AAA : comme l’andouille, mais plus pour longtemps …

C’est de façon tout à fait fortuite que je suis tombé sur ce petit entrefilet : « Le Royaume-Uni est, des grandes puissances économiques, celle qui risque le plus de perdre sa notation triple A, tandis que le Japon pourrait voir son AA- réexaminé en cas d’une trop forte émission de dette, a annoncé mardi l’agence de notation Fitch. » Et là, le lecteur familier du blog me demandera, entre les cacahouètes et deux gorgées d’un petit Kir apéritif  bienvenu avant un solide repas roboratif de capitaliste décontracté : « Notation triple A ? Mais qu’est-ce-que c’est que c’est-il donc et en quoi cela devrait-il me concerner, et surtout, pourriez-vous me passer de ces amusants petits fours sur votre droite, là, svp ? »

Effectivement, à brûle pourpoint, comme ça, un AAA, ça évoque surtout l’andouille. Et je dois vous avouer qu’à cette idée, j’ai un peu la salive qui monte. C’est délicieux l’andouille AAA, surtout quand elle vient de Guéméné/Scorff.

Mais foin d’analyse tripière, et revenons à la notation AAA du Royaume-Uni.

Il faut savoir qu’il existe actuellement 4 pays qui sont, comme l’andouille, AAA : l’Allemagne, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, donc et … la France.

Cette note, qui permet d’étalonner les émissions de dette des pays, est, en quelque sorte, la congélation pratique, une sorte de synthèse, de différents critères aussi variés que le respect de l’état de droit, la bonne santé économique générale du pays, la quantité de dette déjà émise et la quantité d’accidents de remboursement subis dans le passé par le pays considéré.

Au contraire de l’andouille qui sent d’autant plus la merde que sa note est élevée, la dette dégagera une odeur nauséabonde d’autant plus forte que sa note est basse :  en gros, plus la note est faible, plus la confiance des créditeurs sera médiocre envers les emprunts contractés par les états ; autrement dit, une dette mal notée comporte normalement  un risque d’accident de remboursement plus fort qu’une dette bien notée.

Risque qui se traduit directement dans les taux appliqués à l’emprunt correspondant : grosse note = petit risque = petit taux, petite note = gros risque = gros taux.

Fitch fait partie de ces quelques firmes qui notent, outre les entreprises et les collectivités territoriales, les emprunts d’état. On trouve aussi Standard & Poors et Moody’s.

Or donc, Fitch grimace en voyant l’état général des finances britanniques : à ce rythme, elles pourraient bien perdre leur label AAA. Label qui a permis jusqu’à présent aux dirigeants anglo-saxons de continuer à faire … les andouilles avec les contribuables.

Et ce qu’il y a de follement croustillant dans cet article, c’est qu’on peut y lire, un peu plus bas, la phrase suivante :

Fitch, a également déclaré David Riley, nourrit des inquiétudes vis-à-vis de la dette française. « Nous avons des craintes au sujet de la France. Nous voyons une détérioration sensible des déficit fiscaux en France, une certaine pression commence à s’y faire sentir. »

Tiens, la France aurait aussi quelques soucis à se faire. On notera le langage pudico-diplomatique avec l’expression « une certaine pression commence à s’y faire sentir » pour signifier l’intenable sodomie fiscale que tous les étages de l’état s’emploient à exercer avec empressement sur le moutontribuable français.

Cette petite phrase, lourde de sens et d’implication, n’aura pourtant absolument pas trouvé écho dans la presse quotidienne (on le comprend, c’est un peu abscons) et ne se retrouve dans certains(*) médias spécialisés que par allusion :

Au-delà [de 50 milliards pour le « Grand Emprunt »], des experts redoutent une détérioration de la notation de la France et donc de ses conditions de financement sur les marchés, notamment par rapport à l’Allemagne.

Oui, voilà, : ça redoute un peu une petite fessée des agences de notation si on bavouse au-delà de 50 G€, mais on ne va pas vous en dire plus et ahem bon tiens et en ce qui concerne l’identité nationale ahem patati patata…

La presse n’en parlera pas plus : les Français n’ont pas le droit de savoir, et de toute façon, ils ne pourraient pas comprendre. Leur cuir, déjà mis à rude épreuve par les constantes tontes vigoureuses qu’une main impitoyable leur inflige tous les jours de l’année, ne supportera pas une nouvelle si compliquée.

D’ailleurs, on pourra même prétendre qu’au contraire, « La Dette, C’est Supayr » : il faut, ma brave dame, emprunter pour mieux vivre, dépenser plus pour vivre plus, et tout le tralala festif du dépensier inconséquent pour qui l’avenir se joue maintenant à coup de milliards et le lointain destin des générations futures de dans plus tard machin tout ça, on s’en fiche.

De ce point de vue, la dette a, comme l’andouille, un peu, ou la coke, beaucoup, un côté addictif : quand c’est rentré dans les mœurs, il est quasi-impossible de s’en passer, même si l’odeur est forte.

Et sur le plan des conséquences, hein, tant qu’on y est ?

Que se passe-t-il si, justement, les foutriquets – et méchants capitalistes ultranéolibéraux – de ces agences de notations forcément vendues au sionisme oncle-samesque, se prenaient l’envie de, justement, rétrograder la note de l’andouille de la France ?

Eh bien j’en parlais justement il y a quatre ans, en novembre 2005 :

D’abord, les taux augmentent (en une semaine, pour la France, l’adjudication des OAT ayant lieu toutes les semaines). Comme ces taux augmentent (mettons, de 4.5% -AAA- à 7% -AA-) et que les besoins de finances, eux, ne diminuent pas aussi vite (on ne se débarrasse pas de 2.5% de fonctionnaires en une semaine, p. ex), l’état emprunte toujours les mêmes sommes, mais qui lui coûteront donc plus chères à rembourser. Ce qui accroît le risque sur le remboursement de la dette déjà émise, et des dettes futures à contracter. Rapidement, les instances payantes (Trésor Public) vont se retrouver à sec. Comme on ne peut pas envisager de ne pas payer les retraités et les fonctionnaires, on fera du « crédit fournisseur », en ne payant plus les factures des entreprises privées qui s’accumuleront alors dans un joli petit coin du ministère des finances.

Trois ou six mois plus tard et un nombre conséquent d’entreprises privées étant tombées sur le carreau, le Trésor sera effectivement vide, et… Nous revoilà en 1789.

Vous voyez, hein.

Pas de quoi paniquer.

— — —

(*) Je tiens le lien à disposition, mais comme wikio sabre l’article dès qu’il chuchote un truc sur l’agence fausse presse …

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Commentaires44

  1. Mr T.

    Merci, je me suis tapé deux bonnes tranches de rire : la première sur votre billet et la deuxième en parcourant celui de monsieur « la dette c’est trop hype » – rapidement hein, lire les mêmes conneries 20 fois devient fatiguant à la longue.

    1. @Rabat joie : oui, je sais, mais je préfère l’andouille et je n’avais pas autant de facilité pour déconner avec le mot « andouillette » 🙂

  2. Kart

    Merci H16 de reprendre cette info capitale.

    Elle n’avait jusque-là été relayée que par Bernard Martoia, Philippe Herlin et Claude Reichman, sur leurs sites respectifs (faut les citer quand même…).

  3. AncillaDomini

    Allez hop ! Du balai, la gueuse en bonnet sanglant ! Remballez-moi toute cette chienlit et sa philosphie de comptoir, qu’on remette un peu de bon sens dans ce bazar !
    Et le bon principe de subsidiarité, pour commencer.

  4. Essepe

    Oui enfin il y a encore de la marge :
    Dans la zone euro, l’écart avec le taux des emprunts allemands à 10 ans est passé, entre mai 2008 et mai 2009, de 0,4 à 1,9 points pour l’Irlande, de 0,5 à 1,8 points pour la Grèce
    et de 0,2 à 0,4 points pour la France.

  5. Hoho

    Essepe: et donc ?

    Justement, en Irlande les finances publiques sont le problème numéro un du gouvernement, qui est en train de mettre en place des mesures de réduction budgétaire très impopulaires (enfin, surtout du côté des fonctionnaires, des syndicats et de l’opposition).

    Et ce n’est pas un gouvernement de super libéraux qui aiment la rigueur pour autant. C’est juste qu’ils n’ont plus le choix…

  6. Rom1

    Cooooooooool.

    On s’en sort mieux que la Grèce qui trafique ses comptes publics (« la peste soit de ma distraction ! j’ai encore oublié de compter le budget de l’armée ») et que l’Irlande qui a garanti les dépôts de ses banques pour je ne sais combien de fois son PIB (mais plus que 1, et le Royaume Uni la prend au mot).

    Les taux peuvent monter même si la note de la France ne bouge pas.

    C’est quand même bizarre que l’écrasante majorité des États ne soient pas notés AAA alors que certaines entreprises le sont… Enfin vu que les États-Unis sont notés AAA et pas la Chine, la formule secrète ne doit pas beaucoup pondérer les déficits.

    Mais bon, si les agences de notation le dise, ça doit être vrai.

    1. @Rom1 : ah, oui, le bon vieux réflexe : c’est la merde chez nous mais ce n’est pas grave, c’est pire ailleurs… A part ça, la structure de la dette grecque (d’ailleurs pas AAA) diffère pas mal de la structure française. Et c’est précisément parce qu’elle n’est pas AAA qu’une dégradation de la grecque n’a pas du tout les mêmes résultats : en pratique, la note de la dette grecque a été dégradée en janvier de cette année, avec des conséquences importantes sur le pays lui-même, et plus faible sur le reste de la zone euro qui a pu encaisser. D’ailleurs la comparaison des PIB des deux pays donne une bonne idée des conséquences :
      – France, 2006 : 2039 G$, dette à 70%, soit 1450 G$.
      – Grèce, même année : 223 G$, et dette à 93%, soit 207 G$.
      Autrement dit, 7 fois plus gros. Y’a vraiment pas de quoi se réjouir.

  7. b.mode

    En matière d’andouille, j’avoue être plus Vire que Guemené même avec des galettes de blé noir, et que l’appellation d’origine incontrôlée AAA m’évoque plus la pile que le boyau fourré de tripes de porc. Mais ceci est une autre histoire, n’est-il pas ? Bon billet eu demeurant ! 😉

  8. maurice b.

    > De ce point de vue, la dette a, comme l’andouille, un >peu, ou la coke, beaucoup, un côté addictif : quand c’est >rentré dans les mœurs, il est quasi-impossible de s’en >passer, même si l’odeur est forte.

    Il est quand même assez paradoxal, de votre part, d’accuser le gouvernement de ne rien faire alors que l’assemblée des maires de France proteste vigoureusement contre la diminution des taxes et impots que veut leur imposer ce même gouvernement.

    Les maires protestent et les députés, pour le moment … n’ont rien voté. En gros, vous me dites que je devrais me réjouir qu’ils ont le projet d’envisager de faire potentiellement quelque chose qui pourrait putativement nuire à leur base électorale dans l’hypothèse folle où ils iraient au bout de leur manoeuvre potentielle ? Ah, oui… Evidemment… Et comme toutes les promesses de Sarko ont toutes été suivies d’effet et de mesures et d’actions et de lois, on peut gager qu’il en sera ainsi cette fois-là encore… Vous me prenez pour un débile naïf ou c’est vous qui faites preuve d’un confondant angélisme…

    J’entendais ce matin sur les ondes ce cher François Hollande qui, bien entendu, prenait fait et cause contre la diminution des ponctions fiscales des entreprises, et brandissait une épée de Damoclès au-dessus de la tête des citoyens,les avertissant que ce sont eux qui seront amenés à payer davantage en compensation.

    Franchement, imaginer que le moutontribuable va se faire sodomiser un peu plus fort, c’est tout de même très fort. Du jamais vu.

    Quant au discours responsable que chacun est en droit d’attendre « moins de ponctions sur les entreprises… aucune compensation du coté du citoyen-consommateur mais reduction du train de vie des collectivités locales »,il est inaudible actuellement.

    D’ailleurs, ça tombe bien, personne ne le tient. C’est sur qu’en n’en parlant pas, personne ne risque de l’entendre.

    Il me semble que le citoyen a le droit de choisir s’il veut consacrer ses revenus à des dépenses personnelles privées ou à en confier une partie à la collectivité qui decidera, à sa place, de la nature des dépenses à entreprendre.

    Oui. J’attends encore une proposition en ce sens, qui se traduirait par la disparition de douzaines de lois. Pour le moment, je ne vois qu’un président qui poudroie et gros code civil, fiscal, pénal qui grossissoit.

  9. Monoi

    Le probleme de la note, c’est qu’il y a un effet automatique: c’est a dire que certains investisseurs ne peuvent par exemple plus investir dans cette dette si la notation n’est plus AAA (vous savez, a cause de ces regulations qui n’existent pas vu que la finance c’est le far west). Et automatiquement, moins de demande, alors que l’offre elle, ne diminue point,ca veut dire un cout plus eleve (pour l’emprunteur). 0.1% ca ne parait pas beaucoup, mais au niveau d’un pays…

  10. CLK500

    Mais comment voulez vous que ceux qui nous « païlotent » dans leur gros V8 à cramer du pétrole pour le plaisirs et les copains, veuillent en même temps réduire la puissance… voire changer de moteur.

    Ca n’arrivera pas, j’ai cette conviction depuis toujours, il faudra un évènement externe qui viendra mettre à genoux le pays, en attendant c’est la lente et douloureuse agonie.

  11. Flo

    Quelque économiste avisé pourrait-il (me) dire à qui les Etats (sur)endettés doivent les sommes astronmiques dont on nous présente le caractère extrêmement dangeureux sans jamais agir contre (ou si peu)?
    Est-ce à d’autres Etats (mais il y en a si peu qui ne soient pas en déficit)?
    Est-ce à des organismes financiers? Est-ce à nous-mêmes (ce qui revient au même, car à qui les banques ont elles emprunté les sommes qu’elles ont prêtées aux Etats?)?
    Comment ces organismes (ou nous-mêmes donc) pourront contraindre les Etats (qui seuls possèdent la force) à rembourser?
    A la fin il faudra donc que nous élisions des gens qui devront voter des lois pour nous contraindre à nous rembourser les sommes que nous nous devons…Beau programme!
    Je n’arrive pas à sortir de cette absurdité.

    1. @Flo : http://www.aft.gouv.fr/ , http://www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/dette_etat_24/principaux_chiffres_70/qui_detient_dette_etat_163/index.html
      66% de la dette négociable est détenue par des non-résidents français.
      Donc quand on rembourse, on rembourse prioritairement à des étrangers qui ont cru en notre capacité de payer. Ne pas rembourser, c’est les décevoir et s’exposer à un retour de bâton… douloureux.

      Joli graphique :

      On note que les non-résidents se bousculent, au contraire des résidents. Ces derniers savent.

  12. Flo

    Merci pour cet édifiant graphique.
    Il resterait à savoir :

    – Si la France a aussi des créances solvables à l’étranger.
    – Qui sont les prêteurs non-résidents (banques, fonds, Etats)?
    – Quels moyens auront-ils d’obliger les débiteurs (tous, pas seulement la France) à rembourser le capital (pour les intérêts je comprends bien la menace d’arrêter de prêter) ?
    (guerres, invasions, colonisations, sanctions commerciales, protectionnisme…)
    – Comment va-t-on s’obliger à se rembourser le 1/3 du pactole que nous nous devons ?

  13. Hoho

    > A la fin il faudra donc que nous élisions des gens qui devront voter des lois pour nous contraindre à nous rembourser les sommes que nous nous devons…Beau programme!
    Je n’arrive pas à sortir de cette absurdité.

    Outre le fait que deux tiers de la dette soient détenus, comme vient de le montrer h16, par des institutions financières étrangères, ce n’est une absurdité que si vous partez du principe que l’État = les français.

    Mais admettons que la dette soit détenue a 100% par des français. Si l’État décide de faire défaut, vu de l’extérieur cela ne change rien : il y autant de richesses dans le pays. Simplement, certains français en position de créanciers auront été spoliés au profit d’autres français bénéficiaires de la dette.

    Évidemment, les politiques entretiennent cette idée reçue, en disant que c’est la dette « de chaque français », que « chaque nouveau né hérite d’une dette de tant », etc.

    En réalité, c’est une dette de l’État envers la société civile. Et, répétons-le, détenue par des institutions financières en majorité étrangères. Je ne suis pas sur que les épargnants hollandais verraient d’un très bon œil une spoliation par l’État français. Et même en admettant que l’État puisse faire défaut, il resterait dans une situation très difficile, vu l’ampleur du déficit chronique.

    Autrement dit, l’État n’a pas le choix : tôt ou tard il faudra réduire les dépenses. Et d’autant plus qu’il attend.

  14. Hoho

    > – Si la France a aussi des créances solvables à l’étranger.

    La France, non (c’est un pays). Et si vous voulez parler de l’État français, la réponse est également non.

    En revanche, les institutions financières françaises (banques, compagnies d’assurance, etc.) ont bien évidemment des créances a l’étranger.

    > – Qui sont les prêteurs non-résidents (banques, fonds, Etats)?

    Oui : banques centrales, banques, compagnies d’assurance, fonds de pension, etc.

    > – Quels moyens auront-ils d’obliger les débiteurs (tous, pas seulement la France) à rembourser le capital (pour les intérêts je comprends bien la menace d’arrêter de prêter) ?
    (guerres, invasions, colonisations, sanctions commerciales, protectionnisme…)

    Ce n’est pas un crédit immobilier. L’analogie capital + intérêts n’est donc pas pertinente. La dette, c’est une émission de bons. On peut donc soit rembourser un bon a échéance, soit ne pas le rembourser.

    Vu que la plupart des créanciers sont européens, cela serait une crise politique majeure en UE.

    > – Comment va-t-on s’obliger à se rembourser le 1/3 du pactole que nous nous devons ?

    Voir mon explication dans le message précédent.

  15. Flo

    @Hoho,

    Merci. Notre Etat est donc bien dans la m… noire et le fait que beaucoup d’autres soient à peu près dans la même situation n’est certes pas rassurant.
    On n’arrive pas à voir comment éviter la crise politique majeure que vous évoquez (UE mais aussi nationale(s)) sauf à la repousser indéfiniment.

  16. Hoho

    > sauf à la repousser indéfiniment

    On ne peut pas, et c’est justement le problème ! Tous les discours du style « c’est une dette pour les générations futures », « ce sont nos enfants qui devront payer », etc. c’est du flan.

    Je ne pense pas qu’on verra les états de l’UE se faire la guerre. Je ne peux pas prévoir le futur, mais a mon avis il est plus probable qu’ils décident de concert d’annuler les dettes qu’ils ont auprès des citoyens européens. Murray Rothbard suggérait il y a déjà plus de vingt ans que la crise mondiale de l’endettement public permettrait l’émergence d’une monnaie mondiale (et d’une forme de gouvernement mondial).

  17. Flo

    C’était bien mon raisonnement mais je n’osais pas l’exprimer aussi directement.
    Si tout le monde doit de l’argent à tout le monde dans des proportions identiques alors personne ne doit d’argent à personne et on peut tout annuler. Il doit bien rester quelques soldes de ci de là mais assez peu finalement en regard du total.
    Pour ce qui est de la disparition des Etats si vous n’appelez pas ça « une crise politique majeure » qu’est-ce qu’il vous faut ? Déjà que pour tenter d’éventuellement envisager la potentialité d’une hypothétique simplification progressive des échelons territoriaux locaux dans un avenir à préciser et moyennant des compensations à déterminer possiblement inscrites dans une Loi soumise à un débat contradictoire des élus du peuple ça génère un patacaisse par croyable…

  18. maurice b.

    >- Quels moyens auront-ils d’obliger les débiteurs (tous, >pas seulement la France) à rembourser le capital (pour les >intérêts je comprends bien la menace d’arrêter de prêter) ?
    >(guerres, invasions, colonisations, sanctions >commerciales, protectionnisme…)
    >- Comment va-t-on s’obliger à se rembourser le 1/3 du >pactole que nous nous devons ?

    C’est quand même assez incroyable de « se faire » un tel cinéma.LOL.
    Pathétique.

    Il est clair que question cinéma et imagination, ça ne risque pas de venir de vous. Accessoirement, quand la banqueroute viendra frapper à votre porte, on peut parier que vous rirez moins

    > En réalité, c’est une dette de l’État envers la société >civile.
    Non.C’est vous qui dites cela.
    C’est une dette de la société civile.

    Pauvre bille. Non. La société civile et l’état sont des choses – heureusement ! – différentes. Et la dette est bien une dette d’état. Là encore, l’AFT vous donne tort.

  19. Flo

    Ce que je trouve pathétique moi c’est d’entendre le flot d’âneries proféré par tous nos « zélus » de droite, de gauche et d’ailleurs jamais (ou presque) repris par des journalistes complaisants alors que tout ce petit monde est sensé réprésenter nos « zélites ».
    Des trous trous dans la couche d’ozone à cause du CO2 (Sarko-Rocard), aux affligeantes bêtises de Marie Ségo sur les pauvres Sénégalais qui fuient la famine pour vivre l’enfer Français, en passant par les hypocrites Raffarinades sur le oui-non-mais-oui-mais sur la réforme de la taxe professionnelle (alors que tout ce qui est en jeu pour ces gens finalement c’est leur éventuelle réélection et leur maintien dans leur position confortable non?), le pathétique se rencontre à longueurs d’ondes et de journées. Même pas besoin d’aller voir du côté des détestables extrêmes des deux bords.
    C’est consolant ou désespérant au choix…

  20. gnarf

    Il y a un gros probleme avec ces histoires de notation de la dette. Ca fonctionne raisonnablement bien avec les pays qui sont mal notes…leur note correspond plutot bien a la qualite de leurs finances.

    Mais plus on s’eleve dans les AA, plus ca devient n’importe quoi. Car plus on s’eleve, plus un changement de note a de consequences. Et du coup il y a un intense lobbyisme pour que les notes ne bougent pas. Et tout le monde a interet a ce qu’elles ne bougent pas. C’est comme l’arsenal nucleaire…equilibre des terreurs. Il doit y avoir des accords tacites entre pays dans le genre…je te lache la grappe sur ta note car si je te degrade je risque de declencher une reaction en chaine qui mettrait par terre 10% du commerce mondial.

    Et c’est encore plus valable en periode de crise. Donc ne vous y trompez pas…les pays emergeants les plus dynamiques, bien geres et vertueux ont des notes bien en deca de leur reel merite. Et inversement, les anciennes puissances economiques sont pistonnees. Et ca n’est pas pres de cesser…c’est a cause de ca qu’on doit subir les lecons d’economie des politiques Francais pauvres de nous.

    1. @adnstep : peu importe la crédibilité réelle. En revanche, importe beaucoup celle qu’on leur prête. Si vous ne leur accordez aucune crédibilité, à tort ou à raison, le marché (i.e. les institutions financières qui prêtent), elles, en accordent beaucoup. Et au final, c’est ça, qui est important. Elles font peut-être une erreur en plaçant peu judicieusement leur confiance, mais ça ne change rien au résultat : si S&P ou Fitch’s réduisent la note française, on assistera à un début d’étranglement.

  21. Flo

    La dernière de Christine Lagarde ce matin sur France Info:
    « Ce qu’il y a d’important dans « grand emprunt » c’est « grand » pas tellemnt « emprunt » ».
    Tout est dit. Ils commencent par prendre un budget tiré de l’impôt, des taxes ou des dettes pour un chiffre d’affaires, puis ils confondent CA et bénéfice, ce qui permet de laisser libre cours à une certaine mégalomanie.

  22. Monoi

    @gnarf, la confiance ca ne se gagne pas en 3 jours. L’allemagne a la meme note que la france, mais il paye moins cher pour leur dette. Les pays emergents vertueux depuis quelques annees, alors que ca ete le bordel pendant des decennies, il ne faudrait pas s’imaginer qu’on va les prendre au serieux tout de suite.

    @H16 comme je l’ai dit plus haut, il y a au minimum un bete effet mecanique (un fond doit posseder tant de % de telle categorie de dette par exemple). Vous savez, a cause de ces regulations qui n’existent pas mais qui generalement amplifient les problemes.

  23. Monoi

    Ou alors, vous faites comme les anglais: Vous changez les regles pour obliger les banques a investir dans les obligations du pays (toujours ces memes regles qui n’existent pas) parce qu’on ne peut pas imprimer 200mds de sterlings par an (qui vont directement payer la dette) indefiniment…

    Qui croit encore que ces types savent ce qu’ils font?

    1. Concernant le AAA, ça y est, après quelques jours, le Monde se réveille et lui aussi trouve qu’un emprunt de plus, ça ferait mauvais genre :
      http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/11/17/le-grand-emprunt-va-affaiblir-la-notation-de-la-france_1268512_3234.html

      « Etant donné l’endettement et le déficit relativement élevés de la France, ses infrastructures bien développées et l’échec de ses tentatives passées de réduire le fardeau de la dette par la croissance, le grand emprunt n’a que peu de chances d’améliorer la solvabilité à long terme du pays », estime néanmoins l’agence de notation, qui prévient que cette opération « rendra les finances publiques d’autant plus vulnérables à une hausse des taux d’intérêt à long terme ».

  24. Flak

    tu oublies le meilleur, en introduction:
    « va « affaiblir » la notation Aaa de la France sans toutefois la menacer »

    c’est quoi ce bullshit de merde pour demeures.
    Ils prennent vraiment les gens pour des cons.

  25. gnarf

    Monoi ecrit: « les pays emergents vertueux depuis quelques annees, alors que ca ete le bordel pendant des decennies, il ne faudrait pas s’imaginer qu’on va les prendre au serieux tout de suite. »

    Tandis que 34 annees de deficit consecutif allant en s’aggravant sans aucun signe de retournement, ca n’est absolument pas « le bordel pendant des decennies », c’est ca?

    Attention ce camembert contient de l’arrogance pure a 99.5%. Porter un masque, une combinaison et des gants pendant l’application. Inflammable, ridicule, dangereux pour les voies respiratoires.
    En cas de contact avec les yeux rincer abondamment et consulter un medecin.

    Suite a une exposition prolongee, les effets indesirables suivants peuvent apparaitre:
    – Troubles Obsessionels Compulsifs: tapage de cuisse, hoquets, fou rire irrepressible.
    – Francophobie

  26. Harald

    Maurice, chaque nouvelle intervention de votre part est une bénédiction. Elle montre à quel point j’ai eu raison de quitter le RPR après 4 années passées dans cet asile, aujourd’hui renommé UMP. Tout homme de bien devrait faire l’expérience de l’engagement partisan, il n’y a rien de tel pour éclairer les consciences. Dans le fond, ceux qui persistent dans ce milieu, mot ô combien juste, sont soit des malhonnêtes soit des imbéciles et dans certains cas les 2 à la fois (si, si, il y en a, même à l’UMP).

  27. bibi33

    Harald, je plussoie, moi même je suis un ancien membre du RPR mais je n’y suis resté que 2 années 2001 et 2002.

    Et j’en suis arrivé à la même conclusion que vous, c’est un lieu ou tous ceux qui ont des convictions ne font pas long feu et les autres passent leurs temps à justifier l’injustifiable comme la non démission de Chirac après la perte des législatives de 1997, le passage du septennat au quinquennat, par le fait que ça facilitera la réélection de Chirac, ou encore le fait que l’assemblée nationale prolonge elle même son mandat pour inverser le calendrier, démontrant ainsi le peu de respect dont se parti témoigne pour la constitution de la 5ème république, et par conséquent pour les valeurs qu’étaient celles du Général.

    Cela peut sembler anodin, et Maurice b. tentera de m’expliquer que c’est pire au PS, mais dans ce parti qu’était le R.P.R qui est devenu l’UMP la fin justifie tous les moyens, je pensais que la droite avait des valeurs, et effectivement elle en a mais ce sont celles de la gauche.

  28. Harald

    Il y a bien longtemps que la droite est morte en France. Elle n’a pas survécu à la seconde guerre mondiale. Le RPR/UMP est autant à droite que le PS peut l’être, c’est dire. D’ailleurs ces messieurs ne s’en vantent pas, mais au parlement européen ils votent de manière identique à 97%. Du coup, la différence on la sent surtout au niveau du fondement des électeurs, enfin de ceux qui y croient encore.

    Quant à cette idée que l’UMP serait un parti conservateur, quelle vaste blague pour gogos. Qui peut croire cela ne serait-ce qu’un instant ? Un parti qui prône le métissage républicain, la mixité sociale, qui ne remet pas la Halde un seul instant en cause, qui laisse parler une débile mortant maroquin criant haut et fort qu’elle est prête à porter l’enfant de sa fille si cette dernière ne pouvait mettre bas, etc. Oh bien sûr, le nabot parsème ses discours de jolies phrases sur l’identité nationale, avec laquelle il se torche d’ailleurs, sur les racines chrétiennes de la France, quand on sait l’intérêt qu’il porte au religieux ça fait grincer des dents. Pour autant du discours aux actes il y a un abîme qui n’est jamais franchi. Et je n’ose parler de l’ordre public, de peur d’avoir à me montrer grossier.

  29. Lechoux

    La France n’a pas de créanciers ? Et le club de Paris c’est quoi ?

    Le moment le plus important sera quand les Etats Unis obtiendront la note AAAA !!!

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