peut se les mettre où on pense.

          A noter que la cour des comptes ne fait que répéter ce qu’elle a dit dans tous ses rapports précédents.

  7. Calvin

    Scandale à LIBORG : les néo-ultra-libéraux apatrides en ligne de mire !
    Faut enfermer ces malades !!!
    Et il faut changer leur régime alimentaire…

  8. simple citoyen

    Avec du côté de nos institutions l’habituel, puisque la CFTC américaine les condamne à une amende civile pour avoir « tenté » de perpétrer une fraude et non l’avoir fait, ce qui aurait dû résulter en une poursuite judiciaire et non civile… En gros, personne ne va en prison et de surcroît les banques concernées pourront continuer à participer au processus de fixation des taux de référence.

    Juste une petite remarque afin de bien comprendre ce que cela signifie, le LIBOR impacte directement la fixation du coût des intérêts sur les cartes de crédit, et les condamnations pour fraude aux cartes de crédit sont régulièrement condamnées par des peines de prison allant jusqu’à 15 ans.

    Mais ce qui est encore plus amusant, si ce terme a encore un sens devant pareille forfaiture, c’est que le matin même de l’annonce de la décision de la CFTC, était annoncée la poursuite d’un groupe de fraudeurs à la carte bancaire pour laquelle le parquet a fait une estimation de ce qu’auraient pu gagner comme argent les fraudeurs afin de déterminer la position du procureur et les peines idoines. On sait donc calculer des sommes potentiellement concernées par de tels actes… sauf dans le cas de la manipulation du LIBOR et autres Eurobors, car là le parquet précise qu’il est impossible de le faire. En fait, ce n’est même pas lui qui le dit, c’est la défense de la Barclays qui énonce sagement qu’on ne peut pas le déterminer et donc que ce n’est pas une fraude. Oui, je sais, c’est à peine croyable.

    Mais ça ne s’arrête pas là: la CFTC « oublie » qu’à l’origine de ces manipulations il y a le besoin de manipuler pour couvrir les pertes sur les dérivés qui sont dans leurs livres (ce qui est aussi une activité criminelle) puisque les interventions étaient coordonnées (c’est encore un autre activité criminelle puisqu’il s’agit d’un crime organisé) pour avoir lieu à des dates clefs dont celles du dénouement de certains contrats ou date de fixation de taux de référence pour l’exécution de contrats dérivés basés sur ces taux.

    Conclusion, on ne poursuit pas les vrais crimes, mais on reste sur du civil, on ne poursuit pas non plus pour les bons montants en restant dans le vague avec une amende.

    Il n’y a plus d’état de droit. Point.

    1. gem

      Hum… il n’y a pas une association quelconque, de détenteurs de titres dont la valeur a été manipulée, pour lancer une méchante class action à 100 000 milliards de dollars ? Pas un avocat pour la susciter ?

    2. Sanksion

      L’Etat de droit est une blague. Le montant impliqué dans les manipulations (et si on prends les dérivés assujetis), on arrive aux centaines de trialliards, avec un T.
      Aucune procédure pénale, juste une amende, ridicule, qui fait un léger coût opérationnel de plus.
      A mettre en perspective avec les peines qu’on peut avoir aux tribunaux pour cambriolage…

  9. something

    Bon, en attendant Olivier Ferrand de Terra Nova est décédé brutalement ce week-end. Je n’ose pas dire que c’est une bonne nouvelle mais bon, voilà, un dangereux idéologue de moins… et généralement les morts ça marche par trois. Next, please !

      1. Calvin

        Les deux, c’est juste du spectacle médiatique.
        Les deux sont bourrés d’erreurs factuelles et sont irréalistes.

    1. gem

      Ah non, je m’insurge. Un con qui n’a fait que prononcer des conneries, même énorme, ne mérite pas qu’on se réjouisse de sa mort.
      De toute façon, question idées cons, un autre con prendra sa place aussi sec.

      1. Calvin

        Je suis d’accord.
        La machine à fabriquer des cons marche à plein régime dans ce pays.
        Inutile de se réjouir de la place temporairement vide.

  10. christo

    Il ne se passera strictement rien.

    Comme d’habitude. Une ou 2 démissions. Une « commission d’enquête » avec des MP très énervés (pour le show). Les anglais savent faire.

    Mais ensuite ? Rien.

    Parce que le sujet est trop technique. Tonton Raoul et Mamy Michel n’en ont strictement rien à claquer du Libor (ils pensent que c’est le nom d’un médicament). Ils pensent avant tout à leurs vacances au Crotoy.

    Ensuite, parce que la memory span des mêmes s’élève, soyons fous, à 4 jours.

    En clair, la semaine prochaine, on aura tout oublié. Et puis il y aura le Tour de france, alors faut pas déconner quand même.

    La règle -assez désespérante- est simple : plus c’est gros, plus… ça passe.

    Et il faut le dire : ici c’est carrément énorme.

    Mais… est-ce plus « gros » que les taux… fixés de manière politique par les banques centrale, sur ordre des politiciens ?

    On nous pompe le mou avec l' »indépendance » des BC, mais c’est une fiction. Un mythe.

    Et chez nous, quid du ponzzi des retraites ? Des 34 milliards de subventions de l’état à 225 000 associations ? Des XX milliards filés aux Grecs, Portugais, Irlandais… et qui sont revenus dans les caisses des banques françaises ? Du traité de Lisbone, rejeté par référendum, et ensuite adopté en catimini par le congrès ? etc.

    Tout ces exemples (la liste donne le vertige) se valent, en terme de proportions.

    Enormes.

    Mais qui réagit ? Qui manifeste ? Qui brûle des voitures pour dire que là vraiment on n’en peut plus des carambouilles et des fraudes à répétition ?

    Pas un pékin. Nada. Zilch.

    A ce stade, deux solutions s’offrent à l’honnête homme :
    -le suicide

    -ou… respirer un bon coup, puis en rire, et enfin se servir un bon verre de rouge.
    Et continuer à lire votre blog.

    1. El Gringo

      Qui brûle des voitures pour dire que là vraiment on n’en peut plus des carambouilles et des fraudes à répétition ?

      Ahh, ça veut dire ça, le cramage festif de bagnoles?

      1. gem

        Ça se discute ; en tout cas, le discours « vu la taille maousse de vos magouille, arrêtez de nous casser les c. pour nos petits trafics » est présent.
        Autrement dit : une république moins pourrie verrait moins de joyeux barbecues automobiles. Le poisson pourri par la tête etc.

  11. Pandora

    Mais la matière première de la finance abominablement mondialisée, c’est justement la dette des États !
    Rien d’anormal à ce qu’elle soit accoquinée à la politique.

    Les différents gouvernements ont mené des politiques monétaires laxistes en augmentant les dettes des États.
    Or qui sont les premiers bénéficiaires d’une hausse de la masse monétaire : ceux qui reçoivent la monnaie en premier = les financiers et les hommes politiques (qui décident arbitrairement du montant de leurs rémunérations. La boucle est bouclée.

    Les marchés : en théorie minarchiste (P.Salin), ils n’existent pas. Il existe seulement une multitude de décisions individuelles que l’économiste keynésien agglomère pour faire passer ses opinions.
    Les marchés financiers ne goberont rien : ils feront comme d’habitude puisqu’ils font partie du système.

    1. Franz

      Heu…
      Il me semble que minarchisme ou non, les marchés seront toujours là. Tant qu’il y a une offre et une demande, un marché (physique ou dématérialisé) est la meilleure façon de les apparier.
      Ce qui peut ne pas exister c’est un marché unique de taux d’intérêt, dans la mesure ou la monnaie unique et centralisée n’est pas un apanage nécessaire d’un Etat minarchiste. Dans un contexte de concurrence entre plusieurs monnaies, les marchés sont plus divers.

      Mais bon « les marchés » en tant qu’entité unique et douée de raison (et de méchanceté) c’est un mythe à l’usage des journalistes et des gauchistes. Il y a des paquets de marchés, largement déconnectés entre eux. Et qui sont reliés par le fait que l’offreur de fonds final est le particulier qui travaille et produit et le demandeur de fonds final, l’entreprise qui investit. Et, détournement récent, l’Etat dépensier qui détourne l’épargne de son usage naturel pour financer des « politiques sociales » et payer des tas de fonctionnaires inutiles.

  12. Flo

    Sacré JF toujours le mot pour rire :

    « Le patron de l’UMP Jean-François Copé a estimé que la Cour des comptes avait donné lundi, de manière « très claire », « un quitus de la bonne gestion » des finances publiques lors du quinquennat Sarkozy, et que « le mythe de l’ardoise cachée » brandi par la gauche est désormais « cassé ». »

    N’importe quel couillon avec les pleins pouvoirs peut gérer un machin avec 5 % de déficit chaque année.
    Une « bonne gestion » à 100 milliards de trou par an!

    1. Calvin

      Des deux côtés, ce rapport de la CC va devenir une justification de gros n’importe-quoi, d’anathèmes ineptes, d’auto-satisfaction, et d’irresponsabilités flagrantes.

      En quatre mots : tout ça pour ça…

  13. Sidony

    « La City n’est plus qu’un cloaque de patrons fricotant sur base biquotidienne avec les réguliers du gouvernement britannique, tout comme les banques françaises sont intimement mêlées au pouvoir politique et aux administrations françaises en place »

    Quelques lectures sérieuses en histoire vous montreront qu’il en a toujours été ainsi, la seule nouveauté c’est que çà se sait et çà se voit plus qu’avant.

  14. Pascale

    Pour résoudre le problème personne ne pensera que les réglementations qui existent déjà n’ont pas été respectées, mais le haro sera mis sur la méchante finance l’ennemi « sans visage » de Flanby, avec tout plein de nouvelles lois pour réguler encore plus la finance. Lois qui ne serviront à rien puisque les personnes en charge de les faire respecter sont les premières à les contourner pour leur propre profit.

    Mais quand on explique à un Français moyen, baignant dans le socialisme et l’étatisme depuis sa naissance et qui s’imagine être protégé, il devient complètement hagard et la tête commence à lui tourner. Manifestement le Français moyen est incapable de voir que c’est la main-mise de l’État sur des secteurs où il n’a rien à faire qui fout le boxon. Essayez de parler du retrait de l’État de nos vies au pékin moyen, et vous verrez que la terreur le saisit immédiatement. Il s’imagine instantanément retourné au Moyen-Âge avec des bandits de grands chemins qui font la loi et terrorisent les braves gents ou bien transporté au milieu de la jungle africaine, sans route, sans rond-points, sans « service public », livré à la barbarie. Il ne s’aperçoit pas que l’État est un véritable vampire qui lui suce le sang inexorablement.

    Terrifiant de voir à quel point les hommes ont été castrés par l’État-maman-poule.

  15. hussardbleu

    Moi, j’aimais bien les édits somptuaires de Louis XIV… on devrait s’en inspirer… minarchie/monarchie, même combat? Comme disait Ann Elliot dans « Persuasion », « we must retrench »….

    1. Pascale

      Ca n’est que deux ans 1/2 après avoir constaté les faits que les services sociaux, qui ont perdu 1 million d’euros par an tout de même, ont fait interpeller le gars ! Ah, l’efficacité de l’État quand il s’agit de protéger l’argent du moutontribuable !

    2. MIA

      C’est une blague j’espère. On voit bien au contraire que le site « sénégalais » n’est qu’un vieux fake frontiste.

      Visiblement quelqu’un a beaucoup de temps à perdre.

      PS: ça n’entame pas les arguments exposés juste l’auteur.

    3. Deres

      Je ne suis pas certain que ce soit un fake … Le site est vraiment extensif sur le Sénégal avec une multitude de rubriques très détaillées. La partie émigration ne doit faire que quelques % du site complet !

  16. BA

    Lundi 2 juillet 2012 :

    La Cour des comptes lance une alerte : la dette publique devrait dépasser 90 % du PIB fin 2012 (pour mémoire, elle était de 64 % fin 2007). La dette publique imputable aux programmes d’aide aux pays en difficulté (prêts bilatéraux ou par l’intermédiaire du FESF) devrait s’élever à 50,2 milliards fin 2012, contre 14,5 milliards fin 2011 – soit une hausse de 1,8 point de PIB.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/02/20002-20120702ARTFIG00615-la-dette-depassera-90-du-pib-fin-2012.php

    Cette dernière phrase est très importante : l’aide de la France aux pays de la zone euro en difficulté a coûté 14,5 milliards d’euros fin 2011. L’aide de la France aux pays de la zone euro en difficulté coûtera 50,2 milliards d’euros fin 2012.

    Et encore, il ne s’agissait que d’aider la Grèce, l’Irlande et le Portugal.

    Quand la France va devoir aider l’Espagne et l’Italie, combien de centaines de milliards d’euros cela nous coûtera-t-il ?

    C’est ça qui est génial avec la zone euro : les dominos tombent les uns après les autres.

    Les trois premiers dominos qui sont tombés vont faire tomber tous les autres.

    1. nebukadnetsar

      Pourquoi s’inquiéter ???

      On a plein d’argent gratuit à pomper, dixit Mèremptoire Aubry dans les poches des riches…

      Et on peut toujours appeler les Teutons à la rescousse puisqu’ils sont là pour payer depuis près d’un siècle…

  17. BA

    Vendredi 29 juin 2012 : le sommet européen se termine. Comme d’habitude, les investisseurs internationaux sont rassurés pendant quelques jours : les taux d’intérêt baissent pendant quelques jours.

    Et ensuite, comme d’habitude, ça repart très vite à la hausse.

    Espagne : taux des obligations à 10 ans :
    Lundi 2 juillet : 6,38 %.
    Mardi 3 juillet : 6,25 %.
    Mercredi 4 juillet : 6,41 %.
    Jeudi 5 juillet : 6,776 %.

    http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND

    Italie : taux des obligations à 10 ans :
    Lundi 2 juillet : 5,74 %.
    Mardi 3 juillet : 5,63 %.
    Mercredi 4 juillet : 5,77 %.
    Jeudi 5 juillet : 5,979 %.

    « Ce qui ne plaît pas trop aux investisseurs, c’est le jugement de la BCE sur l’environnement économique qui se détériore sensiblement », estime Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.

    La BCE a baissé de 0,25 point de pourcentage son taux directeur à 0,75%, ce qui était largement anticipé.

    Mais, selon le stratégiste, la BCE est venue rappeler aux marchés les difficultés économiques des pays les plus fragiles de la zone euro, ce qui va compliquer sérieusement leur capacité à réduire leur déficit.

    Dans le même temps, elle a balayé les espoirs de nouvelles mesures exceptionnelles.

    « La perception positive du sommet européen a déjà commencé à s’éroder depuis le début de la semaine. La baisse des taux qui avait suivi la réunion européenne est derrière nous », constate M. Jacq.

    Pour preuve, aujourd’hui, l’Espagne a payé plus cher pour emprunter à dix ans, devant concéder un taux moyen de 6,430%, contre 6,044% lors de la dernière émission similaire, le 7 juin.

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