Hamon aime les SCOP, mais les Français, pas trop

Benoit Hamon n’est pas qu’incompétent et stalinien, il est aussi ministre. Je sais, cela peut surprendre quelques uns d’entre vous qui n’êtes pas au courant tant l’information est passée inaperçue. Mais pourtant, il a bien un petit maroquin de délégué à l’Economie Sociale et Solidaire ce qui est, quand on y réfléchit deux secondes, une appellation foutaisique reconnue presque aussi grosse que le Redressement Productif, et qui lui permet de réclamer un doublement des SCOP en 5 ans.

Si vous ne savez pas ce qu’est une SCOP, vous avez intérêt à vous renseigner rapidement puisque c’est manifestement l’avenir en France si l’on en croit les efforts plus ou moins organisés de Ben le Délégué. Et si vous en voulez une définition rapide à la grosse louche, disons que la SCOP est une version à la française du kolkhoze ou du kibboutz, avec les mêmes perspectives réjouissantes sur le long terme. Oui, bon, c’est à la grosse louche, hein.

C’est dans le cadre du 35ème congrès de ces SCOP que notre éternel lycéen en grève a voulu marquer les médias. Comme les grands avaient précédemment parlé de « choc de compétitivité », le brave garçon a décidé que, de son côté, il pouvait bien aussi être un homme de choc, à défaut d’être chic et quitte à sortir un gros chèque. Il a donc promis ce vendredi 16 novembre « un choc coopératif » pour doubler en une poignée d’années le nombre de sociétés coopératives et participatives.

Comme dans toute tempête de bisous, il faut des modes opératoires pour arroser tout le monde, Ben le Délégué propose, dans le cadre d’une grande et belle loi ESS (Économie Socialiste et Soliloque) illisible avec plein d’alinéas écrits tout petit, de renvois et de notes amphigouriques, de mettre en place quelques mesures ambitieuses de sabotage d’une idée presque innocente et qui ne lui avait rien demandé. Ainsi, un nouveau statut transitoire va d’abord être créé pour faciliter la constitution ou la reprise d’entreprises, en dissociant la majorité en capital de la majorité des droits de vote. Ainsi, celui qui mettra l’argent sur la table n’aura pas forcément le plus de droits de vote. On voit alors immédiatement l’intérêt pour ce dernier d’investir puisqu’il n’aura pas son mot à dire.

SocialismeDans la foulée, et puisque les salariés peuvent être intéressés par la reprise de leur entreprise (SCOP ou non), on va introduire un droit de préférence de rachat, avec une proposition de cession aux salariés et un temps de réflexion nécessaire, parce que (et on ne le dit jamais assez), être propriétaire, en France, s’entend toujours « après l’État ». Après tout, s’il est assez puissant pour distribuer ainsi autant d’argent, il est aussi assez puissant pour tout vous prendre. Et comme tout ceci est tout de même particulièrement lourdingue à faire digérer à tout le monde (il y a de la loi, il y a de la contrainte, il y a des bonnes idées réchauffées depuis 70 ou 80 ans qui méritent donc d’être prémâchées longuement avant de pouvoir être avalées), Ben le Délégué a annoncé l’édition d’un sympathique petit kitounet de présentation du modèle de Scop à destination des juges consulaires, des parquets et des avocats, « pour encourager chaque fois que c’est possible la reprise d’entreprises à la barre ». La longue tradition des kits en provenance directe de ministères donne immédiatement une indication précise de la valeur qu’on pourra accorder à la démarche.

Et pour finir, ne voulant pas repartir sans brûler une petite montagne de cash comme lui ont montré ses grands frères, le gentil Ben a décidé la création d’un guichet d’accueil spécifique, au sein de la future Banque Publique d’Investissement qui va injecter et faire exploser des sommes considérables dans les petits pistons de l’industrie française afin de faire rugir de plaisir le moteur économique national, vroum vroum vroum. Pour cela, 500 millions d’euros seront fléchés vers l’économie socialiste, c’est-à-dire que les coups et les horions pleuvront moins sur ceux qui s’engagent dans ce genre d’aventures que sur ceux qui s’obstinent à penser rentabilité, enrichissement personnel, marges et retour sur investissement. Paf.

hamon - economie socialiste

Ceci dit, on ne peut s’empêcher, au contraire du gentil Délégué, de se poser quelques questions importantes : tout frémissant d’importance à l’idée de faire comme les grands et de modifier la société à force de grosses lois baveuses et de grands coups de millions d’euros qu’il n’a pas, notre aimable minustre ne semble pas s’interroger le moins du monde sur le constat pourtant évident que si les SCOP, c’est si génialissime que ça, pourquoi tout le monde ne se précipite-t-il pas tout entier dans cette aubaine ?

Après tout, les avantages à se lancer dans une belle aventure collective sont nombreux si l’on en croit la fiche Wikipédia. En outre, le secteur est en plein essor si l’on en croit les chiffres de la confédération des SCOP. Et sur le papier, il semble qu’effectivement, l’idée générale de créer des entreprises entre salariés soit tout à fait louable. Et pour qu’un ministre s’entiche de l’idée et décide d’y claquer rediriger un demi-milliard d’euros, c’est que — forcément — ça doit motiver les foules, non ?

Mais voilà : en France, les SCOP, c’est le nombre époustouflants de 40.000 salariés, soit 0.15% de la masse salariale française, dont seulement la moitié effectivement associés à la structure dans laquelle ils travaillent. Ce n’est pas exactement l’engouement. Même les auto-entrepreneurs ont fait mieux, dans leur temps. Je tiens à le dire ici tout de suite : je ne sais pas pourquoi. Peut-être les Français ne savent-ils pas que ça existe (les benêts) et échappent ainsi d’un cheveu au bonheur collectif ? Peut-être n’ont-ils pas le goût du risque imbibé dans leur fibre salariale ? D’un peuple dont 70% des étudiants rêvent d’accéder à la fonction publique, ce serait vraiment étonnant… Et puis, force est de constater que l’Économie Solidaire et Socialiste de Hamon n’existe pas, en tant qu’entité propre, en dehors de nos frontières, ce qui laisse un peu perplexe.

Tout ceci sent de façon entêtante l’odeur de l’interventionnisme étatique en pure perte, avec de la bonne contrainte en lieu et place d’un marché libre.

Si les SCOP sont une opportunité, on pourrait s’attendre que, moyennant un peu de publicité de la part du ministère de Hamon, les Français s’engouffrent dans la brèche : la situation est suffisamment médiocre pour que tous se saisissent de la moindre opportunité de s’enrichir, de créer de l’emploi, d’enrichir le voisin et l’État français. Après tout, si l’on en croit nos gouvernants et nos élites, le Français est le coeur sur la main, prêt à tous les sacrifices pour un vivre-ensemble qui se trémousse le popotin dans la joie de vivre ! En tout cas, point n’est besoin de flécher quoi que ce soit, d’investir des millions ou de s’agiter. Quelques milliers d’euros de publicité, et hop, voilà l’affaire lancée !

Mais si les SCOP ne sont pas une si bonne opportunité, pourquoi lancer de l’argent public là-dedans ? Pourquoi ? On en a tant que ça ? Les Français ont à ce point besoin d’être pris par la main pour être dirigés vers des idées médiocres ? Oui, certes, je sais, ils votent socialistes depuis 40 ans, réclament toujours plus d’état et se plaignent lorsqu’ils l’ont (radars, fichages massifs, taxes, impôts, bailouts bancaires, corruptions, marchés englués dans une pléthore de lois, caméras de surveillances partout, etc…). Certes, ils réclament toujours plus d’impôts pour les autres, chacun leur tour, assurant un arrosage égalitaire de la misère et de la vexation. Certes.

Encore une fois, Hamon est pareil aux autres poissons du gouvernement sortis de leur eau qui s’agitent, les yeux glauques et la bouche ouverte, à la recherche désespérée d’un vague truc dont ils ont l’habitude pour s’y replonger et sortir de cette apnée mortelle que la situation force sur eux. Cela s’agite, cela ouvre la bouche, cela frémit, mais cela fait absolument n’importe quoi : si les SCOP, c’est une bonne idée, pourquoi claquer des thunes du contribuable ? Et si c’est une mauvaise idée, pourquoi claquer des thunes du contribuable ?

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Commentaires99

  1. Elphyr

    Le raisonnement socialiste est awesome.

    « On va faire une entreprise financée par les concitoyens qui vont acheter les produits de cette entreprise. Ce marché (quasiment) fermé se révèle en plus déficitaire (la magie du capitalisme, les salariés demandent des salaires, quels salops) mais l’argent gagné les premières années (grâce à l’investissement de l’Etat) sera investi dans plus d’entreprises sociales et solidaires, ad nauseum, jusqu’à la crise de foi(e), ie quand ceux qui financaient la solidarité auront besoin à leur tour d’aide. »

    Hamon réinvente les fonctionnaires. En pire. C’est Nobel-isable ca non ?

  2. LuciusT

    Excellente analyse.

    Pour ce qui est des SCOP, leur structure même et le niveau de responsabilité demandé aux salariés est tel que ce n’est certainement pas transposable à toutes les structures. Par contre, d’un manière générale, les rares SCOP s’en sortent plutôt bien lors de la période critique des premières années de fonctionnement (mais cela vient principalement du fait qu’il s’agit de regroupement de professionnels motivés).

    Bref, la SCOP est un très bon cadre juridique pour certains types d’activité (artisanat notamment, peut-être les NTIC) mais ne riment à rien dans d’autres (transformer PSA en SCOP ?).

      1. Flo

        Avec ce qui en reste après coup (et coût) on a une preuve irréfutable du réchauffement climatique d’origine on ne peut plus humaine!

    1. Aristarque

      Avec un pareil iceberg, c’est étonnant que le paquebot France soit encore (un peu) au dessus du niveau de l’eau. Nous sommes meilleurs marins que nous le pensions….

  3. Le Gnome

    Le petit Benoît a du être influencé par le communisme yougoslave, des usines auto-gérées avec des fonds provenant de banques publiques. Il ne manque plus que la planification, mais ça viendra.

    1. Fergunil

      La planification est liée aux fonds publics : tu n’imagines quand même pas qu’une startup de biotech pourra prendre ce statut, par contre, une coopérative de mimes agriculteurs ludiques, ils peuvent prétendre à quelques centaines de milliers d’euros

  4. feufol

    Cet article est un pamphlet. Il a donc vocation à l’excès et à la caricature. OK.
    Mais, affirmer que le concept d’économie sociale et solidaire n’existe pas en dehors de nos frontières c’est un abus de langage.
    Le concept regroupe les mutuelles, les associations, les fondations. Qui représentent une part significative de l’économie en France et un peu partout…
    Quant au fait de vouloir faire doubler le nombre de SCop en incitant les Tribunaux de commerce, ça me parait une bonne idée.
    En France, la quasi totalité des procédures collectives se termine par une liquidation judiciaire ce qui est souvent un beau gâchis. Et la loi de « sauvegarde » votée en 2005 n’a rien arrangé.
    On peut discuter du comment, du montant et du niveau d’incitation.
    Mais on ne va pas reprocher au gouvernement d’inciter les gens à utiliser un outil mal connu qui pourrait sauver des PME non ?

    1. « affirmer que le concept d’économie sociale et solidaire n’existe pas en dehors de nos frontières c’est un abus de langage »
      Non, ce n’est pas ce qui est dit. Ce qui est dit est : « l’Économie Solidaire et Socialiste de Hamon n’existe pas, en tant qu’entité propre, »
      Autrement dit, il n’en existe pas de ministère dédié, dans aucun pays. Et ce n’est pas un hasard. D’ailleurs, vous offrez une définition qui n’est pas celle du ministère (d’ailleurs particulièrement large puisqu’en gros, à peu près tout et n’importe quoi tombe dedans). Là encore, ce n’est pas un hasard.

      « Quant au fait de vouloir faire doubler le nombre de SCop en incitant les Tribunaux de commerce, ça me parait une bonne idée. »
      Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

      Si c’est une bonne idée, pourquoi tout le monde n’est pas déjà au courant ?
      Si c’est une mauvaise idée, pourquoi inciter ?

      1. Before

        Ou alors, si c’est une bonne idée méconnue, un peu de publicité à moindre frais peut faire l’affaire, comme vous l’écrivez d’ailleurs.

    2. laurent

      Sauvez des PME ne peut pas être un but en soit, il est normal que des sociétés inadaptées, non rentable ou inutile disparaissent pour laisser la place à celle qui sont performantes, bien gérées et apporte un réel service à ses clients.

      1. PAF

        « En France, la quasi totalité des procédures collectives se termine par une liquidation judiciaire ce qui est souvent un beau gâchis. »

        une compagnie qui ne marche pas, je ne vois pas l’interet de la soutenir.On a le choix entre gachis qui s’arrete et gachis qui continue.Je suppose qu’il faut a tout prix sauvegarder nos emplois qui ne rapportent pas sinon ca risque de se voir qu’il n’y a plus de travail nulle part.

        « Et la loi de « sauvegarde » votée en 2005 n’a rien arrangé. »

        CQFD

  5. lapin malade

    les scops sont souvent crées après un dépot de bilan et en l’absence de repreneur . C’est donc dans de nombreux cas la solution de la dernière chance .Il ne doit pas y avoir beaucoup de cas ou des gens se regroupent à 15 ou 30 pour créer leur entreprise

    1. Oui, effectivement. A 22.000 salariés associés dans toute la France, on ne peut pas dire que ce soit une franche réussite. Par comparaison, il y avait plusieurs centaines de milliers d’auto-entrepreneurs (ou déclarés tels).

    2. Aristarque

      C’est simple.
      Quand une boîte coule et qu’on veut la reprendre, en SCOP ou par un autre moyen, il faut de la thune comme le dit si bien notre hôte.
      Le malheureux salarié français moyen à 1500/1600 € net le mois, quand il a payé ses charges sociales, sa CSG, sa TVA , son loyer, son gazole und so weiter n’en a plus guère de côté.
      La seule source devient alors les indemnités de licenciement qui, mises en commun et pour peu qu’elles soient nombreuses peuvent éventuellement réamorcer la pompe.
      Il faut juste trouver assez de monde pour former un groupe suffisamment costaud et étoffé pour prendre la direction des nouvelles opérations ET décider qui va diriger, qui va bosser à la production, etc…
      (Rigolez pas, c’est à ce moment-là que la vraie nature des gens transparaît).
      Et c’est effectivement là que cela se complique parce qu’après des années braillées à vilipender les « patrons », en devenir un soi-même ne s’impose pas forcément comme conséquence normale.
      De plus quand en guise d’aventures formatrices, la jeunesse rêve majoritairement d’un emploi planqué chez les fonctionnaires…
      Ce n’est vraiment pas gagné.
      CPETF

      1. Lib

        Tout à fait.

        Accessoirement, toucher une indemnité de licenciement alors qu’on n’est finalement pas licencié a un petit coté « abus de droit » sur lequel tout le monde ferme pudiquement les yeux.

  6. hrmt

    Le moins qu’on puisse demander à ce projet de loi, c’est qu’il soit a minima inoffensif. Mais cette histoire de droit de préemption va empoisonner les cessions d’entreprise. Donc on a bien là un projet non seulement inefficace (évidemment) mais aussi nuisible.

  7. dede

    « si les SCOP, c’est une bonne idée, pourquoi claquer des thunes du contribuable ? Et si c’est une mauvaise idée, pourquoi claquer des thunes du contribuable ? »

    Qui vous dit qu’il s’agit des thunes du contribuable (ce qui justifierai bien la question)?
    D’apres-moi, le gouvernement n’ayant plus un sous vaillant et depensant beaucoup plus que ce qu’il ne preleve, toute nouvelle depense se fait grace a l’emprunt aupres des riches capitalistes qui ont assez de sous pour preter a un gouvernement en faillite, prouvant par la meme qu’ils sont un peu neuneu : emprunter aux riches neuneu pour donner aux electeurs, je ne vois pas le probleme!

    1. Oh, c’est un pur déplacement temporel. Il s’agira du contribuable de demain, au lieu de celui d’aujourd’hui.

      1. dede

        Ce pays ne serait donc pas foutu?

        La France va honorer sa signature et remboursera sa dette??

        « Liliane, fais les valises, on rentre a la maison! Euh, non, attendons un peu quand meme… »

        1. laurent

          Si la France n’honore pas sa dette, les banques ferotn faillite et les français seront ruinées et les entreprises français couleront en masse ce qui reviendra au même

      2. Jesrad

        …tout en arrosant un peu plus de risque le contribuable d’aujourd’hui, au point de le rendre globalement insolvable.

        En fait on peut même dire que la crise que nous vivons aujourd’hui est une crise du risque. Risque d’acheter de l’immobilier cher pour plein plein d’américains pas riches (j’ai toujours du mal à qualifier un américain de « pauvre »), risque pour les banques de leur avancer les sous nécessaires, risque pour les investisseurs de mettre leur épargne dedans, risque pour les états de se rendre insolvables en tentant de couvrir l’inévitable défaut de l’ensemble…

    2. Pandora

      L’emprunt de la France ne se fait pas seulement auprès des riches capitalistes : ils sont peu nombreux par rapport aux ÉNORMES besoins !
      Légalement, les banques, assurances et autres mutuelles sont obligées d’en détenir. C’est donc avec l’argent de TOUS les moutontribuables ou électeurs, que la France emprunte.

      La dette de la France ne rapportant rien, ça m’etonnerait beaucoup que les « riches » perdent de l’argent dans ce type de placement, il y a des limites a la « neuneuitude ».

      Au final : seul le contribuable, tondu d’un cote, pour des dépenses inutiles et dont l’épargne n’est pas rémunérée est perdant.

    3. Théo31

      « toute nouvelle depense se fait grace a l’emprunt aupres des riches capitalistes »

      Les riches capitalistes n’ont pas droit au livret A dans lequel l’Etat tape sans vergogne pour réaliser des placements boursiers plus que hasardeux alors que le gens croient que ça finance le logement social.

      http://www.challenges.fr/finance-et-marche/20121009.CHA1744/livret-a-ce-qu-on-n-a-jamais-dit-sur-la-gestion-des-fonds-du-produit-d-epargne-prefere-des-francais.html#xtor=EPR-7-Quot18h-20121010

    4. Alex6

      On pourrait arreter deux secondes avec ces poncifs a deux balles? Les riches capitalistes comme vous dites n’achetent surement pas de dettes francaises, ils parviennent a securiser leurs investissements et a les diversifier d’une bien meilleure maniere.
      Les seuls qui achetent, parfois sans le savoir, de la dette francaise, ce sont plutot les gens modestes tendance classe moyenne via les assurances vies en France ou leurs fonds de pensions a l’etranger.
      Rien de neuneu la-dedans, un fond de retraite se gere en fonction du risque et en ce moment, il n’y a pas beaucoup d’actifs qui permettent de securiser du cash sur une longue periode. La dette francaise, consideree comme gagee sur du solide, rentre donc dans la categorie des investissements peu risques, tres prisees en ce moment par les fonds d’investissements qui ont ete calmes par les recents deboires boursiers et immobiliers dans plusieurs pays. Ne pas oublier non plus que derriere les fameux fonds d’investissements, se cachent en realite la somme des decisions de petits ou tres petits epargnants. Les fonds n’agissent que sous leurs directives, ce ne sont pas des banques d’affaires, autonomes sur leurs decisions d’investissement.

  8. Pod

    Le statut SCOP sera-il le pré-requis basique et incontournable de tout accès à la BPI socialiste ? A se demander mais de fortes chances. Sans collectivisation, pas chocolat.

  9. Lib

    Marrant, j’en discutais justement hier avec un pote de gauche (mais business-friendly).

    Il me disait que c’était bien de favoriser les scop. Ma position (proche de la tienne) était que (i) c’est très bien que ça existe, (ii) ça n’est pas très populaire, (iii) la principale raison est pour moi que la plupart des gens n’ont aucune envie d’être actionnaires de leur boîte.

    Les gens ne tiennent pas tant que ça à être actionnaires de leur boîte parce que c’est risqué (quoiqu’en dise la propagande). Donc, « favoriser » les scop, ça ne peut vouloir dire que deux choses : soit on pousse les gens à prendre des risques (ce qui est une sacrée responsabilité), soit on réduit le risque en distribuant de l’argent gratuit des autres (ce qui est injuste, inefficace et une source intarissable de corruption).

  10. Fwh

    Merci H16, je sais maintenant d’où viennent les publicités idiotes sur l’économie sociale et solidaire que j’entends le matin à la radio.

    Elles ont donc été commises par Ben.

    Une fois de plus, un politicien qui n’a pas compris qu’on préfèrerait qu’il ne fasse rien du tout, quitte à ce qu’il touche son salaire.

    Ainsi, il aurait l’honorable statut de politicien inutile. Mais il vient de gagner celui de politicien nuisible.

    1. vdf

      À propos de salaire, on n’a pas beaucoup entendu parler de la hausse de 30% du salaire des ministres et de leur chef

  11. Rocou

    Merci H16 pour ce billet.

    Je suis sans doute parano mais je n’arrive pas à m’ôter de la tête qu’il y a une certaine cohérence terrifiante dans le gloubiboulga gouvernemental:
    Après le relèvement de l’ISF, la taxation à 75% des haut revenu, la destruction programmé du statut de l’auto-entrepreneur, le quadruplement de la taxe pro (enfin ses remplaçantes) pour les petites entreprises, le renforcement de l’exit tax et enfin l’imposition délirante des plus values de cession d’entreprise, voilà qu’arrive cette promotion de la SCOP?

    Soit c’est un effet d’aubaine pour Benoit Hamon qui saisit la balle au bond, soit ce sont des processus programmés absolument terrifiants.
    L’avenir de la France se sont les SCOP?

    1. John Bigballs

       » Soit c’est un effet d’aubaine pour Benoit Hamon qui saisit la balle au bond, soit ce sont des processus programmés absolument terrifiants. »

      ça peut être les 2 en même temps. Pas besoin de Duce, de chef d’orchestre ou de programme terrifiant quand les acteurs sont tous déjà tous accordés en mode socialiste : plus d’Etat, égalité, morale publique, changement du réèl.
      La somme des actions même décousues de ces gens d’aujourd’hui peut aboutir à la même chose qu’à la « grande époque » des leaders socialistes charismatiques, en plus « festif », « économiquement solidaire »…
      Ils ont muté, ont appris à se déguiser, avancer à pas feutrés, n’en sont pas forcément conscients, mais ce sont les mêmes car le fond de leur idéologie est la même : l’état avant l’homme !

      A la différence près qu’aujourd’hui leur action est peut être plus restreinte et plus dépendante de l’extérieur.
      L’usage de la force est mal perçu de nos jours donc il faut mettre des gants de velours, et on ne pourrait pas interdire la diffusion de comptes publics catastrophiques.

  12. raimverd

    « si les SCOP, c’est si génialissime que ça, pourquoi tout le monde ne se précipite-t-il pas tout entier dans cette aubaine ? »

    Dans une économie de marché la rémunération de l’entreprise est le profit. Le profit est l’excès du gain sur les coûts.
    L’entrepreneur fait face à l’incertitude. Ses produits se vendront-ils? Quand? Y aura-t-il gain ou perte?
    L’incertitude n’est pas le risque qui est calculable par la statistique et qui peut être assuré. L’incertitude c’est l’inconnu, pour tout le monde.
    Le salarié souhaite une rémunération stable, garantie par contrat. Il ne souhaite pas attendre que les produits de son travail soient vendus pour percevoir sa rémunération.
    C’est pourquoi en Grande Bretagne au dix neuvième siècle les coopératives ouvrières qui avaient au départ une place importante ont presque toutes disparu.
    Le problème reste entier.
    L’avenir est incertain.

    « D’un peuple dont 70% des étudiants rêvent d’accéder à la fonction publique, ce serait vraiment étonnant »

    Comme tu dis h16.

    1. laurent

      Dans son livre « Libéralisme » Pascal Salin explique très bien pourquoi la société capitalistique fonctionne idéalement en répartissant les rôles entre salarié, investisseurs et entrepreneur.

  13. infraniouzes

    Benoît nous a fait un SCOOP ce qui est indispensable si on veut exister sur la scène politique. Mais la SCOP n’avait rien à faire dans sa déclaration. C’était du… remplissage.

  14. Baichette

    Le but ultime de nos chers dirigeants visionnaires est certainement d’embaucher tout ou partie des 150 000 emplois d’avenir dans des scop. Ainsi ils auront une première expérience qui validera leur inscription à Pôle Emploi. Facile non?

    1. Pascale

      Oui, mais ces SCOP devraient avoir une activité commerciale qui dégage des profits pour être rentables, comme toute activité commerciale devrait l’être. Cela signifierait donc que l’État créerait, comme ça, parce qu’il décide de placer ses emplois d’avenir, des sociétés rentables, c’est à dire qu’il créerait ex-nihilo un marché ?

  15. Pascale

    Les SCOP ont une fiscalité privilégiée par rapport aux autres sociétés commerciales. Elles seraient déjà favorisées au niveau des impôts sur les bénéfices.

  16. John Bigballs

    Financer les SCOPkhozes, ça va leur faire gagner beaucoup d’amis « entrepreneurs ».
    Avec ce mouvement, les socialistes pourront se permettre :

    1/ d’être présentés comme des amis des « entrepreneurs », d’asperger la population de ce message.
    2/ de créer 2 catégories d’entrepreneurs, les bons et les mauvais.
    3/ de contraindre, taxer d’avantage les « mauvais », dans l’indifférence de la population qui après une bonne propagande du gouvernement « ami des entrepreneurs » les considérera comme des râleurs et des profiteurs.

    on pourra encore leur opposer l’augmentation du déficit, mais ce sera de toute façons présenté comme étant de la faute de la « finance mondiale » et des profiteurs. Profiteurs qu’il conviendra bien sûr de taxer et réglementer d’avantage.

  17. Pascale

    Lentement mais sûrement la France sombre dans la soviétisation collectiviste.
    Le problème, ce sont les frontières. À moins de les fermer, comme en URSS, le système va se trouver (et se trouve déjà) confronté au système capitaliste en vigueur à l’extérieur. Et comme le marché a toujours raison …

  18. raimverd

    « la SCOP est une version à la française du kolkhoze ou du kibboutz »

    Quelqu’un a dit (Robert Nozick?) que l’on pouvait juger de l’attractivité du « vrai socialisme » (pas le socialisme de redistribution qui est très attractif), en regardant la proportion de kibboutzim en Israel, une option volontaire.
    « Today some 270 kibbutzim, varying in size from 80 to over 2,000 people, are scattered throughout Israel. With a total populace of around 120,000 they represent about 2.8 percent of Israel’s population. » http://www.kibbutzprogramcenter.org/about-kibbutz/

    Normal 1er a donné un os à ronger aux différentes sensibilités de son parti pour qu’elles se tiennent tranquilles. L’ennuyeux est que ce sont nos os.

  19. gem

    Hamon n’aime pas les SCOP, les vraies. Il aime une certaine idée de la SCOP.
    J’ai croisé une SCOP qui marchait parfaitement (à l’époque ; j’ignore ce qu’elle est devenue). Elle contrôlait une SARL, composée des mêmes individus mais fonctionnant sur un mode capitaliste standard. La SCOP apportait le travail, en échange d’une rémunération normale pour le secteur, sans plus ; la SARL portait le capital, le matériel, etc. ; elle était le front-office à l’égard des autres fournisseurs et des clients, elle supportaient les éventuelles pertes et engrangeait les gains. A noter qu’il y avait aussi des employés de la SARL, de seconde zone, donc. Être admis dans la SCOP supposait d’une part l’agrément des membres, d’autre part de mettre un minimum de billes au capital de la SARL. L’ensemble était sous le contrôle d’une bande 5 potes, loyaux mais pas tendres, qui tenaient les postes clefs (finances, ventes, gestion du personnel, …), et tout le monde filait droit.
    Voilà. C’est ça une vraie SCOP. Et ça ressemble assez à la silhouette que dessine la CG-SCOP elle-même (
    http://www.les-scop.coop/sites/fr/les-chiffres-cles/ : « 42 200 salariés (46 500 avec les filiales) et sont possédées par près de 38 000 associés, dont plus de 22 000 sont des salariés-associés » ).
    Rien à voir avec le monde des bisounours de Hamon.

    1. Tea Party

      ‘’ Hamon n’aime pas les SCOP, les vraies. Il aime une certaine idée de la SCOP’’.

      Bien entendu, vous avez raison : aucun socialiste et encore moins leur aile gauche, n’a la moindre idée réelle de l’économie, la finance, le fonctionnement des sociétés privées, te tant d’autres choses, d’ailleurs, ils ont tous prospérés dans le cocon douillet du fonctionnariat.

      Ils raisonnent, agissent, parlent en fonction de leur dogme, avec un cerveau coincé sur ‘’ Germinal ’’, la lutte des classes rien d’autre.

      Le monde a évolué, par eux, nous en avons des preuves chaque jour.

  20. joletaxi

    bonjour

    dans le nombre de scop inventoriées, comment peut-on savoir celles qui sont nées sur les ruines d’une société existante, celles qui sont la fait de cadres d’une société existante et qui se sont lancés dans la même activité, et celles qui sont réellement des initiatives?

  21. Sébastien R.

    Comme d’hab’ rien à voir, mais le syndrome du micro mou a encore frappé, à moins que ce ne soit con-génital :
    http://www.lefigaro.fr/politique/2012/11/21/01002-20121121ARTFIG00472-mariage-gay-hollande-provoque-un-tolle-a-gauche.php
    => « liberté de conscience pour les maires » énorme, la loi à gémoétrie variable

    et sinon, Hollande a aussi reculé sur la semaine scolaire de 4,5 j pour l’étaler dans le temps et créer un « bidule » à 500 kE l’an, je crois.

    Tout va bien.

    Entre Flamby et les guignols de l’UMP, CPEF

    1. Flo

      On progresse.
      Avant avec les socialistes de l’autre bord au gouvernail, les contradictions apparaissaient assez rapidement.
      Maintenant avec les socialistes AOC aux pédales, on les voit tout de suite et ils ne se donnent même pas la peine d’essayer de les dissimuler. C’est bien la preuve qu’elles sont inhérentes au socialisme lui-même.

    2. Sansintérêt

      Étrangement, les socialauds s’étaient bien moins plaint quand Mamère mariait illégalement deux hommes. Ou comment s’indigner de ses propres agissements.

  22. La Coupe Est Pleine

    ça n’a rien à voir avec le sujet de cet excellent billet. Je voulais juste vous informer d’un évènement intéressant lui aussi, qui aura lui au tribunal de Tours ce vendredi 26/11/12.

    http://marre-des-faucheurs.fr/wp-content/uploads/2012/11/mobilisation4.pps

    http://marre-des-faucheurs.fr/?p=798

    Un procès de « délinquants volontaires », le premier sous le règne d’un gouvernement de Verts/Socialistes, après les courageux non-lieux prononcés pour des faits similaires sous la gouvernance des socialistes de Droite. Quel sera le verdict ?

    1. Sébastien R.

      relaxe à tout les coups

      cf le procès en appel des CGT à Lyon : condamnés en 1ère instance, puis verdict cassé en appel.

      (il y avait 150 CGT devant le TGI de Lyon 5è qui battait le pavé)

      justice? Égalité?

    2. douar

      Ce sont les mêmes que nous avons vu à la manif contre l’aéroport de ND des Landes. (avec Eva qui contestait une décision de justice par rapport aux squatteurs: pour une ancienne juge intègre, faut le faire)
      Je parierai plutôt une condamnation symbolique, genre un mois avec sursis, juste pour rire et permettre de recommencer.

  23. Régisseur

    H16,

    Hamon fait décidément un excellent client.

    Si vous vous ennuyez, vous ne voulez pas faire un petit article là dessus?
    http://nkm-blog.org/osons-la-renationalisation-de-la-dette/

    La Morizet utilise la division de la droite pour blogguer des non-sens économiques. Il serait dommage que ce genre d’initiatives malheureuses passent inaperçues au milieu du brouhaha actuel.

    Surtout que ce genre de formule magique va plaire autant à la droite socialiste qu’à la gauche internationaliste. Je crains une unanimité préoccupante sur la question dès que cette idée aura fait son chemin.

    Il est temps que vous remettiez les idées en place de la greluche.

    1. Ach mein Gott. By Jove. Lollypops et fourchettes en plastique.
      Oui, effectivement, il faudrait une réponse. Si j’ai le temps, je m’y attache.

      1. Aristarque

        Ben voyons, il est trop gnon!
        Scénario de politique fiction totalement délirant comme de bien entendu:
        Françaises, Français prêtez vous à vous-mêmes!
        Et nos braves moutons de souscrire -volontairement et sciemment- aux obligations et autres billets d’emprunt de notre bonne République.
        Après quelques années de ce régime, nous aurons donc une classe de rentiers qui obligera les autres Français à trimer encore un peu plus pour payer les intérêts de la dette, voire (pourquoi pas, soyons fou) commencer à (devoir) rembourser les titres à échéance…
        Pensez-vous qu’il ne se trouvera pas, à ce moment là, un tribun inspiré façon Hamon ou Mélanchon, pour nous déclamer contre le scandale que des classes laborieuses doivent trimer, se saigner aux quatre veines, souffrir, en un mot dépérir pour le bonheur et le confort de ploutocrates rentiers avides du sang et de la sueur des prolétaires…
        On ne manquera pas de sortir à ce moment là et illico presto un arsenal fiscal confiscatoire pour éviter de devoir rembourser et soyez assurés qu’il ne manquera pas de spectateurs applaudissant cette exaction.
        Réellement inimaginable ???

        Nous apprenons ce jour qu’un guignol de député veut taxer les gains du Loto et autres au dessus de 30.000€, sûrement pour de très nobles motifs comme il se doit…
        N’est ce pas l’Etat qui est le grand gagnant à chaque tirage en empochant directement le tiers de mises, quoi qu’il arrive?…

        1. dede

          Ce qui est beau, c’est que sur son blog, ceux qui commentent sont tous d’accord!

          Pour la taxation des gains du loto, c’est quand meme extraordinaire! Effectivement, ils prennent deja un tiers, puis la TVA quand l’heureux gagnant depense les deux tiers restant (on arrive donc pas loin des 50%) ou les revenus des annees suivantes si le gain est si considerable qu’il a fait l’objet d’un placement…

          On va finir par voir la reouverture de salles de jeux clandestines!

    2. Aristarque

      Quid de son remboursement (de la dette, of course)?

      Toujours le concours entre le socialisme de droite et le socialisme AOC!

  24. NOURATIN

    Bravo, superbe article et l’iceberg génial, on devrait le diffuser dans le écoles, c’est didactique comme pas possible.
    Bon, je sais, ils ne voudront jamais…
    En tout cas, l’Economie Sociale et Solidaire c’est comme Hamon, une grosse imposture!

  25. Calvin

    Un bon billet, aujourd’hui… comme chaque fois !!
    J’abonde sur les gesticulations du minustre, le fait que les SCOP ont besoin d’une publicité et non de plus de moyens ou d’une loi cadre.

    Par contre, je suis dubitatif sur le message sous-jacent sur ce statut, surtout parmi certains commentaires.
    En effet, je suis associé à la SCOP de ma compagne (mais non salarié), et de tous les avantages de ce genre de structure, le plus important est que la gérante est avant tout considérée comme une salariée et non comme une dirigeante. Dans son cas familial particulier, c’est un ballon d’oxygène.
    Alors oui, sa SCOP est une sorte de commerce, n’est pas bio, pas développement durable, etc…
    Elle n’a reçu aucune aide, et elle est gérée comme une SARL classique.
    La SCOP permet de créer une entreprise lorsque ce n’est pas une start-up, qu’il n’y a pas d’investisseur, et peu de moyens.
    Ce que je dois dire, c’est que la gérante est avant tout une créatrice.
    En revanche, le passage en SCOP pour « sauver » une entreprise est, à mon avis une mauvaise idée. Car sauver une entreprise demande, non pas de la go-gestion, non pas de la démocratie citoyenne, non pas des bisous, mais une remise à plat du modèle, des structures, et surtout des réductions de coûts, de personnel superflus, etc.
    C’est pourquoi : SCOP ou pas, les gérants doivent avoir l’âme d’entrepreneurs.
    La faiblesse des SCOP est à l’image de la création d’entreprise en France, avec un déficit de connaissance du statut en plus.
    A mon sens, et en revanche, la pérennité et/ou l’essor de certains auto-entrepreneurs passeront peut-être par des « fusions » en SCOP.

  26. Mominette

    Première remarque de petite nouvelle : j’adore le style de H16 !
    Pour les scop (coop en Belgique), les réussites sont rarissimes, simplement parce qu’être patron, cela ne s’improvise pas.
    Les encourager est profondément malhonnête :
    – cela évite des frais d’une cellule de reconversion ;
    – cela arrange les statistiques du chômage ;
    – mais surtout, dans la plupart des cas, cela détourne les primes de licenciements, que les naufragés de l’économie investissent dans ces projets fumeux.
    Et là, Ponce Pilate s’en lave vigoureusement les mains.

    Comme Conseiller d’Entreprises, j’en ai sauvé une ou deux mais à quel prix ! Intervenant après 6 mois de déglingue, j’ai dû leur trouver un « patron mercenaire » à la fois bon gestionnaire et excellent commercial, qui n’a pu s’acquérir qu’en limitant les salaires des coopérateurs à 1.000 euros/mois, pendant près de deux ans, le temps que la situation s’améliore. Avec les tensions psychologiques paroxystiques que l’on imagine, chaque coopérateur estimant que son voisin ne foutait rien …
    Dire que ce système est l »avenir, c’st du foutage de g….

    Par contre, si les scops bénéficient de régimes particuliers favorables, rien n’empêchera deux ou trois associés d’en créer une (bien capitalistique comme il sied) et d’engager du personnel :-)

    La France est vraiment gouvernée par des scouts arriérés !

  27. Ganate

    Bonjour à toutes et à tous,

    Je me permets d’intervenir un peu en retard, parce que je suis surpris de ce que j’ai pu lire tant dans le billet que dans les commentaires.
    Avant toute chose, je tiens à préciser que j’ai créé une entreprise en Scop (après avoir pas mal hésité sur le statut avec une SAS). Il est important de savoir ce qu’est une Scop pour pouvoir la juger.
    Avant tout une Scop est une SARL (ou une SA) comme toutes les autres. La différence vient du fait que le capital est détenu majoritairement par les salariés de l’entreprise.
    Pour le reste, aucune différence : il y a une assemblée générale par an durant laquelle le gérant présente le bilan de son action, son projet pour l’année à venir…. Les associés délibèrent…. Et le reste de l’année, le gérant dirige, les commerciaux vendent, etc. On est très loin de l’entreprise auto-gérée.
    Ce statut, bien entendu, ne correspond pas à tous les projets (notamment ceux qui demandent beaucoup d’investissements et font appel à des capital-risqueurs), ni à tous les profils de créateurs. Mais critiquer la Scop par rapport à l’auto-entreprise, ça revient à critiquer la SA qui serait meilleure que la SARL (parce que munie d’un Conseil d’Administration par exemple).
    Je suis hébergé dans une pépinière d’entreprise avec d’autres créateurs d’entreprise de moins de 4 ans, et nous rencontrons tous les mêmes joies et les mêmes difficultés (développer notre clientèle, satisfaire nos clients, payer nos charges et rembourser le banquier…).
    Enfin, toujours sur les Scop et pour sortir de l’image de la Scop qui ne sert qu’à faire survivre une entreprise qui de toute façon va couler, je vous invite à chercher des infos sur le Groupe Chèques Déjeuners, Acome (1300 salariés, présent sur plusieurs continents), UTB (entreprise de bâtiment, 800 salariés)… Certaines coulent, comme toutes les boites, d’autres font de très beaux résultats, comme toutes les boites.

    Concernant la BPI, elle sera abondée de 42 milliards d’euros pour servir de garantie aux prêts bancaires, de prêts directs aux PME ou pour aider les entreprises dans leurs investissements. Je suis surpris que les aides apportées aux entreprises ne choquent personne, sauf les 500 millions fléchés (peut-être) vers l’ESS.

    Enfin, et je termine sur ce sujet, tous les ans des entreprises viables et en bonne santé (mais pas suffisamment pour attirer des fonds d’investissement conséquents) ferment faute de repreneurs, les chiffres parlent de 50 000 à 200 000 emplois détruits chaque année (la fourchette est large et je suis navré de ne pouvoir être plus factuel). Un droit d’information des salariés sur ce statut peut au moins aider certaines entreprises à se maintenir. Bien sûr pas toutes, tous les salariés n’ayant pas l’âme d’un dirigeant, mais ça reste un outil, sans plus.

    1. « Concernant la BPI, elle sera abondée de 42 milliards d’euros pour servir de garantie aux prêts bancaires, de prêts directs aux PME ou pour aider les entreprises dans leurs investissements. Je suis surpris que les aides apportées aux entreprises ne choquent personne, sauf les 500 millions fléchés (peut-être) vers l’ESS. »

      Ah mais pardon : ce blog dénonce régulièrement *toutes* les avalanches d’aides, subventions et autres déversées en pures pertes dans les entreprises.

  28. gameover

    La SCOP Lejaby c’est fini, pauv’ BM

    « Malgré le soutien de la Région et du ministère du Redressement productif…. »

    A force de raconter des conneries certains finissent par croire qu’on peut relancer une activité et créer une SCOP avec 50KE récoltés sur Facebook.

    Mais on retiendra que célafotobank, aux péi-a-bacou, aux grankapital…

    http://www.lefigaro.fr/societes/2014/03/04/20005-20140304ARTFIG00059-lingerie-les-ex-lejaby-des-atelieres-jettent-l-eponge.php

    BENOIT ?

    1. Black Mamba

      Je ne connaissais même pas cette marque, c’est bien fait … encore une entreprise qui comptait dur l’Etat maman …

        1. gameover

          Disons que Lejaby c’est très coloré (mouais ça fait parfois un peu rideaux… des jolis rideaux hein… mais aussi très corseté donc pas pour les jeunes filles comme toi style 85B…

          Leur com’ par contre était un peu nulle, pas comme Aubade qui a su bien jouer avec le coté séduction : les calendriers avec les leçons j’en ai dans ma chambre c’est très décoratif !

  29. Isidore66

    Votre billet prête un peu au sourire quand on connait un peu le milieu des SCOPs…
    On a l’impression que vous ne connaissez pas grand chose à leur réalité et que vous vous focalisez sur l’image qu’en dépeignent les médias. Les SCOPs on en parle que pour des entreprises en grandes difficultés ou pour les magasins bio et commerce équitables etc… Mais ces deux cas de figures sont une infime minorité: il y en a dans tous les secteurs.

    La réalité c’est que le taux de survie d’une entrrpise à 3 ans est deux fois élevés pour une SCOP qu’une entreprise classique, donc dire que ça ne marche pas ce n ‘est pas vrai.

    Une SCOP ce n’est pas non plus un Kolkhoze… Non mais aux secours ! Retirer les moufles idéologiques deux secondes ! Tout dépend comment on présente les choses… Un cabinet d’avocats dont tout le personnel est associé et rémunéré en partie en stock-option, c’est quoi sinon la logique d’une SCOP ? Evidemment ça choque un peu moins l’esprit libéral…

    J’ai monté une SCOP dans le conseil il y a plusieurs années et ce mode de fonctionnement nous va très bien. Nous avons un vrai organigramme avec un gérant qui a des attributions claires de façon à ce qu’il soit vraiment responsable de ses décisions. Chez nous seules les décisions vraiment structurantes sont soumises au vote, car tout le monde n’est pas compétent sur tous les sujets. Le pire danger du coté coopératif c’est la dilution des responsabilités. Par ailleurs on a des salaires correspondant au rôle de chacun (consultants, secrétariat, gérant, commerciaux…) Et aussi, SCOP oblige, une participation aux bénéfices proportionnelles à ces salaires touchés dans l’année. Et je peux vous assurer que c’est pas la foire ! Au quotidien ça fonctionne comme uen boite normale. Les salariés sont juste beaucoup plus motivés.
    Dans nos statuts les associés doivent mettre un minimum d’argent (relativement important) dans la société pour le devenir. Ainsi chacun est lié par cet investissement. Si la boite coule, tout le monde a à y perdre. Ca a pour effet que lorsque le mandat de gérant est terminé et qu’on vote pour un nouveau, les gens ont tendances à faire attention pour qui ils votent. Ils élisent celui qui leur semble plus compétent, pas celui qui leur promet la lune ou un avantage personnel. Ca responsabilise tout le monde sur les décisions collectives.

    Ce qui m’intrigue le plus c’est que vous autres, en refusant de vous intéresser sérieusement à ces outils (et là je ne vois que des raisons idéologiques), vous passez à coté de formidables opportunités. Et là je parle d’opportunités personnelles… Non seulement les SCOPs sont un moyen impressionant de motivation des salariés, mais en plus c’est un véhicule fiscal exceptionnel… Lorsque l’on a un projet industriel (au sens large), c’est un formidable outil pour l’entrepreneur. Et il y (aussi) moyen de se faire beaucoup d’argent.

    Il faut faire un effort de recul pour comprendre que la logique est un peu différente d’une SCOP…
    Le « business model » de l’entrepreneur de SA classique est d’assurer sa pluvalue (ou sa retraite) lors de la revente de la société qu’il a montée. En SCOP évidemment une revente n’est pas possible… Les revenus et la « récompense » de l’entrepreneur peuvent intervenir autrement…
    La logique n’est pas de construire quelque chose à revendre, mais de construire un instrument de revenus pérennes. Et pour peu que vous ayez un commissaire aux comptes inventifs ça peut s’avérer particulièrement rentable. Il y a un nombre incroyables de dispositifs et d’effets de levier qui assurent une rentabilité du CA phénoménale.
    Si vous regardez bien, ce que la structure en SCOP vous oblige à « redistribuer », ça correspond bien souvent grosso-modo aux avantages fiscaux, voire moins… Pour en avoir discuté avec de nombreux autres collègues entrepreneurs, du point de vue strictement financier (et il y a de nombreux autres avantages) c’est un modèle intéressant.

    Un exemple que je cite souvent c’est qu’entre un salarié à 60% de motivation et un autre 120%, il y a un rapport de productivité de 1 à 2, en revanche ils vous coutent le même salaire…
    Alors on peut évidemment questionner la légitimité des allègements fiscaux consentie par l’Etat pour les SCOPs… C’est affaire de point de vue. L’Etat y gagne des entreprises non delocalisables et « socialement responsable » (même si je n’aime pas le terme bien trop galvaudé), c’est à dire redistribuant une partie des bénéfices.
    Et puis les plus grosses entreprises de notre pays, qui ont les moyens de financer des armées d’avocats fiscalistes pour faire de l’optimisation fiscale, ne payent pas beaucoup d’impôts non plus… Mais pour une PME, imposée normalment à 33%, qui n’a pas la même force de frappe en veille fisclae, je ne connait pas de meilleur moyen.

    Je sais que je ne vous ai probablement pas convaincu de monter votre SCOP demain, mais au moins j’espère que vous comprenez que ce n’est pas forcément une bande de gauchistes guévaristes motivés par la glande. Parfois il est nécessaire de dépolitiser le débat. Personnellement je n’ai déaileurs pas voté pour le gouvernement actuel (même si je suis bien content de la loi ESS de Hamon).

    1. Blablabla. La réalité, c’est que le nombre de SCOP créé en France et dans le monde est extrêmement faible, que le nombre d’entre elles qui perdure après 3 années d’exercice l’est encore plus. Si c’est si bien pour vous, tant mieux, mais pour le reste du monde, très clairement, ça ne le fait pas, et dans une proportion qui prête autant à sourire que votre commentaire..

    2. gameover

      « La réalité c’est que le taux de survie d’une entrrpise à 3 ans est deux fois élevés pour une SCOP qu’une entreprise classique, donc dire que ça ne marche pas ce n ‘est pas vrai. »

      J’espère que vous n’oeuvrez pas dans la comptabilité ou les statistiques car une simple recherche sur google votre ami donne comme taus de survie 82% pour les Scop et 66% pour les autres, dixit Patricia Lexcellent (ça s’invente pas), Déléguée générale de la Confédération générale des Scop depuis octobre 2012… 3 fois vous y allez un peu fort !

      Intelligement, pour manipuler un peu vous pourriez dire que le taux de décés à 3 ans est près de 2 fois moins élevé parmi les scop : 100-82=18% de décés parmi les scop et 100-66=34% parmi les autres.

      Voilà, je me tiens à votre disposition pour faire votre com’.

      Ce qui serait honnête dans cette statistique c’est de se comparer avec des entreprises de taille équivalente et non avec des entreprises n’ayant pas de salariés.

      1. Isidore66

        Effectivement la statistique est un peu erronée. Je citais de mémoire. C’est la contraposée qui est vraie (il y a deux fois moins d’échec après 3 ans).

        En cherchant on trouve aussi ça:
        http://www.les-scop.coop/sites/fr/les-scop/idees-recues.html
        « En 10 ans, 1 750 Scop et près de 12 000 nouveaux emplois ont été créés par création ou reprise et 9 200 emplois par le développement de Scop existantes. Depuis 2007, 200 nouvelles Scop naissent chaque année, par création, reprise ou transmission d’entreprise. Ces créations et reprises génèrent 1 100 emplois par an en moyenne depuis 2007. Le taux de survie à 3 ans des entreprises créées en Scop s’élève à 82 % au dessus de la moyenne nationale (66 % source Insee) ; à 5 ans, le taux de survie est de 65 % contre 50 % pour l’ensemble des entreprises françaises. »

        Alors on peut toujours ergoter et faire des batailles de stats (à qui l’on peut faire dire un peu ce que l’on veut selon d’où ils viennent et de quand ils datent), mais là où je voulais en venir c’est que dire que « les SCOP ça ne marche pas » c’est techniquement hautement contestable.

        C’est comme de dire que ce sont des entreprises sans salariés… ou que chez les entreprises de moins de 3 ans les SCOP auraient moins de salariés (et que donc la stat ci-dessus serait invalide)… Je pense même que c’est l’exact contraire… Pour créer une SCOP il y a un minimum de deux personnes requis, alors que de nombreuses entreprises « classiques » sont unipersonnelles à leur création.
        Et c’est peut-être même ça qui est à l’origine d’un meilleur taux de survie à 3 ans… Car les projets SCOP sont un peu plus mûrs et mieux accompagnés. Pour avoir vécu les deux, l’accompagnement de l’URSCOP à la création est mille fois plus pertinent que celui de la chambre de commerce (comptabilité, juridique, économie, business plan etc…).

        Vous voyez je ne suis pas dans l’idéologie. Je ne tiens pas absolument à dire que le « modèle » SCOP est mieux (je vous trouve même des contrarguments), je dis juste que les résultats sont là, à leur échelle, et qu’ils sont probablement dû à un faisceaux de raisons.
        Mais je réitère ma remarque de mon premier commentaire: il me semble qu’un entrepreneur avisé devrait retirer les peaux de sauc’ idéologiques qu’il a devant les yeux et étudier le modèle SCOP (comme les autres) avant de se lancer dans la création de son entreprise. Il y a des opportunités formidables avec ce modèle là si on a un bon comptable. En SCOP on peut obtenir une rentabilité du CA impossible avec aucune autre structure de cette taille.

        1. « les SCOP ça ne marche pas » c’est techniquement hautement contestable. »
          Ben non.
          Si ça marche si bien, pourquoi y en-t-il si peu ?
          Pourquoi si peu en France, pourquoi si peu dans le monde ? Les gens sont cons ?

          Je ne tiens pas absolument à dire que le « modèle » SCOP est mieux
          Mais vous le dites tout de même 😆

          1. Isidore66

            Déjà le fait qu’il y en ait si peu ne dit pas que ça ne marche pas. Il peut y en avoir peu pour tout un tas d’autres raisons.

            Si peu dans le monde ?
            Les formats avec des associés qui travaillent dans leur compagnie dans laquelle ils ont des parts ne sont quand même pas rares. Il y a de nombreux modèles qui, s’ils n’en portent pas le nom,
            utilisent des ressorts communs aux SCOP. (EX: la logique de « cabinet » chez les anglo-saxons)
            Pour les coopératives strictes c’est claire que c’est plus un modèle latin, pas de soucis avec ça (en Italie des SCOPs a plus de 20 000 salariés)

            Les gens sont cons ?
            Franchement des fois je me demande… je pense surtout que c’est dû à un apriori idéologique.
            Parce qu’en appliquant objectivement des critères capitalistiques (typiquement rentabilité du capital investi et rentabilité du CA généré) il y a, je le répète, beaucoup d’argent à se faire avec une SCOP. Évidement ça dépend du contexte, de son métier de ses associés etc… Et ce n’est un modèle intéressant que si l’on travaille dans la société à créer, bien sûr.
            Mais je ne vois pas de raison d’écarter a priori le modèle SCOP à la création d’une entreprise. Sinon la connerie (le pmot est de vous)
            Je recommande juste à tout entrepreneur d’étudier la possibilité de ce format juridique (au même titre que les autres) pour la société à créer. A lui de choisir ensuite

            Après j’imagine que ce genre de post n’aide pas non plus à faire de la publicité. Personne n’aurait envie de travailler dans un « kolkhoze »… Et c’est d’ailleurs ce qui m’a poussé aux commentaires.

            1. « Franchement des fois je me demande… »
              Et si, en fait, ils avaient bien compris que les SCOP, c’est pas pour eux ? Ah mais non, c’est pas possible : ils sont tous idéologisés à mort, c’est sûr et vous avez raison, c’est sûr aussi.

              1. Isidore66

                C’est effectivement mon avis.
                Et avouez que votre post qui parle de Kibboutz et de Kolkhoze n’a pas beaucoup aidé pour me convaincre du contraire :-)

                Je pense qu’en faisant un peu l’effort de s’y intéresser pour de vrais, les gens pourraient être surpris. Même les plus farouches anti-communistes et les tenants de la réussite individuelle…

                Après, libre à vous de penser exactement le contraire…

                1. Justement. Je ne pense rien, je constate : si c’est si bien, pourquoi si peu d’application ? Croire, naïvement, que c’est parce que les gens ne sont pas informés, ou idéologisés, ou que sais-je, c’est justement faire preuve d’idéologie. Les entrepreneurs sont assez pragmatiques et ce qui compte, c’est le pognon ou la réussite de leur projet. S’ils n’utilisent pas cette formule, c’est précisément parce que ça ne répond pas à leur problématique, en grande majorité. Maintenant, vous pouvez penser le contraire de toutes vos forces, le marché vous donne tort.

                  Le marché, c’est plus fort que toi.

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