Comme prévu, la presse a perdu

Depuis plusieurs années, ces quelques billets sont l’occasion de suivre les cheminements souvent malaisés de la législation française et européenne en matière de droit d’auteur, droits voisins et droits relatifs : copieusement tabassée par des parlementaires généralement peu au fait des nouvelles technologies et généreusement cornaqués par des lobbys industriels et autres sociétés d’ayant-droits qui comprennent bien l’intérêt de verrouiller leurs marchés dans des lois toujours plus contraignantes, cette législation n’a pas arrêté d’empiler des textes inopérants voire contre-productifs.

Ainsi, malgré le travail remarquable de certains eurodéputés comme Julia Reda que j’évoquais dans un précédent billet, les lois se suivent et se ressemblent toutes dans leur aspect décalé avec la réalité opérationnelle.

Les derniers exemples en date ont largement prouvé l’invraisemblable inadéquation entre les technologies modernes et les législateurs, nerveusement auto-investi d’une mission de régulation de marchés qui se régulaient très bien sans eux. Le RGPD a ainsi illustré de façon éclatante l’imbécillité de cette législorrhée compulsive qui s’est emparée des députés français et européens : exactement comme prévu et malgré les avertissements de l’ensemble des acteurs concernés et technologiquement au fait, le règlement a été voté, appliqué, et son résultat est à peu près nul voire négatif puisque non seulement, l’Européen moyen n’est pas du tout mieux protégé au sujet de ses données personnelles, mais sa situation est même globalement moins bonne puisque, maintenant bombardé de fenêtres encombrantes demandant son accord explicite pour piller ses données, ce dernier s’empresse de les valider sans y porter plus attention, donnant ainsi un blanc-seing automatique à tous les sites web de France, de Navarre et du reste du monde.

J’ai aussi relaté les dérives, pourtant évidentes dès les discussions parlementaires, des articles 11 et 13 de la directive européenne sur les droits d’auteurs et droits voisins : outre les complications parfaitement inutiles que ces articles entraînent dans la mise en place des sites web et des technologies de l’information, la façon dont la directive fut produite puis prestement (très prestement) traduite en droit français ne pouvait entraîner qu’une seule réaction des concernés.

La directive entendait trouver un moyen d’obliger les grandes firmes internet (lisez « Google ») à payer pour l’utilisation de courts extraits de la presse, ou à rémunérer la mise en place de liens HTML. Ce qui devait arriver arriva : Google, appliquant à la lettre la loi votée, proposa de supprimer tout lien, tout extrait vers les articles de presse, sauf accord explicite de reprise gratuite par les organes concernés.

Devant cette réaction de la firme américaine, et se rendant probablement compte de leur propre imbécillité avec leur loi toute pourrie, inopérante et à rebours de leurs propres intérêts, les autorités politiques s’étaient immédiatement adaptées à la nouvelle donne en faisant amende honorable et… Bien sûr que non : l’attitude parfaitement prévisible autant que légale de Google est parfaitement insupportable pour toute l’habituelle coterie d’idiots inutiles en charge de ces législations, de la culture ou des sociétés de presse ou d’ayant-droits. Pour Franck Riester, cinquième roue du carrosse républicain de la Culture et vaguement en charge d’émettre des petits couinements lorsque les choses ne se passent pas comme nos élites l’ont prévu (souvent, donc), tout ceci est intolérable et Google viole l’esprit de la loi (mais bien sûr !).

En substance, tout se déroule comme prévu (c’est-à-dire mal) pour les organes de presse : une grosse partie d’entre eux voyaient la mise en place de cette loi comme un moyen de « faire payer Google » pour qu’enfin la présence de leurs beaux articles finement ouvragés dans le kiosque de Google News leur rapporte financièrement. Las : le service de Google étant gratuit, la firme américaine a donc proposé d’y mettre fin, sauf à souscrire à ses conditions (i.e. l’absence de rémunération).

C’était parfaitement logique, attendu, et cela a évidemment déclenché une violente crise de rage chez tous ceux qui, jusque là douillettement protégés par des monopoles franco-français illusoires, ont refusé mordicus de s’adapter enfin à l’ère numérique. Crise qui s’est évidemment exprimée dans une tribune parfaitement pathétique, mélange de pleurnichements grotesques sur ce qui aurait dû être et de cris d’orfraie sur la méchanceté de la réalité qui refuse de se plier à leurs rêves idiots, un groupe de journalistes, photographes, vidéastes et autres petits soldats de l’arrière-garde d’un vingtième siècle analogique qui n’en finit pas d’agoniser en soubresauts comiques.

On attend avec gourmandise la réaction des autorités politiques qui ne manqueront pas d’ajouter leurs âneries comme une cerise sur ce gâteau pitoyable, alors même que, pendant ce temps, plusieurs dizaines de sites et d’organes de presse ont d’ores et déjà accepté le marché proposé par Google : son portail d’information continuera donc d’afficher les informations de ces sites exactement comme avant, et il n’y aura ni rémunération de Google vers ces sites, ni l’inverse.

Pour les pétitionnaires et les rageux, c’est déjà un échec.

Du reste, si le bon sens semble avoir déserté depuis longtemps le cerveau de certains organes de presse, et de certains journalistes, il en reste heureusement qui, les pieds sur terre, ont bien compris l’apport considérable que Google et les moteurs d’indexation ont fourni, gratuitement, à leur cœur de métier et se réjouissent de continuer leur collaboration comme elle se déroulait jusqu’à présent.

L’échec de la presse ne sera pas le seul. Les mêmes maux, les mêmes idées idiotes provoquant les mêmes effets, les mêmes comportements imbéciles se retrouvent dans des domaines connexes : la Tribune de l’Art nous relate ainsi, logiquement dépitée, le combat complètement rétrograde de la CGT Culture pour s’opposer vertement à toute ouverture publique des fonds d’images du patrimoine national, quand bien même cette pratique est déjà monnaie courante pour un nombre grandissant d’institutions et de musées dans le monde entier.

Là encore, on retrouve – comme pour les lobbyistes de la presse – la même incompréhension des dynamiques de marché, des intérêts en jeu et cette idéologie anticapitaliste sous-jacente à toutes les réflexions françaises. Et comme pour le cas précédent, on sait déjà que ces combats d’arrière-garde, parfaitement contre-productifs (puisque contre le public lui-même) seront amplement perdus.

Si ces péripéties doivent nous apprendre quelque chose – outre le décalage des politiciens et des législateurs avec la réalité, qu’on retrouve maintenant dans toutes les lois qu’ils nous pondent – c’est l’incroyable vanité de ces individus qui croient pouvoir décider pour les autres ce qui est mieux pour eux. Et leurs excitations irréfléchies, leurs appels hystériques à la loi, la régulation, l’interdiction montrent surtout leur peur panique de perdre avec la montée des outils numériques leur parcelle de pouvoir qu’ils avaient sur l’accès à l’information ou l’accès à la culture : les petits gardiens de la vraie information garantie authentique, les contrôleurs de la culture officielle adoubée par l’intelligentsia ne peuvent supporter qu’on se passe d’eux.

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Commentaires224

    1. plutarque

      Oui Ari. Et encore, ça c’est côté utilisateur ! Côté entreprise (je parle des TPE/PME), c’est un monceau de paperasse, de temps administratif (donc improductif), bref de perte de valeur. Sans parler des risques en cas de dénonciation… Kafka.

      1. durru

        Non, non, c’est pas Kafka du tout. C’est une démarche volontaire des lobbyistes, comme le Patron l’explique, pour augmenter le volume de réglementations et ainsi protéger leurs positions dominantes.
        Ce sont des lois faites clairement contre les petites structures qui veulent rentrer sur le marché.

        1. plutarque

          Mwouais… Quand on vois le CV de la pastèque néerlandaise qui a pondu le truc, je suis pas convaincu. On est plus dans la synergie « ignorance + idéologie » que dans le machiavélisme.
          Et comme toujours, une incapacité à prévoir les effets de bord.

          1. durru

            Ne me dites pas qu’il n’y a eu aucun encouragement, aucun conseil, aucune suggestion venant de l’extérieur, que ça a été pondu comme ça, secrètement, dans un coin…
            Bien sûr que les eurodépités qui signent en bas ne savent absolument pas ce qu’ils font, ils sont juste les idiots utiles d’intérêts qui les dépassent (comme ceux nationaux, d’ailleurs).
            Et j’appelle le Patron à la rescousse pour clarifier mes dires :
            « généreusement cornaqués par des lobbys industriels et autres sociétés d’ayant-droits qui comprennent bien l’intérêt de verrouiller leurs marchés dans des lois toujours plus contraignantes »

            1. sam player

              Sauf que… si ce n’était qu’une histoire de lobbys industriels, alors on aurait du roundup dans le frigo… ce n’est pas le cas… donc c’est que l’argument du lobby est incomplet…

              1. durru

                Les lobbyistes ne peuvent pas faire passer n’importe quoi, c’est évident. Ça doit rester dans l’air du temps.
                Une réglementation pour « protéger » la veuve et l’orphelin, c’est bien. Du glypho dans le frigo, horreur. C’est à peu près tout. Ils sont pas fous, eux, ils sont là pour gagner des sous. Peu importe la manière, comme diraient le Leader Minimo et ses affidés 🙂

                1. sam player

                  Le lobby n’est tout simplement pas le déclencheur puisque des fois ça marche et des fois pas…
                  Le lobbying est d’ailleurs quelque chose de très sain… tant qu’il est financé par des de l’argent privé…
                  Ça rejoint d’ailleurs le suffrage censitaire…

                  1. durru

                    « des fois ça marche et des fois pas »
                    C’est à ça qu’on distingue le bon lobbyiste du mauvais 😀

                    « Le lobbying est d’ailleurs quelque chose de très sain »
                    Oui, absolument, pour mettre en place des monopoles. L’argent privé qui finance les élus pour voter les lois idoines.
                    La bonne blague.

                    Ça se mélange grave dans ta tête. Suffrage censitaire mon oeil. Le lobbyiste (le porteur de ton « argent privé ») serait alors l’élu, le décideur, aucun rapport. A Bruxelles comme à Paris comme à Washington, on parle de lobby pour ne pas prononcer le mot qui fâche, « corruption ».

                    1. sam player

                      Réfléchis un peu : le lobbyiste défend son intérêt avec son argent… et s’il a de l’argent c’est que son affaire génère des revenus…
                      Ne ramène pas tout au capitalisme de connivence… y a pas que ça… sinon mets aussi un peu de pedophilie aussi pendant que tu y es…

                    2. durru

                      Petite correction : s’il a de l’argent, c’est que son affaire a généré des revenus. Et son intérêt est de pouvoir continuer à le faire.
                      Réfléchis un peu. Sans des réglementations tatillonnes, l’accès au marché est plus facile et le lobbyiste qui a déjà gagné sa croûte risque de la gagner plus difficilement à l’avenir.
                      Le lobby qui fonctionne pour ajouter des lois et réglementations est juste de la défense de son petit pré carré. Au lieu de payer un tueur à gages, il paie un politique. En plus, c’est légal 🙂

                    3. sam player

                      Je t’esplique : y a les bons lobbyistes et les mauvais lobbyistes.
                      Les bons lobbyistes utilisent leur pognon pour défendre leur business et ce sont de bons lobbyistes.
                      Les mauvais lobbyistes utilisent leur pognon pour défendre leur business et ce sont de mauvais lobbyistes.

                    4. P&C

                      @Sam et Durru

                      Un aspect oublié du « lobbying » : cela a forcément des coûts… que la boite du lobbyiste ne paiera pas (c’est justement le but de l »arrosage de politicard à base de thunes et de putes). En général, ce sera pour ce salaud de contribuable.

                    5. P&C

                      @H16
                      Il va falloir m’expliquer la différence.

                      Si j’en crois wikipedia, le lobbying consiste le fait pour un groupe de pression de tenter d’influencer les lois, les réglementations, l’établissement des normes (industrielles par exemple), les décisions… pour favoriser ses propres intérêts, économiques en général.
                      Bien sur, l’arrangement est dans les deux sens, donc donne lieu à un échange de faveurs.

                      Si j’en crois toujours wikipedia, le trafic d’influence est un délit qui consiste, pour un dépositaire des pouvoirs publics, à recevoir des dons (argent, biens…) de la part d’une personne physique ou morale, en échange de l’octroi ou de la promesse à cette dernière d’avantages divers (décoration, marché, emploi, arbitrage favorable…).
                      Cela ressemble furieusement à la définition du lobbying…

                      Tu me diras « les faveurs ne sont pas prises en compte, donc c’est légal ». Mais celle ci vont procurer un gain (élection, alliance, etc…), in fine un avantage matériel… comme de l’argent.

                      Dans l’ancien régime, ça se faisait ainsi : les ambassadeurs étrangers à la cour avaient des fonds pour acheter quelques amitiés de gens bien placés (Genre, Thomas Boleyn, à l’époque bien en cour sous Henri VéTroiBatons, qui trouvait l’ambassadeur d’Espagne « enrichissant »).
                      Chez les romains, il était interdit de corrompre, donc on offrait des cadeaux. C’est ainsi que Hérode a obtenu le soutien de Marc Antoine, et l’ire d’Octave (car c’était les contribuables romains, donc in fine son trésor, qui allait payer cette guerre).
                      Pareil pour les corporations et les gros marchants qui offraient des « cadeaux ».

                    6. La définition du lobbying, c’est la même définition qu’un parti politique. C’est au grand jour et c’est légal (pour les mêmes raisons qu’un parti politique est légal). La corruption est illégale parce que tout le monde n’est pas au courant (bris d’égalité de droit).

                    7. durru

                      @Sam 22h39
                      Le bon lobbyiste est celui qui réussit, le mauvais celui qui échoue (à faire passer ses intérêts).

                      En gros, le vrai problème est la possibilité de légiférer sur tout et n’importe quoi… Car ça touche toujours à l’argent (et aux droits) des autres.

                    8. sam player

                      Durru, tu es dur à la comprenette… il n’y a pas de bon ou de mauvais lobbying…
                      De plus tu confonds : t’as réussi à intercaler de la corruption…

                      Oui pour le fait de légiférer sur tout et n’importe quoi, mais il n’est pas sûr qu’en final, en faisant les additions, les lobbyistes aient demandé plus de loi que ce qu’ils ont demandé de libéraliser.

                    9. durru

                      Jamais parlé de bon ou mauvais « lobbying », seulement de bon ou mauvais « lobbyiste », selon le critère énoncé.
                      Quant à « libéraliser par la loi », c’est un nouveau concept, je vais tâcher de l’étudier.

                    10. sam player

                      Durru
                      « libéraliser par la loi » t’as vu écrit ça où ?

                      Quand tu trouves pas, t’inventes ?

                      Tu crois que les lobbyistes ils ne font rien qu’à demander des lois ? Tu crois par exemple que lors du débat sur le 80kph, les lobbyistes ont demandé de faire une loi qui confirme le 90kph ?
                      Euh… comment dire…

          1. vieux rat

            Merci pour les mulots !
            Moi je fais mes 35 h réglementaires, et pas une minute de plus ! Pas question de favoriser l’exploitation des rongeurs par le grand capital !
            Je vous prie d’ailleurs de n’utiliser vos souris que de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Le samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h.
            Tout abus fera l’objet d’une dénonciation à Gérard Filoche.

              1. vieux rat

                C’est à l’évidence une concurrence déloyale !
                Un peu comme oser prendre une blablabagnole durant une honorable grève SNCF !
                Tu es un suppôt du grand patronat, un ennemi du travailleur !

  1. Le Gnôme

    Les lois modernes sont tellement bien ficelées qu’un gamin de quatre ans trouverait sans problème le moyen de les contourner.

    Le grand méchant Amazon se voit interdire les livraisons gratuites par un législateur au QI de bulot qu’il les facture un centime. La loi est respectée et le législateur passe pour un imbécile, ce qu’il est d’ailleurs.

    1. Aelil

      Ce que je ne comprends pas c’est que le législateur sait pourtant contourner les lois (il le fait souvent), il devrait donc justement être capable d’en faire des difficiles à contourner « parce qu’il connaît le truc »… Mais non…
      A croire qu’il ne fait que répondre à une demande populaire sans plus essayer d’être crédible…

        1. Aelil

          Ca c’est pas de la magie, c’est des mots qui perdent tout sens: avec un seuil de pauvreté défini à 60% du revenu médian, un pays (fictif) ou « tout le monde » (juste la moitié +1 suffit pour inclure le médian) vit avec un euro par an n’a pas de pauvres… Mais c’est tellement génial que personne ne veut aller y vivre…
          Or la pauvreté, en contraire de la richesse se défini par une absence de patrimoine (ce qui est automatique quand tous les biens sont communs).
          Disons que définir des outils de mesure pour se faire une idée c’est bien, mais il faut garder conscience de leurs imperfections ou on s’expose à des conséquences parfois marrantes, souvent moins…
          J’adorais l’exemple des chercheurs qui ont été battus par une IA (objectif: se déplacer en consommant le moins possible; mesure: flemme de mesurer l’énergie donc approximation faite avec le temps des « pieds » passé au sol; résultat: l’IA se déplaçait « à genoux », bref sans contact des « pieds » au sol).
          Moralité: Ne jamais jouer au plus malin avec les plus riches, s’ils ne sont pas nécéssairement les plus malins ils les embaucheront.

    2. Aristarkke

      J’imagine que le législateur, libérant autoritairement Amazon du carcan de la livraison gratuite qu’elle est à ses frais entiers, espérait secrètement que cette entreprise allait dès lors facturer comme un goret, la livraison à la façon de tant d’entreprises du capitalisme de connivence…
      Au passage, ç’aurait été tout bon pour palper de la TVA, objectif toujours latent mais inavouable de tant d’initiatives étatiques…
      Patatras ! Ces Amères Loques z’ont rien compris de la grammaire des z’affaires en Grance. 😥

      1. sam player

        “Au passage, ç’aurait été tout bon pour palper de la TVA, objectif toujours latent mais inavouable de tant d’initiatives étatiques…”

        Harry, combien de fois il faudra te répéter que ce qui n’est pas dépensé d’un côté l’est de l’autre, et que ça ne change pas le montant total de perception de TVA sur les dépenses.

        A moins d’imaginer le quidam se dire : ils m’ont fait la livraison gratuite, donc je vais mettre 2 ou 3€ de côté… et là tu vas rejoindre ma fille qui, quand elle avait 15 ans, me disait : “ viens papa, on va faire les soldes, tu vas faire des économies”… elle avait 15 ans hein !

        A la marge, la TVA sur le livre étant comme sur l’alimentation (le législateur est un marrant), je me demande si le fait de facturer le transport à part ne rendrait pas exigible une TVA à 20%… un peu comme les fournisseurs d’accès qui facturent différent taux de TVA… Drahi en a bien profité pour sous évaluer son offre internet et gonfler son offre média…
        Mais bon, 20% de 0.01€ au lieu de 5.5%, ça va pas chier loin…

        1. Citoyen

          Exact, le transport est une activité de service, ajoutée au produit lui-même, et peut (ou pourrait, ou devrait) avoir un taux de TVA différent de celui du produit.

          1. sam player

            Oui mais à ce moment là, ça devrait être pareil sur le pot de confiture que tu achètes au supermarché.
            D’ailleurs y a un truc complètement débile sur les différents taux de TVA… celui qui fait de la confiture achète le pot en verre avec une TVA à 20% et le revend au client final avec une TVA à 5.5%… c’est magique.
            J’ai un ami qui fait ça (des confitures) et il est pratiquement toujours créditeur de TVA.

    1. Al Bundy

      « Cris d’orfraie pour cause d’or frais  »

      Comme quoi on doit sans doute avoir de l’article frais de la part du patron, rapport au cris d’or frais que j’avais relevé chez je ne sais plus qui ^^

  2. bibi

    Une fois de plus avec le numérique nous avons juste la transposition de ce qui existait déjà du temps du tout analogique.
    Google News et autres ne sont jamais que des kiosques à journaux numériques.

    Alors je vous le demande pourquoi diantre vouloir faire payer un kiosque numérique pour mettre à la vue du chaland des articles de presse, alors même que les kiosques physiques n’ont jamais payé pour cela, et que dans ces kiosques physiques ce sont les sociétés de presse qui finance la publicité pour leurs titres, quand les moteurs de recherche font cela sans demander un kopeck.

    1. sam player

      Ca existe déjà !
      T’as pas dû entendre parler de l’optimisation fiscale que tu utiliserais en complet accord avec la loi mais avec comme but, parmi d’autres, de payer moins d’impôts…

  3. Dr Slump

    France Info, droit dans leurs bottes et un balai dans le fion ont donc signé avec Google, « avec des grincements de dents » selon leur propos. J’imagine la torture effroyable que cela doit être, la douleur infinie de… faire comme avant.

    Et un autre chez Actu.fr de déclarer « … Quand bien même je déplore que la plateforme s’adonne à un tel chantage. » Mazette, un chantage, rien que ça! Mais ne serait-ce pas un inversion accusatoire? Qui a entrepris en premier de faire chanter l’autre? Et donc, donner son accord pour continuer comme avant un service gratuit, c’est maintenant du chantage, de la soumission au diktat du grand kapitâl, la mort de la liberté et le début de l’horreur néonazi en chemise verte, couleur du dollars diabolique.
    On n’en a vraiment pas fini avec la punaise communiste dans ce pays, nous en sommes infesté jusqu’à la direction de médias, pourtant supposés être informés… ma conclusion: les journalistes sont toujours les plus mal informés!

      1. Pere Collateur

        Et encore ils s’en tirent pas trop mal; Google aurait très bien pu leur demander de payer pour être de nouveau indexé. Je me demande d’ailleurs pourquoi ils n’ont pas été jusqu’au bout et ne les ont écrasé de la facon la plus vexante possible.

        Je n’aurais pas hésité à leur place. Toute facon vu la merde que sont ces « médias », c’est tout ce que ca mérite.

        1. Aelil

          On est ici dans un exemple de ce que les interêts bien compris génèrent:
          – Google gagne en valeur en proposant des contenus qu’il n’a pas à (/envie de) générer.
          – La presse française (ou autre) gagne en visibilité en étant ainsi mise en avant.
          => Accord logique: Les deux y gagnant, personne ne paie (c’est juste de l’accord de bon sens dans un intérêt commun).
          Ici Google est le plus mâture justement car il considère que la perte de contenu pourrait lui faire perdre plus que ce qu’il gagnerait en demandant un paiement, même si le contenu en question essaie de le faire passer pour un méchant. Il est d’ailleurs par définition méchant car froid et calculateur (il n’est pas dans l’émotion et l’envie de vengeance), tout n’étant que bassement économique dans son comportement (sur ce point), bref cupidité des actionnaires toussa toussa…
          Quant à la presse, elle montre qu’outre son manque de bon sens à l’origine de l’affaire, elle est en plus puérile.

            1. Aelil

              Ce que je voulais dire c’est qu’aucun n’engage de frais supplémentaires: La presse a quand même ses sites internet et Google quand même ses serveurs, avec ou sans accord. Tout le reste c’est du dimensionnement seulement.
              En tout cas les deux ayant intérêt à rester partenaire (car les deux ont intérêt à l’accord), une paix carthaginoise serait stupide (mais on en revient au bon sens, la guerre dès le début était stupide).

              1. Pythagore

                ih ih j’avais bien compris le sens du propos, mais j’avoue que de nos jours, qd je lis « personne ne paie » ou « c’est gratuit », ca m’horripile, j’ai les poils qui se hérissent, le front qui se durcit, les adducteurs qui se tendent, mon sang ne fait qu’un tour 😉

                1. Pheldge

                  c’est pourtant comme ça qu’on nous a vendu Internet au début, genre « la grande communauté numérique », l’entraide, le partage … tout ça, « gratuit » !

                    1. vieux rat

                      En tant que rongeur, je suis un pro du net (forcément) donc voici un petit éclairage. 😉
                      Je gère un site web (pas d’actu) qui offre quelques espaces publicitaires Google adsense.
                      Environ 80 % du trafic de mon site provient du trafic organique, autrement dit des moteurs de recherche, Google largement en tête.
                      C’est un taux habituel sur le web. Bref, merci Google pour la pub gratuite !

                      Les espaces publicitaires adsense me rapportent de quoi faire tourner la boutique, avec 68 % de la rémunération pour l’éditeur du site et 32 % pour la régie (c’est le taux du contrat adsense, pour tous les sites web).

                      Bref, bon nombre de sites comme le mien fonctionnent selon la stratégie gagnant-gagnant : Google gagne des liens pertinents à afficher dans ses résultats, affiche de la pub sur son site, en affiche sur le mien en m’apportant un énorme trafic, et ça me rapporte !
                      Et le tout, ça alors, sans que L’État vienne fourrer son groin dans nos affaires…

                      Autrement dit, un site de canard vit très largement grâce aux liens Google. La pub affichée est rémunératrice grâce aux lecteurs… provenant des moteurs de recherche.
                      Demander à Google de rémunérer un lien, c’est un peu comme une boutique ou un resto qui demanderait à son rabatteur dans la rue de payer pour y amener un client !

                    2. Aelil

                      @vieux rat: Il existe quand même une différence fondamentale avec le rabatteur: c’est que Google est déjà payé en rendant son service, le rabatteur non (ce qui justifie qu’il soit payé par le restaurant). Mais on est d’accord qu’il ne doit en aucun cas payer le restaurant.
                      Google/producteur de contenu: Chacun a son revenu/business model et il ne s’agit que d’une synergie bénéfique aux deux. Ils n’ont pas de lien client/fournisseur, et peuvent même avoir les mêmes clients (les annonceurs notamment) et/ou usagers.
                      Restaurant/rabatteur: Seul le restaurant peut exister sans l’autre, le rabatteur rendant un service au restaurant, qu’il lui facture donc. Le restaurant est client du rabatteur.
                      Oui je pinaille :p
                      Mais de toute façon la comparaison donne tort à la presse.
                      Le truc c’est que dans une logique ou chacun aide l’autre, ils veulent ignorer la contribution de l’autre pour ne compter que la leur, affaire d’ego quoi.

          1. sam player

            « Ici Google est le plus mâture justement car il considère que la perte de contenu pourrait lui faire perdre plus que ce qu’il gagnerait en demandant un paiement,… »

            Toi t’as pas encore compris que Google, Gmail, Google Maps, Google Drive… etc… c’est « gratuit »… pour l’instant… pour l’utilisateur… le temps de développer le modèle économique…
            D’ailleurs Gmail est payant pour les entreprises…
            Pour l’instant, il indexe les données…
            Il n’y a aucune raison que ça ne se passe pas comme pour les grandes surfaces, où quand un producteur veut du facing, il paie pour ça…

              1. Non. L’adage « quand c’est gratuit c’est vous le produit » ne vaut pas lorsqu’il y a différenciation sexuelle. Le produit de la boîte de nuit, c’est l’alcool. Mais pour en vendre, il faut faire venir ceux qui en consomment (les mâles). Elles ne sont pas le produit, elle sont l’appât.

                  1. Al Bundy

                    « Elles ne sont pas le produit, elle sont l’appât. »

                    Donc le produit, qui plus est consomme les bouteilles les plus chères surtout quand payées par le mâle ^^

                    Un méat culpa ? * :mrgreen:

    1. Le Gnôme

      Une radio financée par l’Etat, voilà le stade ultime de l’indépendance journalistique. Combien de spectateurs ont les chaînes parlementaires ? Pas loin de zéro. Mais c’est le tribuable qui paie, donc ce n’est pas grave.

    2. durru

      Ce que vous refusez de comprendre, c’est qu’ils pensent à leur avenir, eux.
      Si Google (ou les autres acteurs du numérique) ne les paie pas, vu que déjà le public les quitte, car les clients captifs sont (presque) finis, ils doivent rester à quémander leurs salaires à l’Etat, à force de subventions plus ou moins directes. Ils sont pas tous complètement cons, ils ont commencé à comprendre que la source se tarit et qu’ils ne sont pas (plus ?) en première priorité sur la liste.
      Ils sont incapables de penser à changer leur façon de faire les choses, bien sûr, mais ça c’est bien plus normal, vu qu’ils sont convaincus (et on le leur dit 24h/24, 365 jours/an – et même 366 pour l’année prochaine) qu’ils ont complètement raison dans tout ce qu’ils affirment.

      1. sam player

        Je crois surtout qu’ils s’appuient sur l’excuse de la culture et de la diversité… et ça va bien avec l’exception culturelle qui ouvre toutes les portes… et les porte-monnaie

              1. sam player

                Faut tout t’espliquer :

                Tu dis : ils vont prendre l’argent là où il se trouve

                En fait c’est : l’argent est là car ils le demandent

                  1. sam player

                    Bah oui… t’as un projet tout pourri… y a pas de subventions… tu invoques la diversité et tu as du pognon…

                    Ils ne prennent pas l’argent la ou il se trouve… puisqu’il n’y en a pas… ils l’empruntent, le détournent, créent une taxe etc…

                    Ton argument laissait à penser qu’il y aurait de l’argent en dépôt quelque part ou vers quelqu’un qui n’attendait que ça… d’être dépensé… T’as pas du bien regarder le solde des comptes…

                    1. sam player

                      Durru ça devient grave… consulte !

                      durru 29 octobre 11 h 52
                      « ils vont prendre l’argent là où il se trouve »

                    2. sam player

                      Je me doutais de la réponse…
                      Donc si je rapporte :
                      « tu es un con » comme dirait l’autre…
                      … ça ne porte pas à conséquence… :mrgreen:

    3. Auguste75

      Le problème des gauchistes (donc des journalistes, qui le sont à 95%) , c’est qu’il croient que tout est gratuit et que l’on peut vivre à crédit, sans travailler, telle la cigale de la fable. Le Père Noël (alias l’État) n’a qu’à ouvrir son porte-monnaie pour que l’argent tombe miraculeusement du ciel. Car il existe quelque part une source miraculeuse d’argent.

      On retrouve cette mentalité dans les ONG « humanitaires » et autres associations de parasites qui vivent des subventions, les partis « de gauche » (et plus ils sont à l’extrême, moins ils ont le sens des réalités), les syndicalistes, et bien sûr les journalistes. Toutes personnes qui n’ont jamais vraiment travaillé pour produire quoi que ce soit, mais attendent néanmoins de leur « activité » (ou plutôt activisme) militant de moulin à parlottes une substantielle rémunération.

      C’est vrai qu’ils ne sont pas aussi naïfs,: ils savent que l’argent vient de quelque part, mais c’est facile: il suffit d’augmenter indéfiniment les impôts des « riches » (une tribu lointaine mythique vaguement définie dont les ressources sont inépuisables – la fameuse source miraculeuse).

      Gauchiste n’est rien d’autre qu’un synonyme de Tartuffe, le parasite par excellence.

      1. P&C

        La tribu des riches, se sont majoritairement la France périphérique.

        Inexistant aux yeux des journaleux et autres bobos, pour une raison simple : aux yeux du bobo, seul comptent ceux ayant un statut égal ou supérieur à lui.
        Un peu comme le patricien vis à vis de ses esclaves.

        Donc, oui, de leur point de vue, il y a bien une source miraculeuse de pognon. D’où la répression des Gilles et John : le pognon doit continuer de couler, et les larbins qui triment dans la source doivent continuer de rester invisibles.

  4. MCA

    Comme simples citoyens nous ne pouvons que subir un deluge de lois idiotes sans pouvoir réagir sauf a subir les foudres de ce systeme devenu fou.

    Et je dois dire que ce n’est pas sans un plaisir non dissimulé que j’assiste à la claque qu-ils se ramassent en public.

    Ils ont beau trépigner avec leurs petits pieds, en face ils ont affaire à trop forte partie.

    Ca fait du bien!

    On a les petits plaisirs que l’on peut….:0)))

    1. Pheldge

      rigole tant que tu le peux … le jour où la presse écrite connaîtra une épidémie de faillites, il y aura une « subvention spéciale pour sauver le pluralisme » à laquelle tu devras contribuer, de force plus que de gré !
      remember l’Huma, remember la contribution prélevée sur les salaires pour subventionner les syndicats …

      1. Higgins

        L’Express semble concerné: https:/ /www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/la-redaction-de-l-express-va-etre-divisee-par-deux-3a801fdc270c00b4cea534339ec87faf

      2. Chat de nuit

        Dans le cas des syndicats, comment le peuple a-t-il pu se faire avoir si facilement ?
        En fait le peuple subventionne les syndicats qui emmerdent ce même peuple avec leurs grèves….
        C’est pas beau ça, payer pour se faire déranger…..
        Ca a marché avec les syndicats, donc ça ne pourra que fonctionner encore mieux avec les journaux, les radios…

      3. Al Bundy

        « L’Express semble concerné: »

        Récemment un autre « journal » à mis la clé sous la porte, les journaleux faisaient greve pour une revalorisation salariale et une égalité H/F, ils l’ont obtenu à pole emploi.
        me rappelle plus du titre

      4. MCA

        @Pheldge 28 octobre 2019, 16 h 03 min

        il y aura une « subvention spéciale pour sauver le pluralisme »

        LOL, tu sembles ignorer que c’est déjà le cas… :o)))

  5. Calvin

    Et si tous les citoyens français réclamaient de l’argent à Google pour utiliser ses services, on augmenterait le pouvoir d’achat des français, Messieurs les ministres ?

    Comment peut-on être aussi bête ?

    Il y a un concours de l’idée la plus débile ?

    1. Aelil

      T’as bien des gens qui disent qu’il suffit de prendre l’argent là ou il est (comprendre « dans la poche des autres »).
      => De là tu tires toutes les idées débiles.

      1. durru

        Et vu que le seul moyen connu par les soces de « prendre » de l’argent est la taxe (ou l’impôt, ou les charges, enfin, la liste des termes est longue…), le résultat est connu d’avance 🙂
        Ils penseraient jamais à vendre un truc ou un service utile, par exemple.

              1. sam player

                Y a un ami qui m’a raconté (un ami hein) qu’il a fait changer le pare-brise de sa voiture… le devis est passé de près de 1000€ à 360€… quand il a proposé de payer en espèces…

                – «ok » il a dit, « je vous amène la voiture, vous fermez à quelle heure ? »
                – « 18h… venez pour 18h et vous récupérerez la voiture demain à l’ouverture »

                Un ami hein… il n’est pas assuré contre les bris de glace, il préfère s’auto-assurer…

                  1. sam player

                    Tu démarres avec les services de l’état que tu dis ne pas avoir le choix d’utiliser… pour ensuite me demander comment je fais pour ne pas payer de TVA : sophisme, je n’ai jamais dit ça !

  6. Nemrod

    Google devrait faire payer la presse Grançaise pour diffuser ses étrons fumants…cher car grosse pénibilité.
    Il y a bien longtemps que je n’ai plus acheté un journal papier et je réviserai ma position pour les lire d’un derrière distrait en cas de pénurie de papier toilette.
    Je jette un regard au Figaro version numérique pour être au courant des nouvelles.
    En voie de gauchisation accélérée aussi.

    1. hub

      Le Figaro, de gauche? ! Je plussoie ! Je suis interloqué de la main mise éscrologique sur ce journal. Par ailleurs, aucune analyse un tant soit peu pertinente de la politique fiscale française. Par chance, il y a tout de même deux ou trois articles de fond (Rioufol par exemple; ou Ze…) pour contrebalancer tout un impensé de gauche

        1. Pythagore

          Ben les pauvres vers, ca va leurs filer du cholestérol toutes ces graisses saturées, va falloir leur donner des statines du lendemain.

        1. Theo31

          « choisissez l’indépendance » qu’ils disent sur Mediapart, financé à près de 100 % par le pognon des autres via des abonnements de mediatheques.

            1. durru

              Il n’est pas dit que ces abonnements soient du fait des personnes physiques. Le flou est total, et le fait que la plupart des structures institutionnelles (comme médiathèques, mairies, conseils régionaux, etc) s’abonnent de façon quasi-systématique à à peu près tous les journaux « de gauche » est avéré.
              Mais je veux bien croire que le « près de 100% » avancé par Théo soit une (grosse) exagération.

                1. Flag

                  Welcome back SP, ça fait zizir!

                  @Durru Mediapart n’était pas disponible dans mes deux dernières médiathèques ce qui est plutôt logique s’agissant d’un pure player.

            2. Pythagore

              Chacun aura également noté que les journaux passent leur tps à se recopier. Je ne suis pas sûr que lorsque l’immonde reprend une info du médiapart, il versent le moindre centime à Mediapart.
              Google devrait payer pour relayer les infos, mais les média le font-ils entre eux ?

              1. Al Bundy

                « les journaux passent leur tps à se recopier.  »

                Je ne pense pas, Ils copient collent tous AFP fautes comprises d’ou ce sentiment.

                Il y a quelques jours le marronnier des intoxications aux champignons est revenu sous différentes plumes revendiquées, avec la mise en garde d »un risque aigu pouvant entraîner la nécessité d’une greffe de fois.

                1. Pythagore

                  C’est probablement la majorité des cas, mais Le CoinCoin ou Mediapart sortent régulièrement des exclusivités reprises par d’autres journaux et d’autres supports (TV, radio), à part citer la source je ne pense pas que ces autres journaux leurs reverse un Kopek. Or c’est la même situation que google finalement voir pire.

                  1. bibi

                    Non ce n’est pas la même situation que Google car contrairement à Google les patrons de presse des journaux reprenant les articles de Mediapart ou du CoinCoin ne sont pas des salopards de milliardaires qui se font du pognon sur le dos du travail des journalistes, se sont des gentils milliardaires tous affidés au pouvoir sur le dos de qui les journalistes se font du pognon.

    2. Gosseyn

      Le Figaro a une censure bien plus politiquement correcte qu’autrefois, et  »autrefois c’était il n’y a pas bien longtemps !
      En Mai 2019, Le Monde a verrouillé ses commentaires et pas mal censuré illégalement.
      Le Figaro a réformé ses commentaires voici encore moins de temps.
      Les explications idoines manquent, dont sur ce parallélisme très peu fortuit. Je suis allé leur en faire part ; miracle, maintenant plus rien ne passe leur censure !

        1. Gosseyn

          La censure des commentaires prouve une ligne éditoriale de gauche : vous ne pensez tout de même pas un instant qu’ils se limitent aux insanités ?

          Si la loi L.C.E.N. (souvent décriée ici même) était appliquée, cela conditionnerait la révélation de l’identité du plaignant au rédacteur de l’article ou du commentaire, en cas d’accusation de rédaction illégale. Autrement dit la calomnie (essentiellement gauchiste collabo ; ou parfois à fondements économiques) pourrait alors être poursuivie en justice.

          Or, si cela ne se passe ainsi, c’est que la presse a obtenu des passe-droit (comme son nom l’indique) ; qui peut admettre cela, à part ces délinquants ?

          D’autre part, les censeurs n’ont ainsi pas à répondre de leurs actes illégaux de suppressions de publications conformes à la loi,cela ni selon la loi, ni en pratique. Personne ne soulève ces anomalies délibérément organisées …

            1. Gosseyn

               »Droit » à rédiger des avis ou des délivrances d’infos gratis! ? Vous êtes amusant, avec vos répétitives restrictions pour autrui.
              Comme si ceux qui ouvraient leurs fils d’infos aux commentaires ne savaient pas où étaient leurs intérêts bien compris !

               »Droit » qui n’est en fait qu’un garde-fou envers certains très (trop) prompts à abuser de leur position dominante, ou présumée telle. Je suis sur que vous voyez très bien ce que cela signifie pour vous.

              1. sam player

                Plus sérieusement, ce qui m’amuse c’est que tu t’appuies sur une loi (la LCEN) il me semble pour défendre ton droit… En fait tu valides le système…
                Perso je ne reconnais pas le droit à l’état de légiférer dans ce domaine des commentaires (et sur pas grand chose en fait)… alors c’est sûr que je ne vais pas défendre ton soi-disant droit assis sur un malentendu…

                1. Gosseyn

                  Les parlementaires n’ont pas légiféré sur les commentaires, mais sur le respect mutuel qui s’impose aux parties  »responsables éditoriaux / rédacteurs ».

                  Il n’y a donc de malentendu que celui voulu par un malentendeur, c’est à dire exclusivement par vous-même et votre trollage, suivi d’un rattrapage aux branches quand il est démonté.

      1. vieux rat

        De moins en moins : en lisant le Gorafi, je réalise que l’article humoristique décrit ce qui devient une réalité quelques mois plus tard… :-s

        1. sam player

          Ils doivent le lire dans l’hémicycle pour y puiser des idées.
          Je sais plus quelle femme politique avait pris un article du Gorafi pour la vérité vraie et s’en était offusquée.

  7. Pheldge
    1. Lorelei

      Le Minitel? Ce truc qu’on éteignait dès qu’on clignait des yeux trop longtemps pour éviter de payer la communication alors qu’on ne regardait pas l’écran?
      Il paye, Gérard, pour publier sur Facebook ou pour Twitter?

      1. Le Gnôme

        Il doit se servir du fessebouc vénézuélien, qui fonctionne en fonction de le l’approvisionnement électrique, un jour sur deux les bon mois.

        1. vieux rat

          Vous dîtes du mal du modèle socialiste bolivarien, au succès tant admiré par la France insoumise qui rêve de l’appliquer en France !
          Vous n’êtes qu’un capitaliste aigri môssieur !

  8. Dr Slump

    Et le cinéma? bon, c’est HS, mais bon, le nouveau film de Costar Gravos mérite le coup d’oeil. Vite fait. Ca s’appelle « Adults in the room », et déjà ça commence bien, mais attendez le pitch:
    « Après 7 années de crise le pays est au bord du gouffre. Des élections, un souffle nouveau et deux hommes qui vont incarner l’espoir de sauver leur pays de l’emprise qu’il subit. Nommé par Alexis, Yanis va mener un combat sans merci dans les coulisses occultes et entre les portes closes du pouvoir européen. Là où l’arbitraire de l’austérité imposée prime sur l’humanité et la compassion. Là où vont se mettre en place des moyens de pression pour diviser les deux hommes. Là où se joue la destinée de leur peuple. Une tragédie grecque des temps modernes. »
    Wtf. Omfg. Lol. Mdr. Ptdr. Passe-moi la vodka je vais me suicider par coma éthylique. Please god make the universe greta great again!

      1. P&C

        Mouais… Ça casse pas des briques non plus. Le côté genie maléfique est absent.

        De mon point de vue, le meilleur joker reste celui de Mark Hamil.

          1. P&C

            Certes. Mais il y a quant même pas mal de choses qui ne collent pas.
            Notamment la différence d’age Arthur/Bruce.

            L’origine story du Joker avec Jack Napier (celui que joue Nicholson) est plus hard : le futur Joker y est un bandit au petit pied, et l’assassin des parents de Bruce.

          2. P&C

            Certes.
            Mais il faut souligner un point essentiel : ce film est bien car il vient après 10 ans de MCU… on y redécouvre que la musique sert à accompagner les scènes, qu’on peut faire quelque chose sans dégueuler des FX, et travailler un peu la psychologie des personnages.
            Alors que si on compare à plus vieux… y a franchement pas de quoi s’extasier.

      2. Dr Slump

        Je l’ai vu. Vraiment pas drôle, d’autant plus que c’est une vision réaliste. Bref, trop pertinent, j’aime le ciné pour me divertir, pas pour me déprimer, et je préfère toujours le joker de Nicholson.

          1. P&C

            Tu es sur ? Tu ne confond pas avec le Jockey ? Et ce n’est pas une relation amoureuse j’espère…

            Dans un comics, le joker viole Barbara Gordon (en tout cas il la cogne et la déshabille, mais on ne sait pas s’il la viole lui même, ou laisse la tache à ses hommes de main), mais il est incapable de la moindre affection.

            Une seule femme a partagé sa vie : Harley Quinn. Il lui a retourné le cerveau, elle en est amoureuse, il n’en a rien à fo*tre.
            Elle finit par tourner casaque, s’associer avec l’empoisonneuse, et se taper le 1er Robin (adulte). Elle pond quant même une fille issue du joker, mais la cache (dans ce comic, le Joker est mort, tué par Superman (sous les yeux de Batman), après avoir fait en sorte que celui ci tue Lois Lane).

  9. Higgins

    HS mais dans l’organisation vouée à la grève, ça va de mal en pis: https:/ /www.lefigaro.fr/social/greve-sncf-le-point-sur-les-perturbations-de-ce-lundi-20191027

    1. WorldTour73

      Grâce à leur organisation de merde, je rentre en bus du boulot. Vous n’imaginez mm pas comme je suis heureux.
      J’aimerais tellement serrer fort un cgestiste de la sncf pour lui briser les cervicales

  10. Citoyen

    Le titre de la photo, en fin d’article, me questionne …
     » Et donc cet état qui capte plus de la moitié de votre vie privée prétend désormais faire une loi pour proteger votre vie privée ?  »
    Une question me vient …
    Est-ce que l’état va se l’appliquer à lui-même ?
    C’est-à-dire : Si l’état veut nous protéger, est-ce qu’il va utiliser cette loi, pour nous protéger de lui ?

        1. vieux rat

          Pourquoi vouloir être protégé d’un État qui ne te veut – évidemment – que du bien ? 🙂
          Aurais-tu des choses à cacher ?
          Une phobie administrative inavouée qui te pousserait à séjourner souvent en Helvétie ?
          Une vie insuffisamment éco-consciente et citoyenne ?
          L’État français et son administration sont là pour t’aider à vider ta bours… euh, ton sac !

    1. Léo C

      « …….leurs appels hystériques à la loi, la régulation, l’interdiction montrent surtout leur peur panique de perdre avec la montée des outils numériques leur parcelle de pouvoir qu’ils avaient sur l’accès à l’information ou l’accès à la culture…….. »

      Je cite la fin de l’article de notre hôte pour vous proposer ce que j’avais écrit sur la tribune de mon quotidien local, il y a trois ans; histoire d’illustrer mon ressenti sur cette autre coercition fiscale, opportunément désignée comme rempart à une prétendue violation des droits d’auteur et, par extension, sur cette fallacieuse protection de la vie privée alors que le flicage en Macronie est érigé en valeur cardinale:

      ———–

       » Encore une fois, après cette nouvelle effervescence sur l’affaire Zone Téléchargement, voici montrés comme grands délinquants de la toile ces sites qui proposent un accès au multimédia que certains ne peuvent s’offrir autrement et surtout une variété qui ne se trouve pas sur de prétendus autres sites dits légaux.

      Je n’ai aucunement l’impression de mettre l’industrie du cinéma, du multimédia plus généralement, en péril lorsque je me rends sur ces plates-formes.
      Mon abonnement internet a pris 8 € en 2 ans avec un service en baisse et la prétendue perte sur les droits, imputable à ce téléchargement proclamé illégal avec force diatribes, se paie sur les supports de stockage externes; arrêtez donc de stigmatiser et de vouer aux Gémonies ceux que vous voulez désigner comme criminels.

      Il serait souhaitable de prioriser certaines choses et de réinterpréter l’illégalité, le crime et le droit dont les notions sont à géométrie fort variable selon ceux à qui elles s’appliquent et ceux qui les appliquent.
      Il est aisé de taper encore sur les mêmes : ceux qui ne peuvent se défendre, ceux qui ne peuvent acheter la complaisance de ceux qui dénigrent et condamnent par principe autoritaire et se font complices d’un système gangrené par l’argent et les prébendes.

      La gendarmerie peut s’enorgueillir d’un fameux coup de filet fort glorieux. Ça, c’est de la lutte contre le crime organisé !!

      J’ai téléchargé et continuerai à télécharger avec la conscience tranquille et l’âme en paix. La SACEM et autres sociétés de défense des droits d’auteur et à l’accès au multimédia et l’État continueront à se gaver malgré tout.
      Ça ne m’empêche en rien d’aller toujours au cinéma malgré des tarifs prohibitifs. Qu’on ne vienne pas m’affirmer que ses prix d’entrée augmentent à cause de cet accès libre érigé en bouc émissaire.

      Il fut de ces temps que j’ai connus où enregistrer en VHS sur son magnétoscope des films diffusés ne relevait pas de l’infraction bien que certains eussent proposé, à l’époque, une redevance sur ces appareils (cela fit chou blanc).
      Maintenant que notre IP peut nous trahir et nous désigner, c’est du pain bénit.

      Vous n’arrêterez ni la progression ni la diffusion de ces sites que vous ne parviendrez à jeter à l’opprobre ni à la vindicte populaire. Les moyens de contourner et contrer vos mesures coercitives s’adapteront. Il y aura toujours une parade.

      Soyez convaincus de cela.

      Messieurs les censeurs, je ne vous salue pas… »

      —————-

      Bien évidemment je suis pour une juste rémunération des ayants droits.

      C’est le pouvoir décisionnaire qui devient discrétionnaire, lorsque c’est opportun ou non, que je conteste par moments. C’est l’amplification de ce phénomène de vindicte et d’aspect criminel qui me dérange.

      Je conviens que les « administrateurs » de ces plate-formes se sucrent au passage mais, curieusement, lorsque l’extorsion, puisque c’est le cas, est légale et réglementaire celle-ci devient moralement et éthiquement conforme.

      Dès que ceux qui se gavent se sentent floués (dont l’État, fort naturellement), on parle spoliation. Lorsque on voit le pitoyable pourcentage sur rémunération accordé à l’artiste sur la totalité, on est en droit de se demander qui spolie qui.

      « L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se répand et se multiplie. » Gandhi

  11. vieux rat

    Ah, je note avec satisfaction que le grand timonier du site a su exploiter avec brio mes modestes suggestions via twitter. 🙂
    Bien entendu, cela mérite une juste rémunération pour le travail journalistique fourni par nous autres rongeurs.
    Je demande donc un paiement en fromage pour chaque lien utilisé. Et si je ne reçois rien, j’écrirai à mon député afin d’exiger une nouvelle loi ! (non mais)

    1. Al Bundy

      oui mais c’est chez maxim !

      Il est à noter que urssaff à finalement transigé pour un menu à 14 euros pour ces salopards, portant la taxe à 9,10 euros par repas pris .

      Trop salé !

    2. sam player

      Pas bien malin quand même les restaurateurs…
      Mon ex-beau-frère s’est fait avoir un peu pareil : lui il ne retirait jamais de liquide et ne payait jamais avec sa CB… le redressement a fait près de 200,000 euros et il l’a payé rubis sur l’ongle… alors ils lui en ont collé une autre couche !

      1. sam player

        Bah, moi le mec (comme ce restaurateur) qui dit qu’il paie tout ce qu’il doit… bah c’est déjà une bonne poire… alors qu’il lui arrive ce qu’il lui arrive, ça le fera peut-être réfléchir à ne pas voter en marche la prochaine fois… et à réfléchir un peu… : il valide le système, il en a les inconvénients

        1. durru

          Qui te dit qu’il a voté en marche ? N’importe nawak. Vu le coin, c’est même assez peu probable (19,52% pour Macron au premier tour).
          Le vrai souci, c’est que trop de gens croient encore que l’Etat (et ses « services ») est là pour protéger et « faire tourner l’économie », quand en fait c’est tout le contraire (je parle bien pour la France aujourd’hui, pas comme principe). Mais cela a été tellement rabâché et rabâché…

          1. sam player

            Suis avec ton doigt : il valide le système…
            Dieu se rit…

            « l’état… tout le contraire… »
            Wah… t’as changé d’avis… une vraie girouette…on n’aurait dû te brancher une génératrice au cul, on récoltait 1Gigowatt !

            1. bibi

              2.21 gigots watts mais enfin c’est quoi un gigot watt?
              Est-ce la quantité d’énergie développée par le gigot d’un mouton français, impérial, ou encore US, adulte ou bien enfant, est-il entrain de marcher de courir ou entrain de cuire?
              Au moins pour le cheval nous savons d’ou provient et la différence entre le hp horse power (anglais) et le cv le cheval vapeur (français), mais pour le gigot watt la question reste entière!

    3. Theo31

      En Russie, ils savent s’occuper des collecteurs d’impôts. Quand les percepteurs ne se font pas trucider, les bâtiments sont plastiques ou mitraillés.

  12. Le Gnôme

    Tiens, voilà une balle pignouferie de presse. Le Monde diplo qualifie la réunification allemande d’annexion et déplore la casse sociale qu’elle a entraînée dans les Länder de l’est, tout ça de la faute au capitalisme, au consumérisme et au libéralisme.

    Il fallait quand même oser le mot annexion.

    1. Francis Kuntz

      juridiquement parlant, c’est bien la République Fédérale d’Allemagne qui a annexé la République démocratique allemande. Au final, il ne reste plus qu’une RFA élargie. La constitution qui s’applique en ex-RDA est la Loi Fondamentale de la RFA crée en 1949. Pour le coup le monde diplo a raison. Quant à la casse sociale, elle date de bien avant la chute du mur

  13. douar

    HS: dans les Echos de ce jour: » le crowfunding n’attire plus autant les foules », avec une explication parmi d’autres:

    « Pour beaucoup, cette bascule coïncide avec le renforcement de la réglementation, il y a cinq ans pile, en octobre 2014. Le gouvernement fait alors adopter une série de décrets censés mieux protéger les particuliers : informations sur les projets, régulation des plates-formes…

    « Les décrets partaient d’une bonne intention, mais ils ont tout complexifié et rigidifié », explique Vincent Ricordeau, pour qui il y a « un avant et un après ». « Trop de contrôle et de documents compliqués ont dégoûté certains particuliers », souligne le responsable d’une autre plate-forme. »

    ça confine au génie.
    Heureusement que l’Etat est là…

  14. Al Bundy

    C’est marrant, l’ex futur élu RN dont le prénom n’a pas été modifié voulait se venger de la destruction de NDP, forcément allumé par un muz et forcément déséquilibré, mais pas lui, fan des z’amour de cnews, il se dit même qu’il porte une petite moustache ticket de métro

  15. egide

    Je lis : > Google … proposa de supprimer tout lien
    Non, les liens courts qui ne donnent pas lieu à redevance restent dans la liste des résultats de recherche. En revanche tous les extraits et images ne sont pas publiés.

  16. sam player

    En souvenir du HB 😥 qui est parti chasser dans les hautes plaines…

    « Le léger sifflement de Silent passa, dans le silence écrasé de la chaleur de midi, comme une mince lame froide. Le vieux porteur de fusil s’était statufié et me passa la 375 HH pardessus son épaule, tout en s’écartant de la ligne de tir. Devant nous, à travers les inextricables repousses de mopane, on entendait un bruit sourd qui se mêlait à des gargouillis. Les yeux malariaux de Silent fouillèrent le bosquet, puis en se tournant vers moi, il chuchota en Chenyanja « Njovu » « éléphant »….
    Je reculai de quelques pas, en faisant signe à Antonio, mon client, de me suivre. Après une trentaine de mètres, je lui murmurai à l’oreille, dans notre sabir commun mélangeant anglais, italien et espagnol, « éléfante »… C’était suffisant, et ses yeux s’agrandirent, tandis qu’à son tour il fouillait du regard l’épaisse végétation. En me serrant le bras, il murmura « Peter, c’est mon premier »…
    Je me suis toujours demandé, depuis, ce qu’aurait été sa réaction si je lui avais répondu que, pour moi aussi, c’était le premier…
    Il faut bien commencer un jour, n’est-ce pas, et je n’avais jamais encore vu d’éléphant sauvage dans la brousse depuis que j’étais devenu guide de chasse professionnel en Zambie. Si cela vous parait bizarre, dites-vous que j’étais arrivé en Afrique en passant par l’Amérique du Sud, et qu’avant la Zambie, j’avais conduit des safaris dans des régions où il n’y avait aucun éléphant.
    J’avais une réputation naissante comme « chasseur de fauves », lions ou léopards, et personne n’avait songé à me demander mes lettres de créance relativement aux éléphants. De toutes façons, je détenais la Licence de Chasseur Blanc, n’est-ce pas ? Qui avait jamais entendu parler d’un Bwana qui n’ait jamais vu d’éléphant ? et si on m’avait posé la question, j’aurais pu répondre en toute sincérité que j’étais un homme de beaucoup de lecture….
    C’était moi, le vrai Bwana par correspondance… Mais comme on ne m’avait pas posé la question, j’étais resté discret sur le sujet, attendu que ce n’est pas une révélation susceptible de tranquilliser le client… et puis, de toutes façons, rien de tel que d’apprendre sur le terrain…
    Je fis un signe de tête à Silent qui apporta le paquet de cinq blindées Kynoch destinées au magnifique express d’Antonio, un Jeffery calibre 475 n°2. Cet express avait appartenu à un proche de Mussolini qui s’était suicidé avec, lors de l’effondrement de l’Italie fasciste : Antonio l’avait acquis de la succession pour une bouchée de pain, alors que, maintenant, il valait le prix d’une Ferrari haut de gamme.
    Il retira les expansives des chambres pour les remplacer par deux blindées, et referma doucement la bascule qui chuchota son bruit de coffre-fort de bonne maison.
    Quant à moi, comme je ne tire que des blindées, je me contentai de vérifier le chargement de ma Mauser, tout en insérant deux balles supplémentaire entre les derniers doigts de ma main gauche, et en respirant rapidement, pour ramener mon rythme cardiaque en dessous des 300 coups/minute….
    Bon, allons jeter un œil à cet éléphant, pensai-je avec pétulance…le vent semblait bon, et la cigarette que j’allumai montra qu’il tenait fermement en notre faveur. Antonio serrait son Jeffery comme la Vraie Croix, tandis que nous nous dirigions vers le centre du bosquet, et que je pensais à des choses qui m’auraient peut-être séduit davantage.
    Depuis ce jour, j’ai toujours été étonné de la difficulté que l’on éprouve à distinguer dans la végétation un être aussi gigantesque qu’un éléphant. Peut-être est-ce simplement un phénomène d’optique dû à la taille même de l’animal, fragmentée par les ombres et les reflets. A très courte portée, un éléphant ressemble à une sorte de patchwork de la couleur de la poussière locale où il s’est roulé. Même après avoir situé l’animal, le chasseur a du mal à évaluer les défenses, et même à déterminer s’il en voit le devant ou le derrière !
    Dans notre cas de figure, si quelque chose de la taille d’une maison de ville n’avait pas levé le tête et arraché une branche grosse comme ma cuisse pour en manger l’écorce et les feuilles – avec un bruit du genre de celui que fait une voiture passant à travers une palissade de bois – nous aurions pu nous arrêter sous son ventre sans nous en rendre compte. Il n’était plus qu’à 15 mètres, de trois-quart arrière, sa défense gauche montrant un délicat orbe d’ivoire tachée de sève.
    Tandis que nous regardions, sa forme se mit en place devant nos yeux, à la manière des pièces d’un puzzle trouvant leur place d’un coup : l’oreille apparut, puis les lignes de son dos. Derrière lui, un mouvement indistinct manifesta la présence de quelque chose d’aussi gros et gris. Avec mes jumelles, je tentais d’évaluer leur poids d’ivoire : le plus proche de nous portait des 60 livres, très correct, tandis que l’autre avait une défense endommagée. Je fis signe à Antonio que le plus proche serait le nôtre.
    En fait, les livres que j’avais lus ne m’avaient pas fait comprendre à quel point un éléphant est énorme : sans doute, le seul moyen de les apprécier vraiment, c’est de s’en approcher avec un instrument en bois et en acier entre vos mains tremblantes, dans l’intention stupide de lui faire mal avec cette petite chose…
    Vous remarquerez alors des choses que vous n’aviez pas vues au zoo : la zone sombre de la glande temporale, les déchirures et les perforations du pavillon de l’oreille, l’étrange cercle gris clair autour de l’œil bordé de cils incroyablement longs et fournis.
    On entend encore le gargouillis, ce qui, selon les livres, est excellent ; s’il s’arrête : aux postes de combat ! L’odeur ammoniaquée de l’urine vous prend de face, comme dans une pissotière à Atlanta au mois d’août, et vous vous rappelez que le gargouillis n’est pas ce qu’il semble être, mais un moyen de communication utilisé pour rester en contact dans un biotope serré.
    Bon, et maintenant ? vous éprouvez un peu le même sentiment de panique que celui ressenti lorsque vous aviez fait cette conférence devant les amies de votre femme au Club de Jardinage, en réalisant que vous aviez laissé votre braguette ouverte…
    Vous ne pouvez pas dire à Antonio de lui tirer une balle dans le cul, ça ne se fait pas, totalement non-Pukkha ! si on essaie de le contourner pour pouvoir tirer une balle de cerveau, il va vous sentir ou entendre vos dents qui claquent… Mais il va falloir se décider, et vite, parce qu’il est vraiment près, très près… et le vent peut tourner sans prévenir, et les choses devenir alors franchement déplaisantes…
    Vous attrapez alors pour environ 200$ de la veste de brousse sur mesure d’Antonio, en décidant de reculer un peu pour avoir un peu plus d’espace devant vous. Vous n’aimez pas du tout la façon dont Silent vous regarde d’un air inquiet….et l’éléphant se déplace de deux ou trois pas, avec la grâce languide d’un glissement de terrain, ouvrant l’angle entre lui et vous…
    Bon Dieu, cette taille… il a dû prendre quatre tonnes et un mètre au garrot dans les 15 dernières secondes… si seulement vous n’étiez pas aussi près… en continuant d’endommager les plis de la veste d’Antonio, vous reculez avec une prudence extrême, évitant les feuilles et les branchettes de bois mort… cinq mètres parcourus, quand ….
    Il a peut être senti ces trois paires d’yeux sur lui, ou encore un bruissement de feuillage. Qu’importe… avec un barrissement suraigu qui se répercute dans votre estomac, il se retourne, ses yeux myopes distinguant vos silhouettes, aidés par le click des sûretés. Les énormes oreilles se déploient, la trompe s’enroule contre la poitrine, et il est sur vous, incroyablement rapide au milieu des débris de branchage et de mottes de terre soulevés.
    Vous hurlez à Antonio de tirer, les deux départs vous claquent au visage et vous assourdissent l’oreille droite, tandis qu’un geyser de terre apparaît devant l’éléphant puis une blessure en séton sur le haut du crâne…
    C’est à vous maintenant, et il faut faire vite : il est à moins de 10 mètres quand le guidon d’ivoire de votre 375 se cale au milieu de la hausse en V. La tête qui vous paraît aussi grosse qu’une Volkswagen se secoue de part et d’autre, rendant la visée difficile, mais les réflexes prennent le dessus, et le Mauser claque pour ainsi dire de son propre chef, vous ne sentez pas le recul, mais vous voyez le trou rond qui est apparu magiquement au milieu du front, un petit trou ridicule, qui se borde de rouge. Vous avez automatiquement réarmé, mais un second coup est inutile.
    La tête énorme recule, l’animal s’affaisse lentement, et roule sur le côté, six tonnes de muscles, de sang, d’os et de viscères qui font un bruit mou, tandis que la patte arrière droite se détend une dernière fois. En faisant trois pas, vous le toucheriez du bout de votre canon, mais vous n’êtes pas aussi stupide, vous avez lu les bons livres : vous le contournez, et vous lui tirez la balle de sécurité dans le cou, sans même qu’il frémisse…
    Vous réussissez ensuite à allumer votre cigarette du bon côté, et vos haut-le-cœur de trouille s’apaisent un peu. Antonio ressemble à l’un de ces types que l’on voit errer sur le côté de la route, après un accident de voiture de plein fouet, mais la couleur revient peu à peu sous son bronzage. Silent et moi lui serrons la main :
    d’accord, ses tirs ne furent pas impressionnants de précision, mais il n’a pas pris la fuite en jetant son fusil. Ce n’est pas tous les jours qu’un homme d’affaires milanais est chargé par un éléphant à moins de 15 mètres.
    Il a eu son éléphant à la loyale, sur le terrain de l’adversaire, en mettant sa propre vie comme enjeu : et c’est le plus grand souvenir de chasse qu’il emportera avec lui.
    Si vous me demandez pourquoi un homme sain d’esprit risque ainsi sa vie, je suis incapable de vous répondre de façon vraiment satisfaisante : c’était son Everest ou son Cervin par la face Nord, son Grand Prix auto, et sa victoire sur le sentiment de sa propre et inéluctable finitude…. »

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