Tiens, encore du pétrole et du gaz !

La France a trouvé la parade à tous ses problèmes : elle se surtaxe tant qu’elle peut pour sortir de la crise, et se tient aussi éloignée que possible de toute solution énergétique viable. Pendant ce temps, côté énergie justement, la situation mondiale continue d’évoluer de façon assez spectaculaire…

En effet, les équilibres mondiaux sont en train de changer à mesure que les principaux pays développés et les pays émergents changent leurs méthodes d’approvisionnement en énergie. Ainsi, j’avais déjà parlé dans une précédente brève du fait assez remarquable que les États-Unis, en matière de production de gaz et de pétrole, talonnent voire dépassent l’Arabie Saoudite, longtemps premier producteur mondial.

Ici, il faut bien comprendre que plusieurs phénomènes entrent en jeu. D’une part, et c’est assez largement médiatisé, les États-Unis se sont massivement lancés dans l’exploitation des gaz de schiste. D’autre part, l’augmentation assez régulière du prix du baril de pétrole rend l’exploitation du pétrole traditionnel plus facilement rentable dans le pays, et permet d’amortir les coûts de mise en exploitation qui n’ont pas cessé de grimper notamment à cause des normes environnementales de plus en plus draconiennes sur le territoire américain. Il ne faut pas oublier que les États-Unis restent le pays disposant des plus grandes ressources de charbon, de gaz et de pétrole, comme le rappelle la petite vidéo suivante.

Il n’est alors plus très étonnant de lire que certains experts envisagent sérieusement l’indépendance énergétique des USA dans quelques décennies. Des économistes de BP pensent ainsi que les Américains seront auto-suffisants d’ici à 2030, rejoignant en cela les prévisions d’autres experts, de l’Agence Internationale de l’Énergie, qui voient les États-Unis devenir dès 2017 le premier pays producteur mondial de pétrole brut, devant l’Arabie Saoudite. Dans le même temps, si les tendances observées actuellement persistent (ce qui semble relativement raisonnable), les pays émergents comme la Chine et l’Inde vont devenir de plus en plus dépendants de leurs importations énergétiques, et devraient recourir encore davantage au charbon.

Pour la Russie, on sait déjà depuis des années que certaines formations géologiques de Sibérie, comme celle de Bazhenov, sont extrêmement prometteuses puisqu’elles sont estimées à 126.000 milliards de barils équivalent pétrole.

bazhenov oil

Du reste, en ce début d’année 2013, Gazprom va commencer à forer aux alentours et s’apprête à le faire en 2014 pour le bassin de Bazhenov. Shell est d’ailleurs de la partie, ainsi que pour l’exploitation du champ gazier de Yuzivske en Ukraine dans ce qui semble être le plus grand investissement dans l’histoire de ce pays.

Et pendant que des accords se nouent en Ukraine et en Russie, les perspectives d’exploitation s’étendent aux États-Unis avec la découverte récente de gisements importants en Californie estimés pour le moment à quelque chose comme 400 milliards de barils, ce qui représente à peu près la moitié de ce qui existe dans toute l’Arabie Saoudite (en pétrole conventionnel) – pour donner un ordre de grandeur, les États-Unis consomment environ 19 millions de barils par jour.

shale gas in California

Le gaz de schiste, l’huile de schiste et les sables bitumeux sont, très manifestement, promus à un bel avenir. Il serait cependant un peu rapide de conclure seulement sur ce constat. En effet, au fur et à mesure que les puits se forent et que les explorations découvrent de nouveaux gisements, plusieurs personnes (géologues, professionnels de l’industrie pétrolière par exemple) ont émis des remarques, plutôt argumentées, sur la rentabilité globale des exploitations actuelles.

On trouve par exemple des articles comme celui-ci cherchant à savoir si l’exploitation du gaz de schiste par les moyens actuels est rentable ou non. Selon l’auteur, avec un prix du gaz actuellement autour de 3.7$ MBTU, les puits ne sont pas rentables ou ne permettraient pas d’arriver à l’équilibre financier. C’est peut-être vrai (sa conclusion dépend grandement des hypothèses qu’il expose dans son papier), et cela corroborerait la situation économique équivoque de certaines entreprises d’exploitation gazière ; en effet, le gaz de schistes, aux USA, est massivement exploité par des entreprises de taille plus modeste que les grandes compagnies pétrolières mondiales comme Total, Shell ou BP.

Cependant, le fait même que ces entreprises ont commencé à investir dans la recherche et l’exploitation des gaz et pétroles non conventionnels indique de façon assez claire qu’il y a bien de l’argent à se faire. Du reste, en Europe, l’actuel prix du gaz (au dessus de 11$ MBTU) modifie de façon sensible le seuil de rentabilité des opérations, ce qui explique le positionnement de Total. Il est très intéressant de constater comment les propos à ce sujet de Margerie, le PDG du groupe pétrolier, ont été repris dans les différents sites d’information (ou de propagande, c’est selon) : ce dernier explique de façon claire qu’à 6$ MBTU et au-delà, l’exploitation était envisagée, mais plus à 3.5. Les écologistes et habituels contempteurs de toute nouvelle technologie ont fait leur miel de cette remarque, mais ont fort opportunément oublié le reste des explications du pétrolier :

Les productions redémarreront quand les prix du gaz repasseront au-dessus du prix de revient. Nous allons en revanche continuer nos investissements dans d’autres pays où les marchés sont porteurs, comme la Chine, la Pologne et le Danemark, où nous devrions commencer un forage d’exploration cette année.

On voit mal le groupe se lancer dans ce genre d’aventure si la tentative était définitivement vouée à l’échec. On voit mal Shell investir assez lourdement en Ukraine et dans la Sibérie russe sans espoir de récupérer largement leur mise. Et on comprend que, de façon mécanique, le gaz actuellement sur-produit aux Etats-Unis va reprendre progressivement un prix de marché où la rentabilité des opérations sera assurée.

En tout état de cause, l’énergie disponible pour aller forer et exploiter ces gisements existe : on dispose de centaines d’années de charbon directement exploitable, d’uranium, de thorium. Les techniques de fracturation hydraulique, de forages profonds ou en haute mer sont encore améliorables et automatisables. Le prix même des ressources retirées de ces gisements peut encore largement évoluer favorablement pour leur exploitation ; et si l’on n’oublie pas que la plus grosse partie du prix des carburants utilisés dans les transports sont des taxes et ne sont pas liées au produit, à son traitement ou à son acheminement, on comprend toute la latitude qui existe vis-à-vis du consommateur pour que l’ensemble des opérations soit très largement rentables, économiquement, énergétiquement et écologiquement parlant.

Peut-être les jours du pétrole facilement exploitable et extractibles sont finis. Quand on voit où sont situés les puits pour ces pétroles-là, la perte d’influence qui s’accompagnerait d’une diminution de leur production ne semble pas, géopolitiquement parlant, une grande perte. De plus, on peine à trouver dommage que les prochaines nations riches d’hydrocarbures soient les démocraties occidentales.

Quoi qu’il en soit, et cela fera certainement rager les malthusiens, l’Humanité n’est pas près de manquer d’énergie.

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Commentaires58

  1. bibi33

    Il manque une unité dans la phrase, je pense qu’il s’agit de barils.
    « puisqu’elles sont estimées à 126.000 milliards d’équivalent pétrole. »

  2. Peste et coryza

    Un beau résumé de la situation énergétique…

    Tandis que les saoudiens se lancent dans l’offshore car Ghawar a passé son pic en 2006.

    Par contre, quelques bémols :
    – La Californie est très peuplée… rien que les lois environnementales vont poser problème. Le Montana posera moins de problèmes.
    – la taille des gisements prouvés ? ceux de Sibérie sont connus pour être énormes, mais je n’ai aucune idée de ceux de Californie. Celui du Brésil est un champ géant, mais il est deepwater, et surtout pèse peanuts comparé à Ghawar.
    – En Sibérie, il fait froid, et les conduites explosent passé -50°C. Gazprom s’est déjà fendu d’un rapport sur les difficultés à exploiter les gisements arctiques, et le cout que cela engendre.
    – le gaz de schiste a un EIROI de 2 environ dans l’état actuel de la technique… autant que mon éthanol de tiges de maïs, qui pourtant n’a rien de génial.
    – Le nucléaire pour fournir de l’énergie pour explorer et extraire du pétrole ? tu délires là. Construire une centrale nucléaire est un processus particulièrement énergivore. Au contraire, on dépense du pétrole pour construire du nuke. Pourquoi ? parce le nuke est modulable, comme pour un barrage. Alors que le baril cramé et tout simplement cramé, et l’énergie non utilisée perdue. Quant à l’EPR, c’est un bouzin prouvé.
    Ce qui se passe, c’est :
    Pétrole -> Nuke -> pétrole
    La base c’est le pétrole pas cher, pas le nuke.

    En définitive, l’énergie finie, non, pas plus chère surement (à taxes maintenues, bien sur ;-)).

    1. Je ne vais pas détailler, mais en gros, une fois qu’on a un réacteur nucléaire, extraire de l’uranium et l’enrichir peut être fait avec l’énergie dépensée. C’est assez peu efficace, mais ça fonctionne suffisamment bien pour que ce soit rentable (en définitive, le pétrole sert pour le bootstrap). La filière thorium n’a pas été très explorée et permet de meilleures rentabilités. Enfin, A partir du moment où on est capable de stocker l’électricité produite (c’est encore assez problématique, mais pas impossible, loin de là), l’excès produit par le nucléaire peut être utilisé en production utile et non en refroidissement d’eau chaude la nuit comme actuellement.

      Autrement dit : nous avons déjà dépassé le point où nous pourrions nous passer de pétrole énergétique (le pétrole chimique, c’est autre chose). Le fait est que personne ne veut le faire pour des raisons de sécurité / écologie / psychose (suivant le point de vue), mais sur le plan technique, il n’y a pas d’obstacles majeurs. Les réacteurs à fission lente sont un excellent exemple de ce qui peut être fait dans le domaine.

      1. El Gringo

        « Enfin, A partir du moment où on est capable de stocker l’électricité produite »
        A partir de là, on élimine aussi un des nombreux défauts du photovoltaïque et de l’éolien.

        1. Le problème de l’éolien et du photovoltaïque n’est pas uniquement un problème de stockage. Si on peut stocker, on réduit le souci de rentabilité, mais a/ produire les panneaux ou les éoliennes coûte de l’énergie, b/ les entretenir aussi. Or, tout factorisé, la production d’énergie d’une éolienne ou d’un panneau, dans toute sa durée de vie, est inférieure à l’énergie utilisée pour créer et entretenir ces dispositifs. Conclusion : ce n’est jamais rentable, au contraire d’un réacteur à fission (très rentable).

    2. Toro

      Dans le nucléaire l’avenir n’est pas au mega centrales > 1GWh comme l’EPR, trop chères et sources d’emmerdes majeures en cas l’emballement, mais aux SMR, réacteurs modulaires de moins de 500MWh. L’une des applications « non électriques » est d’utiliser leur chaleur pour convertir les sables bitumineux en pétrole exploitable. Beaucoup des nouvelles sources de pétrole « non traditionnelles » nécessitent de grosses quantités d’énergie pour leur extraction, et les mini centrales nucléaires sont parfaitement adaptées pour ça.
      Une piste « Hype » est de créer des centrales à carburant liquide (pour automatiser la vidange en cas de problème) utilisant le thorium, plus abondant et moins facile à transformer en bombe. L’idée serait de produire ces mini centrales à la chaîne, un peu comme des avions de ligne, et de les installer à côté des équipements énergivores comme les puits de pétrole, cimenteries, usines de dessalement d’eau…
      Gageons que cela n’arrivera pas en France, vu les intérêts convergents des écolos et d’Areva.

      1. Jesrad

        GWh ou GWe ? Attention la première est une quantité, et la seconde une capacité de production, d’énergie.

  3. Bruno Liautaud

    Si vous n’avez pas vu cette perle :

    http://www.boursorama.com/actualites/charbon-qui-rit-gaz-qui-pleure-la-nouvelle-donne-des-centrales-electriques-9f1039ed2ebf0151fb734f46574c6a25

    En résumé, les gaz de schiste US ont fait s’écrouler le prix de la tonne de charbon de 35$ à 5$, et par contre coup, l’Europe et la France se remettent à la production d’électricité au charbon – qui devient beaucoup plus rentable que le gaz russe. Pas polluant du tout le charbon, comme chacun le sait.

    Là on est vraiment au bout d’un modèle… Quelle tristesse.

    1. Tant qu’on subventionne d’un côté ou taxe follement d’un autre, les prix sur le marchés sont tordus. Normalement, le gaz coûte plus cher que le charbon.

      1. Bruno Liautaud

        Le pb me parait plutôt être le dogmatisme anti fracturation qui mène à l’absurdité suivante : pour éviter (même d’étudier) un risque potentiel de pollution à 10km sous terre, on a une pollution bien réelle dans les airs, et évidemment, à beaucoup plus cher.

  4. Higgins

    J’avais déjà mis en lien un article d’Aymeric Chauprade où il évoquait l’origine abiotique du pétrole: http://blog.realpolitik.tv/2012/11/ou-vont-la-syrie-et-le-moyen-orient/
    Si ce qu’il avance est prouvé (voir également cet article paru sur AgoraVox, le média camarade: http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-theorie-du-pic-petrolier-est-37478), les données à prendre en compte changent complètement. Entre autres choses, elles rendent encore un plus stupides les politiques énergétiques mises en œuvre dans ce pays.
    J’avoue manquer encore de recul sur cette théorie mais je vais gratter un peu.

      1. Higgins

        Nous sommes bien d’accord sur ce point mais l’article, s’il est concis, est plutôt précis. Curieusement, il a recueilli 63% d’opinion négative. On se demande bien pourquoi.

    1. Peste et coryza

      Ne t’en fais pas.

      L’écocide, c’est pour tondre les moutribuables européens.
      (Note : « moutribuables », fusion entre un mouton de panurge et un contribuable)
      Dans le delta du niger, ils s’en foutent complétement.

  5. simple citoyen

    Pour le gaz de schiste, il semble que le problème actuel sur le marché américain soit celui du stockage et de l’accès au marché. D’où le foisonnement d’initiatives pour le rendre homogène. On notera ainsi les grandes différences de prix du gaz de schistes entre l’Est et l’Ouest. http://www.zerohedge.com/article/guest-post-great-divide-developing-us-natural-gas
    http://online.wsj.com/article/SB10001424052702303812904577295873283143892.html

  6. gem

    Mon dieu c’est troporible. J’entends déjà Gaïa hurler de douleur. Tout ce carbone qu’on va arracher de ses entrailles, tout ce CO2 avec lequel on va empoisonné l’atmosphère… Et bien sûr nous serons atrocement puni : à cause du réchauffement climatique, les météorites vont pleuvoir, le soleil va cracher une maga-éruption, et le super-volcan du Yellowstone va exploser. Et les méchants turbo-libéraux se couvriront de pustules bleues radioactives. Bien fait. Na.

    1. Before

      Les turbo-libéraux radioactifs, on pourra s’en servir comme combustible dans des centrales nucléaires ?

  7. mominette

    Le monde est bien laid, et cette recherche frénétique de carburant inutile ne fait qu’encourager la consommation électrique, le charroi et autres crimes contre l’humanité, au profit exclusif de sales riches qui mangent les petits pauvres.

    L’avenir, c’est le petit moulin à vent (en matière recyclable) planté sur un château-fort en sable, et l’abandon de la Bourse au profit des seaux de coquillages.

    Ce modèloe français est toutefois menacé par l’affreux soupçon de nappes pétrolières énormes en Méditerranée : heureusement, des bienfaiteurs veillent à ce que même la prospection soit interdite.

    http://cdurable.info/Petrole-Offshore-Mediterranee-Corse-Forages-eaux-profondes.html

  8. jacques henry julliard

    Je voudrais signaler à h16 que l’Arabie Saoudite brûle plus de la moitié du pétrole qu’elle pompe dans son sous-sol pour produire de l’eau douce et faire tourner les conditionneurs d’air. On oublie un peu trop souvent de mentionner ce fait. D’autre part, ayant été moi-même consultant dans le nucléaire auprès d’EDF, je voudrais mentionner qu’à l’époque (au milieu des années 80) je préconisait à la direction d’EDF de lancer la production standard de petits réacteurs nucléaires PWR de 400 MW électriques facilement adaptables aux réseaux existants dans de nombreux pays demandeurs à la condition évidente que le cycle du combustible soit sous contrôle (de la COGEMA de l’époque) pour éviter toute dissémination. Les ingénieurs EDF de l’époque planchaient sur un réacteur à fluorures de thorium de 500 MW électriques mais le projet n’a pas été retenu car tant Framatome que la Cogema et que le CEA (à l’époque, je me répète) ont freiné des 4 fers pour que cette technologie ne soit pas envisagée sur le sol français. Lourde erreur qui a conduit au sur-dimensionnement absurde et coûteux de l’EPR inadapté à des réseaux mal équipés en lignes de transport 400 KV. Enfin, pour répondre à un certains nombre de commentaires, la France stocke l’énergie électrique en pompant l’eau dans les barrages d’altitude en heures creuses et turbine cette eau en période de pointe (5 % de perte, ce qui est négligeable) et un chantier pilote est en cours de réalisation sur l’île d’El Hierro aux Canaries pour stocker l’énergie éolienne de cette manière. Le pompage de l’eau (éventuellement eau de mer, comme ce sera le cas à El Hierro) est pour le moment le seul moyen de stockage économiquement rentable de l’énergie électrique et il n’y en aura peut-être jamais d’autre aussi rentable et facile à mettre en oeuvre. Et pour en finir avec mon commentaire, la France est le seul pays au monde modulant la puissance disponible de certains de ses réacteurs nucléaires à 95 % plus/moins 5 % de la puissance maximale nominale sans avoir jamais noté de problèmes sérieux.

    1. Le ratio d’utilisation du pétrole en interne par l’A.S. me paraît très large, j’aimerai bien une source. Pour le reste, pas de commentaire (je suis d’accord 🙂 )

        1. Je lis « un tiers » et pas « 50% ». On parle en millions de barils, 17% de différence, c’est notoire.

      1. Apprendre l’anglais

        Selon le BP statistical review de 2012:
        en 2011 l’Arabie saoudite a produit 11.161.000 barils de pétrole et en a consommé 2.856.000, soit 25,6% c’est-à-dire un quart et en augmentation.
        Effectivement dessalinisation de l’eau de mer et systèmes d’air conditionné expliquent en partie cette consommation.
        La troisième raison: 65% de l’électricité saoudienne est tirée du pétrole et largement subventionnée par le gouvernement. Le royaume, qui a adopté un mode de vie à l’américaine basé sur l’usage extensif de l’automobile, bénéficie ainsi de l’essence la moins chère de la région.

  9. Philippe sandron

    Super article. Comme toujours.

    Puis-je me permettre :

    « l’Humanité n’est pas prête de »… près de

    Amicalement.

  10. seboujean

    « l’augmentation assez régulière du prix du baril de pétrole rend l’exploitation du pétrole traditionnel plus facilement rentable dans le pays, et permet d’amortir les coûts de mise en exploitation qui n’ont pas cessé de grimper »

    Peu importe le coût monétaire du baril de pétrole, seul le rendement énergétique compte.

    Si je brûle un baril de pétrole pour extraire un baril de pétrole, est-ce « économiquement rentable »?

    La quantité de pétrole facile à extraire diminue, les techniques de fracturation hydraulique, de forages profonds ou en haute mer ont un ratio petrole consommé/pétrole produit faible (1/4 ?).

    La fin du pétrole bon marché me semble inéluctable.

    Cordialement.

    1. Argument typique d’une mécompréhension de l’économie de base. Nous sommes en France, c’est normal. Un baril extrait qui nécessite plus d’un baril en entrée, c’est un baril qu’il n’est pas rentable d’extraire. Point. Economiquement sans aucun sens, et qui ne se produira pas.
      En outre, tu passes généreusement au dessus de la remarque que, justement, l’énergie disponible continue à augmenter (uranium, thorium, charbon), que cette énergie est déjà très bon marché et n’a pas/plus besoin de bootstrap. Conclusion : on n’aura jamais besoin d’un baril de pétrole pour extraire un baril de pétrole.

      Économie 101.

    1. Alex6

      Petit jaloux va!
      Juste pour rire, ouvre un compte demo et investit sur le DJ pendant disons deux mois.
      Tu nous diras quel est le resultat et peut-etre qu’au passage, tu auras compris comment fonctionne la bourse et cessera de repeter les aneries de tes mentors (Tryo, Melenchon etc…)

  11. peste et coryza

    En fait, c’est tout à fait possible.

    Bail out, subventions à tout crin et piston politique rendent les programmes non énergétiquement rentables, voire humainement et économiquement néfastes, subitement désirables.

    Étant dans les biocarburants, j’en sais quelque chose…

    @H16
    Pour ton thorium et ton urnaium, n’oublie pas l’énergie nécessaire à la construction et le fonctionnement de la centrale… tu verras que ce n’est pas si rentable que cela (l’EPR est le parfait exemple). Ce n’est pas pour rien qu’au Japon, ils se tournent vers le microhydroélectrique couplé.

    1. Même en tenant compte des coûts énergétiques de fabrication et de recyclage, c’est rentable. Le marché a déjà tranché.
      Et l’EPR merde lamentablement … pour des raisons politiques.

      1. Toro

        En parlant de politique, les États-Unis comme l’Europe ne verront aucune renaissance du nucléaire, entre rigidités administratives (NRC, ASN) qui bloquent tout nouveau design de centrales, lobbying intensif des acteurs existants (Areva, GE, Westinghouse/Toshiba), radiophobie des opinions et opposition systématique des bobos au nucléaire. Les chinois et les indiens n’ont pas ces soucis, et investissent sur le thorium et les RSF. Pratique, dans quelques années nous pourrons choisir entre éoliennes, panneaux solaires ou centrales nucléaires de 4ème génération « made in China » – « one stop shop » énergétique.

    2. Cedric

      Il y a une difference de base entre la technologie thorium et la technologie uranium. Le produit nucleaire consomme l’est a 99% au lieu de 1%. Le thorium est plus de 1000 fois plus present sur terre que l’uranium (l’uranium, c’est aussi facile a trouver que du platine).
      Le plus gros probleme des LFTR, c’est qu’il est difficile d’en faire un arsenale nucleaire et le carburant ne coute rien. Le business modele de notre industrie nucleaire etant de vendre a prix d’or le carburant pour les centrales que nous construisons (facon cartouche d’imprimante hors de prix). Forcement, il y a de la resistance.
      Maintenant, les chinois investissent massivement sur cette technologie et seront probablement ceux qui la mettront les premier en production massivement. Pourquoi ? Parce qu’ils ont des quantites collossales de thorium deja prete a etre utiliser, car les mines de terre rare en produise de grande quantite. En fait, c’est terre rare ne sont rare que parce qu’en Europe et aux Etats-Unis, c’est complique d’exploiter un gisement qui produit du combustible nucleaire…
      Je te conseille de te renseigner sur le Thorium et de pleurer sur le faite qu’on ne developpe plus aucune technologie novatrice en Europe… Le futur pour nous, c’est les technologies des annees 60…

  12. Toro

    Merci pour l’éclairage d’expert. Le CEA continue à pousser la filière uranium / plutonium, en misant sur un nouveau surgénérateur au Sodium (ASTRID), type Superphenix, tandis qu’Areva mise sur l’EPR et Atmea, un REP modernisé. Normal vu les investissements réalisés dans la filière uranium / plutonium, des mines du Niger à l’usine de retraitement de la Hague.
    Seule une petite équipe du CNRS à Grenoble étudie le passage au Thorium / RSF : http://lpsc.in2p3.fr/index.php/activites-scientifiques/physique-des-reacteurs/systemes-et-scenarios/rsf–reacteurs-a-sels-fondus
    Mais vue que la majorité des fonds pour la recherche nucléaire sont captés par ITER, et le reste par ASTRID, il doit juste rester aux Grenoblois de quoi se chauffer!

  13. jymesnil

    L’exploitation des schistes est lourdement subventionnée par le contribuable américain, et aussi par le reste de l’humanité à travers le dollar 🙂

  14. Jesrad

    Pour le fun, j’ai produit ce graphe en utilisant l’excellente appli web de WorldForTrees:

    http://www.woodfortrees.org/plot/rss/from:1980/to:1994/plot/rss/from:1980/to:1994/trend/plot/esrl-co2/from:1980/normalise/plot/rss/from:2001/plot/rss-land/from:2001/trend/plot/rss/from:1994/to:2001/plot/rss/from:1994/to:2001/trend

    En bref: la température du monde baisse continuellement et très doucement depuis au moins 1980, sauf pendant une brève période entre 1994 et 2001 😀

  15. guasilas

    Investir dans le gaz de shiste est le choix d’une entreprise, qui espère que ce sera rentable, et pas des econnauds…, pardon, ecologistes, qui espèrent que cela ne sera pas rentable?
    Si ce n’est pas rentable, c’est que le produit est bon marché. Ca permet a tous les utilisateurs de faire des economies et d’investir ailleurs?
    C’est comme ca qu’on sort des crises?

    Non, c’est forcement faux, c’est beaucoup trop simple.

  16. Benoit

    Il y a encore mieux: les z-machines. Mais les militaires veulent se la garder pour produire de l’antimatière.

    « Jean-Pierre PETIT : « Les Z-machines permettent d’envisager une fusion nucléaire pratiquement sans déchets »

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