Bitcoin, Zcash et cryptomonnaies pour tous

Deux mois ont passé depuis mon dernier billet sur le Bitcoin et un petit état des lieux s’impose d’autant que depuis, plusieurs éléments d’importance ont agité le petit monde des cryptomonnaies : l’arrivée remarquée d’une nouvelle d’entre elles, et la montée rapide du cours du Bitcoin.

En effet, le 31 août, le Bitcoin valait 513€. Mais depuis quelques semaines, son cours n’arrête pas de grimper et il est à nouveau remonté bien au-delà de 640€, il tourne autour de 650€/BTC (ce qui, au passage, lui fait franchir la barre des 700$). On peut se demander pourquoi la cryptomonnaie enregistre de telles performances.

On peut déjà évoquer, en terme de contexte, le combat qui continue de s’installer péniblement entre les autorités d’un côté et tout ce qui représente une façon de fuir la numérisation des monnaies « fiat » qu’elles autorisent. La guerre contre le « cash », presqu’officiellement déclarée il y a plusieurs années de cela, continue donc même si elle ne parvient pas à faire de gros titres, les citoyens étant bien trop occupés à en gagner un peu pour tenter d’en épargner.

Pourtant, il n’y a aucun doute : tout concurrent de la monnaie adoubée par l’Etat est particulièrement combattu. Tous les arguments sont bons, depuis la nécessaire régulation pour éviter aux méchants et aux vilains de proliférer sur ces monnaies alternatives non contrôlées, jusqu’aux arguments plus complexes de la Banque Centrale Européenne qui sent bien que Bitcoin ou l’or constituent des voies d’échappatoire à ses jolis euros fraîchement imprimés, et qui menacent donc de ce fait l’équilibre financier mondial.

bitcoin banner image

Autrement dit, il est urgent de mettre des bâtons dans les roues du Bitcoin, celui-ci pouvant faire de l’ombre à l’euro. Or, plus il y a d’ombres sur l’euro, plus les individus essayent de diversifier leurs possessions, plus ils sont enclins à posséder or et bitcoin. Pour les étatistes, la régulation s’impose d’elle-même. D’un autre côté, ceux qui ont compris que ce combat se mettait en place investissent donc avant que toute opportunité de le faire soit définitivement fermée. Ceci explique au moins en partie la hausse du prix de l’or et la hausse du prix du Bitcoin.

Le second élément qui permet d’expliquer cette hausse actuelle du Bitcoin se trouve du côté de l’Empire du Milieu, et représente un intéressant prolongement de l’argument ci-dessus : le Yuan, qui baisse de façon erratique mais soutenue depuis le début de 2015, incite les investisseurs à se déporter sur d’autres monnaies. Dans un pays aux capitaux lourdement surveillés, Bitcoin représente une alternative relativement simple.

Le troisième élément de cette hausse est constitué par des raisons structurelles : force est de constater que l’année 2016 aura été une année richement dotée en investissements tant dans Bitcoin que dans les technologies de blockchain. Ces investissements se traduisent par un accroissement des infrastructures, une amélioration des services destinés à des particuliers qui perdent progressivement le besoin d’être à la pointe de la compréhension du phénomène pour y mettre de l’argent. L’investissement Bitcoin, s’il est encore loin de se démocratiser, devient plus abordable par un public plus large. Certes, il y a encore beaucoup de chemin pour que vos grands-parents participent activement à Bitcoin, mais cette technologie n’est plus réservée à un nombre limité de geeks dans leur garage.

Inévitablement, l’accroissement du nombre d’entrants pour une offre qui n’augmente que de façon linéaire favorise la montée du prix.

Malheureusement, cela favorise aussi le goulet d’étranglement que représente le nombre de transactions que l’architecture logicielle de Bitcoin permet de traiter par unité de temps. Pour rappel, ce nombre se situe actuellement autour de 3 transactions à la seconde (ceci étant limité arbitrairement par la taille des blocs de la blockchain). En limitant cette taille, on limite d’un côté le nombre de transactions que le réseau Bitcoin est capable de traiter, mais d’un autre côté, on assure une hausse notable du prix des transactions, prix que les mineurs touchent pour produire des blocs et confirmer ces transactions.

On comprend dès lors qu’une modification de cette taille de bloc impacte tout l’écosystème Bitcoin. C’est donc une décision qui nécessite d’être prise avec un consensus maximal et en laissant le temps à chaque acteur de s’adapter, sous peine de voir ou bien la sécurité des transactions mise à mal, ou la valeur du réseau (et, par voie de conséquence, celle des bitcoins) s’effondrer.

Ces différents éléments peuvent expliquer que le Bitcoin soit passé de 400€ au premier janvier dernier à plus de 640 onze mois plus tard.

cours-bitcoin-02-11-2016

Cependant, alors que Bitcoin semble s’installer toujours plus dans le paysage numérique et dans les esprits, difficile de passer sous silence une nouvelle cryptomonnaie qui vient de voir le jour.

Basée sur des principes similaires à ceux de Bitcoin (monnaie déflationniste, minage avec « preuve de travail« ,…), ZCash y ajoute une assurance d’anonymat que ne permet pas le livre de compte ouvert de la blockchain de Bitcoin. Cette nouvelle monnaie, introduite en grande pompe et avec un battage publicitaire directement proportionnel aux investissements conséquents de différentes firmes spécialisées dans les cryptomonnaies (Pantera Capital et Digital Currency Group, notamment), aura naturellement attiré de nombreux investisseurs qui se seront heurtés à la très faible disponibilité des premières unités produites : devant la forte demande et l’offre microscopique, son cours a littéralement explosé de 18 dollars le 15 septembre à plus de 1000 dollars ces derniers jours, montrant tous les signes d’une bulle financière dangereuse.

L’avenir dira si cette cryptomonnaie tient ses promesses, mais elle reste, sur le plan technique, une suite intéressante et crédible au Bitcoin. La brochette de spécialistes qui travaillent à son élaboration permet en tout cas de rester optimiste.

Du reste et si l’on en croit un récent rapport d’IBM, la croissance des technologies de blockchain n’est pas prête de s’arrêter puisque la firme informatique prévoit que 15% des banques pourraient avoir implémenté l’une ou l’autre technologie de ce type en leur sein au cours de l’année 2017.

Bien sûr, on pourra voir cet intérêt des banques pour la technologie comme une tentative de leur part de raccrocher leurs wagons à un train depuis longtemps parti. On pourra aussi noter, comme je l’ai fait dans un précédent billet, que chaque pas vers l’utilisation d’une blockchain constitue aussi pour les banques qui le font une opportunité de s’affranchir du dollar.

Et s’affranchir du dollar, dans un monde où la guerre est déclarée contre le cash, c’est aussi une excellent nouvelle.

J'accepte les Bitcoins !

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires65

  1. Calvin

    La lutte contre le cash est très grave.
    Toute alternative, tout contournement et toute résistance sont des nécessités économiques et morales.

  2. D.F.

    @Calvin : 100% d’accord. On est effaré de constater que pas un de nos principaux candidats à la présidence n’évoque le sujet.

    Sinon, concernant Zcash, il s’agit surtout d’une bonne hype sur un énième clone de Bitcoin qui ne s’en distingue pas tant que ça, notamment en termes de gouvernance : https://www.youtube.com/watch?v=591J9KcKgHM

    1. Oui et non. Oui pour l’aspect hype évident. Il y a tout de même l’aspect anonymat qui est effectivement demandé par la communauté et assez solide dans l’implémentation proposée. Pour le reste, pourquoi faire différent de Btc s’il a prouvé marcher depuis pas mal d’années ?

      1. D.F.

        La question de l’anonymat est certes indispensable, mais elle a déjà été prise en charge par d’autres cryptomonnaies, telles que Dash ou Monero. Et rien ne garantit que les solutions apportées par Zcash à ce niveau (et à ce niveau seul, car Zcash n’a pas d’autre ambition) soient les meilleures.

        Quant à Bitcoin, outre le problème de l’anonymat, il souffre aussi d’un profond problème de gouvernance (illustré par la longue polémique technique et fastidieuse sur la taille des blocs). Nul doute que Bitcoin soit là pour durer, ne serait-ce que par sa position de premier entrant. Cependant la part relative de Bitcoin dans les cryptomonnaies ne cesse de s’éroder depuis un an et plus. (Ici manque l’URL vers un graphique très parlant, que je ne retrouve plus…)

        Sinon, je signale à l’aimable taulier et à ses lecteurs une très intéressante série de six vidéos didactiques sur Bitcoin et le fonctionnement d’une cryptomonnaie : https://www.youtube.com/watch?list=PLiFMZOlhgsYKKOUOVjQjESCXfR1cCYCod&v=e7UwwcCKj4Y . Les trois premières vidéos, en particulier, sont limpides, et mériteraient d’être largement diffusées.

        Les trois dernières vidéos sont consacrées plus spécifiquement à Dash, une monnaie dans laquelle on peut croire ou pas. Disclaimer : personnellement, j’y crois assez.

          1. D.F.

            Y a un risque, en effet ! Et on va encore entendre la vieille fable « cryptomonnaies = anonymat = terroristes »…
            Cependant, DAESH se disant plutôt ISIS en-dehors de chez nous, le problème s’il se présente sera circonscrit à nos frontières… 😉

        1. Jiff

          « Nul doute que Bitcoin soit là pour durer, ne serait-ce que par sa position de premier entrant. »

          Vi, vi, vi, ce morceau d’anthologie ressemble furieusement au self-brainwashing: « Too big to fail », dont on continue aujourd’hui à voir la brillante démonstration dans l’économie actuelle.

          À moins que d’être certain d’être un second Alvin Toffler, je m’abstiendrais de ce type de pronostic au demeurant bien fragile…

          1. D.F.

            C’est bien pourquoi je précisais juste après : « Cependant la part relative de Bitcoin dans les cryptomonnaies ne cesse de s’éroder depuis un an et plus »… Je n’ai nulle part écrit que Bitcoin, premier entrant, était appelé à rester éternellement à la première place. Je suis même persuadé qu’il n’y restera pas.

            Pas de « morceau d’anthologie » ailleurs que dans votre lecture hâtive, donc.

          1. D.F.

            Oui, c’est aussi pour ça que je les signale. 😉 Elles sont très pédagogiques et claires, et elles m’ont permis de faire comprendre les bases des cryptomonnaies à des gens qui ne sont pas du tout « techniciens ».

            Par ailleurs la présentatrice est aussi intelligente qu’agréable à regarder.

            1. zelectron

              Et la stabilité des cryptomonnaies ? elles ne sont pas faites pour ça me direz vous, donc spéculons, spéculons allègrement, jusqu’à la déf… non la victoi … je ne sais pas quoi choisir !

  3. Royaumont

    Aux assises de la sécurité informatique début octobre, l’atelier sur le blockchain a fait salle comble. Toutes les grandes compagnies financières réfléchissent actuellement à l’usage qu’elles pourraient en avoir. Il y a certes un effet de mode et pas mal de fausses pistes explorées, mais la diabolisation de cette technologie, orchestrée par l’état, ne décourage personne.

    1. Jiff

      Et pour cause, c’est une excellente façon de sécuriser leurs transactions tout en s’affranchissant du système SWIFT; mais aussi (et surtout), un moyen de maintenir les coûts clients actuels en faisant un max de gras sur leur dos (plus de redevances SWIFT + blockchain développé en local = coût intrinsèque quasi-nul.)

  4. Aloux

    Sujet passionnant, concernant le problème de la taille des blocs de Bitcoin, une nouvelle version du protocole très attendue vient d’être livrée, incluant « segregated witness », ou « segwit » pour les intimes, une astuce technique que je serais bien infoutu d’expliquer, mais qui permettra de gagner un peu sur la taille des blocs.

    Parallèlement, le travail sur Lightning progresse, et est attendu comme le Messie : bitcoin.fr/eclair-une-implementation-made-in-france-de-lightning/

    Sur les problèmes de scalabilité, une solution originale a été présentée à Milan le mois dernier, MimbleWimble, à voir aussi.

    On a pas fini de s’éclater.

  5. Kazar

    Pour moi, le problème majeur avec le BTC comparé au cash est qu’il est trop dépendant de l’accès à internet. Une simple coupure d’alimentation électrique et fin de l’utilisation, au moins momentanément.

    1. D.F.

      Lu quelque part (mais où ?) qu’un projet de cryptomonnaie prévoyait de s’affranchir d’Internet voire d’électricité (mais comment ?).

      Et probablement des spécialistes se penchent-ils déjà sur l’utilisation possible des « paper wallets » Bitcoin comme on utiiserait des billets de banque…

    2. Aloux

      Certes, mais il faut bien dire qu’en cas de coupure durable d’internet, Bitcoin ou cash, ce sera le cadet de vos soucis. Quant à une coupure durable de l’alimentation électrique…

      Mais c’est effectivement un obstacle pour les populations de pays pauvres qui ont un accès très intermittent à internet voire à l’électricité, mais qui sont aussi potentiellement les plus intéressées par Bitcoin car peu bancarisées.

      1. bibi

        Avec des relais mobiles solaires l’accès internet des populations pauvres devient très stable.
        De plus avec un chargeur solaire à 100€ vous pouvez charger facile une dizaine de smartphone par jour.
        Le photovoltaïque c’est performant pour peu que l’on s’en serve à des applications dédiés dans des pays ensoleillés été comme hiver.

  6. Taisson

    Aloux – 3 novembre 2016, 10 h 38 min
    « Certes, mais il faut bien dire qu’en cas de coupure durable d’internet, Bitcoin ou cash, ce sera le cadet de vos soucis. Quant à une coupure durable de l’alimentation électrique… »
    Pardon, je suis surement obtus, mais je ne comprend pas ce que vous avez voulu dire..
    Autant une coupure prolongée d’électricité (disons un mois, par exemple.) peut être très difficile, une coupure de la même durée d’internet ne provoque que de l’inconfort léger…Si le cash existe, bien sur !
    J’ai subi récemment une coupure d’accès de cet ordre, il y à peu de temps, et enfin de compte, ,c’est le billet d ‘H16 qui m’a manqué le plus… Si je n’avais eu que de la monnaie virtuelle, ça se serait surement moins bien passé!

    1. Non. Ici, on ne parle pas d’une coupure d’internet pour une poignée de personnes pendant une poignée d’heures. Une coupure de 24H d’internet dans le monde, il y aurait des douzaines morts. Et une coupure d’électricité de 3 jours, c’est une catastrophe mondiale avec des dizaines de milliers de morts.

      1. Amateur Bitcoin

        Dizaines de milliers de morts dans le monde si coupure mondial d’électricité pendant 3 jours…
        Je prédis un chiffre x10 supérieur.

    2. MadeInCH

      Je vous conseille 2 livres:
      – « One Second After »: Un EMP détruit tout ce qui est électronique à semi-conducteurs aux USA. Plus d’électricité. Plus de montre. Plus d’internet. Plus d’eau courante dans les villes. Au bout de 1 ans, la population des USA a baissée de 80%. Dans les villes, ce sont 2% de survivants.
      – « Black Out »: Des hackers coupent communication et électricité durablement en Europe. Les effets sont similaires à « One Second After ».
      Faits historiques:
      Ukraine 23-25 décembre 2015: La panne d’électricité globale est due à une attaque par des hacker. Cyber-guerre.
      Guerre russo-georgienne. C’est après-coup que les analyses montre que la Géorgie a aussi été bien paralysée par du hacking.
      Note:
      > Sans internet, plus de commerce local et international. Plus de gestion de stocks. Plus possible de savoir quoi est où dans la distribution de nourriture, par exemple. Des gens meurent de faim alors que des stocks pourissent à quelques kilomètres d’eux.
      Les caisses enregistreuses resteront probablement muette. La gestion des réseaux électrique sera-t-elle intacte? Plus de travail. Plus d’avions, car la gestions des vols civils (échange d’informations) est bloquée.
      > Plus de courant: Probablement plus d’eau. En ville… Combien de temps avant que vous ayez soif et que vos WC débordent de merde car plus de chasse d’eau? 2~3 jours? Et après? Pagaille, pillage, exode vers les villages, qui ne veulent pas des « parigots » (par exemple) et qui n’ont de toute pas de moyens pour vous loger et vous nourrir…

      1. MadeInCH

        Note:
        J’ai acheté et lu « One Second After » après présentations de l’Oeuvre par notre Taulier-Bien-Aimé-que-la-Paix-des-Saints-soit-sur-Lui-et-sa-Descendance.
        Après avoir prêté le bouquin à un collègue, ledit collègue m’a prêté « Black Out ».

      2. theo31

        « exode vers les villages, qui ne veulent pas des « parigots » »

        On peut les comprendre. Hidalgogol vient de demander l’expulsion dans les plus brefs délais de tous ces salauds de pauvres de la place Stalingrad qui font tache dans la ville lumière. Curieusement, elle n’a pas exigé la même chose pour Calais. Les pauvres oui, mais à condition qu’ils ne soient pas sous ses fenêtres.

        Sinon, une petite éruption du côté de Yellowstone ou des champs phlégréens rendra la vie de centaines de millions gens très rock’n’roll.

      3. Dr Slump

        Ah, si tu aimes ce genre de livres, je te conseille aussi « Arslan », de M.J. Engh, à la seule différence que le black-out est voulue par un conquérant, ledit Arslan, qui se trouve être originaire d’un pays du Moyen-Orient…

  7. Philippe

    Hmm article très intéressant. J’ajouterais quelques commentaires suivants:
    D’abord le cours de ZCash est allé 18$US à plus de 3200 bitcoins (soit quand même plus de 2,2 M€ par unité) sur poloniex avec un volume, certes faible : valeur des échanges: 170 bitcoins, mais quand même …
    Ensuite ZCash est le fruit du développement d’une société qui détient une master key permettant quand même, en cas de nécessité, de déverrouiller la confidentialité des échanges (envoyeur, receveur et montant échangé). Si un gouvernement venait à la saisir, la technologie ne remplirait plus sa promesse. ZCash est aussi une monnaie jeune avec une capitalisation très faible. Elle n’a pas fait ses preuves à l’instar de bitcoin qui existe depuis 2008. Il n’y a pas non plus de masse critique comme bitcoin et il n’existe pas de vendeurs qui acceptent ZCash. La volatilité est extrêmement forte. Par ailleurs, il existe déjà des alternatives « privées » à bitcoin comme Monero (XMR) : intraçable, chiffré, fongible, décentralisé et dont le code a été revu et audité par de nombreux codeurs. Il existe aussi des bitcoins mixers qui rendent les bitcoins très difficiles à tracer. Enfin, dans l’opinion publique, bitcoin devient de plus en plus « fréquentable » ce qui, à mon avis, risque d’être moins le cas pour ZCash dont le rôle risque d’être détourné pour des activités obscures, avec tous les scandales futurs qu’on pourra lui rattacher.
    Bonne journée 🙂

    1. GrosBen

      J’étais pas au courant pour la masterkey, je trouve ça décevant.

      Le lancement du Zcash est impressionnant en tout cas, des dizaines de milliers de mineurs étaient là dès le début. C’est du jamais vu et c’est plutôt une bonne chose que la monnaie soit bien répartie dès le départ.

  8. cherea

    « Et s’affranchir du dollar, dans un monde où la guerre est déclarée contre le cash, c’est aussi une excellent nouvelle. »

    Exactement, pour moi la dédollarisation des échanges internationaux est la mère de toute les batailles en matière de politique internationale qui vaut le coup et personne n’en parle.

    D’ailleurs, je vois les choses de cette manière-là, ne pensez-vous pas H16, que si TAFTA il y a avec les US, le prochain pas peut être une intégration monétaire avec le dollar pour tous, US, CANADA & Union Européenne…c’est mon hypothèse, mais ce serait un pas logique, intégration de défense avec l’OTAN, intégration économique avec TAFTA, intégration monétaire avec le dollar le jour où on a une parité 1/1. Ce n’est pas une vision complotiste, je le précise, mais simplement la suite logique des opérations…

    Enfin, pour Zcash, beaucoup de hype, que sur Linux, offre restreinte, organisation de la pénurie…

    Monero a été divisé par 3 depuis fin août…d’ailleurs, je ne vais pas aller chercher…pour le Bitcoin il faut une position longue, en acheter les mettre sur son cold storage et les revendre dans 2-3 ans…

    1. bibi

      Comparé à leurs PIB respectif l’UE(28) et les USA n’échangent quasiment rien :
      PIB USA 18 000G€
      PIB UE 19 000G€

      Flux Biens Services Invest Total PIB(%)
      UE =>USA 260G€ 139G€ 113G€ 512G€ 2.7
      USA=>UE 128G€ 180G€ 145G€ 453G€ 2.5

      Même si avec le TAFTA les échanges doublent ça ne va pas changer grand chose au fait, il n’y aura aucune raison d’arrimer l’euro à l’USD, et cela d’autant plus que les traités ayant été enfoncés la BCE manipule l’euro.

    2. MCA

      @cherea – 3 novembre 2016, 11 h 18 min

      D’après ce que j’ai lu récemment on irait non pas vers le $ pour tous mais vers une monnaie mondiale, le Phénix.

      Cet article développait la notion suivante : les instances bancaire US œuvrent pour la destruction du $ US dans l’optique de l’avènement du Phénix…. vrai? faux? je ne peux dire.

      Il évoquait un concept très intéressant : une monnaie nationale qui sert de monnaie mondiale (le $ US en ce qui nous concerne) ne peut être stable car l’état qui l’émet a des priorités intérieures qui peuvent être incompatibles avec les priorités mondiales.

      Ce ne serait pas le cas du Phénix qui serait basé sur les DTS depuis que la Chine a rejoint le club des monnaies éligibles.

      Je suis incapable de fournir l’article car depuis quelques jours l’accès à certains articles de ce site sont payants, dont l’article qui en parle.

      1. MadeInCH

        Et donc, Soros&Rotschield vont contrôler ce Phenix…
        C’est inévitable.
        Celui qui contrôle ce truc se moquera des lois.
        Donc les quelques plus Puissantes de ce monde, les 2% des 2%, mettront TOUT en oeuvre pour contrôler ça.
        Et je ne vois pas pourquoi il ne réussiraient pas.

        1. MCA

          Oui, c’est exactement ce qu’ils développaient dans cet article.

          Mais plus inquiétant, et on le voit bien avec l’Euro, une monnaie commune pour des économies aussi dissemblables ça ne fonctionne pas et c’est au détriment des pays a économie faible.

          Je vous laisse à penser le problème qui se posera au niveau mondial si une monnaie commune était adoptée.

          Les pays à économie faible se verront laminés et deviendront esclaves des pays à économie forte.

          Et la France dans tout ça?….

          1. MadeInCH

            « Je vous laisse à penser le problème qui se posera au niveau mondial si une monnaie commune était adoptée. »
            L’or fut une « monnaie commune »
            Durant des siècles (millénaires?), n’importe qui pouvait aller dans n’importe quel pays, et sa monnaie était acceptée pour sa contenance en or.
            J’exagère un peu, mais pas beaucoup.
            Et ça marchait.
            Une monnaie commune, j’aime pas trop parce que je suis un bête patriote natio bas-du-front illettré inculte et nauséabond. J’aime encore moins parce que elle peut être manipulée par quelques-uns.

            1. Jiff

              « L’or fut une « monnaie commune »
              Durant des siècles (millénaires?), n’importe qui pouvait aller dans n’importe quel pays, et sa monnaie était acceptée pour sa contenance en or.
               »

              Sauf que l’étalon or ne permettait absolument pas les manipulations que nous observons aujourd’hui, à commencer par celui du cours de l’or; c’est surtout pour ça qu’il fallait qu’il meure (rends-toi compte, un monde où le big-mac coûterait la même chose depuis les 25 dernières années (si c’est bleu-suppo!), ça serait un monde qui ne tournerait pas rond – enfin, pour une certaine caste.)

              Maintenant, il ne faudrait surtout pas oublier que ce qu’un cerveau humain a tricoté, un autre est tout à fait à même de le détricoter… Sans compter que le vulgum pecus ne va certes pas apprécier de se voir dépossédé de son droit le plus basique et risque fort de ruer (fortement) dans les brancards, et ceci d’autant plus que des échappatoires tels que BitCoin existent.

              Je dirais que plus « ils » sont convaincus (s’écrit aussi en 3 mots) de se rapprocher de la « victoire finale », du plus haut ils tomberons au final.

          2. Jiff

            « Et la France dans tout ça?…. »

            Aucun soucis à se faire, elle inventera le super-phénix – ou comment dépouiller N fois plus vite le citoyen au profit du poliotique et de ses petits copains.


            @h16: Zarb, mon 1er commentaire sur ce sujet n’est pas apparu, serait-ce dû à la grossièreté du premier mot, tout comme dans les chats ados ou la tv us ?

        1. MCA

          @H16

          Pensez vous nous gratifier dans un avenir proche d’un article sur les avantages (du point de vue état) / inconvénient (du point de vue contribuables) du prélèvement à la source des impôts.

          Je crois qu’il devrait y avoir matière à commentaires très intéressants..

      2. Roi Heenok

        Un tel scenario ne ferait que precipiter la fuite vers des monnaies hors du systeme bancaire etabli (metaux, cryptomonnaies, multiplication du troc et des transactions au noir ou utilisant des denominations classiques issues de banques particulieres brisant le cartel du « phenix »).

        Ni dollar ni bancor ne peuvent plus pretender a la toute puissance qu’on pouvait y voir en 1944.

  9. Gerbert

    Intéressant merci, j’étais passé à côté de ZCash entre autre.

    Quelques remarques/questions complémentaires :

    1- une quatrième raison pourrait expliquer les performances du BitCoin en 2016 à savoir le piratage qu’à subi un distributeur d’Ether (une crypto monnaie concurrente du BitCoin en Juin – 50 millions de $ parti en fumée tout de même). Le saut de Juin/Juillet sur le cours du BitCoin est peut être ainsi du à un transfert d’utilisateurs Ether -> BitCoin, non ?

    2- vu effectivement ces six derniers mois pas mal de déclarations de groupes bancaires en faveur de l’utilisation de cette techno blockchain. Pourquoi pas mais à l’origine, le but est bien de se passer de ces intermédiaires aussi, il serait dommage que les banques phagocytent l’outil non ?

    3- L’enjeu Blockchain dépasse largement la monnaie et pourrait s’attaquer à beaucoup de monopoles (exemple professions règlementées type notaires, distribution d’énergie, ) mais aussi limiter le poids de l’état (exemple cadastres Honduras, Gana d’ores et déjà numérique avec techno Blockchain). C’est aussi une solution incontournable pour apporter un premier niveau de sécurité aux objets connectés (e-santé…)
    Bref, c’est la techno numérique du libéral ;), j’attends avec impatience un billet de notre hôte sur ces applicaitons .

    De mon point de vue, je suis convaincu que sur pas mal de sujets, une organisation qui mettrait au cœur de son fonctionnement cette techno pourrait permettre une sorte d’alternative au communisme ou au au néoturbolibéralisme (capitalisme de connivence qui prévaut aujourd’hui), une sorte d’état totalement décentralisé en reposant directement sur les individus mais tout reste à écrire…

    Par contre nous n’y sommes effectivement pas tout à fait, un lien complémentaire un peu plus technique pour appréhender les manques actuels de cette techno : http://marmelab.com/blog/2016/06/24/blockchain-expliquee-aux-developers-web-la-verite.html

    1. GrosBen

      Pour ton point 1, faut voir que l’Ethereum n’a pas vraiment d’utilisateurs, il n’a qu’une communauté bruyante les yeux rivés sur l’ETH/BTC. Le hack du DAO a plutôt attiré l’attention des bitcoiners vers l’Ethereum (enfin surtout l’Ethereum Classic) mais l’inverse pas du tout.

      1. Gerbert

        OK, j’ai dû moi aussi être aveuglé par le bruit de la communauté… Une autre explication plus plausible pour ce bond de Juin 2016 dans le cours du BitCoin ?

        1. GrosBen

          S’il fallait trouver absolument une explication à cette hausse du BTC, je dirais que c’était l’anticipation du halving de Juillet (la récompense par bloc minée qui est périodiquement divisée par 2).

      2. Aloux

        Sur le hack de la DAO, attention, ce n’est pas un hack à proprement parler, mais un petit malin qui a trouvé une faille dans le code du smart contract de la DAO et l’a exploité pour en siphonner les fonds, en toute légalité du point de vue du code ! Si on ne comprend pas ça, on rate complètement le sens de l’événement et de la réaction qui l’a suivi, et on ne peut pas comprendre non plus l’existence d’ETH Classic.

  10. theo31

    il y a un grosse différence entre monnaie commune et monnaie unique : il y a dix monnaies encours dans l’UE.

    Si la monnaie est manipulée, c’est dû à son étatisation. Dans un monde libre, une banque qui s’amuserait à trafiquer la monnaie de ses clients ferait rapidement faillite.

    1. Jiff

      C’est amusant, car de quelque point de vue qu’on considère les choses, on finit toujours par se retrouver dans le cas de figure évoqué par h16 dans un récent billet où tout va beaucoup mieux quand l’état est en panne…

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