La définition était simple claire : une perte de contrôle de la police en France, ce serait « si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins et qui commettaient des exactions », selon Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, le 6 octobre dernier.
Onze jour plus tard, nous sommes en plein dedans, avec hordes, défilés, pillages et exactions, dans le bon ordre et dans une bonne douzaine de villes. Le bilan de samedi dernier ne laisse pas de doute : entre 550 000 et 800 000 manifestants contre « la vie chère », 1 200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés selon le Premier ministre, qui estime sans rire que c’est un miracle que ce ne soit pas pire.
Comme d’habitude, Paris a vu pillages massifs, exactions de tous les côtés et les commerçants de Lyon, Marseille et Nice ont eu droit au même traitement. Marseille et Lille ont vu leurs mairies dégradées, Lyon une antenne de son office du tourisme incendiée, Bordeaux la résidence de sa préfète saccagée. À Nantes, les boutiques s’étaient barricadées d’avance, preuve que les commerçants, eux, lisent les réseaux sociaux, tandis que Rennes a connu une journée de chaos. Et Limoges a regardé brûler son hôtel de ville du XIXe siècle, dont la partie historique est quasiment détruite.
Un bâtiment qui avait traversé deux guerres mondiales n’aura pas survécu à un samedi après-midi de gauchisme, de laxisme et de hordes bigarrées.
Et pourtant, tout était écrit, planifié et parfaitement prévisible.
La veille, une carte collaborative montée par des collectifs issus des Gilets jaunes et de Bloquons tout recensait plus de 1 300 actions, dont plus de 600 manifestations. Le ministère, lui, en attendait 250 et 80, et tablait sur 150 000 manifestants. Le renseignement s’est trompé d’un facteur 7 sur des informations publiques, étalées sur les réseaux sociaux, à commencer par TikTok où l’appel était né.
C’est inquiétant. Ou louche si l’on veut faire complotiste.
Le second échec est doctrinal, comme le souligne Claude Moniquet sur CNews : depuis quelques années, la doctrine officiel du maintien de l’ordre « à distance » consiste à contenir, encadrer, laisser filer, puis compter les dégâts le lendemain. L’un de ses architectes de cette doctrine n’est autre que Nuñez, qui, secrétaire d’État pendant les Gilets jaunes, venait défendre devant les députés ce nouveau schéma.
On se doutait fortement que le cuistre était un nul, on en a une preuve concrète. Qu’il soit maintenant Ministre de l’intérieur en dit long sur les capacités de discernement et de recrutement de nos dirigeants.
Du reste, le contraste avec 2019 est frappant : face à des provinciaux en gilets fluo venus réclamer moins de taxes sur le gazole, l’État n’avait pas hésité une seconde à utiliser LBD, grenades, gardes à vue par milliers. Aujourd’hui, devant des bandes de 500 à plus de 1 000 racailles, on observe à distance, on filme, on attend que ça passe. Le message est reçu 5/5 par ceux qui ont intérêt à le recevoir : chaque débordement mollement réprimé prépare le suivant, en plus gros.
Car comme d’habitude, ces bandes ne sont pas tombées du ciel.
En milieu d’après midi, aucun des interpellés à Paris n’étaient (à une exception près) résident parisien. Tous étaient largement préparés (gants coqués, couteaux, projectiles et explosifs). La colère « spontanée » n’existe que chez les journalistes naïfs.
Dimanche matin, sur 517 gardes à vue, 171 concernaient des mineurs. Comme d’habitude, les profils n’ont rien de mystérieux : un mélange de racailles de banlieue venues faire leurs courses sans passer par la caisse, et de black blocs de bonne famille venus jouer à la révolution avant de rentrer dîner. Pour les premiers, le rapport des inspections générales sur les émeutes de 2023 relevait déjà une grande majorité de jeunes Français issus de l’immigration, et rien n’a miraculeusement changé depuis.
Face à cela, la classe politique a comme d’habitude fait ce qu’elle fait de mieux : gesticuler dans les médias.
Mélenchon, dont le parti avait appelé à manifester, a joué les ingénus et découvert le soir même que ça avait malencontreusement dérapé. La faute aux autres, évidemment.
Pendant ce temps, la mairie très socialiste de Paris, pourtant généralement contre toute forme visible de maintien de l’ordre, pleurnichait sur un « manque de moyens » policiers, pendant que les Écologistes dénonçaient comme d’habitude une force disproportionnée.
La gauche, aussi cohérente que d’habitude, n’a pas tranché, mais elle est certaine que c’est la faute de quelqu’un d’autre.
Quant à l’extrême-centre, son analyse est comme d’habitude que tout ceci va faire monter le Rassemblement national. Peut-être, mais c’est précisément l’inaction de ces niais impotents qui nourrit les extrêmes, l’un en soufflant sur les braises au bord de l’appel à l’insurrection, l’autre en affichant une fermeté qui ne lui coûte rien tant qu’il n’est pas aux affaires.
Comme d’habitude, les commerçants ont été pillés, laissés seuls avec leurs vitrines en miettes. La police, mobilisée pour « protéger les bâtiments publics », n’a pas davantage protégé les mairies de Limoges, de Marseille ou de Lille, ni la résidence d’une préfète. On n’a en revanche entendu parler d’aucun ministère envahi.
L’ordre public a ses priorités, et le contribuable n’en fait comme d’habitude pas partie. Et comme d’habitude, il en fera pourtant partie au moment de payer.
Magie du gauchisme et du laxisme : une mobilisation contre la vie chère, née de la colère contre des prix à la pompe composés pour moitié de taxes, se traduit par un renchérissement de la vie de tous via l’impôt. Continuez comme ça, c’est la bonne méthode assurément.
Enfin, comme d’habitude, le garde des Sceaux réclame la détention provisoire, le chef de l’État promet de la fermeté toute neuve et toute solide, probablement en import direct (on ne fait plus ça en France). On peut déjà sourire aux condamnations fermes parmi les centaines d’interpellés de cette journée d’action et parier sans grand risque sur un écart épais.
Le chaos s’installe donc, doucement.
Oh, il ne s’agit pas d’un chaos permanent, mais les dosettes sont de moins en moins lyophilisées, de plus en plus corsées et consistantes et chaque nouvelle dosette prépare la suivante, plus violente, chaotique et démonstrative. Les débordements ont fait place aux exactions, les exactions aux pillages et maintenant, ce sont des razzias.
Un petit matin fumant, les déclarations étonnées avec un air nigaud du rond-de-cuir pathétique qui sert de Ministre de l’intérieur ne pourront pas empêcher un déclenchement de l’article 16 de la Constitution, qui prévoit des pouvoirs exceptionnels pour le Président de la République…
À six mois d’une présidentielle à laquelle il ne peut se présenter, un président qui a fait de l’impuissance une méthode trouverait là une excuse en or pour prolonger son bail aussi longtemps que nécessaire.
Mais allons, n’y pensez plus. Le Minustre l’a dit, nous n’avons pas perdu le contrôle.




Aucun sentiment d’avoir failli ne le ronge…
Les commerçants pillés dans le centre de Paris ou ailleurs dans les métropoles régionales rempileront ils ? Le rythme de ces pillages devient du quasi annuel, au moins du bisannuel. Les assureurs continueront-ils à assurer ?
En tout cas, les primes d’assurance vont encore augmenter, TVA comprise…
Aucun problème pour ça.Il faudra juste payer plus cher.
Nunez aurait remis sa démission au Mignon qui l’aurait refusée…
Déjà dit au billet précédent : il connaissait d’avance la réponse, fortifiant ainsi son courage…
Cette histoire de démission n’est qu’un pipeau format cornemuse.
Si un ministre démissionne, le Président n’a strictement aucun moyen de la refuser. Sauf en cas de guerre (et encore, à vérifier).
Tout ça n’est qu’une opération de communication maladroite.
Il est consternant que la presse de grand chemin morde encore à l’hameçon.
Si la presse mord à l’hameçon, c’est qu’elle y trouve un intérêt ou a des ordres
Oups je bascule complotiste
Ou qu’ils sont ignares (et ça un fait, pas du complotisme).
Et tous les deux doivent bien rigoler de cette comédie
On ne peut pas organiser tous les jours un incendie de cathédrale. Ils auront dû se rabattre et se contenter d’une mairie territoriale…
Les Limougeauds, déjà accablés d’impôts, seront ravis de contribuer à un futur cube brutaliste pour remplacer un témoignage de la vigueur économique d’alors durant la IIIme république…
S’il voulait vraiment démissionner le président ne pourrait pas refuser.
Avec pareil niveau d’organisation, célérusses !
« une mobilisation contre la vie chère »
Le message était clair pourtant, marre de la vie chère, venez vous servir dans les commerces, c’est gratuit, et c’est nicolas qui paye.
La vie chère, ces derniers temps, c’est à cause des taxes sur le carburant, mais Bercy n’a pas été touché, de la pression foncière et du logement, mais Bercy n’a pas été touché, bref, la perte de pouvoir d’achat vient presque exclusivement de l’Etat qui n’a pas été touché.
Quant à rembourser, ce n’est pas le contribuable qui va payer mais… euh… L’Etat !!
Petit exercice : souligne l’incohérence glissée dans mon commentaire !
Pourquoi rester au singulier pour l’incohérence ?
C’est bien ça, Calvin. Cela fait déjà un moment que l’on sait que ça ne coûte rien, puisque c’est l’état qui paye !
C’est pourtant pas difficile à comprendre …
« une mobilisation contre la vie chère »
Ça fait slogan Intermarché 🙂
Pour le vit chair, ça marchait pour le 36 15 Ulla…
Philou est demandé d’urgence…..
Macron a répété qu’il serait « intraitable » sur les violences.
Depuis au moins 2018.
Il voulait être intraitable.
Pout l’instant on ne peut pas dire que c’est un échec… Disons que ça n’a pas marché.
Deux options pour se refaire :
– la prochaine mascarade violente (et/ou un état d’urgence) ,
– 2032.
Intraitable avec les faibles…
Disons que la seule personne intraitable, c’est lui. On ne peut pas communiquer avec lui.
Pourtant il encaisse son traitement de PR sans protester, du moins ostensiblement ?
« l’État n’avait pas hésité une seconde à utiliser LBD, grenades, gardes à vue par milliers. »
Et à cette époque, les centaures n’étaient pas en service. Nul doute qu’ils auraient été utilisés sans retenue si disponibles…
Visiblement leur utilisation à trois unités mobilisées par éleveur défendant son cheptel, censée impressionner les foules n’a eu aucun effet probant face a celles coutumières des buffles et autres gnous sans parler des hippopotames
Il devait être évident que l’Etat est en guerre contre sa propre population…
« contenir, encadrer, laisser filer… »
Il faudra que le ministre nous explique comment sa doctrine est compatible avec « la protection des personnes et des biens ».
Il y a un bug quelque part…
Après, il faut constater les conséquences, et se demander si ce n’étaient pas précisément des objectifs. Car, comme l’affirmait Roosevelt, « en politique, rien n’arrive par hasard ». Contrairement aux gilets jaunes, syndicats et extrême gauche étaient à la manœuvre pour l’organisation. Le champ de bataille est l’opinion publique majoritaire – les gens qui bossent ou qui ont bossé : la peur est le meilleur moyen de gouvernement quand l’illégitimité est évidente.
Le gouvernement s’est laissé surprendre par les gilets jaunes, rapidement infiltrés de manière à ce que la violence les discrédite.
Il semble que, cette fois-ci, conscient de l’exaspération des Français, il ait pris les devants.
Quant à l’article 16, c’est tout à fait possible, puisque décidément, le plan « guerre » ne fonctionne pas. On ne fait pas d’un peuple émasculé un bataillon de guerriers en quelques heures…
Je suis toujours un peu surpris par le manque de réponse de la société civile.
Pourtant on nous rebat les oreilles sur les milices fascistes, d’extrême-droite, voire d’ultra-droite que notre beau pays doit inlassablement combattre.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’a pas vu de milice se ruer à l’assaut des casseurs et autres pillards.
Je dis ça, je ne dis rien.
Mon ami, déjà qu’un commerçant juste défendant son commerce et retournant un ongle de racaille à cette occasion, se voit trainer devant un tribunal et condamner durement pour qu’on ne l’y reprenne pas, comment attendre de l’action d’autrui alors.
Nous ne sommes pas aux USA où dans de nombreux états, un propriétaire amochant un cambrioleur surpris chez lui, reçoit plutôt les félicitations du jury…
Ce qui est bien dommage
Certes mais les chats courageux déjà échaudés…
Cela dit, il faudrait une réponse coordonnée et suffisamment massive pour affronter les bandes de pillards en action. Difficile d’imaginer cela en concrétisation de la part de citoyens lambda à supposer de les voir à proximité, d’autant que la propagande étatique incite à tout confier à l’État. Du temps de Clemenceau en ministre de l’Intérieur, c’eût été très différent déjà face à des manifestations moins destructrices hors le fameux « ordre républicain » (comme si, sous les tyrans royaux, aucune répression n’existait -dragonnades-).
Mais ça, c’était avant… 😱
Ce qui est bien dommage
J’en viens à me demander de l’utilité d’une arme catégorie D type TR68
Parce que contre cette milice, à l’inverse du traitement des Bandar-Logs, il n’y aura pas de quartier.
La société civile n’a que la grève randienne pour se défendre.
D’autant que les guerriers, et bien il faut les équiper ! Il est loin le temps où sous la République Romaine qui avait des moyens, chaque légionnaire était bien doté en armes outre les machines de guerre (balistes, catapultes, etc…) redoutables de l’époque dans leurs unités
« le plan « guerre » ne fonctionne pas. »
Après l’annonce dévastatrice de l’impossibilité de production sérieuse de munitions en quantité pour nos canons Caesar, uniquement possible chez un seul industriel ou de munitions pour les armes individuelles confiées aux Teutons, quel étonnement pourrait bien saisir l’auditoire ?
pour les munitions, la France ne produit même plus la poudre à cause des conneries écolos !!!
Des scènes semblables ont lieu en Italie :
https:/ /www.7sur7.be/monde/deuxieme-jour-de-scenes-de-chaos-et-de-pillages-dans-le-centre-de-milan~a8336551/
après des manifestations un peu moins violentes en Belgique :
https:/ /www.7sur7.be/belgique/dix-neuf-arrestations-en-marge-de-la-manifestation-de-samedi-a-bruxelles~a962a91b/
Pour la Belgique, une amie me disait hier que tous les prix flambent, que refaire une pièce d’identité coûtait 5 fois plus cher qu’il y’a quelques années
Même etatisme même résultat
L’hiver sera t-il chaud ?
Prochaine manifestation le 5 novembre pour confirmation ou infirmation
« selon le Premier ministre, qui estime sans rire que c’est un miracle que ce ne soit pas pire. »
Typo, le ministre voulait dire: … « c’est dommage que ce ne soit pas pire »
« face à des provinciaux en gilets fluo venus réclamer moins de taxes sur le gazole, l’État n’avait pas hésité une seconde à utiliser LBD »
C’est plus compliqué que ça, les provinciaux en question avaient décidés de s’en prendre aux rentrés de pognon de l’état. C’est autrement plus grave que de péter des boutiques.
C’est le pire : » tout est sous contrôle » , un génie rit sous cape , bien sûr que c’est louche !
Quand subitement Sa Majesté est parue au journal, j’ai pensé qu’il avait trouvé le prétexte pour utiliser l’article 16.
Mais même pas. Il a juste parlé. Pour ne rien dire.
Il serait temps de faire appel à la Légion (plus fiable que l’armée).
Sa Majesté était restée en Grance ?
merci de ne pas comparer la raclure de bidet finie à la pisse avec la vraie noblesse royale
lejdf.fr/communique-de-louis-de-bourbon-duc-danjou/
Réflexion : philippesilberzahn.com/2026/10/19/quand-l-experience-aveugle-le-decideur-face-a-l-inedit/
« Les violences du 17 octobre sont-elles une crise de plus, que le pays absorbera comme les précédentes, ou le signe que quelque chose a changé ? Il est trop tôt pour le dire. Mais la façon dont nous lisons un tel événement détermine comment nous le gérons, et face à l’inédit, nos réflexes les plus éprouvés peuvent nous aveugler. Pour un décideur, ne pas voir à temps un changement profond peut coûter très cher. »
JD Vance est dégouté de voir ça
x.com/JDVance/status/2111628668044759453?s=20
Dégoûté mais aussi prévoyant en mettant en garde ses concitoyens du danger dems avec leur volonté d’ouvrir les portes du pays.
Nos soucis arrivent au bon moment pour les reps