Roselyne à l’attaque

Des fois, les revues de presse, ça fait mal. Quand on regarde les sections Economie et France, ce n’est plus une « revue », mais une « collision » de presse…

Et cette fois-ci, ce sera Roselyne qui va se taper la collision. La pauvre pharmacienne se retrouve une nouvelle fois dans l’engrenage terrible de l’actualité à laquelle elle n’entend pas grand-chose ; elle doit en effet, à mesure que les chiffres calamiteux de l’assurance santé s’entassent dans le dernier paradis socialiste du monde, préparer l’opinion à la douloureuse vérité (effroi, surprise et consternation dans les rangs des assurés) : les remboursement vont encore diminuer et les ponctions vont encore augmenter.

Ainsi donc, lancée à l’assaut d’un sujet qu’elle ne maîtrise pas armée d’une petite poignée de neurones usagés, elle tente de noyer le poisson en manœuvres dilatoires grossières : pour combler un trou d’une dizaine de milliards d’euros (une bagatelle de plus), elle entend mettre en place des « financements nouveaux ». Les « Financements Nouveaux », on s’en souvient, sont à la politique ce que la clef à molette est au garagiste ou – plus à propos – la baïonnette au légionnaire. A la différence notoire qu’ici, on n’en sait finalement pas plus sur les moyens qui seront mis en œuvre pour faire passer ces financements nouveaux dans le portefeuille des Français en toute discrétion.

Car … Il y a un problème : en effet, si l’on en croit le savant calcul d’un des nombreux cabinets officiels dont notre pays conserve jalousement le secret ancestral de production à échelle industrielle, chaque Français a déjà raqué plus de 3100 euros par an pour cette usine à gaz. A l’annonce de ce chiffre, j’ai pris ma petite calculette et j’ai fait le calcul suivant : sachant qu’en France, un foyer compte en moyenne 2.3 personnes[1], cela veut dire qu’un foyer dépense en moyenne 7600 euros pour sa santé, par an en France. Or, pour cette année, je suis absolument sûr de ne pas avoir dépensé tout ça, ni même dix fois moins. Et comme le déficit n’est – finalement – que de 6% des dépenses, ça veut dire que plus de 7100 euros de cette dépense sont effectivement couverts.

Il appert donc que cette somme, pour avoir sûrement été dépensée aura bien aussi sûrement été ponctionnée quelque part. Tourné autrement, si les ponctions n’existaient pas, mon foyer serait plus riche de 7100 euros au moins (je dis au moins puisque les coûts de ponction et de répartition n’auraient pas lieu non plus, ce qui ferait toujours une économie supplémentaire).

On m’objectera : oui, c’est facile dit comme ça, mais si, d’aventure, cette année s’était passée avec un accident ou une maladie majeurs, j’aurai certainement dépensé beaucoup plus que cette somme dérisoire. C’est exact. Mais il est aussi exact que, n’ayant pas d’assurance étatique obligatoire, j’aurai utilisé une bonne partie de cette somme pour assurer mon foyer (avec 7100 euros de plus, soit près de 600 euros par mois, cela devient d’un coup plus facile).

Il est probable que j’aurai choisi un contrat adapté à la situation, l’âge et les risques sanitaires liés à la situation de mon foyer, le tout pour minimiser cette dépense. On trouve chez des assureurs privés des prestations équivalentes ou supérieures à celle de notre chère sécu pour des sommes décentes ; on pourra s’en convaincre en lisant la documentation fournie ici et , qui établit un montant de tarifs de l’ordre de 4700 euros pour famille moyenne (2 adultes et 2 enfants). Le différentiel observé (2400 euros) avec les 7100 euros de dépense moyenne pourra être placé sur un fonds rémunéré, qui servira à payer les extras en cas de coup dur[2].

Il devient très difficile, dès lors, de convaincre que la Solidarité Obligatoire Française justifie en soi une ponction obligatoire, alors qu’elle peut être remplacée par une opération qui semble relativement équilibrée économiquement, et qui laisse même une solide marge d’intervention, marge pouvant d’ailleurs être utilisée à des fins charitables : eh oui, quand on est plus riche (ou moins pauvre), on donne plus facilement.

Mais las, on peut parier que la Roselyne va proposer d’autres solutions à cet épineux problèmes, solutions qui n’auront plus que probablement rien à voir avec une quelconque liberté du moutontribuable qu’elle continuera de tondre avec une certaine vigueur. Or, c’est le second problème : la laine de ces moutontribuables ne pousse pas aussi vite que prévu. Telle, en tout cas, serait la conclusion de l’OCDE qui revoit la croissance française en baisse.

Pauvre Roselyne : elle va tondre des animaux de plus en plus glabres, et risquer d’attaquer la tendre couenne des aimables brouteurs, alors que la saison froide arrive et que le risque de choper des maladies s’accroît. A moins bien sûr qu’elle envisage des mesures plus ésotériques pour renflouer les caisses et qu’elle choisisse, comme d’autres au Népal, de s’en remettre aux divinités pour retrouver un semblant de cohérence dans un système de plus en plus voué aux caprices des dieux… A quand le sacrifice d’un ou d’une étatiste bien dodu(e) pour apaiser les éléments et rétablir les comptes ?

La Fraônce n’est pas sortie de l’ornière avec son système de santé. Mais courage, Roselyne : tu pourras toujours te requinquer le moral en allant voir les dernières pitreries de Michael Moore, dont l’humour légendaire le pousse à dresser un tableau réaliste et mesuré de système français, celui-là même qui creuse ses déficits, celui-là même dont les urgentistes, les infirmières, les médecins se plaignent, celui-là même dont les Français ne sont pas franchement content, et celui-là même qui, bien que parfait, ne trouve manifestement grâce auprès d’aucun autre pays, comme Le Concorde jadis, le TGV actuellement et l’A380 dans le futur.

Et comme je suis sûr qu’avec un tel documentaire, le moral te sera revenu, chère Roselyne, tu pourras ensuite t’attaquer, avec la hargne, l’entregent et la poigne qui te caractérisent, au système de retraite par répartition que, manifestement, de plus en plus de monde trouve un peu bancal, à commencer par certain personnel de santé qui ne mâche pas ses mots…

Haut les coeurs ! A coeur vaillant, rien d’impossible. Et dis-toi bien, Roselyne, que si ton prénom rime avec Vaseline, ce n’est finalement pas par hasard.

Notes

[1] Chiffres Insee

[2] Et encore, ce différentiel pour une telle famille de 4 personnes serait de (4*3100)*(1-6%) – 4700 > 6900 euros

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