Appliquer les recettes du Portugal à la France ? Chiche !

Ces derniers temps, on a vu apparaître quelques ronflants articles sur l’actuelle réussite économique du Portugal. D’une publication à l’autre, une nouvelle réalité semble faire jour : le redressement de cepays ne doit rien à la politique prônée par Bruxelles et montre d’excellents signes de retour à la santé alors même que les mesures prises par le gouvernement actuel sont en parfaite contradiction avec les recommandations officielles.

La presse semble unanime : ce redressement économique prend le contre-pied de Bruxelles, le plein emploi sera atteint alors qu’on fait l’inverse de ce qu’exigent les recettes turbolibérales (forcément turbolibérales) de l’Union Européenne, c’est même, comme l’écrit la brillante rédaction de La Dépêche, un « miracle embarrassant pour Bruxelles car il repose sur une politique anti-austérité ».

Pas de doute, l’ultraturbo-néolibéralisme ne fonctionne pas et son contraire, en revanche, fait des « miracles » ! Pour toute la clique de gauche, c’est fête à tous les étages et tout le monde reprend deux fois des nouilles.

Ou presque, parce qu’à bien y regarder, les rédactions qui se sont jetées sur cette nouvelle et ont fourni cette analyse, ainsi que tous ceux qui se sont empressés de les relayer fiévreusement sur les réseaux sociaux, additionnés d’un petit « Je te l’avais bien dit ! » tout à fait symptomatique d’une vision particulièrement biaisée de la réalité semblent, les uns comme les autres, avoir oublié quelques petits détails qui font une montagne de différence.

Dans un raccourci qui serait comique s’il n’était finalement à la fois le reflet d’une ânerie que certains pensent vraiment, dur comme fer, et la démonstration d’un biais de logique consternant, si le Portugal a vu passer son chômage de près de 18% en 2013 à 7% aujourd’hui (contre 9% pour la France), c’est bel et bien grâce à une augmentation du salaire minimum, des retraites, des allocations familiales, un bonne petite bastonnade taxation des plus riches et via une jolie diminution des impôts pour les classes moyennes et populaires.

Ben voyons. On se demande pourquoi en France, après avoir appliqué les recettes ci-dessus, on n’a pas obtenu le même résultat flamboyant que le Portugal. Zut alors : la logique est prise en défaut, mais cela n’a aucune importance. Sans doute n’en a-t-on pas fait assez !

parabole de l'aspirine (c) Maître Du Monde

La réalité est cependant nettement plus contrastée, et finalement pas tellement en faveur des discours résolument ancrés à gauche qui prévalent autour de la réussite portugaise.

D’une part, il faut bien se rappeler que le Portugal part de fort bas : la crise de 2008 a laissé des traces profondes dans le pays qui a subi une baisse de plus de 20% de son PIB entre 2008 (262 milliards de dollars) et 2016 (204 milliards). C’est une chute 5 points plus lourde que pour la France sur la même période.

Cette lourde chute a directement obligé le gouvernement de Pedro Passos Coelho (centre droite) alors en place à appliquer des mesures un peu plus vigoureuses que les petites limonades amusantes qui nous furent présentées, en France, comme de l’austérité. Ainsi, les dépenses publiques du pays ont chuté (oui, chuté, j’insiste) de 10% entre 2010 et 2018. Pour rappel, en France, dans le même temps, elles n’ont jamais cessé d’augmenter (oui oui, augmenté, j’insiste) – de 8% sur la même période.

Là où l’austérité française fut un véritable foutage de gueule institutionnel et politique seulement bon aux gargarismes populistes de nos politiciens les plus démagos, le Portugal a effectivement mis en place des mesures de redressements. Celles-là même que les économistes libéraux (et, incidemment, les gens de bon sens) recommandent, à savoir qu’un gouvernement dépense moins qu’il ne gagne, qu’il libère les énergies créatrices en abaissant les impôts après avoir diminué sa gloutonnerie, etc.

Et concrètement, le gouvernement portugais a, suite à la crise, mis en place de très nombreuses réformes : réforme des impôts (particuliers et sociétés), du marché du travail, de l’administration publique, libéralisation de l’économie par la promotion de la concurrence, réduction de la réglementation, introduction d’une règle d’or limitant les dépenses et le déficit et la réduction des délais de paiement, privatisations importantes à hauteur de 10 Md€ (transports terrestres et aériens, déchets, électricité, assurances, postes, etc.) ou restructuration (compagnies des eaux, rail), augmentation de l’âge de départ à la retraite (66 ans), allongement des heures de travail, diminution des effectifs de fonctionnaires et augmentation de leur temps de travail.

Et j’en passe.

Pendant ce temps, en France, …

À la suite de quoi, le Portugal a connu trois années de vaches maigres : dette, déficit public et chômage en hausses, croissance en berne, les années 2011 à 2014 furent difficiles pour le peuple lusitanien. En revanche, à partir de 2014, la tendance s’inverse nettement avec le retour de la croissance. Lorsque les élections ont lieu en 2017, le nouveau gouvernement bénéficie déjà d’une conjoncture favorable et peut commencer à distribuer quelques uns des dividendes des années précédentes de rigueur.

Autrement dit, les petits comiques qui utilisent l’actuel redressement économique du Portugal et proposent qu’on en applique ses recettes à la France réclament en fait une politique qui leur filerait immédiatement de l’urticaire : baisse des dépenses publiques, réformes structurelles massives, privatisations, recentrage de l’État, on est loin des colifichets et autres bricolages économiques approximatifs de la clique insoumise et de tous les nigauds qui s’abreuvent aux mêmes âneries, y compris dans l’actuel gouvernement ou, pire encore, dans l’opposition de droite (ou ce qui passe pour).

À juger les analyses qui sont faites du « miracle » économique portugais (qui n’est miraculeux que si l’on oublie tous les efforts faits en amont), on comprend que les gauchisteries économiques habituelles et la loi de la distribution tous azimuts de l’argent des autres ont encore de beaux jours en France.

Bien plus triste encore est l’inexistence en France du courage dont fit preuve le gouvernement portugais de Coelho : aucun des clowns actuellement au pouvoir ou aucun de ceux qui y prétendent dans notre pays ne semble en disposer.

Ce pays est foutu.

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Commentaires163

  1. Le Gnôme

    Macron est un Hollande avec un menton plus carré, il est une éolienne qui brasse un peu de vent avec des réformes qui ne sont que de la poudre aux yeux. Le Portugais a perdu les élections, mais le socialiste n’a pas remis en cause les réformes faites.

    1. Gerldam

      Comme Blair, qui n ‘a pas touché aux réformes de Thatcher, même si, ensuite il a accumulé les sottises (normal de la part d’un socialo). Et qui confirme aussi l’ingratitude des peuples: il a redressé le pays et son économie ou tout simplement l’a sauvé, on le vire (comme Churchill en 1945).

      1. Aristarkke

        Virer Churchill pour mettre un travailliste (=soce) à sa place, Attlee… qui avait été cependant collaborateur du premier durant la guerre, en quelque sorte son second (vice-Premier Ministre)…
        Mais Winston C. reviendra six ans après…

        [Peut-être le rêve humide de Peak de la Faribole, n »est-ce-pas ?]

  2. Aristarkke

    Comment cela, reprendre deux fois des nouilles ? C’est bien trop cheap pour un soce!
    Du caviar (et pas que celui d’aubergine) pour fêter la déroute du néo turbo liberalimse, est bien le moins qui sied à la Gôche!

  3. Aristarkke

    Autrement dit, la clique journalistique de gôche (pléonasme, je sais) nous présente complaisamment l’ alouette des réformes dignes de son intérêt en oubliant le cheval de celles qu’ elle juge indignes (quoique très efficaces) comme la baisse draconienne des dépenses étatiques…
    Il est temps que les journalistes d’ investigation de BFM rentrent de vacances…

      1. Pheldge

        Ô Gnôme, une entreprise commerciale, BFM, sert à ses clients, la soupe qu’ils attendent … Le client demande de l’info-pravda, BFM la lui donne !

      2. Aristarkke

        J’ai repris cela du site « un odieux connard » qui est très amusant et corrosif, sans en avoir l’air… A bon lecteur…
        Le Patron y a déjà fait allusion une fois ou deux, notamment pour ses montages à partir d’illustrations anciennes…

  4. Aristarkke

    Dites-nous Monseigneur: est-ce que votre envoyé spécial dans ce petit pays, René PS a servi de base contributive ? Certains sujets manquent étonnamment?

    1. René-Pierre Samary

      Ce n’est pas le fait d’y résider qui me donne des lumières particulières sur le Portugal. Il faut être un BHL pour croire que de se balader en Yougoslavie ou en Libye vous donne la science infuse.
      J’imagine néanmoins les cris d’indignation si la France décidait de faire cadeau aux « riches » venant s’installer sur son territoire de l’impôt sur le revenu pendant dix ans. Nous préférons importer des guenilleux.
      Je gage que cette mesure, finalement, doit être gagnante pour le Portugal. Les « riches » retraités et autres expats dépensent bien davantage que le Portugais moyen, et font rentrer des taxes. Le bilan est certainement positif.
      Cette exemption ne suffirait pas pour attirer les Français s’installent au Portugal, si la vie quotidienne était ce qu’elle est en France – c’est-à-dire un enfer.
      Chaque fois que je me rends en France, je me félicite de ne venir qu’en touriste dans ce pays de merde.

      1. Gerldam

        En touriste, ce n’est pas si mal, si on va en Bretagne, en Bourgogne ou dans le Périgord. En évitant soigneusement la capitale et ses abords.

      2. Marco40

        Ils ont compris -eux- que la théorie du ruissellement en faisant venir de riches retraités français, ce n’était pas du flan….

        1. bibi

          Ils font plutôt venir de pauvres retraités français mais qui ont une pension bien supérieure au revenu moyen portugais et qui ont souvent vendu leur bien immobilier et ont donc aussi un capital.

          1. Aristarkke

            Selon un site de conseil aux expatriés que j’avais lu, il y a quelques temps, les fonctionnaires retraités continuent à payer leurs impôts en Grance, même domiciliés au Portugal…
            Toujours l’égalité plus égale selon les cas…

            1. Diogène

              C’est standard dans la convention type OCDE: retraites publiques imposées dans l’état de la source, retraites privées dans l’état de la résidence. Rien de particulier à là Rance.

          2. bob razovski

            Un peu HS, mais en rapport avec les retraités :
            J’ai noté quelques retraités de ma connaissance qui vendent leur immobilier pour s’acheter un camping car et aller sillonner les pays « moins cher »

  5. Higgins

    On se souvient, pour les plus anciens, des effets totalement positifs de la politique conduit par Gros Quinquin en 1981, politique géniale qui a amené à « la rigueur » en 1983. Les titres sur le Portugal m’ont fait tiquer lorsque je les ai lus, surtout la présentation qui en était faite. Pour les journaleux, on ne fait pas d’un âne un cheval de course (et je m’excuse de ma comparaison auprès des ânes). Ça se vérifie une fois de plus.

    1. Aristarkke

      « On se souvient, pour les plus anciens, des effets totalement positifs »
      S’ils sont encore vivants, des cohortes de concierges dans des immeubles « trop petits » pour rendre le montant du salaire superchargé tenable par les propriétaires, qui se sont retrouvés au chom’du passé 50 ans, avec des indemnités de misère, par exemple…

  6. douar

    Si je ne m’abuse, le gouvernement portugais qui a mis en place ces réformes, a été battu aux dernières élections par une coalition de gauche. Celle ci, pour l’instant , n’a pas encore réouvert les vannes à pognon en grand, mais ce n’est pas l’envie qui leur manque.
    A noter que le gouvernement précédent a fortement augmenté les taxes sur les carburants,; mais, ouf, les français les ont rattrapé depuis.

  7. Bonsaï

    Les portugais sont un peuple laborieux qui ne rechignent pas au travail ni même à s’expatrier pour envoyer de l’argent au pays, et peut-être se construire une petite maison.
    « Bien plus triste encore est l’inexistence en France du courage dont fit preuve le gouvernement portugais » en effet, en France on tient à avoir le beurre et l’argent du beurre, c’est bien la moindre !

          1. Pheldge

            Un vieux baroudeur des mers comme ça, ça doit avoir des plans de secours : genre une accorte fermière, bien dodue, et fournie à souhaits, dans un de ces endroits reculés, que Gilette n’a pas encore conquis ! 😉

  8. kelevra strike

    la realite est bien differente des chiffres, le portugal a connu un exode enorme de sa jeunesse qui a entraine une baisse des chiffres du chomage, les campagnes sont desertees, il n y a plus que des vieux, le portugal importe en masse du retraite francais par exemple qui ont fait grimper le prix de l immobilier, aussi cher a lisbonne qu a paris, un boom de l immobilier en effet se developpe pour loger du retraites mais cela ne va pas durer (cas de l espagne), les etrangers ne payent pas d impot pendant 10 ans et apres? rien pour soutenir la croissance, pas d industrie, une agriculture en lambeaux

    1. Aristarkke

      Après ? Une tchotte prolongation « exceptionnelle » de dix ans de l’exonération d’IR que l’on compense par des taxounettes ciblant tout aussi exclusivement les retraités d’ailleurs…
      Le tout étant de conserver de la manne à prélever, surtout si elle vient d’ailleurs…
      Par exemple…

    2. Higgins

      https:/ /www.courrierinternational.com/article/portugal-lavantage-fiscal-pour-les-residents-non-habituels-est-il-en-danger mais en Grance, le FISC veille: http:/ /www.lepoint.fr/argent/retraites-au-portugal-le-fisc-veille-23-05-2018-2220757_29.php (article protégé malheureusement).

    3. Higgins

      Et oui. Le Portugal exporte ses pauvres qui viennent biberonner aux mamelles (maigres) de l’état providence en Grance et cette dernière exporte ses riches qui font exploser la prix de l’immobilier à Lisbonne.

  9. Gosseyn

    Une réserve sur l’augmentation des heures de travail : celles-ci faisant 60 minutes comme les autres, cela paraît difficile …
    (Bon, OK, je reviendrai une autre fois !)

    1. Aristarkke

      J’ai connu des patrons qui auraient tant aimé que les heures de travail soient de 75 mn (pour la mise en jambes) et celles de pause-midi ou de repos de 45 mn, là aussi pour débuter…

    1. Pythagore

      Je propose de créer les Bob(o) awards pour les articles les plus bobo, niés et naifs de la bobo sphère. Cet article est atterrant.
      La phrase que je préfère, si t’as pas la culture de la demande sociale, ben forcément tu vis dans la pauvreté:
      « Cela fait partie de cette « pauvreté invisible et silencieuse » que la directrice générale observe de plus en plus: « Elle touche des gens qui n’ont pas la culture de la demande sociale mais aussi des personnes qui sont victimes de la fracture numérique. La dématérialisation et la complexité des procédures pour faire valoir ses droits peuvent être dissuasives. » « 

      1. Higgins

        Certes oui mais la paupérisation est bien réelle et pas que dans la cité citée. Et je suis très pessimiste pour certaines générations qui ont cru aux mirages de la retraite à 60 ans et qui vont devoir vivre avec moins de 1000 euros par mois et ils ont très nombreux). Ça va piquer les yeux à certains.

        1. Pythagore

          Dans ma famille personne n’a pris sa retraite à 60 ans.
          Je suis sûr que la paupérisation est bien réelle, ce qui m’atterre c’est l’incapacité de ces gens (je parle de la directrice citée) de percevoir les causes de cette paupérisation. Les personnes sont par ailleurs d’abord victimes de la complexité des procédures et non de la fracture numérique. S’il suffisait e.g. de remplir un formulaire avec nom, prénom, adresse, numéro de compte pour recevoir sa retraite, le numérique ne serait pas une barrière.
          Quand à exercer leurs droits, si ce droit n’était pas la somme d’un mille feuille d’aides distribuées par 100 administrations ou associations différentes, peut-être qu’elles pourraient déjà le connaitre puis l’exercer.
          J’ai été qq mois au RSA après mes études, c’était noel ts les jours. Un jour je recevais un truc de la ville, un jour de la région un jour du département, une aide par si une aide par là, je ne sais pas si c’est tjs ainsi.

      2. Calvin

        « pour les articles les plus bobo, niés et naifs de la bobo sphère »
        Il y avait le Climathon, pour les articles liés au RCA.

  10. Mildred

    Comment ça, « ce pays est foutu » ?
    Macron n’a-t-il pas l’intention de « maintenir le cap de ses réformes » ?
    La Justice, la Défense, l’Education, ne devaient-ils pas « pouvoir bénéficier de hausses conséquentes » ?
    Le ministère du Travail ne devrait-t-il pas « connaître d’importantes baisses » ?
    Et puisqu’on vous dit que même si on « redoute le pire », ça n’empêchera pas de mobiliser pour les européennes ?
    Alors, il est où, le problème ?

    1. dov kravi דוב קרבי

      A ce propos, vaut-il mieux s’abstenir de voter ou mettre un bulletin sarcastiquement annoté, donc annulé ?
      Quelle serait l’humiliation la plus grande pour ce gouvernement, l’importance du vote annulé ou celui du taux d’abstention ?
      Je n’ai jamais bien compris la différence de ces attitudes dans les élections françaises.

      1. Bartleby

        Les politiciens à la tête du gouvernement ne connaissent pas l’humiliation, sauf peut être quand ils se trouvent mis en examen et condamnés suite à des affaires. Il y a quand même quelques cas de déchéance: DSK, expatrié au Maroc, Cahuzac en Guyane, mais j’ai peine à en trouver, et combien d’autres condamnés qui reprennent des fonctions après quelques années de discrétion? Seuls les cafards sont plus résistants que cette engeance.

      2. Mildred

        @ dov kravi

        Puisque vous semblez vous intéresser à mon avis, je vous dirai que mon opinion sur le sujet est faite.
        En démocratie, pour qu’un régime, quel qu’il soit, puisse au moins faire illusion, il faut absolument une majorité de gens se déplaçant vers les urnes, quelque soit leur vote, y compris vote blanc ou nul.
        Seules les abstentions, si elles se mettaient à atteindre des niveaux record – et ce, même si elles n’empêchaient pas l’élection de l’un ou de l’autre, bien au contraire, – rendraient compte de la dégradation des institutions du dit système.

        1. Jacques Huse de Royaumont

          Même avec moins de 1% de votant(s), le résultat resterait légal. Et comme le fisc est efficace, la question de la légitimité est oiseuse.

            1. MCA

              @Higgins 22 août 2018, 16 h 06 min

              Je ne suis par persuadé que la légitimité soit la préoccupation première des dirigeants de ce pays tout simplement parce que cette notion n’est pas une exigence politique.

      3. Bartleby

        Tout réfléchi, la plus grande humiliation à leur infliger serait d’élire un candidat populiste à leur place, un de ces représentants honnis de la droite la plus sombre de l’histoire. Ca, oui, je gage qu’ils en perdraient toute fierté, ma main au feu.

        1. Nestorius

          Ni plus ni moins. Il n’y a que ça qui les rende fous et leur donne des sueurs froides. C’est pourquoi sans aucune illusion sur ledit parti et tout ce qu’il y aurait à en dire, je continue. Ça ne sert à rien mais juste pour voir les tronches des autres partis et de BFMFrance2 quand le score est élevé.

          1. Pheldge

            sauf que passé ce moment à contempler leur tronches déconfites, il nous faudra boire la potion très amère dudit candidat populiste … et ça durera cinq ans !

  11. MadeInCH

    Petite lueur d’espoir en France?
    .
    https://www.romandie.com/news/Budget-J-ai-l-impression-que-c-est-l-inspection-des-finances-qui-gouverne-d-nonce-Yannick-Jadot_RP/947297.rom
    .
    « Paris – « J’ai l’impression que c’est l’inspection des finances qui gouverne ce pays », a dénoncé mercredi l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, appelant le gouvernement à sortir d’une « vision inhumaine de la politique », alors qu’une réunion d’arbitrages budgétaires doit se tenir à l’Elysée.

    « Ce gouvernement est froid, il a peu d’empathie pour ceux qui souffrent le plus », a tancé l’élu écologiste sur France 2.

    « J’ai l’impression que c’est l’inspection des finances qui gouverne ce pays selon une logique de pseudo efficacité économique dont on voit qu’elle ne fonctionne pas du point de vue (de la) croissance, qui pourrait être tirée par les emplois verts », a-t-il poursuivi.

    « On préfère avoir toujours cette même vision inhumaine de la politique, (…) comme si au fond l’économie ce n’était pas de la politique, ce n’était pas des choix de redistribution », a fustigé la tête de liste EELV pour les prochaines européennes.

    Emmanuel Macron tiendra mercredi, après le conseil des ministres, une réunion d’arbitrages budgétaires avec son Premier ministre Edouard Philippe, dont les résultats seront rendus publics à une date ultérieure.

    Des arbitrages particulièrement délicats, le gouvernement s’étant fixé pour 2019 un cap ambitieux de réduction des dépenses et du déficit public. Or la croissance 2018 s’annonce moins forte que prévu — à 1,8% au lieu des 2% espérés au printemps — alors que l’Etat doit financer des mesures coûteuses, dont la suppression partielle de la taxe d’habitation, qu’il compensera pour les communes.

    Également interrogé sur la part du nucléaire dans l’énergie française, Yannick Jadot a appelé le gouvernement à « respecter la loi » de transition énergétique.

    « Si on ne ferme pas des centrales nucléaires dans le quinquennat, tout ça au fond ça devient de la blague. Vous pensez que l’énergie du futur c’est le nucléaire ? C’est un gouffre financier. Tous les pays nouveaux comme la Chine investissent sur les énergies renouvelables et on restera en retard », a-t-il argumenté.

    (©AFP / 22 août 2018 07h55) »

        1. P&C

          Rappelons aux écoles transis que la première énergie « verte », de très loin, est… l’hydroélectricité. Avec des barrages poids qui noient des vallées entières…

            1. P&C

              Je parlais au sens « renouvelable ».

              Mais oui, stricto senso, le charbon, comme le pétrole, est une énergie verte : ce ne sont que des résidus de vie ancienne ayant subi une pyrolyse.

              1. Calvin

                Le charbon a longtemps été fabriqué à partir du bois (lui-même renouvelable), même si aujourd’hui ce n’est plus du tout rentable.

                1. P&C

                  Là, tu parles de charbon de bois.
                  Je pensais plutôt à celui sous terre, fait à partir de fougères (les grands arbres étaient rares au carbonifère, et ils étaient tous des gymnospermes).

          1. MCA

            Et tant que nous y sommes, plus d’alcool, plus de tabac, plus de BBQ, plus de goudron, plus de soleil, plus de voitures, ̶p̶l̶u̶s̶ ̶d̶e̶ ̶P̶e̶r̶r̶i̶c̶h̶o̶n̶n̶e̶ ̶n̶i̶ ̶d̶’̶A̶n̶i̶d̶a̶l̶g̶o̶,̶ etc…

            En attendant de mourir en bonne santé, la vie va être d’une tristesse !

        1. Pythagore

          Merci pour cet article que j’ai savouré et qui démontre avec qq exemples que l’escrologie est de la propagande pseudo-scientifique.

    1. Aristarkke

      « Or la croissance 2018 s’annonce moins forte que prévu — à 1,8% au lieu des 2% espérés au printemps »
      Courage, yapuka faire 1,4% en un semestre.
      Va falloir faire rentrer d’urgence la prostitution, les trafics en tous genres, la fraude fiscale que si elle était pas de la fraude, çà serait du PIB, etc… dans le calcul du PIB pour approcher cet objectif…

      Et encore 2% était initialement donné comme un objectif vraiment minimal, fastoche, genre les doigts dans le nez qu’il serait atteint…

      1. Jacques Huse de Royaumont

        Facile, Yaka augmenter la dépense publique de 200 mds. Oncle Mario devrait pouvoir nous imprimer ça à la rentrée.

        1. sam player

          Rhooo t’a oublié le multiplicateur keynésien…
          Si tu donnes 40Mds aux artistes, un coup de baguette magique et hop tu te retrouves avec 200Mds de croissance…

    2. Higgins

      Ce qui me fait peur, c’est qu’il soit député. Autant de stupidité en si peu de mots, c’est inquiétant. La seule chose intelligente qu’il dit, c’est sur le poids de l’inspection des finances. C’est elle qui détermine la politique économique du pays.

      1. Nemrod

        Major, qu’attendiez vous de cette pastèque qui s’il devait mettre ses idées en pratique …Dieu nous en préserve, nous ferais régresser d’un siècle en 5 ans…

        C’est au minimum un imbécile s’il est sincère ou un arriviste cynique s’il ne l’est pas.

        1. Calvin

          Les verts font entre 0,5% (rural et campagne) et 12% (grande ville).
          Pour être élu député, un ver doit donc recevoir les voix du PS.
          Pour que ses discours ne soient pas moqués (tellement ils sont ridicules), ils doivent être portés et encensés par les médias.

          1. nemrod

            Quand ces « experts » s’adressent à des populations éloignées de leur sujet d’expertise, ils font illusions et trouvent même des électeurs…
            Une fois élu par les urbains ils peuvent donc ensuite emmerder les ruraux.

            1. MCA

              Emmerder tous azimuts est leur raison d’être mais pour qu’ils puissent pleinement exercer leur talent, il leur faut le pouvoir.

  12. Pheldge

    @ Bartleby : à la Réunion, l’actuel Maire de St Denis et celui de St Paul ont tous deux purgé une peine d’inéligibilité après avoir fait de la zon-zon, « mon » député a été démis par le CC, et je ne compte pas ceux qui depuis 30 ans sont allés faire un tour à l’ombre …

    1. Calvin

      Dans les endroits où le soleil est plus présent (PACA, Réunion, Polynésie ,…), faire un séjour à l’ombre,pour les élus, permet de se refaire une santé et de revenir plus en forme que jamais.

    1. sam player

      L’arbre, grande prêtresse du « en même temps », arriver à dire tout et son contraire dans la même phrase… chapeau !

        1. bibi

          « Les esprits cartésiens n’y verront que les grandes lignes directrices avec des axes principaux, alors que les poètes et les philosophes s’attacheront plutôt à en décrypter les implications psychologiques sous-jacentes… »

          Je peux me tromper mais je crois que le philosophe René Descartes était cartésien!

                1. bibi

                  Encore raté!
                  Logique Ethymologie :
                  Du latin logicus (« raisonnable »), emprunté au grec λογικός, logikos (« raisonnable, rationnel ») dérivé de λόγος, logos (« raison », « discours »).

                    1. bob razovski

                      « Pour une fois, pas de TH…. »
                      Rajoute un C et tu auras la molécule de la logique du poète 😉

                    2. bibi

                      Les énarques sans même sans rendre compte de par leur élythisme nous donne l’impression d’être toujours dans l’éthylisme avancé.

          1. theo31

            « Les esprits cartésiens n’y verront que les grandes lignes directrices avec des axes principaux, alors que les poètes et les philosophes s’attacheront plutôt à en décrypter les implications psychologiques sous-jacentes… »

            Toujours la différence entre le genre deux qui s’intéresse aux idées et le genre un aux personnages.

              1. bibi

                Vous n’avez encore rien compris!
                Sam et moi genre deux nous nous sommes intéressés aux idées et nous avons vu l’absurdité d’opposer les cartésiens et les philosophes, vous genre un, vous vous intéressez aux personnages et donc vous arrivez sans le moindre problème à séparer cartésiens et philosophes ceux qui est totalement consternant.

                1. Bonsaï

                  Ne vous méprenez pas : j’ai dit les esprits cartésiens, pas les cartésiens. Ce qui signifie de véhiculer certains préjugés relatifs à la théorie en question et cela n’a rien de péjoratif. En somme, il s’agit de critères sélectifs que chacun véhicule plus ou moins consciemment.

                    1. Pythagore

                      « chacun véhicule plus ou moins consciemment. »
                      C’était au sujet des moyens de transport, non ? Après les bus Macron, les car Tésiens ?

        2. sam player

          Abavala l’arbre… favoritisme, tu donnes un bon point à bibi et moi tu me traites d’anémié…
          A bobo à mon p’ti cœur sniff

                1. Pheldge

                  Em pathie ? pauv’ Juliette ! 😀 😀 😀 ROTFLMAO !
                  euh wait … ah, non, je m’ai trompé, la blague c’est avec ‘homéo !

  13. MCA

    Au passage, j’ai bien aimé :

    Ronald Reagan : « Chaque contribuable est quelqu’un qui travaille au profit du gouvernement sans être astreint à passer les concours de fonctionnaires. »

    1. Val

      Bof j’aurais plutôt dit « sans bénéficier des avantages des fonctionnaires » mais il est vrai qu’aux US , personne n’a aucune idée de l’écart des régimes privé/public français.

  14. Panchovilla

    Un pays qui importe chaque année environ 400 00 chômeurs inemployables ne peut pas faire diminuer son chômage.
    C’est le seul problème de la France.

      1. MCA

        Les résultats?

        François Asselineau:

        “On raconte que le chômage s’est effondré au Portugal… Mais à quel prix ? Il y a près de 9 millions d’habitants au Portugal or durant les années qui se sont écoulées, il y a eu entre 500.000 et 540.000 portugais qui ont quitté ce pays ! C’est comme si en France qui est 6 fois plus peuplée, on avait vu entre 2 et 3 millions de français qui étaient partis de France. Alors effectivement dans ce cas là, on pourrait assister à une diminution du chômage. […] Le Portugal est dans une situation absolument catastrophique ! En 2018, les salaires et le niveau de vie sont inférieurs à ce qu’ils étaient en 2008. Les portugais sont plus pauvres en 2018 qu’ils ne l’étaient il y a 10 ans. Selon l’indice de développement humain calculé par le programme des Nations Unies pour le développement, le Portugal est tombé à la 49ème place. Il est derrière Chypre, derrière la Slovaquie et derrière les pays Baltes. Le Portugal est en fait un pays qui se meurt ! Y a d’ailleurs désormais plus de portugais qui sont émigrés en Angola que d’Angolais qui ont émigrés au Portugal. C’est un pays qui s’est vidé de sa substance. Ce pays a pendant des années subit un purge incroyable, on a taillé dans les salaires, dans les prestations sociales des portugais au point que désormais le salaire moyen au Portugal doit être autour des 560 euros…”

        1. MarieA

          Merci de rétablir la vérité au sujet du Portugal et des Portugais.

          Effectivement quand toute la population active est partie et qu’il ne reste que des vieux et des enfants, le chômage baisse…

          C’est vraiment triste de voir ce qu’est devenue l’Europe. Tous les efforts de nos ancêtres pour aboutir à ça. La poubelle de la planète.

        2. bibi

          Données OCDE :
          PIB USD/capita Portugal
          2017 : 31 652
          2012 : 26 454
          2007 : 25 701
          Juste une petite augmentation de 20% depuis 2012 contre quasi rien de 2007 à 2012
          data.oecd.org/fr/gdp/produit-interieur-brut-pib.htm

          Données tradings economics Portugal personne occupant un emploi en millions :
          2017 : 4.75
          2013 : 4.25 (point le plus bas)
          2007 : 4.9
          tradingeconomics.com/portugal/employed-persons

          1. MCA

            Données OCDE : il manque le nombre d’individus en face de chaque année.

            Un PIB national à la baisse peut très bien générer un PIB par tête à la hausse si le nombre d’individus baisse en conséquence puisqu’il s’agit d’un rapport.

            1. sam player

              MCA tu prends tes petits doigts musclés et tu vas bien nous trouver ça !
              Tu parles quand même de -20% au niveau de la population pour que ta supposition tienne la route. Si tu en trouves déjà 500K de moins ce sera le grand max… soit 5%… Y a de la marge…

    1. Pythagore

      Merci pour ce HS. Incroyable cette analyse de la fin du 19ème, qui pourrait être republiée aujourd’hui sans avoir pris une seule ride.

  15. arnaudaron

    Comment le Portugal a surmonté la crise économique grâce aux formules de « l’austérité » http://www.ilisp.org/artigos/como-portugal-superou-crise-economica-gracas-formulas-de-austeridade/

    Pour la situation actuelle, il faut dire plusieurs choses:

    Même si on ne prend que les chiffres de la croissance on constate que c’est le tourisme, les exportations et l’investissement privé qui fournissent les chiffres positifs. À l’inverse tant la consommation privée que publique (malgré la hausse de la dette!), les importations et les investissements publics ont reculé.

    La croissance se base donc sur le secteur privé et la compétitivité. Les socialistes nous parlaient de la relancer avec l’État et la dépense, on voit bien que même eux n’ont pas osé le faire!

    Autre chose: malgré certaines âneries que la Gauche a pu commettre (abolir purement et simplement les contrats avec les écoles privées pour déplacer les élèves dans des écoles publiques en ruine, augmenter les grandes retraites et les hauts salaires de la Fonction publique, augmenter le SMIC…) l’essentiel des réformes de la Droite a été préservé.

    Le Code du travail plus libéral, les visas golden (exemption d’impôts pour ceux qui achètent de l’immobilier), les libéralisations dans le tourisme, les simplifications administratives dans l’agriculture… tout ce qui pousse l’économie portugaise a été fait par la Droite et maintenu malgré la rhétorique.

  16. arnaudaron

    Je me permets de mettre ici une publication du 2 juin 2017 faite par André Pereira Gonçalves sur le groupe facebook Les libéraux:

    Nouvelles du Portugal: hier notre Banque Centrale a dévoilé les chiffres de la dette publique.
    Cette dernière a augmenté de 4 milliards en… 1 seul mois!!!
    Pour avoir une idée du désastre, notre PIB devrait atteindre les 178 milliards, en hausse de 5 milliards sur… 1 an…
    En 1 mois la coalition socialiste-stalinienne-trotskyste accumule presque autant de dette que le secteur privé arrive à créer en richesse sur un an…
    Et les chiffres sont pires si on regarde l’évolution des recettes, ces dernières devrait augmenter faiblement pour atteindre les 80 milliards (moins d’un milliard en plus sur un an), et la dette de l’État approche les 250 milliards. Donc il faudrait 3 ans de recettes pour rembourser la dette!
    Le Gouvernement annoncera probablement à la fin de l’année que le déficit a reculé à 2% du PIB. Cela signifie qu’ils truquent les chiffres!
    Nos hôpitaux étatiques sont au bord de la débâcle parce que le Gouvernement refuse de payer les fournisseurs (leurs dettes impayées ont explosé), on ignore les coûts des privatisations à la noix des banques en faillite (ils sont intervenus pour les sauver de la faillite, mais doivent maintenant payer pour s’en débarrasser), encore la semaine passée la mutuelle bancaire Montepio a vu ses actions doublées en 2 jours et personne ne sait pourquoi alors qu’ils sont au bord de la faillite, on ignore encore l’ampleur du désastre de la Caixa Geral de Depósitos, la banque d’investissement de l’État.
    Et pendant ce temps le Gouvernement parle de détruire le secteur du style Airbnb, fleuron de l’économie portugaise… La mauvaise foi de ces parasites est telle que hier ils ont changé la loi sur le RSA, en osant affirmer que dorénavant et au contraire de la Droite, ce dernier ne pourrait jamais tomber au-dessous du minimum vital (la Droite avait approuvé une réduction du RSA en 2012), alors que la Droite avait clairement inscrit dans la loi que la RSA ne pourrait jamais tomber au-dessous du minimum vital !!! On a donc une loi qui ment !!!
    Mon seul espoir est que le peuple portugais ait réussi à sortir de la tutelle de l’État : déjà 20% de notre économie est non-déclarée, les exportations pèsent pour 40% du PIB, le secteur privé s’est massivement désendetté depuis 2011 (donc en pleine austerité, alors que l’État accumulait de la dette !!!).
    Avec un peu de bol, l’État portugais éclatera en plein vol, sans soutien du FMI, ni de l’UE, et on pourra racheter les immeubles qu’ils n’utilisent même pas (non mais sérieusement, ces abrutis doivent posséder quelque chose comme 5 à 10% du patrimoine immobilier du pays, et la plupart de ces immeubles sont… VIDES !!!).

    Voilà les sources:
    https://www.bportugal.pt/sites/default/files/anexos/documentos-relacionados/dividapublica_201704.pdf
    http://www.pordata.pt/Portugal/Administra%C3%A7%C3%B5es+P%C3%BAblicas+despesas++receitas+e+d%C3%A9fice+excedente+(base+2011)-2784
    https://www.jn.pt/nacional/interior/ha-hospitais-sem-verba-para-medicamentos-denuncia-ordem-dos-medicos-8519909.html
    https://www.dinheirovivo.pt/economia/um-quinto-dos-imoveis-do-estado-esta-devoluto-ou-sem-ocupantes/sthash.hE5OI7qq.gbpl

  17. arnaudaron

    L’un des problèmes du Portugal c’est sa constitution très socialiste. Pour se débarrasser du socialisme, le Portugal doit se débarrasser de sa constitution.

    Sur la révolution des Oeillets: c’est d’abord un mouvement corporatiste des militaires de carrière qui voyaient les postes à responsabilité (et les avantages qui vont avec), filés vers les étudiants enrolés de force pour participer à la guerre dans les colonies.

    Otelo Saraiva de Carvalho, un des stratèges du 25 d’Avril, l’a lui-même reconnu: https://sol.sapo.pt/noticia/16656.
    Ensuite elle a été à l’image de l’après 2ème Guerre mondiale en France mais en pire:
    Le régime s’est progressivement étatisé. Dès le 11 Mars 1975, après la tentative de pustch de António de Spínola (un général proche des fascistes mais suffisamment modéré pour avoir été choisi comme Président de la République), le régime s’est emballé et à commencer à nationaliser tout et son contraire. Du 11 Mars au 25 Novembre 1975, le Portugal a vécu l’Été chaud ou PREC, quand il a failli devenir une ditadure communiste.
    Depuis même si nous bénéficions de plus de liberté de manière générale, le régime actuel fait quand même pâle figure face à l’Estado Novo de Salazar e Caetano:
    La croissance est beaucoup plus faible qu’en ce temps-là (moitié moins environ, de 2,5% en moyenne par an vs 4%, sur une quarantaire d’années pour les deux).
    Le chômage est beaucoup plus élevé.
    L’inflation il vaut mieux ne pas en parlé.
    Sur les libertés civiles (réunions, d’expression etc.) certes ça va mieux mais on trouve des cas ahurissants (amendes pour avoir traiter le Président de clown… un prof d’uni a risqué une condamnation pour avoir dit que les députées du Bloc de Gauche sont des « géagnardes », mais le PCP peut continuer à dire que la Corée du Nord est une démocratie, ou que le PCTP menacé de « tuer les traîtres »…)
    Au niveau des prisons c’est pitoyable: on a multiplié par deux le nombre de prisonniers depuis 1974, alors que la population a du augmenté de 20%… On a plus de personnes emprisonnés pour « crimes contre l’État » qu’avant 1974! La faute probable aux procès fiscaux qui dégénerent (l’État en fait plus que le gouvernement US!).
    Bref, on ne peut pas dire que l’après 25 d’Avril soit hyper glorieux…
    C’est d’autant plus agaçant qu’on sait que si on avait réussi à maintenir les taux de croissance de l’´Estado Novo on aurait atteint la Suisse en… 1986!
    Petite anecdote: jusqu’en 1961, la prostitution en bordel était légale. Salazar l’a abolit pour des raisons de santé (la guerre faisant que le nombre de soldats fréquentant ces établissements explosa). Il a faluu attendre 1982, soit 8 ans après le 25 d’Avril, sous un gouvernement de Droite (!!!) pour relégaliser, partiellement, la prostitution!

    Pour l’histoire, il faut distinguer deux grandes phases dans la dictature de Salazar.
    La période 1928-1961: elle commence par une forte hausse d’impôts et le contrôle des dépenses pour compenser les immenses augmentations que la Junte militaire s’était ooctroyée après avoir renversé la I République (qui a peut être tuée plus de personnes que Salazar en à peine 16 ans!). S’ensuivent la mise en pratique des idées corporativistes et protectionnistes de Salazar qui, sans cassé la croissance, feront que le pays progressera à peine au niveau du reste du monde développé. C’est de cette époque que date la Campagne du Blé, la loi sur le conditionnement industriel, la création des corporations etc. En 1961, le PPC des portugais se monte à 30% de la moyenne des 20 plus riches nations au monde. En 1928 il était aussi à ce niveau…
    1961-1968: entrée dans l’AELE, le libre-échange fait sauter la croissance, le régime commence à se libéraliser petit-à-petit, la croissance devient alors la 4ème plus élevée du monde (3ème sous Caetano ensuite).

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