Le tripotage fiévreux de Noël

Noël approche. C’est la période des cadeaux. Et comme en plus, c’est la criiiise, chaque responsable politique y va de son petit « coup de pouce » pour aider telle ou telle catégorie, favoriser plus ou moins discrètement tel ou tel lobby. Dans cette course à l’échalote un peu pathétique que se livrent à tour de rôle les différents ministres lorsque leurs portefeuilles sont concernés par l’actualité, une concurrente se distingue tout particulièrement en cette période délicate : Christine Boutin.

Une des vieilles lunes socialistes lorsqu’une crise survient, c’est le tripotage. En cas de crise, le principal souci est, par définition d’une crise, le changement rapide d’une situation à peu près connue vers un nouvel état, inconnu, en passant par toute une série de phases, généralement mal définies tant en qualité qu’en quantité, et pouvant amener le meilleur comme le pire.

Du point de vue politique, cette purée de poix qui s’abat sur la route que certain dit droite mais à pente raide constitue une angoissante prise de conscience qu’en réalité, le gouvernement ou les hommes de l’état ne contrôlent rien ou, disons, pas grand-chose. Et la perte de contrôle – ou de l’illusion de contrôle – sur l’environnement est dramatique pour ceux qui font profession d’avoir, justement, du contrôle.

Devient dès lors compréhensible le tripotage frénétique qui s’ensuit : dès qu’un marché semble touché par la criiise, on va tripoter. On va mettre une petite régulation ici, on va empêcher les gens de faire ça là, ici on va favoriser ce machin là avec moins d’impôts, on va faire pouic sur ce gros bidule mou avec une petite dose de taxes, et enfin on tournera le petit volant ici dans ce sens avec une subvention qu’on abondera avec ce gros tuyau opaque de prélèvements venant de là.


Un ministre tripotant les paramètres d’un marché mystérieux

Actuellement, la criiiiiise s’étend déjà à plusieurs marchés, et les socialistes de droite et de gauche(s) pourront s’enorgueillir d’avoir réussi dans le développement durable … de catastrophes : tout porte à croire que la petite péripétie va durer. Et il en va donc du marché de l’immobilier comme du reste : comme prévu et annoncé dans ce blog à plusieurs reprises, c’est la cata bien saignante.

Et devant ce constat, paf, le tripotage reprend. Comme le logement, c’est pour Boutin, c’est donc elle qui se collera aux grandes manœuvres pour sauver le soldachélem… et en particulier les promoteurs. L’idée lumineuse ? Aider encore un peu plus l’accession à la propriété pour tous.

Sur les panneaux de contrôle de l’Économie Planifiée, les boutons et autres curseurs sont nombreux et tous aussi rébarbatifs les uns que les autres. Mais pour le coup, pour l’immobilier, il n’y en a qu’un nombre limité. En effet, pour devenir propriétaire, en gros, il faut soit diminuer le prix de la propriété, soit donner plus de moyens – on dit « pouvoir d’achat » quand on veut faire chouette – aux gens pour en acheter une.

En somme, ceci revient à soit faciliter l’accès au crédit, soit subventionner goulument les promoteurs d’une façon ou d’une autre pour qu’ils diminuent leurs tarifs. Evidemment, la première solution, largement utilisée ces dernières années, a montré quelques limites : à force de tourner la vanne du pipeline de crédit, les gouvernements occidentaux se sont laissés happer par le mouvement général shadok, et, tournant de plus en plus vivement, ils ont fini par casser les robinets et ne plus maîtriser du tout ce qui se passait.

Reste donc la subvention massive. Et devant l’explosion finale de la bulle, on se dépêche, on se dépêche et on ajoute à la consternation et aux éparpillements contre-productifs. Tout en se dépêchant, hein. On va donc tout faire pour mettre 30.000 nouveaux logements à prix cassés sur un marché déjà complètement bloqué, où les prix semblent amorcer une descente plus sévère que celle de Borloo à la buvette du ministère.

Voilà une idée … extraordinaire ! Car là, l’effet Kisscool qui est composé de deux phases se fait mettre minable.

Premier effet Boutin : les prix vont continuer de chuter. Au mieux, ces logements à bas coût trouvent preneurs ce qui ne soutiendra pas les prix vers le haut. Au pire, les logements arrivés restent vides, ce qui accroîtra le stock déjà fort dodu des agences immobilières.

Deuxième effet Boutin : les éventuels nouveaux propriétaires seront donc essentiellement enchaînés avec le sourire (et un anus de dimension biblique) à un prêt de plusieurs dizaines d’années pour une construction réalisée avec des contraintes budgétaires si serrées qu’on les imagine mal tutoyer même le faste relatif des constructions Robiens les plus indigentes…

Troisième effet Boutin : les promoteurs vont pouvoir venir sucer de la subvention et appâter du pigeon chaland, ce qui veut dire que ceux qui auraient dû carafer en ces périodes d’épuration obtiendront un sursis. Tant mieux pour eux pourrait-on dire, mais les joyeux enchaînés du deuxième effet Boutin auront un point de vue différent ; sans compter qu’en plus, le contribuable, à un moment ou un autre, sera lui aussi de la partie, et pas du côté petits fours et banga, hein, mais plutôt côté arrière-boutique et facture.

Quatrième effet Boutin : quand le procédé va tomber à l’eau, faute de subvention, ou faute de preneurs pour les apparts en carton, ou les deux, tous les promoteurs qui tenaient encore vaguement grâce aux efforts mis en place vont, subitement, déclarer faillite. Et à l’image d’un barrage qui casse d’un coup sec, on aura, pouf, d’un coup, une floppée de programmes à bâtir qui seront stoppés nets, de personnes se retrouvant au chômage du jour au lendemain, et d’heureux futur-propriétaires de maison en placo mal ajusté se retrouver ex-futur-propriétaires d’un trou boueux… mal financé.

Je pense qu’en cherchant un peu, il y aura un cinquième et un sixième effet Boutin, par effet de ricochets, sur d’autres marchés, par exemple ou sur d’autres catégories de personnes. A côté, Kisscool, et ses deux petits effets, il est vraiment ridicule, permettez-moi de vous le dire !

C’est franchement dommage, finalement, ce tripotage impénitent ! D’autant qu’en réalité, au lieu de 15€ par jour pendant 10.000 jours, il suffit d’un trombone rouge pour posséder une maison – au passage, voilà qui devrait donner du grain à moudre aux tenants des théories marxistes de la formation des prix.

Bah. Tout ceci, finalement, n’est pas essentiel : on sait maintenant de façon certaine, aux agitations incohérentes de nos gouvernants, que le mur est inévitable et qu’il n’y aura pas pour nous arrêter la bedaine rassurante d’un gros bonhomme habillé en rouge qui fait Ho Ho Ho. Au moins, ça, c’est du solide.


Cette année, c’est Putin qui distribue les cadeaux. Ho ho ho.

Les prochaines semaines seront passionnantes. Et même si ce Noël sera happy, ce pays est foutu. Si si.

Passez un joyeux Noël !

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