OS Ultime

Demaerd Industries, branche Software Development, vient enfin de sortir ses plate-formes d’exploitation logicielle; les Operating Systems de la firme mondiale abordent une nouvelle forme : le département marketing a en effet suggéré l’idée que les utilisateurs pourraient préférer un système d’exploitation directement conformes à leurs opinions politiques ou à leur vision personnelle de l’organisation gouvernementale. La firme propose donc plusieurs versions de son système calibrées suivant les grandes tendances politiques…

Divine Monarchy 7.0 : tous les processus tournent autour d’un processus central, appelé noyau. Celui-ci distribue le temps processeur et les ressources machines selon son bon vouloir, arbitrairement. Les fenêtres sont placées en fonction de leur rang dans la hiérarchie stricte qui les anime. Ainsi, l’étiquette doit être observée très précisemment : un browser internet vient toujours en arrière plan quand un traitement de texte est présent, qui s’effacera au profit d’un tableur, qui se redimensionnera pour se faire tout petit quand un compilateur apparaîtra, qui s’iconisera bien vite quand un éditeur hexadécimal de code machine entrera en jeu. Une fois l’étiquette bien comprise, on peut arriver à se servir de cet Operating System (OS), à condition toute fois de supporter les caprices du noyau qui peut très bien décider qu’envoyer un mail ne fait pas partie de son agenda actuel…

Nazional Diktatür 3.0 : il s’agit d’un OS qui n’accepte absolument aucun processus étranger. De ce point de vue, la présence de virus est très improbable, puisque toute appartenance louche est immédiatement éradiquée. Le principal problème est la compatibilité matérielle : très peu de pilotes sont disponibles et si, par exemple, une nouvelle carte graphique est installée et non reconnue, elle est immédiatement ostracisée, puis grillée par overclocking. La mémoire est systématiquement court-circuité pour ne faire appel qu’au strict minimum de fonctionnement. Les transistors qui contiennent des données mémoires jugées contraires à la doctrine de l’OS sont grillés. Trois processus sont chargés de surveiller les faits et gestes de l’utilisateur. Douze processus sont chargés de surveiller les trois processus qui surveillent l’utilisateur. Et soixante-seize processus vérifient que tout le monde fait exactement sa tâche sans déborder de ses attributions, toujours en s’ssurant que tout le monde est correctement déclaré dans l’OS. Le système n’accepte aucune langue étrangère, aucun support pour les caractères en multibytes, jugés déviants. Il n’y a aucun code correcteur (CRC) pour les programmes, les lecteurs optiques, ou la mémoire p.ex : une erreur ou un handicap est immédiatement détruit. Aucun support réseau n’est implanté. A noter toute fois : la gestion des ressources est extrêmement ordonnée, militairement cadencée. Un OS pour les … puristes.

An0my-coLL3ct!v!St 18.73 : tous les processus font ce qu’ils veulent, et aucune propriété n’existe. Des centaines de fenêtres gigotent sur l’écran sans but. Certaines font des jolies décorations, mais disparaissent vite. La plupart glandent. Installer un nouveau programme revient à choper le moment fugace où la plupart des fenêtres sont parties faire un tour. L’OS plante sans prévenir, quelque soit la config machine, et quelque soit les efforts faits. Aucune prédiction pour le moment du plantage n’est possible. Seule certitude : ça va planter. L’ajout d’un nouveau matériel provoque un festival de nouvelles réactions. La carte graphique peut parfois servir d’entrée pour le clavier. Les diodes du clavier, quant à elles, joueront parfois le rôle d’afficheurs en clignotant très très vite. La souris peut servir de micro, à condition de l’agiter frénétiquement, à un rythme de 22.000 déplacements à la seconde, ce que peu d’utilisateurs peuvent endurer longtemps… Un OS qu’on pourra qualifier de « pas pour les tapettes ».

kommUnism 0.7b : c’est au départ une variante plus stable de la plate-forme précédente ; dans cet OS, avec l’abolition de la propriété, chaque processus peut venir grignoter la mémoire d’un autre processus, puisque la mémoire appartient à tous. Chaque fenêtre qui apparaît peut venir prendre des éléments dans les autres fenêtres qui ne se plaindront pas (puisque chaque élément appartient à tout le monde). Tout est planifié à l’avance : vous devez déposer une demande d’utilisation de chaque processus, en sept exemplaires, auprès des processus superviseurs. L’utilisation du tableur est planifié de 18H34 à 18H45. Le traitement de texte est à votre disposition de 23H12 à 23H23. Notez que le disque dur de la machine chez vous sera collectivisé par les utilisateurs de l’OS Communiste partout dans le monde. On estime que sur 100 Go, vous disposerez de 34 Go par mois, à raison de 47 Mo par heure, et jamais deux fois les mêmes octets. Ce que vous produirez sur votre machine sera de facto placé en open-source, et disponible pour tous et chacun. Aucune réclamation ne sera admise. Cet OS clame une utilisation optimale de toutes les ressources de votre ordinateur. Mais notons qu’aucune preuve n’en a jamais été fournie.

Soscial-Deimocraszie 32.5a : le processeur central répartit son temps à égalité entre tous les processus qui ont le droit de tourner. Chaque nouveau processus est filtré pour savoir s’il a le droit ou pas de tourner. Pour avoir le droit de tourner, un processus doit être parfaitement égal aux autres processus : il doit disposer du même nombre d’instructions, du même nombre de boucles, du même nombre de branchements logiques définit par un processus démocratique complexe où chaque processus peut s’exprimer mais où personne ne doit tenir trop compte des remarques formulées sous peine de se voir accusé de discrimination. Les fenêtres, à l’écran, disposent toutes de la même place, et ont toutes les mêmes couleurs. Le fait de vouloir placer une fenêtre devant une autre s’apparentant là aussi à de la discrimination, cela n’est pas possible. Toutes les fenêtres sont donc en avant-plan. Si vous avez 16 fenêtres dans un écran 1280×1024, chaque fenêtre occupe donc 320×256 et c’est tout. Comme on ne peut pas découper l’écran de façon harmonieuse avec un nombre arbitraire de fenêtre, vous choisissez au lancement combien de fenêtres vous voulez lancer parmi 4,16,64. Notons que 64 est réservé pour les très grands écrans ou les utilisateurs compulsifs de la molette souris. Redimensionner une fenêtre n’est pas autorisé. Pour que l’OS fonctionne, vous devez absolument consacrer 50% de votre temps à formatter le disque dur par partie, à faire la collecte des branches mortes dans la mémoire, ou à éliminer les fichiers temporaires. Si vous ne voulez pas effectuer vous-même ces tâches normalement dévolues à l’OS, vous choisirez l’option « Prélèvement Obligatoire » au boot : des processus d’administration le font pour vous, mais occupent la moitié des fenêtres de l’écran. Quoiqu’il arrive, deux fenêtres ne sont occupées qu’à produire des fichiers temporaires (que vous devrez nettoyer vous-même, y compris si vous avez choisi l’option « Prélèvement Obligatoire ») et parfois, l’une d’elle ne fait rien du tout. L’OS plante s’il est employé plus de 35H par semaine. De temps en temps, une fenêtre mobilise toutes les autres et interrompt le système pour une durée indéterminée. Vous devez faire avec : en coulisse, le noyau de l’OS négocie avec la fenêtre… Cet OS est à proposer aux gens qui, comme on le constatera rapidement, ont du temps à consacrer à la partie administrative de l’informatique.

Liberal Pardize 1.0 : dans cet OS, chaque processus est directement responsable de l’utilisation des ressources. La propriété et la responsabilité sont enforcées par différents mécanismes soit décidés au niveau d’un noyau léger (c’est la version Archi-Min), ou au travers d’un (ou plusieurs) processus dédié dont les attributions sont décidées directement par les autres processus en fonction des ressources et latitudes que ces derniers lui accordent (version Archi-ANKap). Chaque processus fonctionne dans le but de maximiser la satisfaction de l’utilisateur final, soit en ne plantant pas (et en faisant tout pour se rattraper au branche le cas échéant), soit en exécutant au mieux la tâche demandée, toujours dans le respect de la propriété des autres processus. Un OS qui coule de source et permet une bonne utilisation de sa machine, mais qui, bizarrement, n’a trouvé ces derniers temps qu’un écho modéré sur le marché occidental…

Gageons que Demaerd va une nouvelle fois, avec ces OS taillés sur mesure, réaliser un véritable carton commercial !

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Commentaires4

  1. L’ami du laissez-faire

    Je viens d’essayer kommUnism 0.7c et tiens à faire part de quelques remarques à son sujet.

    Il semble que certains co-utilisateurs aient systématiquement plus de ressources que les autres bien que l’utilitaire de monitorage affiche le contraire.

    Il y a un processus « kagébay » qui y tourne en tache de fond, impossible de trouver la moindre info dessus sur Google.

    Je me suis rendu compte que certaines parties de mes textes ou mails tapés étaient partiellement effacés mais je ne sais pourquoi.

    Enfin l’antivirus intégré me signal plein de fichiers ordinaires comme « déviants ».

    Même pour une Béta c’est assez décevant, pourtant beaucoup de gens m’en disent du bien.

  2. sam

    J’ai du mal a trouver mieux que : mort de rire.

    Un grand bravo a l’auteur de ce billet ; cela fait bien longtemps que je n’avais pas autant ri.

    Une remarque toutefois, il me semble que Liberal Pardize 1.0 accepte aussi bien le code proprietaire que l’open source, et laisse l’utilisateur totalement libre sur ce point; et de plus il coute toujours moins cher a l’utilsateur. Aussi j’aurais tendence a trouver qu’il ressemble a linux plus qu’a mac OS … mais je ne suis pas expert.

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