Aymeric Caron et le marxisme animalier

Alors que certains somnambules s’encroûtent bêtement, au milieu de la place de la République, à Dormir Debout pour réclamer un monde nouveau à base de marxisme ancien, d’autres ont découvert le marxisme nouveau du XXIème siècle. Et pour Aymeric Caron, il s’agit évidemment de la protection animale.

Aymeric Caron, pour ceux qui auraient l’excellente idée de l’ignorer, est ce chroniqueur du Camp du Bien qui jusqu’à récemment s’illustrait dans l’émission de Laurent Ruquier par une agressivité que les cuistres n’hésitent jamais à déployer. Depuis, il n’hésite pas à utiliser sa renommée essentiellement cathodique pour pousser son dernier « essai ». Ici, le terme d’essai est tout à fait adapté concernant la production de notre hyène herbivore, d’autant que c’est un mot facilement associé à l’idée d’échec.

Et c’est bien d’échec qu’il s’agit ici puisque notre écrivaillon s’est décidé à nous narrer sa vision du monde. Or, cette dernière s’appuie sur le marxisme et l’écologie, comme un cancéreux en phase terminale sur une canne en carton humide, car pour notre homme, aucun doute n’est possible : la société actuelle, pourtant baignée d’un écologisme éreintant de niaiserie et de stupidité coûteuse, ne va pas assez loin dans sa démarche.

Cela permet d’ailleurs à Caron de se payer Nicolas Hulot, l’hélicomane shampoïnophile, qu’il trouve bien trop mou dans ses démarches, et de réclamer dans la foulée qu’on s’attaque sérieusement à l’écologie profonde, forcément de gauche selon notre chroniqueur télévisuel, seule écologie qui pourra combattre l’affreux système ultra-libéral dominant et ultra-productiviste qui exploite l’homme, l’animal et l’autorise même, avec un cycnisme qu’Aymeric n’évoque même pas (la pudeur, sans doute), à écrire ses amusants pamphlets, de les imprimer sur du papier (recyclé) en un nombre assez consternant d’exemplaires et même d’en vendre quelques uns à des salauds de consommateurs pas assez conscientisés, et surtout franchement vivants donc a priori polluants.

gloubiboulga : on mélange tout, on s'amuse, on rigole

Mais en définitive, le vrai combat d’Aymeric, c’est celui de l’antispécisme, c’est-à-dire le refus vigoureux, courageux et surtout très buzzable de l’introduction d’une différence de traitement entre les espèces, cette exploitation de l’animal par l’homme. Car Aymeric l’a bien compris : il faut à tout prix combattre le spécisme, cette idéologie qui soutient sottement qu’il existerait une hiérarchie entre les espèces vivantes et que l’espèce humaine se situerait au sommet de cette hiérarchie de manière «naturelle».

Ici, mes lecteurs attentifs et habituels hausseront un sourcil (on dira que le sourcilomètre atteint facilement 1.0). Et lorsqu’en guise de conclusion, notre brave Aymeric, le bourrichon tout remonté d’être en pleine campagne de placement produit pour son pensum, nous expliquera sans rire qu’un ver de terre, comme un cheval ou un toucan, doit tout de même en posséder quelques droits, là, sans doute possible, ces mêmes lecteurs hausseront le deuxième, bien haut (le sourcilomètre atteignant alors au moins 2.0).

gifa confused - wtf - what

L’action ayant eu lieu un peu vite, je vous propose de la repasser au ralenti.

D’une part, Caron le Penseur nous assène qu’il existerait donc une idéologie spéciste. C’est là qu’intervient le premier passage du sourcilomètre en zone positive, puisqu’en réalité, cette affirmation n’est guère étayée. De manière naturelle, tout prouve que l’homme n’est pas du tout en haut de la hiérarchie ; omnivore efficace et intelligent, disons qu’il se débrouille et que ses aptitudes intellectuelles et sociales lui ont permis d’éviter de disparaître quelque part dans la grande histoire du monde entre -2.000.000 BC et maintenant, mais il s’en est très certainement fallu de peu, à plusieurs reprises. Du reste, jetez le brave Aymeric en pleine jongle, et la Nature lui rappellera assez vite, comme le savent les zoologues et autre écologues (des scientifiques, des vrais, ceux-là), que l’Homme n’est pas du tout en haut de la hiérarchie animale, pour la simple raison qu’il n’existe pas de hiérarchie.

D’autre part, dévalant sa pente glissante comme un adolescent sur sa planche de skate pour tenter un 900 dont on sait qu’il va très mal se terminer, Caron le Jeune nous explique ensuite qu’un ver devrait posséder quelques droits et c’est donc là que le sourcilomètre pète facilement le 2.0. Il faut dire qu’il y a, pour tout être doué de raison (non, les vers de terre n’en font pas partie) quelques difficultés conceptuelles que le petit Aymeric semble vouloir balayer rapidement d’un geste auguste de semeur de trouble : oui, bien sûr, il va être compliqué de déterminer quel animal a quels droits, mais bah, tout ceci est accessoire, nos amis scientifiques sauront répondre à la question.

Dommage. Parce que finalement la question n’est pas une question scientifique, mais une question philosophique de droit. Si des droits sont donnés aux animaux, des devoirs, penchants logiques et philosophiquement face opposée d’une même pièce conceptuelle, doivent y être attachés. Quels devoirs pourra-t-on attacher à un animal, en plus d’être éventuellement goûtu ?

life : nature's way to keep meat fresh

Et si, comme le réclame Aymeric en fermant ses petits poings et ses petits yeux d’enfant qu’on dira aimablement poète, le ver a le droit de ne pas souffrir, quelle sanction devra-t-on infliger à la taupe qui lui aura croqué la moitié du corps au petit-déjeuner ? Mmhm, vraiment, les réflexions de Caron semblent ficelées avec la même cordelette que celle des saucissons industriels de piètre fabrication.

Oui, vous l’aurez compris : un droit pour un animal est avant tout un devoir pour un humain, du reste seul animal à se construire un arsenal juridique. L’amusante geste d’Aymeric est, encore une fois, une nouvelle batterie de contraintes que l’Homme s’imposera … à lui-même, le reste du règne animal n’ayant absolument rien à carrer de ses lubies.

Et puis, notre gentil mâchouilleur de verdure, en faisant appel aux scientifiques en lieu et place de vrais penseurs du droit, commet une bien lourde erreur. Que penser, en effet, des travaux scientifiques qui montrent assez clairement que les plantes, celles-là même que broute affectueusement Caron, ressentent la peur et la souffrance lorsqu’elles se font manger ? Si notre essayiste venait à l’apprendre, gageons que sa salade lui donnerait un autre goût.

Cependant, bien qu’on puisse assez facilement taxer d’âneries les saillies de Caron, il serait trop rapide d’arrêter là : notre animal n’est pas dénué de finesse dans son appréciation de l’air du temps et le timing avec lequel il présente ses billevesées est bien choisi : on apprend en effet qu’à la suite des vidéos abominables réalisées dans certains abattoirs (tous publics – un hasard, sans doute), le gouvernement veut créer un délit de maltraitance à animaux .

Soyons bon joueur : si les gesticulations comiques d’Aymeric parviennent au moins à faire disparaître ces pratiques scandaleuses, ce sera toujours ça de pris. La lucidité impose cependant de rappeler que le résultat dépendra en grande partie de la bonne volonté publique et des moyens que l’État consentira à déployer en face de ses belles intentions ; or, force est de constater que, jusqu’à présent, cette bonne volonté et ces moyens ont régulièrement fait défaut pour la justice entre humains. Et avec lucidité, comment croire que les tribunaux, engorgés de criminels sans victimes, de victimes sans crimes, vont avoir le temps et les moyens pour traiter ces nouveaux droits et ce nouveau délit ?

Plus à propos encore, l’Homme ne mérite-t-il pas qu’on s’occupe d’abord de ses droits, d’autant plus qu’il les réclame sans ambiguïté, et qu’il est possible de lui faire respecter les devoirs qui s’y attachent ?

Dans ce cadre, les gaudrioles de Caron montrent surtout qu’à mesure qu’on ne s’occupe plus correctement des droits fondamentaux des humains, on détourne l’attention avec d’hypothétiques droits animaux. L’échec de notre Justice à gérer le bien-être animal montre surtout son immense faillite à gérer celle des humains.

Commentaires89

  1. Le Gnôme

    Zut, et dire que des dizaines de milliers d’enfants ont appris en lisant les aventures de Rahan dans le magazine Pif, édité par des marxistes pur jus, que la nature n’était pas bisou.

    Faudra-t-il que je demande la permission au sanglier avant de lui tirer un coup de fusil ? Ces gens là sont vraiment hors-sol, un petit tour dans la jungle guyanaise serait le bienvenu. Après tout, le Directoire y déportait les réfractaires au bon régime républicain avec un taux de mortalité assez important.

    1. Pheldge

      Rahan, l’homme au cheveux de feu, le fils de Crao, et accessoirement des âges farouches … 😉
      En y repensant, ô Camarade Gnôme, entre Rahan , le docteurJustice , Nadine Hodja et les autres porteurs de messages bien-pensants avant l’heure, je me dis qu’aux éditions Vaillant, c’étaient des précurseurs !

        1. Pheldge

          Oui, ô Camarade Major, il n’y avait pas que de la propagande, effectivement, Corto Maltese, et Iznogoud y ont été publiés. Ainsi que Corrine et Jeannot et Totoche , de Tabary …

  2. Peste et coryza

    Vos vacances sont déjà finies ? Faut dire que depuis 1 jours, nous sommes noyés sous des tombereaux de c(l)o(w)nnerie.

    Le Caron est le pendant Vegan des transhumanistes qui veulent accorder une personnalité juridique aux robots…

    Note amusante : Clément Méric et Esteban Morillo étaient tous les deux des antispécistes… Ils se sont foutus sur la gueule parce qu’ils étaient d’accord…

    Autre note amusante : Caron est un meurtrier : il assassine sauvagement des salades à coups de vinaigrette.
    Moralité : tous les juristes du monde ont tord, Sandor Clegane a raison.

    1. Les transhumanistes n’ont absolument rien à voir avec les végans, et les questions philosophiques qu’ils posent sont autrement plus complexes et ancrées dans la réalité que les lubies caronesques.

            1. albundy17

              Pour les limaces, parade imparable: une canette de bière que phledge n’aura pas entièrement vidée, couchée avec le goulot a fleur de terre.

              C’est moche, mais avec une tuile genre tige de botte au dessus qui emmagasine la chaleur pour diffuser la nuit, les fraises poussent encore mieux

  3. Pere Collateur

    Il me semble qu’il y ait une petite coquille dans cette phrase:

    « Aymeric Caron, pour ceux auraient l’excellente idée de l’ignorer »

    Il ne manque pas un « qui » (pour ceux QUI auraient l’excellente idée de l’ignorer)?

    Sinon, pas un mot sur les blattes évidement… On oubli toujours les blattes. C’est proprement scandaleux!

    Bref, le plus grave dans l’histoire, c’est que ce genre de pignouf trouve des tribunes pleines d’oreilles complaisantes pour écouter ses sornettes. Ca, ça me trou le derche.

    Je serais curieux de le voir à l’œuvre en pleine nature. Je suis sur que s’il en réchappe, il aura nettement moins l’envie de donner des droits au bestioles…

    Monde de dingues!

    1. Pheldge

      Envoyez le nous dans l’Océan Indien, c’est l’orateur et l’interprète idéal pour une « conférence de fraternisation homme-requin requin-homme » !

    2. Aristarkke

      Y’a pas que les blattes à être oubliées!
      Le(ur)s oeufs aussi!!!
      (on oubliE… ça me trouE… et il y en a d’autres…) 😉

  4. albundy17

    Il est a remarqer que malgré l’engorgement des tribunaux, les chatons qui se font cramer ou balourdé sur les murs pour faire du paintchat obtiennent depuis quelques temps une justice turbo et sans concessions

    1. Higgins

      Admettons que mettre le feu à un chat et filmer la scène pour mettre cette dernière sur le web mérite une réponse rapide. L’engorgement des tribunaux reste, hélas, une réalité. Je peux en témoigner. Je ne crois pas que la situation s’arrange sur ce point.

      1. albundy17

        A vrai dire, pour désengorger les tribunaux, si on appliquait la loi de la même manière que pour ces chatons tout deviendrait plus clair, surtout pour les pov chérubin quon pas une vie facile et ki comprends pas ki faut pas piquer les sacs des vieilles en les fracassant

        t’as fait ça, ta droit a ça

  5. bousine

    Quand on est à se poser ce genre de question, c’est qu’on nage dans le confort. Demander à un trappeur en Alaska dont la vie ne dépend que de ce qu’il tue, ce qu’il pense du spécisme.
    A quand l’étourdissement des huîtres?

      1. Theo31

        Cette différence fondamentale s’appelle division du travail qui repose sur l échange de compétences. C est grâce à elle que tu peux raconter des conneries sur un bloc libéral.

  6. Moggio

    La coccinelle qui se balade en ce moment sur la tranche supérieure de mon iPad a éclaté de rire à plusieurs reprises à la lecture de ce billet et me soumet l’interrogation suivante : « Tout être humain écolo, à partir du moment où il devient conséquent, ne devrait-il pas se suicider sur-le-champ ? »

    1. bob razovski

      Sur le champ ?

      C’est penser qu’il existe des écolo en dehors des villes.

      Préférons le « sur-le-tapis-en-fibres-naturelles-éco-produites-sans-additifs-dans-le-cadre-du-marché-équitable »

      😉

  7. Aristarkke

    Ah, qu’il est doux de retrouver de quoi se remplir les mirettes!
    Les junkies peuvent ré-émerger de leur hébétude!!!
    Merci, Monseigneur, pour cette bonne surprise dominicale…
    😆

  8. Higgins

    Paraphrasons Voltaire :
    « Un jour, dans un vallon
    Un serpent piqua Caron.
    Que croyez-vous qu’il arriva ?
    Ce fut le serpent qui creva. »

    Je suis certain que d’autres pourront faire mieux.

    1. albundy17

      Rien à voir avec l’alimentation, un fumier est un fumier, il ne fait que surfer sur la vague du politiquement correct pour vendre sa merde.

      demain lepen parviendrait au pouvoir qu’il serait le premier a porter des bottes Wehrmacht

  9. cherea

    C’est l’extension des droits à l’infini, aujourd’hui les animaux, demain les robots. Rappelez vous de tout le micmac sur le clebs de la police qui a sauté après l’intervention du gign suite aux attentats de Paris ou encore de l’émotion suscitée par les tests sur le robot Boston Dynamics de Google. En fait Caron, rien de nouveau sous le soleil. Bien à toi h16

  10. Pheldge

    prochaine étape : les droits des cailloux ! ( pour l’eau et le pétrole, la réflexion est en cours !)
    D’ailleurs on dit bien « un cœur de pierre … » si c’est pas une preuve que les cilloux , ils-z-ont une âme, ça …

  11. Aristarkke

    Faut pas avoir forcé sur la Gueuze (Lambic), Monseigneur, pour lire votre prose revigorée : Nicolas Hulot, l’ heroïnomane hélicomane…

  12. Calvin

    Luc Ferry, dans le prémonitoire « Nouvel Ordre Écologique », avait décortiqué ce crypto-nazisme.
    Pour ma part, je pense qu’il faut aller plus loin.
    Au lieu de mettre des caméras dans les abattoirs pour chercher les quelques rares couillons qui s’amusent, il faudrait mettre des caméras dans les forêts, les campagnes pour traquer les guêpes tueuses d’insectes, les oiseaux brutalisant les moucherons et les chatons mignons martyrisant les petits reptiles et rongeurs.
    Utilisons des portiques pour traquer les carnivores, ces êtres abjects qui oublient que les proies ont des droits. Puis les herbivores, ces lâches hordes de tueurs s’en prenant aux plantes sans défense et incapables de crier.

    1. Hang’em high

      Tiré de « The whole Hog » par Lyall Watson : il s’agit d’une traduction personnelle (n’étant pas botaniste ou pharmacien, que l’on veuille bien me pardonner toute maladresse « technique » sans m’en chercher noise)

      Dans tout écosystème, il existe des forces qui constituent une sorte d’équilibre naturel, le plus ancien de ceux-ci étant le combat entre les végétaux et les herbivores qui s’en nourrissent. Les animaux, dans le cadre de l’ évolution, tendant à exploiter de nouvelles ressources alimentaires, les plantes ont été contraintes de mettre en œuvre des techniques de défense, leur permettant de cantonner l’appétit des animaux dans des limites raisonnables, techniques dont les plus efficaces relèvent de la chimie.

      Ces armes chimiques peuvent être aussi simples que les tannins qui rendent les plantes amères et déplaisantes au goût. Mais elles peuvent être aussi élaborées et subtiles que ces compositions organiques avec effet retard, qui induisent chez les insectes prédateurs des pontes réduites, ou des descendances à vie plus courte, sur plusieurs générations.

      Ces armes défensives sont efficaces, mais d’un « coût » certain pour la plante qui s’y épuise : la plupart des plantes ne peuvent s’offrir ce luxe de les produire en permanence, pour le cas simplement éventuel où un prédateur viendrait à passer. C’est ainsi que nombre de végétaux ont développé cette faculté de production seulement lorsque le besoin s’en fait sentir.

      Les acacias et les menthes africains peuvent injecter des tannins dans leurs feuilles dans les quelques minutes qui suivent l’abroutissement par les antilopes. Ces tannins disparaissent ensuite, dans les 24 h.
      Et donc, en réaction, les koudous et autres sont devenus des nomades qui broutent très rapidement d’un arbuste à l’autre, comme des invités à un buffet. Et pour s’assurer que les choses se passent ainsi, et que les herbivores ne s’incrustent pas trop longtemps dans leur bosquet, certains végétaux ont découvert un système d’alerte, tel les wait-a-bit, qui émettent des phéromones qui alertent alors les autres épineux du coin… les herbivores vont alors plus loin, voir si les feuilles ont meilleur goût.

      Un autre cas de co-opération interactive existe en Amérique du Sud, avec la coca et ses prédateurs :

      Erythroxylum Coca est une plante de taille basse, aux baies rouges, sans grand relief apparent, et poussant sur les coteaux et plateaux andains. Ses fruits attirent les oiseaux qui transportent les graines dans leurs fientes, relation symbiotique très courante, mais la coca doit faire face aux déprédations causées par les vigognes, lamas et autres herbivores : pour limiter la perte de feuillage, déjà maigre à cette altitude, la plante a développé un alcaloïde doté d’une intéressante propriété. Il ne change pas le goût des feuilles, mais produit une anesthésie locale de l’estomac de l’animal, qui perd vite son appétit et s’éloigne.

      Effet secondaire, l’alcaloïde en question produit, après passage dans la circulation sanguine, une euphorie légère qui, haussant le niveau d’activité de l’animal, le fait partir au loin, avec un sentiment de satiété.
      Les humains locaux ont apprécié ces qualités, lesquelles, outre le traitement du mal des montagnes, ont une valeur nutritive non négligeable, correspondant à l’ apport journalier nécessaire en fer, phosphore, calcium et vitamines A, B2 et E… ce qui n’a naturellement rien à voir avec l’usage qui en est fait de nos jours, au titre du dérivé appelé « cocaïne »….

      Il y a plus étrange encore, telle la symbiose entre les porcs et certain champignon : l’histoire commence avec le partenariat parfait entre ce champignon souterrain et les arbres aux larges feuilles qui sont en carence de phosphore et ne peuvent le tirer que de ce champignon parasite qui vit contre leurs racines, plusieurs pieds sous la surface.

      Il y a environ 300 sous-espèces de ces truffes, puisque c’est leur nom commun, la plus connue étant la Tuber melanosporum, qui s’unit aux radicelles du chêne d’Europe pour développer leur organe symbiotique dénommé mycorrhiza. Cet organe donne accès pour la truffe aux éléments hydrocarbonés produits dans la canopée de l’arbre, lequel en retour reçoit les minéraux qui lui manquent.

      Pour se reproduire, le chêne a ses glands, mais la truffe est enterrée profondément : quelques larves, ou quelques rongeurs, remonteront bien quelques rares spores à la surface, mais la truffe du Périgord, elle, a trouvé un agent distributeur étonnant, par le recours aux porcs sauvages.

      Pour ce faire, elle fabrique par synthèse une parfaite réplique de l’androstol 5-alpha, qui est la testostérone qui se trouve dans les glandes salivaires du cochon mâle à la période du rut.
      Il est difficile de se représenter les étapes intermédiaires ayant abouti à une telle adaptation co-opérative entre un champignon et un mammifère, mais le fait demeure qu’en saison, la truffe produit suffisamment de ce stéroïde pour qu’il filtre dans le sol et attire quelque laie passant par là, qui se met alors à creuser pour trouver ce cochon si sexy dans son terrier…

      Sa déception sera atténuée par la satisfaction de son maître, tandis que la truffe aura pour récompense la dispersion de ses spores, assurant ainsi sa descendance…

  13. Calvin

    « #DormirDebout », « Caron le Jeune », ….
    Un retour en fanfare d’h16 !
    Le repos a eu du bon, merci pour cette petite synthèse de l’énième avatar de la pensée collectiviste et égalitariste.

        1. Pheldge

          Ahhh, savoir anticiper, deviner les désirs de ces dames … c’est tout un art dans lequel j’excelle j’Exel ( en toute modestie, vous me connaissez 😉 ) voire, je migre au soft …
          Blague à part, j’ai cherché « l’original » de cette vidéo, sans succès, et j’ai la flemme de faire moi-même le montage …

    1. Hames

      Wouah!!!, ça c’est de l’argument!!! Hitler peignait des aquarelles, comme ta mère, donc ta mère est une nazie qui pue des pieds, comme Corot, qui bouffait des escargots, conclusion: les escargots sont des nazis.

  14. Barbatruc

    Je ne savais pas qu’hitler était végétarien, mais je sais que Caron est un sinistre idiot. J’ai bien rigolé lors de la lecture de ce billet dominical ! Joli retour de vacances.

      1. Pheldge

        Ah bon ? des infos de « première bourre ! » Merci, Major, donc Himmler avait un gros « nomme » et Hitler , un tout petit …

  15. René-Pierre Samary

    Caron est un prototype de ces intellos élevés en batterie par le marxisme culturel.  » Vu à la télé » est son seul titre de gloire. Je l’imagine développant ses théories devant un Konrad Lorenz, qui l’écouterait gentiment (il adorait les animaux, Konrad).
    Caron ? Un grand coup d’aviron sur le crâne, vlan ! pour lui remettre les idées en place (les céliniens comprendront).

  16. MadeInCH

    Fondamentalement, la notion (humaine) de Droit et de Justice est de nature philosophique, et non scientifique.
    Et il suffit de regarder n’importe quel documentaire animalier pour s’en rendre compte.

  17. Roi Heenok

    Bof, tout cela ne me surprend pas vraiment. C’est facile de se moquer de ce caron, mais tout cela n’est que la continuation si j’ose dire logique de l’ideologie pronant l’abolition des conflicts (meme non violents comme la competition pour des clients), qui s’est autoproclamee progressisme. Apres l’anti sexisme et l’anti capitalisme anti raciste vous pensiez que les gus qui ne supportent pas l’idee de confrontation allaient s’arreter a l’espece humaine ?

  18. Marc Bloch

    Il faudrait que quelqu’un lui rappelle que seulement 1/1000 des espèces ayant existé sont encore vivantes aujourd’hui…et que la nature fait elle-même une sélection sur qui survit et qui disparaït

  19. yoananda

    Nos cousins les grands singes, notamment les chimpanzés, les plus proches de nous ont (de manière moins développée certes) la plupart de nos « caractéristiques » :
    ils savent mentir, rire, faire de la politique, utilisent des outils, ont des cultures, manifestent des réactions de deuil (mais pas de pleur à ma connaissance), et je dois en oublier.
    Koko le gorille qui a appris le langage des signes en maîtrise couramment 500 et connaît environ 2000 expressions. Même si c’est une exception, ça montre qu’ils sont « capable ».
    Ambam (un autre gorille) à appris à se dresser et marcher droit « comme un homme » par imitation.

    Voila pour les plus proches. D’une manière général, la plupart des mammifères ont manifestement des émotions similaires aux nôtres.
    Plus on s’éloigne de l’humain, plus ça nous est étranger bien sûr.

    En ce qui me concerne, je suis pour établir des lois qui protègent les animaux dit « supérieurs », non pas de l’exploitation, mais de la maltraitance. Je suis pour que soit reconnus qu’ils ont une conscience, qu’ils souffrent, qu’ils éprouvent aussi de la joie, et qu’ils ne sont pas de simples « ressources », des objets inanimés à exploiter.

    La conséquence concrète serait l’interdiction des « fermes industrielles », pour le bien des animaux, mais pour le notre aussi (question de santé).

    Aymeric Caron défends cette cause si j’ai bien compris. Peut-être de manière maladroite, parce qu’il fait appel à une conscience que tous les humains ne partagent pas ? je ne sais pas. Mais c’est une noble cause à mon avis.

    De la même manière que je suis contre l’anti-racisme, je suis contre l’anti-spécisme, si ça consiste à nier nos différences évidentes. Mais si c’est pour reconnaître à l’autre son « droit » à la différence justement, alors je suis pour l’un et l’autre.

      1. yoananda

        Le coup du vers-de-terre est maladroit et un peu ridicule.
        On sent que Caryon n’est pas beaucoup sorti de la ville et qu’il fantasme pas mal sur la nature.
        Mais bon … il y a des excès (de mon point de vue, discutable).

    1. « je suis pour établir des lois qui protègent les animaux dit « supérieurs », non pas de l’exploitation, mais de la maltraitance »
      Mhmh
      Tout ça existe déjà, et pas seulement pour les animaux supérieurs.

      « Aymeric Caron défends cette cause si j’ai bien compris. »
      Non. Il veut l’établissement de droits pour les animaux et non la définition de lois pour les humains.

    2. zelectron

      « le droit à la différence » constitue un prétexte …
      Le «droit» à la différence est utilisé plutôt comme une arme de destruction massive de la civilisation occidentale (l’inappropriation des mots et expressions, constitue un danger, souvent un sophiste)
      “Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.” Albert Camus

      1. Pheldge

        « le droit à la différence » c’est donc ça ! Caron n’est pas capable de « sortir du placard » , ni de faire honnêtement son « coming out » , et tout ça pour ça … pfffff !

          1. Vodkaman

            n’empêche que moi, j’ai foutrement envie de revendiquer mon « droit à » lui faire fermer sa gueule à grand coups de pompes dans le fondement au Caron…

  20. panchovilla

    l’abattage sans étourdissement préalable est stricto sensu de l’abattage hallal. Les horreurs des abattoirs récemment mis en cause mettent mal à l’aise les pouvoirs publics qui vont se dépêcher d’étouffer tout ça. D’ailleurs curieusement les écolos complices se sont gardés d’aller filmer dans des abattoirs officiellement « hallal ». Et curieusement aussi les médias ne se sont pas interrogés sur le « profil » des abatteurs coupables des tortures. je parierais que ce sont des français « comme vous et moi » qui s’appellent « prénoms modifiés »

      1. Bonsaï

        Merci pour l’avertissement. J’ai quand même googlé, mais me suis sagement contentée de lire quelques articles !
        Si je n’étais pas déjà veggie, c’est sans doute là que je ferais le saut.

    1. Peut-être, peut-être pas.
      En revanche, information certaine, tous ces abattoirs sont des structures publiques. Et non, finalement, ce n’est pas un hasard.

  21. Aristophanedecarotte

    Dommage! je suis à la retraite sinon j’aurais bien aimé envoyez Caron chercher mon taureau Doudou au fond du champ

    Il court vite Caron ?

  22. JC Hess

    Que Caron soit un opportuniste, marxiste de surcroit, ne fait aucun doute, toutefois le fond du problème n’est pas là. Quelle élevage, quelle alimentation voulons nous ? Quelle éthique dans l’abattage ?

    1. Mais quel rapport avec ce qu’écrit Caron et ce dont parle le billet ?
      Du reste, abattre rapidement et sans douleur, l’homme sait faire. Il a eu des milliers d’années pour s’y entraîner.

  23. Elohes

    Au delà de tout ce battage sur les abattoirs et les saillies de Caron, on peut surtout entendre le bruit d’une nouvelle taxe en approche…on commence à les voir venir de loin avec un peu d’habitude!

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