La France Orange Mécanique ? A scanner darkly

Je viens de lire un livre pas très bisou, définitivement pas vivre-ensemble, politiquement très incorrect, et qui sent violemment les heures les plus sombres de notre histoire. Cet ouvrage fera date et récolte déjà sa moisson de lecteurs, ainsi que quelques passages remarqués en télé et en radio. Bien sûr, il récupère aussi sa brouettée de critiques acides de tout le microcosme des gentils, d’antifascistes de combat et des naïfs effarouchés. C’est normal puisqu’il décrit sans fard la France telle qu’elle est devenue et non telle qu’elle est rêvée par eux…

La France Orange MécaniqueDans « La France Orange Mécanique », Laurent Obertone nous livre dans un packaging efficace le résultat d’une collecte précise de témoignages, de faits divers, de statistiques, d’éléments factuels chiffrés et sourcés, et une analyse de la situation que la collecte lui aura permis de dresser. Et, je dois le dire, la photographie n’est pas très appétissante.

Bien évidemment, je ne vais pas surprendre les habitués de mes billets en disant que la France décrite par Obertone est un pays qui va mal, très mal. Pour un peu, on pourrait le dire foutu. L’auteur ne va pas jusque là, mais s’en rapproche souvent lorsqu’il étale les statistiques connues (et moins connues) de la criminalité en France, de l’état général des institutions régaliennes, et de l’extraordinaire hypocrisie ou de l’incompétence des politiciens devant ce constat. Lui aussi détaille le décalage maintenant gigantesque entre une presse nationale toute acquise aux idéaux moralinés et la réalité glaçante des faits divers qui s’empilent à un rythme soutenu dans une presse locale dont la rubrique « chiens écrasés » devient de plus en plus insoutenable. Bien sûr, il n’appelle pas ça « pignouferie de presse », parce qu’on est bien au-delà de la petite pignouferie, du petit écart d’intelligence, du camouflage de bêtise ou de l’inculture basique. On se rapproche bien plus de l’aveuglement, de la dissonance cognitive pathologique, de toute une profession qui a depuis bien longtemps abdiqué tout sens critique.

En dix chapitres qui se lisent assez rapidement, Obertone décrit les faits, détaille et quantifie les problèmes, analyse les réponses apportées, évoque les siennes. En un peu plus de trois cents pages, il écrit noir sur blanc ce que d’autres ont dit, ont blogué, ont chuchoté ailleurs, et ce que tant d’autres ont oublié, caché ou plus pathétiquement, tu.

Par exemple, il nous apprend l’existence étonnante de cette plainte de SOS Racisme en 2000 concernant le tri ethnique à la prison de la Santé. Oui. Vous avez bien lu « tri ethnique ». Cette plainte a été rejetée par le TGI de Paris, avec un verdict confirmé en appel et en cassation. Eh oui : répartir des individus en fonction de leur race (vous savez, ce mot que Hollande veut gommer), c’est très politiquement incorrect dans le monde libre, c’est autorisé dans le monde carcéral. Mieux : c’est conseillé, l’absence de séparation causant plus de problèmes qu’elle n’en résout. Selon Amélie Trappier, coordinatrice régionale en PACA, « les détenus demandent à être ensemble … préfèrent être avec des compatriotes. » Ce n’est pas très vivrensembliste, tout ça. Mais tant que la presse nationale n’en parle pas, ça n’existe pas.

Par exemple, Obertone rappelle un fait, indéniable, pas bisou du tout : en France, il y a 67.000 détenus. Pas moins de 82.000 peines de prison ne sont tout simplement pas effectuées (et dans ces peines, 0.6% sont des peines supérieures à 5 ans, soit 492 personnes). Taubira annonce que la capacité carcérale va être portée de 57.000 actuellement à … 63.000. Oui, cette excuse qui passe pour une Ministre se fout ouvertement de votre tête de contribuable honnête. Et tant pis si vous payez cher (de votre vie ?) le delta encore existant.

Par exemple, l’auteur nous fournit de nombreuses statistiques, officielles et sourcées (ici, une étude menée par le ministère de la Justice et rendue publique en mai 2011) qui indiquent clairement qu’un individu condamné à une peine inférieure à 2 ans de prison récidivera deux fois plus qu’un individu condamné à une peine supérieure ou égale à 5 ans. La tendance actuelle est aux peines de plus en plus courtes. Taubira applaudit. La comparaison avec d’autres pays permet de mesurer les mêmes tendances.

Coïncidence ? Vraiment ? Êtes-vous prêt à prendre le risque ? Non ? Vraiment pas ? Ce n’est pas grave, on ne vous demande pas votre avis de toute façon.

Dans ses deux derniers chapitres (numérotés « 2 » et « 1 », avant la conclusion, « 0 »), Obertone montre de façon assez claire le différentiel de traitement de l’actualité en fonction des protagonistes, l’importance des associations (antiracistes, féministes, et plus généralement, toute cette populace obstinée qui entend gommer toutes les discriminations et en introduit de pleines brassées, encore plus insupportables), fournit des cohortes de chiffres statistiques sourcés sur la criminalité, en France et en Europe, qui permettent de dresser un tableau beaucoup plus précis, plus froid, et terriblement moins câlin de la situation telle qu’elle est et non telle qu’elle est rêvée par ces associations. Le démontage des lieux-communs est sans pitié, mais il est nécessaire. Il est surtout suffisamment bien fait pour ne laisser aucune place aux atermoiements ridicules des progressistes de tous crins. Le rôle du collectivisme, de la culture de l’excuse si chère à cet humanisme de pacotille dégoulinant d’une gauche politicienne calculatrice, est fort bien démontré dans l’ensemble du livre.

A ce sujet, je vous encourage à regarder en détail les documents officiels de l’Office National de la Délinquance et de la Réponse Pénale (ONDRP) qui sont fort bien faits et disponibles en ligne, par exemple ici pour 2012.

Les dernières pages de l’ouvrage laissent une question en suspens : combien de temps cette situation pourra-t-elle durer ? Obertone n’y répond évidemment pas, mais les paragraphes et chapitres qui précèdent ne laissent aucun doute sur la violence qui résultera d’une remise à zéro des compteurs si rien n’est fait pour endiguer la pression qui monte, tant du côté des victimes que du côté des agresseurs. Petit à petit, les médias et les politiques ont habilement déplacé le couvercle de la cocotte minute des agresseurs vers les agressés. La foule, très nombreuse, est obligée de se contenir. La France n’est déjà plus, à proprement parler, un pays, une nation. C’est plutôt une nassion, un pays devenu un véritable piège pour certains de ses habitants.

Un seul regret, cependant : Obertone n’insiste à mon avis pas assez sur la cause racine de tout ce mal, cause qui se trouve finalement chez la plupart des citoyens. Il s’agit de ce désir si puissant de sécurité qui aura poussé les uns à vouloir réglementer la vie des autres, et qui aura conduit le législateur à produire ces monceaux de lois dans laquelle il aura enterré les tribunaux, les magistrats, la police et la gendarmerie, pour le plus grand bonheur d’une « élite » politique trop heureuse d’accéder aux demandes variées parce que connaissant trop bien la fameuse maxime de Tacite : « Corruptissima republica plurimae leges » (Plus l’État est corrompu, plus les lois se multiplient). Bientôt, les flics et les juges se sont retrouvés à traiter tant et plus d’affaires accessoires, gérer des crimes sans victimes, et des victimes sans crimes, qu’ils ont oublié le sens même de leurs missions. L’insécurité ne provient plus de ce qu’il n’y a pas de police ou de justice, mais que ces derniers sont bien plus occupés à choper de l’automobiliste ou du contribuable que d’enfermer des violeurs ou des cambrioleurs.

Néammoins, ce livre devra être lu par ceux qui veulent comprendre, par ceux qui ont gardé les yeux ouverts ou ceux qui veulent les ouvrir. Il sera, bien sûr, conspué par ceux qui ne veulent surtout pas sortir de leur rêve, de leur monde rose et doux, ce monde où tout le monde s’aime, tout le monde peut vivre-ensemble, où chaque problème peut se régler moyennant quelques lois et des milliards d’euros d’argent des autres jetés à la face des récalcitrants.

Attendez-vous déjà aux anathèmes jetés sur Obertone. Prenez les paris : il sera cloué au pilori des bien-pensants.

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Commentaires105

  1. Le Gnôme

    Sur le délire législatif, on peut citer Montesquieu: Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.

    Il me semble avoir lu que la délinquance avait beaucoup baissé aux Etats-Unis. Enferment ils plus ?

    1. Lib

      Oui, beaucoup plus. J’ai en tête le chiffre de 2 millions de prisonniers pour une population 5 fois supérieure à la nôtre.

      Peut-être un excès inverse.

      1. C’est un peu comme en France : si on supprime les crimes sans victimes (les types qui se droguent) et qu’on ne s’occupe plus que de la partie mafieuse des trafics (extorsions, violences, …), le nombre de détenus chuterait pas mal, aux US aussi.

        1. No_name

          Aux US, ce qui fait aussi la différence, c’est la possibilité de légitime défense.
          Personne n’ira pleuré sur le sort d’un cambrioleur qui se fait trouer par sa victime une fois passé le seuil de la maison. En France, il vous faudra prouver que vous n’aviez aucun échappatoire et que la défense était « proportionnée », terme fourre-tout qui permet d’invalider bon nombre d’auto-défense à l’arme à feux.
          De plus, les états-unis, contrairement au mythe très populaire en France, n’ont commencé à réintroduire les permis de ports d’armes que récemment (dans les années 1980), et cela dans certains états seulement. Or les statistiques montrent, même si l’honnêteté nous empêche toute corrélation directe, que cela correspond à la baisse de la criminalité violente.
          De plus, contrairement à la France, on à l’impression qu’un crime ou un délit entraîne systématiquement une peine, même si celle-ci n’est pas forcement carcérale. Par exemple, alors que la détention d’arme ou le permis de port d’arme est très rependu, un port non autorisé vous conduit en taule. Pas en France, en dehors de la garde à vu, le délinquant ne verra pas la couleur d’une prison, il écopera d’une peine de sursis, ou de moins de deux ans, donc sans incarcération réelle.
          Il en est de même en Belgique, ou selon certains policiers, en off, une peine inférieur à 3 ans fermes n’est quasi plus effectuée, car sans mandat de dépôt.

        2. NP

          Pas d’accord. Le vrai problème aux US, est la durée des peines, qui vient du fait que dans un évènement délictueux, l’ensemble des délits va voir s’appliquer la peine correspondante. Je m’explique :
          En France, pour un vol à main armée en bande avec prise d’otages et fuite, le voleur arrêté s’en tirera probablement avec 8 ans de prison dont 4 fermes, ce qui veut dire qu’avec les remises de peine, il sera libre au bout de 2 ans.
          Aux US, il prendrait 10 ans pour le vol, 10 parce qu’il était armé, 20 parce qu’il était en bande, 20 pour la prise d’otage et 10 pour le délit de fuite. En gros, pour le même vol, le type ferait 70 ans de tôle, avec peu d’espoirs de libération anticipée.
          Donc si les Us ont plus de prisonniers, c’est aussi que les peines sont plus longues et que les types sont pas remis dans la nature comme ca.
          Ensuite, le systeme pénal US fait que l’accusé s’en sort beaucoup moins au bénéfice du doute qu’en France.

    2. JS

      Très honnêtement pour moi les US ne sont pas du tout un exemple en la matière.

      Dans certains endroit vous pouvez par exemple vous choper une amende pour avoir manger sur la plage ou garé votre voiture en marche arrière sur un parking..

      Et je ne parle pas de la présence policière à la limite du supportable.

      1. Tea Party

        Si c’est interdit de manger sur la dite plage, pourquoi le faire ?

        Ce sont au début exactement ces raisonnements, qui amènent à terme la chienlit actuelle.

        La seule chose de rageante, c’est quand on se fait verbaliser, pour ne pas avoir vu les interdictions, mais quand on a reçu une certaine éducation, on s’excuse, (on paye, aux USA, il y a intérêt !) et on ne recommence pas ! point final.
        Où est le problème ? Insulter les forces de l’ordre, comme on le fait en France, et recommencer de plus belle, c’est mieux ?

        Quant à présence policière omniprésente et effectivement intraitable, c’est bizarre, mais quand on est honnête et respectueux, elle ne dérange pas du tout bien au contraire

        1. eheime

          Ca ce n’est pas vrai. De la flicaille, j’en ai pas mal croisé (du genre probablement 10 fois plus qu’une personne lambda) et honnêtement, à part 5 à 10% de cowboys qui se croient obligés de s’exprimer sur un ton agressif pour ‘impressionner’ (syndrome du qu’a-rien-dans-le-pantalon), tous les autres ont tous été corrects. Je parle juste de l’attitude, pas du bien-fondé de la sanction.

          Après si tu les insultes, là je ne sais pas, je ne l’ai jamais fait, et je pourrais comprendre un certain agacement.

          Aux US, je confirme pour la politesse, un flic de campagne m’a montré mon chemin sur plusieurs dixaine de km (j’étais complètement paumé ). Pour la sévérité, je sais pas, je me suis fait souvent doubler à bonne allure (comprendre au delà de la limite) par des locaux qui visiblement n’en étaient pas à leur coup d’essai. Ils n’avaient pas l’air de trop craindre la police. Etat de Californie.

          Sinon pour en revenir dans le débat, je ne suis pas pour des peines ‘exemplaires’ et stupides (du genre amende pour défaut de maillot de bains et conneries du genre) , mais par contre il faut que les peines soient appliquées. Sinon il faut supprimer les sanctions.Question de cohérence.

      2. Marc Aurèle

        @JS
        Hmm, ceci est un cliché, non. ? 15 ans de vie aux US ne m’ont pas du tout donné l’impression qu’il y avait trop de flics, au contraire. Par contre, des règles il y en a, et il faut les respecter. Simple. A vous de choisir votre coté. Par contre faudra pas venir gémir si ne les respectant pas, vous vous faites attraper, car vous finirez quasiment toujours par vous faire attraper aux US… et là, la punition pourra vous sembler dure.

        Un exemple !
        Il y a peu, à l’arrivée à l’aéroport de Washington, avant de passer à l’immigration, 3 compères français dans les 35 ans chacun, du type en survêtement, je parle à voix haute et forte, on va pas se laisser emm.. et qui semble-t-il étaient prêts à en découdre, ont voulu couper tout droit et passer sous les cordons plutôt que de suivre la file en zig-zag qui mène devant les cabines des officiers de l’immigration US. Ce faisant, ils sont passé devant un certain nombre de personnes, visiblement pas contentes mais qui n’ont rien dit. Rien de bien grave, juste les petits tricheurs habituels, qui méritaient bien les deux claques que personne ne leur avait encore donné. Sauf que là, il y avait un policier (une dame) qui les a laissé faire et qui les a cueillis à la fin de leur petite tricherie. Elle leur a demandé de bien vouloir venir auprès d’elle, ce que les joyeux (encore à ce moment-là) drilles, on fait, non sans se permettre en français, courage ! quelques réflexions pas vraiment bien placées, que la dame a semble-t-il perçues. Ne semblant pas vouloir se calmer, elle a appelé un de ses collègues, policier de l’aéroport qui les a priés de le suivre. Là, chez les tricheurs, on ne rigolait plus du tout. Je suis resté dans la file d’attente, saturée, pendant 50 minutes. Je les ai vu ré-émerger du bureau où ils étaient questionnés (?) après disons, 45 minutes. L’officier les a reconduits … à la fin de la file d’attente. Il faut dire qu’elle s’était bien allongée des passagers de notre A380 et d’au moins deux autres avions, environ 800 passagers ? Parfois le destin nous gratifie d’une forme de justice, la mine défaite de nos trois crétins valait bien la moitié de l’or de Fort Knox.

        1. Je ne suis pas surpris. Pour avoir vécu quelques années là-bas moi aussi, j’ai noté que les Français qui se la jouaient un peu trop Français devaient rapidement réajuster leur conomètre.

      1. Hugues

        J’ai lu le bouquin (il n’est pas encore à l’Index) que j’ai trouvé très franc et les critiques qui se confondent dans les mièvreries et les acrobatie linguistiques du Politiquement Correct (selon Volkoff, évidement). En effet, si ce pays n’est pas encore foutu, il est sacrément dans la merde! Et ce n’est pas le sexe des anges qui va régler grand chose…

  2. NoName

    Excellent article, comme toujours.
    J’avais déjà entendu parler de ce bouquin en trainant sur le site des éditions Ring. Si le bouquin vaut vraiment ce que tu en dis, ça va être ajouté sur ma liste au père Noël !

        1. Aristarque

          Mais non, c’est l’appellation incroyablement machiste de « Père » qui va disparaître comme maternelle pour l’école, grâce à la vigilance de NVB ou d’autres qui cherchent à remplir la vacuité de leurs journées par du brassage d’air. Aucune idée de ce qu’ils trouveront pour le remplacer mais avec dix mois de marge et du temps libre comme ils ont, cela se réalisera!

          Je ne sais pas pour vous mais pour moi « Luke, je suis ton père » sonne mieux que « Luke, je suis ton parent n°1 » ou « Luke, je suis un de tes ancêtres au rang N-1 ».

          Enfin, je suis peut-être le seul à le penser, hors d’ici…

  3. breizh06

    Le « vivre-ensemble » est une arnaque des hommes de l’Etat qui n’ont peur que d’une chose: que la gestion de la solidarité (éducation, charité, hospitalité..) leur échappe.

    La solidarité s’exerce d’abord envers ceux qui nous ressemblent. L’anthropologie nous apprend que la solidarité est une valeur innée, et que depuis Neandertal les hommes soutiennent leur « clan », leurs « gènes ». Racisme est un gros mot, ethnocentrisme ne l’est pas.

    On vient de nous imposer en 40 ans de basculer dans le communautarisme. Les hommes de l’Etat croient être plus fort que les réflexes innés.

    Plus je vois de femmes en tchador, plus je me dis que la fin de l’Etat-nounou est proche.

    1. breizh06

      J’ajoute que les gauchistes ont une schizophrénie à donner des « droits » aux communautés, mais de leur interdire les signes de différenciation visible pour empêcher les crispations anti-solidaires que la masse pourraient avoir envers eux.
      Aucun libéral ne fait de fixation sur le port de signes religieux dans l’espace public.

  4. Yrreiht

    Mon très, très cher h16,

    dont la plume et l’humour égaye notre triste quotidien d’un monde qui agonise,

    il semble bien que votre sens de l’humour vous quitte petit à petit, au fil d’une actualité certes de plus en plus dramatique où le côté burlesque est désormais étouffé par le côté tragique et finalement pas drôle du tout, tout prévisible et annoncé qu’il était.

    Depuis quelques billets, c’est toujours aussi bien argumenté et aussi bien visé, mais ce n’est plus tout à fait le même h16… C’est plus « sérieux », moins amusant. Peut-être est-ce une adaptation judicieuse puisque nous glissons vers toujours plus de drames individuels et collectifs, et que l’humour dans ces circonstances devient franchement déplacé.

    Qu’en pensez-vous, commentateurs ? Faut-il encourager h16 à continuer à se moquer dans l’allégresse malgré le drame qui se précise jour après jour ?

    Bonjours tristesse… Le fils d’une collègue c’est suicidé il y a peu. 25 ans, en bonne santé physique, jeunesse bouchée, sans emploi et pas d’avenir croyait-il. En rire ou pas de notre société en phase finale, ce qui est notre seule consolation…

    1. C’est triste parce qu’il était probablement bien plus coincé dans sa tête qu’en réalité. A 25 ans, le monde lui appartient, à condition de le vouloir un peu. Quand je parle de « fuir » la France, le mot « fuir » n’est pas choisi au hasard.

      Pour ce qui est du glissement, ça dépend. Il y a des sujets plus rigolos que d’autres.

      1. Peste et coryza

        Faut voir…

        Une fois que la dépression est installée, il est très dur de s’en sortir…

        Sans compter que la dépression mine la motivation, ce qui mine les entretiens et les concours, ce qui in fine mine d’autant plus vos chances de sortir de la dépression.

        D’autres se mettent à l’alcool ou aux joints…

        Dans un autre registre, une chercheuse d’un des labos où j’ai bossé s’est flinguée.
        la raison ? 40 ans, travail envahissant, pas de mari, ni de mômes. Bref, une vie vide de sens à ses yeux.

        1. channy

          @Peste et coryza

          pas faux ce que vous dites, mais comme le dit H16 par « fuir »dans ce cas c’est une question de survie.
          On a encore le choix dans la vie, le tout c’est d’assumer ses choix et leurs conséquences..
          j’ai déjà vécu une période de dépression,au bout de long mois on voit tout en très sombre, on est agressif pour un rien etc ,j’ai pas choisi le shit ou la farine, ni la kro ou la vinasse, j’ai pris mes économies et me suis barré à l’autre bout du monde, c’était cela ,ou( en fait je ne sais pas)
          J’ai vécu sur mes économies chichement, bossé pour 150 euros par mois(illégalement) bref je me suis refait un moral en béton pour revenir temporairement dans ce pays décidément bien malade…
          cerise sur le gâteau c’est durant cette période que j’ai rencontré mon épouse.

    2. eheime

      @Yrreith

      C’est comme les suicidés de France Telecom.
      Il est vrai que ce pays sent pas l’avenir prometteur, de meme qu’il y a peut etre pas la super ambiance à France Telecom , mais le suicide revele surtout la personnalité propre plus que l’environnement du suicidé.

      Comme dit H16, à 25 ans il n’y a que l’embarras du choix de choses à faire dans la vie. Et meme à 40 d’ailleurs.
      Quant à ce pays, s’il freine l’envie d’entreprendre ou plus simplement de s’accomplir professionnellement, on à tout de meme pas la Stasi aux fesses. On peut quand meme faire des choses. Un blog par exemple 😉

      1. ODE

        Bonjour,

        ce sont des paroles d’optimistes! Pour des personnes dépressives, elles ne veulent rien dire.
        Par contre, je pense que notre société est dépressive et que cela influe considérablement sur les comportements, généralement sur « l’envie de vivre », la joie, la paix. Il est loin d’être facile de résister dans une société qui valorise de plus en plus le « mieux fait », le plus riche, le plus drôle, celui qui a le meilleur job, celui qui est le plus zen, celui qui a su le mieux s’accomplir, etc.
        La vie est difficile, parce que le voisin a toujours qch qu’on n’a pas et qu’on imagine faire son bonheur – une belle ligne, un beau salaire, des enfants, etc.
        Sans compter le chômage, les inégalités criantes en termes de logement – être un père de famille et s’apercevoir qu’on est obligé de faire vivre ses gosses dans une banlieue sordide? , et, pardonnez-moi ce n’est pas très économique, l’individualisme ou le manque d’amour généralisé: la vraie attention à l’autre, le souci de l’autre, le souci de lui dire que sa vie vaut le coup. Mais, c’est-ce pas, quand on parle d’éliminer les gens non parfaits (handicapés, vieux, fous), forcément chacun en prend pour son grade: et moi, quand est-ce qu’on m’élimine?
        Ces dernières années on a travaillé à couper la jeunesse de ses racines et à ne pas la rendre fière de sa patrie (donc de « pères » qu’elle voudrait suivre: peut-être une notion abrutissante, bête, mais au moins elle donne une raison de vivre!); maintenant on travaille à couper chaque enfant de sa filiation.
        Et soudain, tout soi-même, son histoire, son corps, son être, nous apparaît comme inexistant, occupant une place sans raison, inutile et bête. Et tout le monde s’en fout, parce que toutes les relations sont fondées sur l’extérieur: tu vas bien? Oui, ça va, et toi?
        Parce que, ce qui nous importe à nous parents quand nous éduquons nos enfants, ce n’est pas de nourrir leur âme, ce n’est pas de leur donner une raison valable de vivre (sinon, c’est vrai, pourquoi accepter de vivre 100 ans dans ce monde pourri?), ce n’est pas de leur dire que leur existence même est un cadeau ou que, plus tard, ils deviendront chevaliers pour aller combattre les dragons et qu’on sera fiers d’eux – non, c’est de les inscrire en première S, ou encore au cours de foot, ou de les faire jouer à la DS puis de leur offrir un téléphone portable histoire qu’ils ne connaissent que les plaisirs éphémères et pas le bonheur complet, long et profond de la lecture.

        bref, on fabrique des générations de suicidés.
        L’argent? La foi? Plus personne n’en a…

        1. Sanksion

          Un vieux à un ancien boulot m’avais dit ça, que sa génération avait laissé aux prochains un monde bien gris. Je lui ai répondu avec le sourire : oh tu sais, tant que je ne suis pas dans une tranchée.

          Tout ça, le bonheur, la dépression, c’est dans la tête. De la chimie. Qu’importe la politique, l’économie, les médias.

    3. Alexandrov

      Le problème est que plus le système socialiste à la française s’enlise, plus les faibles trinquent.

      Je ne sais pas comment je réagirais si j’avais 50 balais et m’apprêtais à être lourdé de mon usine, alors que l’état-maman me répète depuis toujours que j’aurais, avec mon CDI, un emploi à vie.

      J’ajoute que, étant ouvrier et parfois peu qualifié, je ne parle pas anglais et n’ai jamais eu de vision d’un monde ouvert dans lequel je pourrais refaire ma vie, au UK ou en Asie par exemple.

      Je n’ai pas non plus de savoir-faire « up to date » à vendre.

      Ce système est une abomination, et comme toujours les plus faibles, ceux qu’on dit défendre, en sont les premières victimes.

  5. hussardbleu

    Non pas, ami Yrreiht…. il suffit de lire son « Epuration du Langage » récente, où le rire s’accorde si parfaitement à la rigueur de l’analyse !

    H16 est un authentique moraliste, dont les billets sont admirablement adaptés à la situation actuelle…. que faire, sinon être gai devant la catastrophe ?

    Rivarol le disait déjà, dans une période avec laquelle je ne vois que trop de similitudes : « La France ne rit plus, et la gaieté française a passé comme une ombre »…

    « Notre » H16 est un de derniers à savoir si bien manier la gaieté vengeresse du désespoir.

    1. Marianne

      Entièrement d’accord : l’avalanche d’informations tronquées et orientées qui nous arrivent chaque jour est heureusement compensée par la lecture d’H16 et de ses chroniques joyeusement désespérées.

      1. Théo31

        La fin du national-socialisme franchouille. Mais vu le pays de cons qu’est devenu la France, ce ne sera pas pour rebâtir un pays de liberté et de prospérité.

        Une seule solution : quitter ce pays et ce continent.

    1. « 1) c’est fdesouche mis sur papier 2) c’est contradictoire : si les médias ne parlent pas de ces crimes, comment l’auteur a-t-il fait pour citer tant de médias dans son livre ? »

      C’est un peu (pas mal) plus subtil que FdeSouche, quand même, hein. Il y a bel et bien une analyse, sur laquelle on peut débattre. Quant à la solution, il ne l’explicite pas, mais revenir à une justice qui s’occupe vraiment des délinquants et des criminels (les vrais), en nettoyant les lois, en arrêtant la culture de l’excuse et de la minimisation, ça me semble un bon début. Et quant aux médias, il explique, à raison, la dichotomie énorme entre la presse locale, qui ne vit que par ses lecteurs, et la presse nationale qui vit de subventions.

      Bref : le livre a certainement des défauts (l’insistance sur les faits divers sordides, qu’on peut juger trop importante, par exemple), mais pas ceux-là.

    2. prout

      J’ai une solution simple : reprendre tous les codes (code pénal, code civil, code du travail etc…) de 1950 et les appliquer à la lettre.
      Brûler ces tas de merde qui nous servent de lois actuelles, et bien sûr, recouvrer notre souveraineté en quittant l’U.E, condition sine qua non à tout changement

  6. gem

    Plutôt qu’à des anathèmes et un pilori, je m’attend à ce qu’il soit simplement ignoré, enveloppé dans une ouate de silence poli. Pas d’article dans libé et le monde. Quelques invitations sur des plateaux marginaux de la TNT ou après minuit sur des grandes chaines, et ce sera fini.

    1. Je ne pense pas : c’est un livre qui a été assez bien marketé et qui dispose déjà des voix de certains éditorialistes connus. C’est aussi un bon produit marketing que les gens veulent lire. Donc, on en parlera. Mais pas pour dire qu’il a raison ou qu’il pose des questions gênantes.

      1. gem

        Et bien tant mieux si je me trompe. Mais je viens de faire une recherche sur les sites du monde et de libération sur le mot clef « laurent obertone » : rien, zéro, nada…
        Un bon tirage c’est bien, mais nos zélites s’en foutent royalement : si ça parle de la réalité c’est forcément mauvais (réac, HLPSNH, etc.), et si c’est bien fait, inattaquable, et bien il l’ignore, c’est tout.

  7. max

    Droit de réponse de l’auteur :

    « Vous dites carrément que je suis un « complotiste ». Les fantômes, les ovnis et l’insécurité, même combat ? L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, les criminologues, les policiers, les victimes, les citoyens inquiets, tous des illuminés. Il n’y a pas de prisonniers, que des innocents sacrifiés. Que vous répondre, Madame, sinon que la secte des yeux ouverts vous salue. »

    http://www.atlantico.fr/decryptage/france-orange-mecanique-non-livre-est-pas-machine-alimenter-boite-fantasmes-cafe-commerce-laurent-obertone-624823.html

  8. Guillaume

    Mouais, cette rengaine revient depuis les années 50 et les blousons noirs…

    Autant je suis toujours partant pour critiquer les idéologies de nos gouvernants, autant ce genre de livre qui exploite les peurs pour vendre, m’insupporte.

    1. Je ne vois pas trop où il exploite la peur. À la limite, tu aurais dit « colère », « frustration », j’aurais compris. Mais peur, je ne vois pas.

      1. Yrreiht

        Hé oui Guillaume a probablement reprit une phrase toute faite genre « antiFN » ou « antipopulisme » où il est question de jouer sur les peurs de l’Autre pour ne pas stigmatiser les heures le plus sombres qui surfent sur la vague.

        C’est de la novlangue mâtinée d’idiocratie télévisée, faut s’y faire…

        1. simple citoyen

          En ce qui concerne l’évolution des crimes et délits, le mythe du « c’était déjà comme ça » est totalement faux et a été réfuté à de nombreuses reprises.
          Ensuite, en ce qui concerne l’instrumentalisation de la peur, il faut savoir de quoi on parle. Quand les gens ont peur, vous dites quoi? Que ce sont des réactionnaires qui vivent de clichés et qui n’ont pas accepté l’évolution du monde? Ou vous considérez légitime leur malaise? Que penser de toutes les analyses qui cherchent absolument à accréditer une différence entre violence réelle et violence ressentie? Qu’est-ce au juste que ce type d’analyse, sinon in fine la négation d’un de nos droits naturels les plus essentiels: le droit de vivre en sécurité. Prenons un exemple: une loi est votée qui déclare que l’état pourra au choix tuer, enfermer, violer, molester, torturer ou dépouiller entre 500 et 1500 personnes par jour. Les gens seront choisis selon une procédure extrêmement complexe et totalement opaque. Les forces chargées de son exécution auront toute latitude quant au mode opératoire, mais devront veiller à l’aggravation de l’agression en cas de résistance de la victime choisie. Enfin, qu’un tribunal d’exception jugera les individus qui auront résisté au forces de l’ordre ainsi en mission, en particulier si ceux-ci sont blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions. Vous diriez quoi? Que si les gens ont peur en conséquence, ce sont des idiots, des réfractaires au changement? Que si un journaliste écrit sur le sujet il exploite les peurs? Que de parler même des chiffres, de tenir un compte de ceux qui seront tués, violés, volés ou molestés est délétère, voire irresponsable? Diriez vous que le fait que tout le monde a peur est totalement déraisonnable au regard du nombre effectif de personnes concernées par l’application de cette loi? Diriez-vous que les 300 000 personnes ainsi concernées annuellement ne représentant que 0,46% de la population, cette dernière est irresponsable d’avoir peur? Que ceux qui critiquent cette loi ne sont que des va-t-en guerre qui jette de l’huile sur le feu et sont des salauds vivant de la peur qu’ils vendent?

        2. eheime

          « le mythe du « c’était déjà comme ça » est totalement faux  »

          > pas si faux que ça quand même.
          Fuat quand même voir que l’invention du billet de banque a pour origine le fait de se faire détrousser sur le chemin.
          On circule à droite car c’était le bon côté du sabre en cas d’attaque surprise …
          Et s’il est qu’on pouvait laisser les clefs de sa voiture sur la portière il y a quelques années, il était aussi vrai que les gens étaient peu mobiles et se connaissaient tous …
          Après si tu veux refaire l’Histoire, libre à toi.
          Pour moi il y a eu une evolution positive. Je ne vois pas pourquoi on pourrait pas continuer. Il n’y a donc aucune raison de se satisfaire ou d’excuser une augmentation de la violence.

          1. « On circule à droite car c’était le bon côté du sabre en cas d’attaque surprise … »
            Non. Napoléon a fait changer le sens de circulation (avant, tout le monde le faisait à gauche) pour rendre plus difficile un combat (les gens étant majoritairement droitiers, le combat se fait croisé lorsqu’on circule à droite, et du bon côté de la main porteuse si on circule à gauche).

            Quant à l’évolution, elle est la suivante : moins d’homicides, plus de petits délits et de petits crimes, augmentation de la violence des crimes sans mort d’homme (un individu qui restera paralysé toute sa vie est vivant, hein).

        3. Tea Party

          Avant, au moins la coercition existait, personne ne rigolait avec les auteurs des crimes, et quoi que l’on en dise, avec la tête séparée du corps, il est à priori très difficile de récidiver.

          Avant, les galères, le bagne de Cayenne, les prisons, n’étaient pas des annexes du Club Med comme actuellement.

          Je fus marqué à jamais par le livre de l’ancienne présidente de SOS Attentats, Françoise Rudetzki, qui à tout perdu : son integrité physique, eut le SIDA, à cause des transfusions, perdu sa société, son couple, pour survivre péniblement en souffrant, et qui n’avait plus les moyens d’avoir la télévision dans sa chambre d’hôpital, pour ses multiples opérations, hors que les rares poseurs de bombes arrêtés pour l’attentat du Grand Véfour, eux l’avaient.

    2. Rupert

      Bah ! C’est plus ou moins l’argumentaire des bien-pensants qui nous gouvernent, justement, et qui préfèrent consacrer leur septennat (ou quinquennat) à la mise en place de radars au bord des routes ou à d’hypothétiques alternatives à la prison plutôt qu’à une restauration de l’état de droit dans des zones de plus en plus étendues du territoire. Au prétexte que la délinquance et le crime ont toujours existé (les blousons noirs), ce qui est entendu. Seulement, dans les années 50, l’Etat disposait de moyens coercitifs tout à fait appropriés à leur répression (établissements d’éducation surveillée jusqu’en 1975, peines de prison, bagne jusqu’en 1947, peine capitale jusqu’en 1981). A présent, il n’a plus les moyens, ni la volonté politique de réprimer les crimes et délits et cela pose problème à de plus en plus de gens, en particulier aux victimes de plus en plus nombreuses du vandalisme et des cambriolages. Mais peut-être n’est-ce pas encore votre cas ?

    3. Pascale

      J’étais jeune dans les 50 et les 60. La violence était absente. On pouvait se promener dans Paris, à n’importe quel moment en toute sécurité.
      Ca a commencé dans les 80, décennie de la naissance de mes enfants, je m’en souviens bien.
      Tous mes enfants et tous leurs copains, absolument tous, se sont faits agresser au moins une fois. C’était quelque chose d’impensable, de conceptualisable par les esprits des jeunes des 50 ou des 60 et même des 70, puisque c’était l’inconnu absolu. Se faire rançonner ou casser la figure dans la rue, voir un train se faire prendre d’assaut par une bande de jeunes criminels ? la barbarie dans les rues ? comment serait-possible ?
      Il faut arrêter avec cette soi-disant « sensation » d’insécurité. Mes parents n’ont jamais eu peur pour moi de me voir me promener dans la rue, moi, je tremble, à juste titre et selon mes expériences vécues depuis les 80, quand je sais mes enfants dehors.
      Et je vous assure que les blousons noirs étaient de gentils gamins à côté de ce que nous connaissons aujourd’hui en France

      1. Lib

        Il faut revoir « les compères » film réalisé en 83 pour voir ce que la société considérait à l’époque comme la jeunesse violente. C’est tout à fait attendrissant aujourd’hui.

    4. Monge

      Les blousons noirs c’est plus tard, années 60-70. Et il n’y pas de traces dans les statistiques pénitentiaires d’une représentation plus importante que d’autres de ces jeunes en prison. En revanche il y avait de beaux affrontements entre bandes (comme à la même époque les mods et les rockers, etc). Il est vrai que la guerre d’Algérie permettait de se défouler et que l’échelle des peines laissait à réfléchir avec des magistrats peu bisounours.
      D’ailleurs à l’époque les magistrats représentaient l’ordre moral et l’anarchiste Brassens se fait connaître du grand public avec « le gorille ». Aujourd’hui aucun d’entre eux n’est plus critiqué par les médias car ils ne représentent plus la société mais une partie d’entre elle, qui habite les beaux quartiers, avec les journalistes.
      Les Français qui habitaient les grands ensembles de cette époque étaient de la classe moyenne et Sarcelles ou La Duchère à Lyon comme la Rose (quartiers nord de Marseille) avaient peu de problèmes.
      Aujourd’hui les choses y ont changées car les gens n’y sont plus les mêmes. Je vous suggère de vous rendre à tel ou tel endroit dont je peux vous indiquer les lignes de métro ou de RER pour vous rendre compte par vous-même, de visu, sinon de tactu…
      Ce livre n’exploite pas les peurs, il recense les moments où des GENS ont soufferts, ont vu leur vie anéantie. Avez vous d’autres compilations de ce type?
      Moi ça ne m’insupporte pas, mais c’est vous qui me faites peur.

      1. Tea Party

        On se calme, les  »blousons noirs » étaient avant tout une mode, pour les ‘’ rebelles ’’, car elle horripilait et faisait hurler nos parents, donc qui était extraordinaire ! sans parler que pour plaire aux filles ….. mais qui n’avait rien à voir avec la délinquance.

        La vieille image éculée des chaines de vélos, n’existait pas, où ceux qui l’utilisait en attaque comme en défense, faisaient partis des crans biens supérieurs aux petits zozos comme nous, qui voulaient seulement jouer les bad boys rockeurs.

    5. Robert Marchenoir

      Dans son livre, Laurent Obertone réduit à néant, précisément, ce copié-collé gauchiste selon lequel « ça aurait toujours existé », et en particulier cet exemple le plus stupide qui soit : les blousons noirs.

      Comparer les blousons noirs et la délinquance actuelle en France, c’est comparer une fronde à élastique à un char Abrams.

      Voyez les faits et les chiffres rapportés par Obertone. Les statistiques historiques existent. La délinquance a explosé depuis les blousons noirs, en quantité et en cruauté. Ca n’a absolument rien à voir.

    1. Aristarque

      Et, à Paris, il y sera ajouté une salle de shoot très bientôt pour que les gentils drogués puissent s’injecter sous contrôle médical de façon à ce qu’ils ne risquent pas l’infection ou la casse d’aiguille…

  9. prunelle

    Je vais peut-être débiter des lieux communs mais tant pis. J’ai travaillé récemment dans une cour d’école CM1 donc pour surveiller des gosses de 8 ans environ. Ce que j’ai vu m’a conforté dans ce que soupçonnais déjà, tous les travers qui minent notre société sont déjà là : culture permanente de l’excuse,le môme n’a jamais tort et ses parents sont d’accord avec lui, le môme à tous les droits, vous bousculer, vous injurier, ne pas vous dire bonjour etc… et pas grand monde pour lui rappeler ses devoirs. Les adultes qui les « éduquent » et les « encadrent » protestent mollement et pas longtemps car, vue l’ampleur de la tâche, ils sont vite démotivés. L’enfant est suradmiré par les parents et les enseignants transformés en pédo psychiatre. On observe des caricatures d’adultes, qui vous parlent comme des adultes, qui s’habillent comme des adultes, qui revendiquent des biens de consommation en permanence, qui sont noyés dans la sous culture de la télévision qui consiste à aduler les héros qu’on mérite : des médiocres de parade. La plupart des valeurs sont inversées, ils sont 40, il y en a 4 qui vous disent bonjour, le sport, surtout le foot, est le détonateur
    de leur agressivité permanente, ils sont dans le hurlement , le rapport de force, les clichés sexistes, le regard est insolent car personne ne les remet à leur place d’enfant. Tout les ingrédients sont là pour que beaucoup d’entre eux soient formatés dans la victimisation et la perte de repère. Je plains beaucoup cette génération quand elle va se heurter au réel et tous ceux qui vont se trouver sur leur passage…

    1. Pascale

      Oui, les gamins sont « élevés » dans la notion d’enfant roi et surtout dans le non apprentissage de la gestion de ses frustrations.
      Vous parlez de devoirs ? quand on voit que l’on ne parle plus que de droits qui n’ont absolument aucun sens comme le droit au logement, le droit au mariage et j’en passe.

    2. Tea Party

      Dans un autre domaine, mais qui corrobore le votre, quand on discute avec des syndics de copropriété, même celles dites de haut standing, ils vous disent tous la même chose. Les enfants ne respectent plus rien, mais ils sont sacrés, quand on les reprend, ce sont les parents qui prennent leurs défenses, souvent agressivement voire violemment. Résultat, ils font leur loi, au détriment total des biens et du bien être d’autrui. Certaines résidences sont en train, de se dévaluer grandement, à tous les niveaux, à cause de cet état de fait.

      Je vais acheter ce livre. J’ai suivis le débat avec l’auteur, chez Naulleau/Zemmour, il y a un chiffre qui m’a fait frémir et fait comprendre si besoin était a quel point nous en sommes : Japon, l’année dernière 11 crimes de sang ! La population est quasiment deux fois plus importante qu’en France, dont pour comparer, on devrait le diviser par deux.

      Plus personne ne respecte personne, d’ailleurs cela se voit partout, où que l’on soit, la France est en train de pourrir par tous les bouts.

      Et oui, nous étions déjà des fachos/nazis, ( et nous le sommes surement encore actuellement) quand, après les années soixante huit, nous crions qu’un laxisme exagéré, entraînerait toujours plus de dégâts irrémédiables, qu’un excès de discipline.

      Il était interdit, d’interdire, c’est toujours le cas, nous voyons les résultats, ils ne sont vraiment pas beaux, mais l’espoir est permis, les français on voté pour Toumou 1ER , chancre de ce dogme et de cette doctrine !

      1. Marc Aurèle

        Comme disent les asiatiques, le poisson pourrit par la tête. Notre tête à nous, c’est l’Etat. Avez-vous déjà écouté un discours de caramel-mou? C’est à gerber: aucune présence, aucun charisme, aucune substance, un véritable hygiaphone. Même comme régent, en attendant que le vrai chef arrive, il représente ce que la France produit de pire: un petit bureaucrate sans talent qui n’a jamais travaillé de sa vie. Quant aux anathèmes « fachos » et « nazis », ils sont toujours lancés par les vrais connaisseurs et pratiquants de ce que ces termes signifient, histoire de garder la population sous contrôle. Tiens, je sens la révolution poindre!

    3. Guillaume

      Et qui vous dit que plus tard, justement ce n’est pas eux qui réussiront?

      Une partie de ces gamins montera des entreprises car incapables de se plier au salariat, seront capables de mieux se défendre que quiconque des attaques etc.

      En fait, nous ne sommes pas à l’abris que quand cette génération se heurte à la vie réélle, c’est NOUS qui devenions inadaptés.

      1. Alex6

        Voila un bel optimisme bien naif.
        Ces gamins vont devoir affronter l’effondrement du systeme social et payer au prix fort les consequences d’un endettement historique, sans que leurs parents ne puissent les aider (leur capital etant immobilise dans leur pret immobilier et que leurs salaires diminuent en parite de pouvoir d’achat)
        Si je ne souhaite pas revenir en France, ca n’est pas a cause des taxes. C’est pour eviter a mes enfants de devoir vivre dans une societe miserable et de payer pour les delires des vieux d’aujourd’hui. Qu’ils reparent leur conneries d’abord, ensuite on verra.

    4. channy

      je vais vous donner un autre son de cloche
      Un des collèges de travail est marocain, il a 4 enfants, l’an passé son gamin fut « turbulent » en classe et le professeur a noté un mot sur son carnet de correspondance..son fils a imité sa signature ..Mon collègue quand il l’a su a pris la ceinture et a corrigé son gamin pour lui faire passer l’envie de recommencer…résultat? le prof a contacté le directeur, qui a appellé la DASS avec visite a domicile de l’assistante sociale, examen des 3 autres enfants..Résultat le gamin est hors de contrôle en classe, les profs pleurent que l’enfant est ingérable et que les parents doivent faire quelque chose…comme le dit mon Collègue : » faire quelque chose pour voir débarquer la DASS à la maison, non merci que les profs se débrouillent avec lui, en tout cas la ceinture elle a fonctionné car mon fils n’a plus imité ma signature »

  10. le désabusé

    le problème vient surtout de là : la répression n’est pas en relation avec le crime.

    prendre 18 mois dont 6 fermes et sortir au bout de 3 mois alors qu’on se fait 100000 euros/mois avec le trafic de drogue. ce n’est pas cher payé.

    Juste un exemple : j’ai travaillé un moment en Arabie Saoudite pour une société d’irrigation qui faisait pousser des tomates dans le désert. dans ce pays la loi islamique est appliquée et on coupe la main des voleurs. ça calme beaucoup les vocations. On sortait des banques avec des sacs en papiers de course pleins à ras bord de dollars en billets sans qu’il y ait une seule agression.

    Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: je ne soutiens pas mais alors pas du tout les islamistes. c’est juste un exemple vécu de réponse à un crime.

    1. « alors qu’on se fait 100000 euros/mois avec le trafic de drogue. ce n’est pas cher payé. »
      Il faut faire attention aux clichés : ceux qui sont en haut de la pyramide de la drogue touchent beaucoup d’argent. Ceux qui sont en bas, presque rien. (Levitt & Venkatesh)

  11. Eole

    Ca y est, je viens de commander le bouquin sur Amazon, et me suis amusée à lire les commentaires d’acheteurs précédents. Ces commentaires sont littéralement dithyrambiques.

    1. Pascale

      Je crois que je vais l’acheter. Non pas pour le lire (ça risque de me coller encore plus le bourdon sur l’état de la France) mais pour soutenir l’auteur.

      1. Monge

        Nous serons donc deux (au moins…) à ne pas le lire pour les mêmes raisons!
        Bon courage tout de même. Il faut toujours se souvenir que la France a traversé des moments difficiles et qu’elle a eu des sursauts extraordinaires.
        Ça vient et grâce au présiflan actuel qui fait tout ce qu’il peut avec ses petits bras musclés pour nous montrer de quoi ils sont capables.

  12. Pascale

    C’est aussi le résultat de la culture de l’assistanat institutionnalisé avec de manière sous-jacente « ce que je ne suis pas capable d’obtenir par mon travail et mon honnêteté, et que je veux, je vais le prendre à l’autre ».

    1. Hefjee

      Cet état d’esprit n’est pourtant pas nouveau.
      Ainsi, Frédéric Bastiat, dans son célèbre pamphlet « L’État », faisait-il déjà dire au commun, s’adressant à l’état:
      « Je ne trouve pas qu’il y ait, entre mes jouissances et mon travail, une proportion qui me satisfasse. Je voudrais bien, pour établir l’équilibre désiré, prendre quelque peu sur le bien d’autrui. Mais c’est dangereux. Ne pourriez-vous me faciliter la chose? Ne pourriez-vous me donner une bonne place? Ou bien gêner l’industrie de mes concurrents? Ou bien encore me prêter gratuitement des capitaux que vous aurez pris à leurs possesseurs? Ou élever mes enfants aux frais du public? Ou m’accorder des primes d’encouragement? Ou m’assurer le bien-être quand j’aurai cinquante ans? Par ce moyen, j’arriverai à mon but en toute quiétude de conscience, car la loi elle-même aura agi pour moi, et j’aurai tous les avantages de la spoliation sans en avoir ni les risques ni l’odieux! »…

    2. Peste et coryza

      Faut dire que l’honnêteté et le travail ne paient plus…

      Rappelez moi : combien de bac+5 à 1500 nets ? Combien de bac+3 caissiers ? combien d’ouvriers qui ne s’en sortent pas ?
      Comparez avec nos parents et grands parents…
      (rappel : un diplôme d’ingé ou de master est sensé récompenser 5 ans d’investissements et une sélection par concours ou élimination parfois draconienne).
      (rappel 2 : un ouvrier, avant, gagnait de quoi loger et nourrir sa famille avec 1 seul salaire).

      Quand j’étais plombier, je faisais en 2 jours de black ce que je gagnais officiellement en 1 semaine…

      Quand vous avez un petit salaire et que vous n’avez pas le droit aux allocs, vous avez trois choix :
      – vivre comme un moine (ce que je fais en tant que thésard, avec mon salaire de 1360 euros nets pour environ 45 à 50 heures hebdomadaires (ce qui n’est pas si énorme que ça pour un thésard, j’en connais qui dormaient au labo, amis il faut dire que je n’ai pas encore commencé à écrire))
      – truander. Black, escamotages…
      – fuir (dans les montagnes, à l’étranger, changer de boulot, de métier…).

      1. Guillaume

        Le niveau scolaire (bac+x) n’est pas une garantie d’avoir un job!!!

        Ce que les entreprises veulent c’est
        1/ des qualifications qui correspondent à leur besoins, ponctuels ou non,
        2/ de l’experience sur ces mêmes besoins.
        3/ Payer un salaire en adéquation avec la difficulté de trouver 1/ et 2/.

        Vous pouvez faire bac + 6 en anthropologie, tant que personne n’aura besoin de vos compétence et pret à payer pour ça, ça ne vous mènera nulle part.

        1. peste et coryza

          Certes, mais il n’empêche que le niveau de qualification de la main d’œuvre a monté ces dernières décennies, pour un retour, disons, discutable…

          Tout cela est un énorme gâchis…

        2. Bob Razovski

          Ce que je voulais, quand j’étais chef d’entreprise : Pouvoir embaucher qui je veux, quand je veux, le rémunérer à sa juste valeur, lui offrir des avantages, que le gars se sente bien, n’hésite pas à se donner à fond. Et que ce soit simple à gérer pour moi, pour ne pas avoir à passer ma vie à m’occuper de lui administrativement, mais qu’on soit deux à bosser.

          Mais à la vue de tout ce qui m’est tombé dessus, j’ai plutôt eu l’impression d’inoculer un virus à ma boite. Et le gars n’y était pour rien… L’Etat était passé par là.

    3. Marc Aurèle

      Ayn Rand appelait les uns « moochers » (les pleurnicheurs, les gémissants) qui vous délestaient du fruit de votre travail par les larmes, et les autres « looters » (les pillards) qui faisaient de même par le biais de la violence légale dont l’Etat est le seul détenteur.

  13. argone

    Ah les sites comme Fdesouche et autre ripostemaique vont en faire leur choux gras ou leur miel de ce bouquin. Ainsi que MLP qui va sans doute l’utiliser pour servir sa cause.
    Au fait ce journaliste Obertone, il écrit la vérité ou sa vérité ?

    1. No_name

      « Ainsi que MLP qui va sans doute l’utiliser pour servir sa cause. »
      Encore une fois, je crois que la plupart des libéraux n’accorde aucun soutien au socialisme nationaliste de la famille Le Pen. Mais suffirait-il qu’ils soutiennent l’absorption d’oxygène pour que nous sessions de respirer?

      La monté de la criminalité violente est universellement reconnue par tous les acteurs de la sécurité que je peux connaître, qu’ils soient privés ou publics. Alors je ne sais pas si Obertone écrit « sa » vérité, mais c’est aussi la leur, la mienne, et celle de toutes les victimes.

    2. Ah bah c’est sûr que si MLP ou FdeSouche risquent de récupérer ça, il faut vite ne pas en parler. Même si / surtout si c’est constatable ou vrai.

  14. babarabobo

    Bien que n’étant pas un fidèle lecteur du point, dans les lectures sympathiques qui tente de diagnostiquer les cause de la maladie, il y aussi « L’oligarchie des incapables » de Sophie COIGNARD et Romain GUDERT.

    Personnellement cela me fait beaucoup rire, mais je suis peut-être un peu cynique…

    1. vengeusemasquée

      Les bouquins de Sophie Coignard sont toujours intéressants et pas trop mal écrits. Sans aller trop dans le détail, elle dénonce un certain nombre de choses avec un aplomb qui n’est plus très courant.

  15. Roman

    Français installé depuis plus de 7 ans en Italie, ayant quitté la France depuis plus de 10 ans (2003 et déjà la crise de l’ emploi…), mais retournant ponctuellement plusieurs fois chaque année en France, j’interviens occasionnellement dans les commentaires de ce blog pour ajouter mon humble « opinion d’expatrié sur la France »…
    Sur ce thème de l’insécurité.. que dire si ce n’est que lors de mes retours en France (banlieue Lilloise), je ne peux que constater que le sentiment d’ insécurité, de violence ou de risque d’agression gratuite sont, hélas, bien présent, et je dirais même en progression constante….
    Oui la tension est palpable, non ce n’est pas un effet placébo, et non je ne vis pas dans un petit bled de la cambrousse Italienne (J’habite Rome et dans un quartier relativement populaire).
    Que ce soit Rome, Barcelone, Dublin ou d’autres villes ou j’ai eu l’occasion d’habiter, de vivre ou d’y passer des nuits, jamais au grand jamais je n’ai été confronté au sentiment d’insécurité que je rencontre en France, entre autres à Lille et surtout la nuit.
    J’ ai des dizaines et des dizaines d’ anecdotes sur des moments de violence ressentis, vus ou vécus en France (et surtout d’agressions ou de provocations gratuites), je n’arrive à retenir qu’une petite poignée de moments « chauds » à l’étranger, et quasi toutes des histoires d’alcoolique (anglais bourrés se mettant sur la figure).
    Allez pour le fun, mon collègue Italien et sa femme de retour d’un weekend à Paris il y a quelques mois sont restés surpris de voir des jeunes fumer du shit dans le wagon de queue du RER qui les portait vers la capitale… les pauvres, ils ne savent pas que les wagons de queue des Trains, RER ou tramways en France sont à éviter car repaires des petits sauvageons bisounours… en Italie ils auraient eu droit au coup de canne bien senti de la part de la vieille Mama…

    Rien n’y fait, avec toute la bonne volonté du monde, je ne peux que constater que oui la France est un pays violent, oui c’est de pire en pire, et que malgré toute mes critiques sur l’éducation Italienne ultra protectrice envers les enfants, je suis bien content que mon gamin grandisse pour le moment ici, en Italie…

    1. prunelle

      Entièrement d’accord, nous avions une entreprise dans la région Nantaise. Dans les années 70 jusqu’à 83, rien à dire, les gens faisaient leur boulot consciencieusement, ils étaient polis et globalement honnêtes. On pouvait garer tous les véhicules de l’entreprise àciel ouvert et même de nuit sans aucun problème. Après cette période, la galère, les clients, les employés des fournisseurs sont devenus agressifs, plus personne ne veut bosser correctement, la parole donnée ne vaut plus rien. Nous avons créé de nouveaux locaux de 600 m2, entre 1986 et 2002, date à laquelle j’ai jeté l’éponge (c’était l’entreprise ou un infarctus) nous avons été cambriolés 60 FOIS! une moyenne de 5 fois pas an : nos véhicules volés, l’énorme portail métallique défoncé avec un poids lourd, les chiens de garde massacrés à coups de pierres. Quelquefois l’alarme sonnait 2 fois dans la nuit, je ne vous dis pas l’effet que cela fait quand on est une femme, qu’on est obligée de sortir en pleine nuit avec un fusil à pompe, l’hiver dans un froid glacial. Arrivés sur les lieux avec un associé, le silence était oppressant, on savait qu’il y avait quelqu’un là dans le parc. les flics arrivaient 45 mn plus tard (le pc était à 30 kms) fatalistes, ils prenaient des photos, faisaient une ronde, un beau rapport jusqu’à la prochaine fois. Toutes les entreprises du coin étaient logées à la même enseigne, une commerçante s’est retrouvée face à des hommes cagoulés armés qui venaient voler ses camions, je ne sais pas ce que j’aurais fait face à ça, je pense que j’aurais tiré dans le tas, tellement excédée, je suis soulagée de n’avoir pas eu à le faire, j’aurais finie en prison, tous mes biens auraient été saisis. Très peu de véhicules volés étaient retrouvés, certains en miettes, les gendarmes disaient que même s’ils retrouvaient notre véhicule dans un camp de manouche, immatriculation à l’appui, personne ne pourrait rien faire. Nos chers amis « du voyage » venaient souvent nous « visiter » en toute impunité (vous savez que vous subventionnez l’achat de leurs caravanes?). Une nuit, ils en ont choppé un qui nous a engueulé parce qu’on était armés, il a dit qu’on avait pas le droit. En 2002, notre prime d’assurance passait de 5000 euros annuels à 12000, la différence correspondant à la moitié de mon salaire annuel, ça m’a écoeurée, on avait tout donné à cette boîte et j’avais commencé à 16 ans. Des cousins ont repris le flambeau, il y a quelques mois, c’est la dépanneuse en alu d’une valeur de 15000 euros qui a disparu, les vols de métaux étant une source de revenus considérables, bien qu’il serait aisé de contrôler la filière, mais nos amis itinérants en vivent, il faut bien leur laisser un petit revenu! Dans la région Nantaise les cambriolages sont encore légion, à deux pas de chez moi un voisin s’est fait vider sa maison et tout le monde à peur car c’est comme un viol. Les déchetteries font l’objet d’intrusions et les employés sont priés de faire le gros dos, ordre du préfet, ils crèvent de trouille car ils se font agresser. J’ai vraiment honte de ce que ce pays est devenu, c’est triste.

      1. Robert Marchenoir

        Prunelle :

        Ah, vous avez remarqué, vous aussi ?

        C’est la première fois que je vois quelqu’un faire le double constat de l’explosion de la délinquance et de la malhonnêteté des gens honnêtes, à savoir les non-délinquants.

        Vous dites :

        « Dans les années 70 jusqu’à 83, rien à dire, les gens faisaient leur boulot consciencieusement, ils étaient polis et globalement honnêtes. On pouvait garer tous les véhicules de l’entreprise à ciel ouvert et même de nuit sans aucun problème. Après cette période, la galère, les clients, les employés des fournisseurs sont devenus agressifs, plus personne ne veut bosser correctement, la parole donnée ne vaut plus rien. »

        Merci de me confirmer que je ne suis pas totalement fou, ni totalement paranoïaque. Je passe mon temps à dire, parce que je le constate sans cesse autour de moi, que les Français sont globalement malhonnêtes (et ne parlons pas de l’agressivité, de la défiance et de l’irresponsabilité).

        On me répond que je suis ethnomasochiste et anti-français. On me dit de me casser de spéhi.

        Mais je vois bien ce que je vois.

        Bien sûr que l’explosion de la délinquance est très largement dûe à l’explosion de l’immigration.

        Mais il n’y a pas que ça. Il y a un changement de valeurs et de comportement dans la population en général. C’est trop facile de désigner exclusivement des groupes coupables : les gauchistes, les immigrés, les musulmans, les étatistes.

        Et il faut le faire : ils sont, effectivement, coupables au premier chef. Mais cela n’explique pas la totalité de l’histoire.

        Notez que le mot « malhonnête » a lui même disparu. Qui, désormais, accuse autrui de malhonnêteté ?

        Je remarque que vous datez le changement de 1983. En 1981, Mitterrand arrivait au pouvoir.

        Je suis impressionné par l’intensité de la délinquance que vous décrivez contre votre entreprise. Voilà qui montre la nécessité du livre d’Obertone, face à certains blasés de la réacosphère qui expliquent : bah, tout ça, on le savait déjà.

        Eh bien non. Tout le monde ne le savait pas déjà. Et c’est une chose de le savoir, et une autre de l’entendre confirmer sur un média de grande audience.

        1. prunelle

          vous avez tout à fait raison, la « génération miterrand » a été un avènement catastrophique, ça été le commencement des BOBOS et le terrible nivellement par le bas dans tous les domaines. La plupart des jeunes de maintenant ne se rendent pas compte du changement car ils n’étaient pas nés. Cette inversion des valeurs, cette perte progressive de repères était sans doute l’onde de choc de mai 68 et la réaction à une société où l’éducation et les moeurs étaient plutôt vissées, mais en tombant dans l’excès inverse. En 1981, en tout cas dans mon milieu social, beaucoup pensaient que cette idéologie économique et sociétale irait dans le mur dans quelques années, ce qui s’est avéré, mais à l’époque allez donc le dire à la bande de crétins qui dansaient le soir de l’élection une rose entre les dents. Pour temporiser, il faut bien dire que le phénomène a eu lieu un partout en europe. Maintenant les gens ont le sentiment que des pans entiers de leurs coutumes, de leurs racines, de leur histoire sont en train de tomber sans possibilité de retour, on parle de la parabole de la grenouille en train de bouillir et je reste persuadée que ça commence à chauffer.
          C’est pour ça qu’il faut témoigner de ce qu’on vit au quotidien car beaucoup de savent pas, ne veulent pas savoir.
          bien cordialement.

  16. NOURATIN

    Cloué au pilori, certes. Déjà beau s’il n’est pas interdit.
    Il y a sûrement de braves gens qui l’épluchent pour chercher des motifs. Il y a trop de vérité dans ce bouquin, faut le brûler!

  17. eheime

    « La France n’est déjà plus, à proprement parler, un pays, une nation. C’est plutôt une nassion »

    Excellent 🙂
    Comment faites-vous ?

  18. scaletrans

    Cher H16, en vous lisant, je me faisais la même réflexion que que dans certains commentaires: vous riez moins. Cela me rappelle un article concernant Sempé il y a quelques années; il était intitulé: « Sempé ne rit plus ».

    Et puis je retombe sur ce passage de « La Tête Coupée » de A. Upinsky:
    « Le test d’imminence [NDE: de l’arrivée des flots de sang] ? Quand le ridicule ne tue plus. Cela veut dire deux choses: que le conformisme intellectuel est assez écrasant pour que les gens de bon sens n’osent plus parler et ensuite, que dans la majorité, le bon sens est mort. Voici un exemple : L’élégant Narbonne, ministre de Louis XVI, ayant un jour, à la tribune de la législative, fait appel au témoignage de quelques membres parmi les plus distingués de l’assemblée. Couthon l’interrompit : « Pas de ces mots-là, nous sommes tous distingués ici. » Un énorme éclat de rire aurait dû déconsidérer pour jamais ce cuistre. Qu’en a-t-il été ? Rien !

  19. sebastien R.

    Quand j’etais gamin,je faisais 500m a pied entre l’appart et la maison, cartable sur le dos, tout seul… Impensable aujourd’hui avec mes gosses… (c’était la fin des années 70).
    Mon père un jour m’a dit que les mentalités des gens avait commencé à changer suite au retour des pieds noirs…
    En tout cas, je commence aujourd’hui les démarches pour me barrer au Canada. Et vous savez quoi? La semaine dernière j’etais à une conférence de l’office immigration canadien à LyonIII, et bien l’amphi était plein!
    Bon courage la France, ta jeunesse la moin conne se barre…

    1. Marc Aurèle

      Ce ne sera pas la première fois que la France perd la partie la plus douée de sa population. Cet exode nous précipitera encore plus rapidement dans cette destinée funeste qui nous guette, vu que la proportion de pleurnicheurs d’un coté et de profiteurs de l’autre, augmentera de manière proportionnelle. A propose de pays de destination, il y a aussi l’Australie et la Nouvelle Zélande et dans une moindre mesure (à mon avis) le Brésil et les US.

  20. Shadey

    Bonjour,
    Aller ailleurs ok… vous allez devenir vous aussi des immigrés!
    Bref, de toute façon ça ne se limite pas à la France,
    c’est le monde qui est tordu et qui va mal!
    Bien à vous

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