Les intérêts de la famille KM

Tiens, en parcourant les nouvelles du jour qu’un petit Google m’a compilé je ne sais trop comment, je tombe sur des choses étonnantes : il semblerait que NKM, la pétillante ingénue du gouvernement passée de la verdure au virtuel, veuille promouvoir l’économie numérique, le ouèbe-deuzéro, les jeux vidéos et tout le toutim à grand renfort de deniers de l’état.

Il faut dire qu’après les Grenelles diverses et variés, et le succès retentissant qu’on leur connaît, il était temps de se recycler et d’aborder les vrais questions de fond(s) : tout ce tri sélectif, ces petites zondes zélectromagnétiques, c’est bien joli, mais pour gagner sa croûte, rien de tel que l’industrie, l’entreprise, le bizness.

L’idée est simple : l’état croule sous des monceaux d’argent qu’une croissance insolente lui permet d’engranger prudemment en prévision de moments moins chocolat. Plutôt que d’immobiliser ce trésor de guerre sagement géré, il est tout naturel de trouver des investissement judicieux, qui rapporteront de juteux dividendes. Quoi de mieux que l’entrepreneuriat ?

Alors c’est décidé, on va lancer un appel à projets, et on va planter des petites graines, pour faire pousser les arbres de la réussite. Fastoche, non ?

En somme, il faut, pendant le mois de juin, pondre un dossier pour obtenir des financements pour son projet en devenir. Et pour le financement, ça peut aller jusqu’à un million d’euros tout de même, ce qui donne une certaine latitude pour faire des trucs et des machins 2.0 avec de l’Ajax qui gigote, du réseau social qui twitte et des jolis graphismes en couleurs acidulées bien trendy & fashion et toussa. Jeune et dynamique, quoi !

Un mois, c’est court. Tous les petits projets – dont le porteur a autre chose à foutre qu’écrire des paperasseries administratives ou qui surnage péniblement dans la crise actuelle – seront éliminés par un délai aussi rétréci.


Recycler, une culture familiale !

Heureusement, il y a les projets qui existent déjà et qui, tels des fauves affamés, sont prêts à bondir hors de leurs tiroirs pour croquer la subvention qui vient juste de boire au point d’eau étatique le plus proche. Le reste, c’est essentiellement un jeu de parenté, ou disons … de famille.

Et dans la famille KM (comme Kozszizsjikzuko-Mais nom d’une pipe en bois, quel nom à coucher dehors) – presque rien à voir avec Karl M. – on a une bonne pioche entre la sœur et le frère : l’une pond des lois, l’autre en profite. Ou inversement, on ne sait plus très bien.

Évidemment, nos deux loustics s’en défendent. Mal. Pensez donc ! Un clonfit d’internet ! Pardon. Un fonclit d’intérêt. Non. Je veux dire un confit d’internat…. Mmmmh. Vous voyez bien que ça n’existe pas, c’est imprononçable, hein.

Non ?

Si l’on synthétise tout ce fatras, on a donc au départ une idée pas franchement brillante qui consiste à claquer des thunes qu’on n’a pas, pour des projets qui n’existent pas encore en subventionnant massivement soit des industries déjà lourdement subventionnées (comme le jeu vidéo, maintenant quasiment mort en France), soit qui n’ont absolument pas besoin de fonds, parce qu’elles sont déjà en phase terminale ou parce qu’elles décolleront très bien sans.

S’y ajoute la totale transparence d’une véritable collusion entre un président de syndicat de lobby et son ministère de tutelle, dans une décontraction feutrée qui n’est pas sans rappeler l’absence totale de vergogne de certains nobles d’antan avant la tempête, et nous avons là toutes les ficelles d’une n-ième gabegie ridicule qui serait drôle si l’Etat ne provoquait pas par ce genre d’agissement de nouvelles taxes, de nouveaux gâchis et de nouveaux chômeurs.

Pendant ce temps, la LOPPSI 2 avance.

Brrr.

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Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires14

  1. Flak

    pathetique, j’avais oublie qu’il existait un syndicat national du JV, my god, quelle bouffonnerie, quel pays de cons.
    Le JV est quasiment mort a Trouducland, c’est vrai, et c’est avec la pretention insensible au ridicule patentee francaise que l’article nous parle des ‘serious games’, concept nouveau et probablement frenchy, et probablement aussi suffisamment inconsistant pour ne meme pas susciter un mouvement de sourcils chez un editeur qui sait que ce qui marche c’est le casual et les consoles portables.
    Avait-on besoin d’en appeler au ‘serious games’ pour un quelconque renouveau de l’industrie?
    bien sur que non.
    L’industrie du JV ressemble de plus en plus a toutes les industries en fRance: de plus en plus statique, de plus en plus de bullshit, de plus en plus de grosses compagnies avec les reins solides qui developpent a l’etranger et rafflent toute l’influence du lobbying, de moins en moins de PME serieuses.

    Il y a en ce moment meme des compagnies de multimedia-cyber-JV en fRance qui ne produisent rien, occupent des locaux splendides dans les beaux quartiers et balancent des offres d’emploi a l’autre bout de la planete ( j’y suis, j’en vois passer…) dont on sait pertinemment que c’est de la BRANLETTE de FRANCAIS, et qu’on FUIT.

    Quand on sait, misere de misere, a quel point les ingenieurs francais etaient dynamiques et creatifs dans les 70s-80s, quand on sait comment la vision francaise de l’industrie a tout merde, et quand on voit que le seul, le gros francais du JV est aussi celui qui possede le reseau de distribution (unique raison de sa survie) on peut pas s’empecher d’avoir un peu la haine de ce pays de cons.

    La fRance on la quitte ou on la quitte.

  2. Aurelien

    Flak, tout de suite les grands maux. De tête. En parlant de "faire des trucs et des machins 2.0 avec de l’Ajax qui gigote, du réseau social qui twitte et des jolis graphismes en couleurs acidulées bien trendy & fashion et toussa. Jeune et dynamique, quoi !", j’ai croisé deux des 9 fondateurs de pearltree. Je commence à comprendre le concept, ils seront sûrement sur les rangs. Je ne leur ai hélas pas demandé hier soir.

  3. transtextuel

    Ce ne sont pas des JV pour rire. Ces braves gens souhaitent financer du lourd, de l’éducatif, du sérieux : il s’agit des serious games. Je connaissais pas. On est pas là pour rigoler.

  4. Flak

    alors justement, comme moi non plus je ne connaissais pas, j’ai google ‘serious games’
    bien sur le premier resultat est le rot mediatique du jour de NKM, mais les resultats suivants sont non-moins interessants, jugez plutot:

    http://www.seriousgames.dk/

    http://www.ucalgary.ca/~jparker/...

    http://www.seriousgames.ca/

    http://www.forum-seriousgames.co...

    il y a une colonne vertebrale serieuse avec quelques softs confidentiels et industriels, et autour de ca une enorme masse de pipeau gras, alveole de vastes bulles d’air chaud citoyen et festif.

    tiens tiens, que vois-je? le gouvernement Coreen lui aussi soutient les serious games :D

    http://www.gamesindustry.biz/art...

  5. Flak

    "According to a report from the Korea IT Times the ministry’s goal is to grow the market to a value of KRW 500 billion (USD 400 million/EUR 293 million) by 2012. The package was proposed by the Serious Game Forum, which was launched by the ministry and website/newspaper ETnews last July. "

    ok il faudra qu’on m’explique le rapport subtil et malsain entre les gouvernements et les serious games.

  6. Le rapport ? Mais c’est très simple, mon cher : imaginons qu’on fasse un jeu online de guerre pan pan où le joueur incarne un tireur d’élite ou un officier tactique. Et qu’ensuite, un ministère quelconque, mettons celui de la Défense, par hasard, utilise les stats obtenues pour … recruter des tireurs. Mmmh. Non ?

  7. Flak

    @H16: l’armee americaine utilise de facon officielle des mods de jeux videos connus, pas besoin de grande conspiration!
    tous ca sent la fRance a plein nez.

  8. Emma

    Cher h16, vous montrez du doigt très habilement la prévarication à la française. On se croirait en Ouganda ou au Belouchistan, pas du tout, c’est en France que ça se passe. La famille KM en est un bel exemple et sous votre plume, on arrive à en rire. Merci.

    Et merci à vous de votre assiduité à me lire :)

  9. adnstep

    Jamais entendus parler de American Army ? Mais en fait c’est un faux serious game. Un vrai FPS, par contre, et qui a l’avantage d’être gratuit.

    Par contre, on peu mettre dans la catégorie serious games ce qu’avant on appelait simulateurs, et que tous les pilotes militaires, ou équipages de sous-marin, conducteurs de chars, contrôleurs aériens, ont largement pratiqué avant d’être "lachés" sur le terrain.

  10. adnstep

    "en subventionnant massivement soit des industries déjà lourdement subventionnées (comme le jeu vidéo, maintenant quasiment mort en France)," : deux des cinq plus gros éditeurs de jv sont Français (Vivendi et Ubi Soft). Ils ont largement délocalisé leurs studios au Canada, surtout à Montreal. Pourquoi ? Parce que l’état canadien subventionne massivement ces emplois Hitech.

    Vous devriez en conséquence vous poser la question de savoir pourquoi les firmes privées installent des studios là-bas et pas en France… Vous devriez vous demander pourquoi l’industrie du JV y marche si peu que plus aucun studio d’importance n’existe encore en Franchouillie.

  11. G7H+

    @Emma et h16

    Il y a trois jours, je lisais un formidable passage des Principes de Politique de Benjamin Constant ou il parle a juste titre de la privatisation de l’Etat lorsque celui-ci outrepasse ses fonctions regaliennes (l’Etat-Providence, c’est venir en aide a des interets prives en se servant de l’Etat comme levier, et non servir l’interet general comme peuvent le faire le trio Defense/Police/Justice). C’est tres bien ecrit.

    L’expression "privatisation de l’Etat" serait d’ailleurs delectable si nous la ressortissions de nos tiroirs pour la lancer a la figure de nos adversaires politiques.

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