Dans le précédent billet, nous regardions les riches s’en aller : alors que l’Union européenne tente de séduire, tout indique que ceux qui la financent, qui y produisent et qui y investissent s’en échappent. Pire, on peine à attirer de nouveaux talents.
Les riches sont mobiles et la fiscalité étant ce qu’elle est, la conclusion s’écrit d’elle-même.
Or, cette semaine, ce même continent découvre qu’il faut se préparer psychologiquement à la guerre : avec une belle unanimité, en 72 heures, un paquet narratif quasi-identique a été servi à différents médias de grand chemin. Ainsi, la BBC demande si nous sommes psychologiquement prêts ; Anne Applebaum explique que la guerre hybride, c’est fini, et que la phase « cinétique » a commencé ; l’Institute for the Study of War publie un rapport spécial sur des campagnes russes déjà en cours contre l’Europe ; Franceinfo convoque des « experts » qui envisagent l’invasion d’un pays balte.
Et derrière, le décor s’agite avec le Polonais Tusk et ses drones « accidentels », les hôpitaux allemands qui se préparent, la Lituanie qui répète ses évacuations, le war book britannique, les chefs d’état-major réunis à Copenhague…
On pourrait épiloguer sur les réels états d’âmes de Poutine au Kremlin, mais il existe une question courte et dont la réponse est nettement plus facile à vérifier : quand un État se met à parler de guerre, qu’est-ce qu’il mobilise au juste ?
Essentiellement ce qui ne peut pas fuir.
Eh oui, foin de géopolitique ici, c’est de la mécanique fiscale élémentaire : comme on ne peut pas taxer ce qui est parti, on taxe ce qui reste. L’assiette mobile a montré qu’elle avait des options ; restent donc l’immobilier, les salaires, l’épargne réglementée et les corps.
Et cela tombe bien, l’État sait atteindre ces quatre-là avec efficacité, d’autant plus lorsqu’il s’agit de se « préparer ».
Ainsi, pour l’épargne, depuis octobre 2025, le fonds Bpifrance Défense la canalise vers l’industrie d’armement, et le ticket moyen indique des souscripteurs qui ont largement de quoi. Au Sénat, une proposition de loi promène depuis le printemps l’idée d’un « livret souverain », une sorte de livret A dont la collecte irait bâtir des hangars à munitions plutôt que des logements sociaux. Ces dispositifs n’ont pas besoin d’un missile sur Varsovie pour fonctionner, seuls sont suffisants un risque crédible, des commandes pluriannuelles et un épargnant qui, lui, n’ouvrira pas un compte à Singapour la semaine prochaine.
Pour les corps, notons que la Belgique et la Roumanie ont lancé un service militaire volontaire en 2026, l’Allemagne s’est fixé 20 000 volontaires, l’Autriche allongera sa conscription à neuf mois au 1er janvier 2027 et la France remet en scène un service national.
Bon, certes, le Neuer Wehrdienst allemand a expédié 298.200 questionnaires à de jeunes Allemands afin de leur vanter une belle carrière militaire pour ne récolter, cinq mois plus tard, que 530 engagements fermes soit 0,18% d’un succès qu’on qualifiera pudiquement de modeste.
Le président de la commission défense du Bundestag a donc fixé juillet 2027 comme date limite avant d’envisager le retour de la conscription obligatoire, ce qui est une manière distinguée d’expliquer que si le volontariat ne donne rien, on désignera de force les « volontaires ». Toute bêtise bue, on a passé trente ans à enseigner aux jeunes européens que la nation est une construction, la frontière une violence et le drapeau un début de symptôme, et voilà que nos dirigeants s’étonnent que ces mêmes jeunes refusent maintenant d’aller mourir à Narva ou Kiev.
Mais le pompon de ces agitations de moins en moins cohérentes reste sans doute l’échéancier, notamment financier (le seul qui compte, finalement) de ces préparations.
En juin, la France a signé son prêt SAFE auprès de la Commission (15,09 milliards d’euros, au titre du mécanisme européen de 150 milliards au total), remboursables sur 45 ans, avec un différé de 10 ans sur le principal et 65 % de contenu européen obligatoire.
Oui, vous avez bien lu : sur les plateaux télé, la guerre menace pour 2027, et il faut s’y préparer mentalement dès ce week-end mais au bas du contrat, on commence à rembourser en 2036 et on finit vers 2071 comme si nos dirigeants finançaient une guerre imminente à 45 ans.
En réalité, il s’agit plutôt d’une politique industrielle, et comme par hasard, la clause des 65 % de contenu européen protège les carnets de commandes européens bien avant de protéger des chars russes (ceux de 2027 ou ceux de 2071).
La peur est vendue à l’électeur pendant que le prêt longue durée est vendu au marché mais c’est le second qui est le plus crédible car il mobilise des sommes considérables : un investisseur qui croirait sérieusement à une guerre conventionnelle en Europe d’ici 3 ans n’achèterait pas du papier à 45 ans à taux préférentiel. Le Bund, d’ailleurs, ne valorise strictement rien de ce que raconte la Une et ne « price » actuellement aucune crise. L’OTAN elle-même continue de répéter qu’elle ne voit pas d’attaque conventionnelle imminente.
Bref, ce pic de discours pour une préparation à la guerre n’est pas synchrone avec un pic de probabilité d’action militaire, mais avec des événements politiques et économiques qui donnent à ces discours un rendement immédiat, contrairement à la guerre.
Cela recadre en question de survie collective ce qui n’est qu’un agenda pourri avec une dette à 114 % du PIB, une croissance à 0,4 %, un gouvernement très impopulaire et un gazole à 2,41 euros le litre. Cela débloque des lignes budgétaires autrement intouchables et cela permet d’oublier l’austérité pourtant nécessaire en utilisant le mot « résilience ». Cela offre au continent la seule politique industrielle de grande échelle encore vendable, l’automobile et la chimie allemandes ayant été sabotées une fois de trop. Et surtout, cela occupe l’espace médiatique avant que la colère à la pompe ne devienne franchement anti-gouvernementale.
Évidemment, le pire est que celui qui est parti l’an dernier avec son patrimoine ne sera pas appelé sous les drapeaux, son épargne ne financera pas Rheinmetall, et les 45 ans d’échéances ne figureront jamais sur sa feuille d’impôt. Tout cela sera réparti sur ceux qui n’avaient pas les moyens de partir, et qu’on appelle pour l’occasion « la nation » ou « la patrie », notions encore sales il y a quelques années.
Car politiquement, se préparer à la guerre rapporte.




Recréer le rideau de fer semblait être un rêve communiste en diable…
Heureusement j’ai de la vaseline…
« la France remet en scène un service national. »
Vu tout ce qui est à rebâtir, littéralement, pour remettre en route toute l’infrastructure nécessaire abandonnée/démantelée depuis trente ans, effectivement, cela va créer du taf !
Financé comment ?
Reconstruire ? Laissez-moi rire !
Avec quels cerveaux et quel bras ?
Avec ces fragiles qui font venir maman au boulot demander des excuses parce que la patronne leur a demandé de passer le balai dans la boutique, ou pire, de passer moins de temps au WC sur insta ?
Le seul but est de créer de l’argent fictif pour faire tourner la pompe. Les intérêts seront bien réels et n’iront pas pas dans n’importe quelle poche.
« Évidemment, le pire est que celui qui est parti l’an dernier avec son patrimoine ne sera pas appelé sous les drapeaux »
On appelle ça un traitre à la patrie.
Un candidat à la présidentielle présente d’abord son dossier au conseil constitutionnel. Devine où le Français au sang mêlé a déposé le sien en 2005 ?
Si j’en crois la littérature à l’origine de ce terme de sang-mêlé, la personne qui s’en qualifie est héroïque et fait le choix du sacrifice.
J’ai des doutes sur le candidat par contre.
En Grance, il faut être très prudent avec la généalogie pour se proclamer pur beurre. Vu toutes les guerres menées, subies, les occupations longues, ça ne coule pas obligatoirement de sources avouables selon cet esprit.
Et surtout ça ne veut rien dire.
Noblesse oblige, ça ne se voit pas à tous les coups.
Je suis très content du mélange génétique dont je dispose. Picard, Breton, Nantais, Anglais, Italien, et même peut être Marocain.
Certes mais il faut aussi tordre le cou à une idée reçue martelée par la gauche qui voudrait que la France soit un peuple d’immigrés.
L’immigration massive en France date du dernier tiers du XIXème siècle. Et encore, il faudrait relativiser le terme « massive ». Italiens, Belges puis Polonais, puis Portugais et Espagnols. Les populations « non blanches » et non chrétiennes n’arrivant significativement qu’à la fin des années 1970.
Mais entre les grandes invasions du Vème siècle et le XIXème, la population française se caractérise par une remarquable stabilité et homogénéité. A peine pertubée par les Normands (surtout) et plus marginalement par les Sarrasins (et les fridolins ont pu semer quelques graines je vous l’accorde).
Pour tous les socialos du Monde le « patriotisme », la « nation » ne valent pas tripette sauf quand il s’agit de sauver leur cul merdeux qu’il planqueront comme les pleutres qu’ils sont.
Quand ils les convoquent ça veut dire que ça pue très fort.
Evidemment ils trouveront toujours des salauds pour nous envoyer se faire hacher et des idiots utiles que je déteste encore plus.
Toutes les guerres de la France au XXeme siècle ont été initiées par la gauche.
Vortex de réflexions décousues : Ex-RDA nationaliste anti-UE pro-russe applaudie par Trump vs ex-RFA militariste pro-OTAN » légion des volontaires » coalisés prête à Barbarossa II
https://h16free.com/2026/03/05/83661-ormuz-le-suicide-geopolitique-de-la-city
https://reseauinternational.net/balkanisation-occidentale-les-5-occidents-du-geostratege-russe-alexander-douguine/
« Toute bêtise bue, on a passé trente ans à enseigner aux jeunes européens que la nation est une construction, la frontière une violence et le drapeau un début de symptôme, et voilà que nos dirigeants s’étonnent que ces mêmes jeunes refusent maintenant d’aller mourir à Narva ou Kiev »
On devrait graver cette phrase à l’entrée des casernes !
« avec 20 orechnik, soit 760 ogives, on transforme un pays ».
Stanislav Krapivnik.
Le point commun des élites pédophiles est une haine sans limites du peuple. Une grande guerre accélérera son élimination et son remplacement. La bonne nouvelle est que les Russes viendront les buter dans les chiottes de leurs bunkers.
La probabilité que la Russie attaque un pays membre de l’UE est rigoureusement nulle tant que Poutine reste au pouvoir.
Il a fallu les attaques idiotes de l’UK/Ukro pour qu’il commence à se fâcher un peu.
Le fait de considérer les ukrainiens comme un peuple frère a considérablement rallongé le conflit avec tous les morts, surtout ukrainiens.
Avec la volonté délibérée désormais de couper tout approvisionnement en fournitures militaires et de couper presque toute l’alimentation électrique du pays va accélérer la fin de cette guerre.
La Russie se détourne désormais des dégénérés européens pour se concentrer sur l’Asie. L’idée d’attaquer un des petits cochons baltes fait sourire au Kremlin. Ils ont bien mieux à faire, à commencer par développer les richesses énormes de leur propre pays.
et voilà ! Habeas en PLS !!
Ha ha, h16, l’image du char en train de recharger à une borne en rase campagne …. Absolument excellente !