La guerre de tous contre tous

La France semble avoir bien du mal à sortir de ses épidémies qui encombrent ses urgences : après celle de coronavirus dont les variants, chafouins, semblent se multiplier vigoureusement à mesure que la peur du public s’épuise, c’est maintenant une véritable épidémie de saturnisme fulgurant qui s’empare de certaines cités françaises dans une relative indifférence des médias d’habitude gourmands de ce genre de maladies pittoresques.

Car il faut bien admettre que c’est avec un certain détachement que la presse a récemment relaté les déboires sordides de certains habitants de Marseille : on apprend qu’une nouvelle fusillade a éclaté dans un quartier au nord de la cité phocéenne, tuant une jeune fille de 17 ans. Il semble aux premiers éléments de l’enquête que cette victime n’était probablement pas volontaire : « au mauvais endroit, au mauvais moment » semble être l’épitaphe de plus en plus fréquent qu’on pourrait apposer sur la tombe de certains dans ces cités où la République a pourtant fermement interdit la détention et l’usage d’armes à feu, comme partout sur le reste du territoire je vous le rappelle.

Et ce n’est plus vraiment une exagération puisque ce genre de fusillades faisant morts et blessés dans différents points du territoire continue de se multiplier dans l’atonie générale des pouvoirs publics qui semblent surtout gênés qu’on en parle aussi régulièrement dans la presse. Presse qui ne va pas jusqu’à faire des compilations par semaine ou par mois, permettant par exemple de faire un bilan circonstancié de ce qui se passe dans cet Hexagone apaisé où la loi et l’ordre règnent évidemment.

C’est dommage, cela permettrait de se rendre compte que l’usage des armes à feu est finalement assez régulier en France, qu’il est très largement réservé à la pègre (les particuliers et la police semblant très largement étrangers à ces occupations), que la tendance est plutôt à l’augmentation et les pouvoirs publics sont à peu près impuissants, malgré les tombereaux d’argent gratuit des autres déversés dans les différents services de l’État.

Le mois écoulé, par exemple, a été plutôt chargé sans pour autant être exceptionnel : que ce soit à Gap, à Albi, en région parisienne, à Lyon, Grenoble ou même en Bretagne, les as de la gâchette française continuent de faire parler d’eux. On pourrait, pour compléter le tableau, inclure les pratiquants d’armes blanches, « fous » ou non, dont le bilan n’est pas non plus particulièrement léger puisque, chaque semaine, de nouvelles victimes se font trouer la peau dans des circonstances de plus en plus aberrantes.

Il est particulièrement intéressant de constater cette montée de la violence physique – que seuls les chiffres de 2020 (confinements obligent) viennent démentir – est d’ailleurs régulièrement mentionnée dans la presse exclusivement pour être systématiquement minorée, euphémisée à coup de sociologie idéologique et de furieux massages statistiques qui parviennent toujours à faire rentrer des pavés (de propagande) dans des trous cylindriques (et souvent, ce sont les vôtres). Non, la violence n’augmente pas, c’est juste un sentiment de petites tensions entre individus, c’est tout.

Certes, cette violence est le fruit délétère d’un abandon du régalien par un État maintenant éparpillé à faire absolument tout et n’importe quoi, depuis l’assistance sociale à outrance jusqu’aux douches en passant par toute une panoplie de domaines aussi improbables les uns que les autres.

C’est aussi le reflet d’une société qui n’en est plus vraiment une : là où, il y a un demi-siècle ou plus, les citoyens français comprenaient qu’il fallait vivre ensemble, c’est-à-dire s’efforcer, les uns et les autres, de tendre vers une même société en harmonisant coutumes, habitudes et pratiques, ce qui se passe actuellement sur le territoire français ne tient plus vraiment de la société mais plutôt d’un amalgame de pratiques et de tolérances de moins en moins stable.

Ainsi, à la violence physique déjà mentionnée correspond aussi une violence conséquente des multiples oppositions qui fracturent actuellement le pays, que certains tentent d’analyser et que beaucoup trop nient ou minimisent encore et que l’épisode des Gilets Jaunes de 2018 et 2019 illustrait assez bien : ce sont les oppositions entre la France d’en haut et celle d’en bas, entre celle des villes et celles des campagnes, entre la province et les grandes métropoles, entre l’administration (et ses émanations diverses) et le secteur marchand totalement ouvert à la concurrence.

À ces fractures déjà béantes, déjà analysées dans ces colonnes, visibles à chaque élection (et à la part croissante d’abstention), s’ajoutent maintenant d’autres cassures encore plus nettes, plus violentes, que l’actuelle crise sanitaire a déclenchées : celle entre les tenants de la vaccination (qui devient obligatoire dans leur bouche) et ceux qui s’y opposent aussi farouchement, entre ceux qui sont prêts à vivre avec les risques que cela comporte et à les assumer, et ceux qui ne le sont pas.

Pour cette nouvelle fracture, les médias, dont la richesse ne provient pour ainsi dire que de la mise en perspective de ces différences, ont beau jeu d’alimenter voire exacerber ces différences au profit d’un pouvoir qui – outre assurer directement ou indirectement le financement de ces médias – bénéficie assez vigoureusement du morcellement de la vie politique, dans un diviser pour mieux régner qui n’a jamais été aussi violemment appliqué : on en arrive au point où certains sont prêts à utiliser la force pour distribuer le vaccin, à mettre en place des camps, à ostraciser les non-vaccinés devenus sans nuance porteurs de tous les maux, dans une débauche de violence directement en rapport avec la peur suscitée.

Et pour diviser, la peur est maintenant utilisée extensivement, attisée pour manipuler les foules comme elle ne l’avait plus été depuis au moins un siècle. La société française est maintenant complètement morcelée sociologiquement, percluse de ces violences à la fois idéologiques et physiques, dont tout le monde constate qu’elles grandissent à mesure que grandit le déni dans les classes jacassantes.

Dans quelques mois, un nouveau cirque électoral prendra place mais, même si Macron est chassé par le vote populaire, il faut se rendre à l’évidence : il n’y a pour le moment que des cuistres, des clowns et des imbéciles médiocres pour le remplacer. Rien ne sera donc résolu de la situation véritablement catastrophique du pays, qui n’est déjà plus une société puisqu’il n’y a plus de « vivrensemble », ni même simplement de « vivracôté ».

On en arrive au point où le « Mondaprès » est clairement ce monde où chacun est un ennemi potentiel, où la guerre peut se mener contre tous en général et chacun en particulier.

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