Europe écologie : gentillesse, tendresse et cris stridents

L’écologie, en France, c’est du sérieux : coincé entre un pur discours de marketing politique et une avalanche de bons sentiments nourris de l’illusion que le retour à la terre est la seule issue possible dans un monde de plus en plus industriel, le mouvement est mort cent fois pour, comme un phénix biodégradable estampillé Éco-Emballages, renaître de ses cendres carbono-compensées. Les récentes péripéties d’Eurologie-Écolovert d’Europécologilévert marquent simplement une nouvelle étape dans le recyclage du coucou. Je sais, c’est un peu facile de se taper une bonne rigolade avec Eurogie Ecolovert. Mais c’est lundi…

Pour ceux qui auraient récemment vécu dans une grotte ou se ficheraient de ces micro-mouvements opportunistes de socialistes inassumés, un petit rappel des faits est nécessaire, sinon, on s’embrouille vite.

Aux élections régionales de mars 2010, Daniel Cohn-Bendit avait réussi le pari de pipeauter plus de deux millions d’électeurs en se plaçant habilement entre un parti socialiste illisible et un parti écologiste invisible. Depuis, le conglomérat bizarre, issu d’une alliance entre « les Verts » et l’association écologiste purement circonstancielle bricolé pour les européennes, s’était arrangé pour contenir ses pressions internes et faire taire les velléités perpétuelles de scissions que ce genre de mouvement d’idéalistes utopiques nourrit en son sein.

Contre toutes attentes, le gloubi-boulga écolo a réussi à tenir jusqu’à maintenant, moyennant le musellement constant des militants et des fortes têtes à la direction du parti bidule. Arrive cependant les présidentielles et le nécessaire rangement en ordre de bataille pour offrir, enfin, une direction claire et, soyons fous, un programme, qui permettra de galvaniser les troupes et de harponner l’électeur qui picorait par là.

Ce genre d’événements fait, automatiquement, monter d’un cran la pression déjà démentielle qui règne au cœur du conglomérat ; on pressent, à la direction du blob, un certain Jean-Michel Basset. Pardon. Jean-Paul Bisset. Je veux dire Jean-Paul Besset, un type très très connu, barbe poivre et sel, et qui fume la pipe. Journaliste, c’est dire. Et puis communiste révolutionnaire aussi. Donc écolo, puisque les bêtises communistes et révolutionnaires, ça va bien deux minutes, mais question résultats électoraux, ça ne donne rien ; on recycle, donc.

Au passage, notez le tableau : un journaliste, communiste, révolutionnaire, qui fume la pipe et qui se retrouve à bricoler à la direction d'un parti écolo. Il doit y avoir une ou deux options qui manquent, mais on peine à voir lesquelles. La veste en tweed à patchs en cuir ?

Besset. Un goût très sûr pour l'habillage.

Cependant, Jean-Michel Jean-Paul, il est un peu soupe au lait : dénonçant un « climat de guerre froide« , notre aimable coco-écolo-fumeur de pipe à veste en velours côtelé ne supporte plus les conflits larvés entre les militants en provenance d’Europécologie, les écolos à tendance socialiste, et ceux du parti Les Verts, le canal historique du socialisme à tendance écolo :

D’un côté, le parti où nombre de Verts verrouillent une reproduction à l’identique, avec les mêmes têtes, les mêmes statuts, les mêmes pratiques, les mêmes courants, la même communication pseudoradicale, la même orientation servile vis-à-vis de la gauche » et, « de l’autre côté, la Coopérative que certains veulent instrumentaliser en machine de guerre contre le parti »

A quelques heures du scrutin crucial qui déterminera enfin qui sera le chef des deux globules accolés avant la bataille pour les présidentielles, Jean-PierreJean-Paul éteint sa pipe, renfile sa veste marron, claque la porte, et pose sa démission, scrogneugneu.

Cédille Duflot, pardon Cécile Duplot explique la réaction de Jean-Philippe Jean-Paul :

« Je pense que Jean-Loup, pardon Jean-Paul espérait qu’après Lyon il y aurait des hommes et des femmes nouveaux qui seraient totalement différents

Manque de bol, après Lyon, il y a eu des hommes nouveaux totalement pareils. Ou des hommes anciens différents, ou des gens anciens tout pareils. Le fiasco, quoi. Jean-Eudes Jean-Paul se casse donc.

Panique dans les rangs, il faut trouver un prétendant. Et là, c’est le miracle ou la coïncidence heureuse : papy Meirieu, le célèbre pédagologistologue de combat, passe par là.

Propulsé unique candidat, il est fort heureusement élu à la quasi-unanimité grâce aux 123 délégués présents sur 240, 1 contre et 3 abstentions. Oui, je sais, on ne comprend rien à cette unanimité à 51% pour un candidat unique, mais c’est Le Monde qui nous relate les faits, et on comprend le désarroi du journaliste qui a dû retranscrire ce qui se passe dans ce parti truc (d’autant qu’il n’avait pas de pipe et de veste en velours côtelé, lui).

Céline Duglot Cécile prend acte et nous rassure d’emblée sur le nouvel arrivant, en mettant l’accent sur « l’amitié, la gentillesse et la tendresse » qui se dégagent du rassemblement, et veut surtout « renouer avec l’espoir« .

Duflot, prête à partir en voyage

Oui.

Vous avez bien lu : il se dégage donc de l’amitié, de la tendresse et de la gentillesse de ce mouvement dont l’unique candidat à la présidence se barre en écrivant une lettre incendiaire. Les gentilles guerres intestines secouent avec probablement trop de tendresse le parti machin écologique et incitent donc ses amis à aller voir ailleurs s’ils y sont.

Résumons : Cohn-Bendit se sent pousser des ailes indépendantes, construisant des alliances parfois étranges en marge du mouvement. Meirieu prend la tête du parlement du parti chose alors qu’il n’a jamais été connu pour autre chose que pour ses exactions répétées dans le domaine de l’éducation (des générations d’élèves analphabètes le remercient). Eva Joly a tout d’une gauchiste patentée, bien avant tout souci écolo, et Hulot n’est plus guère qu’un représentant de commerce capricieux et foutraque d’une marque de shampoings cancérigènes.

Au milieu de tout ceci, Cécile émet dans l’ultrason en expliquant que tout va bien.

L’écologie politique, en France, n’est plus qu’un lointain souvenir, petit air de pipeau siffloté en sourdine dans des débats polémico-politiciens stridulants de boboïtude socialiste.

Franchement, tout se présente pour le mieux en 2012. Pour la droite.

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Commentaires30

  1. Kelevra

    pas sur que tout se presente pour le mieux a droite (enfin a droite, a la droite de la gauche)!! entre bayrou, gallouzeau de villepin, borloo, morin, la machine a conneries va aussi fumer de ce cote la.

  2. Higgins

    Dans tous les cas, le futur vainqueur (car il y en aura malheureusement un) de ce mauvais spectacle le sera nécessairement par défaut.

  3. Boutros

    La grande théorie de Meirieu, eh con!sors, c’est que  » on n’apprend rien à un enfant qu’il ne sache déjà ». Après avoir donc flingué l’enseignement avec l’aval (oups!)bienveillant de la groite et de la drauche, il va donc flinguer le machin écolotruc. Ce n’est pas plus mal. Remarquâtes-vous que dans « écolo » il y a « écol » ?

  4. Marine

    Petit billet très sympa à lire un lundi midi ! Ca met de bonne humeur. Souvent, j’oublie que c’est dans mon pays que ça se passe, et tout ça me fait alors presque rigoler.

  5. Stéphane

    H16, vous oubliez que l’influence de ces gens-là ne se mesure pas dans les urnes.

    Si la nuisance que représentent les écolo/verts/reclyclo écoloïdes se limitait à leur score électoral, on pourrait rire à gorge déployée. Mais malheureusement, tout ce que compte l’UMPS comme prétendants se réclament eux aussi de l’écologie. Pensez à un Borloo (radical) et ses Grenelles ou à divers avatars UMPistes persuadés que la planète se réchauffe à moins qu’on tue ce qui reste d’activité économique en France.

    En fait, on pourrait aller plus vite en cherchant des candidats, toute appartenance confondue, qui ne se réclament PAS de la fibre écolo.

    C’est là, je crois, la grande force du mouvement: il réussit à influer sur la conduite du pays sans être ni élu, ni représentatif de rien. Alors, certes, on peut se moquer de ses errements, mais le danger n’est pas écarté.

    1. Allons allons, ne mélangeons pas tout. Le billet parle non pas de leur influence sur la vie politique, mais de leurs agissements en interne et de leurs perspectives pour 2012. Ce que vous dites est exact, mais bien au-delà de ce que je voulais aborder : il est évident que l’écologie a réussi à éclabousser une bonne partie de la pensée courante en politique actuellement. Cependant, je tiens, dans ce cadre, à remarquer quelque chose : l’écologie, c’est bien joli, mais avec la crise qui continue d’être assez rude (et qui promet de l’être encore plus dans les prochaines années), les préoccupations écolos vont être fortement revues à la baisse. C’est bien joli, le greenwashing, mais ça coûte trop cher.

  6. VinceDeg

    « [les écolos sont] nourris de l’illusion que le retour à la terre est la seule issue possible dans un monde de plus en plus industriel ».

    Ouah, ça annonce la couleur. C’est dommage. Le post est plutôt lucide et mordant sur les dissensions internes de nos amis écolos. Par contre, t’as l’air de croire que l’écologie, tout ça, c’est qu’une vaste connerie bien pensante qui n’est absolument pas la priorité qu’on essaye de nous faire gober. Alors qu’en fait, si.

    T’es marrant à tailler le recyclage. Mais, entre autres, y’à quand même un gros problème de réserves matières premières (énergétiques ou non) qui se profile à l’horizon, là. L’illusion, ça serait de croire qu’il y en aura toujours. Ok, on s’est bien fait plaisir avec un développement industriel qui s’appuyait sur des réserves en abondance, faciles d’extraction, mais la fête est bientôt finie. T’as la solution de faire comme si de rien n’était et tabler sur des prévisions qui ne tiennent pas compte de ça, ou alors essayer d’anticiper et remettre en question notre modèle de croissance. Au passage, la terre, malgré tout, on ne l’a jamais quitté, c’est elle qui te fait bouffer tous les jours. La nourriture dans les étals, c’est pas magique, et derrière ce n’est pas un processus entièrement industriel. Juste pour info.

    Le gros problème, c’est que les écolos, au fond, ils ont raison. Un de ces jours, on se dira en regardant en arrière : « putain on a grave déconné en dilapidant notre capital naturel et en niquant notre environnement parce aujourd’hui ça nous rend la vie moins agréable, ça nous coûte vachement cher, et on a aussi été cons à pas anticiper parce que tout ça était super prévisible ». Ou un truc comme ça. Donc les écolos, ils ont raison, mais ils sont incapables de gouverner de façon pragmatique en vue de tout cela. Double problème.

    1. Juste pour info, lis le blog. Tout. Y’a une catégorie, « Vert & fluffy », qui te plaira beaucoup, j’en suis certain. Et les écolos, pour l’écrasante majorité d’entre eux, ils ont tort.

      1. flak

        « Alors qu’en fait, si. »

        hihihihi

        « qui s’appuyait sur des réserves en abondance, faciles d’extraction, »

        les celebres mines de Yaourt!

        « Donc les écolos, ils ont raison, mais ils sont incapables de gouverner  »

        ouf !
        on se souvient de comment ils veulent gouverner en explosant les gens…

    2. Higgins

      Encore un anxieux qui se la pète grave. C’est vrai qu’en Occident, on vit beaucoup plus mal qu’autrefois. La preuve, c’est que les gens n’arrêtent pas de mourir! Dans le reste du monde, par contre, ils sont super-heureux. Bon, c’est vrai parfois ils ont un peu faim mais il paraît qu’on s’y fait très vite.
      Une petite citation de qui vous savez pour terminer: « La loi s’est pervertie sous l’effet de deux causes bien différentes: l’égoïsme inintelligent et la fausse philanthropie. » L’écologisme est bien le fruit de l’un comme de l’autre. Quant à vouloir allier une carpe et un lapin, c’est biologiquement impossible et puis, nos écolos ont interdits les OGM. C’est donc normal que ça ne marche pas.

    3. Monoi

      C’est pas parce vous recyclez des idioties, que le recyclage est toujours une bonne idee.

      C’est marrant comme les Vincederg de ce monde ont du mal a imginer que le monde evolue, que justement parce que quelque chose devient rare et cher que des solutions de remplacement seront trouvees, qu’on peut toujours faire plus avec moins (ca s’appelle de la productivite), bref qu’il y a un truc nomme progres.

      Ca demande de l’imagination, chose dont les ecolos sont depourvus.

    4. VinceDeg

      Ok, c’était prévisible de me faire un tantinet défoncer.

      @h16 : « Juste pour info, lis le blog. Tout. Y’a une catégorie, « Vert & fluffy », qui te plaira beaucoup, j’en suis certain. » Vivi, j’ai lu. Sans dec’, c’est rigolo et même pertinent par moments. J’aime bien le côté défonçage de bisounours. Enfin, je vais pas commenter tout ce qui a déjà été publié, mais je veux bien venir jouer l’emmerdeur et relever les contradictions pour les futurs billets.

      @ flak « les celebres mines de Yaourt! » : té, c’est pas moi qui dit que les matières premières deviennent plus difficiles à extraire (et donc plus coûteuses), ce sont les grands méchants miniers et pétroliers eux-mêmes.

      @ higgins : ah bon, parce que maintenant écrire et débattre, c’est « se la péter grave » ? Sinon j’ai jamais dit qu’on vivait moins bien aujourd’hui en occident, je dis juste que si on veut continuer à bien vivre il faudra changer, évoluer. A part ça, je viens d’un pays pauvre où on en a rien à foutre de l’écologie, on a la chance d’avoir des OGMs, t’inquiètes que ça empêche pas les gens de mourir de faim.

      @ Monoi : bravo, tu viens de sortir un vrai discours écolo. Ce que tu demandes, au fond, c’est un peu de volonté politique pour dynamiser la recherche et l’innovation verte. Faire plus avec moins, comme tu dis. Tu demandes d’anticiper un peu pour pas se retrouver à la masse face aux autres pays quand ça deviendra un vrai enjeu économique. On est d’accord. Pour moi, l’écologie est forcément progressiste, et donc requiert justement de l’innovation, de l’imagination. Enfin, là où on est en désaccord, c’est que t’as l’air de penser que le système économique s’adaptera tout seul par la « main invisible du marché » sans volonté politique derrière et qu’il va pas nous viander dans une énième crise ou période de stagnation. Que si tout le monde recherche son intérêt individuel à court terme, cela aboutit forcément à l’intérêt collectif à long terme, qu’il n’y a pas de biens communs… J’ai un doute.

      1. Higgins

        « Que si tout le monde recherche son intérêt individuel à court terme, cela aboutit forcément à l’intérêt collectif à long terme, qu’il n’y a pas de biens communs… J’ai un doute. »

        Moi, je n’en ai pas. J’ai bêtement confiance dans le genre humain, pas du tout dans les politiciens. « L’erreur est un fait accidentel que l’expérience redresse sans cesse » (Frédéric Bastiat). Très prosaïquement, si certaines ressources viennent à disparaître, l’Homme trouvera autre chose. Je ne me fait aucun soucis. Peu me chaut que les écologistes (au sens doctrinaire du mot) élaborent de nouvelles combinaisons sociales tant qu’ils les expérimentent en priorité sur eux et qu’ils aient la sagesse de ne pas les imposer aux autres. Mais on a déjà vu par le passé où conduisaient les lendemains qui doivent chanter. Très peu pour moi.

        Voici ce qu’en dit Kundera dans « L’insoutenable légèreté de l’être » ( http://porteentrouverte.canalblog.com/ ):

        « Ceux qui pensent que les régimes communistes d’Europe centrale sont exclusivement la création de criminels laissent dans l’ombre une vérité fondamentale : les régimes criminels n’ont pas été façonnés par des criminels, mais par des enthousiastes convaincus d’avoir découvert l’unique voie du paradis. Et ils défendaient vaillamment cette voie, exécutant pour cela beaucoup de monde. Plus tard, il devint clair comme le jour que le paradis n’existait pas et que les enthousiastes étaient donc des assassins.

        Alors, chacun s’en prit aux communistes : Vous êtes responsables des malheurs du pays (il est appauvri et ruiné), de la perte de son indépendance (il est tombé sous l’emprise des Russes), des assassinats judiciaires !

        Ceux qui étaient accusés répondaient : On ne savait pas ! On a été trompés ! On croyait ! Au fond du cœur, on est innocents !

        Le débat se ramenait donc à cette question : Etait-il vrai qu’ils ne savaient pas ? Ou faisaient-ils seulement semblant de n’avoir rien su ?

        Tomas suivait ce débat (comme dix millions de Tchèques) et se disait qu’il y avait certainement parmi les communistes des gens qui n’étaient quand même pas aussi totalement ignorants (ils devaient quand même avoir entendu parler des horreurs qui s’étaient produites et n’avaient pas cessé de se produire dans la Russie post-révolutionnaire). Mais il était probable que la plupart d’entre eux n’étaient vraiment au courant de rien.

        Et il se disait que la question fondamentale n’était pas : savaient-ils ou ne savaient-ils pas ? Mais : est-ce qu’on est innocent parce qu’on ne sait pas ? Un imbécile assis sur le trône est-il déchargé de toute responsabilité du seul fait que c’est un imbécile ?

        Admettons que le procureur tchèque qui réclamait au début des années cinquante la peine de mort pour un innocent ait été trompé par la police secrète russe et par le gouvernement de son pays. Mais maintenant que l’on sait que les accusations étaient absurdes et les suppliciés innocents, comment se peut-ils que le même procureur défende la pureté de son âme et se frappe la poitrine : ma conscience est sans tache, je ne savais pas, je croyais ! N’est-ce pas précisément dans son « je ne savais pas, je croyais » que réside sa faute irréparable ?

        Alors, Tomas se rappela l’histoire d’Œdipe : Œdipe ne savait pas qu’il couchait avec sa propre mère et, pourtant, quand il eut compris ce qui s’était passé, il ne se sentit pas innocent. Il ne put supporter le spectacle du malheur qu’il avait causé par son ignorance, il se creva les yeux et, aveugle, il partit de Thèbes.

        Tomas entendait le hurlement des communistes qui défendaient la pureté de leur âme, et il se disait : À cause de votre ignorance, ce pays a peut-être perdu pour des siècles sa liberté et vous criez que vous vous sentez innocents ? Comment, vous pouvez encore regarder autour de vous ? Comment, vous n’êtes pas épouvantés ? Peut-être n’avez-vous pas d’yeux pour voir ! Si vous en aviez, vous devriez vous les crever et partir de Thèbes ! »

        Il suffit de remplacer communiste par écologiste. Le chemin est tout tracé et ne diffèrera aucunement de cette première et sanguinaire utopie. C’est malheureusement bien plus sûr que les élucubrations sur le réchauffement climatique et autres fadaises. Pour ma part, je préfère rester libre.

        1. Nord

          Excellente référence à Kundera, fort à propos! Nous nous trouvons effectivement face à un totalitarisme, dont on peut résumer la définition à: un mode de gouvernement, un régime politique dans lequel un parti unique détient la totalité des pouvoirs et ne tolère aucune opposition. Il me semble avoir lu récemment un article concernant une possible « police écologique », dans le droit fil de divagations de l’acabit d’un Tribunal international pour le climat, et j’envisage logiquement l’Etat policier vert au bout du chemin. Certes, ici comme en toute chose, nous autres libéraux pouvons affirmer que ces gens ont le droit de penser ce qu’ils veulent pourvu qu’ils n’imposent pas leurs opinions aux autres et on peut en débattre dans l’espace public et dans l’espace privé. Mais c’est là que le bât blesse: ce totalitarisme-là n’est nullement différent de ses prédécesseurs et ne souffre justement pas la contradiction, il s’érige en vérité suprême donc il DOIT s’imposer aux autres et peu importe si le CQFD n’est qu’une téléologie parmi d’autres. Au fond, et d’autres commentateurs en ont déjà parlé, nous assistons à l’avènement d’un phénomène religieux, ni plus, ni moins. Ses rites? auto-flagellations; ses sacrements? taxations, culpabilisations et vexations; peu importe donc que cette folie coûte des millions, elle donne un sens à la vie de ses adeptes et c’est ce qui compte. Que les comptes (en banque) des zélateurs de cette religion-là s’engraissent et que les nôtres puissent s’en retrouver vides, qu’importe! le but est noble, que dis-je? transcendant – qui sommes-nous, infâmes cafards libéraux pour remettre en question l’immanent?

          Bon d’accord je dérape un peu, mais c’est volontaire et puis, je n’ai pas le talent du grand Milan …

        2. Boutros

          Evidemment en accord total.
          Mais simple détail chiffonnant hors sujet :peut-on « faire semblant » d’avoir fait quelque chose ?

      2. Georges

        @VinceDeg : ce n’est pas « la main invisible du marché » qui nous a conduit dans la situation où nous sommes mais la « volonté politique » que tu appelles de tes voeux. Le capitalisme industriel est une excroissance de l’Etat et des privilèges politiques. Le marché libre et le libéralisme n’y sont pour rien.

      3. Monoi

        Ca a plutot bien marche pour ce qui est du progres, justement sans interventions des etats/gouvernements, jusqu’a ce que les etats s’en melent. Ceux qui declarent les guerres aux dernieres nouvelles ce sont les politocards, qui entravent, qui faussent, etc…C’est pas nouveau, Bastiat c’est en 1850.

        Ce qui est formidable, c’est que la situation serait largement pire si justement il n’y avait pas ces millions de gens qui malgre tout continuent a fonctionner en depit de l’etat.

        Votre commentaite montre vraiment que vous n’avez rien compris au film.

        1. Georges

          Est-ce à moi que votre « vous n’avez rien compris au film » s’adresse ? Si c’est le cas, qu’est-ce qui, dans mon message, vous fait croire que je n’ai rien compris ?

      4. Alex6

        « @ flak « les celebres mines de Yaourt! » : té, c’est pas moi qui dit que les matières premières deviennent plus difficiles à extraire (et donc plus coûteuses), ce sont les grands méchants miniers et pétroliers eux-mêmes. »
        Je mets 10 balles dans le moulin que tu n’as strictement aucun debut de commencement de connaissance du marche minier mondial.
        Mais c’est normal, ta reference en la matiere doit etre Germinal.
        Autrement, c’est vraiment de la conner** en barre ton baratin. Ecolo quoi.

    5. Théo31

      « remettre en question notre modèle de croissance. »

      On sait très bien pourquoi les écolos, ces faux humanistes en carton vivant de et sur la misère, sont contre le fait que les pays pauvres accèdent à un niveau de vie et développement décents.

  7. nordyck

    Excellent article,comme d’habitude.Et c’est vrai que les écolo.nous les brisent grave,sont à coté de la plaque,et que leurs lubies nous coûtent déjà assez chères,en plus d’être inefficaces…et souvent plus polluantes que le problème ‘traité’!

    mais question recyclage,là,ils sont imbattables.Voir ce petit lien qui suit .Et dire qu’il y a encore des gogos pour les écouter,et s’en-carter…

    http://extremecentre.org/2010/12/11/europe-ecologie-transmet-ses-voeux-avec-le-calendirer-musulman/

  8. adnstep

    Bon, vu d’ici (du Sud-Ouest), l’imbroglio interne est un prémisse du bordel PS-Vert à venir.

    EN 1997 la droite voulait faire une autoroute Bordeaux Pau. A l’heure de l’écologisme triomphant, le PS vainqueur d’une élection offrit la tête de l’autoroute à sa maitresse verte.

    Et puis, la construction de l’autoroute reprit, au grand dam des verts, peu à peu devenus moins incontournables, à mesure que s’appliquaient dans la réalité les mesures qu’ils avaient inventées un soir de cuite au thé vert.

    Elle va bientôt être inaugurée. Dans le journal du conseil régional édité avec mes impôts (c’est un beau journal, j’en suis fier) Darcos se gausse, Rousset se réjouit (l’autoroute va attirer le monde entier dans les zones d’affaires de la région) et les écolos l’ont mauvaise. Je n’ose pas leur envoyer un modèle CERFA.

    Ah oui, la nouvelle du jour. Ce week-end, les couples Juppé et Feltesse ont déjeuner ensemble. Ils n’ont pas mangé de cerises.

    1. Théo31

      Certains que ces connards d’écolos emprunteront cette autoroute comme ça ne les dérange en rien de prendre l’avion pour aller se taper des putes et du caviar au Mexique. Ils ne pourront pas faire comme l’autre tache fluffy de Bègles : faire croire qu’ils se déplacent en vélo.

      1. Higgins

        Pas de méchanceté inutile. Le chef des socialos, et celui des vers, découvrent simplement la réalité économique.
        Einstein avait bien raison au sujet de l’infinitude de la connerie humaine.

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