Commentaires
décembre 3 2009
La situation de l’éducation en France n’est pas grave ; elle est désespérée. Ce témoignage est frappant par l’ordinaire qu’il reflète.
J’ignore si on doit voir dans ces constats de plus en plus nombreux sur le web un début de prise de conscience…
décembre 3 2009
Je vais relayer : tu as juste fait une erreur dans l’écriture du lien, au fait ![]()
http://h16.free.fr/wordpress/index.php/2009/12/03/heresie.hautetfort.com
(pas grave, ne te fatigue pas à le corriger).
Ah oups oui tu as raison. Merci.
décembre 3 2009
J’ai passé mon bac il y a 5 ans et j’ai fréquenté un établissement privé jusqu’à la fin du collège, puis lycée public – relativement correct. Et pourtant, la lecture de cette lettre a été un sacré moment pendant lequel je me suis reconnu dans mon vécu ! J’ai de jeunes frères et soeurs encore au niveau lycée, et de ce que je peux en dire le désastre est non seulement généralisé mais tend à s’accentuer.
Enfin pas besoin d’être un fin observateur pour se lamenter devant la vulgarité et la misère intellectuelle de la plupart des jeunes produits du système. Enfin côté prof, c’est marrant aussi ; quand mon frangin m’a raconté l’excursion à une conférence du sergent Poivre (d’Arvor) organisée par leur professeur de français dans le cadre du cours (rapport??), j’ai pas su si je devais rire ou pleurer…
décembre 3 2009
La plupart des sympathisants de l’UMP ont fait le choix de l’enseignement privé depuis longtemps.
C’est à dire d’un enseignement qui privilégie le mérite et n’octroie aucun droit systématique aux élèves.
Or les syndicats de parents d’èlèves exigent de l’ecole un contrat garantissant la réussite à n’importe quel prix.
Ce qui est, bien sur, une chimère « socialo-communiste » induisant des débats dans lesquels l’UMP ne veut plus s’impliquer.
Nous préférons laisser aux parents la responsabilité du choix de l’un des deux système d’enseignement.
décembre 3 2009
Contrairement à Maurice B., je pense qu’il faut qu’une juste discipline existe obligatoirement à l’école publique et que l’école privée est une erreur, il suffit de voir les débats actuels en Angleterre pour s’en convaincre.
un socialo-communiste.
Bof. En France, dans le privé sous contrat ou dans le public, en gros, la discipline devient de plus en plus chimérique…
décembre 3 2009
@Mr.T. J’ai le même âge que toi, parcours public, et les mêmes souvenirs aigres de ce qui se passait déjà à l’époque.
Je me souviens d’un prof de français accusé à tort de pédophilie par mes camarades de 4ème (c’était la mode à l’époque). La direction ne l’a jamais soutenu, et ce sont ses collègues qui ont du nous « faire la morale ».
Quant à mes jeunes frères, oui, c’est de pire en pire.
En juillet dernier, j’écrivais une lettre à la prof d’histoire du plus jeune (Terminale), lui demandant si leur parler 1h de ATTAC dans le cours sur la mondialisation faisait partie des programmes. Jamais eu de réponse. Mon frère changeait de lycée, alors j’ai écrit au proviseur. Pas de réponse non plus.
Pour l’histoire, il m’a ramené un jour un de ses contrôles, avec des questions comme « quels sont les bienfaits du socialisme ? », « quels sont les dangers de la mondialisation ? », etc…
Du vrai bon nettoyage de cerveau…
Incroyable…
@Maurice, au parti socialiste de droite, vous laissez choisir l’un des deux systèmes ? Vous voulez plutôt dire que vous forcez ceux qui veulent donner une éducation satisfaisante à leurs enfants à payer à la fois pour le privé ET le public.
Pile vous gagnez, face nous perdons.
décembre 3 2009
« L’UMP ne veut plus s’impliquer ».
Ce n’était pas la peine de le préciser, maurice. Tout le monde à bien compris que Darcos puis Chatel n’ont été que des incapables, tout juste bons à laisser l’Education Nationale aller encore plus à la dérive, tout en reprenant des petits fours…
Non, à l’UMP, on préfère perdre du temps à débattre de questions déterminante pour l’avenir du pays, comme l’identité nationale… Mouarf !!
décembre 3 2009
> tout juste bons à laisser l’Education Nationale aller >encore plus à la dérive…
Quand il n’y a plus que 20% des personnels qui veulent continuer à ramer, il vaut mieux inciter les gens à changer de bateau.
C’est pareil que la gestion d’une entreprise, les directions delocalisent quand il comprennent qu’ils ont trop perdu leur temps avec des personnels qui les mènent en bateau.
décembre 3 2009
> les directions delocalisent quand il comprennent qu’ils ont trop perdu leur temps avec des personnels qui les mènent en bateau
Oui, maurice (et, accessoirement, un tout petit peu à cause de la fiscalité et du code du travail).
décembre 3 2009
Dans le même genre : http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/12/02/prof-ephemere-ou-la-grande-galere-d-une-remplacante-en-banlieue_1274996_3224.html
« Jeudi et vendredi, je prends un carnet. « Madame, vous êtes sûre vous voulez me mettre un mot ? » Menace à peine voilée, qui sera réitérée le lendemain. Une exclusion de cours est impossible, l’équipe de « vie scolaire » (surveillants et conseiller d’éducation) est débordée, et on me l’a expressément interdit.
Week-end infernal. Leurs tentatives d’intimidation commencent à fonctionner. Je pense à eux, tout le temps. J’essaie d’imaginer des stratagèmes, je refais des cours, en plus simple, toujours plus simple, des leçons »à trous » pour éviter d’avoir à écrire trop au tableau, car leur tourner le dos est souvent source d’agitation, de jet d’objets. »
décembre 3 2009
GB : Pas mal le coup de ATTAC dans le cours d’histoire et les questions du genre plus orienté tu meurs. Je me rappelle pas trop ce genre de chose – enfin, pas aussi sévère j’entends – mais je me souviens des cours d’histoire-géo formatés et du message clairement et résolument négatif sur la mondialisation, sans mise en abîme ni rien, y avait même un ou plusieurs chapitres consacrés à ça dans mon bouquin de géo, c’était vraiment du feuilleton télé vide de toute idée qui puisse mettre en action les quelques neurones épargnés des élèves.
Dans le même genre je me souviens très clairement d’un cour de SVT consacré à l’effet de serre et au réchauffement ; pour moi il est clair depuis longtemps que l’Education nationale entend résolument contribuer à façonner les esprits pour qu’ils acceptent toute sorte d’idées reçues qui servent les gouvernements successifs. Au fond, comment en vouloir à des mioches pour la plupart dénués de tout sens critique de prendre pour garanti le savoir qu’on leur inculque en classe…
décembre 3 2009
> Dans le même genre
Il y a 40 ans c’était du pareil au même que ce soit :
-aux Etats-Unis (« escalier interdit »)
http://www.imdb.com/title/tt0062425/plotsummary
-ou en Angleterre (« les anges aux poings serrés »)
http://www.imdb.com/title/tt0062376/plotsummary
décembre 4 2009
ah mais maurice, mort de rire!
décembre 4 2009
@Marc44, a quels debats faites vous allusion?
@maurice, comparer la gestion d’une entreprise avec l’EN, c’est vraiment tres fort.
décembre 4 2009
Le problème, est que l’éducation nationale est un repère de gauchistes, et que la gauche a tout fait pour empêcher les réformes. Mais gageons que cela ne peut plus continuer, et que le gouvernement réagira, il en va de notre avenir. Je ne suis pas d’accords sur ce point avec mon confrère Maurice, il faut osez s’attaquer à ce monstre gauchiste !
décembre 4 2009
La crise de l’EN est indéniable, et elle commence avec la réforme Haby avec ses erreurs et en plus les aberrations de son application. Donc plus de trente ans.
je ne pense pas qu’il y ait de solutions françaises. Il n’y a plus rien à restaurer -si on se réfère aux valeurs véhiculées par vingt ans de néolibéralisme, de chômage, et d’apologie de la satisfaction immédiate des consommateurs. La voie de la réussite réside désormais uniquement dans l’héritage (Prince Jean S.), le show biz (Bigard chez le pape), le sport (Zizou au CA de Nestlé), et les Reality.
Peut être le seul moyen serait d’établir un nouveau code à partir d’un socle commun européen. Harmoniser les programmes et les examens, pour permettre la fluidité et la poursuite d’études entre les pays – permettrait de trouver une légitimité.
Bien sûr beaucoup des traditions vont être perdues… mais de fait la réalité a déjà tranché: elles n’existent plus…et les proviseurs come les IA et les recteurs ne répondemnt pas parce qu’il n’y a PLUS RIEN. Il ne faut pas prendre ce silence comme une offense: c’est un point de départ.
décembre 5 2009
Merci pour la diffusion de la belle missive. Bien entendu ce n’est pas cela qui va faire la une des journaux, mais on comprend mieux pourquoi entre les incapables et les dégoutés l’avenir de l’EN est un grand trou noir. Oh pardon, un grand trou sombre. Manquerait plus que les ligues anti racisme porte plainte contre ma remarque. C’est pas beau d’en être arrivé là? Et je pense qu’on va descendre encore. J’ai eu la chance de visiter les USa en 69 et on m’a dit: regarde bien tu verras la France dans 20 ans. J’y suis retourné plusieurs fois et j’ai pu constater les progrès que nous faisions à mesure que le temps passait. On pourrait même déjà envoyer plus de troupes en afga, irak etc cela permettrait, comme aux jeunes américains désouevrés et incultes, aux notres de s’engager et aux parents des disparus de porter plainte pour management des combats inefficace. Un tuyau, pour vos enfants, une profession qui a de l’avenir: Avocat. L’affaire décrite n’est pas allé devant le tribunal, mais laissons faire quelques réformes et il y aura de belles opportunités de ramasser des indemnités qui seront alors partagées avec les avocats. C’est interdit pour le moment, mais en vigueur depuis belle lurette aux usa, donc encore un changement de statut qui va se faire pour « booster » le commerce. Et à la fin, tout ça c’est de la croissance du PIB! Ah il y a de quoi être fier d’être dans un pays très développé!
décembre 5 2009
Si on veut « laisser aux parents le choix du public et du privé », il faut cesser de forcer tout le monde à financer le public ». Vive le chèque éducation que les parents dépensent dans l’établissement de leur choix, avec des établissements autonomes sur leurs méthodes, point à la ligne.
décembre 8 2009
Cette lettre est le symbole du dégoût éprouvé par un nombre de plus en plus important de profs qui essaient de faire consciencieusement leur boulot. Je suis moi-même enseignant dans un LEP et je précise : privé. Je ne peux plus entendre les discours idiots du genre : le privé c’est de l’élitisme pour les riches etc… Je suis dans un établissement de 200 élèves et reçoit dans jeunes exclus du système public et certains même (de plus en plus nombreux) placés par la justice… « Tu vas en cours et tu retournes faire dodo en prison », ou « Tu vas en cours ou tu restes en prison »… On ne peut pas taper sur le privé et en même temps lui demander de pallier les déficits de l’Etat. Les grands lycées privés « boîte à bac » ne sont de loin pas la majorité ni représentatif du privé aujourd’hui. D’autant que nous sommes complètement lachés par la hiérarchie pour des raisons idéologiques : exclus des formations, des concertations etc… Tout juste bons à assurer les examens (surveillances et corrections) parce que le taux d’absence des profs est chez nous plus faible que dans le public !
Je crois que l’on ne résoudra rien dans le système scolaire tant que l’on ne se sera pas posé des questions fondamentales : quelle société voulons-nous ? quelles valeurs voulons-nous défendre ? et tant que l’on ne se sera pas donné les vrais moyens pour mettre en ouvre ce qui aura été décidé.
Je suis assez d’accord pour dire que le système actuel n’a qu’un seul but : créer des crétins facilement gouvernables à coup de spots publicitaires et de reality show et de bons consommateurs. On demande aux profs d’être des enseignants, des parents, des psychologues et des conseillers conjugaux et en plus de garder les enfants au chaud pour ne pas qu’ils trainent dans la rue! De qui se fout-on ?
La société devrait se poser de graves questions quand elle voit que 65 % des enseignants souhaitent changer de métier…
Première réforme : supprimer ce nom absurde d’Education Nationale et revenir à celui d’Instruction publique. Là, ma mission sera claire : instruire, former des intelligences libres. Tout Etat qui prétend assurer lui-même l’Education du peuple n’est-il pas en marche vers la dictature ?
Cela remettrait la responsabilité d’éducation aux parents. Ce qui, somme toute, est dans la nature des choses. Ne sont-ce pas eux qui font les enfants ?
h16 a répondu:
décembre 8th, 2009, 14 h 16 min
@brother45 : bah oui. Je ne peux qu’acquiescer : ce sont les parents qui ont la charge de l’éducation, et les profs de l’instruction. Mais le mal est profond…
décembre 23 2009
Le mal est profond, c’est vrai. L’Ecole est complètement inadaptée, elle facilite la reproduction sociale, fonctionne encore sur des systèmes de notation individuels passés de date (le principe de la constante macabre),
Ah, encore un petit retard à l’allumage. Si seulement ces notations individuelles existaient encore…
la prétendue « éducation » qui y est fournie est un formatage mental à grands coups de hachoir culturel, ce n’est plus de la maïeutique, c’est de la césarienne mentale….
C’est bien de tenter quelques métaphores, encore faut-il arriver à en faire sens.
L’instruction publique, ça marchait quand les pauvres savaient que leurs enfants devaient faire des métiers de pauvres. LA problématique est totalement différente avec les idées d’égalité des chances.
Vous voulez dire, jadis, quand le pourcentage d’ouvrier à Polytechnique était 6x supérieur à ce qu’il est maintenant ? Vous voulez-dire il y a 50 ans, lorsque des fils d’ouvrier pouvaient, comme Brighelli – qu’on ne peut pas taxer de libéralisme farouche, hein – aboutir avec des diplômes prestigieux, chose qui ne se reproduit plus maintenant ? Vous voulez dire il y a 30 ans, lorsqu’on sortait de l’école en ayant une orthographe correcte permettant d’écrire « notations individuelles » avec les S et le féminin au bon endroit ? C’est de ça, dont vous voulez parler ?
Ah oui. Il est loin, ce temps où les zouvriers restaient des zouvriers. Maintenant, c’est génial, tout le monde le sait : l’ascenseur social fonctionne à plein régime.
En ce qui me concerne, je suis plutôt d’avis de faire éclater l’école, pour passer à quelque chose d’efficace, qui fasse à la fois de l’éducation, de l’instruction, et de la préparation professionnelle. je renvoie aux travaux de Philippe Meirieu, par exemple.
Bien des choses,
Un salaud de bourdieusien
Oui voilà, Meirieu, un excellent explosif à école.
Dites moi, vous avez lu ce blog ou, comme bien souvent pour les trolls baveux, vous débarquez, pondez trois petites crottes sans savoir et repartez ?



h16 a répondu:
décembre 4th, 2009, 21 h 49 min
@yodalf :
Ne mélangeons pas tout. Le libéralisme n’a rien à voir avec la gestion de l’EdNat, au contraire même.
Pour ce qui est d’harmoniser les programmes européens, quand on côtoie des européens de tous les pays tous les jours, on se rend compte du gouffre qu’il peut y avoir entre les Français qui ne sont jamais sortis de chez eux et les autres. C’est assez impressionnant. Si on doit uniformiser, ce devra être par le haut, ce qui représentera un tel effort pour l’EdNat qu’il n’est même pas la peine d’y penser maintenant…