AAA français : toujours plus de doutes

On apprend, très rapidement et au milieu de la torpeur estivale, que Moody’s réitère ses remarques concernant la notation de la dette française et de trois autres petits pays anecdotiques (Allemagne, Etats-Unis et Grande-Bretagne) : le triple-A, garant de taux bas, d’une dette facile à émettre et d’un poil lustré, n’est pas remis en cause patati, patata, mais tout de même, l’agence estime que « les défis liés aux ajustements budgétaires impliquent que le chemin à parcourir avant un abaissement de la note de ces pays s’est encore réduit« .

En clair, tout va bien, mais la distance avec le tout va mal s’est amenuisée.

Respirez un bon coup.

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Commentaires18

  1. Cambronne

    J’adore les commentaires du forum « le Monde » certains relèvent le niveau bolchevik comme une tirade au hasard d’un Michel S comme sclérosé ou autre « cette boutique autoproclamée sans aucune légitimité démocratique aille se faire foutre ! »

    ce pays est vraiment sclérosé

    Non sans blague la note de quelques pays risque d’être dégradée par Moody’s , dont la France . ???

    ça veut dire en résumé que le classement va dégringoler et que les frais financiers vont exploser comme la navette Columbia .

  2. simple citoyen

    Une possibilité, encore officiellement inimaginée en termes de scenario, est que les 4 soient dégradés, ce qui provoquerait une crise à côté de laquelle la présente ferait figure de promenade de santé.
    Mais si on accepte de regarder froidement les fondamentaux et les réserves réelles des états, y compris des ménages, il est loin d’être impossible…

  3. Stéphane

    Le AAA français (et d’autres) ressemble de plus en plus à une plaisanterie. Si n’importe quelle entreprise privée était dans la situation désastreuse de la France comparativement parlant, jamais Moody’s ou une autre agence de notation ne lui aurait gardé cette note, ni prit autant de pincettes dans la communication.

    Je pense qu’il doit y avoir des pressions (ou une corruption) pas croyable de la part des pouvoirs publics français pour que le triple A reste attribué au pays.

    1. C’est une évidence. Tout ce petit monde se tient par la barbichette. Lorsque le AAA tombera, il sera déjà trop tard, comme pour Lehman.

      1. Yul

        je crois aussi que dans les agences de notation (sauf la chinoise) ils ont une trouille monstre de ce qui pourrait arriver. Quand à la France, pays où l’on voue un culte à la lucidité et au sens des responsabilités, on a toujours préféré exécuter le messager plutôt que d’affronter le problème.

      2. Stéphane

        Je n’arrive juste pas à comprendre l’intérêt des agences de notations dans cette affaire. Leurs derniers vestiges de crédibilité mourront en même temps que les soc-dem occidentales dont elles auront tant refusé de voir la trajectoire.

        Alors que si l’une d’elle avait le courage de dire que le roi est nu, elle gagnerait une respectabilité immense (et justifiée dans les faits).

        Mais il est vrai que lorsque ce sera l’hallali, les financiers du monde auront bien d’autres chats à fouetter que de fustiger les agences…

        1. Mr T

          La réaction de l’opinion, des medias aux dégradations des 6 derniers mois a consisté essentiellement en d’incrédules froncement de sourcils et mouvements de tête de droite à gauche en signe de dénégation, suivis d’une colère habilement canalisée par la classe politique vers les agences de notations qui comme chacun sait mettent en oeuvre pour l’asservissement de la classe laborieuse par l’ultranéo-xxx et tagada-tsouin-tsouin.

          Je doute que dans ces conditions le fait d’être honnête leur serait vraiment profitable, en tout cas pas dans le court terme et c’est là le problème.

        2. Stéphane

          C’est vrai, mais elles risquent quoi? Que leurs employés soient lynchés par une foule vociférante? On a pas encore vu un pogrom contre les agences de notations. Ni même une manifestation devant leurs locaux parisiens, si elles en ont (qui ne doivent être guère plus grands qu’un cabinet d’avocat de toutes façons.)

          Bref, tant de lâcheté et d’aveuglement m’interpelle. Je pense qu’on saura la vérité trop tard, comme d’habitude…

        3. Mr T

          Ce qu’elles risquent, je n’ai pas la réponse complète, mais j’ai dans l’idée que les états pourraient cesser de rémunérer celles-ci et d’introduire des distorsions législatives leur donnant le rôle d’acteur institutionnel (placements réglementés et autres).

    2. Flak

      si les agences de notation crient a la cata, c’est mecaniquement la cata en un rien de temps et les investisseurs perdent leur pognon.
      Mieux vaut mentir au peuple pour qu’il se tienne tranquille, ce qui securise les investisseurs, ce qui securise les gouvernements – tout le monde y trouve son compte bien plutot que dans une catastrophe globale.

  4. Alex6

    Les agences de notation notent les performances passees, elles ne peuvent pas estimer l’avenir, elles ne sont que des indicateurs du passe.
    Le maintien du AAA est purement un jeu politique, parce que cette notation est concretement deja perdu d’un point de vue comptable. En revanche, sa conservation permet de continuer a vivre a credit jusqu’a la prochaine election, rien de plus. Honnetement, je doute fort que la France passe 2011 a ce rythme. L’explosion sociale est proche.

    1. Mr T

      Juste ça : Japon 1989 à aujourd’hui

      Bon, le pays avait des excédents commerciaux et une immense épargne pour absorber les déficits. Et il y a un peu trop de pays dans la mouise et de cygnes noirs qui planent pour qu’un tel scénario soit crédible sur une aussi longue période. Mais quand on voit encore récemment que les taux des obligations d’état – US notamment, sont à des plus bas historiques, il y a de quoi douter.

      Evidemment en fin de compte la reconnaissance d’une situation impossible arrivera, mais éventuellement plus tard qu’on l’imagine.

  5. Stéphane

    J’ai tourné et retourné la question et je suis parvenu à une explication qui me paraît plausible: les agences de notation ne peuvent pas ne serait-ce que mettre la note de la France (et d’autres) sous surveillance négative, parce qu’ensuite, elles n’auraient plus d’autres choix que de baisser la note encore et encore. Jusqu’au fond du trou.

    Imaginez. La France, toujours AAA, mais « sous surveillance négative ». Ca veut dire quoi? Que si les choses ne s’arrangent pas, il FAUT baisser la note.

    Mais, on le sait, il n’y a aucune chance que les choses s’arrangent. Jamais les finances publiques ne se sont arrangées depuis trente ans en France. Donc, mettre la note de la France sous surveillance négative implique de la baisser à terme, c’est inévitable.

    Et là, vous vous dites: la note de la France, dégradée à AA+, peut-elle s’arranger? Poser la question, c’est y répondre. Là encore, la note ne peut que baisser (réformes impossibles en France + taux d’intérêts introduits par ce AA+). La baisse de la note agit comme un coup de fouet, personne ne « croit plus » le gouvernement du pays et son mensonge permanent. Les investisseurs essayent de ramasser leurs billes. La panique s’ensuit, puis la crise. La note est menacée. Et ainsi de suite…

    Je pense que les gens des agences de notations savent tout cela. Ils prennent beaucoup de précautions, mais ils savent que le moindre pas en avant en matières de notes (la mise sous surveillance négative par exemple) revient à descendre la première marche d’un escalier qui mène droit à la cave.

    Ils se doutent peut-être aussi que le gouvernement français n’hésitera pas à les désigner comme bouc-émissaire de tout ce qui peut lui arriver si on touche au AAA.

    La situation est tellement fragile que le moindre choc peut tout faire voler en éclats. La simple mise sous surveillance d’un AAA parmi la poignée de pays qui en bénéficient encore pourrait suffire.

    Dans cette situation, en terme de crédibilité, maintenir une note obsolète est une forme de pis-aller. C’est un mensonge et tout le monde en convient, mais chacun se dit que tant qu’on arrive globalement à croire en ce mensonge, la situation n’est pas si terrible.

    1. raphael

       » Ils se doutent peut-être aussi que le gouvernement français n’hésitera pas à les désigner comme bouc-émissaire de tout ce qui peut lui arriver si on touche au AAA.  »

      Ouah, être désigné comme bouc émissaire, trop affreux !

      1. Théo31

        Bah oui. Comme on ne peut plus plus se servir des Juifs comme boucs émissaires, on prend maintenant les agences de notation.

    2. Olaf’

      Il ne faut pas oublier que dans l’incroyable univers ultra réglementé des banques et des assurances, premiers prêteurs aux États-Provisoirement-Providence, une dégradation d’une note signifie changer leurs placements, pour conserver les intérêts de leurs clients…
      En clair, si on fait boom sur le triplA de la France, hop un petit mouvement s’amorcera pour acheter du triplA teuton, jugé plus sûr. Et le debt-shoot français s’arrête assez vite, hausse (vertigineuse) des taux d’intérêts aidant.

      Comme toujours, on est dans un cas où le politocard veut résoudre un problème qu’il a lui-même créé par inflation réglementaire, avec la complicité des banques/assurances (qui y trouvaient leur compte également, il ne faut pas se leurrer)…

  6. darius

    L’agence chinoise dagong, recement crée car considerant que les 3 autres sont trop proches des emetteurs pour noter objectivement(qu’en termes galant…), a deja degrade la note de la france a AA-
    regardez vous meme sur le web a dagong
    ils se basent sur les difficultes qu’on aurait a faire rentrer plus d’impots vu notre pression fiscale(en grece ou en espagne ca parrait plus faisable, l’essence en espagne est a 1.13 donc pas mal de marge pour une tipp)

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