[Redite] Macron fait de plus en plus du Hollande

Article initialement paru le 20.04.2018

Il y a un an, je notais, sans grande surprise, que le président Macron peinait franchement à se démarquer de son prédécesseur. Je remarquais aussi qu’au lieu d’une France en marche, on avait une République qui trottinait dans un charivari grandissant ; l’avenir me donna raison puisque le brouhaha grandit jusqu’à l’explosion des Gilets Jaunes. Quant au trottinement, il fut ralenti au point de n’être plus qu’un sur-place puis d’un rétropédalage presque comique avec distribution d’argent des autres qu’on n’a pas encore ponctionné.

Un an plus tard, non seulement pas une ligne des constats posés ne serait à changer, mais l’encroûtement, le merdoiement homérique de tout l’appareil d’état est encore plus flagrant…

En 2012, le changement, c’était maintenant, ou presque. Cinq années plus tard, il fallut se rendre à l’évidence : le quinquennat pédaloflanbyste se traduisait par la même fuite en avant que le précédent sarkoziste et le seul changement vraiment marquant fut celui de président. L’arrivée d’Emmanuel Macron marquait d’après beaucoup d’observateurs un renouvellement profond de la vie politique française. On allait voir ce qu’on allait voir, non mais alors !

Après un départ tonitruant et la découverte de la République En Marche, force politique toute nouvelle, toute belle et toute originale en majorité composée de transfuges de la gauche en déroute, le pays s’est rapidement remis de sa stupeur pour observer avec attention l’avalanche de réformes qui devait l’ensevelir dans un silence sépulcral.

D’avalanche il n’y eut point. De silence non plus, d’ailleurs.

À mesure que les réformettes et autres petits arrangements millimétriques s’échelonnaient dans l’agenda toujours très chargé du président et de son gouvernement, il fut rapidement visible que la révolution ne faisait que trottiner, et rarement dans la bonne direction. Il n’y eu pas plus de libéralisme ou de réformes dans un pays victime des gabegies sociales-démocrates que de beurre en broche.

Petit-à-petit, le constat se fit amer mais sans appel : le changement maintenant et la chance pour tous d’une France forte où ensemble tout deviendrait possible, tout ça s’avérait de plus en plus bidon.

À tel point qu’un an après la mise En Marche réglée du pays, point de silence sépulcral : c’est un charivari de cris, de bruit et de fureur qu’on a du mal à analyser.

À Toulouse, le retour de l’état de droit se fait encore attendre : suite à un contrôle de police, la population locale a semble-t-il décidé de faire sécession avec la République en mettant d’importants moyens pour repousser les envahisseurs en uniformes. La gestion des cités chaudes n’a apparemment absolument pas évolué depuis 30 ans, et Macron n’y apporte pour le moment aucune réponse concrète.

À Marseille, un nouveau fait divers de règlement de comptes sur fond de drogue fait un blessé grave par balle en plein centre ville. À part le trafic, rien de stupéfiant dans la cité phocéenne où ce genre d’occurrences, quasi hebdomadaire, n’aura pas eu à pâtir de l’arrivée du nouveau président.

Comme les précédents locataires de l’Élysée, le président Macron se retrouve rapidement confronté aux indécrottables gauchistes et anarcho-syndicalistes qui mettent une partie du pays en coupe réglée depuis des lustres et entendent bien continuer comme avant : le bocage nantais, qui fut un véritable marécage collant aux basques du président Hollande, se révèle être tout aussi attachant pour le président Macron qui s’enlise doucement dans la glaise de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes. L’opération, qui ne devait durer qu’une poignée de jours, entame sa troisième semaine sous les vivats de la foule médiatique et du contribuable, heureux de payer pour cette mobilisation efficace des forces de l’ordre.

On se consolera en se rappelant que le pays n’est plus en état d’urgence.

De la même façon, les habituels phalanges de clowns estudiantins aux revendications aussi floues que multiples ont profité du mouvement syndical lancé à la SNCF par une paire de syndicats en état de mort clinique pour occuper quelques universités, notamment Tolbiac (anagramme judicieux de biactol, ce produit utilisé par ces adulescents pour s’éviter les affres de l’acné que la faculté ne semblent pas pouvoir leur éviter).

Pendant ce temps, leurs congénères à la vie duraille continuent quant à eux de consciencieusement bousiller la vie des classes les plus modestes qu’ils méprisent assez manifestement en leur sabotant les moyens de transports collectifs que tous payent un prix exorbitant, qu’ils fonctionnent ou non. Tout juste peut-on espérer que la fermeté affichée par l’actuel président sera supérieure à la mollesse affichée par son prédécesseur : les clients pardon usagers, épuisés par ces attitudes révoltantes, commencent à s’organiser. Peut-être le mouvement contestataire s’essoufflera-t-il, fusillant durablement le syndicalisme « à la française » ce qui serait la première grande victoire de Macron (sans qu’il y soit pour grand-chose, reconnaissons-le).

Victoire qui sera dure à défendre puisque d’autres réguliers de la vitupération syndicale se mettent sur les rangs : en plus d’Air France (qui pouvait imaginer qu’ils n’en seraient pas ?) voilà maintenant EDF qui s’y met en promettant que certains de ses employés pratiqueront la faute lourde sans que – magie de l’état de droit, vous dis-je – aucune poursuite ne soit jamais lancée.

Le tableau est catastrophique mais il ne s’arrête pas là.

Quand Sarkozy et Hollande (ou même Chirac avant eux) se retrouvaient en butte avec une actualité aussi chargée, on se souvient sans mal de leurs manœuvres dilatoires soit en matière militaire, soit sur le terrain législatif où la mitraille parlementaire pleuvait sans discontinuer, aboutissant à des tapis de taxes et d’impôts.

De ce point de vue, Macron n’a, là encore, absolument rien changé. Après avoir intelligemment liquidé quelques vieux missiles avant leur coûteuse révision (seuls trois, tirés par la Marine, n’étaient pas concernés et ont essentiellement servi de test) dans la direction globale de la Syrie, le chef de l’Exécutif s’agite à la télé pendant que son gouvernement, affairé, nous pond la prochaine fournée de lois qui aboutira assez prévisiblement à une jolie moisson de taxes et d’impôts.

Et tout comme les mandats de Chirac, Sarkozy et Hollande furent à chaque fois l’occasion d’un recul marqué pour chacune de nos libertés, force est de constater que le mandat de Macron ne se place guère sous des auspices différents, depuis la prochaine restriction complètement accessoire à 80 km/h sur les routes secondaires jusqu’à la récente colère, très déplacée, d’une ministre de son gouvernement incapable de comprendre ce qu’implique une démocratie parlementaire.

Non, décidément, la révolution, la réforme et le changement ne sont pas en marche.

Si les réformettes du président sont mieux enrobées par une habile trudeauïsation de l’exécutif français, les effets palpables restent au mieux négligeables, au pire négatifs. Macron fait une nouvelle forme de Hollande. Du reste, Hollande n’avait pas fait mieux que Sarkozy et les bricolages du premiers n’avaient rien à envier aux bidouilles approximatives du second. En pratique, tout montre que nos présidents se succèdent et se ressemblent assez fortement dans la médiocrité.

Ce n’est guère étonnant : en réalité, le pouvoir leur échappe, eux qui semblent à chaque fois découvrir que ce sont les hauts fonctionnaires, la syndicratie et le lobbying d’une caste fortement endogame qui refusent la plupart du temps toute modification des grands principes jacobins, centralisateurs et omniprésents de l’État français dont chacun d’eux bénéficie très directement.

Composé d’une génération d’encroûtés discrets pour lesquels toute prise de risque signifie inévitablement perte d’influence, de richesse ou de pouvoir puisqu’ils sont tous, effectivement, à la meilleure place possible dans le pays, ce véritable État parallèle n’entendra certainement pas se laisser démettre par le premier paltoquet venu, aussi frétillant soit-il. Dès lors, de réforme, de simplification, de révolution, de remise en question et de changements profonds, il n’y aura point.

Et par voie de conséquence, ce pays est foutu.

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Commentaires44

  1. plutarque

    Vous êtes injustes avec Macron : Lui au moins est allé flatter du congoïde viril dans le malheur… Ah non, en fait on me dit dans l’oreillette que Hollande et ThéO…

      1. pabizou

        Que veux tu, il faut savoir garder son standing, oui-oui ne fait pas exception et au point où on en est… pourquoi se priver et passer pour un minable, toute façon,il s’en fout, c’est pas son pognon

        1. kekoresin

          Ils sont tous pareils! « J’ai fait ci, j’ai réalisé ça… » – ça inaugure à tours de bras des investissements financés avec l’aide de la mafia de Bercy. Pour un maire ou un autre insignifiant élu ou non, rien de plus gratifiant qu’une inauguration, même la baise ne les fait pas autant bander.

          Tient, le maire de Bourges vient d’inaugurer un deuxième centre culturel inutile alors que sa ville est endettée de 125 000 000 de reuros. Lui, fier dans son écharpe tricolore cachant à peine son érection, a fait un beau discours à base de j’ai-fait-ça et le préfet et tout un parterre de nocifs applaudissant à tout rompre la création de ce beau vaisseau de la culture, où les artistes subventionnés pourront venir chouiner que c’est vraiment trop injuste « y’a pas de pognon pour aider les SDF ».

          Alors oui, pour tous ces petits gorets engraissés au pognon gratuit, la recette est simple: persil dans le cul, pomme dans la bouche, 30 secondes au lance-flamme et servir tout chaud à la famille! Enjoy…

            1. kekoresin

              Nan, même pas, j’suis en retard pour l’Apéro.

              J’y vais de ce pas et je me remets à mes romans « J’irai picoler sur vos tombes! » – Pour le tome 2 « J’irai pisser sur vos tombes! – Tome 3 « J’irai dégueuler sur vos tombes! » – Tome 4 « J’irai chier sur vos tombes! » – Tome 5 « J’irai baiser sur vos tombes! » – Tome 7 « J’irai vous déterrer et vous empaler sur une croix à l’envers…sur vos tombes! » – Putain, y’aura des dragons, des morts en pagaille, des esclaves, et un grand trône en métal où tout le monde voudra déposer une pêche…

          1. albundy17

            « y’a pas de pognon pour aider les SDF  »

            Il n’y a rien de plus désolant que des saltimbanqués usant de leurs pouvoirs médiatiques pour s’acheter un coeur. La Blanche m’a bien déçu.

            J’appelle au girlcott de tout artistes sortant de son cadre, minimattie comprise.

            Bon, on va se dégager du temps ^^

            1. Nemrod

              Ah y a Josephine au Farwest ( si, si je vous jure…) sais pu quel jour de la semaine…ah l’exception culturelle !
              Je pense que l’on va toucher le fond.
              Remarquez, ça doit être sur tf1…mais on doit bien banquer quelque part quand même.

  2. Citoyen

    Avec un an de recul supplémentaire par rapport au billet,H16, le constat est que le micron fait encore pire que Hollande … Ce qui n’était pas gagné d’avance … faut faire preuve d’une certaine expertise …

    1. Léo C

      Macron est bien plus dangereux que son flasque prédécesseur. Il est tout aussi incompétent mais sa fatuité et son ego d’ado gâté et capricieux nous le rendent redoutable.

      J’avais dit, dans un élan de contrariété, qu’il ne finirait pas son mandat, tant son accession au pouvoir me paraissait incongrue et inepte.

      Fasse le ciel que j’aie raison.

        1. P&C

          ?
          Un chaud lapin n’a en général pas peur des femmes…

          Même les gus de la ligue du Lol et de France info n’ont pas peur des femmes : ils utilisent juste leurs positions sociales avantageuses pour qu’elles leur concèdent leurs faveurs.

  3. Stéphane B

    Ben moi, suis dépité. Je viens d’apprendre que je suis éligible au chèque énergie pour 76€. Pourtant, je travaille et j’ai un bon salaire. Mais en enlevant une pension alimentaire ainsi que la composition du foyer, je suis éligible. Je ne sais donc pas si je dois en rire ou pleurer. Déprimant !
    Et pour continuer dans l’achat de voix, on continue avec le petit déjeuner gratuit pour les pov p’tits gamins de parents RSAïstes. Le social me fait de plus en plus gerber. Maintenant, le RSA, c’est de l’argent de poche ! Du grand n’importe quoi.

  4. pabizou

    Il te les donnes? prend les, ce sera toujours ça de récupéré et un tout petit pas de plus vers le vide qui va les engloutir à un moment ou un autre . Tant qu’on n’aura pas touché le fond rien ne se passera …

  5. Higgins

    Le billet aurait mérité d’être écrit cette année. Il est d’une actualité confondante. Les esprits lucides ne peuvent qu’être inquiets quant a l’avenir. A titre d’exemple, les trois personnes avec lesquelles j’ai voyagé vendredi soir ignoraient que des élections européennes devaient avoir lieu, l’une d’elles pensant même que nous allions avoir des élections municipales. Je précise qu’elles ont toutes faites des études supérieures et qu’elles ont des professions en rapport. Autant dire que le pseudo-débat organisé par la Pravda à la télé les a laissées de marbre.On peut entamer des paris intéressant sur le taux d’abstention à ces élections!

    1. kekoresin

      Au vu de la brochette d’idiots inutiles vu à Propaganda TV venus exposer leurs « programme » pour les européennes, ça m’étonnerait que l’hystérie se déclenche en direction des isoloirs. Tous ces profiteurs pour qui l’Europe est une planque magnifique avec un bon salaire et dans l’attente d’un intérim national à 8000/mois + avantageS, nous servent la même soupe rance. Pour eux, l’Europe a toujours été l’excuse, le bouc émissaire idéal de notre incompétence. Nos roitelets prennent toujours prétexte que « c’est pas possible à cause de l’UE » quand ça les arrangent. Par contre, quand l’UE leur « impose » une directive (qu’ils ont eux-mêmes voté – exemple de la mise en concurrence de la SS), ils ne l’appliquent pas. De toute façon, les sanctions ne sont jamais payées par les fautifs; responsables mais pas coupables!

      L’Europe c’est super mais pas comme ça. Alors ils vont la réformer, la remodeler pour que ça colle au système débile qu’ils ont inventé pour notre fabuleuse usine à gaz. Ben oui, convaincre les 26 autres qu’il faut nous suivre, transformer l’Europe bureaucratique en un machin encore plus tordu mode post coco. Tous ces ébouriffés de la crête qui se croient utiles doivent passer des heures interminables devant un miroir en essayant de se convaincre eux-mêmes…

      Bref, pour les présidents et leurs cours, c’est du pareil au même. Ce pays est de toute façon allé trop loin dans la connerie pour s’en extirper sans dégâts majeurs, sachant que les gilets jaunes ne sont pas une menace, a peine une distraction. Les vraies réformes dont auraient besoin le pays nécessitent de retirer tous les cadeaux faits pour acheter les électorats et la propagande depuis des décennies, et là, on aurait vraiment affaire à des virulents auprès desquels le GJ passeraient pour des enfants du primaire!

      1. albundy17

        « responsables mais pas coupables! »

        Quand on y pense, le concept est génial, faudrait que j’en cause quand on me demande ma décennale ^^

        « le GJ passeraient pour des enfants du primaire! »

        Et ils redemandent des ateliers du goût, les cons 🙄

  6. Gachno

    Je vais faire du HS intégral, mais comme c’est calme, en ce moment, j’espère
    que le Patron ne m’en voudra pas.

    Donc, je viens d’en lire une bonne, avant de lire, posez vos pousse-cafés :
    « Un pentagone a cinq côtés,
    un octogone a huit côtés et
    un carlosgone a des millions de côté….. »

    Notez que je n’ai rien contre CG, bien qu’il soit 15% fonx.

  7. Higgins

    HS mais pour une fois où un merdia officiel sort un article intelligent, ça vaut le coup de le signaler: https:/ /www.lepoint.fr/societe/toutes-les-agences-sanitaires-indiquent-que-le-glyphosate-ne-presente-pas-de-risque-07-04-2019-2306274_23.php

  8. Stéphane B

    Patron, patron, c’est trophorrible, on va bientôt mourir à cause de l’excès de CO2
    ladepeche.fr/2019/04/07/le-co2-au-plus-haut-sur-notre-terre-depuis-3-millions-dannees-et-cest-tres-inquietant,8116285.php

    1. albundy17

      Pas lu l’article, spa bien, mais je comprends pas tout: Y’avait déjà des voitures diesel à l’époque ??? et tout les animaux de la terre ont mourru ????

      1. albundy17

        arf, j’ai cliqué, donc 3 à 4 degrés de plus, océan + 15 mètres, c’est plutôt rassurant, nan ? :mrgreen:

        Je crois que je vais bookmarquer^^

  9. Nemrod

    Ah ça c’est sur la Macronie, c’est pas bandant bandant…
    Mon Dieu quelle tristesse et quel ennui que ce pauvre pays quand on le traverse en ayant le temps…comme moi ce week end sur les route du cher…toutes droites ,derrière des bagnoles au régulateur à 80…là ou toute personne responsable roule à 100-110 sans que le tombeau soit ouvert.
    Perso y a encore 10 ans, j’y déboulait à 130 mais ça c’était avant.
    C’est le parfait symbole de la Macronie …et de l’Europe.
    C’est ça notre sort…80 sur une route du Cher.

    1. Passim

      Voilà pourquoi, plutôt que de perdre la boule et de péter un plomb, j’ai foutu le camp, en l’an 2000, pour ne jamais revenir…

  10. plutarque

    Et moi, en 2016 j’ai fait du 220 entre Versailles et Rouen.

    J’ai croisé 2 chevreuils, 7 radars automatiques, 3 Méganes RS et 2 BMW 1200 RT de la Gendarmerie nationale et maintenant, je suis piéton.

  11. Resistant Valaisan

    Charles Gave avait reussi a demontrer que le systeme politique francais depuis les annees 70, ne peut qu’ elire des presidents qui seront a chaque fois pire que le predecesseur.

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