Comme pour la presse, la subvention a massacré le cinéma français

Catastrophe dans le milieu très feutré du cinéma : un producteur, Vincent Maraval, a vendu la mèche ! Il a dit tout haut ce que le public français se dit tout bas depuis un moment : le cinéma français produit une quantité invraisemblable de merdes soporifiques et distribue pourtant des cachets stratosphériques à des acteurs en récompense d’une prestation rarement à la hauteur. Et en plus, ce Vincent a trouvé le moyen de l’écrire dans Le Monde, l’inconscient !

C’est un article d’une telle lucidité, d’une si simple franchise, qu’il ne pouvait que déclencher une furieuse polémique dans un milieu où l’hypocrisie et les coups en douce sont plutôt la règle que l’exception. En substance, Maraval nous y explique que les budgets des productions françaises sont sans équivalent dans le monde, puisque, par exemple, un film comme Astérix, à 60 millions d’euros, a le même budget qu’un film de Tim Burton … et cible pourtant un public bien plus restreint. D’un autre côté, il remarque que ces cachets, dont la source est largement issue de la poche du contribuable, sont d’autant plus hauts que ceux qui les reçoivent sont à même de faire de l’audience en télévision, elle même abreuvée de subventions :

Non, le seul scandale, le voilà : les acteurs français sont riches de l’argent public et du système qui protège l’exception culturelle.

Argh, il l’a dit : le cinéma français est encore bien grassouillet des subventions directes (chaînes publiques, avances sur recettes, aides régionales) et des subventions indirectes (l’obligation d’investissement des chaînes privées), ce qui fausse complètement le marché, notamment celui des cachets, et par voie de conséquence, les budgets des productions françaises. Pire, l’obligation légale pour les chaînes de télé de passer des films français aboutit à gonfler artificiellement la valeur d’un acteur : sans cette obligation, les séries à bas coût et autres productions kilométriques consternantes auraient réduit à néant les cases « Cinéma » des chaînes de télévision.

Et après avoir lâché un tel loup, l’auteur continue l’impensable en proposant une solution opérationnelle (insuffisante mais c’est un début) pour revenir à un système selon lui plus viable et plus sain : limiter les cachets, et intéresser les acteurs au succès du film, choses qui semblent actuellement hors d’atteinte pour la plupart des professionnels du secteurs, si l’on lit leurs réactions ulcérées. Eh oui, l’écarquillement d’yeux des lecteurs du Monde, bousculés par le contraste de cet article avec le ronron lénifiant auquel ils sont habitués, a fait place à celui des principaux concernés : intermittents, acteurs et surtout producteurs.

Cinema - And now, young jedi, ...

Et comme on pouvait s’y attendre, ce sont les patrons des principaux distributeurs automatiques de bons points dans le milieu du cinéma français qui sont intervenus en premier. C’est ainsi le cas de Jérôme Clément, ancien président du CNC, le centre national de la cinématographie, et d’Arte. Arte, cette chaîne franco-germano-française, massivement subventionnée par l’état (et donc les sous du contribuable) et le CNC, cet établissement public à caractère administratif français, en prise directe avec le cathéter d’argent public qu’il tête goulûment depuis 1946. On comprendra avec un tel passif que le brave Jérôme a perdu toute prétention à la neutralité dans le débat, ce qui se vérifie assez bien dans son petit prout épistolaire dans lequel il tente de nous faire rire :

Est-ce de l’argent public ? Non. Est-ce rentable ? Oui : les multiples diffusions de ces mêmes films permettent aux régies publicitaires d’engranger de sérieuses rentrées financières.

Joli travestissement d’une réalité moins tranchée. Si, effectivement, une partie du financement des films français provient de chaînes de télévisions privées, une autre partie, absolument pas négligeable, provient elle des taxes sur les billets de cinéma, de la redevance, et de façon plus subtile, de l’obligation légale de diffuser sur les ondes de la bonne daube française coûte que coûte. Et si tout ceci était rentable, si cela entraînait des profits, personne n’y trouverait à redire, ce que la polémique enclenchée semble contredire avec pas mal de vigueur.

Du reste, on est ici dans le même cas que d’autres domaines perclus d’obligations, de distorsions de marché et d’effets pervers à foison (marché du travail, de l’immobilier, bancaire, etc…) et la comparaison avec les marchés étrangers n’est vraiment pas flatteuse pour la France. Comparaison que tente pourtant de renverser notre brave Jérôme, avec un magnifique salto arrière carpé et gamelle finale assez retentissante :

Non, on ne peut pas comparer la rémunération d’un acteur français et celle d’un acteur américain, (ce serait) aussi bizarre que de mettre en parallèle le salaire de deux chirurgiens, l’un français et l’autre chinois, sous prétexte que tous deux exercent le même métier.

Tu la vois, ma grosse comparaison foireuse pour faire passer mon discours ? Ou bien les Américains sont les Chinois du cinéma, ou bien ce sont les Français, ce qui est, dans un cas comme dans l’autre, particulièrement ridicule puisque dans le premier cas, les résultats des blockbusters américains montrent que leur méthode semble bien plus efficace que la nôtre. Et dans le second, cela tend à prouver que malgré des investissement plus importantes que les Américains, les Français ne parviennent à produire qu’un film valable sur 200 par an, ce qui est catastrophique…

La France, et c’est un atout majeur, reste une terre privilégiée pour les cinéastes français et étrangers.

Eh bien à vrai dire, avec les océans de pognon frais qu’on déverse tous les ans dans le système (celui de la production cinématographique, celui des intermittents du spectacle, des promotions culturelles à tire-larigot, etc…) ce serait un comble si en plus la France n’arrivait pas tout juste à produire une fois de temps en temps un acteur oscarisable. Notons du reste que c’est suffisamment rare pour que toute la presse s’empare du phénomène quand il advient : en gros, avec Cotillard et Dujardin, on a déjà balayé 50% des oscarisés français ! Pour le contribuable (parfois spectateur qui doit en plus payer sa place 10€ à chaque séance), cela fait cher la statuette dorée.

Bref, le gars Clément ne veut surtout pas entendre parler de la triste réalité : pour plus de 200 films produits par an en France, très peu sont rentables (3 seulement en 2010 par exemple), ils s’exportent très mal, les stars y sont trop payés et le système, s’il continue ainsi, court à sa perte : lorsqu’il faut 30 à 50% d’argent public pour faire un film, quand ce n’est pas plus, et que cet argent là disparaît, soit les prétentions sont fortement revues à la baisse, soit la production n’a tout simplement pas lieu.

Dans les autres réactions, on pourra noter celle de Serge Toubiana, le DG de la Cinémathèque française. Pour rappel, cette Cinémathèque française est un organisme privé français (association « loi 1901″) qui est — ô divine surprise — en grande partie financé par l’État. De l’argent public en somme. Vos sous, quoi. Pas ceux des spectateurs et des clients. Tout comme pour le brave Jérôme, je suis à nouveau tout surpris : un type qui dépend crucialement de l’argent des autres vient à la rescousse d’un système qui fait les fonds de poches du contribuable.

Et lorsqu’on lit son billet, on comprend qu’en réalité, bien avant de réfléchir sur la durabilité douteuse du système français, l’ami Serge veut surtout sauver ses miches :

« Comment, par exemple, faire enfin approuver par Bruxelles le fait de taxer les fournisseurs d’accès, dont la contribution au financement du cinéma est un élément stratégique aujourd’hui ? »

Lisez-vous la terreur à peine voilée qui se cache derrière ces mots écrits la sueur au front ? Si jamais (par le plus grand, le plus abominable des malheurs) la Commission venait à lire l’atroce article de Maraval, c’en serait fini de ses rêves humides d’aller choper les portefeuilles joufflus des internautes pour le moment presqu’inaccessibles ! Comprenez-vous que tous ces édifices publics (ministère de la Culture, CNC, Cinémathèque) ne se sont en réalité jamais confrontés aux vrais choix du public, ceux dans lesquels il est prêt à mettre son argent ? Voyez-vous qu’il est bien plus aisé d’aller téter de la subvention en léchant les bottes de quelques puissants peu nombreux mais bien placés plutôt que plaire à des millions ?

Lorsque la rédaction du Monde a repris ses esprits, plusieurs jours après la parution de l’article initial, le mal était fait et la polémique déjà virulente. Un petit article de leur cru permet de faire un rapide état des lieux.

On y découvre que les producteurs égratignés par Maraval n’ont pas franchement apprécié (non, sans blague ?), à l’instar de Manuel Munz, qui nous a infligé La Vérité si je mens 3. Mais bon, rassurez-vous, la petite mine froissée de Munz ne durera pas puisqu’il reconnaît que ses acteurs et lui-même n’ont jamais gagné autant d’argent qu’avec ce film alors même que, dixit le Monde, « ses résultats en salles ont déçu »… Si Maraval explique que ses résultats (financiers, donc) sont mauvais, cela donne une assez bonne idée de la gabegie qui a pu avoir lieu dans cette production qui aura attiré plus de 4.5 millions de spectateurs, nombre qui aurait assuré de juteux bénéfices à n’importe quelle production il y a quelques décennies.

Notons que d’autres réalisateurs, confrontés eux aussi aux mêmes réalités que Maraval, le rejoignent sans mal, comme Bertrand Bonello qui se demande ainsi :

« Vincent Maraval a raison de dire que le cinéma français est trop cher. Pourquoi les Américains font-ils des films de dingue à 2 millions d’euros, alors que nous, on fait l’équivalent pour 4 millions d’euros, et en plus ça ne se voit pas ? »

Eh oui, Bertrand, excellente question. Peut-être est-ce parce que, sur les 4 millions, une bonne partie a été récupérée sans efforts et sans risque sur le dos des contribuables et qu’elle peut donc être dépensée sans aucune difficulté en champagne et cachets surgonflés ? Et sans doute est-ce aussi parce que sur ces 4 millions, au moins deux seront repartis bien vite en taxes, cotisation et impôts qui, il faut bien le dire, impressionnent bien plus les ronds-de-cuir de Bercy que la pellicule photo : le fric largué au fisc ne transparaît jamais dans la qualité des décors, de la musique ou des effets spéciaux d’un film français.

L’aveuglante réalité qui ne plaît pas dans ce qu’a écrit Maraval, et qui n’est d’ailleurs pas mis en doute (ou contestée avec mollesse ou mauvaise foi), c’est que le cinéma français vit dans une parfaite bulle, détachée de la réalité. Cette bulle, affublée du nom d’« exception culturelle française », c’est justement qu’on arrive encore à produire 200 films de merde par an (pardon, 198) en pillant le contribuable, d’une façon ou d’une autre. Si ce dernier n’était pas mis lourdement à contribution, le nombre de film produits serait divisé par deux ou trois. Si le marché n’était pas ainsi déformé, nous reviendrions comme dans les années 1950 et 60, à cette époque où les productions françaises attiraient par leur qualité intrinsèque et qui font qu’on les regarde encore aujourd’hui avec plaisir. Les dernières productions franchouilles dont se gargarisent les petits thuriféraires de la subvention (Holy Motors, Après Mai, Camille redouble par exemple) et dont personne n’a entendu parler dès qu’on s’écarte un tout petit peu du milieu franco-français du cinéma, qui ne laisseront aucune trace dans la mémoire de personne, ces productions sont l’exemple type de cette « exception culturelle française » pourrie : on a soit des grosses productions consternantes de médiocrité (avec 1 ou 2 exceptions par an, ratio ridicule lié au hasard), soit des micro-productions chiantes comme la pluie à Dunkerque un mardi midi de février. Il n’y a plus rien au milieu.

La suite, pour ce milieu du cinéma français qui refuse de voir la réalité en face, est déjà en train de s’écrire. D’ailleurs, le sujet a été pris au bond par l’excuse fadasse qui sert de Ministre de la culture pour proposer une bonne correction fiscale dans la tête des acteurs. Voilà qui va les inciter encore plus à rester au pays ! Décidément, la stupidité des socialistes ne connaît aucune limite. Et le résultat sera facile à deviner puisqu’il suffit de suivre le chemin tracé par l’industrie musicale : replié sur lui-même, se battant pour un statut-quo poussiéreux, le cinéma français périclitera, définitivement mis à terre à coup de subventions et de fiscalité débridée, comme tant d’autres secteurs.

Cinéma : the end ?

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Commentaires94

  1. Le libéralisme pour les débutants

    Ce qui est impardonnable dans la médiocrité d’une partie des films français, c’est la nullité des scénarios. Des erreurs de débutants dans la structure de l’histoire ou des dialogues.

    Erreurs que même les nanards américains évitent (tout en restant des nanards).

    Puis par dessus le marché, le politiquement correct, provocation correcte qui ruisselle de la plus part des récits.

    1. prunelle

      bien vu. C’est pareil avec les livres.Pourquoi – moi qui adore lire – j’ai l’impression que les français ne savent pas raconter des histoires? Je crois que les anglo-saxons sont bien meilleurs que nous, ils savent encore nous faire rêver, ils savent oser. Moralité on ne trouve plus que des bouquins de b… intellectuelle ou des polards torturés « d’auteurs » qui ne savent que raconter des histoires de tueur en série (qui massacre et torture les femmes) ou bien de flic alcoolique dépressif. A mon avis il n’y a que les historiens qui tirent encore leur épingle du jeu, là ils savent faire. Regardez le succès des bouquins de JF PARROT et voyez-en l’adaptation débile et forcément chère qu’en a fait la télé avec la série calamiteuse des Nicolas le FLOCH.
      Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, au pays des nanars, on applaudit la télé réalité…

      1. francoise

        Aucune littérature française n’est lisible. C’est de la prose d’ordinateur ruisselante, débile, avec des scenarios à mourir de rire. La seule littérature française « lisible » – parfois – c’est la littérature polémique. La subvention tue tout !

      2. Higgins

        Effectivement, rien de mieux que Nicolas le Floch pour découvrir la réalité de l’Ancien Régime (collection 10/18). JF Parot a réussi là une œuvre magistrale. Je n’ai par contre jamais vu une seule adaptation TV. Peut être ai-je bien fait?
        On peut faire une comparaison identique avec « les Rois maudits ». Des deux adaptations faites pour la TV, une doit être oubliée rapidement. Devinez laquelle?

        1. Aristarque

          Fan de Parot et de son personnage de Nicolas Le Floch, je n’avais pas manqué les téléfilms éponymes au moment de leur diffusion. L’erreur fondamentale commise pour les quatre premiers épisodes a été de vouloir condenser les épisodes narrés en une durée de 48 mn alors que l’intrigue nécessitait plus de temps pour un développement compréhensible. Il en résultait une impression de cavalcade permanente et des sautes dans les actions rendant l’action incompréhensible même en connaissant le livre…
          En revanche, les deux derniers épisodes ont été réalisés avec un format plus long qui correspondait au besoin.
          J’ai personnellement trouvé que ces épisodes avaient tous été soignés en réalisation, décors, costumes, dialogues même s’il avait été oublié que les personnages du peuple ne s’ exprimaient sûrement pas avec un français châtié…

        2. Pod

          Les acteurs et politiques de standing semble actuellement à l’unisson : rares. Ceux en place à l’heure actuelle partagent le même atavisme : le pactole pour pas grand’chose.

  2. janus

    Tout est dit et nous sommes au fond du trou et ce n’est pas ce con de Coppe ou ce mollasson social démocrate de Fillon qui vont nous aider à revenir à une saine gestion des choses.
    CPECF !

    PS : ça fait 20 ans que je n’ai pas regardé un film français, sauf les films anciens : Pourquoi dois-je payer de mes deniers (impôts) les productions minables de kassowitz et tatou ?

  3. Nicolas Kokel

    La presse, le cinéma…et la musique :

    « A compter du 1er janvier 1996, au sein de leur temps d’antenne consacré à la musique de variétés, 40 % d’oeuvres musicales créées ou interprétées par des auteurs et artistes français ou francophones et, sur ce quota, 20 % de nouveaux talents ou de nouvelles productions. La loi précisait que ces oeuvres devaient être diffusées aux heures d’écoute significatives. »

    Remplacer « oeuvres musicales » par « musique », « auteurs et artistes français » par « français », et « nouveaux talents » par « n’importe qui », et vous comprenez pourquoi la musique française est devenue tellement médiocre et que je n’écoute plus jamais les radios françaises, ni les « artistes » français, tous aussi nuls les uns que les autres. Pas étonnant qu’à tout bout de champs les télés française font des émissions qui reprennent tous les anciens tubes, et qui dit anciens, dit généralement la musique des années 60, 70 et 80, c’est à dire avant cette loi débile de 1992, qui fait l’apologie de la médiocrité, comme toute loi qui impose des quotas.

    http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=681

    1. channy

      Perso j’avais hurlé contre cette loi, il faut dire que les animateurs radio criaient à la mort de leur profession »toutes les radios vont finir par se ressembler, car la production nationale sera trop limitée »
      Et puis bizarrement, la fin des années 90 a vu l’explosion de jeunes (et talentueux?) artistes dans des styles qui ne passaient jamais en radio:Rap(iam,113),RNB(alliance ethnik,def bond ,doc gyneco,matt etc),House,les ventes de disques ce sont envolés ,des groupes comme daft punk,Air(la french house) se sont taillé une superbe réputation partout dans le monde), Les artistes rap,rnb se sont très bien exporté en Europe au point que la production de rap musique était la deuxième au monde derrière celle des Usa.

      Hélas tout cela n’a duré que 5 ans tout au plus,depuis les productions françaises sont retournées à leur médiocrité.

      je me suis toujours demandé si cette loi sur les quotas de musique française n’avait pas donné la chance qu’ils attendaient à des artistes et des styles, interdits de radio, pour diverses raisons(Radio Montmartre et son fantasque directeur des programmes Pascal Sevran en sont le plus bel exemple, alors qu’ils se voulaient découvreur de talents)

      @ Nicolas Kokel
      Les années 90 ont aussi vu l’arrivée de pignoufs venant de l’agro-alimentaire,de la finance etc à la tête des maisons de disques, le but c’était de vendre du cd, pas de la musique ou des artistes
      Vous critiquez les années 90, mais sur les plus grosses ventes de cd single( en France) je parle depuis la création de ce format:
      9 sur 20 ont été faites dans les années 90-2000, comme quoi ces gens ont bien fait leur boulot commercialement…artistiquement? c’est quoi artistiquement pour ces gens là?
      Il est vrai que peu de grandes stars sont apparus ces 20 dernières années .
      Si peut être cette loi de 1992 a pu servir à son époque, elle n’est d’aucune utilité maintenant, les radios se sont adaptées à la nouvelle donne et si les français veulent de la bonne daube made in France, les radios en diffuseront.
      Pour votre info le Laos possède aussi se type de loi(mais eux doivent diffusé 50% de musique traditionnelle, loi valable même pour les discothèques, même si après minuit la loi s’endort )

  4. Pascale

    Il était bon le temps des Audiard, Melville, Granier Defferre, Tourneur, Resnay et je passe sur tous les réalisateurs de génie que la France a connu et qui nous ont donné des chef- d’ oeuvres .
    Nous avons sombre dans la médiocrité la plus crasse, pour ne pas dire nullité…

    1. Le temps de ces artistes, les subventions n’existaient pas ou si peu que c’en était risible.

      Ce qu’il y a d’étonnant, c’est que les socialistes n’arrêtent pas de dire que le fric pourrit tout, mais en distribuent tant et plus à qui le demande…

      1. René de Sévérac

        « le fric pourrit tout »
        Comment vous y allez; le fric versé aux autres pourrit tout oui, mais le fric versé aux amis, pas du tout !
        Regardez les oeuvres artistiques au coin des rues, l’art contemporain, le cinéma, … tout cela enrichit la vie (comme les CPF).
        Par ailleurs, donner de l’argent à peu (i.e. Depardieu) ça revient en partie à l’Etat (145 M€ pour Depardieu, quoiqu’il faudra trouver un autre exemple!).

    2. La Coupe Est Pleine

      « Nous avons sombre dans la médiocrité la plus crasse, pour ne pas dire nullité… »

      Faut pas être aussi pessimistes !

      « Jeux d’enfants » ça vous parle ?
      Les petits mouchoirs, western, les rivières pourpres, le 5° élément, ne le dis à personne, la haine, Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Léon, Intouchables, L’auberge Espagnole, La Cité des enfants perdus, Le goût des autres, Podium, Les Visiteurs …..

      Parfois nos joyeux drilles savent encore nous produire des perles rares ….

      Maintenant je vous l’accorde, filer 1M € par film à un type comme F. Ozon, ou Mocky … C’est un luxe qu’il faut être capable de se permettre … Mais comme je le lis souvent sur ce site : l’argent gratuit du CON-tribuable n’a pas de limite !

      1. vengeusemasquée

        Bof bof bof. Le film d’Ozon est le seul film français que je sois allée voir cette année et c’était très bien, vraiment.
        Les petits mouchoirs, il n’existe pas de mot suffisant pour dire à quel point même si on m’avait payée, je ne serais pas allée le voir.
        - Jeux d’enfants, ça ne m’intéressait pas,
        - Les rivières pourpres était consternant de nullité absolue,
        - le 5e élément est la plus parfaite illustration de la réalisation à la française : on essaye de piquer chez les ricains se qui fonctionne, y compris la quasi-totalité du scénario et des acteurs exceptionnels et on fait un truc ultra médiocre (même si c’est sans conteste le meilleur Besson),
        - Ne le dis à personne : sérieux ? Echec tant commercial qu’artistique.
        - La haine : bon ok
        - Amélie Poulain : avez-vous vu Chungking Express avec la belle et talentueuse Faye Wong ? Dommage que Wong Kar-Wai n’ait pas demandé ses droits d’auteurs parce qu’Amélie est un remake de ce film,
        - Léon : là franchement, les bras m’en tombent. Oldman toujours brillant, le reste à jeter sans hésiter,
        - L’Auberge Espagnole : j’ai toujours refusé de le voir et je pense que j’ai eu raison,
        - La cité des enfants perdus : ok,
        - Le goût des autres : ok
        - Podium : pas vu et aucune envie,
        - Les visiteurs : oui, re-oui et re-re-oui.

        Et tout cela est subventionné. Si ce n’était pas payé par ma poche, je ne verrais aucun inconvénient à ce que toutes ces merdes soient produites.
        Si quelqu’un sait y faire pour têter à l’argent gratuit de la poche des autres, c’est bien Besson. Parce que sa boîte de merde EuropaCorp et sa Cité du cinéma bidon sont le plus parfait exemple de tout ce qu’on dénonce en la matière. Quasiment aucun de ses films n’est visible. C’est soit mauvais soit très mauvais, ennuyeux, peu créatif et plagié. Le seul mérite que je lui reconnais est d’avoir produit le film de Gary Oldman.

        Honnêtement, le cinéma français n’est pas à défendre. Il faut tout jeter aux orties. Je ne le pleurerai pas, vraiment.

  5. Pascale

    Dans les 70 j’ allais au cinéma toutes les semaines et c’ était pour voir des films français. Aujourd’hui non seulement je ne regarde plus de film français, mais des que je vois la presse s’ esbaudir sur une des productions tricolores, je suis encore plus affligée de constater que la médiocrité encense la médiocrité.
    Pas compris comment «Intouchable» ou «les ch’ti» avaient cartonné à ce point : à deux minutes de visionnage j’ ai renoncé à aller plus loin pour chacun d’ entre eux.
    Soit la presse nous a menti, soit les Français sont tombés bien bas pour apprécier ces navets. Quoi qu » il en soit, CPEF

    1. Les Ch’tis, c’est de la petite comédie familiale sympa (mais dont on ne retient à peu près rien). Intouchables est un film qui roule sur une mécanique facile (l’humour de situation et de décalage) mais le sujet est correctement traité. En réalité, ce sont des films qui, il y 30 ans, auraient été classés comme des films corrects, mais sans plus. Dans l’océan de merdes actuelles, ils ressortent évidemment. En réalité, ce ne sont pas eux qui sont au firmament, ce sont les autres qui sont plus bas que terre.

      1. Ron Paul

        Intouchables est effectivement le reflet d’une comédie facile, car reflétant la réalité. Le ‘’ banlieusard ’’ parfaitement inculte, qui après sa sortie de prison, pour remercier son employeur de lui avoir trouvé un travail lui vole un œuf de Fabergé, roule sans permis, ce qui ne l’empêche pas de faire des ‘’ tirages’’ et leurre les flics quand il se fait prendre. Simple chronique actuelle.

    2. Pere Collateur

      Je me suis posé la même question pour les chtis à l’époque.
      Ça avait fait plus d’entrées que la 7 ième compagnie qui détenait le record absolu.
      Bon, les goûts, les couleurs, tout ça, c’est toujours subjectif, mais je me marre toujours lors d’une redif de la 7 ième compagnie. Par contre les chtis, c’est pas que ça soit mauvais, mais les gags ne sont pas du même niveau.

      D’ailleurs, en parlant de films marrant français, je me souviens bien de mes poilades en regardant Louis de Funes, Fernandel, Gabin, Bourvil dans leur différents films comiques (tontons flingueurs, petit baigneur, Don Camillo, les vieux de la vieille, Le corniaud et tant d’autres), par contre, je n’ai pas souvenir de m’être autant marré devant un film récent… Qu’il soit Français ou pas d’ailleurs…

      Quand à la musique Fr… Je dirais que quand ça passe à la radio, on sent bien que si il n’y avait pas un quota obligatoire de chanson Fr, même pas en rêve que ces chanteurs/chanteuses de douche aient la moindre chance d’avoir une audience au delà de leur salle de bain!

      1. channy

        Ça avait fait plus d’entrées que la 7 ième compagnie qui détenait le record absolu.
        (ce film est 3e au box-office français1 pour l’année 1973 avec 3 944 014 entrées.)
        -Vous voulez dire « la grande vadrouille? »
        (Recette totale : ~ 17 267 607 entrées en salle)

        Pierre mondy et jean Jean Lefèbvre meilleurs que Bourvil et De Funès ..oic

    3. bebert2

      Pascale,je partage vos interrogations sur les ch’tis,c’est un film totalement nul. Les nordistes s’enorgueillissent de ce film alors qu’ il les présente comme des abrutis finis.

      1. eheime

        Les ch’tis n’est pas « totalement nul ». Juste sans grand interet. Il faut temperer ses propos sinon quels qualificatifs restent-ils après pour des films comme « taxi 4″, « hitman » ou « lord of war » ? ;)

    4. Higgins

      « Bienvenu chez les Ch’tis » ou « Intouchables » sont deux sympathiques comédies mais ça ne va beaucoup plus loin. Le premier est une sorte de remake de « La cuisine au beurre » qui opposait Fernandel et Bourvil (http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cuisine_au_beurre), le second la nième resucée de la classique opposition entre le gros et le maigre, le gros dur et le gentil, le noir et le blanc. Ne boudons pas notre plaisir, ils permettent tous les deux de passer un agréable moment de détente mais, en dehors de leur score d’entrée, ils ne marqueront pas l’histoire du Cinéma. Le fait qu’ils rencontrent un tel succès, alors que ce ne sont que des films corrects, en dit long sur l’état de notre société.
      « The Artists » est une tentative beaucoup plus convaincante en matière cinématographique: scénario original, choix du noir et blanc, belle prestation d’acteur. L’oscar de Jean Dujardin est pleinement mérité et a beaucoup plus de valeur qu’un césar.

        1. Napoli

          heuuu, dire que l’Oscar de Dujardin est mérité est assez incongru, lorsqu’on connaît les rouages de la machine qui l’a propulsé au firmament (pas celui des entrées en tout cas).

          Les goûts et couleurs débordent largement le cadre d’une discussion, chacun sa vérité et perception en la matière.
          Personnellement « The Artists » est un film sans intérêt, lorsque je suis tenté par un film NB, j’ai des centaines d’autres références que ce film à l’image et surtout la photographie désastreuses.

          Dujardin jouant autre chose que la comédie, ça ne passe pas, un peu comme Clavier avec son napoléon, ils n’ont pas la tronche pour autre chose, désolé… le cinéma c’est l’imaginaire et non pas l’effort d’imagination.

          En terme de qualité d’image et éclairage, et au plus près de nous, « Million Dollar Baby » est un pur chef d’oeuvre qui relègue loin derrière le navet palot « The artiste ».
          Il me semble que l’éclairage (MDB) a été inspiré du film « Le Kid de Cincinnati » avec Steve McQueen, entre autre.

          Par ailleurs, la dénonciation de Maraval au sujet du cinéma Français fait sourire plus qu’elle n’interpelle.
          Les propositions de ce dernier dénoncent sa courte vue et surtout son amertume envers le cinéma Français.
          En effet, il propose de plafonner les cachets des « stars » Françaises à 400k€, le reste par intéressement, du pur jus collectiviste !

          La seule et réelle solution étant de couper court à toutes subventions d’état, et basta, mais ça il s’évite de le dire, dès fois que…

          L’essentiel du financement d’un film provient des producteurs, au sujet d’Asterix dans sa dernière version, il est curieux de comparer le coût de ce film Français avec celui d’un film Américain ? pourquoi un film qui ambitionne l’excellence (raté pour Asterix), ne serait-il pas au niveau de prix d’un film US ?
          Rien à voir dans le débat.

          Ce qui freine le cinéma Français et Européen en général ce sont les décors extérieurs, le seul qui ait comprit l’astuce c’est Olivier Marchal qui filme et réalise made in US.

          Un autre réalisateur de talent à l’oeuvre particulière est Guy Ritchie, son boulot sur les « Arsène Lupin » est remarquable, et pas d’Oscar ni César ?

          Concernant les acteurs Français, la consanguinité est grande, fils et filles de, Lou Doillon étant la chef de file de la production à deux balles, son dernier film ayant étant « l’oeuvre » de son père, sans cela elle ne tournerait pas.
          C’est ce qui me dérange le plus.

          A mon sens, les acteurs Anglais sont d’un tout autre niveau et terriblement moins consanguins.

          Bref, comme ils disent à Canal+, le cinéma Français c’est comme le Foot (et hélas pas que ça), nullissime la plupart du temps et profitant de l’argent du contribuable.

          What Else ?

  6. gnarf

    Bon allez on monte un projet de film? Faut un sujet avec de la « critique sociale » bien dans le sens du poil socialo-bobo, avec une pretention culturelle evidente, et c’est dans la poche.

    On peut aussi monter un projet de boite « innovante » pour la banque publique d’investissement. Faut un produit pas viable mais bien dans le sens du poil socialo-durable equitable eco-compatible avec une pretention anti-capitaliste evidente (version subventionnee donc forcement bien mieux d’un truc fait par le prive ailleurs) et c’est dans la poche.

    1. gnarf

      Ma derniere experience avec les machins subventionnes c’est « tartarin de tarascon » monte par France 2 pendant les fetes. Parait que ca a coute 1 million d’euros pour cette representation unique. J’ai trouve cela particulierement mauvais.
      Nulle-part on ne trouve de critique de cette piece…comme par hasard.

  7. KriS

    Je lis que la taxe sur les billets de ciné à été abrogé en 2007 ( Article 1609 duovicies (abrogé au 1 janvier 2007) ). Es ce à ca que vous faisiez réference? Je n’en trouve pas d’autre.

    1. Un ticket de cinoche bénéficie d’un taux de TVA à 7%, mais l’État impose en sus pour soutenir la filière professionnelle par le biais d’une taxe spéciale fixée à 10,72%. Ce taux est multiplié par 1,5 en cas de représentation de films pornographiques ou violents, soit 16,08%. Depuis 2007, ce n’est plus la DGI, mais le CNC (Centre national du cinéma) qui la perçoit directement. La même taxe pèse sur les DVD et la VOD : 2% pour les films tous publics, 12% pour les autres. Cela fait donc de 10,76 à 16,08% du prix du billet, et ça rapporte 130 millions € (PLF 2012).

      1. Týr

        C’était 10,72%, elle a augmenté depuis l’année dernière. En tout cas, les taxes sur un billet de cinéma représentent 18%. (Et sur le restant, l’exploitant ne récupère que la moitié; l’autre allant au distributeur.)

      2. vengeusemasquée

        Ce taux est multiplié par 1,5 en cas de représentation de films pornographiques ou violents, soit 16,08%. Depuis 2007

        C’est une blague ? J’imagine que les films pornos ou violents ont moins d’utilité sociale que les autres, c’est ça ?

        Et comment on évalue à partir de quand le film est suffisamment violent pour être surtaxé ?

        Ce monde est totalement fou.

  8. peste et coryza

    Normal…

    Audiard, Fernandel, De Funes, Ventura, Gabin… sont trop beauf, trop conservateurs et trop crus pour nos gauchos.

    Vous imaginez aujourd’hui des catcheurs ou des anciens combattants se reconvertir en acteur aujourd’hui ?

    Pourquoi nos acteurs français biberonnant à l’argent public, feraient comme la superstar qu’était Fernandel, à savoir courir les cachets, ou comme De Funes, à bien gérer son argent comme si c’était son précieux ?

    Quel acteur français accepterait de commencer réellement sa carrière à 40 ans ?

    Et puis il faut voir les propos tenus à l’époque :
    Aujourd’hui, de Funes serait un raciste et un antisémite, Ventura un beauf doublé d’un gros c*nnard et triplé d’un misogyne, et Fernandel un homophobe.

    1. Pascale

      Pas si loin que ca on a Le Père Noël est une ordure, Les Bronzes, et les films des Inconnus, comme excellentes comédies. Mais ils ne devaient pas être subventionnés …

  9. Jazzman

    Analyse un peu simpliste puisque vous parlez de cinéma français sans séparer séfarade et ashkénaze. Pour être vraiment complet, il faudrait aborder le problème des convertis comme Danny Boon, mais je ne vous en demande pas tant.

  10. Pascale

    Le cinéma italien est- il lui aussi subventionné par l’ état ? En effet le rayonnement i international du cinéma italien concurrencait Hollywood même avec ses studios Cinecitta. Il nous avait aussi donné des grands noms du cinéma avant les 70. Depuis on n’ entend plus parler de lui . A- t- il sombre lui aussi dans la mélasse étatique ?

    1. johnny_rotten

      @Pascale

      Ne pas oublier que les grandes heures des studios italiens (années 60 et 70) avec des films comme Cleopatre, Ben-Hur et le brassage d’argent des producteurs Dino de Laurentis et Carlo Ponti sont dus à des délocalisations hollywoodiennes et de certaines banques americaines
      Tout ceci très en rapport avec la politique.

    2. vengeusemasquée

      Chaque année, une petite poignée de films italiens arrive chez nous et ils sont presque toujours bons. Je ne sais pas comment fonctionne le financement.

      1. Napoli

        Le cinoche Italien est en tous points comparable à celui Français, Cinecittà a du reste été créé par Mussolini ou du moins par sa volonté, l’état italien a la participation généreuse pour tous les arts, un peu moins depuis quelques années, crise oblige.

        En Italie, la notion de 7ème art est abstraite, comparativement à la France jamais en reste d’idéologie.

        Le cinéma a toujours attiré les politiques, eux mêmes acteurs ratés, mais c’est pire encore lorsqu’un acteur parle politique !

        Filippetti n’a pas tenu à se faire remarquer en montant les marches de Cannes 2012, telle une star…
        Tout cela n’est qu’un vaste carnaval, les subsides de l’état Français transitent par des centaines d’officines aux missions abstraites, chacune ponctionne dans le seul intérêt de sa survie.

  11. channy

    En 2007 il y avait eu le « rapport Ferran » qui disait à peu près la même chose que ce que dénonce Maraval
    de grands noms comme Michel Audiard, claude miller avaient collaboré à ce rapport sans concession
    http://www.cahiersducinema.com/Situation-du-cinema-francais.html
    Hélas 5 ans après on voit par l’article de Maraval que rien n’a changé dans le cinéma français..

    -Mais le pompon dans tout cela est la déclaration fantastique de notre ministre du temps perdu à un fric fou:
    « on jette des pierres aux arbres qui portent des fruits, je suis heureuse des succès du cinéma français dans son ensemble, on est l’un des seuls cinémas au monde, si ce n est le seul qui résiste à l’omniprésence du cinéma américain. C’est unique!
    En effet elle est unique dans la connerie Filipetti!

    1. Pascale

      Comme d’habitude elle dit des bêtises. Le cinéma espagnol est de bien meilleure qualité que le cinéma français et je le trouve même bien meilleur que le cinéma US. Ils ont des scénarios qui tiennent la route et je les vois rarement donner des leçons de bonne conduite ou faire dans la mièvrerie et la guimauve égalisatrice.

      1. Belén

        En Espagne il y a beaucoup de gens qui sont fatigués de notre cinema hipersubentioné et il n’a presque pas de publique qui vont les voir, on trouve aussi que notre filmographie c’est de la merde. En plus, les acteurs espagnoles sont fortement politisés, sont un exemple de « gauche caviar » assez degoutant. (Je m’excuse pour l’ortographe)

    1. Týr

      Il faudrait peut-être aller voir les 250 films français par an pour se faire une vraie idée de ce que les réalisateurs français font… Et puis, bon, 3 films allemands sur combien au total ?

      Je ne cherche pas à protéger le Cinéma français mais tout ce subjectivisme pour dire que tel ou tel film est meilleur qu’un autre est complètement sans intérêt…

      1. Il n’y a aucune subjectivité : sur 250 films, il y en a 3 ou 4 de rentables en salle, c’est un fait absolument objectif. Et c’est catastrophique. Dans le même temps, le cinéma américain, forcément honni, produit au moins autant de films, dont beaucoup plus de rentables, et dont certains sont effectivement de bonne qualité. Quand, en France, nous en serons là, on en reparlera. Pour le moment, les thunes versées servent aux petits et grands fours des uns et des autres…

        1. Týr

          Non, vous mélangez. C’est effectivement objectif de dire que 3 ou 4 films sur 250 sont rentables mais cela ne garantit pas leur qualité. De même, les USA produisent 600 films par an. Il y en a possiblement plus de rentable (je n’ai pas cherché) mais il faudrait voir en pourcentage. L’Inde, plus gros producteur de films, avec 800 films: combien de rentable ? Ou le Nigéria ? 800 films directement en vidéo, puisque le secteur cinématographique est pratiquement inexistant… Ce n’est pas parce que personne (en dehors du « cercle » cinématographique) ne parle de ces cinématographies que premièrement, elles n’existent pas et secondement, elles sont de mauvaise qualité en majorité.

          De plus, il ne faut pas oublier l’exploitation du film qui est complètement inégale: environ 15 films sortent chaque mercredi en France, sur un nombre de copie par film allant de 1 à plus de 1000. Lorsqu’un film français en dessous du budget moyen ne peut pas se permettre d’être exploité dans plus de 10 salles en France (généralement QUE dans la région parisienne), son interaction avec le public est très mauvaise. Cela en ferait-il un mauvais film pour autant ?

          La qualité est complètement subjective; ça se lit dans les commentaires de votre blog. Théo31 est capable de citer trois films allemands qu’ils considèrent de bonne qualité; mais sur combien de films ? C’est un simple biais de représentation.

          1. Eh bien pour le cinéma américain, indien ou nigérian, le taux de rentabilité est toujours (très) supérieur à 5% (chiffre français) et pour la simple et bonne raison que si ce n’était pas le cas, le secteur serait maintenant sinistré dans ces pays qui ne distribuent pas de subventions à ceux-là.

            « La qualité est complètement subjective;  » oui, mais si le cinéma français était de qualité, il n’y aurait aucun débat. La comparaison avec le niveau culturel des films actuels avec ceux d’il y a 30 ou 50 ans ne laisse aucun doute sur l’effondrement général.

        2. Týr

          J’anticipe une réponse sur la qualité: si l’on considère qu’un film est de qualité de par sa rentabilité, il faut se demander pourquoi il n’y a pas plus de films de meilleure qualité (ou rentabilité)à production identique. Simplement, il faut se dire que le succès est une anomalie. Rien ne prédestine un film à avoir plus de succès qu’un autre; il est au bon endroit, au bon moment: le scénario, les acteurs, le genre, l’époque dans laquelle le film sort, etc. C’est le seul lien que l’on retrouve entre tous les plus gros succès mondiaux: « Autant en emporte le vent », « La Grande Vadrouille », « Titanic », « Bienvenue chez les Ch’tis », « Avatar », etc. Ces films connaissent un énorme succès par anomalie car si nous connaissions LE truc, nous péterions le box office chaque semaine et nos moyennes d’entrées de films seraient à 20 millions. Or, ce n’est pas le cas: est considéré comme un succès en France un film dépassant le millions de spectateurs.
          Sauf que comme le soulignent les articles ces derniers jours, même les films français dépassant le million ne sont pas rentables… (Il faut savoir aussi qu’aujourd’hui, les producteurs ne cherchent absolument plus la rentabilité à la sortie en salles mais tablent toujours sur une rentabilité ultérieure – vente aux chaînes de télévision et DVD/Bluray.)
          De plus, si la rentabilité définissait la qualité d’un film, TOUS les films de la Nouvelle Vague, tant encensés, ne seraient pas considérés comme des films de qualité. Le pauvre Orson Welles, pourtant considéré comme un des meilleurs cinéastes du monde – si ce n’est le meilleur -, n’a pas fait un seul film rentable !

          Voilà pourquoi parler de la qualité d’un Cinéma français comparé à un Cinéma américain (ou chinois, brésilien, indien, allemand, etc.) n’est que l’esbrouffe.

          Alors indignons-nous des subventions et du système que cela cause – plus de films produits pour moins de films rentables, des acteurs surpayés, etc. – et arrêtons de parler de qualité; ce qui est un tout autre débat.

          1. « Rien ne prédestine un film à avoir plus de succès qu’un autre; »
            La bonne blague. C’est tout de même troublant, alors, que certains cinéastes enchaînent les succès là où d’autres les bides. Certes, la chance joue, mais là, vous semblez évacuer le talent.

            « Le pauvre Orson Welles, pourtant considéré comme un des meilleurs cinéastes du monde – si ce n’est le meilleur -, n’a pas fait un seul film rentable ! « 
            Oui mais voilà : on en parle encore maintenant. Qui parlera de la production cinématographique de BHL (ou de tant de tâcherons français) dans 30 ans (si ce n’est pour en rire) ?

            Et puis vous chassez un bel homme de paille. La rentabilité ne définit pas la qualité d’un film, mais tout simplement, lorsqu’un film est subventionné (à hauteur d’au moins 40% en moyenne), la rentabilité devrait être un objectif important de l’équipe. Or, la plupart du temps, elle s’en fout complètement en balançant exactement les arguments que vous nous sortez là sur le mode « mais nous on fait de la qualitäy môssieu » et autres pleurnicheries de danseuses.

        3. Týr

          Les films français ne sont évidemment pas des succès mondiaux – les taux de pénétration aux USA par exemple sont aussi grands que des crottes de mouche… Je prenais simplement les films les mieux classés dans le box office français.

        4. Týr

          « Eh bien pour le cinéma américain, indien ou nigérian, le taux de rentabilité est toujours (très) supérieur à 5% (chiffre français) et pour la simple et bonne raison que si ce n’était pas le cas, le secteur serait maintenant sinistré dans ces pays qui ne distribuent pas de subventions à ceux-là. »

          J’accorde ce point. Mais ce n’était pas là où je voulais en venir.

          « oui, mais si le cinéma français était de qualité, il n’y aurait aucun débat. La comparaison avec le niveau culturel des films actuels avec ceux d’il y a 30 ou 50 ans ne laisse aucun doute sur l’effondrement général. »

          Non, ça ne peut être que faux car il faudrait pouvoir définir proprement la qualité d’une oeuvre. Or, vous ne pouvez le faire qu’en le rapportant à un référent subjectif. Par conséquent, la réelle qualité ne se définirait que si tout le monde avait les mêmes goûts; chose que vous obtenez soit par magie, soit par communisme: dans les deux cas, ce n’est qu’une illusion.

          Donc, même si le ressenti de la qualité cinématographique française était meilleur, il y aurait toujours débat sur la qualité de celui-ci car vous trouveriez toujours des personnes pour dire que cela ne leur plaît pas.
          De même, le niveau culturel d’il y a 20 ou 30 ans est un bon biais de représentation. Vous êtes un des premiers à le démontrer pour l’obsolescence programmée et vous ne faîtes même pas l’effort sur ce sujet-là. Les oeuvres qui sont encore connues aujourd’hui sont des « anomalies ». Elles ont certainement une qualité subjective mais leur succès repose sur d’autres paramètres que leur qualité propre. Vous ne nierez sûrement pas la qualité des écrits de Bastia et pourtant, ils sont pratiquement inconnus du grand public et ont pu traversé les années grâce à une niche: la qualité ne serait-elle pas si bonne que ça ?

          « La bonne blague. C’est tout de même troublant, alors, que certains cinéastes enchaînent les succès là où d’autres les bides. Certes, la chance joue, mais là, vous semblez évacuer le talent. »

          J’évacue autant le talent que vous la perception d’un film. De même que vous évacuez l’effet de mode autour d’un réalisateur ou d’un producteur. Les gens vont-ils voir un film de Woody Allen ou Tim Burton pour le film en lui-même, ou pour le réalisateur ? Ou bien, tous les Hitchcock sont-ils bons ? Voire, comme déjà dit, Orson Welles n’aurait-il pas de talent (puisque celui-ci a enchaîné les bides) ?
          Vous mélangez tout, tout simplement. Si un réalisateur ou un producteur avait LE truc pour faire QUE des films à succès, ça se saurait et serait reproduit partout. Or, même en reproduisant des archétypes, tous les films ne se valent pas. La clef du succès est donc bien plus complexe que la simple qualité, somme toute subjective.

          « Et puis vous chassez un bel homme de paille. La rentabilité ne définit pas la qualité d’un film, mais tout simplement, lorsqu’un film est subventionné (à hauteur d’au moins 40% en moyenne), la rentabilité devrait être un objectif important de l’équipe. Or, la plupart du temps, elle s’en fout complètement en balançant exactement les arguments que vous nous sortez là sur le mode « mais nous on fait de la qualitäy môssieu » et autres pleurnicheries de danseuses. »

          Vous aimez beaucoup utiliser ce terme d’homme de paille mais là, vous en chassez un vous-même actuellement. Nous sommes tout à fait d’accord sur les problèmes que causent les subventions; je n’ai cessé de le dire. Je vous reprends simplement sur l’amalgame entre la qualité d’une oeuvre et sa rentabilité puisque ni la corrélation ni la causalité entre les deux n’est avérée. Le problème, ensuite, n’est pas que ces personnes utilisent cet argument mais qu’elles puissent continuer de profiter des subventions alors qu’elles ne savent pas gérer un budget et s’y adapter. Donc, vous tapez à côté.

          « La distribution est une conséquence de l’organisation quasi-publique des films, pas une cause (et comme il y a des effets de feedback, la situation tend à s’aggraver). »

          Qu’entendez-vous par organisation ? Votre phrase n’est pas claire à mes yeux.

          1. Je ne vais pas rentrer dans le détail, cela devient trop long et passablement inintéressant.

            Ce qui permet de définir la qualité d’un film, c’est ce qui en reste 10, 20, 30 ans plus tard (comme les livres, les peintures et tout le reste dans l’art). 50 ans après, on regarde encore les films aux dialogues d’Audiard, beaucoup rient encore sur la Grande Vadrouille, on se délecte des Hitchcock ou des Welles. Dans 10, 20 ou 30 ans, croyez-vous que les différents épisodes d’Astérix feront parler d’eux ? Que les Ch’tis auront suffisamment marqué ? Que les exemples évoqués dans ce billet seront encore cités en exemple ? Soyez deux minutes honnête : on parlera encore du Cave Se Rebiffe, un peu de Intouchables, mais personne ne se souviendra de Holy Motors. Personne. Et ça, ne vous en déplaise, est l’ultime métrique, objective et indépassable.

            (ok, ça ne fera pas plaisir à tout le monde, mais c’est comme ça)

        5. Týr

          Vous ne voulez simplement pas avouer avoir tort. Ça en devient ridicule.

          10, 20, 30, 50 ? Pourquoi pas 100 ans ? Après tout, le Cinéma fête bientôt ses 120 ans. Alors ? A partir de combien de temps un film est de qualité parce qu’on s’en souvient encore ?

          Et puis ensuite ? Qui s’en souvient ? Le « grand public » ? Les « cinéphiles » ? 3 personnes s’en souviennent alors ce film est de qualité ?

          Soyez honnête deux minutes: « L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat » est un film de qualité ? Un plan fixe en noir et blanc de 50 secondes montrant… l’arrivée d’un train ! Son seul succès tient aujourd’hui en sa valeur historique. (Et mythologique: la peur des spectateurs pensant que le train arrivait réellement sur eux.)

          Alors oui, des gens se souviendront de Holy Motors (j’ai personnellement aimé; les critiques françaises l’ont aimé alors que le public cannois le descendait – je l’ai vu, j’étais à la séance à Cannes en présence de l’équipe – et, par conséquent, vous feront un plaisir de le ressortir dans des critiques aussi dithyrambiques que ridicules). Des gens se souviendront de ce qu’ils ont aimé. De même que l’on se souvient de ce que l’on déteste. Point. Et ça ne vous en déplaise, il n’y a aucune ultime métrique, encore moins objective, en ce qui concerne les goûts et les couleurs.

          Autant je continuerai de lire vos analyses objectives et éclairantes, autant je laisserai de côté vos avis partiaux, en espérant que l’opiniâtre et le suffisant que vous semblez être n’est qu’un personnage que vous jouez.

          1. Et voilà qui montre exactement où est le problème : vous aimez des trucs que 99.9% des autres n’aiment pas, qui vont tomber dans l’oubli et ça vous chagrine. Bah, ce n’est pas grave. Tout le monde a le droit d’aimer des trucs alternatifs.

            « « L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat » est un film de qualité ?  »
            Non. C’est une prouesse technique. Comme on se souvient de l’explosion de Challenger (fait d’actualité) ou qu’on se souvient du premier vol des frères Wright. Rien à voir avec l’art, ici. Je parlais évidemment des films qui font date pour leur contenu. Et la métrique que j’ai fournie est la bonne, puisque c’est la seule qui détermine, à l’aune des siècles passés, ce qui fut et est de l’art de ce qui fut et est de la pure technique ou du simple caca glorifié.

            Mais bon, comme nous nageons dans la mauvaise foi, point n’est besoin d’aller plus loin, je crois.

    1. ph11

      À chaque fois qu’un politicien utilise le mot diversité, il faudrait le remplacer par le mot médiocrité.

      Ce qui fait que la devise de l’UE « l’unité dans la diversité » devient « l’unité dans la médiocrité ».

    2. Pascale

      Et avez-vous remarqué que, dès qu’un divers participe aux César, Oscar ou autre, il est assuré d’obtenir la fameuse récompense? À tel point que je ne comprends pas pourquoi les Blancs continuent à concourir quand un divers est candidat.

    3. babarabobo

      Vous n’y êtes pas du tout! c’est une organisation de couple oligarche typique: elle est soit-disant de gauche (avec le CV complet: père communiste autoproclamé héros de la grande guerre, formation au collectivisme parachevée à Normal Sup et découverte de la « vie professionnelle » à l’EdNat en remplaçante et à Versailles!)… le complément parfait avec son conjoint:Frédéric Marie Joseph Bruno de Laparre de Saint-Sernin, né le 14 février 1958 à Reims (Marne), un homme politique français, ancien membre de l’UMP…

      Comme ça, quoi qu’il arrive, il y en a toujours un des deux qui garde une clé de la cantine!

      Vous voulez débattre de Culture avec des gents qui parlent de pouvoir?…
      Vous voudriez parler de gestion et bon sens avec une romancière spécialiste des bisous et du baratin dégoulinant destinée à violer l’intelligence par la force émotive du bon mot???? … Bon courage à vous, moi je prépare mon départ et remercie H16 de rendre l’attente plus supportable…

  12. Ober Mallow

    Je suis partagé sur cette analyse…
    Est-ce que c’est parce qu’un film marche auprès de millions de personnes que c’est de la qualité ? Est-ce qu’on devrait supprimer Arte parce qu’elle ne concerne que 2% des part de marché (je connais pas le chiffre exact bien sûr).
    Si on ne devait produire que des films qui marchent on ne produirait que des bouses (ou presque). La majorité ne définit pas l’étalon de qualité d’un film.
    Et regarder vers le massé en disant « c’était mieux avant…Mouais… ». Aujourd’hui, je reste ému par le cinéma d’Audiard, de Becker et beaucou pd’autres et je ne partage pas ce sentiment « Francophobique » du 198/2 en terme de qualité qui est une notion purement subjective. Et je m’en fous de savoir qui sera oscarisable ou pas dans le cinéma Français (même si je ne cache pas ressentir une certaine fierté pour Dujardin, Cotillard, Sy and Co ;)). Ce Cinéma cité plus Haut dont 98% de la population française se fout totalement n’existerait pas s’il n’était pas subventionné…Est-ce normal…Bof, je trouve que c’est la limite du système Darwinien prôné ci.
    Là ou je vous rejoins (presque) totalement, c’est sur l’aspect mirobolant des cachets, de l’exigence de résultat par rapport aux fonds investis et par qui (NOUS). Ce n’est pas choquant qu’un acteur gagne des sommes mirobolantes si le film a fait des entrées mirobolantes, l’inverse ça peut être insupportable. Mais ça tourne au paradoxe lorsque qu’un « petit scénario » « très prometteur » imaginé par « p’tit nouveau » « très prometteur » doit faire appel à de « grosses légumes » du cinéma français « au cachet mirobolant » pour que son film ait une chance de percer et devenir un cador de demain. Devons nous subventionner ça…un nouveau regard sur la société, l’amour, la politique et que sais-je encore…on peut en douter.
    Bref je trouve que cette article est un peu tranché, rapide, un brin provocateur (comme d’hab :D). Et très auto congratulant sur la notion de qualité du cinéma.
    Mais bien plaisant sur les aspects financiers engagés…et le gâchis engendré.
    Au plaisir de vous lire chaque semaine…

    1. « Si on ne devait produire que des films qui marchent on ne produirait que des bouses (ou presque). »
      Pure pétition de principe.

      « Si on ne devait produire que des nourritures qui marchent, on ne produirait que des bouses (ou presque). »
      « Si on ne devait produire que des voitures qui marchent, on ne produirait que des bouses (ou presque). »

      D’ailleurs, tous les jours sortent des films américains, des livres anglais ou espagnols d’excellente qualité qui marchent très bien, pour rester dans le monde de la culture.

  13. Ron Paul

    J’espère que vous allez tous vous précipiter sur la prochaine comédie française qui sortira le 16 janvier : Paulette.

    Synopsis : une vieille dame raciste se lance dans le commerce de la drogue.

    A moins que, comme nous le savons tous, l’immense majorité des dames âgées, surtout si elles sont blanches, sont des racistes et des dealeurs, vous n’irez pas voir cette future daube.

    1. Aristarque

      Aucun risque effectivement que je me déplace sur un synopsis pareil. De la même façon, j’ai superbement ignoré le récent film où C. Frot y interprète la cuisinière favorite de l’Arsouille lorsqu’il encombrait l’Élysée…
      Un tel film basé sur un aussi microscopique intérêt ne pouvait être monté qu’avec un tombereau de subventions d’argent gratuit des autres. Je n’arrive en effet pas à imaginer un producteur miser son bel et bon argent perso dans une histoire pareille.

    2. gem

      Nan mais comme tu es négatif … Tu ne tiens pas compte de la suite fabuleuse :
      la vieille dame raciste s’attache à un petit délinquant noir (ou beur ?). Un infâme flic blanc hétérosexuel (Clovis Cornillac) et harceleur les prends en chasse avec des méthodes ignobles (et l’aide de deux cons du même calibre : le père violent et drogué du petit, et le grand méchant dealer qui ne supporte pas la concurrence de la vieille), mais grâce à l’aide d’une assistante sociale homo (Josiane Balasko) et d’une petite fille BCBG tout finit bien : le flic devient fou et se fait mettre en tôle avec ses deux complices, l’assistante sociale se marie avec l’ex-veille raciste (devenu jeune militante anti-raciste), et elles adoptent le gamin qui se révèle gentil, poli, travailleur, bien noté en classe où il va désormais ponctuellement et où il retrouve la petite, sous le regard attendrie des deux femmes. Scène finale.

  14. channy

    Mais ça tourne au paradoxe lorsque qu’un « petit scénario » « très prometteur » imaginé par « p’tit nouveau » « très prometteur » doit faire appel à de « grosses légumes » du cinéma français « au cachet mirobolant » pour que son film ait une chance de percer et devenir un cador de demain »

    Paradoxalement, même en France un petit nombre d’acteurs dont Gérard Depardieu acceptent de jouer gratuitement ou pour le tarif d’un intermittent si le scénario d’un petit film ou court métrage leur plait..

  15. Týr

    Autant je suis d’accord sur les méfaits des subventions et du serpent qui se mord la queue dans cette exception culturelle française, autant ça serait bien d’éviter l’amalgame entre la rentabilité et la qualité d’un film !
    Que vous n’aimiez pas les films Arts et Essai, soit. Que certains se branlent la nouille dessus, soit. Mais tout le monde sait que la qualité ne réside pas dans son budget ni dans sa rentabilité.
    De plus, une grosse partie de la Nouvelle Vague des années 60 est complètement indigeste pour une majorité de personnes.

    1. « éviter l’amalgame entre la rentabilité et la qualité d’un film ! »
      Ben quand un film n’est pas vu, ne trouve aucun public, c’est généralement assez corrélé à sa qualité générale.

      Évidemment, ça ne plaît pas aux auteurs, mais c’est comme ça.

      1. Jean

        Ben disons que vous ne parlez pas exactement de la même chose. Oui, si un film ne trouve pas son public, on peut supposer qu’il est nul. Egalement un film peut apparaître fantastique à un public très restreint et rester invisible aux autres.

        Mais la petitesse de ce public peut également être « injuste » : combien d’oeuvres avez-vous découvert 15 ans après en vous disant « comment ai-je fait pour vivre sans » ?

        La logique voudrait qu’on applique pour chaque oeuvre le basique principe commercial : ne dépense pas plus que ce que tu penses gagner. Et finalement ça pourrait presque paraître « juste » : un public minimaliste sera fatalement plus prompt à faire des concessions sur l’oeuvre du fait de la rareté de ce qu’il lui est offert. Comprendre : si il y a 600 péquins en tout et pour tout à adorer ton film, c’est que le sujet ne se prête probablement pas à dépenser 30 millions en effets spéciaux (ou alors tu es un réalisateur raté).

      2. Týr

        J’ai déjà répondu un peu plus haut mais Jean dit à peu près la même chose.

        Si le nombre d’entrées était corrélé à la qualité d’un film, nous aurions peu ou prou le même nombre de spectateurs pour des films au budget similaire. Ce n’est pas le cas. Ce n’est même JAMAIS le cas.

        De même, vous squizzé l’exploitation en elle-même. Si un film ne trouve pas son public, c’est peut-être parce qu’il n’a pas la même exposition que les autres. Combien de films peuvent se permettre de passer dans les 2030 établissements en France ? (Réellement: aucun !)

        1. La distribution est une conséquence de l’organisation quasi-publique des films, pas une cause (et comme il y a des effets de feedback, la situation tend à s’aggraver).

  16. NOURATIN

    Rien à ajouter. Le cinéma franchouille, comme tout le reste dans ce pays, croule sous la bêtise socialiste (de gauche comme de « droite » d’ailleurs).
    La nullité avérée des production, la tronche des acteurs fétiches, toujours les mêmes et la bien-pensance obligée
    autant que propagando-moralisatrice des scénarii, donnent
    envie d’aller au refile, pas au cinéma.

  17. mominette

    Scène quotidienne devant la télé : il y a quoi, ce soir ?
    Plutôt regarder la téléboutique en javannais qu’un film français ! Clairement, à part quelques films historiques parfois bien torchés, le scénario est connu d’avance : une mère célibataire, un homo – de couleur si possible, pour économiser les rôles – une juge ou une fliquesse qui a pour seule vocation de faire la peau aux riches (méchants et vicieux comme on le sait)et si le film est dit « comique », son humour se situe entre la farce de pétomane et la tarte à la crème, avec un désopilant lourdement répété, le temps que chacun comprenne …Quant au scénario, c’est une accumulation de « situations sociales » plus ou moins bidouillées au montage. La seule victoire, c’est la fuite …

    J’imagine que cette trame bienpensante est nécessaire pour décrocher des subsides.

    NB : pour avoir vécu à NY, je peux vous dire que quand la presee française annonce qu’un film hexagonal « fait un malheur » aux USA, cela signifie qu’il a tenu toute une semaine dans un cinéclub de banlieue …

  18. Tubul

    Je trouve dommage de réduire la réussite du cinéma américain aux simples blockbusters. Le panel des films est plus riche que ça. Je pense par exemple à George Clooney, qui a été parmi les plus « bankable » mais qui se fait un devoir de réaliser des films moins grands publics (good night and good luck…). Wes Anderson (Moonrise kingdom en 2012) fait des films assez atypiques mais s’exportent plutôt bien.

    Pour ce qui est des scénarios en France, cet article cible assez bien le problème : http://www.lefigaro.fr/cinema/2013/01/03/03002-20130103ARTFIG00236-le-cinema-francais-desservi-par-des-scenarios-trop-faibles.php

  19. Aristarque

    Si un film n’arrive pas à être rentable avec 4,5 M d’entrées, cela en dit long sur les coûts de fabrication français et surtout des cachets des artistes car ce ne sont sûrement pas les script-girls, preneurs de sons et régisseur qui croquent un maximum du budget…

  20. JS

    Quel article rafraichissant de M.Maraval ! On s’en pincerait pour y croire tellement çà semble impossible !!

    Et si seulement le cinéma était le seul secteur concerné…malheureusement tous les secteurs protégés par l’Etat en sont arrivés à ce niveau de gabegie.

    Prenez juste l’exemple de l’EHESS ou du CNRS…c’est juste consternant !

  21. GM

    Ca ronronne à la rédac du Monde, il y a du relâchement. On sent la période des fêtes, c’est bon d’être au pouvoir, on laisse passer des trucs, et gratouille-moi le dos… Ben quoi c’était dans la ligne de dénoncer des rémunérations excessives chef…

    En URSS, le pouvoir choyait particulièrement la profession d’acteur, il y était plus valorisant socialement d’être acteur que médecin, les candidats comme les écoles pullulaient et c’est encore largement valable aujourd’hui. Bon je dis ça comme ça moi, parenthèse kulture, tout ça… N’empêche, c’est pas toujours évident à première vue, mais quand on y pense c’est fou le nombre de gens qui ont intérêt à faire taxer et contrôler le Net.

  22. Peste et coryza

    @GM

    Dans tous les pays communistes. Cuba a encore des troupes d’acteurs fonctionnaires.

    @Hastable

    Filipetti mérite l’oscar de la connerie.
    Sa dernière ?
    http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/filippetti-au-chevet-des-salaries-de-virgin-megastore_367327.html

    « Virgin megastore victime de la concurrence déloyale d’internet ! »

    Ben oui, pourquoi le consommateur lambda achèterai de la merde avec strass chez Virgin avec les taxes sur les supports amovibles en plus, alors qu’il peut télécharger (y compris en payant !) graver voire acheter à l’étranger pour pas cher ?

    Virgin megastore, symbole d’un modèle économique inadapté.

    1. Ron Paul

      Filipetti est une multi multirécidiviste de l’imbécilité crasse sous toutes ces formes, de préférence celles du plus pur marxisme rétrograde. Bien avant d’être ministre, elle c’était fait remarquer dans nombre de domaines, pour l’afficher au grand jour. Elle ne pouvait donc qu’être nommée ministre socialiste.

      Comme il est prouvé que Göring ou Goebbels, en fait ne sont pas les vrais auteurs de cette phrase, (piéce de théatre, Schlageter ou l’autreur Baldur von Shirach) c’est le moment ou jamais de dire : ‘’Quand j’entends le mot culture, je sors mon révolver.’’

  23. Lib

    Excellent.

    Pour moi, la quintessence de tout cela, c’est le millionnaire Costa Gavras qui reçoit des subventions pour tourner un film dont la tagline est « continuons de prendre aux pauvres pour donner aux riches ».

    Et bien sûr, le film fait un bide.

  24. gem

    Acrithene évoque la question dans son excellent billet

    http://www.contrepoints.org/2013/01/03/110093-letat-ne-decide-pas-qui-paie-les-impots

    Je cite :
    « Pour suivre l’actualité politique, prenons l’exemple des subventions au cinéma. Supposons que la réussite commerciale d’un film dépende de la présence d’un acteur de premier rang, et que la disponibilité de ces acteurs est rigidifiée par leur rareté. Selon les principes expliqués plus tôt, la subvention a beau être versée à la production, elle sera absorbée par le versant le plus rigide du marché, le star system si on accepte mon hypothèse. Aussi, si la rébellion fiscale de M. Depardieu me semble légitime, il ne faudrait pas oublier qu’une partie de sa fortune dérive de la fiscalité négative sur l’« exception culturelle ».

  25. Aristarque

    Ce n’est quand même pas Gérard Depardieu qui a inventé le système qui permet le fait qu’il ait bien profité financièrement de l’exception culturelle française…
    Tant qu’un bon paquet de producteurs persistera à davantage investir dans le ou les acteurs vedettes que dans l’écriture du scénario, les dialogues et le soin apporté à la réalisation, ce type d’acteur sera toujours avantagé financièrement dans le budget des films, quels que soient leurs résultats financiers…
    L’étonnant souci de sincérité du producteur MARAVAL provient peut-être aussi de ce qu’en dépit des juteux financements publics, il pressent que ces quasi-deux centaines de bides annuels et se répétant année après année, pèsent de plus en plus lourd au passif et rendent le montage des futurs films de plus en plus incertains.
    Parce que, par ailleurs, les films « rentables » ne le sont de plus en plus qu’au sens qu’ils couvrent (ou finissent à l’usure par couvrir) leurs frais « sans plus » et surtout ne sont pas nombreux à « casser la baraque ».
    Certes l’exploitation en salle n’est pas le seul moyen de rentabiliser un film (V.O.D., DVD, passages en télés) mais ces ventes ultérieures renvoient l’équilibre financier et le bonus éventuel à des mois, voire des années au delà de la période d’exploitation en salles.

    Mais ceux qui ont été handicapés par une exploitation en salles médiocre ne sont jamais rentabilisés, d’autant qu’il est pratiquement constant maintenant que la carrière exacte d’un film peut être pronostiquée à peu près valablement dès le premier mercredi achevé….

  26. vengeusemasquée

    Ce qui est décourageant, c’est que jamais les « artistes » ayant une idée mirifique de projet de film ne se posent la question de savoir si on ira voir le produit fini. Pour avoir suffisamment côtoyé les wannabe cinéastes, je peux vous assurer que le premier réflexe, une fois l’ersatz d’idée pondu, est de savoir comment trouver des subventions pour produire le truc, sans même se demander si ce sera rentable au final. Bah non, ils ont eu une idée, c’est déjà louable en soi. Puis faudrait pas les empêcher de faire ce pour quoi ils ont la vocation. Enfin on n’est pas une dictature, merde !

    La réflexion ne va jamais au-delà du financement qui constitue l’horizon du projet. Ce qui se passe ensuite, bah on s’en fout pas mal, du moment que le projet a vu le jour et qu’on peut enchaîner avec une nouvelle bouse.
    En cas d’échec d’obtention de la subvention, on trouve un moyen de vivoter avec l’argent gratuit des autres m

    1. vengeusemasquée

      mais jamais on ne se demande si on n’est pas juste en manque de talent et qu’on ferait mieux de faire autre chose de sa vie…

  27. Alex6

    Je me rends compte que les seuls films francaise recents que je regarde sont en general des comedies. C’est sans doute la que le cinema francais est le meilleur, principalement parceque le realisateur ne se regarde pas « realiser » mais lache un peu de mou aux acteurs.
    C’est le meme probleme en litterature. Les ecrivains francais se regardent « ecrire » et tournent leurs ecrits en une sorte déxpression de leur narcissisme. En gros, ils n’ont rien a dire qui puisse parler aux autres.
    Mes plus grandes claques cinematographiques ont ete en provenance des US, parcequ’ils sont capables de pousser a l’extreme leurs idees en mettant de cote l’esthetique du politiquement correct. Les acteurs rentrent aussi beaucoup mieux dans leurs personnages qu’en France ou on a l’impression que les acteurs cherchent avant tout a mettre leur personne au centre du film.
    Il faut s’abandonner pour produire des oeuvres d’arts, c’est ce que sont incapables de faire une grande majorite d’artistes francais actuellement. Je pense que c’est plus la consequence du malaise globale qu’il y a dans la societe francaise que la suite des effets des subventions.

  28. Higgins

    Débat surréaliste ce matin (8 janvier) sur France Culture sur ce sujet dans les « Matins de France Culture » où comment les soviétiques de service justifient la situation actuelle en niant la réalité des choses. Emblématique de l’impasse dans laquelle ce pays s’est installé. Face à eux, très belle prestation de Philippe Manière et de Brice Couturier.

  29. Crucol

     » derniers productions franchouilles » dernières?

    Ce qui est fou, c’est que cet article a, au final, l’effet d’un électrochoc sur un cadavre de 3 jours. rien, Le milieu est trop sclérosé et rien n’y fera…

  30. fossite

    Subventionné ou pas de toute façon c’est une catastrophe et même les comédies pourtant le domaine ou on a longtemps excellé est devenu inregardable.
    Et le pire est à venir il suffit de voir la liste des films de 2013 pour s’en rendre compte, c’est bien simple pas un, je dit bien pas un, des films attendus ne me donne envie, alors que les autres années d’habitude il y avait toujours 2 ou 3 films qui me titillé, vous me direz que ça peut venir de moi, peut-être après tout, mais franchement je ne crois pas.

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