Pénitentiaire français : « derrière les barreaux » devient une suggestion

Sapristi, les prisons de l’État français débordent allègrement ! Avec plus de 86 000 pensionnaires, la surpopulation carcérale bat tous les records historiques. Faudrait-il construire des prisons pour résoudre cette épineuse équation ?

Allons, voilà qui est électoralement scabreux et financièrement délicat !

Rassurez-vous, la Chancellerie et l’administration, dans un éclair de génie managérial, ont trouvé une solution bien plus innovante, écoresponsable et hautement inclusive pour vider les cellules sans couler de béton : il suffit d’ouvrir grand les portes, d’organiser des promenades champêtres et de regarder ostensiblement ailleurs avec un sourire béat.

La dernière application de ce désengorgement festif a eu lieu le vendredi 13 mars dernier. Magie de la réinsertion, un aimable pensionnaire de la maison d’arrêt de Nanterre, paisiblement condamné pour vol par effraction et trafic de stupéfiants, a ainsi bénéficié d’une petite escapade touristique au musée du Louvre. Comme il se doit en République du Bisounoursland, le Juge d’Application des Peines avait bien sûr validé cette excursion contre l’avis défavorable de la direction de la prison et du parquet.

République du Bisounoursland

Sans surprise pour personne (y compris, probablement, le Juge laxiste), notre brave garçon a profité de la cohue dans la station de RER Auber pour semer son escorte et s’évanouir dans la nature, explorant ainsi (ironie mordante) toute l’étendue de ses « droits » alors que le thème officiel de cette joyeuse sortie scolaire pour adultes déviants portait sur les droits des citoyens.

Notons au passage le choix subtil de la destination : le Louvre, véritable passoire institutionnelle dont la sécurité est elle-même devenue une farce d’État.

Évidemment, cette évasion pittoresque n’est pas un banal accident de parcours, mais bien le symptôme consternant d’une doctrine de « justice récréative » qui produit, avec une régularité inquiétante, des miracles évaporatoires.

Le « Club Med » pénitentiaire français a de l’entraînement. En janvier 2025 déjà, un autre brillant représentant des établissements pénitentiaires français, initialement incarcéré à Bobigny pour quelques violences de routine, avait lui aussi profité d’une indispensable sortie culturelle au Musée de l’Homme à Paris pour prendre la tangente. Après tout, l’Homme n’est pas fait pour être ni dans un musée, ni dans une prison, n’est-ce pas. Là encore, le parquet s’y était formellement opposé, mais la soif de culture du détenu devait être étanchée à tout prix.

On pourra aussi mentionner cette indispensable course d’orientation en forêt de Fontainebleau de septembre 2023 : lors de cette activité extra-muros vaguement encadrée pour huit détenus de Fleury-Mérogis, deux participants, dont un fier entrepreneur spécialisé dans l’import-export de produits stupéfiants, s’étaient mis à courir de façon soutenue un peu plus vite et un peu plus loin que les autres. À l’époque, l’administration pénitentiaire, drapée dans sa dignité offensée, défendait bec et ongles ces animations sylvestres, jugées absolument essentielles à la réinsertion de ces voyous racailles futurs ingénieurs dans notre société.

On peut multiplier les exemples, mais l’important est de comprendre que, derrière ces évaporations ludiques et ces considérations humanistes de pacotille, se cache surtout un vaste foutoir approximatif.

L’administration pénitentiaire gère à présent ses détenus par-dessus la jambe, accumulant bourdes monumentales et laxisme institutionnalisé. Les scandales réguliers et consternants des surveillants corrompus facilitant l’introduction de téléphones et de drogue viennent désormais s’ajouter une incompétence étendue dans la gestion administrative la plus élémentaire.

La vérification des identités et des procédures est devenue si désinvolte que littéralement n’importe qui doté d’un peu d’aplomb peut désormais repartir avec un prisonnier sous le bras, comme l’illustre le dernier cas burlesque du samedi 7 mars 2026 à Villepinte : un détenu particulièrement dangereux, affectueusement surnommé « Ganito » et multi-condamné pour séquestration et vol à main armée, s’est fait calmement exfiltrer.

Calmement, car trois complices, déguisés en policiers de supermarché, se sont présentés à l’accueil avec une réquisition de garde à vue bidon. Face à ce stratagème digne d’un mauvais film, les surveillants n’ont absolument rien vu venir et ont laissé repartir le quatuor de malfrats vers de nouvelles aventures. Pompon de l’affaire : il aura fallu quarante-huit longues heures à la prison avant de s’apercevoir que le détenu n’était jamais rentré de son audition imaginaire et que les prétendus policiers n’existaient pas dans les registres. Les cons osent tout, certes, mais ils auraient bien tort de se priver devant l’incompétence et l’incurie de plus cons qu’eux.

On pourrait en rire mais l’enjeu sous-jacent est dramatique.

Le fondement même de toute société fonctionnelle, pacifiée et prospère repose intégralement sur sa capacité, et surtout sur sa volonté indéfectible, d’écarter durablement les monstres, les prédateurs et les criminels endurcis. C’est la condition sine qua non pour protéger les citoyens honnêtes qui se lèvent le matin, paient des impôts délirants et souhaitent simplement faire société sans subir la violence perpétuelle de racailles impunies.

Or, ce « contrat social » minimal, jadis évident, est aujourd’hui méthodiquement piétiné par un État pachydermique, prompt à fliquer le moindre plombier en Doblo frôlant le 52 km/h en agglomération ou à taxer l’air que l’on respire, mais fondamentalement incapable de retenir entre quatre murs ceux qu’il est censé neutraliser.

Face à cette déliquescence, il convient de rappeler Thomas Sowell qui explique que si l’on n’est pas prêt à utiliser la force légitime pour défendre farouchement notre civilisation, alors on doit se préparer à accepter la barbarie en retour. Ce combat est d’autant plus nécessaire qu’il faut souvent plusieurs siècles d’efforts acharnés pour passer de la fange de la barbarie aux lumières de la civilisation, mais qu’il suffit malheureusement d’une poignée de jours de renoncement et d’aveuglement béat pour refaire le chemin en sens inverse.

À voir comment l’État français laisse « transpirer » ses prisons, une conclusion s’impose : ce pays est foutu.

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Commentaires39

    1. Aristarkke

      Tiens, tu ressors du néant, subitement pour me faire une niche ?
      Je suis flatté d’être l’occasion de te revoir ici ! Je me sens L’Oréal !

        1. MCA

          Oh que oui, dans ma jeunesse j’ai précédé SAM en haute montagne histoire de tester Darwin et parfois ce n’est pas passé très loin.

          Cela dit je continue à vivre dangereusement la preuve : début mai direction Bali avec escale à Abu Dhabi, j’emmène mon casque lourd car avec tous ces drones on est jamais trop prudent ! et plan B pour le retour via Singapour, Bangkok ou Istanbul si la compagnie aérienne initiale fait défaut. 😆

  1. Grosminet

    « Comme il se doit en République du Bisounoursland, le Juge d’Application des Peines »
    C’est pas plutôt LA juge ?

    1. CPB33

      yes en majorité des louloutes (et certaines maquées avec des avocats ou cates ou autres individus pas-tibulaires mais presque !!)

  2. Aristarkke

    Dîtes, Monseigneur : êtes vous sûr de bien connaître ce dossier pour rester aussi catégorique ? 😥 Ce brave garçon y est allé peut-être pour un repérage de vitrines d’exposition à détruire et ayant mesuré la facilité, a décidé que cette opération serait plus facile à mener en liberté que derrière des barreaux, selon l’expression consacrée.

  3. Grosminet

    « prompt à fliquer le moindre plombier en Doblo frôlant le 52 km/h en agglomération »
    Et avec une plaque d’immatriculation illisible en plus 😉

  4. Aristarkke

    « un détenu particulièrement dangereux, affectueusement surnommé « Ganito » et multi-condamné pour séquestration et vol à main armée »
    Entre-temps, il vient de prendre six années de taule en supplément dans un procès en appel d’une de ses multiples farces. Reste à juger cette fuite qui vaudra bien un tchô supplement. On l’espère du moins mais ça obligera à remplir la taule…

  5. Blondin

    A propos des dégâts causés par les Juges d’Application des Peines (et des juges en général), je vais à mon tour citer Sowell :
    « Il est difficile d’imaginer manière plus stupide et plus dangereuse de prendre des décisions que de les confier à des personnes qui ne paient aucun prix lorsqu’elles se trompent ».

      1. Pheldge

        le JAP expliquera doctement qu’il ne fait qu’appliquer la Loi, et les circulaires de la Chancellerie, en mode « responsable, même pas, et certainement pas coupable ! » bien connu.

  6. Grosminet

    « Les scandales réguliers et consternants des surveillants corrompus facilitant l’introduction de téléphones et de drogue »
    De la corruption y compris chez les petites mains ? Ça me fait penser à quelque chose… hein durru…

    1. Franck

      On devrait faire comme les agents comptables dans les structures publiques : 3 ans à leur poste, et mutation d’office pour éviter clientéliste et copinage, le problème c’est que vu la difficultés de recrutement…..

      1. P&C

        Aucune difficulté à recruter. Y a des millions de gens au chomdu ou en sous emploi, voire qui s’emmerdent dans leurs jobs actuels.

  7. CPB33

    une mesure simple serait de revenir aux uniformes de prisonniers pour commencer (ne parlons pas des menottes ou des émetteurs sur eux)….
    les évadés ricains (par exemple) ont un peu plus de mal à disparaître dans la foule !!!

  8. Theo31

    S’ils sont inscrits pour les élections, je suis certain que ces CPF iront voter dimanche sans être inquiétés.

    Le petit blanc qui aura taillé avec une IA un maillot de bain avec une grosse bosse a Brigitte ira en prison et n’aura aucune faveur une fois incarcéré.

  9. Dom17

    Hasard? Incompétence? Pas certain, car l’anarcho-tyrannie a bien été pensée comme moyen de contrôler la masse.
    Et il suffit qu’une partie des juges, en particulier les JAP, soit sous camisole idéologique pour que l’on assiste au résultat désastreux décrit dans cet article.
    Journalistes, magistrats, sous quel angle est dispensée leur formation? Est-ce un hasard?

    Le rousseauisme a la vie dure: le délinquant est d’abord une victime de la société car l’homme est bon par nature, c’est-à-dire dénué de passions qui peuvent conduire en effet à la barbarie. Il n’y a qu’à regarder l’histoire… et l’actualité, n’est-ce-pas…

    Résultat: le triple objectif de la sanction (punition du coupable, dissuasion et prévention de la récidive, protection de la société) est plus ou moins remplacé par un louable objectif de réinsertion, mais avec des moyens aussi stupides que des sorties rééducatives, alors que le travail en prison est une bien meilleure piste à tous points de vue.
    L’Etat est discrédité auprès de la population, mais bien plus encore par les délinquants eux-mêmes qui savent qu’ils ne risquent pas grand chose et que, même incarcérés, ils pourront s’évader ou même sortir à la moitié de leur peine si un JAP compréhensif le décide. Que voulez-vous, la prison, ce n’est pas marrant et c’est un problème auquel il faut remédier!

      1. Simon

        Selon Grok : Les juges d’application des peines font partie des fonctions où les femmes sont sur-représentées par rapport à la moyenne du corps magistral. La proportion de femmes parmi les JAP est aujourd’hui supérieure à 70-75 %, probablement proche de 80 % ou plus dans les promotions les plus récentes affectées à ces postes.

    1. P&C

      Oui et non. L’etat exerce toujours un contrôle serré sur la population.

      S’il était vraiment je m’en foutiste, il laisserait les gens faire leur police et leur justice, via des milices locales par exemple.
      Or ce n’est pas du tout le cas.
      On est clairement dans une stratégie de contrôle de la population.

  10. P&C

    La barbarie, même pas.

    Du temps des royaumes barbares, il ne faisait pas bon être un criminel, les nobles exercant la justice locale quand les gens ne la faisaient pas eux même. Et c’était du brutal.
    Dans le vieux droit germanique, la peine de prison n’existe presque pas. Il ne connaît que les dommages et intérêts (wergelt) et la vengeance (feud). Le pire sort est d’être déclaré hors la loi (wolfhead ou skoggangr) : tu perds tous les droits, tes biens sont saisis, tu ne peux même pas commencer avec quelqu’un, tu n’as aucune protection juridique, et tu peux être tué à vue sans pénalité.

  11. breizh

    exemples visibles du j’menfoutisme individuel, notamment au niveau des fonctionnaires.
    Pourquoi faire correctement son boulot ? Pourquoi tenter de résoudre les problèmes et/ou les faire remonter ? Cela ne conduit qu’à des emmerdes.
    Par ailleurs, l’exemple est donné au plus au niveau de l’Etat et des politiques (j’menfoutisme, irresponsabilité, délinquance…)

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