Taxations en folie

Bon, le mois de Mars est quasi-plié et c’est donc le moment de dépouiller les contributions. Pour rappel, le sujet était « La Taxation En Folie », ce qui tombe très bien à mesure que notre Présiflan aligne les contre-performances magistrales, sauf fiscales…

J’ai reçu un paquet de contributions sous diverses formes. J’ai conservé quelques textes (qui sont lisibles en PDF dans la suite) et j’en ai sélectionné un pour ce mois-ci. Il sera accompagné d’une vidéo et de quelques vignettes. Les auteurs se reconnaîtront. En substance, les gains (dont le total est de 150€) se partageront de la façon suivante : le texte gagne 90€, la vidéo 40€ et les vignettes 20€.

Les gagnants se connaissent, ils peuvent me renvoyer leur adresse (ou coordonnées bancaires) pour que je leur fasse parvenir le montant du gain.

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Aujourd’hui à l’école, on a eu le cours d’histoire. J’aime pas trop l’histoire parce qu’il y a plein de dates à retenir pour les leçons mais on y apprend de chouettes choses comme les chevaliers au Moyen Age ou le roi qui se prenait pour le soleil. La maitresse nous a dit de prendre nos livres et elle a accroché au tableau une drôle d’image. Il y avait plein de gens avec des piques et des bonnets rouges et un gros château et même qu’il y avait plein de fumée. Et la maitresse nous a dit qu’on allait étudier la Révolution Française. « La France était gouvernée par un tyran » il a dit Maixent « même qu’il y avait trop d’impôts et que les gens ne mangeaient pas à leur faim. » Alceste, qui est un bon gros copain qui mange tout le temps, a fait une drôle de tête. Il a sorti aussitôt un gros sandwich de son cartable et a mordu dedans.

« Oui » a dit Agnan, « on payait la taille, la dime et la gabelle. » « C’est exact » a répondu la maitresse en lui souriant. Agnan était tout content, mais c’est le chouchou de la maitresse et le premier de la classe. « Cafard » a dit Eudes en le bousculant. Mais la maitresse l’a vu et elle lui a donné à copier cent fois « je ne dois pas bousculer mon camarade alors qu’il participe gentiment en classe ». Et puis elle a continué : « La France était en crise, c’est pourquoi le peuple s’est soulevé et a renversé le roi et son gouvernement. On ne voulait plus payer d’impôts qui enrichissaient les aristocrates. Alors on a aboli les privilèges pour que chaque homme soit l’égal de l’autre. »Elle a ensuite parlé des Droits de l’Homme et du Citoyen comme quoi, on était tous libres et égaux en droits, que comme ça il n’y avait plus de jalousie vu qu’on était tous pareils.

Nous on était bien contents de savoir que le peuple s’était libéré de la tyrannie et des impôts pour rendre le monde meilleur et pour que tout le monde mange à sa faim, ce qui a bien soulagé Alceste qui finissait son sandwich. « Et maintenant », Joachim a demandé, « on paye encore des impôts ? ». « Idiot ! » il a dit Clotaire, « la maitresse a dit que le peuple s’en était libéré ; donc on en paye plus ! »

Et là, la maitresse nous a tous étonnés quand elle a dit qu’on en payait toujours ! « Hé oui, les enfants » elle a dit, « la grande avancée de la révolution fut de mettre tout le monde égal face à l’impôt. D’ailleurs il est normal de participer à la vie en société par une contribution financière ».

Nous on ne comprenait plus très bien quand Rufus a demandé quels impôts on payait. La maitresse a eu l’air drôlement embêtée : « Hé bien, hé bien » elle a dit, « cela dépend. Vous avez les impôts directs comme les impôts fonciers, locaux, l’impôt sur le revenu et les impôts indirects comme la TVA ou les droits de douane.»

« C’est tout ? » il a demandé Alceste la bouche pleine. « Non », elle a dit la maitresse, « il y en a d’autres. » « Oui comme l’ISF », il a crié Geoffroy. Le papa de Geoffroy est riche et il lui achète plein de jouets et de déguisements. Parfois, Geoffroy arrive en classe déguisé et ça lui plaît pas trop à la maitresse. « Mon papa qui est chef d’entreprise paye cet impôt et plein d’autres parce qu’il a une société et il dit qu’il en marre de payer pour ceux qui n’en fichent pas une rame ! » « Il a intérêt à payer ton père » a lancé Rufus. « Sinon mon papa va lui mettre des tas de contraventions et le mettre en prison ! » Rufus, il se croit tout permis parce que son papa est policier. « Et puis ton père, il est riche » il a dit Maixent à Geoffroy. « Alors, il peut bien payer tes déguisements débiles et aussi payer pour ceux qui n’ont pas grand chose ! »

Là Geoffroy, ça lui a pas plu. « P’têt’ que si ton père travaillait soixante heures par semaine comme mon papa au lieu de pointer régulièrement au chômage et à ouvrir le bec pour les allocations payées par ceux qui travaillent, il serait moins fainéant et aurait de quoi te laver les genoux ! » il a crié à Maixent. Alors là, ça été terrible. Maixent s’est jeté sur Geoffroy et ils ont commencé à se battre. Il faut dire qu’il l’avait bien cherché Geoffroy ; Maixent a toujours les genoux sales. Eudes en a profité pour donner un coup de poing à Clotaire. Du coup, on s’est tous levés et on criait comme si nous aussi on prenait la Bastille. C’était marrant. La maitresse nous a hurlé de nous taire, que c’était une honte, qu’on se comportait comme des sauvages et qu’on finirait tous au bagne. Et elle a mis Maixent et Geoffroy au piquet. « De toutes façons » a soufflé Maixent à Geoffroy, « bientôt ton père sera taxé à 75 % parce qu’il est riche et ce sera bien fait, na ! »

Heureusement que la maitresse n’a pas entendu sinon il était bon pour revenir en retenue jeudi.

autant en emporte le flan« Ben alors » j’ai dit, « pourquoi on a fait la révolution si c’est pour payer plus d’impôts qu’avant ? » La maitresse est partie dans une longue explication comme quoi, la vie moderne était plus complexe, qu’on avait plus de choses et que pour que ça tourne, l’argent était nécessaire, comme se faire soigner à l’hôpital gratuitement et même aller à l’école et s’instruire sans que ça ruine les parents. « Donc si je vous suis bien, mademoiselle » a dit Agnan, « rien n’empêche de créer d’autres impôts pour financer d’autres aspects de la vie moderne ? » Il y a eu un grand silence dans la classe. La maîtresse a regardé Agnan avec des yeux ronds et la cloche a sonné et la maitresse nous a tous mis dehors plus vite que d’habitude.

En rentrant le soir à la maison, papa était dans le jardin. « Te voilà, mon bonhomme » il a dit. « Comment était l’école ? » et là, je lui ai raconté le cours d’histoire que je n’avais pas compris. Papa a souri et il m’a dit que l’impôt était la marque de la république française, à cause de l’état providence qui nécessitait un flux rentrant d’argent à distribuer de plus en plus important sans retour sur investissement, à tel point que parfois l’on payait des impôts sur les impôts et que tout partait dans le tonneau des Danaïdes. Moi je continuais à rien comprendre, surtout l’histoire du tonneau quand monsieur Blédurt est arrivé. Monsieur Blédurt, c’est notre voisin et papa et lui ils aiment bien se taquiner. « Mon pauvre ami », il a dit, « tu embrouilles ton fils avec des pseudo-explications. » « Mêle toi de ce qui te regardes, Blédurt, on t’a pas sonné » a dit papa.

Mais monsieur Blédurt a continué : « D’après l’article 13 de la déclaration des droits de l’homme, une contribution financière calculée selon les facultés de chacun est requise pour le bon fonctionnement du pays. Donc, les impôts sont là pour financer l’école gratuite, les soins médicaux gratuits, les allocations familiales, l’aide au logement, les bons de vacances, les allocations chômage…»

« Parlons-en des allocations chômage » a dit papa. « C’est pour aider ceux qui ont le malheur de perdre leur travail et qui en cherchent vraiment et pas pour entretenir des paresseux comme toi ! ». « Moi paresseux ! » a crié monsieur Blédurt. ». « Oui toi » a répondu papa. « Tu passes ta journée à épier tes voisins et tu interviens alors qu’on t’a rien demandé ! Moi je gagne 500 francs de trop par mois et je n’ai droit à rien ; pas de bons de vacances, pas d’aide pour me loger avec ma famille. Je paye plein pot sur le revenu, le foncier et on me prend encore sur mes sous pour subventionner je ne sais quelle association bidon dit d’ « utilité publique » ou pour financer le train de vie du député ou du conseiller régional. Et on me dit que l’état en faillite a encore besoin de plus d’argent. Alors demain, ce sera quoi ? Les allocations familiales imposées voire sucrées, 75 % parce que je gagne à la sueur de mon front trop d’argent, l’essence à 20 francs du litre, le timbre à 10 francs et mon épargne que j’arrive difficilement à préserver, on va me la taxer aussi, quand ce ne sera pas directement sur mon compte courant ?»

« Mais oui » il a crié Blédurt, « tu n’es qu’un pauvre nanti qui refuse d’aider ceux qui n’ont pas d’argent et de contribuer au bon fonctionnement de la république!». « La république, elle peut aller voir ailleurs si j’y suis ! Surtout quand elle vit sur le dos de la moitié de la population qui paye quand l’autre ne paye pas et que les fortunes et les cerveaux s’exilent loin de ce pays gangrené jusqu’à l’os! ». Et là, monsieur Blédurt a sauté par dessus la haie et a lancé à papa : « Viens me le redire si t’es un homme ! Ah ça ira, les aristos à la lanterne ! ».

Et ils se sont battus. Et là Maman est sorti précipitamment de la maison. Elle les a séparés en disant que c’était une honte de faire ça devant le petit, quel bel exemple ils montraient.

Moi je suis rentré à la maison en me disant que finalement, c’était peut-être plus simple le temps où on ne payait que la taille, la dime et la gabelle.

flan nicholson vol au dessus d un nid de cocus

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Commentaires55

        1. Pascale

          Et aussi le : »nous serons obligés de travailler avec de vrais clients » avec le gars qui se sent très mal à l’aise subitement.

  1. peste et coryza

    Rappel : impôts au moyen age :

    Dime : flat taxe de 8%, versée au clergé.
    En échange : une bonne centaine de jours fériés…

    Corvée : 30 jours de travail pour le seigneur en échange de l’usufruit de la terre + les loyers.
    Échange : justice, protection, 2 banquets par an.

    Gabelle : taxe sur le sel. Hyper impopulaire (le sel est juste indispensable, on l’a oublié)
    Taille : taxe sur le bois de chauffe. Hyper impopulaire.

    Rien que la taille rapportait, selon les époques, entre 80% et 25% du revenu de l’état.

    1. Le Gnôme

      La taille n’a jamais été un impôt sur le bois de chauffe, c’est une sorte de capitation sur le chef de famille, ou un impôt sur le foncier suivant les régions.

      1. peste et coryza

        Il été en fonction de la taille de l’âtre en France pendant pas mal de temps.
        Donc, du bois de chauffe par extension.

        1. Aristarque

          Cela, c’était la théorie.
          Dans la pratique, elle était fixée à la discrétion du taxateur, d’où l’expression taillable et corvéable à merci…

          1. Jeanpierre

            @Aristarque
            Rien à voir mais j’ai bien aimé le coup du « S » difficile à justifier pour les billets supérieurs à 20 euros.
            En passant, pourquoi « aristarque »?

          2. Aristarque

            @ Jeanpierre
            Pour Aristarque, un des compagnons de l’apôtre Paul,
            Pour Aristarque de Samos, astronome qui défendait au 3me siècle avant JC la thèse de l’héliocentrisme contre la thèse du géocentrisme qui était évidemment prépondérante et ultradominante pour longtemps encore, donc qui avait un côté libéral de pensée indépendante, dû à ses observations et calculs sans redouter le « scientifiquement correct » de l’époque
            pour aristarque qui est un terme (très vieilli) pour un censeur minutieux et rigoureux

          1. NoName

            en fait c’est simple.
            La taille était un impôt par capitation. Sauf qu’à l’époque, on ne pouvait pas recenser les gens et que ça n’avait d’ailleurs aucun sens. On taxait pas les gens en tant que tel, mais les « feux », c’est à dire les foyers. D’ou l’histoire de bois de cheminées, puisqu’on devait (probablement) compter les foyers aux nombres de cheminées ou de point de feux, puisqu’il était impossible de vivre sans en avoir un.

      2. Aristarque

        Il y avait un autre impôt spécifique de capitation.
        La taille était plutôt une sorte d’ISF proportionné à la propriété du redevable, estimation de ladite étant laissée à l’appréciation du taxateur… Pour le rôle de l’impôt, on se repérait par rapport au foyer avec une sorte de règle un foyer = une famille taxable

    2. Aristarque

      A part cela, P&C, si tu connais une taxe populaire ailleurs que chez ceux qui ne la paient pas, tu nous fais signe qu’on zieute cette merveille!

    3. Marius

      Ca serait génial de savoir très précisement le montant des impôts et leurs types, de l’Ancien Régime jusqu’a nos jours. Des études ont été faites là-dessus ?

      1. peste et coryza

        3L’imposition personnelle se base sur le feu, c’est-à-dire l’âtre autour duquel sont rassemblés le chef de famille et ses enfants. Seul le nom du chef de famille est indiqué dans les registres. Son montant est fixé arbitrairement en fonction des besoins seigneuriaux et des capacités de la population, d’où la plainte des assujettis d’être « taillables et corvéables à merci ».3
        Dixit le lien wikipedia…
        Je ne vois pas en quoi je me suis planté… mis à part sur le fait que cet impôt est à la discrétion du taxateur… d’où son impopularité.

        @Aristaque.
        De toute façon, dans l’ancien régime, seul le tiers état est imposable.
        Les nobles devaient payer l’usufruit de la terre qu’ils tenaient du roi en service militaire.
        On a aussi vu des clercs lever des régiments pour le roi pour les mêmes raisons.

        Les monastères croulaient sous l’or, c’est pourquoi Henri 8 d’Angleterre les détruisit…

        Et pour les autres impôts, il y avait les charges pour occuper les offices (même les plus ridicules, comme contrôleur de perruques), les capitations supplémentaires (dixième, etc…)…

        1. Aristarque

          Longtemps, le peuple n’existait pas dans l’esprit des nobles.
          S’ils avaient été malins, ils auraient payé des impôts au Roi et les auraient répercutés ensuite sur les revenus de leurs domaines.
          Les Gueux en auraient conclu que tout le monde payant des impôts, il n’y avait pas grand chose à faire. De toutes façons, le Tiers Etat représentant 90% du peuple français, il ne fallait pas qu’il s’attende à des miracles sur le payeur réel de la masse des impôts français… Et bien on peut constater que cette naïveté perdure encore bien de nos jours puisque payer des impôts se borne chez beaucoup à l’IR (même pas la CSG+RDS prélevés en amont).
          Quant à l’Eglise, elle avait des domaines énormes qui rapportaient…

      2. MC

        En gros, en 1786, on dispose des chiffres qui sont :

        1) Total recettes de l’Etat : 607 millions de livres dont :
        – 585 d’impots divers (vingtieme 76M, taille 91M, capitation 41M, ferme générale 150M (l’ensemble = taille + impots liés)
        – régie 51,5M, domaines : 11,5M, octrois 30M, corvées 20M

        2) Total dépenses 624M dont (les 5 plus gros postes)
        – interets de la dette : 211M
        – guerre 105 M
        – maison du roi : 43M (Versailles, le Cour, la culture…)
        – routes 20M
        – villes, hopitaux… : 26M

        Pour ramener ca a un revenu réel, des travaux sont faits sur la généralité de Soissons, qui représente environ 2,5% des recettes, et dont les impots direct sont en 1786 à 4,4M (augmentation de 1% par ans depuis 1710), pour une population de 450 000 hab (1,7% du royaume), soit 9 livres par habitant.

        Le revenu total du royaume est estimé pour 1788 à 4 milliards de livres, soit un pression fiscale globale de 15,6 %, avec un revenu moyen estimé (par actif) de
        – 3620 livres pour la noblesse et le clergé – groupe le plus riche –
        – 92 livres pour les domestiques (hors ouvriers agricoles), groupe le plus pauvre (mais souvent gratifié d’avantage en nature)
        – Le groupe le plus important (presque 7 millions d’individus) est celui des petits paysans et laboureurs avec 109 livres par actif.

        Toujours pres de Soissons à Saconin, la taille s’élève à 2 sous par livre de revenus (environ et en théorie), soit, pour le maréchal ferrand à 7 livres, le charron 4 livres, soit, selon le collecteur, un taux d’imposition global de 15 à 25% pour la taille et les impots liés, selon l richesse de chacun et la nature de ses biens / revenus et la composition d la famille.

        A cela il convient d’ajouter les redevances seigneuriales (en argent ou en nature) – les éventuels impots locaux pour les villes « libres » (sans seigneurs donc), les octoirs et droits divers (justice, timbres…) et la dime sur une partie des revenus agricoles uniquement.

        Pour mémoire : la noblese et le clergé paie environ la moitié des impôt (pas en valeur, en nature), même si les taux réels qui les affectent sont souvent inférieur à ceux d’un foyer de fortune équivalente du tiers état. On se souvient que le tiers état intégre aussi de très grande fortunes, notamment de financiers, tandis que la noblesse compte environ 15% de pauvres n’ayant au mieux qu’un domestique (signe d’une modeste aisance à l’époque), puisque 35% de la population nationale est domestique / ouvrier agricole en 1788, sur une population de 28 millions d’habitants !

    4. Sylvain Jutteau

      Gloups. L' »Education Nationale » a réussi son travail de propagande.

      Regardons quelques éléments de base effacés de la doctrine officielle.

      Depuis Clovis jusqu’au temps des cathédrales, la France a vécu sans impôt permanent. Les impôts, pour l’essentiel provisoires et dûs à la guerre, étaient soumis à convocation préalable des Etats Généraux.

      Cette période de mille ans s’achève au XIV° siècle. La société traditionnelle et pacifique est alors remise en cause. La montée en puissance d’un régime autoritaire contestant l’ordre antérieur exige de plus en plus d’impôt pour nourrir sa voracité. L’impôt permanent est alors inventé (les deux premiers impôts permanents sont la « gabelle » et le « fouage »).

      L’impôt permanent est d’ailleurs un des nombreux signes de la dégradation de la société traditionnelle à partir du XIV° siècle : première guerre de masse avec la guerre de Cent Ans, confusion du spirituel et du temporel, peste noire, intolérance religieuse et expulsion des juifs, introduction de la torture dans l’Inquisition, etc…

      L’impôt permanent s’inscrit dans ce mouvement de confusion et de brutalité. Il est l’expression de l’emprise absolutiste fonctions politiques sur les fonctions de commerce, jusqu’alors distinctes.

      En 1439, Charles VII croit d’ailleurs intelligent de légitimer cette dérive absolutiste en abrogeant l’obligation préalable de convoquer les Etats Généraux pour lever un impôt.

      Charles VII officialise ainsi la mort de la concertation qui était depuis mille ans le fondement de la Cité. Par la même occasion, cet âne bâté ouvre la porte aux arbitraires fiscaux seigneuraux et cléricaux qui susciteront la colère des masses, et in fine la Révolution.

      La pacifique société du contrat est abrogée sans honte et remplacée jusqu’à aujourd’hui par la société de la contrainte avec un Etat central entravant les corps intermédiaires.

      Présenter cette approche serait certes plus conforme à la réalité, mais moins favorable à la survalorisation de la République présentée plus comme une apothéose, que comme l’aboutissement d’un processus de chute.

      Les actuels fonctionnaires d’Etat nommés « enseignants » sont discrets sur ces mouvements historiques profonds, et en particulier sur ce point d’inflexion du XIV° siècle.

      Ce silence est le fruit d’une ignorance totale, pour la plus grande part des soldats de la propagande. Mais pour ceux qui savent exercer leur discernement et s’enferrent dans la diffusion de la doxa officielle, il s’agit d’un cynisme diabolique qu’il convient de détruire grâce à la lumière de la Vérité.

      Le mensonge et les vampires fiscaux ont ceci de commun qu’ils craignent la lumière.

      Grosses Bises.

  2. skunker

    Si toute les contributions sont de la même eau ça doit être cornélien de n’en choisir que quelques unes !
    Bravo aux auteurs c’est terrible x)

  3. Docludo

    Vidéo magnifique, une réplique=une vanne super efficace. Si elle rencontre de l’audiance, et je pense qu’elle le peut, elle fait en plus de la pub pour contrepoints et ce blog. N’oublions pas de féliciter également les autres gagnants qui ont fourni également un travail plus que remarquable.

  4. Nemrod

    Alors là les gars !
    Chapeau bas ! J’ai passé un moment de pure félicité; inespéré en cette triste Toussaint de Mars.
    La parodie de la chute est sensationnelle.
    Et il faut être HB pour imaginer Monte Bourde noyé dans une cuve de Flamby !

    Ah, nom d’une pipe ( comme dirait DSK) merci, c’était bon !

  5. Tea Party

    Un vrai régal. Texte superbe, affiches extras, vidéo fabuleuse. Merci à notre hôte et chapeau bas à l’auteur.
    Il fallait cela pour se remettre un peu, des commentaires dithyrambiques
    , de tous nos journaleux de caniveaux, à propos de la prestation minable, insipide, (qui l’eut cru ?) de notre incapable patenté; Toumou 1er.

  6. LeRus

    « Pleure pas, tu sais bien que c’est les autres qui paient. »

    Grandiose!

    Merci beaucoup pour cette parodie. A quand une suite avec la Grande Évasion? 🙂

    1. Martin-Lothar

      Oui, grandiose, car cette simple réplique de onze mots : « Pleure pas, tu sais bien que c’est les autres qui paient. » résume à elle seule des cierges et des siècles d’Histoire de France et d’ailleurs, d’ailleurs.
      L’enfer, c’est les autres (qui ne veulent plus bosser pour on ne sait plus trop qui ou quoi – merci quand même, pour une fois à Jean-Paul, Sartre, pas Deux hein !)
      Bien à vous.

  7. hussarbleu

    Je n’étais pas mécontent de mon pastiche de Marcel Aymé (le Percepteur d’Epouses), mais je m’incline devant celui de Goscinny… Bravo, l’ami ! c’était à s’y croire, and to the point… Je lisais les originaux dans Pilote, au début des années 60… petite émotion discrète…

    @Nemrod : la noyade dans la cuve de flamby, c’est un honteux démarquage de Richard III (le duc de Clarence, noyé « in a butt of Malmsey wine »).
    Et la citation de TS Eliot, faussement attribuée à Marcel Aymé, c’est l’incipit de The Waste Land, qui ressemble fâcheusement à notre pays actuel…http://www.bartleby.com/201/1.html

  8. mominette

    Tout au nord de l’hexagone, un petit pays qu’on ne voit qu’à la loupe, 6 fois plus petit que la France, et confronté aux mêmes difficultés, mais qui a l’avantage d’avoir un gouvernement éternellement de coalition, au sein duquel les dogmatismes s’anihilent pour ne laisser place qu’à l’équilibre pragmatique.La Belgique.

    Budgets-vérités (pas joyeux), et corrections déterminées, mais par petites touches indolores, la Belgique, de révision budgétaire en budgets, est déjà confortablement sous les 3 %, rembourse sa dette à hauteur d’un milliard, réalise des économies structurelles pérennes dont les effetsseront durables, et tout cela sns toucher à la TVA, sans augmenter les impôts, ni à l’index, cette spécificité belge généreuse,
    sans étriper les riches ni misérabiliser les pauvres, sans se venger sur les entreprises, et même en encourageant fiscalement les investissements dans les PME.

    Non, ce n’est pas du Harry Potter, c’est simplement du travail et le sens des responsabilités.

    Je ne sais pas si « de tous les peuples de la Gaule, les belges sont les pous brves » comme disait Jules César, mzis à travers leurs difficultés et les remèdes qu’ils y apportent, ils sont dans doute les moins c… 🙂

  9. PapyPihi

    C’est on ne peut plus excellent, j’ai adoré la parodie du petit Nicolas, et le « vol au dessus d’un nid de cocus » est magique!

  10. YP

    Je crois que la contribution de JMG va partir… En rajoutant l’idée d’une compensation grâce à un impôt exceptionnel de 75% sur les indemnités des élus qui votent un budget en déficit (merci Aurélien.)

    C’est bien sûr totalement inutile, mais j’ai quand même envie de voir à quoi peut bien ressembler une réponse de rond de cuir hontectomisé.

    Bravo à tous.

  11. chapeau bas

    Bravo ! le texte du petit Nicolas est excellentissime et très drôle.

    Ca donne presque envie d’en imprimer et d’aller les distribuer à la sortie de l’école aux enfants (de préférence là où la FCPE-bisounours-qui-veut-plus-qu’il-y-ait-de-notes-à-l’école-parce-que-ça-risque-de-les-traumatiser-les-pauvres-chéris est solidement implantée)

  12. bob razovski

    Merci à tous pour ces moments de lucidité emballés dans un package à mourir de rire. D’où tirons nous donc cette force qui nous permet de rire dans une situation pourtant dramatique ?
    Y’aura t il maintenant une « équipe H16 », avec attaque sur tous les fronts (texte, vidéo, illustrations) ?

  13. Pascale

    Je dirais plutôt : « la taxation pour tous ».
    Histoire de rester dans « l’esprit » de ce quinquennat, ô combien apaisant et rassembleur des Français .

  14. Blueglasnost

    On a beau dénigrer l’Ancien Régime, parfois à juste titre, mais a-t-il réellement disparu sous ses formes les moins reluisantes ? Autrefois la noblesse et le clergé étendaient leur emprise sur le tiers Etat. Aujourd’hui, la noblesse est devenue la classe politicienne tandis que le clergé comprend les fonctionnaires et le tiers Etat existe toujours qui finance cette gabegie à la sueur de son front, par son industrie et son ingéniosité. On élit désormais un monarque tous les cinq ans. La seule différence est qu’on donne au peuple l’illusion du contrôle par les urnes, alors que les mêmes élites sevrées au socialisme continuent de se partager le pouvoir, tour à tour, opposées devant les caméras, s’autocongratulant dans les coulisses. Rien n’a changé finalement. A bien des égards, la monarchie d’antan était moins répressive et confiscatoire, mais j’ai peur que les gens deviennent peu à peu insensibles au niveau d’imposition ; les Américains se révoltèrent jadis quand ils étaient taxés à 3% par la Grande-Bretagne, aujourd’hui, les prélèvements obligatoires atteignent 27% du PIB des Etats-Unis et les gens ne s’en offusquent guère. Ne parlons même pas du cas chronique de la France. L’Ancien Régime était plus décentralisé malgré les apparences ou les clichés historiques entretenus par certains, il était beaucoup plus fractionné que la France révolutionnaire qui fit naître le jacobinisme et le noyautage des territoires par la création des départements et des préfets. Je ne dispose pas de données sur le pourcentage de revenu disponible alors absorbé par l’Etat français, mais je pense que nous serions surpris. De mémoire, Edmund Burke dans ses « Réflexions sur la Révolution Française » donnait un aperçu de la dette et des dépenses de l’époque en montrant qu’il serait relativement aisé, avec quelques réformes, de le rééquilibrer. Il est vrai que Louis XVI fut aussi tenté par les solutions interventionnistes ; ainsi, les prix du blé furent bloqués, aggravant la famine à laquelle le blocage était censé remédier, mais s’il avait été moins faible, Turgot et Necker auraient pu continuer sur leur lancée et peut-être transformer ce pays. A la place, nous avons eu la révolution qui aurait pu mettre en place la Constitution de 1793 mais préféra la Terreur, le jacobinisme, la centralisation et une forme de proto-socialisme contre ses instincts initiaux qui pouvaient être, quoique très imparfaitement, qualifiés de libéraux. Dommage.

  15. Aristarque

    Une autre parodie de La Chute qui traite(rait) elle de la chute du capitalisme.
    Je n’en suis pas si sûr, tellement elle colle bien aussi à la situation de Normal 1er.

  16. channy

    Ah Monsieur Blédurt!
    il me fait un peu penser à un « Blédurt » que j’avais rencontré lors d’un pucier.
    Blédurt rencontre une connaissance qui lui demande comment il va depuis le temps et ce qu’il fait à présent.
    – Blédurt répond qu’il a refusé l’exploitation de l’homme par l’homme, touche le RMI( à l’époque c’était le Rmi) et fait des brocantes et autres petites choses pour « s’en sortir »
    Etant juste rentré d’Asie et entendant Blédurt parlé, je lui dit qu’il a bien de la chance de pouvoir refuser l’exploitation de l’homme par l’homme et qu’ailleurs certains n’ont pas le RMI pour faire ce choix
    -Là Blédurt est parti dans une envolée lyrique, me disant que lui avait un choix de vie et que fallait pas croire que sa vie était facile, puis que les patrons étaient des esclavagistes et que lui ne voulait pas faire le larbin pour ces gens là .
    – J’ai donc suggérer à Blédurt d’aller expérimenter son choix de vie et ses théories en Asie, sans RMI, sans aides sociales diverses et variées et que la bas il verrait ce que cela serait une vie difficile quand on refuse l’exploitation de l’homme par l’homme.
    Le jour de la faillite, les fraonçais dopé à l’assistanat vont la trouver très très dure

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