On ne change pas une méthode qui foire

Le lecteur attentif l’aura noté : le rythme de production des billets sur ce blog a récemment ralenti : eh oui, je suis fort occupé et je n’ai donc que peu de temps à consacrer à l’analyse de l’actualité pourtant remplie actuellement. Mais je ne suis en tout cas pas le seul à faire preuve de relâchement. En effet, si l’on s’en réfère aux efforts ténus du gouvernement, la période estivale n’est vraiment pas propice aux actions vigoureuses; à peine peut-elle prétendre à voir fleurir les bonnes intentions dont on sait déjà qu’elles ne seront pas suivies d’effets.

Ainsi, sans même gloser inutilement sur la probable foirade magistrale de la nouvelle lubie delanouillène, les effets d’annonce se multiplient ces derniers jours, alors que le repos parlementaire d’août se profile déjà à l’horizon.

Sans doute s’agit-il ici d’occuper un espace médiatico-politique un peu mort, coincé entre le traditionnel Tour de France, une garden-party élyséenne un peu terne et sans intervention tonitruante du chef de l’Etat, peut-être trop épuisé par les péripéties de la Madonne de Bogota, et une actualité internationale sur fond de crise boursière un tantinet déprimante.

A défaut de proposer un bilan des actions passées, bilan dont on sait pas sur quoi il serait construit tant les actions passées semblent, avec quelques mois de recul, futiles ou pusillanimes, le gouvernement s’emploie donc à brasser un peu d’air, même pas chaud dans un été qui s’annonce médiocre.

Il faut bien le dire : quelle que soit la façon dont on regarde les maigres chiffres qui nous sont offerts en pâture, le gouvernement n’a en effet aucun intérêt à se la jouer trop démonstratif. Prenons, par exemple, le nombre de postes de fonctionnaires non renouvelés : 30000 futurs retraités ne seront pas remplacés dans les tubulures chromées d’un état ventripotent. D’où qu’on regarde, ce chiffre est médiocre ! Soit l’on est un libéral assoiffé de baisses d’impôts, et l’on se dit que ce chiffre est trop petit. A ce rythme, il faudra … cent ans (!) pour que le nombre de fonctionnaires en France passe à un seuil supportable, c’est-à-dire non pas une disparition pure et simple de l’administration républicaine, mais – simplement – sa diminution de moitié. Bref : c’est du pipi de chat anémique. Si, maintenant, on est un collectiviste mou comme toute sociale-démocrassie en produit par milliers, on notera que ces 30.000 postes non renouvelés s’accompagnent d’un gel presque total des crédits. Et là, pas de doute : le statolâtre pleurera sur le chronique manque de moyens. D’ailleurs, sans même pleurer, on peut tout de même s’inquiéter d’un tel resserrement du budget de l’état : entre une croissance de plus en plus anecdotique, une conjoncture internationale morose et de coquettes mesurettes d’aménagement décoratif de l’environnement économique ou politique français, le budget semble rétrécir, à mesure que l’ampleur de la dette publique bouffe toutes les marges de manœuvre du gouvernement. Le navire continue donc à prendre l’eau, de toutes parts.

Pire : alors que, petit à petit, on sent bien qu’il faudra vraiment se serrer la ceinture, les économies sont remises à plus tard. On ne vise l’équilibre que vers 2012, année (électorale) où tout le monde aura les yeux fixés sur totalement autre chose qu’un budget équilibré. Il apparaît évident que cet équilibre n’est qu’un mol argument de bouchage bien plus destiné à faire ronronner l’actualité présidentielle de Juillet alors que tout le monde prépare ses vacances, qu’à occasionner de vigoureuses réformes de fond.


Pyrotechnie pour les uns, hochets pour les autres : un 14 juillet festif

Non, pas de doute : si, un jour, la France fut le pays des droits de l’Homme, elle est maintenant celui de la Procrastination En Tout, élevée au rang d’art délicat. Dans ce merveilleux pays, on s’y empressera plutôt de distribuer des hochets aux favoris du roi, de remettra à plus tard l’équilibre budgétaire, que de faire régner l’ordre et le calme aux festivités du 14 Juillet.

On notera au passage qu’on parle d’ailleurs, concernant les voitures brûlées de ci de là dans ce beau pays, d’un nombre d’incidents stables : autrement dit, tout va aussi mal qu’avant, ni plus, ni moins, et même dans l’exaction le pays semble recopier d’années en années une formule qui ne marche pas. Petit à petit, ce pays, qui s’est voulu le phare de la pensée philosophique, devient la petite loupiote de la cabane au fond du jardin.

Paradoxalement, et sans doute en réminiscence de cette faste période passée où le monde semblait palpiter aux moindres actions de Paris, alors que le pays s’enfonce dans l’atonie des condamnés, le président fait preuve a contrario d’une agitation féroce dès qu’il s’agit de la scène internationale où le poste de président du Conseil de l’Union Européenne l’a propulsé : alors que les Irlandais ont, de façon parfaitement claire, voté « non », le bouillant Don Quichotte part à l’assaut de cette expression démocratique : il faudra qu’ils revotent ! Eh oui : quand il s’agit de bouter le corporatisme hors de France, de redresser les comptes ou de (re)donner du lustre à la fonction présidentielle, plus personne ! Mais pour aller tancer vertement et pour montrer du doigt, la Fraônce est toujours présente ! Opération d’autant plus navrante que ce même pays vient de recevoir la visite officielle d’une brochette de gens tous plus recommandables les uns que les autres et dont les penchants démocrates sont bien connus.

Comme je le disais en introduction, le rythme des billets se ralentit. Mais d’un autre côté, il faut se rendre à l’évidence : en Fraônce, c’est business as usual. On ne change pas une méthode qui foire : procrastination sur les sujets importants à l’intérieur du royaume, petites phrases qui fâchent tout le monde et petit doigt en l’air de Schtroumpf à Lunettes pour l’extérieur, et du strass et des paillettes pour le peuple qui paye… Ce pays est foutu.

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Commentaires1

  1. Lucilio

    "…le bouillant Don Quichotte part à l’assaut de cette expression démocratique…"

    Ce serait sympa de ne pas évoquer l’ingénieux hidalgo quand on parle du Líder Mínimo.

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