De la réforme du collège vue de l’intérieur

Aujourd’hui, je vous propose le texte d’une enseignante qui m’a résumé ce qu’elle pense de la réforme du collège, et de la méforme de l’enseignement en France en général. À l’approche de la grève du 11 juin prochain, le texte me semble d’actualité…

Par Rara’
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Professeur, quoiqu’on en dise, c’est un métier et un métier un peu particulier, je m’en rends compte au fil des années : je pense que c’est bien le seul métier où le patron agit dans l’unique but de saboter son entreprise jusqu’à ce qu’il ne reste rien, rien, à part éventuellement, quelques volutes de gommettes pas trop méchantes ni trop différentes les unes des autres. Toutes les décisions prises peuvent seulement laisser soupçonner que la faillite de leur entreprise, est effectivement le but poursuivi, recherché et appelé par les petits cris incantatoires des différents ministres qui se succèdent et se ressemblent. Ce n’est pas la réforme à venir qui risque de m’inciter à penser le contraire. La réforme du collège, le lycée l’a subie il y a quelques années dans une indifférence assez généralisée, même si, déjà, nous l’avions dénoncée comme parfaitement contre-productive.

C’est à cette époque que nos explorateurs à la droite de la rue de Grenelle avaient sorti l’AP de leur petit chapeau magique. « AP »,  parce qu’à l’Éducation Nationale on aime profondément les petits acronymes. La machine « Accompagnement Personnalisé » a été mise en place parce que si le collège unique, c’est le bien, il ne faudrait pas non plus en abuser et perdre de vue que l’élève, au centre du système scolaire, est aussi un individu, avec des problématiques sociales et d’apprentissage propres. Louable sur le papier. Mais, si vous suivez bien, pour accompagner des « individus », on met en place un accompagnement « personnalisé », et si vous suivez toujours, vous vous êtes aperçus que « personnalisé » et « individuel », ce n’était pas tout à fait la même chose.

Concrètement, là où l’on vendait du soutien individualisé, faisant passer tous les adversaires du texte pour d’abominaffreuses fénéasses rétrogrades et passéistes, nous avons hérité d’une heure par quinzaine (ça c’est si vous avez de la chance, nous pouvons très bien ne les voir qu’une heure par mois) de groupes de vingt élèves, qui ne sont parfois même pas nos élèves, à laquelle nous ne devons pas faire cours mais aborder la discipline différemment – c’est « personnalisé », on vous dit.

L’heure d’AP, c’est l’heure de halte-garderie nationale, pour peu que ce ne soit pas vos élèves, pour peu que vous ayez un groupe d’élèves toutes les trois semaines, s’il y a le moindre accident, vous ne verrez le groupe qu’un mois et deux semaines plus tard : c’est super comme ambiance de travail et pour lutter contre l’ennui. C’est citoyen et festif, l’AP, et qu’importe si cela ne pourra éventuellement apporter quoi que ce soit qu’aux élèves qui ne sont pas en difficulté, puisque c’est « personnalisé ».

Les réactions publiques avaient encore été absolument délirantes, comme à chaque fois, parce que, c’est bien connu, le professeur, c’est quelqu’un qui est tout le temps en grève pour conserver ses droizakis, alors quand il dit qu’une réforme du gouvernement va être néfaste, cela ne peut être que parce qu’il refuse qu’on touche au statut, ou de travailler plus, ou de, ou de… Mais cela ne peut pas être parce qu’il est un individu passionné par sa discipline qui veut continuer à pouvoir transmettre son savoir correctement et qui a parfaitement vu la manœuvre derrière la « personnalisation ». Impossible.

(Je sais, j’ai utilisé plein de gros mots dans cette phrase, savoir, transmettre, c’est mon syndrome de la Tourette, que voulez-vous.)

En même temps, les media, absolument non subventionnés, défendent tellement les petites lubies pédagogistes qu’ils n’aident pas à comprendre quoique ce soit pour qui ne serait pas renseigné. J’en veux pour preuve ce reportage de France 2, sur les EPI, décrypté par l’association Arrête ton char. En tout cas, ne vous faites pas de souci, l’EPI, ce sera comme l’AP, un peu de sucre en poudre, des bisous et de la décérébration par paquets de douze.

Et quand le gouvernement réalisera que son idée festive est complètement débile, il fera comme pour les IDD. Il supprimera sans rétablir les heures-poste, sous couvert de grande faustérité qui fouette, d’ennui intolérable, de manque de modernité. Et ainsi, l’élève de sixième perdra encore plusieurs heures de français, dans un silence assourdissant. Et au prochain mouvement de grève, on me dira avec le plus grand sérieux : « Franchement, les prof’ vous êtes tout le temps en train de faire grève mais jamais pour défendre les intérêts des élèves ! »

Pourtant, on aura, comme à chaque fois, essayé. Le plus consternant et le plus tragique, dans cette histoire, restera l’invocation d’une prétendue « réussite » de l’AP pour justifier la mise en place des EPI. Si avez réussi à suivre jusqu’ici vous gagnez +1 en « supportage d’acronymes » et vous savez dorénavant, si vous l’ignoriez, pourquoi cet argument est un « moquage de visage » en règle (et vous gagnez +2 en charisme).

En six ans d’enseignement, j’ai rapidement pris l’habitude des réformes qui se résument à un énième coup de pieds dans la structure, la fragilisant chaque fois un peu plus, là où il faudrait plutôt mettre plusieurs tonnes de ciment. Elles se produisent avec une régularité qui ferait rougir un métronome, tout comme le renouvellement ministériel. Madame Najat Vallaud-Belkacem, l’actuelle excuse à l’ignorance généralisée, excelle dans le rôle au point de rappeler à ma conscience le qualificatif de « péronnelle ».

Effectivement, madame le ministre va loin dans le manque de respect puisqu’elle n’hésite pas à prétendre que tous les opposants à la réforme soit ne savent pas lire, soit ne savent pas comprendre, soit sont de mauvaise foi, soit sont de droite, soit sont racistes, ou pire, tout ça ensemble. Elle ne semble pas comprendre qu’elle a voulu s’attaquer en même temps à l’histoire, aux langues vivantes et, comme si cela ne suffisait pas, viser l’enseignement du grec et du latin et par ricochet, les professeurs de philosophie et visiblement leurs collègues de SVT. Je comprends qu’elle s’énerve contre les réseaux sociaux et je pense que sa plus grande erreur aura été d’aller chatouiller les enseignants de lettres classiques et de philosophie, nous sommes particulièrement teigneux et c’est bien pour cela qu’ils nous fichent généralement la paix. La preuve, les collègues passent le niveau supérieur en menaçant de perturber les épreuves nationales, la seule menace qu’ils sont susceptibles de prendre au sérieux, parce que là, les parents ne vont vraiment pas être contents.

romain martinus

J’aime particulièrement l’anathème « de droite », alors que cette réforme a été enclenchée par la droite ; il faut avoir subi une hontectomie précoce pour l’oser. En outre, seulement deux syndicats soutiennent la réforme, le SGEN, qui ne représente personne, et surtout l’UNSA, le plus gros syndicat … de droite ! Oh ! Comme tout ceci est ennuyeux. La réalité, c’est que la gauche est en train de passer un projet de réforme qui est identique, à l’acronyme près, à celle que la droite infligea au lycée, et qu’ils nous prennent en otage d’une lutte politique imaginaire : ni de gauche, ni de droite, nous voulons pouvoir continuer à instruire les enfants que vous nous confiez.

Mais ne vous inquiétez pas et dormez tranquille, car nous serons « consultés », le Ministre ne cesse de le répéter.

Si depuis la précédente grande consultation de 2013, on est consulté mais pas entendu, là ce n’est pas une consultation, c’est un sketch : à la décharge de Vincent Peillon, nous avions reçu un courrier électronique pour nous informer de la consultation, avec un lien indiquant clairement comment y participer. Cette fois-ci, nous partons à la recherche du lien perdu : ils l’ont planqué dans les tréfonds des intertubes. Je ne sais pas, mais quitte à organiser une grande consultation du petit monde des professeurs, je la rendrais aisément accessible et consultable. Non, eux, ils l’ont planquée, mais comme ils veulent tout de même consulter à mort, n’importe qui peut se prononcer : moi, Madame Michu, n’importe qui et plusieurs fois s’il le faut.

Tout cela risque de nous donner des résultats fiables et solides avec une infographie colorée du Ministère à destination des enfants de cinq ans — on a vraiment eu le sentiment d’être pris pour des cons, je rappelle que nous sommes professeurs et que nous maîtrisons la « compétence » lire et comprendre un texte, fût-il alambiqué avec tout plein d’expressions rigolotes — nous expliquant pourquoi nous n’avions rien compris, ou étions de mauvaise foi, ou ne savions pas lire, ou étions de droite donc racistes.

Pendant ce temps, travailler dans certaines enclaves de la République Française, où même la Poste n’ose plus se rendre, relève plus de la guerre intellectuelle et morale que de la transmission de savoir…

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Commentaires215

  1. Nathalie MP

    Cette enseignante écrit dans le même style que vous 🙂 Ce qu’elle dit de l’AP est tout à fait juste et s’applique à de nombreux autres beaux projets. Sur le papier c’est toujours merveilleux et très humaniste. Dans l’application concrète, les élus se fichent pas mal de savoir si la logistique suivra et si la mesure aura le moindre effet positif. Tout n’est question que d’affichage. Les réformes, ça se mesure au km, comme les pistes cyclables.

    1. La Coupe Est Pleine

      J’ai moi aussi été très surpris de la grande quantité de similitudes de langage jusque dans le vocabulaire … « fouette du chaton », « infographie colorée », « l’excuse du gouvernement » …. C’est surprenant.

  2. hop hup

    Le premier secrétaire, qui vient d’être reconduit à la tête du parti, Jean-Christophe Cambadélis, veut atteindre un demi-million d’adhérents d’ici deux ans. Utopique pour beaucoup.

    en multipliant les adhérents comme des petits pains il arrivera bien a atteindre l’objectif fixer

    1. vegeta

      Tu devrais quand même faire attention à tous ces « instits » pédophiles qui sont relâchés par la noble Justice Française.

    2. Pheldge

      Ton ressenti , du réel ? au niveau du vécu ? 🙂 ( j’ai pas osé écrire « du vrai cul » passe que t’es trop jeune pour ces chooooses là …) 🙂

          1. Calvin

            Musicalement parlant, je veux bien.
            Mais je ne comprendrais jamais les hommes qui ont une double vie.
            Doubler les frais, les ennuis, etc…, faut être maso !

          2. Pheldge

            bi-gamme, musicalement et Or allemand ! 😉
            Je ne résiste ps au plaisir de faire une citation que tu devras méditer :
            « la bigamie, c’est avoir une femme de trop. La monogamie, c’est pareil ! » 🙂 🙂

  3. Gerldam

    « Seule enteprise où le patron cherche par tous les moyens à la détruire ». Merveilleux de vérité et si bien résumé.
    Comme nous le savons tous, le nivellement par le bas, fruit d’une pensée collectiviste, n’a pas grand chose à voir avec le ou la minus qui porte le titre de ministricule, mais d’une bande de tarés, issus de mai 1968, qui ont investi le Minsitère et qui eux, les vrais cons, demeurent, alors que les ministricules passent….

    1. Didon

      Il serait bon d’indiquer ou peut-on trouver les noms des fous qui impulsent ces reformes délirantes au sein du ministère ?

      1. La Coupe Est Pleine

        J’ai longtemps cherché de mon côté, l’agriculture, j’en suis rendu à la conclusion que finalement c’est une foule de gens qui par des petits rien en voulant flatter leur ego, en cherchant la lumière des médias ou simplement par simple « croyance », tous viennent influencer les ministres. Ces derniers en mal de reconnaissance médiatique sont prets à tout faire peu importe le contenu du moment que le packaging est beau.
        Je pense que la formule est la même dans tous les domaines.

        1. Didon

          J’ai trouvé chez Ivan Rioufol ces informations sur les délirants qui nous envoient par le fond : http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2015/06/faire-lautopsie-de-la-france.html
          Ce ne sont pas des petits inconnus souffrant du complexe d’erostrate, mais des idéologues agressifs et déterminés et appuyés par les structures inamovibles d’un ministère lui-même trop obèse pour être gouverné…
          Le chèque scolaire et la compétition , c’est le seul moyen de faire péter ce merdier… Aux armes !

    2. anonyme

      Autre analogie possible et que, travaillant dans le privé sous contrat, je reprends à mon propre compte : l’éducation nationale est un dentiste muni d’un marteau-piqueur. Même avec la plus grande habileté et la meilleure volonté du monde, il vous détruira les dents. Le mieux qu’il puisse faire ? Vous donner une brosse à dents. Et c’est cela que nous attendons : que le ministère nous colle une brosse à dents, vende ses marteaux piqueurs et prenne sa retraite.

  4. Higgins

    Je trouve la blague assez élitiste : qui sait ce qu’était un romain de nos jours mis à part les lecteurs d’Asterix? D’ailleurs, cette BD est elle-même une entaille grave à l’égalitarisme officiel: pensez donc (pas trop, c’est le plus sûr chemin vers la désobéissance), une BD qui fait appel à l’intelligence et à la culture du lecteur, truffée de jeux de mots. Insupportable pour la camp du bien.

      1. Nicolas

         » truffée de jeux de mots. »

        La Truffe, encore un truc d’enculé de bourgeois réactionnaire au service de Louis XIV et du Grand Capital…

    1. Laurent

      Et puis c’est une BD affreusement sectaire! la parité est honteusement ignoré tout comme les minorités, aucune trace de LGBT pour parfaire ce désastreux tableau…on devrait interdire ce genre de BD déviante…

      1. Larebil

        Et puis c’est de la publicité déguisée, et elle ne rappelle même pas que s’il en commande qu’un seul c’est parce qu’il faut consommer avec modération.

      2. Pheldge

        C’est aussi une sale BD islamophobe pourrie : ils font que de bouffer du hallouff ! bon, c’est du sauvage, mais c’est du hallouff quand même !
        etmême si que le Prophète ( béni soit-il) n’était pas encore né à l’époque des Gaulois , par respect, ils auraient du tout ré-écrire et remplacer le satanique hallouff par du mouton ! ammène il mouton ! allez ….
        (A Ménilmontant comme chantait Chevalier 🙂 🙂

    2. Nicolas

      « Je trouve la blague assez élitiste : qui sait ce qu’était un romain de nos jours  »

      Bien tout le monde, il y en plein les rue : « Siiiiiiii vous plaitttttttt ! »

  5. Conjugaison

    *fût-il (fusse-t-il ça ressemble à du subjonctif mais ça n’existe pas). Cela dit, bien d’accord avec le fond.

  6. Bonsaï

    Merci pour ce petit en-cas surprise, un régal !
    J’ai bien aimé la péronnelle qui va si bien à la douce Najat.
    De même que le coup du martinus : argument de choc en faveur de l’enseignement du latin.
    H16 aurait-il été prof dans une autre vie ?

    1. Golum

      Non, il est branché 1/0 (non péjoratif) plutôt AI !

      D’ailleurs je rigole des nouvelles boîtes noires sur les FAI, mon blocage de Piratebay et j’en passe des meilleures.

      Continuez Ministres de merde, vous creusez votre tombe….

    2. Nicolas

      « De même que le coup du martinus : argument de choc en faveur de l’enseignement du latin. »

      Voila, introduisons le, ce martinez, qu’on en finisse !

    1. Dr Slump

      Il se fier à ses propres moyens, quitte à se passer des sévices de l’état. Des initiatives intéressantes se structurent, des écoles privées, des groupes de soutien scolaire ou d’enseignement chez soi, comme l’école à la maison:

      http://membres.l-ecole-a-la-maison.com/

      Sans parler des mooc bien sûr. Si l’état détruit tout ce qu’on lui confie avec nos finances et nos votes, autant se passer de lui, et s’orienter vers des alternatives qui ont, elles, de l’avenir!

      Personnellement, il y a longtemps que j’ai dit merde au progrès collectif, vive la quête personnelle, la responsabilité individuelle.

      1. bigredebougre

        paf 6 juin 2015, 13 h 25 min
        mettre Black Mamba qui danse nue sur l’estrade.Ca remontera au moins un niveau et pis ca l’occupera ca a l’air de lui manquer..

        AMHA, cela lui remontera certainement autre chose qu’un niveau…

    2. Jiff

      « que faut-il faire pour relever le niveau des élèves ? »

      Sans doute faire un (gros) retour en arrière, sur des enseignements qui ont fait leurs preuves, puis les adapter à l’époque actuelle, ou pas (ex: la méthode globale, sortie d’un chapeau, dont les « résultats » sont catastrophiques, et qui a amené un retour vers la méthode syllabique – ok, c’est plus complexe parce qu’il-y-a deux trois trucs à glaner dans la première, mais guère plus.) Et déjà commencer par correctement apprendre à lire, écrire et compter aux mômes. Remettre les notes à l’honneur aussi (ça dope grave de tenter de glaner 1/2 point pour passer devant le précédent premier.)

      Et sans doute avant tout, arrêter de nommer des brelles comme ministres de l’éducation; ça changerait.

      Pour la motivation, IMHO ça reste du domaine des parents, pas des profs.

      Arrêter aussi de tout tirer vers le bas pour tenter d’atteindre un égalitarisme chimérique et totalement contre-productif (mais les abrutis du cnp s’aperçoivent-ils vraiment des résultats désastreux de ce qu’il font si mal? Rien n’est moins sûr, car ils semblent évoluer dans un monde à eux et bien à part de la vie réelle.)
      Parce que si tout ça devait faire long feu, terminé la valeur des français si chère à tout un tas d’entreprises généralement étrangères; fin d’une exception, mais aussi fin du peu de rayonnement que ce pays pouvait encore avoir.

      1. Didon

        Instaurer le chèque scolaire : Les parents auront vite fait de choisir les bonnes écoles où les professeurs ne sont pas des « profs » ni des « enseignants », ou les savoirs de base sont correctement enseignés, où les connaissances et des capacités à raisonner sont etalonnées et verifiées régulierement, où le sexe faible n’est pas surreprésenté dans le corps enseignant et ou la selection de tous est un principe : Les elèves bien sûr, mais aussi et surtout les professeurs…

      1. Jiff

        On peut combiner les deux: « si tu ne cries pas quand je te fouette, tu auras un bonbon » (et inversemeny pour les mômes masos;)

    3. Nicolas

      Comment inverser La Courbe ?
      heu, plutôt, comment réduire l’accéleration de la baisse de La Courbe, mais uniquement de maniére statistique parce que pour devrait on n’y peu rien ?

  7. Bonsaï

    A mon avis, leur donner le goût de la lecture.
    Et même si ça peut énerver les adultes, les habituer à se demander toujours pourquoi ?, comment ?, quand ?.
    Sans curiosité, il n’y a pas d’apprentissage.
    Alors, évidemment quand la politique en est au bourrage de crâne pour formater des citoyens zombies, on est assez mal parti.

    1. paf

      liberaliser l’ecole, liberer l’enseignement.Ca implique au depart que le gouvernement n’ait strictement rien a dire sur l’education ni sur les programmes.
      Ca implique tellement de barrieres qu’a moins d’une catastrophe nationale je ne vois pas.

      1. Jiff

        « Ca implique au depart que le gouvernement n’ait strictement rien a dire sur l’education ni sur les programmes. »

        Il faut quand même un minimum de coordination sur les programmes, ne serait-ce que pour éviter qu’un enfant qui déménage se retrouve paumé dans sa nouvelle école – pas évident avec les syndicalistes qui tirent la couverture chacun de de leur côté; et pas évident que la meilleure coordination vienne de l’état non-plus.

        Pour les programmes, le cnp a solidement établi sa réputation de moins que nul (donc négatif), et sans doute que si l’on consultait les profs en direct, ils s’arrangeraient pour désigner ceux qui leur paraissent les mieux placés pour ça (si on arrive à éviter que les syndicats ne tranforment une chose simple en nœud Gordien ou pire, en clientélisme ou en favoritisme.)

        Je me rappelle d’un court reportage, il-y-a bien une quinzaine d’années, où le reporter demandait à un prof de 3ème cycle (évidemment syndicaliste) pourquoi il n’y avait pas adéquation entre enseignement et places dispos à la sortie (si je me souviens bien, il avait attaqué sur les psys, parce qu’on en formait 4 ou 5000 pour moins de 300 places par an); réponse du gus: « on va quand même pas jeter les enfants dans les bras des patrons » – j’ai regretté que le reporter ne lui ai pas répondu: « ah bon, donc c’est dans les bras de l’anpe que vous voulez les jeter ? ».

        1. gameover

          « on va quand même pas jeter les enfants dans les bras des patrons »

          Je me souviens de ça mais c’était et c’est toujours en vigueur dans la politique d’éducation. L’objectif de l’école n’a jamais été de former des citoyens à une vie professionnelle.

          1. Jiff

            J’entends bien, cependant l' »information » sur les débouchés est tellement au dessous de tout que chacun est tenu d’arriver avec son couteau et le reste, car, à moins que les choses n’aient vraiment beaucoup changé, je doute que l’administration explique aux postulants à une branche qu’il n’y-a que 15 postes/an pour 800 sortants (parce que c’est justement cette même administration qui possède les bons chiffres.)

            Comme d’habitude, le boulot est non-seulement salopé mais en plus à moitié fait (sous la drouate comme sous la gôche et depuis beaucoup trop longtemps.)

            1. gameover

              euh Jiff, quand je dis « L’objectif de l’école n’a jamais été de former des citoyens à une vie professionnelle. », je ne dis pas ce que doit être ou pas l’objectif de l’école mais ce qu’il est depuis un certain temps… mais quitte à choisir je préfèrerais que ce soit son objectif… du moins pour les bases. Mais vu le temps qu’on y pase on pourrait même s’attendre à ce que ce soit bien plus que ça : 15 ans d’études actuellement pour sortir avec à peine le bac… oops… 3 ans suffiraient vu le niveau.

  8. hop hup

    Les Luxembourgeois s’expriment sur le vote des étrangers

    En vue d’une réforme de leur constitution, les Luxembourgeois sont appelés à se prononcer par référendum dimanche sur le droit de vote des jeunes et des étrangers et sur la limitation des mandats pour les ministres.

    (…) Il s’agit de l’octroi du droit de vote aux étrangers résidents depuis plus de dix ans dans le Grand-duché, sachant qu’ils participent déjà aux élections communales et européennes. Selon l’institut national de statistiques, le Statec, 35 000 nouveaux électeurs viendraient s’ajouter aux 244 382 du pays.

    quand on sait que c’est des étrangers riche qui sont aux Luxembourg ça n’impactera pas trop le mode de vie des luxembourgeois.

    1. Gerldam

      Ce ne sont pas forcément des étrangers riches qui vivent au Luxembourg. Si vous connaissiez le pays, vous sauriez que la première population d’immigrés sont des portugais, souvent assez pauvres (pour le pays). Par ailleurs, il y a un nombre important de français qui ont tout simplement fui la France sans pour autant aller trop loin. Certains sont aisés, d’autre nettement moins. Comme toujours, la réalité est plus complexe que des affirmations simples (pour ne pas dire simplistes)

  9. hop hup

    Une lettre affranchie avec des timbres à l’effigie du maréchal Pétain, interdits depuis la Libération, a été interceptée mercredi par une factrice qui l’a découverte parmi les documents qu’elle avait à distribuer, a-t-on appris aujourd’hui auprès de La Poste.

    La lettre, postée mardi à Crozon (Finisère), avait été affranchie avec cinq timbres sur lesquels le maréchal Pétain apparaît de profil.
    Mais ces timbres, émis entre 1941 et 1943, sont interdits depuis la Libération, la condamnation du maréchal Pétain et la mesure d’indignité nationale prononcée contre le chef du régime de Vichy, a rapporté France Bleu Orléans. La lettre a donc été transmise au centre de La Poste de Libourne (Gironde), le seul où l’ouverture des courriers est autorisée. Elle sera confiée au Parquet qui décidera si des poursuites doivent être engagées.

    my god qui pus commettre un telle horreur en socialie.

    1. paf

      mon Dieu mais quel pays de cons.
      Je suis extremement surpris qu’un des mongoliens de la poste ait reussi a identifier un timbre historique.

    2. Sémaphore

      La Ripoublique a résisté à cette vile attaque??? D’ ici à ce que cela soit le fait d’ un frontiste séditieux, nostalgique des HLPSDNH, il risque de n’y avoir pas loin…

  10. valuebreak

    bjr à tous.

    pour précision : le syndrome de la Tourette se caractérise par des tics vocaux, et non pas écrits, précédés de tics moteurs, très souvent des grimaces …

    1. gameover

      Quoique… les tics moteurs – cliquetis – puissent conduire à des tics vocaux : saloperie de p’tain de bagnole de m3rd3…

  11. Beldchamps

    C’est compliqué de sauver ses gamins, dès le CP on trouve des fautes d’orthographe écrites de la main de l’instit’, on corrige mais tant pis on la décrédibilise.
    Ensuite les élèves doivent développer leur imagination sans se contraindre par l’orthographe , j’ai découvert les rédactions en mode sms, l’important c’est la créativité et qu’importe d’écorcher le français les fautes ne sont pas corrigées.
    C’est donc les parents qui doivent instruire leurs enfants, en mode réac’ puisque la maîtresse a dit que c’était pas grave.
    Puis vient internet, on essaie d’intéresser les gamins par des vidéos qui ne sont pas toujours en ligne avec le programme, qui a raison ? La maîtresse ? Internet ? Papa ?
    C’est tout un débat de laisser les enfants absorber les programmes auxquel on n’adhère pas, ou alors les instruire avec nos valeurs mais en les désocialisant.

    1. SilenT BoB

      C’est assez compliqué de leur faire comprendre qu’ils doivent apprendre des conneries sans nom et les faire travailler quand même. Pour beaucoup, ils se rendent tout à fait compte que ce qu’ils apprennent ne leur sert à rien et ne leur servira jamais à rien. C’est quand même difficile de les motiver…
      Une des clés, c’est tout ce qu’il y a en dehors de l’école, être un bon parent story teller ça a parfois du bon. Quand je donne des cours d’éco, je raconte, je donne des anecdotes, je donne des exemples, je leur fais comprendre qu’ils apprennent des conneries, qu’il faut les apprendre mais vite les oublier pour ne retenir que ce qui est nécessaire (ce qui ne leur est en aucun cas enseigné).
      Finalement, l’école met les parents qui veulent les aider dans la merde.

      1. Jiff

        « Finalement, l’école met les parents qui veulent les aider dans la merde. »

        Mais c’est un but (presque) avoué; comme ça, si les parents ne peuvent pas aider les enfants, ils sont tous égaux.

        1. Beldchamps

          Les CSP + sauvent leurs gamins du désastre, en passant du temps avec eux ou en payant des cours particuliers , mais ça les met dans la m. car il faut compenser le temps perdu et refaire tout le travail de l’Ednat, en prenant le risque d’empêcher l’intégration sociale de ses enfants. Je connais des parents qui ont déscolarisé leur fils, puis l’ont re scolarisé , l’ado parfois ne peut pas se taire devant tant de conneries à recracher pour avoir de bonnes notes, c’est le prix à payer pour éduquer ses enfants selon ses valeurs.

          1. SilenT BoB

            les cours particuliers ne sont pas la panacée. Le plus souvent ce sont des profs qui font cours, comme à l’école, donc pas mieux qu’à l’école. J’ai rattrapé des profs plus d’une fois.

              1. SilenT BoB

                J’ai 37 ans et pour le lycée j’assure pas trop mal. Mon élève de l’année dernière a eu 19 en eco au bac en ayant compris comment berner le correcteur. Elle a parfaitement compris qu’elle devait raconter un tissu de conneries pour avoir son bac! On s’est coltine son programme en un été et le reste de l’année nous avons fait deux plans détaillés par semaine.

                1. Nicolas

                  « J’ai 37 ans et pour le lycée j’assure pas trop mal.  »

                  Hum, vous semblez tout de même avoir redoublé deux trois, fois, non ?

          2. Jiff

            Je viens de trouver ça: http://www.sauv.net/rachel.php qui a l’air assez intéressant; il-y-a aussi sans doute le bouquin récent d’une autre femme, mais qui elle, s’est barrée au bout de 3 ans en sortant son bouquin (elle est passée plusieurs fois à la tv il-y-a quelques mois, sèpusonom.)

  12. SilenT BoB

    Je ne suis pas prof certifié mais depuis 15 ans je donne des cours à des élèves de lycée, au départ pour me faire des sous puis parce que parfois certains parents insistent vraiment car il savent que je peux avoir des résultats probants quasiment du jour au lendemain.
    Ce que je constate c’est une baisse vraiment importante du niveau général. Je m’occupe de nuls depuis 15 ans et depuis 15 ans mes nuls sont de plus en plus nuls!
    Je donne aujourd’hui principalement des cours d’économie et de maths. Je pourrais faire de l’anglais, des sciences physiques et de la SVT jusqu’en terminale mais je n’ai plus très envie et je n’ai plus le temps que pour deux élèves par an malheureusement.
    Le programme de SES est catastrophique. Ils n’apprennent en aucun cas l’économie, on les fait rentrer directement dans l’économie réelle, c’est à dire une analyse du monde économique. Cette analyse est très très orientée, entre l’économie verte, et le peu d’auteurs (tous bien à gauche et keynésiens) qu’ils survolent ultra rapidement, ils n’apprennent rien. Ils n’ont aucune idée, même succincte des écoles des écoles de pensée économique. Ils ne font qu’apprendre un monceau d’idioties qui ne leur d’aucune aide pour comprendre le monde qui les entoure. C’est, bien entendu, voulu.
    Leur niveau de maths est… pathétique.
    Mais prenons un exemple tellement frappant que ça en est flippant. En classe de seconde, les élèves apprennent en sciences physiques, la mole. En deux heures de cours rares sont ceux qui comprennent, il me faut en général 10 minutes (jamais plus) pour qu’ils comprennent assurément. La qualité de l’enseignement est très basse voir catastrophique.
    Un autre reproche. Lorsque dès le primaire on dit aux enfants: « apprenez la poésie bidule » mettez-vous à la place des enfants qui se retrouvent devant le ur poésie et n’ont aucune idée de comment il faut apprendre. JAMAIS on ne leur enseigne comment apprendre. Ce fléau se poursuit, bien entendu, après lorsqu’ils arrivent au lycée. A partir du Lycée, l’intelligence ne suffit plus et c’est souvent à ce moment que les élèves décrochent parce qu’ils n’ont jamais eu à travailler pour avoir des résultats corrects. Pourquoi? Là encore la faute à l’enseignement. A partir de la seconde, on ne leur demande pas de simplement résoudre un problème, on leur demande d’appliquer une technique, et JAMAIS on ne leur dit clairement ce que l’on attend d’eux.
    Alors quand j’ai des parents catastrophés qui m’appellent et me supplie de prendre leur gosse (alors que je n’ai plus le temps, entre un bébé de 15 mois et mon boulot c’est impossible) je leur propose toujours de passer les voir et leur expliquer ce qui ne va pas et comment y remédier. Ca prend une heure et pour les quelques uns qui suivent à la lettre ce que je leur dit, miracle! les notes montent! Le pire c’est que certains gamins ont le sentiment de moins travailler, eh oui organisation technique de travail et comme par hasard ça marche! L’école est une fabrique à crétins incapables même de réfléchir.
    Exemple HALLUCINANT, quand j’étais au lycée nous savions TOUS utiliser notre machine à calculer à fond, notamment pour y mettre des tonnes de pompes. AUCUN de mes élèves depuis 5 ans ou de ceux que j’ai aidé ne le savaient. Ils ont UN outil et il est génial, ils ne l’utilisent pas.

    Je ne parle même pas des livres qu’on ne leur fait PAS lire puisqu’ils lisent maintenant des digest de livres! Oui oui vous m’avez bien compris, on leur demande de lire des livres qui ne donnent que des passages du livre. Ils ne lisent plus les livres en entier! Ma surprise a été violente!

    J’ai déjà fait, pour le fun, des rédactions d’économie, celles où j’ai cité des économistes plutôt dans le sens qui est le notre, à savoir: hayek, mises, bastiat (par deux fois nous avons eu un « ce n’est pas un économiste, qui est-ce? ») et autres, les notes ont toujours été mauvaises. Lorsque je reprenais les keynes, bourdieu et autres nanards économiste ou pseudo sociologues alors là 16 ou 17. Et je passe sur la qualité générale des cours donnés aux élèves qui va de passable à lamentable.

    Bref, si j’ai un petit conseil à donner aux parents, soyez toujours derrière vos enfants et ce, jusqu’en terminale. Achetez-leur des petits bouquins s’exercices corrigés et faite leur faire les exercices du premier au dernier dans l’ordre. Faites) leur lire leurs leçons tous les jours et déjà vous verrez que ça marche, sans même rentrer dans les détails. L’école est une fabrique à crétin et il faut une méthode tout aussi crétine pour y réussir.

    1. Jiff

      Je suis 100% d’accord avec toi, avec quand même un sérieux bémol pour ce qui est du privé.

      « la mole. »

      Héhé, je viens de vérifier, mémoire pas trop pourrie quand même pour quelqu’un que la chimie faisait intensément chier: 6,02.10e23 (ouais, je sais, manquait au moins une autre décimale.)

      Quand tu dit qu’on n’explique pas aux élèves, ça ne date pas d’hier; je me suis retrouvé largué en seconde avec un an d’avance et en tout et pour tout 20 minutes d’explications très embrouillées sur comment prendre des notes quelques jours avant le bepc…

        1. vegeta

          Lorsque j’étais au collègue, il m’arrivait assez souvent de « sécher » les cours pour lire des livres dans la bibliothèque de mon quartier.

          Ma prof principale m’avait vu dans la bibliothèque en lisant un livre, cette sa… m’a fait exclure une semaine de l’école, et menteuse comme elle était elle n’a pas hésité à dire à mes parents que je « séchais » les cours pour rester avec une bande de racaille (ce qui était faux)

          ndh16 : l’orthographe est encore hésitante. Évitons le relaps.

          1. Dr Slump

            Vous avez manqué de présence d’esprit, moi je ne suivais rien de la majorité de cours, sauf ceux des profs ou des matières que j’appréciais, et je lisais en classe en loucedé, les livres ouverts sous le bureau sur les genoux 😛

            1. Caton

              En terminale C dans les années 70, nous étions nombreux à trouver les cours de philo trop courts pour finir une partie de go. Nous avons dû nous rabattre sur les échecs. Je me dis parfois que nous étions en avance sur notre temps.

              1. Peste et coryza

                Forum toujours très actif dis donc !

                @SilenT Bob
                Encore, vous avez eu de la chance. Ma récente expérience de prof remplaçant de physique chimie en privé sous contrat m’a mis en présence d’une classe entière d’élèves… qui ne savaient pas lire.
                Oui, en seconde S, 8 élèves (classe de TP) qui ne savant pas trouver un mot dans un texte.

                Pour ma part, je fais une pause hors de France : post doc en rep Tchèque. J’espère m’y faire des contacts pour ne pas à avoir revenir en France.

  13. Beldchamps

    Je confirme, j’ai rencontré une prof d’économie qui se plaignait que les élèves la contredisaient ! Elle n’avait même pas conscience de véhiculer une propagande gauchiste , incapable qu’elle était de sortir de son programme.
    C’était à la fois affligeant et réconfortant de constater que les lycéens avaient l’air de s’informer et de réfléchir par eux-mêmes.

    1. Jiff

      C’est là qu’est l’os; nous en sommes maintenant au milieu de la 2nde génération sacrifiée et ça rejoint tout ce qui a déjà été dit sur la question ici et dans plusieurs autres articles de h16, sans humanités sérieuses, aucune remise en question n’est possible/imaginable…

      Le gros souci c’est que ça peut se comparer à une lente décomposition, les nouveaux se font à l’odeur, car il ne connaissent rien d’autre; il faut donc pas mal de recul pour s’apercevoir de la perversité du système.

  14. Nal

    Bel article qui résume bien la situation. Ce sont toujours ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une classe et jamais vu la réalité du métier qui se permettent de dire n’importe quoi et d’imposer (oui oui, imposer) des réformes écœurantes… On revit la fable du Loup et de l’Agneau : les plus forts inventent des arguments pour justifier leurs actes « en douceur » mais qu’ils feront passer de force quoi qu’il arrive. Est-on toujours en France ?

    Élitisme ? Mais je rêve ! Je suis néo-titulaire en Lettres Classiques, d’origine maghrébine, issue de deux familles émigrées modestes ; je m’arrête là pour les détails, je ne voudrais pas avoir l’air de raconter ma vie mais je voudrais qu’on m’explique comment je peux être élitiste, raciste etc. ? L’argument du racisme pour essayer de faire taire tout le monde, ça va bien deux secondes mais c’est un argument un peu… limité. Revenons aux élèves…

    J’ai 32 élèves latinistes en 5ème cette année, de tous les milieux sociaux. Encore une fois, où est l’élitisme ? Que peut-on faire de pire qu’une option ? On avait déjà le choix d’apprendre le latin (ou le grec ancien d’ailleurs) ou non (quel élitisme !) Et on retire aux élèves un choix qui réunit les cultures jusqu’au nord de l’Afrique.
    On se plaint que les élèves ne savent plus écrire ni parler français ? Je ne donne pas 10 ans pour qu’on touche le fond. On coupe les racines de la culture, on leur met des œillères un peu plus serrées et c’est parti ! Wouhou ! Formons des incultes, et d’ici quelques années on pourra leur faire croire n’importe quoi. C’est quoi le plan ? Pousser les profs à partir dans le privé ? A enseigner à l’étranger ? Rendre les gens tellement aveugles qu’ils ne verront pas un Louis XIV revenir ? Oui, je pousse le raisonnement jusqu’à l’extrême et j’exagère sans doute. Mais plus sérieusement, je trouve tout ça très inquiétant et même pas subtil (cf. les modifications du programme d’histoire…)

    Et quid de tous ceux qui se sont donné du mal pour avoir un Capes en allemand ou dans une autre discipline étranglée par la réforme ? On nous dira que ce n’est pas grave puisqu’il faut penser aux élèves d’abord, que les profs ne pensent qu’à eux et qu’ils n’auront qu’à faire grève pour changer, et que les profs de latin pourront toujours être profs de français…

    1. Honorbrachios

      « Bel article qui résume bien la situation. Ce sont toujours ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une classe et jamais vu la réalité du métier qui se permettent de dire n’importe quoi et d’imposer (oui oui, imposer) des réformes écœurantes…  »
      mais c’est ce qu’ils font dans TOUS les domaines, et c’est pourquoi la france coule à grande vitesse maintenant …

    1. Golum

      Pire, on va tous mourir dans d’atroces souffrances.
      Quoi de pire que de devenir comme eux. De force.

      Selon Cpts, l’orage approche.
      Il est temps de trouver un abris.

      1. MadeInCH

        L’Hiver vient.
        Discussion aujourd’hui, dans ma famille sur les avantages futur des voitures autonomes.
        Ma soeur m’interrompt pour me dire que, selon elle, l’avenir est sombre (et plein de de terreur, ndt), et qu’il risque plutôt d’y avoir une régression technologique.
        Ensuite, son mari continue en mode ironique en disant que ce qui n’est pas mis en exemple par momo sera interdit. Donc, les voitures autonomes…
        .
        Apparemment:
        1) Y’en a d’autres qui sont pas optimiste.
        2) Je ne suis pas (plus?) le seul islamophobe dans ma famille.

        Je me sens moins seul.

        1. Laurent a La

          Je pense que lorsque les assureurs verrons les resultats des voitures robot, le prix de l’assurance d’une voiture non-robot va monter en fleche.
          D’ici 20 ans seuls les passionnes riches pourront se permettre de conduire eux meme.

          1. MadeInCH

            Je vois des voitures autonomes tenir compte des routes qui sont défoncées, des zones snipées à éviter, par exemple.
            Vous croyez que de telles voitures auraient pu circuler circuler durant les heures les plus « chaudes » du Liban? Ou bien actuellement en Afganistan ou en Irak?
            De tels véhicules ne peuvent fonctionner que avec des infrastructures parfaitement en ordre et normalisées.
            Ce qui est incompatible avec des situation de zone de non-droit ou de guérillas.
            Ce n’est donc pas un problème technique.

            1. gameover

              « …des infrastructures parfaitement en ordre et normalisées. »

              Non, les essais ont eu lieu sur tous types de route et il n’est même pas nécessaire qu’il y ait un marquage tout beau tout neuf, ça marche même sans marquage…

              Mais ton exemple c’est tout l’un ou tout l’autre. Pourquoi quand on parle de solutions alternatives il y en a toujours un pour sortir un cas extrême que même le modèle normal ne résout pas.

              Pi le défaut d’assurance dans une zone de non-droit n’est peut être pas le premier souci… la mort ne viendrait certainement pas d’un accident couvert par la police d’assurance hi hi…

        2. Golum

          Winter is coming !
          You know nothing John Snow….

          Les white walkers seraient ils communistes ?
          En tout cas, il y a une certitude:

          Nos socialistes sont de plus en plus des parasites putrides.

  15. JulesXR52

    Texte intéressant, très « hacheseizien ». Je suis cependant un peu gêné par la confusion, à deux reprises, entre « quoique » et « quoi que ».

    1. Golum

      C’est Rara par H !

      Par contre on à l’impression que Rara est une habituée du style et pompe même honteusement certaine tournure de notre hôte 🙂

  16. Nocte

    Je connais un certain nombre de profs. Ils partagent le point de vue de l’auteur du billet (hipparchia ?).
    Merci à h16 d’avoir fait le relais.

      1. Nyamba

        Cette petite mention : « … les enseignants de lettres classiques et de philosophie, nous sommes particulièrement teigneux… » mettait la puce à l’oreille aussi !
        Merci de ce témoignage, au passage ; et courage !

      2. Golum

        Désolé, j’étais mesquin et jaloux. C’est mon Master (à moi), vous comprenez ?

        Votre texte est très vrai, et ça confirme beaucoup de choses pour moi.
        Merci

      3. thom__yorke

        Enseignant dans le primaire, je partage aussi.
        D’ailleurs, sur le passage où on est « toujours consultés mais jamais entendus », cela me rappelle la consultation sur les nouveaux programmes en début d’année. Le retour de cette consultation par logiciel ne fonctionnant pas, on appelle la hotline ; très honnête, le monsieur nous dit : ce n’est pas grave, de toute façon cela ne remontera pas. Bah on est ravis d’avoir pris 3 heures sur notre temps perso !

      4. Nocte

        Rara
        Prof de lettres
        Femme
        Frequentant le blog suffisamment pour taper dans le style du maître des lieux.
        Et certains passages me rappelait tes commentaires.

              1. Bonsaï

                Selon toute vraisemblance; Rara devrait être considéré comme un diminutif. Mais de quoi ?
                Barbara peut-être ? Raffarin ? (il est assez désoeuvré pour pouvoir le faire).
                Arnaud Montebourg, dit Rara (pour les intimes).

                1. pheldge

                  Rara pour Rachel ou encore R’ Hache-Elle ! C’est à n’en pas douter la part féminine de Hache sèzeu , celle qui fait tant vibrer notre bon GO ! 🙂

        1. Hipparchia

          Hé Ho ! De philosophie Nocte, de philosophie. Je les aime bien les collègues de LC, mais dans le genre retrors, pénible et passéistes, nous avons la palme et j’avoue que nous sommes pénibles avec nos cours magistraux, notre manie de poser des question et notre intransigeance concernant le vocabulaire.

          Je serais la rue de grenelle, je nous supprimerais purement et simplement.

            1. Bonsaï

              De grâce, pas de fausse modestie madame Hipparchia !
              La philosophie est (avec les mathématiques et la langue du pays) la seule discipline vraiment indispensable pour un jeune esprit.
              Tout le reste ne sera que cerises sur un gâteau …

          1. gameover

            « Je serais la rue de grenelle, je nous supprimerais purement et simplement. »

            Même si vous étiez ironique (?), je suis complètement d’accord. Je ne vois pas ce que vient faire cette discipline dans le cursus scolaire de base. Professeur de pensée, de valeur, de dictionnaire ?

            Autant essayer d’apprendre à Bonsaï de poster ses commentaires au bon endroit… on en a encore un exemple là au-dessus.

            1. hipparchia

              Professeur de dépropagande. C’est assez utile à une époque où l’école est vraiment devenue non plus un vecteur d’émancipation mais de manipulation des masses.

  17. mchristinegrimard

    Cet article est une bouffée d’air frais pour une mère de cinq enfants ayant vu passer toutes les réformes depuis 25 ans ayant réussi malgré tout à conduire ses enfants vers l’amour de l’effort et surtout la curiosité de l’apprentissage de la vie en général. Les programmes scolaires sont surréalistes et surtout ceux d’histoire, tellement orientés selon les désidératas des différents gouvernements que c’en est risible. De quoi alimenter les discussions familiales et aiguiser le sens critique des enfants !
    Quant à mon petit dernier qui est en cinquième, il situait le massacre de la St Barthelemy sous Louis XIV en toute bonne foi :-). Mais il est très fort en « développement durable », ce qui était l’essentiel du programme de l’année !
    Risible n’est sans doute pas le mot approprié, mais navrant semble plus adéquat !
    Pourtant les professeurs pour la plupart de démènent pour rendre intéressants leurs programmes et guider les jeunes vers le meilleurs, mais même les meilleurs s’épuisent à nager contre le courant !
    Je vous rassure, pour l’éducation des masses on touchera le fond très vite, mais pour ce qui est de leurs soins médicaux ( mon milieu de vie) cela ira plus vite encore, et toutes ces têtes bien vides n’auront pas le loisir de promener leur cerveau sur cette terre aussi longtemps que leurs ancêtres, au vu de la qualité des soins qu’on leur permettra d’avoir dans les années à venir.
    La main mise de l’état sur tous les volets de la vie des gens, du berceau jusqu’à la tombe, est arrivée au summum de l’insupportable et c’est un désastre !

    1. Jiff

      « La main mise de l’état sur tous les volets de la vie des gens, du berceau jusqu’à la tombe, est arrivée au summum de l’insupportable et c’est un désastre ! »

      Ça cadre tout à fait avec l’une des images de h16 (fascism.jpg)

      Ça me fait aussi penser à nos p’tits Suisses qui doivent votationner dans une semaine pour un projet nazesocialaud d’imposition fédérale des successions: http://www.sp-ps.ch/fr/campagnes/votations-du-14-juin/oui-la-reforme-de-la-fiscalite-successorale ; normalement, il-y-a très peu de chances que ça passe, mais je serais eux, je surveillerais quand même de près les chaussettes des préposés…

      1. mchristinegrimard

        Rien n’a voir avec les idées fascistes de tout poil, qui me dégoûtent aussi. Ainsi que la manie de certains de ranger les autres dans telle ou telle catégories. Ce sont ces clivages bornés qui font reculer ce pays, chacun campant sur ses positions, sûr de ses convictions et de son bon droit, sans écouter l’autre.
        Ce que j’essaye de dire est différent. On attend tout de l’état dans ce pays, l’état paye pour nous et donc l’état choisit pour nous, et les choix de vie se réduisent comme peau de chagrin. Je prônerais plutôt pour que les gens retrouvent le goût de se prendre en charge sans attendre le bec ouvert que l’état les nourrisse, les éduque, les soigne et choisisse même le moment de leur mort.
        (Je le vis chaque jour avec les consignes dites d’économie de santé que l’on nous oblige à appliquer pour les patients, contre notre propre éthique médicale …)
        Ceci ne serait-il pas proche des idées de l’autre grand Satan, le dieu Libéral. Oh mon dieu ! Dans quelle catégorie va-t-on pouvoir caser ça ??
        Il faudrait par la même occasion que l’on redonne le goût de l’effort à chacun en commençant par les enfants, contrairement à ce que les réformes scolaires successives ont produit depuis déjà deux générations … On y revient !

        1. Jiff

          « Rien n’a voir avec les idées fascistes de tout poil, »

          Un petit peu tout de même, définition du cntrl: « HIST. Doctrine que Mussolini érigea en Italie en système politique et qui est caractérisée par la toute puissance de l’État (intervention de l’État dans l’économie, étatisation des appareils idéologiques, développement de l’appareil répressif dominé par la police politique, prépondérance de l’exécutif sur le législatif, etc.) et par l’exaltation du nationalisme. » – je mettrais la tête de h16 à couper qu’on y est presque.

          « On attend tout de l’état dans ce pays, »

          C’est justement la démonstration derrière ce billet de h16! Plus c’est qeul’peup y comprend moins, et moins c’est kiva s’poser de questions et commencer à réfléchir; c’est tellement plus rassurant d’aller téter l’état-nounou.

          « On y revient ! »

          Je te ferais remarquer que dans le privé, on n’en était même pas vraiment parti. Dans les 70s, alors que la notation devenait carrément laxiste, voire quasi-inexistante dans le public, quand on avait la chance d’être dans le privé on se battait des fois pour 1/4 ou un 10ème de point, histoire de gagner une place au classement général (et principalement de niquer celui ou celle qui t’avait piqué ta place 1/2 trimestre avant;)

          Mais s’il-y-a une chose qui est sûre et certaine, c’est qu’avec les différentes bandes de bras cassés qui se succèdent depuis +40 ans à l’EN et dans ses coulisses, l’effort et l’esprit de compétition ne sera jamais remis au goût du jour.

          D’abord parce que l’EN a toujours été politisée dans le sens convenant au gouvernement en place (je n’ai pas grand souvenir des passages d’histoire sur les guerres coloniales françaises…), ensuite parce qu’au nom d’un l’égalitarisme qui est une pure vue de l’esprit ça ne serait pas PC, et enfin parce que des gens dressés à la compèt’ réfléchissent beaucoup et peuvent rapidement vouloir beaucoup plus de libertés, voire même vouloir piquer la place bien chaude des poliotiques en place, quite à leur faire prendre la porte à grands coups de satons dans le joufflu.

              1. Black Mamba

                S’il te faut un fusible met alors Bonzaï, avec ses discours alambiqués , elle saura très bien faire face aux attaques et elle se fera un plaisir de se sacrifier pour H16 car elle et lui c’est du sérieux :mrgreen:

                1. Jiff

                  « elle se fera un plaisir de se sacrifier pour H16 car elle et lui c’est du sérieux »

                  Il n’a pas l’air contre: « Sur le billot, je préfère la sienne que la mienne. »

                  ;-p)

                  1. Black Mamba

                    Ooooh ! Il parle de ta tête , voyons ! Agrémenter de salade , poivrons, oignons et autres condiments , rien de tel pour mettre en appétit la partie adverse. 😉

                  1. Black Mamba

                    Juste pour la forme, je te prends mais je combats sabre au clair : « Pour l’honneur et la gloire !!!!  »
                     » BANZAÏ ! « 

              1. pheldge

                la galanterie se perd … preuve s’il en fallait encore que le Grand Satan libéral est un ignoble monstre froid et sans cœur ! 🙂 🙂

          1. mchristinegrimard

            Je suis contre la toute puissance de l’état justement !
            Vous semblez avoir compris exactement le contraire de ce que je disais… Avez vous lu ce que j’ai écrit ?
            J’apprends à mes enfants à garder l’esprit critique et à se méfier des idées formatées, tout en respectant leurs professeurs qui ont bien du mérite à essayer de survivre à toutes les réformes et à poursuivre leur travail avec cœur.
            Quant aux politiciens (de métier ..) je leur laisse volontiers leur fauteuil et leurs querelles stériles. Je me contente d’essayer d’être utile au quotidien pour les gens qui ont besoin de moi, en gardant mon éthique malgré les « recommandations  » financières non médicales données par l’état.
            Étant obligée de vivre en société, je garde ma liberté de penser et évite de me laisser programmer par les politiciens qui n’ont pas beaucoup d’autre but que leur propre ambition actuellement.

            1. zelectron

              Pêle mêle ! parce que
              c’est l’État qui crée des emplois,
              seul l’État sait ce qu’il faut,
              l’État est au dessus de tout
              l’État est notre sauveur
              sans l’État nous ne sommes rien
              l’État remplace le père et la mère, les frères et les sœurs, les oncles et les tantes, les grands parents, sans l’État nous serions perdus
              l’État nous enseigne ce qu’il faut pour que nous soyons heureux dans la lumière du socialisme
              l’État est notre sauveur et il se sacrifie pour le bonheur de son troupea… non zut son peuple
              Si vous ne voulez pas de l’enseignement de l’État, il vous aide gracieusement à retrouver le bon chemin dans des établissements luxueux pour les directeurs, un peu moins, si peu, pour les hôtes choyés
              béni (oui, oui) soit l’État
              l’État providence de chacun pour soi
              vive l’État omnipotent et impotent
              rien n’est possible sans l’État
              nos élus font tout ce qu’ils peuvent pour servir les intérêts de l’État en se sacrifiant pour lui
              heureusement que l’État est là pour nous sauver
              l’État plein de grasse et de graisse
              l’État est conduit par des gens capables (de tout)
              la conduite de l’État nécessite des Q sans I en foultitude
              l’État s’occupe de tout, la preuve tout marche impeccablement
              la liberté individuelle est au service de l’État et rien d’autre
              l’égalité doit s’effacer devant l’État
              la fraternité permet à l’État de rassembler le peuple pour mieux le débarrasser de ses craintes
              l’État veille sur vous
              l’État assure votre sécurité et plus encore
              sans l’État vous êtes rien, vous n’existez pas
              l’État vous aide et vous aime
              les suppôts de l’État sont vos dévoués serviteurs, ils se tuent à la tâche pour combler tous vos désirs
              Les agents de l’État brillent par leur intelligence et savent bien mieux que vous ce qui vous plait et vous convient
              Le parti vivier de ces braves et indispensables et zélés et courageux et honnêtes travailleurs et travailleuses au service de l’État recrute tous ceux qui y croient sans diplôme excessif (ou pas trop difficile) demandez le 3615 réponses à l’examen si vous voulez faire carrière
              Ce parti vous aide puissamment dans votre carrière pour peu que vous sachiez tenir une pancarte au dessus de votre tête pour un défilé d’une heure ou deux
              Rien ne peut vous arriver de fâcheux pour peu que vous ne fassiez pas de vagues (en cas de pressante envie, voyez votre supérieur hiérarchique qui vous prodiguera ses conseils avisé du haut de sa science infuse ou vous fera interner d’office dans un établissement où on vous dorlotera si votre cas l’exige)
              lettre liste qui n’a rien à voir avec celle de Schindler est incomplète et ne demande qu’à le rester car l’heure de la RTT (Résistance Terrible au Travail) est arrivée . . .
              Enfin, reprenons tous en cœur la célèbre et belle phrase de Bénito : Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État, véritable prêt à penser du socialo-fascisme qui nous environne

              1. Jiff

                Je vois que je ne suis pas le seul à penser que nous sommes au bord du précipice et qu’un crétin ne va pas tarder à nous proposer un grand pas en avant…

              2. Golum

                Mon Dieu, ça frise le fascisme ( de droite, tendance anarchiste !)

                Valls ne va pas tarder à faire boucler H, ou le faire crypter pour protéger les enfants d’autant de lucidité.

                Imaginez des enfants qui pensent, prennent des décisions, des responsabilités ? Non, pas de ça chez nous….

                Tu seras communisme, et rien d’autre.

                Il commence à me les péter le franco d’ailleurs. Il claque notre pognon pour faire des campagnes politiques en insultant à tord et à travers.

            2. Jiff

              Tout ça est tout à votre honneur; cependant, ce que j’ai lu avait trait au citoyen allant téter l’état-nounou comme un veau.

              J’ai donc fait la démonstration que si l’on ne donne pas au citoyen lambda les moyens de construire correctement sa réflexion et par voie de conséquence de remettre en question les choses établies, ce qui est le cas, il n’a aucune chance de se sortir de son état de dépendance à l’état tel qu’il est aujourd’hui.

                1. Jiff

                  « C’est ce que je dis depuis le début ! »

                  Mais moi ce que j’explique depuis le début, c’est qu’en l’état actuel des choses c’est totalement impossible parce qu’il faut d’abord acquérir une certaine tournure d’esprit pour s’aventurer hors des sentiers battus et remettre les choses en cause… ce qui est impossible à cause précisément de l’état et de son EN qui abêtit les enfants au lieu de les grandir.

    2. MadeInCH

      « La main mise de l’état sur tous les volets de la vie des gens, du berceau jusqu’à la tombe, »
      Je connais un homme politique historique qui avait dit que il ne devait plus jamais y avoir un seul allemand qui aie pu, un jours, dire qu’il a été seul et pas dirigé dans sa vie.
      Je vous laisse deviner qui c’est.

      1. mchristinegrimard

        Oui justement on y arrive aussi tout doucement, l’état choisit pour nous et nous n’avons plus qu’à nous taire. Dans la santé c’est déjà appliqué chaque jour… Avez vous le choix des médicaments qu’on vous délivre à la pharmacie par exemple, ou être vous programmé pour avaler ceux qu’il veut que vous avaliez ? Ce n’est qu’un exemple !
        Garder son libre arbitre et faire ses propres choix de vie devient de plus en plus difficile dans ce pays où l’on formate les citoyens pour qu’ils pensent « politiquement correct » et qu’ils n’aient même plus l’envie de se révolter.

        1. Bonsaï

          Personne ne vous empêche de vous documenter vous-même sur le sujet et de discuter de vos desiderata avec votre médecin prescripteur ou votre pharmacien.
          Si nous restons des consommateurs passifs, nous ne serons jamais libres.

          1. mchristinegrimard

            Je suis parfaitement documentée sur le sujet étant médecin et je sais ce que l’etat nous empêche de faire pour soigner correctement les patients, faisant entrer le coût estimé des soins avant l’intérêt du malade. En j’en ai plusieurs exemples chaque jours.

            1. Jiff

              Puisque tu es médecin, tu sais donc qu’en théorie le médecin ne devrait se limiter qu’au descriptif du problème, et le pharmacien choisir médicament(s) et posologie(s) voulue(s).

              1. mchristinegrimard

                Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas.
                Le choix du pharmacien est de plus en plus fait en fonction de sa marge bénéficiaire et de la prime donnée par la sécu, malheureusement.
                Vous devriez en parler avec votre médecin, il vous expliquerait ce qu’il vit au quotidien.

                1. Black Mamba

                   » Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas. »
                  Si on devait causer juste de nos connaissances, les conversations sur ce blog seraient vite fortement ennuyeuses

                2. Jiff

                  « Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas. »

                  Un p’tit peu quand même, l’un de mes grand-pères était pharmacien (ok, militaire, je le concède, mais ce fut aussi un chercheur, la levure lyophilisée par exemple, si ça te dit quelque chose…) et j’ai deux amis d’enfance qui sont pharmaciens avec qui nous avons beaucoup parlé de ça et d’un tas d’autres choses.

                  Qu’une dérive mercantile ait fini par se déposer au fond (la faute à qui d’ailleurs, si ce n’est à la sécu et aux décisions politiques cachées derrière), soit, cependant ça n’enlève rien au fait qu’à la base le médecin est là pour poser le diagnostic et le pharmacien délivrer la/les drogue(s) qui correspondent au diagnostic.

                  1. mchristinegrimard

                    Je préfère en sourire, ainsi que tous les pharmaciens qui travaillent avec moi au quotidien. Cette répartition était valable du temps d’Hippocrate,
                    les choses ont bien changé et ce qui était les rôles des hommes de l’art dans l’antiquité est devenu tout autre aujourd’hui. Les pharmaciens auraient ainsi une responsabilité qui du point de vue juridique pourrait vite tourner au cauchemar. !
                    On ne parle pas ici de produit d’automédication (qui peuvent être aussi bien dangereux ) mais de traitements lourds… Ne rêvons pas !
                    La sécu est en train de brader la santé et tous en souffrent, patients, médecins, pharmaciens, infirmières et paramédicaux.
                    Je ne connais pas un domaine actuellement qui ne souffre pas de la main mise des organismes d’état sur le travail de terrain, l’hôpital, la santé en général, l’école, les artisans, les petites entreprises …
                    Jusqu’où accepterons-nous d’aller ?
                    Une utopie comme le meilleur des mondes ?

                    1. Jiff

                      « Une utopie comme le meilleur des mondes ? »

                      Disons plutôt un mix entre le meilleur des mondes et 1984.

        2. Jiff

          « Avez vous le choix des médicaments qu’on vous délivre à la pharmacie par exemple, ou être vous programmé pour avaler ceux qu’il veut que vous avaliez ? Ce n’est qu’un exemple ! »

          Mauvais l’exemple, tu peux tout à fait exiger l’original d’un médicament à la pharmacie mais tu ne seras remboursée qu’à hauteur du tarif forfaitaire de responsabilité (la plupart du temps calculé sur la base du prix du générique.)

          Ei si jamais tu parlais de pouvoir faire de l’auto-médication avec du prescriptif, heureusement que ça n’est pas possible, il-y-a déjà assez d’accidents et de morts dus aux interractions médicamenteuses et aux erreurs de posologie comme ça.

          1. mchristinegrimard

            Ceci est la théorie, en fait les patients les plus fragiles et les plus âgés n’osent plus refuser à leur pharmacien les produits qu’ils leur imposent et on en voit les conséquences chaque jour au cabinet Medical, alors que de nombreux produits sont vendus au tarif forfaitaire justement et que l’état exige malgré cela le « tout générique », sans se préoccuper des conséquences pour les gens les plus fragiles. Je vis ça tout les jours au cabinet médical et je sais de quoi je parle.

            1. Caton

              Quand avez vous demandé un antibiogramme pour la dernière fois?

              Comment réagissez vous lorsqu’un patient un rien impatient refuse votre prescription statistique d’un antibiotique à large spectre?

              Avez vous lu la parabole de la paille et de la poutre?

  18. gameover

    « …c’est bien le seul métier où le patron agit dans l’unique but de saboter son entreprise jusqu’à ce qu’il ne reste rien… »

    J’aime bien l’image… mais on pourrait aussi dire qu’il est rare que dans une entreprise tous les gens aient le même métier…

  19. Froggy

    Many thanks for your writing this ! Muchas gracias ! Grazie mille ! Danke Schoën ! … Je ne sais pas le dire, ni en latin, ni en grec mais le coeur y est, je vous assure.Le sentiment partagé avec vous est sans doute la tristesse de voir que nous, les professionnels du terrain, ne sommes pas reconnus comme les acteurs-observateurs légitimes.Une fois de plus, la base doit courber l’échine parce que ‘c’est ce qu’ils ont décidé’ plus haut !!! Notre ministre n’a jamais enseigné quoi que ce soit, que je sache ! Que sait-elle vraiment de notre métier ? Ses fantasmes ne nous concernent pas.Toute cette réforme (dont le but est purement économique et donc idéologique) met en exergue le mépris affiché des enseignants. Se pourrait-il également qu’il s’agisse d’une revanche ?

    1. zelectron

      @ Froggy je ferais volontiers sauter 2 à 300 000 soit disant enseignants planqués au ministère et distribuerais la totalité de leurs salaires aux enseignants de terrain d’une part pour les encourager et d’autre part leur montrer de la reconnaissance mais surtout que du mépris pour ceux qui se payent notre tête dans les « ôtsfers » à faire des essais sur le dos de nos enfants pour les rendre abrutis !

    1. Jiff

      Pas de mauvais esprit. Vu la plupart des commentaires habituels sur sa profession ici, il lui a fallu un certain courage pour venir communiquer ses sentiments sur une question plutôt importante.

      Nul n’est parfait et par ailleurs, tout le monde a le droit à une seconde chance…

      1. yoananda

        Je n’ai jamais vu les profs faire autre chose que se plaindre.Jamais de mea culpa, de remise en cause. Le courage de quoi ? ils sont directement responsable de la situation en étant l’armée de réserve du socialisme.
        Dieu se rit des hommes qui se plaignent des causes alors qu’ils en chérissent les causes.

        1. Jiff

          1- Ne généralise pas, s’il te plaît, même si une majorité est comme ça, il reste la minorité silencieuse,

          2- Ce que tu appelles « les profs » sont la plupart du temps ceux qui sont visibles (articles, tv, interviews), et comme par hasard, ce sont… des syndicalistes de gauche,

          3- Je te rappelle qu’en tant que fonctionnaires, ils sont soumis au devoir de réserve (d’où malheureusement le point# 2),

          4- Vu les points# 2 & 3, peu de profs de la minorité s’expriment, mais quand ils le font c’est généralement saignant.

          Car dans le tas, il-y-a quand même quelques pointures de haute volée.

          J’oubliais: le point# 5: vu comment est structurée l’EN, même les bonnes volontés se font rabrouer et mal noter si elles l’ouvre (Ex: même en 2015, alors que plusieurs études internationales et publiées ont démontré depuis un paquet d’années que la méthode d’apprentissage de la lecture dite globale a non-seulement de mauvais résultats mais est en plus toxique pour les élèves à long terme, si un prof se permet d’utiliser une méthode syllabique (qui elle, a d’excellents résultats à tous points de vue), il se fera pruner par son inspecteur.) – Pas si facile que ça la vie de prof quand on rentre un peu dans les détails…

          1. vegeta

            « il se fera pruner par son inspecteur. » j’ai l’envie de lâcher une petite larme …

            Simple question: qu’elle sont les pouvoirs d’un inspecteur ?

          2. yoananda

            tu nie que les profs votent a gauche ?
            tu nie qu’ils soient fonctionnaires et que ce corps social a été spécifiquement inventé pour qu’ils en soient les défenseurs ? alors comment oser se plaindre du même système qui les nourrit …

            les profs, les juges et les journalistes ont bien plus de responsabilité dans le merdier actuel que les artisans, les ouvriers, et les entrepreneurs …
            qui pourrait dire le contraire ?

            Toute cette clique à perdu le sens des réalités depuis bien longtemps, à force d’être surprotégés, ils sont soumis.

          3. yoananda

            et c’est pas un ou 2 profs qui sortent du lot qui vont m’empêcher des généraliser. Ne pas généraliser, c’est ne pas penser… qui peut penser sans généraliser ? personne ne peut penser à tous les cas particuliers et envisager tous les détails. C’est un non sens.

            1. Jiff

              « C’est un non sens. »

              Bien au contraire, la vie n’est pas Manichéenne mais toute en demi-teintes; c’est pour ça qu’il est important de considérer autant l’ensemble du problème que ses cas particuliers, ça permet d’avoir plusieurs angles de vue, notamment celui des autres…

              1. Caton

                On commence par le bulldozer pour régler 80% du problème. Le coupe-bordures, c’est pour plus tard. Votre discours a pour conséquence que les problèmes ne sont jamais réglés. Mais c’est politiquement correct, bienpensant et dégoulinant de moraline sucrée. Ma préférence va à la capsaïcine.

                1. Jiff

                  Règler les affaires courantes au lance-grenade est une option, pour ma part je préfère la négociation et garder la grenade en dernier ressort; chacun ses goûts…

                  1. Caton

                    40 ans de negociations avec les partenaires sociaux ont fourni des résultats probants. Il faut donc évidemment poursuivre ces efforts. Voire même aller plus loin.

                    Ou pas.

                    1. Jiff

                      Avec les partenaires sociaux, pas vraiment, avec leurs syndicats; ça fait une grosse différence.
                      Dans ce type de négo, il faut les sauter et mettre la base devant ses responsabilités.

                    2. Caton

                      « Face à leur responsabilités », cela veut-il dire licenciement des incompétents, ou, comme d’habitude, pratiquer la méthode dite du chien crevé au fil de l’eau? Parce que ce que je lis dans vos propos, c’est encore et toujours le même refus d’être clair. Une bonne manière de ne pas prendre de responsabilité…

                    3. Jiff

                      « toujours le même refus d’être clair. Une bonne manière de ne pas prendre de responsabilité… »

                      Pas plus que votre propre « clarté », parce qu’à part faire référence au principe actif des piments, je n’ai vu aucune proposition constructive de votre part.

                      Et pour être clair, vraisemblablement d’une façon unilatérale, c’est discuter directement avec la base, évaluer ses doléances, lui faire évaluer les miennes et tâcher de faire coïncider tout cela dans une optique win-win.
                      Fixer également un cadre minimal mais logique (abandon des méthodes qui nous donnent 50% d’illettrés à la sortie des écoles pour celles qui ont fait leurs preuves, programmes édifiés par des collèges de profs actifs élus par leurs pairs, concertation tripartite avec les parents (même chose: les parents, pas les associations), etc.)

                      Après, et vu la mentalité dans ce pays, si aucun accord n’est possible ils descendrons dans la rue, mais je ferais une conférence de presse pour expliquer aux gens exactement le pourquoi du comment et on verra bien ce que la confrontation des 2 pôles donnera une fois qu’ils se retrouveront face à face (méthode sudaméricaine, un peu cavalière mais efficace.)

                      Et vous, à part contraindre sans discussion ou par le truchement de pepper-sprays, que ferez-vous ?

                    4. Caton

                      Chèque scolaire. Au diable les responsabilités, que chacun soit mis en face des conséquences de ses actions. Brutal, certes, mais efficace.

      1. yoananda

        Soit. C’est l’exception qui confirme la règle. Qui a donné tant de pouvoir au socialisme (je ne parle pas de parti, mais d’idéologie globale qui gangrène tous les corps sociaux) et ses progrès sociaux qui nous amènent directement au meilleur des mondes …

  20. Honorbrachios

    c’est HS mais vu chez Corto74, Junker (qui préside à la destinée de l’europe) complètement bourré…
    youtube.com/watch?t=65&v=XPgiI46FCDU

  21. SilenT BoB

    Je suis désolé d’avoir fait des études de sciences à la fac et une grande école de commerce avec spécialité finance de marché !
    Les gamins sont en général contre ma venue, freinent des 4 fers avant mon arrivée. Ce n’est pas si simple de gagner leur confiance. Ce n’est pas parce que les parents font donner des cours que l’éducation est meilleure. Croyez-moi j’ai des boulets XXL ! Une petite en seconde qui ne savait pas, de tête, faire 10/2…
    J’ai déjà donné des cours d’eco en lycée en tant que remplaçant pendant un mois à un moment ou je cherchais du boulot dans ma branche. Étrangement, je n’ai pas galère et certains me disent encore bonjour dans la rue. Leurs résultats avaient pour les plus mauvais monté.
    Quant à la mole je n’y peut rien si j’ai trouvé un moyen tout bête de l’expliquer…

    1. Bonsaï

      Je ne voudrais pas persifler, mais au vu de vos lacunes en orthographe il vaudrait mieux en effet éviter de vous improviser enseignant. Et le fait d’exercer dans une branche scientifique n’est en aucun cas une excuse.
      Le français est une langue difficile, certes. Et pourtant des générations de paysans de la France profonde écrivaient un français parfait, dans un style souvent admirable …
      Leurs maîtres d’école ne laissaient rien passer, il y avait des punitions, des retenues, parfois des coups de canne.
      Dans le cas d’un prof, apparemment jeune urbain branché, c’est vraiment se moquer du monde (pour rester poli).

      1. SilenT BoB

        Je suis sur un portable, au travail dérangé toutes les deux minutes.
        Je suis parti a l’étranger, j’habite un autre pays que la France et je donne des cours pour le fun! J’adore ca!
        Le français est une langue complexe et c’est pour cela que je n’aide pas dans cette matière. Jeune ok, urbain ok, branche euh du tout! Je ne n’improvise pas prof, je ne prétends pas l’être, par contre j’ai des résultats probants et c’est bien pour cela qu’au moins une famille par semaine m’appelle pour des cours.

      2. Black Mamba

        On peut être médiocre en orthographe mais tout à fait capable d’apporter un enseignement de au niveau dans d’autres matières … Un moins d’avoir un bâton coincé dans le fion, il n’y a aucune raison de lui faire des remarques désagréables sur son aptitude à enseigner .

        1. Bonsaï

          Par contre, je trouve que Monsieur V3g3ta s’est sensiblement amélioré sur ce plan et je tiens donc à le féliciter personnellement. C’est un vrai plaisir que de le lire !
          La pédagogie repose, entre autres choses, sur un balancement subtil entre châtiment et récompense.

          1. pheldge

            On peut dire de même pour la Berline Teutonne , ce qui éveille quelques soupçons quant à l’auteur réel de ses posts quand régulièrement elle rechute … 🙂

            1. Black Mamba

              Si tu pousses ton analyse un peu plus loin, si tu fais une véritable recherche plus scientifique , tu constateras que les erreurs de frappe, les fautes grammaticales et de conjugaison se font essentiellement en semaine et aux heures de bureaux où je n’ai guère le temps entre deux tâches de faire une correction approfondie de ma syntaxe ni le temps pour une relecture de mes posts . Et c’est avec horreur que le soir venu, je constate le carnage. Il y eu une époque où le maître H16 effaçait discrètement mes fautes mais ce temps me semble lointain .

              1. Pheldge

                Il n’y a pas que la forme, le contenu aussi est « changeant » dans sa qualité, ça passe du sous-zéro à du « assez positif  » , la question est posée, et le mystère ( Miss Terre ? 😉 ) reste en tiers 🙂

        2. Jiff

          « Un moins d’avoir un bâton coincé dans le fion, »

          Tu nous feras une petite démonstration quand tu monteras nue sur l’estrade ?

              1. Black Mamba

                Nan ! Juste que danser nue sur une estrade je ne l’ai jamais fait , il faudrait tout un peloton d’exécution pour mis obliger . Donc tu penses bien que s’il faut en plus le faire avec un accessoire peu recommandable …

                  1. Black Mamba

                    Hum, oui, mais va falloir rajouter une prime de risque pour l’accessoire en question , une mauvaise chute ou une bousculade est si vite arrivée …

  22. Pheldge

    Euh , HS mais comme c’est le WE et qu’ily a relâche … je recommande à ceux qui aiment les séres : « Chicago PD » avec Jason Beghe, et « Aquarius » avec Duchovny .
    Évidemment, ça vaut pas « Sauveur Giordano » ou même « Navarro » mais, bon, pour de la série US … 🙂

  23. ODE

    Bonjour, je suis de passage ici comme souvent (merci pour votre blog où je viens justement souvent me détendre entre deux heures de cours).
    J’apprécie particulièrement ce texte, d’autant plus que je sors de deux années en lycée, pour lesquelles j’avais des attentes démesurées après 6 ans à m’ennuyer en collège – ennuyée, mais efficace.
    Je finis ces deux années sur les rotules, j’ai pris un congé de formation pour… passer l’agrégation, ce qui sera un vrai REPOS, enfin.
    Ce métier est véritablement usant, usant, usant. Le programme est énorme, il y a beaucoup trop peu d’heures pour le faire, sans compter qu’il est impossible à faire compte tenu du niveau véritablement EFFRAYANT des élèves (je précise que je suis dans LE bon lycée privé de ma ville: pour exemple, dans ma classe de seconde, une bonne dizaine d’élèves ne mettaient pas d’accents, pas de ponctuation, écrivaient de telle façon qu’on peinait à les comprendre – je parle de la forme ET du sens, …). Donc le professeur qui est, comme le dit votre amie, passionné par sa matière, doit encaisser ça: il ne PEUT RIEN TRANSMETTRE, littéralement. C’est impossible.
    J’exagère un peu… On a lu Phèdre, on a lu Oedipe roi, on a lu Iphigénie, on a lu Candide, on a lu les Lettres persanes, etc. Enfin… en fait, beaucoup ne les ont pas lus chez eux, ils les ont lus quand j’ai fait des séances de lecture à voix haute en classe. ça leur a plu, mais ils n’étaient pas habitués. Je pense (comme Lucchini 😉 qui lui même pense comme Valéry ;-)) que l »oralité est importante dans l’approche de notre langue et surtout dans l’amour de celle-ci. Mais ils ne SAVENT PAS LIRE ni à voix basse ni a voix haute, dans leur grande majorité. Enfin leur vocabulaire est si pauvre qu’il faut bien expliquer la plupart des textes. Vous ne vous imaginez pas à quel point c’est à la fois fatigant et déprimant. Usant moralement et physiquement. Mais vous gardez de l’énergie, vous savez à quel point ça vous est cher, c’est important.
    Et puis il y a la quantité de machins administratifs qu’on ajoute à votre travail déjà conséquent (pour info, on met à peu près 2h à préparer une heure de cours au lycée, et dans un niveau comme celui de la Terminale L, les programmes changent pour moitié chaque année: AUCUN collègue n’a voulu me remplacer à ce niveau pour l’année prochaine… tellement ça fait de travail. On dira après ça que c’est « un boulot super pour les mères de famille ». Oui… celles qui ne veulent pas voir leurs enfants, peut-être!): réunions régulières en soirée, copies à corriger (dans le privé, on vous somme de mettre de nombreuses notes… pour se distinguer du public: bosser plus, être payé moins au final… quelle joie), cahier de textes à remplir en ligne, et encore… au collège, ce sont des pages et des pages de cases à cocher pour « valider les compétences »!!! pour chaque élève!! Et votre boulot ne sert A RIEN car le petit élève qui est PITOYABLEMENT MAUVAIS en français, maths, histoire, etc., finit l’année avec 10 de moyenne (bah oui faut pas être méchant, discriminer avec les notes… sinon pan pan sur les doigts par le directeur… et puis les notes de gym, ça compte dans la moyenne, et quand on est fort en foot on a facilement 18 en gym, ça rattrappe la moyenne de français, et voilà) et passe systématiquement dans la classe supérieure. Vous le retrouvez en seconde où il comprend ENCORE MOINS qu’en 4e, mais c’est comme ça. Vous devez retarder vos cours pour lui expliquer pour la centième fois comment on rédige un paragraphe de commentaire, mais évidemment dans la copie d’après il n’applique aucune des règles de base que vous lui avez données. Ne le stressez pas, vous aurez les parents sur les bras. Dites-vous bien qu’il passera en première, et dans celle qu’il voudra. A quoi bon s’ennuyer?? Il est donc en « AP » comme le dit le texte ci-dessus. Effectivement l' »AP », en fait, c’est avec 15 élèves pas motivés. Donnez-moi un élève mauvais et motivé, je vais lui faire faire des miracles, lui faire aimer la matière, le rendre bon en français, c’est mon métier. Mais 15 ados nuls et pas motivés, ça donne des heures d' »AP » inutiles. Il vaudrait bien mieux un solide cours magistral à apprendre par cœur. Mais c’est kro méchant.
    Et c’est là que vous tombez sur un autre os: pour le directeur et pour la plupart des parents d’élèves, en réalité, le lycée N’EST PAS un lieu de transmission. Et voilà. C’est une boîte, avec des clients. Le savoir est véritablement le cadet de leurs soucis. J’exagère à peine, à peine. Vraiment. Et c’est ça qui vous fait, en définitive, flancher. Vous êtes un prestataire de services comme un autre, et quand vous vous exprimez un peu personnellement, il ne manque pas de gens pour vous tomber dessus à bras raccourcis, non mais quoi, ho. Et voilà comment on tue les profs et l’école et la culture par là-dessus, et voilà comment vous n’aurez plus comme profs que des gens bien neutres, soit qu’ils aient appris à l’être (j’en connais, qui ont appris à faire taire leur personnalité passionnée dans le cadre de la classe, et qui s’expriment ailleurs et autrement), soit qu’ils soient comme ça naturellement. Il reste quelques rares exceptions, souvent des hommes, qui ne se laissent pas marcher sur les pieds. Mais la profession est hyper féminisée, avec, souvent, des femmes seules en situation précaire, qui n’ont pas intérêt à l’ouvrir si elles veulent garder leur quantité d’heures supp qui leur permet de vivre.
    Alors, l’époque où un philosophe comme Alain faisait des émules en enseignant dans un lycée de province, ou l’époque où Pompidou, fils d’instits et petit-fils d’agriculteurs, pouvait devenir fin lettré et homme politique, est bien révolue. Aujourd’hui même dans les lycées dits d’élite, le fin du fin consiste à respecter les programmes et à ne pas faire de vagues. Et les profs déprimés finissent à La Verrière ou changent de profession, comme c’est très souvent le cas.
    C’est le royaume des petites intelligences, des bureaucrates, de l’administratif, mais certainement pas de la culture et des lettres. Mais j’ai comme l’impression que ce royaume-là n’existe plus non plus ni dans les grandes écoles, ni dans les conservatoires, ni nulle part, sauf peut-être dans quelques esprits et âmes libres, comme celle de ce professeur et d’autres collègues que je salue.

    Pardon pour ce long billet. J’en ai gros sur le coeur!!
    J’ai raconté ça sur mon blog pour ceux que ça amuse ou intéresse:
    http://www.operette.blogspot.com

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