Les gros bras de la CGT

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas eu un exemple flagrant des méthodes de mafiosi employées par les brillants intellectuels de nos Syndicats Représentatifs. Alors que les séquestrations de patrons continuent sous l’œil atone ou compassé des médias, la CGT tente un nouvel angle d’attaque dans la diffusion de son message : proposer le contraire de l’enfermement en passant à l’expulsion vigoureuse.

On peut parier un relai timide dans la presse traditionnelle de ce fait divers pourtant fort révélateur : la CGT a donc usé du procédé habituellement réservé aux facho-de-droâte pour expulser manu militari un groupe de sans-papiers.

Evidemment, ça et là, on lira en diagonale la polémique en carton qu’on essaiera de monter : la police aurait-elle aidée la CGT dans son action musclée ? Ou pire, cette action ne serait-elle pas là l’œuvre de l’inflexible police sarkozienne qui utiliserait la CGT comme prétexte à une intervention violente ? Et tout aussi logiquement, on remarquera que si la police avait subitement décidé d’agir et de faire sortir les immigrants illégaux, avec ou sans l’accord de la CGT, tout ce que la presse compte de reporter – journaliste – militant engagé se serait élevé contre cette scandaleuse répression inhumaine patati patata.

Non, en réalité, il semble bien que ce soit la CGT qui ait voulu récupérer son lieu de « travail » ; il y a donc ici la réaction épidermique mais logique d’un organisme qui se retrouve, littéralement, squatté, et qui doit en venir à la force pour retrouver son état initial.

Ce que cette histoire a d’intéressant est son aspect iceberg : la partie émergée, l’expulsion des sans-papiers, cache en effet trois autres aspects très peu reluisants de l’organisation syndicale dont on peut s’étonner qu’ils ne soient pas plus clairement mis en avant par les médias traditionnels.

Tout d’abord, on apprend en fouillant un tout petit peu que si la CGT est une organisation très à l’écoute de ses militants, elle est aussi particulièrement attentive à ses plates-bandes. Elle n’aime pas qu’une organisation rivale voie le jour, vienne sur son propre lieu de travail stresser ses propres principes sans répliquer vertement. A la lecture du petit article en question, on découvre une joyeuse ribambelle de larrons, dont le NPA, qui se bouffent le nez alors qu’habituellement, ils s’entendent très bien pour faire la foire. Il est particulièrement éclairant que ce syndicat, ce parti politique et ces ONG, généralement d’accord pour s’associer dans leurs démarches « citoyennes et humanistes » typiques, se tirent dans les pattes dès que les intérêts spécifiques obtenus (soyons-en sûrs) de haute lutte sont accaparés ou détournés par les uns au détriment des autres. En clair : so-so-solidaires, mais faut-faut-faut pas pousser.


Aaaah, les bonnes habitudes d’antan !

Ensuite, la démarche vitaminée et festive de la CGT pour récupérer ses locaux, en castagnant du Malien par le truchement d’une action humaine décisive et calibrée, montre la souplesse d’interprétation de concepts pourtant simples à circonscrire dans des définitions claires, comme Propriété Privée ou Occupation Illégale. Ainsi, la police aura toutes les peines du monde à exercer son autorité dans le cas d’une séquestration de patron par des nervis syndiqués. Dans ce cas, on est dans la Lutte Sociale, vous comprenez ma brave dame ; ici, il s’agit de cogner le bourgeois pour la Noble Cause Ouvrière. Alors que kicker du noir hors de la Bourse du Travail, voyez-vous m’ame Ginette, c’est la simple résultante d’une négociation tendue qui n’a pas abouti, et la récupération légitime d’un lieu de « travail » des défenseurs des droizacquis et des Représentants de la Classe Laborieuse ! Simple, pourtant. L’important étant, pour que toutes ces opérations se passent correctement, que la souplesse des termes soit plus grande que celle des matraques pour éviter de sombrer dans un laxisme contre-productif, pif, paf. Vous reprendrez bien un petit coup, m’ame Ginette ?

Enfin, toute cette misérable action aura eu pour mérite de montrer assez clairement la veulerie de la presse. On se souviendra, à l’occasion des expulsions policières de sans-papiers qui dans des églises, qui dans des bâtiments désaffectés, de ces reportages en caméra à l’épaule, de ces articles aussi lacrymogènes que les gaz fachistes de la polissassarko. On se rappellera les nombreuses montées aux créneaux de scribouillards affolés devant les actions nauséabondes de Hortefeux, des levées de boucliers aussi multiples que vigoureuses pour dénoncer la lente descente aux enfers de notre pays des drouâdlhom vers celui des pires dictatures, on se remémorera des éditos en première page, chevrotants d’émotion et des robustes tirages de sonnette d’alarme qui les accompagnaient.

Là, bon, y’a que deux cents Maliens, hommes, femmes et ptinenfants, qui se sont fait latter avec lacrymos et tout le bazar, et la presse relate ceci à mi-chemin entre le démarrage médiocre des soldes d’été et les chiffres du loto (que je n’ai pas gagné, zut et zut, mais c’est normal, je ne joue pas).

Ah, franchement, moi, je vous le dis : si la CGT commence à employer des moyens digne d’une police de répression, ce pays est foutu !

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