La méthode New Fabris

Et voilà un petit matin agréable de juillet, qui annonce une fête nationale guillerette et ensoleillée. Cela fait maintenant deux ans pleins que Sarkozy est au pouvoir et le chemin parcouru peut donner froid dans le dos et une bonne idée de ce qui peut se passer sur le plan politique quand on est démago pur jus. Sur le plan économique, la situation, de franchement médiocre en 2007, est passée à exécrable puis catastrophique, à ce point que la Garden-Party ne comptera que (!) 5000 invités. Et pendant que l’état californien, lui, se serre la ceinture de plus en plus, la France, une, indivisible et sous Prozac, attend calmement l’arrivée des petits pédaleurs sous EPO sans s’occuper de sa dette, toujours aussi facile à financer.

Bref, tout va bien, et même mieux que bien : on sent un plaisir orgasmique parcourir la Nation alors qu’au garde-à-vous, son armée en l’honneur de laquelle il fut fait tant d’érections de monuments, défile à pas cadencés sous l’admiration béate d’un peuple qui sue sang et eau pour son entretien. Enfin, c’est ce qu’on dit.

Et comme il est maintenant de tradition, la fête fut de mise dès les soirs précédents où la jeunesse a su trouver dans ses maigres ressources de quoi illuminer la nuit de milles feux citoyens et festifs, en cramant des tires par exemple, dont on vous rappelle qu’il s’agit d’une petite incivilité, tout au plus : ne pas se lever dans le bus pour laisser une dame âgée s’asseoir ou brûler 317 voitures, c’est sensiblement la même chose, de nos jours.

Le kick d’adrénaline doit cependant être plus fort avec les barbecues citoyens qu’avec les politesses alternatives. Le jeune est pragmatique : tant que la drogue coûte plus cher que l’essence, il sera plus rentable de chercher un peu d’évasion en allumant le second plutôt qu’en sniffant le premier. Gageons que les augmentations progressives des taxes sur les carburants et la banalisation de la drogue aboutiront enfin à un renversement de tendance; lorsque ma 2CV tuning injection carburera au cannabis, on saura qu’un point crucial a été atteint.

On notera au passage le ton détendu et posé avec lequel la presse relate, entre deux autres nouvelles d’importance mineure, le fait qu’on s’exerce aux engins pyrotechniques sur la police et que plus de 300 véhicules brûlés représente une stagnation du phénomène sur un an (lisez : business as usual, quoi). Rappelons que la sécurité, cheval de bataille sarkozien, devait normalement permettre de reléguer ces nouvelles au rang de plaisanteries d’un moyen-âge socialo-chiraquien d’antan. Mais actuellement, notre président est occupé : il fait le beau devant des militaires et son planning prévoit qu’il aille ensuite gober des blinis au caviar.


La sécurité selon Sarkozy. Goutu, non ?

La Sécurité attendra. Aujourd’hui, c’est Égalité et Fraternité. La liberté aussi attendra. Elle est partie en voyage avec la Propriété privée, l’Intelligence et le Courage, dont les périples passionnant nous entraînent tous les jours un peu plus loin du territoire franchouille.

En effet, pendant que des jeunes expliquent aux vieux comment animer les soirées, des vieux expliquent aux jeunes comment racketter. La recette est simple, ancestrale et connue de tous, mais marque tout de même un tournant dans les habitudes.

Jusqu’à présent en effet, pour racketter un patron, pour soutirer de l’argent à un riche, pour voler un propriétaire, on procédait stratégiquement par Le Vote, qui permettait ainsi d’atténuer très vite et très efficacement les scrupules pour les diluer dans la masse des électeurs. L’idée générale reste toujours la même : quand il y a un pépin, un problème ou une catastrophe, on ne veut pas entendre parler des assurances privées qui sont méchantes par définition. On va demander à l’état (i.e. tous les autres) de s’occuper de résoudre le problème ou de le noyer dans l’argent (des autres).

Car la propriété privée, le capitalisme, l’argent, c’est le sceau du diable, c’est la marque de la société de consommation, c’est vil, mais si on peut en avoir un gros morceau, ça devient tout de suite plus communiste-kasher.

Et quand l’état renâcle parce qu’il n’a plus d’argent ou qu’il en a déjà distribué à (trop) gros bouillons, il faut trouver une autre méthode, plus vive que le vote, pour extorquer de l’argent.

Alors on fait du racket : tu me subventionnes où je bloque les routes. Tu me finances ou je te séquestre. Tu me files ton oseille ou je te tabasse. Tu me donnes du blé ou je brûle ta voiture. Tu me donnes ton argent ou je fais sauter la boîte. Et puis pour faire bonne mesure, je dirais que c’est « ma » boîte pour attendrir le pisse-copie, et faire rougir de plaisir les petits trostkystes (avec un « y », comme dans kyste).

Petit-à-petit, la France développe une autre façon de dialoguer, une autre méthode d’aborder les questions sociales. Certains appellent ça une révolte, une façon d’agir alternative lorsqu’on est au pied du mur, une lutte sociale, bref, tout un cortège de mots doux et fumigènes pour cacher la réalité plus violente que ça recouvre : il s’agit, ni plus ni moins, d’extorsion, de racket, de violences en vue d’obtenir ce qu’on ne peut obtenir par le contrat signé, par les accords passés. Dans ce nouveau mode de « dialogue », le contrat de travail n’en est pas un puisqu’il peut se retourner, moyennant un syndicalisme « appuyé », contre l’employeur. En effet, pour le moment, les matraquages, séquestrations et chantages actions de revendications ne concernent que ceux dont la situation s’est dégradée, que ceux qui en veulent personnellement à leur patron de n’avoir pu grappiller plus de mannes de l’état.

Un petit matin, ce sera un salarié qui tabassera le patron pour avoir une augmentation. Oh, s’il n’est pas syndiqué et si les gros bras de la CGT ne sont pas avec lui, c’est la taule assurée. Si en revanche, il a su trouver dans ces âmes charitables le levier nécessaire pour attirer les caméras et indigner l’Opinion Publique, banco, l’augmentation est pour lui.

Il y a un an de cela,, je prévoyais une rentrée féconde en rebondissements.

L’avenir aura montré que je ne me suis pas trompé.

Pour cette année, les rebondissements seront peut-être boursiers, mais plus probablement, ils seront sociaux.


Des bulles, des putes, tout va bien !

La crise ne fait que commencer. Et pendant ce temps, l’Elysée festoie.

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