L’intervention étatique, ça marche du tonnerre !

Pendant qu’en France, différentes catégories de fonctionnaires plus ou moins âgés décident de défiler pour brailler leur haine des générations futures, les monnaies continuent, dans la plus parfaite indifférence de ceux-là et des dirigeants, à fluctuer sauvagement dans les mauvaises directions. Heureusement, l’intervention des Etats permet de tout remettre d’équerre.

Vous ne le savez probablement pas si vous vous abreuvez aux sources médiatiques franchouille, mais actuellement se déroule de véritables olympiades en coulisses du marché des changes. Dans le flegme le plus opaque, les états agitent leurs petits bras dans tous les sens pour essayer de faire partir les monnaies vers le haut ou le bas selon leurs désirs.

On se rappelle que la Banque Nationale Suisse, à un moment, avait voulu éviter une hausse trop rapide du Franc Suisse contre l’Euro et avait donc massivement acheté un paquet d’euros, permettant de soutenir artificiellement le cours de cette dernière monnaie pendant … quelques heures. Au bilan de quoi, il avait fallu encaisser une sérieuse moins-value que les Suisses sont encore heureux de payer.

Et bien évidemment, pendant ce temps, l’or avait continué de grimper.

Actuellement, c’est le Yen qui est le centre de l’attention tendre et rassurante des états : voyant celui-ci s’apprécier au détriment du dollar, vite, vite, la Banque Nationale du Japon s’est mis en tête d’en racheter massivement histoire d’éviter que leur monnaie ne monte trop et ne provoque un renchérissement de leurs exportations.

Le résultat est résumé dans ce petit graphique :

BOJ, Yen, 24.09.2010

Comme on peut le constater, en six heures, les effets du shoot s’estompent. Le résultat est, disons, mitigé :
a/ l’effet escompté n’est pas obtenu : le Yen est au final encore plus fort.
b/ la Banque du Japon encaisse des pertes que le contribuable va devoir éponger
c/ mieux : en parallèle, l’or, référence ultime, continue de monter (quelque soit la monnaie de référence) et atteint même à la suite de cette intervention un point haut à quasiment 1300$ pour une once. Merci BOJ.

Notons au passage que cette intervention n’est pas la première dans la semaine de la part de la banque japonaise. Notons aussi que le marché des changes est très régulièrement en proie à ce genre de petites sautes d’humeur depuis maintenant quelques mois.

De la même façon, on se rappellera que, tous comptes faits, les plans de relances, qu’ils soient français, américains ou européens, n’auront absolument pas aidé l’emploi ou l’industrie qui continue de licencier. Mis à part tartiner de baume les cœurs tendres des ministres et de leurs affidés, ces plans auront surtout servi ceux qui ont directement reçu les sommes colossales en question, et pas du tout ceux qui les ont déboursées (ou les débourseront) : les contribuables, ou les générations futures sur lesquelles les armées de vieux fonctionnaires syndicalistes semblent actuellement décidés à marcher.

Autrement dit, le constat général face à l’intervention de l’état dans le domaine économique, c’est … qu’il aurait mieux valu qu’il n’intervint pas. Conclusion que les libéraux ont pourtant anticipé depuis déjà des années. Mais celle-ci, ne répondant pas au dogme du Keynes-Powâ, n’a jamais été prise en compte…

Mhhhh. Snif ? Snif ?

Cette odeur de conifère qui se répand dans l’atmosphère n’est pas anormale.

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Commentaires14

  1. Laetitia

    Tiens, ce titre me fait penser à mon prof d’économie. Mais il faudrait plutôt l’appeler: « L’intervention de la BCE, ça marche du tonnerre ».

    Ce cher homme ( oui il est sympathique, à défaut d’être cohérent) nous a sorti comme ça, sans le moindre complexe, que « La BCE a très bien maîtrisé l’inflation suite à la crise ».

    Au menu: palpitations, troubles de la vision et bourdonnements d’oreilles pendant que je me retenais de lui cracher mon venin.

    Vous n’auriez pas un stock de bêta bloquants à écouler?

    1. Mr T

      C’est un problème de vocabulaire, pour les keynésiens inflation = fluctuation des prix, et comme il semble que le mécanisme de corrélation entre croissance de la masse monétaire et hausse des prix à plus ou moins long terme est évident pour tout le monde sauf pour ces quelques zouaves ils ne prêtent même pas attention à cet indicateur, aboutissant à ce genre de déclarations complètement absurdes.

      Après dans l’autre sens, regarder l’évolution de la base monétaire et du bilan de la banque centrale c’est fort bien mais quand l’argent ne sort pas des coffres ça nous apprend rien. Enfin si dans le sens où il est impossible que les liquidités en excès soient retirées à leur initiative donc tôt ou tard c’est cuit.

      1. Flak

        « moins long terme est évident pour tout le monde sauf pour ces quelques zouaves »

        en fRance? en fRance l’education et le media sont entierement tournes pour ne jamais affronter les problemes des theories Keynesiennes, pour que jamais l’economie ne soit comprise, et ca va d’autant mieux que la culture generale des frenchies en economie est nulle a chier (je n’ai pas trouve d’adjectif plus precis).

      2. Mr T

        Certes je voulais plutôt dire que n’importe qui en faisant preuve d’un peu de bon sens pourrait arriver à ces conclusions, mais il semble bien que celui-ci ait déserté depuis longtemps.

      3. Laetitia

        Comment avez-vous deviné qu’il était keynesien? ;)

        Quoi qu’il en soit merci pour la précision. Il faut dire que je suis novice (donc nulle) en économie.

        Par contre comme je surfe sur la blogo libérale mon cerveau dispose d’une option « alerte rouge » (oui, rouge) en cas de maxi c*****rie.

  2. Toni

    Flak a écrit :  » la culture generale des frenchies en economie est nulle a chier (je n’ai pas trouve d’adjectif plus precis). »
    Bien dit.

    1. Flak

      merci
      je me souviens avoir ete tres frustre en 4e quand le prof nous a explique que la construction du Hoover Dam generait de la richesse.Je lui ai demande qui payait les travailleurs, il a dit le gouvernement et tout le monde trouvait ca logique.Et la je me disais, mais si c’est banco pourquoi on ne fait ca que pendant les crises economiques? pif un barrage par ci, pour une fusee par la et on est tous riches!

      …bon et je me souviens que j’etais toujours aussi frustre en fin de seconde en realisant que je ne savais toujours rien en economie meme a l’issue de ma premiere annee d’eco, passe a apprendre des definitions de statuts legaux et autres conneries.

      1. Théo31

        Je me souviens en classe de première économie à l’époque avoir commenté pour un exposé un schéma sur la relance « économique » keynésienne publié par Science et Vie Economie. J’ai honte mais je me suis bien rattrapé depuis.

  3. Pythéas

    Théo a ouvert la boite de madeleines : je me souviens en terminale avoir dégommé Keynes dans une dissert de bac blanc : non que je remettais en doute les succès du New Deal (comment expliquer ça à un prof qui en est persuadé) mais j’insistais sur les 2 pays qui ont appliqué le plus parfaitement Keynes et pour qui ça a marché : l’Italie de Mussolini et l’Allemagne hitlérienne…
    Je ne me souviens plus de la note, mais bien du commentaire dans la marge : « Oh !! ». C’est un peu court, M. le Correcteur.

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