De Ségolène au Pape François, on s’attaque à la mauvaise cible

Aussi incroyable cela puisse-t-il paraître, on peut trouver un lien clair entre la dernière encyclique du Pape, « Laudate Si » (qu’on pourra lire, en intégralité, ici) et les dernières bêtises nutellesques de Ségolène Royal, lâchée sans filet sur un plateau télévision.

Oh, je sais le rapprochement fort audacieux, et je tiens à rassurer le lecteur : bien évidemment, il n’est absolument pas question de comparer le niveau général d’une Ségolène Royal qui a souvent du mal à aligner deux pensées cohérentes de front avec un fin lettré comme le Pape François, ou de comparer l’expérience d’une vie à bricoler de la politique franco-française dans la délicatesse de bulldozer de Marie-Ségolène avec le travail diplomatique de longue haleine, la subtilité et l’intelligence d’un érudit comme François. Non. Mais l’un comme l’autre, exprimant leurs idées, semblent souffrir du même biais : dans les deux cas, il y a une confusion permanente entre le libre marché (et son pendant le plus évident, le capitalisme) avec le capitalisme de connivence (et son pendant le plus inévitable, l’étatisme pervasif).

Royal : la champagnitude attitude

Pour Ségolène Royal, le cas est rapidement entendu. Ce n’est pas la première fois, ni malheureusement la dernière, que les Français devront subir l’embarrassante politicienne dans ses bévues médiatiques : lancée comme un train sans frein sur les rails des sophismes les plus éculés, elle reproche sans cesse à toute la société actuelle (à l’exception de quelques rebelles lucides dont elle ferait commodément partie) d’être intégralement tendue vers la recherche du profit maximal au détriment du bénéfice de long terme, l’amélioration du niveau de vie des individus, et le respect de l’environnement ; dernièrement, cela s’est traduit concrètement par sa charge contre la production et l’usage de l’huile de palme. Pensez donc ! Un produit plaisir, consumériste, vendu en grande surface et qui rend gros ! Tous les paramètres sont réunis pour lancer une cabale, quand bien même la réalité ne rejoint absolument pas ce que la ministre prétend avec aplomb.

Crony-Capitalism-Phony-CapitalismOr, les dérives (passées, réelles ou fantasmées) que dénonce Ségolène Royal sont toutes clairement dues à des perversions du marché, à la connivence entre les dirigeants ou potentats locaux et certains entrepreneurs à la morale minuscule, à l’absence de droits de propriété ou l’impossibilité de les faire respecter. La pollution, externalité négative connue, gérable dans un marché libre et parfaitement punissable dans un état de droit, ne peut l’être dans un lieu où règne la corruption ou la prévarication.

Parallèlement, on ne peut s’empêcher de noter que le Pape François, dans son encyclique, reproche lui aussi plusieurs cargaisons de problèmes à la société actuelle, et au moins autant aux « modèles actuels de production et de consommation » (pt. 26) qui ne vont pas dans le sens que lui imagine être le bon. Ainsi, pour lui, c’est sûr, « le marché ne garantit pas en soi le développement humain intégral ni l’inclusion sociale » (pt. 109), ce qui est à la fois une évidence (la catallaxie n’a par définition jamais rien garanti du tout) et un drôle de reproche dans un monde imparfait où le « développement humain intégral » est donc impossible à atteindre, par définition là encore.

De même, lorsque le Pape explique que « L’environnement fait partie de ces biens que les mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de promouvoir de façon adéquate. » (pt 190), il ressort, presque texto, les arguments qu’on entend depuis 50 ans mais qui n’expliquent pourtant pas pourquoi, à mesure que le libre marché s’étend, à mesure que la richesse individuelle augmente pour tous, à mesure que les droits de propriété et des individus sont mieux respectés, l’environnement est mieux géré, moins brutalisé, et pourquoi le marché, justement, multiplie les trouvailles pour défendre et promouvoir le respect de l’environnement.

Peut-être en dit-il plus long sur sa propre conception du marché que sur ce que les faits, tangibles, nous enseignent, lorsqu’il déclare (toujours dans le paragraphe IV.190) « il faut éviter une conception magique du marché qui fait penser que les problèmes se résoudront tout seuls par l’accroissement des bénéfices des entreprises ou des individus. », alors qu’en pratique, personne n’a jamais imaginé que les problèmes se résolvaient de la sorte, donnant une étonnante impression d’homme de paille à la remarque papale, d’autant plus que justement, ceux qui reprochent le plus au marché de ne rien garantir, de ne pas savoir résoudre tous les problèmes, sont toujours ceux qui le combattent en tout et pour tout, tout le temps.

En réalité, le marché tel qu’il est décrit par François n’est idolâtré que … par ses plus fervents ennemis.

Soyons bien clairs : la critique d’un consumérisme débridé est parfaitement à sa place dans une telle encyclique et dans les propos papaux ; après tout, la gloutonnerie est un péché capital, et une consommation de tout, n’importe comment, s’y apparente tout à fait, tout comme s’apparentera l’appât immodéré du gain au péché d’avarice, et celui d’une volonté immodérée de réduction permanente de nos efforts sous le soleil à celui de la paresse (cf pt 128). Or, combattre ces péchés a toujours été dans les missions de l’Église (et dans les paroles du Christ). Dans ce cadre, on ne peut reprocher au Pape de revenir une fois encore sur l’ouvrage : c’est sa mission.

Cependant, à la lecture, l’encyclique semble louper son objectif qui serait de donner des moyens pour parvenir aux fins (une écologie totale, une vie harmonieuse de tous les hommes entre eux et dans leur environnement). Certains, nombreux, objecteront qu’il n’est pas dans l’objectif du Pape d’établir une politique. Soit. Dans ce cas, on devra faire l’effort d’expliquer cette encyclique dans la continuité des autres productions papales, et notamment l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium de novembre 2013 où l’on découvre tout un chapitre (pt 204 et 205) consacré justement aux moyens que François voudrait voir mis en place :

Nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du marché. La croissance dans l’équité (…) demande des décisions, des programmes, des mécanismes et des processus spécifiquement orientés vers une meilleure distribution des revenus, la création d’opportunités d’emplois, une promotion intégrale des pauvres qui dépasse le simple assistanat. Loin de moi la proposition d’un populisme irresponsable, mais l’économie ne peut plus recourir à des remèdes qui sont un nouveau venin, comme lorsqu’on prétend augmenter la rentabilité en réduisant le marché du travail, mais en créant de cette façon de nouveaux exclus.

Si ça, ce n’est pas un programme politique, ça y ressemble superbement.

Bref, on ne peut pas tenir compte de l’excuse d’une vision globale limitée aux fins (louables et généreuses) en laissant aux ouailles toutes latitudes sur les moyens alors que les moyens souhaités par le Pape sont clairement définis … et qu’on les a déjà essayés, tous, à de nombreuses reprises dans l’histoire de l’Humanité, avec des résultats plutôt mitigés. (À ce titre, une discussion entre Jean-Paul II, qui a bien goûté aux joies du collectivisme, et François l’Argentin, pays actuellement ravagé … par le collectivisme, la corruption et le capitalisme de connivence, aurait été particulièrement savoureuse.)

En réalité, dans l’ensemble de l’encyclique, si l’on oublie les banalités (il y en a des paquets) et si l’on garde à l’esprit que le Pape est, par nature, animé de sentiments les plus nobles, on ne peut s’empêcher de noter un vibrant appel à la sobriété tout en rejetant ce que le marché libre et le capitalisme ont permis, alors que par définition même, c’est bien l’économie qui est à la base de cette sobriété (sobre et économe sont d’ailleurs des mots de sens proche, parfois synonyme : ce n’est pas un hasard).

Tout montre une confusion permanente entre capitalisme et capitalisme de connivence, entre le laisser-faire dans le cadre d’un état de droit (« rule of law ») et la corruption (le « fermer-les-yeux »). Cette confusion permet d’oublier que dans « capitalisme de connivence », l’important et ce qu’il faut combattre, c’est la connivence, pas le capitalisme. Dès lors, on concentre tous ses feux sur le capitalisme, on cogne largement sur le modèle actuel de production et de consommation sans comprendre que ce qui pose problème, c’est la connivence, c’est ce qui échappe justement à la « rule of law ».

corporations in bed with government

Or, combattre la connivence, rétablir l’état de droit, ce n’est certainement pas accroître encore le pouvoir de ceux qui sont, justement, les bénéficiaires directs de cette connivence. On ne peut qu’être déçu de voir dénoncés des problèmes inhérents aux mauvaises applications ou à l’absence totale d’application des principes humanistes de base : ce sont des hommes plus libres et plus responsables d’eux-même qui ont tout fait pour améliorer leur environnement, pas le contraire.

Si l’on ne pouvait s’attendre, de la part d’une médiocre politicienne française, à aucune espèce de finesse concernant son analyse de la situation actuelle, on regrettera beaucoup de lire les mêmes raccourcis et les mêmes erreurs factuelles dans les propos d’un fin lettré comme le Pape. Et le plus inquiétant est que si l’on peut clairement attribuer à l’ignorance de Ségolène Royal la confusion entre libre marché, capitalisme et capitalisme de connivence, on ne pourra pas avoir la même indulgence pour le Pape François…

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Commentaires83

  1. Pere Collateur

    Je ne sais pas trop quoi en penser de ce Pape.

    Autant j’appréciai le coté conservateur et gardien du temple de son prédécesseur, autant la fête du slip que nous fait celui ci à méchamment tendance à me taper sur le système, et j’ai cru comprendre que je suis très loin d’être le seul.

    Il ferait mieux de se mêler de ce qui concerne le catholicisme et surtout de ses vrai ennemis qui lui ont déclaré la guerre, mais que lui et tous ses prédécesseurs depuis Vatican II, font mine de ne pas avoir entendu.

    1. Le Pontifex fait de la com. Il a compris qu’il y avait un courant écolo chez les catholiques, et ratisse donc dans ce sens.

      En outre, il s’agit d’un Jésuite, qui a donc une vision très particulière du travail, de l’effort, de la sobriété (qui touche à l’ascétisme) et donc, on le comprend, à ce qui tend à réduire à la fois le travail et la sobriété. On entre dans une société d’abondance et de paresse. On comprend que ce pape ne soit pas pour.

      On a en outre un pape venu d’un pays d’Amérique du Sud, dont la culture a été baignée d’anticapitalisme de base. Cela aussi ressort. Le mélange est assez détonnant à mon goût. On est quasiment à l’opposé diamétral de Jean-Paul II, en fait.

        1. Dr Slump

          A force j’ai l’impression qu’il n’y plus que ceux qui soient sortis du communisme pour savoir qu’il faut se méfier des sauveurs étatistes. Serais-je pessimiste?

          1. Adolfo Ramirez Jr

            Le communsime, il faut en être vacciné. Je me rappelle une étudiante tchèque qui s’indignait que la LCR puisse distribuer des tracts à la sortie de l’université. Que dirait on si un parti nazi existait seulement en France?

            1. Dr Slump

              Il existe. Enfin, pour ces imbéciles, le parti de JM Le Pen, avec ses sorties provocantes, c’était un parti nazi ou tout comme. Comme ça ils pouvaient délicieusement s’imaginer être des résistants face au ventre toujours fécond toussa toussa

      1. theotimedesavoie

        Cher H16,

        Arrêtez de dire que ce François est un fin lettré! Cet aigle et prince de l’esprit qu’était le cardinal Martini, lui aussi Jésuite, lui aussi, progressiste et partisan d’une révolution dans l’Eglise méprisait son confrère et a empêché son élection en 2005. En effet, il le considérait comme inculte et incapable d’accéder à une telle charge!!! Martini a ainsi fait élire son pire ennemi : Ratzinger, Benoît XVI que je considère comme saint et un des plus grands papes de l’Eglise.

        En tant que catholique, je reconnais encore François comme Pape mais bcp d’éléments me poussent à remettre en question la canonicité de son élection. Dans ce cas, le seul vrai Pape serait toujours Benoît!

        1. Ok, fin lettré est exagéré, mais ce n’est pas non plus un inculte complet ni un crétin, ne poussons pas la caricature. Accessoirement, comparé à Royal, il reste un fin lettré.

      2. Jean-Michel Thureau

        J’aime bien votre article. Avec une réserve concernant votre réponse ci-dessus (21 juin 2015, 11H51) : Je pense qu’il s’agit plus d’une erreur du Pape que d’une manoeuvre de sa part parce que l’idéologie de nos politiciens est une déformation subtilement perverse des thèses catholiques.

        EN FAIT :

        Les hommes de pouvoir sont les seuls responsables des dysfonctionnement sociétaux de la France et de bien d’autres pays. Les riches n’en sont pas coupables. Les politiciens sont riches. Les politiciens ont des complices riches.
        Voilà-t-il pas de quoi semer la confusion dans nos têtes même si nous sommes Pape ?

        H 16 si vous êtes intéressé par mes propos venez jeter un petit coup d’oeil sur

        http://www.revolutiondemocratique.com

        1. « plus d’une erreur du Pape que d’une manoeuvre »

          Mouif. Je ne sais pas. Je suis prêt à lui prêter suffisamment d’intelligence pour une manoeuvre, mais à force, je vais finir par croire qu’il est aussi con que Flanby.

          1. Jean-Michel Thureau

            Il n’est pas obligatoire d’être con, pour croire à LA LUTTE DES CLASSES façon marxisme « scientifique », c’est extrêmement répandu.

            Même des gens au QI supérieur à cent ont du mal à décrypter la situation politique dans laquelle, nous Français, vivons depuis un demi-siècle :

            Dès lors que, dans le cadre d’un régime peu ou pas démocratique, comme notre cinquième république, des gouvernants ont le monopole du pouvoir, ils cherchent, c’est humain, à en tirer des profits : privilèges, délits d’initiés, dessous de table, rétro-commissions, détournements etc.
            Derrière leur paravent idéologique, les partis politiques ne sont pas des machines à gouverner mais des machines à distribuer des investitures, des sinécures, des subventions et des faveurs.
            Tous pourris? La réponse est évidemment positive, au moins pour les dirigeants, trésoriers, collecteurs et convoyeurs de fonds.

            Encore plus fort : pour trouver des complicités, détourner l’attention, la classe des politiciens suscite l’apparition d’autres classes d’exploiteurs (hauts fonctionnaires, grands patrons d’associations, d’entreprises, d’organismes sociaux, de syndicats, monopoleurs etc). Parce qu’on revient rarement sur les avantages acquis, le nombre de ces prédateurs tend « naturellement » à augmenter, leurs prélèvements aussi.

            Le terme de bourgeoisie convient merveilleusement pour désigner tous ces notables mais, derrière cette façade, il n’y a pas un groupe social homogène mais des réalités juridiques bien précises. Chacune de ces castes d’exploiteurs a son statut légal particulier, son permis d’exploiter. Souvent même, le silence de la loi suffit : en n’interdisant pas tel abus de position dominante, tel conflit d’intérêts, telle incompatibilité, on provoque automatiquement l’exploitation d’une classe par une autre.

            La lutte imaginaire entre une bourgeoisie et un prolétariat qui n’existent pas, est une version simpliste des luttes véritables menées par de multiples classes de profiteurs légaux contre de multiples classes de citoyens sans défense.

            QUAND LE PAPE POINTE LA RESPONSABILITÉ DES RICHES DE PRÉFÉRENCE À CELLE DES POLITICIENS DES RÉGIMES NON DÉMOCRATIQUES, JE PRÉFÈRE PENSER QU’IL SE TROMPE INNOCEMMENT PLUTÔT QUE SCIEMMENT. PARCE QUE J’AI DU MAL À IMAGINER CE QUE POURRAIENT ÊTRE SES MOTIVATIONS.

    2. Théo31

      « Je ne sais pas trop quoi en penser de ce Pape. »

      Un qui ose tout du même niveau que le dalai lama qui s’est fait choper par le radar automatique laissé par Benoît XVI.

    3. René de Sévérac

      Je me permets d’ajoute, brièvement, quelques points :
      – François est un homme de son temps (besoin de s’exprimer), contrairement à Benoit,
      – François (outre le jésuite) est marqué par la théologie de la libération,
      – François ne condamne (et surtout ne justifie) aucune approche politique.

      En tant que catholique, j’admets que le Saint-Esprit (là, je sais passer pour un con) le guide !
      Bref, François a tendance à dire des banalités. (Pardon mon Dieu)

      Côté écologie, je pense que le Créateur n’abandonnera jamais son Oeuvre;
      Il nous encourage à faire (chacun à son niveau) ce que nous croyons nécessaire au respect de Sa Création.
      En particulier, guider Ségolène à ne pas dire trop de conneries. Dieu nous veut optimistes en quelque sorte !

      1. scaletrans

        Le pape peut dire n’importe quelle connerie… quand ça ne relève pas de l’infaillibilité, et les conneries sur le climat et le capitalisme ne relèvent pas de l’infaillibilité.

  2. Calvin

    Je vais me régaler à dire aux soces qui encensent le Pape qu’ils soutiennent donc l’interdiction de l’avortement et du divorce !!

    1. Pheldge

      Bin, j’ai cru comprendre qu’il souhaiterait faire avancer les choses par ci par là ..
      Un certain « assouplissement » envers les divorcés et les homosexuels. Alors j’ai peur que tu sois déçu, les rouges ( foncés et clairs ) vont plutôt soutenir le « Pape du progrès ». En plus, dans l’imaginaire collectif français, l’Argentine = Pinochet , vilaine dictature, donc nécessairement de droite. Ca fait de lui un symbole, quasiment le « rescapé du fascisme Sud Américain ». C’est pas le Che, mais bon.

      Par ailleurs, comme le dit Hache, c’est de la comm , et le côté écolo, c’est pour les Européens, la partie contre le méchant capital, pour l’Amérique du Sud, gros réservoirs de fidèle.

      1. Aristarkke

        Le soleil tape très dur sur les Iles, apparemment et tous ne sortent pas indemnes de son rayonnement… Et elles rentrent en hiver demain… Pinochet, c’est le Chili et non pas l’Argentine…

        1. Pheldge

          Justement ! pour « mes semblables », ignares profonds quand il s’agit de géographie et d’histoire, encore pire, d’histoire contemporaine, le Chili ( avec ou sans carne tant qu’on y est ) l’Argentine, c’est kif-kif.
          Moi, par solidarité je n’ai pas voulu évoquer Peron I , II , et III avec sa veuve, ni Videla. Mais bon le principal c’est que c’étaient de vilains dictateurs de droite. 🙂 Et que le Pape François, il a échappé aux escadrons de la mort ! 😉 tu devrais lui demander des … tuyaux !

        1. DoS

          Hum, que savons nous exactement de Jésus ?
          Il aimait le cannabis et le vin. Il aimait la bonne chair (en tout cas la bonne nourriture). Il aimait la vie et etait intelligent.
          Pour la politique il s’est sacrifié. Cela n’etait pas malin dans l’immediat, mais cela a porté ses fruits….
          Les manipulateurs Étatiques ou Religieux sont et resterons des manipulateurs. La foule aime cela.
          L’humain a besoin d’un but. L’univers étant très grand, certains humains plus intelligents en inventent afin de combler le vide des autres….
          D’autres plus cons et en manque d’idees suivent.

          1. Béatrice

            Certains humains intelligents ont décidé que toute notion de transcendance était une invention de l’humain pour combler le vide …
            D’autres, que je ne permettrais pas de traiter de cons, en manque d’idées, suivent…

            Une conne

            1. DoS

              Non, que Diable !
              Moi même, je suis croyant. (et con, du coup)

              Je crois à la justice, à l’amour, au partage. J’ai par ailleurs une éducation religieuse. Je respecte énormément les croyances des autres.

              Certaines religions sont même très utiles à l’humain. Je parle de manière globale comme le fait le Pape. La généralisation et l’amalgame conduisent à dire des conneries. Hélas.

              Il est si facile de tomber dans la stigmatisation lorsque l’on parle de religion ou de politique. C’est cela qui « devrait » nous alerter.

              Nous faire dire:

              Oh, mais wait, le but de la religion (ou de la politique) n’est il pas autre que ce que j’en fais ?

              Nous avons vraiment besoin d’un nouveau berger. (un vrai)

                  1. Bonsaï

                    En attendant l’hypothétique apparition iconographique, pourrais-tu nous expliquer brièvement de quoi il retourne ?
                    Je parle pour moi et tous les autres petits curieux du blog. Merci pour eux.

    2. René de Sévérac

      Calvin, pour l’avortement (suppression d’une vie -fut-elle intra-utérine-), j’espère que vous agréez !
      Il serait étrange que notre société soit abolitionniste (que je défends) pour les « grands criminels » ,
      et favorable à la peine de mort pour les être non-désirés (que je trouve indéfendable) !
      Mais, il est vrai que c’est devenu un « droit fondamental ».

      1. gameover

        « Il serait étrange que notre société soit abolitionniste… » ah ? Perso je suis pour la peine de mort… donc je ne fais pas partie de la soooociété ?

      2. Calvin

        En faisant court, je comprends le désir de certaines de s’affranchir d’une charge non désirée et non voulue (viol par exemple).
        Ce qui m’est insupportable, c’est le recours à ce type de contraception pour masquer l’irresponsabilité.
        Le problème, c’est qu’entre ces deux extrêmes, il y a une zone où s’affrontent des idéologues (collectivistes, féministes, conservateurs, etc…)
        Ce débat est ingérable aujourd’hui…

  3. Bonsaï

    Quant au style du sermon dominical, je reste perplexe.
    Serait-ce encore un pensum de Rara ou de l’un des ses facétieux acolytes ?
    Cette catallaxie, néologisme ronflant et mondialisant qui pointe un flou artistique du meilleur effet. Ce mélange du niveau sémantique entre la papale encyclique et la brève ségolinesque fait un peu sujet de bac. N’oublions pas à quelles extrémités peut conduire le matérialisme dialectique !
    Mais bon, H16 nous avait habitué à tant d’excellence que en nous devenons suspicieux, le moindre relâchement nous interpelle…

    1. DoS

      Ma théorie est que Baptiste C est CO écrivain sur ce billet. Me trompe je ?
      Mais vous avez une grande sensibilité, c’est sur !

  4. Laurent

    « Or, combattre ces péchés a toujours été dans les missions de l’Église »
    Je ne suis pas expert en théologie mais de ma lecture du nouveau testament j’ai comprit que la mission de l’église est de répandre la bonne parole et d’indiquer la voix à suivre sans rien imposer au individus. c’est justement toute l’originalité du message du christ : rien n’est imposé. La parole de dieu est une proposition, une invitation faite à des individus libre et responsables.
    Le message du pape ressemble terriblement à un appel au dictât, à la tentation de doter nos gouvernants de la caution divine afin de renforcer leur pouvoir et d’imposer leur vision du « bien » à l’humanité. C’est ce travers qui à conduit l’église par la passé à n’être rien d’autre d’une force d’oppression de plus dans un paysage déjà chargé. Si le message du christ était vraiment original et en rupture avec la pensée dominante de l’époque, le message de l’institution catholique n’a jamais été très différent de celui des hommes de pouvoirs. Le pape actuel nous le démontre une fois de plus.

  5. DoS

    Je vois deux individus qui essayent de manipuler des foules.
    Les églises sont vides, ils faut ratisser large.
    De même l’électeur « bulot » socialiste aime les sujets bateaux :
    Peur, ecologie, racisme, terrorisme…etc
    Nous faisons dans la conso de masse, dans l’immediat, dans la sensation.
    Ils apportent donc de quoi nourrir les foules.
    Souvenez vous, avant nous décapitions, nous pendions, nous écartelions, nous brûlions….il y a en ce sens un PROGRÈS !!!!!
    Pov’France.

    1. Pheldge

      « Les églises sont vides » en France … pas ailleurs. En France où le socialisme a récupéré les valeurs d’humanisme du christianisme, tout en ringardisant la pratique religieuse des catholiques.

      1. Bonsaï

        « Les églises sont vides en France », c’est pour mieux servir d’offrande au grand méchant loup, mon enfant !
        Lequel loup commence a affluer par vaguelettes régulières mais soutenues au sud de la péninsule …
        Il me semble d’ailleurs avoir entendu un imam formuler une demande explicite dans le sens d’une hospitalité effective dans ces édifices laissés à l’abandon.

  6. Dr Slump

    Le plus malheureux pour moi dans toutes ces déclarations étatistes, c’est qu’il n’y a plus un seul péquin pour admettre que tout n’a pas besoin de nous pour que ça fonctionne: du marché à l’éducation en passant par l’équilibre des écosystèmes (et sans oublier la perle: le climat!), les gens s’imaginent que rien de tout cela ne peut bien se passer sans notre intervention continuelle, à coup de méthodes, de plans, de travaux, de pédagogies et bien sûr de politiques!

    C’en est au point où jusqu’à l’ONF, on s’imagine qu’une forêt ne peut pas pousser toute seule sans que l’homme intervienne. L’occident se glorifie d’avoir une philosophie orientée vers l’action, et on peut se féliciter en effet des progrès réalisés grâce à cela. Mais maintenant cela prend des proportions envahissantes et totalitaires. Il faudrait que l’occident apprenne de l’orient le concept de « non-agir », qui n’est pas la passivité amorphe qu’on lui dénonce par ignorance, mais l’action modérée, mesurée, qui s’inscrit dans le flux naturel des choses et n’en bouleverse pas l’équilibre. Ce que les chinois appellent le Tao.

    1. Zendog

      @ Dr Slump: bien vu! Par le non-agir, il n’est rien qui ne se fasse !On peut aussi dire le lacher-prise ou la non-ingérence. Nos constructions mentales étant souvent suivies d’effets catastrophiques.

    2. Adolfo Ramirez Jr

      On donne en effet beaucoup trop de valeur aux actions humaines, on se croit l’alpha et l’oméga responsable de tous les problèmes alors que franchement l’impact anthrophique, sur certains sujets, c’est peanuts…

    3. carpe diem

      « cela prend des proportions envahissantes et totalitaires » oui, cent fois oui! cela devient lourd d’être toujours infantilisés pour que l’offre d’état soit toujours plus sans gêne et justifier les milliards que nous coûtent cette clique. Mais curieusement ce la n’a pas l’air de gêner les jeunes, j’ai du mal à comprendre ça, car ils sont théoriquement très clients de liberté.

    4. Laurent

      Merci, ça fait du bien de lire ça.
      C’est peut-être un biais (mot à la mode) typiquement occidental. Un biais qui se généralise à la planète et qui devient sans limite. Comme si, par la suite de quelques actions réussis, l’humain se pensait autorisé à tout et pire encore, capable de tout. C’est un biais malheureux quand il s’agit d’environnement. C’en est un terrible quand il s’agit du destin des Hommes : je sais quel est votre bonheur, et comment y parvenir. Et s’il le faut, je vous imposerai d’être « heureux » à la façon que je crois la meilleure.

  7. LE BERRE

    J’apprécie beaucoup le mot que vous employer « respect » dans « respect de l’environnement ». il semble que ce mot et son sens devraient mieux respecter.

    Je n’ai pas encore lu cette encyclique et je ne suis pas croyant. Mais je vois bien dans ce message un retour à la nature et la simplicité d’un Saint-François. 68 n’est pas loin.

    Mais le pape oubli que le petit diable n’est pas loin dans l’homme!
    Le petit diable c’est le marché.
    Et heureusement qu’il marche ce marché!

  8. Résistant Valaisan

    Vous pouvez faire confiance à Monsieur Charles Gave (fervent catholique), pour toucher deux mots à ce pape au sujet du capitalisme. Espérons qu’ il sera entendu…

    Mais franchement…. qu’ est-ce que les catholiques ont compris au libre marché ? Le capitalisme, c’ est un truc de protestants, depuis toujours.

    Prenez l’ Europe, pour départager les sérieux des guignols, on peut refuser l’ opposition nord-sud à cause de l’ Irlande, par contre on ne peut que constater la ligne de demarcation entre les protestants sérieux et prévoyants, et les catholiques dépensiers.

    Et si on zoome encore d’ un clic, c’ était pareil à l’ intérieur même de la France jusqu’ à ce que les Huguenots soient massacres ou forcés à fuir, En Suisse aussi, c’ est assez flagrant, là ou vous avez des protestants vous avez de l’ industrie, là ou vous avez des catholiques vous avez quelques abricotiers et beaucoup de subsides fédéraux (je suis issu d’ une lignée de « mangeurs de curés » valaisans).

    Pas trop de soucis à se faire donc, rien de nouveau sous le soleil. Que ce pape continue à précher pour ses indignés espagnols, socialistes Bretons et autres mafieux siciliens.

      1. Résistant Valaisan

        Les philosophes sont des cas particuliers, et assez détachés de leurs conditionnements culturels…. vous trouvez qu’ on applique beaucoup ses préceptes dans son pays d’ origine ??

  9. Adolfo Ramirez Jr

    Merci d’avoir déniché cette lettre de Pierre de Bois d’Enghien, maintenant j’ai des chiffres à ajouter à mon argumentaire sur l’huile de palme… 100 fois moins de pesticides, 10 fois moins de surface pour la même production, qu’une culture de soja… Sans compter la fixation de carbone, dont honnêtement je me fous, mais bon on est à moins de 13% de différence de fixation avec une forêt secondaire…

    Quant aux gens qui boycottent les produits à l’huile de palme, sans doute préfèrent ils consommer des acides gras trans cancérigènes ou du beurre beaucoup plus riche en acides gras saturés… Ou alors, ils ont les moyens de mettre 12€ dans un pot de 200gr de pâte bio! Bobos pathétiques.

    http://www.lefigaro.fr/gastronomie/2015/06/17/30005-20150617ARTFIG00326-trois-pates-a-tartiner-pour-oublier-le-nutella.php

    1. DoS

      Dans nos campagnes il y a la tartine au gras de porc, communément appelée Rillette @tm. Que dire de cette explosion de gras en bouche, pas trop bisou compatible. Mais si bon.

  10. hop hup

    Coquins les Marocains. Selon une étude publiée cette semaine par le site pornographique « PornHub », les Marocains passeraient beaucoup de temps à regarder des vidéos X.
    Selon le site, donc, les Marocains qui visitent PornHub passent 8 minutes en moyenne à y regarder des vidéos pornographiques. Les Marocains ont tout de même de quoi se rassurer puisqu’ils sont dans la moyenne basse des pays étudiés.
    La palme revient au Soudan, dont les utilisateurs réguliers des sites passent en moyenne plus de 12 minutes (12,4 minutes exactement), la Somalie (12min12), le Qatar (10min20). Plus près de chez nous, les Algériens passent 8min40 alors que nos amis tunisiens y passent 7min39.
    Ce sont les Palestiniens qui passent le moins de temps sur le site, avec « seulement » 5min56.
    Nous avons oublié de vous dire que la zone qui passe le plus de temps en moyenne sur le site n’est pas le Soudan, mais le Front Polisario …avec 16min16, un record du monde !

    bin dis donc et moi qui croyais que c’était ces occidentaux décadent les plus gros consommateurs de porn sur internet

  11. yoananda

    Ce pape à tout du benêt qui baigne dans les bon sentiments qui mais ne comprends rien au monde d’aujourd’hui et enchaîne contre-sens sur contre-sens parce qu’il n’a aucune culture économique.

    Je comprends qu’il s’attaque au matérialisme, et au marché, qui est érigé parfois en nouvelle divinité… du moins qui fait concurrence à son Dieu, mais il s’y prends très mal, croyant avoir trouvé un angle d’attaque avec l’écologie.
    Le problème c’est qu’on doit en très grande partie notre prospérité au libéralisme et sûrement pas au catholicisme, et que si on avait continué a en suivre les préceptes, on serait toujours à l’époque des famines et des pandémies.

    Après, se pose la question du capitalisme de connivence … est-ce que le poisson libéral pourri par la tête ou est-ce juste une excroissance parasitaire destinée à disparaître un jour ou l’autre ? Pour ma part, je ne sais pas répondre à cette question. Le « marché » (idéal) tel que les économistes libéraux le présentent n’existe pas. Ce n’est qu’une abstraction, souvent destinée à démontrer que si elle existait, elle permettrait un optimum économique et un maximum de chatons mignons. Les « zélites » tirant partie des failles du marché comme de l’état pour toujours se renforcer et pourrir les 2 … je n’ai pas l’impression qu’elles soient en train de « perdre la bataille » vu ce qu’il se passe sur le net et ailleurs, les armes dont elles disposent sont toujours plus nombreuses et efficaces.

    Malheureusement je crains que cette encyclique n’ai beaucoup de succès malgré tout, la crise aidant. La population réclame un bouc émissaire.

    1. « tout du benêt qui baigne dans les bon sentiments qui mais ne comprends rien au monde d’aujourd’hui »
      Un type qui parvient au sommet de la Curie, qui est polyglotte et très cultivé, c’est tout sauf un benêt.

      1. theotimedesavoie

        François Bergoglio n’a jamais appartenu à la Curie! Il n’était pas et n’a jms été cardinal de Curie…comme par exemple cet autre benêt de Mgr Vingt-Trois!
        L’appartenance à la Curie ne fait de vous ni un saint, ni un lettré, ni un homme cultivé ou supérieur! Si vous saviez comment sont recrutés les sous-fifres de la Curie! Ce sont les prêtres dont plus personne ne veut dans les diocèse !

        En outre, tout comme moi, François a pas mal de problèmes avec les langues! Contrairement à ces deux princes de l’esprit que fure Saint Jean-Paul II et Benoît XVI.

  12. Benjamin Franklin

    Le constat est difficile à faire, mais d’un point de vue philosophique et intellectuel, Joseph Ratzinger était probablement le pape le plus libéral depuis Léon XIII. Malgré les apparences. Ratzinger a passé les 40 dernières années de sa vie à lutter contre la théologie de la libération, qui n’est qu’un marxisme couvert d’oripeaux catholiques, aussi bien en théorie qu’en pratique. Bien qu’il s’en défende, Jorge Bergoglio est largement trempé de ce cryptomarxisme. Les élections du conclave de 2005 avaient déjà vu l’affrontement entre les deux hommes, d’après certaines fuites.

    Quoi qu’on pense de lui, Ratzinger a eu le courage, rare à ce niveau de pouvoir, de renoncer à sa charge, avant de devenir physiquement une épave aigrie et manipulable, comme son prédécesseur à la fin de sa vie. Hélas, c’était pour laisser la place à un bolchevik qui ne s’assume pas…

  13. Sylvain G

    Merci pour ce rapprochement intéressant et fondé M H 16. D’autant plus fondé que le socialisme, et les doctrines qui l’ont fait naître, ont également été créées dans un monde impregné de religion. C’est donc par rapport à elle, et dans l’espoir de s’y substituer que le socialisme s’est développé. Il est amusant de constater que la gauche de la gauche est arc boutée sur la défense du dimanche férié chômé, lui même en mémoire du repos du créateur le 7ème jour, alors que selon leur logique n’importe quel jour aurait aussi bien pu faire l’affaire. Cette volonté marxiste / socialiste de s’imposer comme une nouvelle religion pour éduquer les masses a fait, et continue à faire, des ravages. L’Eglise catholique a su, avec vatican II, prendre le monde en marche. Rien de tel n’est arrivé à nos camarades rougeoyants

  14. danielchaudron

    A propos de Evangelii Gaudium (cité par H16), je lis ce titre de IV-1:
    « Une catéchèse kérygmatique et mystagogique ».
    Ça c’est ce qui s’ appelle « parler aux hommes de notre temps » 🙂

  15. danielchaudron

    Le Pape n’est infaillible que s’il jette sur les choses naturelles un regard surnaturel.
    Sinon il ne serait qu’un vulgaire naturaliste.
    Ainsi, s’il tenait pour certain la thèse du « réchauffement climatique », il sortirait de son rôle.

    1. gameover

      Je suis tombé sur la classification des agents cancérogènes du CIRC :

      Dans l’ordre inverse : Probablement pas cancérogène, inclassable (?), peut-être cancérogène, probalement cancérogène, cancérogène certain.

      ____________
      Groupe 1 : agent cancérogène (parfois appelé cancérogène avéré ou cancérogène certain),
      Groupe 2A : agent probablement cancérogène,
      Groupe 2B : agent peut-être cancérogène (parfois appelé cancérogène possible),
      Groupe 3 : agent inclassable quant à sa cancérogénicité,
      Groupe 4 : agent probablement pas cancérogène.

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