Un mois de juillet au calme

Ça recommence ! Comme l’année dernière à pareille époque, je vais devoir vous laisser. Loin du clavier et de mes turpitudes libérales qui m’obligent à m’adonner à ma compulsion coupable de blogueur sans vergogne, je ne ferai plus de billet jusqu’en août.

vintage beachCertes, l’actualité politique, sociale et économique sont loin d’être au plus calme, mais je sais que le principal m’attendra : j’ai téléphoné à Sarkozy pour lui rappeler mes dates de congé et il a convenu avec moi qu’il serait inapproprié qu’il présente sa candidature à la présidentielle 2012 pendant cette période. DSK m’a aussi confirmé qu’il se tiendrait à carreaux, et Martine a été très compréhensive.

Oh, il y aura certainement des catastrophes notoires, pouvant aller de la perte définitive du AAA sur la dette souveraine française, avec bank-runs et émeutes dans tous le pays jusqu’à la rupture de stock de confiture dans mon buffet. Mais je saurai rester stoïque et zen, et vous retrouverai dans les premiers jours d’août si tout va bien.

En attendant, je tenais à vous remercier de votre assiduité, du relais permanent que certains m’honorent de faire sur des douzaines de forums à droite et à gauche ; cela fait toujours plaisir de voir ses idées partagées, partage qui rassure un peu sur la décomposition avancée mais peut-être pas ultime de ce pays. Lorsque l’occasion se présente, n’hésitez jamais à twitter et retwitter les billets, cela favorise leur émergence dans les classements et participe ainsi à la notoriété des idées qui vous sont chères.

Pendant la période estivale, je vous encourage à continuer ce relais et, bien sûr, à vous plonger de temps en temps dans la lecture édifiante de Contrepoints.org, le seul quotidien libéral francophone.

Bonnes vacances à tous !

J'accepte les BCH !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
 

Commentaires46

  1. Marianne

    « partage qui rassure un peu sur la décomposition avancée mais peut-être pas ultime de ce pays. »

    C’est l’approche des congés qui provoque ce regain d’optimisme ? Faites provision d’énergie pendant l’été, l’année promet d’être sportive !
    Bonnes vacances à vous.

  2. Before

    « Cela fait toujours plaisir de voir ses idées partagées » : j’ai constaté ça (un peu) autour de moi, mais le problème c’est que ceux qui les partagent n’ont souvent pas du tout l’impression d’avoir des idées libérales.
    Une grande majorité de « M.Jourdain »… mais c’est mieux que rien.
    Bonnes vacances (pour moi, vu ce que me laisse notre cher État, ce sera en très grande partie chez moi…).

    1. Flo

      Exactement.
      Et ce qu’ils crtiquent sous le mot « libéralisme » n’en est pas mais alors pas du tout!

      Bonnes vacances H16, je crois que la période qui nous sépare de mai 2012 va être intéressante!

  3. Sylvie

    Bonnes vacances H16 et un grand merci pour vos excellents billets qui nous permettent de savoir que nous ne sommes pas seuls à penser « de travers » comme ils disent.

    Nous partons aussi mais pas sans lecture… La vôtre « blogesque » nous manquant, ce sera avec votre livre 😉
    à South Park,Colorado ^^

  4. Alx

    Bonnes vacances h16, pourvu qu’elles permettent de moins penser pdt quelque temps a cette (lente?) decomposition…
    En attendant les vacances en aout, il ne reste qu’à explorer d’autres sites/blogs de la liberalosphere, de qualite tres variable pr ce que j’en ai deja vu.

  5. gnarf

    Desole de casser l’ambiance bisous bisous. J’ai ete designe volontaire par l’amicale communiste de Saint-Ouen, pour te communiquer le sentiment des courageux camarades qui resistent jour apres jour aux forces sataniques du marche dont tu te fais le suppot. Alors je lis voila:

    « Bone vacanse gro con de riche, ke le sable te brulle les valseuses. On ora ta po. »

  6. nordyck

    Que vous souhaiter , cher H16 , sinon que de très , très bonnes vacances !

    Et pour soigner l’état de manque qui commence à poindre , il me reste à lire compulsivement tous les articles parus auparavant . Ce qui va m’occuper copieusement . Pour le bouquin , c’est déjà fait .

    Et encore merci pour tous ces bons moments passés à vous lire …et surtout ceux à venir !!

    A bientôt .

  7. Li Po

    j’espère qu’ils vont accepter tes chèques vacances à Cuba ! non je déconne, tout le monde sait qu’en tant que gazier tu pars en vacances en CCAS .
    Dommage ce départ le jour où 11 députés( 7 Pour et 4 Contre ) votent un avant projet de loi de nouvelle cart d’identité biométrique à double puce …

  8. HussardBleu

    « C’est dans la vacance des grandes valeurs que réside la valeur des grandes vacances »… La seule fois où Edgar Morin m’ait fait sourire… quant à la vacance de toutes ces sortes de choses, il n’y a que l’embarras du choix….

      1. Flo

        Ca commence aussi à diverger salement entre les taux Français et Allemands.
        Et certains qui « viennent » de découvrir ça, jouent les pionniers de la pensée économique en disant : »Ah ça, personne n’en parle hein! » (genre c’est un scoop qui vous en bouche un coin).

  9. Alx

    Dommage que les vacances soient mtnt, pq l’actualite est riche, entre Aubry qui reparle du numerique, la theorie des genres de plus en plus ridicule (et critiquee comme exces de liberalisme!!!!!!!!), la faillite financiere des PIGs, les dissenssions dans l’UE qui ne trouve pas de solutions pour gerer les dettes, …
    Ces sujets ont presque tous ete abordes sur ce site, mais puisque les politiciens et journalistes en reparlent, pourquoi pas h16?

  10. HussardBleu

    Sur le conseil de H16 – of course – j’ai acheté le livre sur le ForeclosureGate, dont je me suis largement inspiré pour un compendium, destiné à mes amis les plus flemmards (qui voudraient bien comprendre mais sans s’appuyer plus d’une centaine de pages). Partant du principe que vous êtes également, et intellectuellement brillants, et irrépressiblement paresseux, j’ai décidé libéralement de vous en faire profiter, l’aspect juridique de la chose se trouvant « in cauda » comme tout bon venin qui se respecte :

     Petite explication liminaire : en Europe, et en France en tous cas, quand une banque accorde un prêt immobilier – et en laissant de côté son propre refinancement, aspect sans importance dans le cadre de cette explication – le contrat est passé entre l’emprunteur et sa banque, et pendant toute la durée dudit prêt, ce sont les deux seules parties qui vont contractuellement exister.

    Personne d’autre n’interviendra (sinon une éventuelle caution, en cas de défaillance de l’emprunteur, ou la Justice, au cas où l’emprunteur principal et la caution ne garantiraient pas une solvabilité suffisante, auquel cas le bien immobilier ferait l’objet d’une saisie, avec un formalisme judiciaire d’une grande complexité, assurant le respect des droits de chacun).

    Par ailleurs, le taux du prêt sera fonction de sa durée (moins élevé à 10 ans qu’à 20 ans, car la banque courra un moindre risque) et les taux se tiendront à peu de chose entre les différents établissements financiers. En outre, ce taux sera uniforme à peu de chose près, également, quel que soit l’emprunteur : si le risque paraît trop important, la banque ne prêtera pas.

     Aux USA, en revanche, les choses ne se passent pas du tout de la sorte, et cela explique et la catastrophe, et la contagion « systémique » :

    La plupart des crédits (71% en 2007) sont placés par des courtiers auprès de la banque qui va octroyer le prêt – banque dite « originatrice » – les courtiers étant payés à la commission (commission qui est payée naturellement, même si le crédit est « mal calculé » et passe au contentieux).

    Disons que Me John Doe, personne de bon standing solvable, emprunte 100 000 dollars à la banque A à 6% sur 20 ans. Ce prêt générera en 20 ans 71 943 dollars au profit de la banque A.

    Mais la banque A préfère toucher son argent sur le champ, et vend le contrat pour 4000 dollars à une banque d’affaires, que nous appellerons B-Trust et qui envisage donc de toucher 171 943 dollars sur 20 ans, en payant 104 000 dollars. Le rendement de 6% du départ baisse un peu, pour arriver à 5.5%.

    B-Trust va monter un trust pour racheter tout un ensemble de prêts de ce genre, trust qui va émettre des obligations pour financer les rachats. Ce Trust est un MBS (Mortgage Backed Securities, MBS, c’est-à-dire un fonds obligataire appuyé sur les hypothèques prises à l’occasion des prêts tels celui de John Doe). Evidemment, B-Trust n’a qu’une idée assez floue de la solvabilité des John Does de son portefeuille,

    Tout se passe comme si chaque crédit était une patate chaude que chaque financier passe à son voisin.

     C’est ici qu’intervient la fameuse « titrisation », c’est-à-dire l’émission des obligations par les MBS pour financer le rachat des prêts : ces obligations sont appelées CDO (Collateralized Debt Obligations).

    Et qui achète ces obligations CDO ? mais naturellement des clients du monde entier, par le biais de Wall Street, les banques, les assurances, et les fonds de pension…

    Ces CDO sont ce que l’on appelle des « produits dérivés » de créances immobilières.

    Un des premiers dangers de cette méthode, c’est que chaque acteur se moque du risque pris, passé au suivant et dispersé, pour autant que lui-même touche sa commission…

     Mais revenons à notre Trust MBS : évidemment, s’il ne s’y trouve que des John Doe, gens sûrs et solvables, le risque est très faible. L’astuce financière est d’y mélanger des gens moins sûrs et moins solvables, du genre de Mr. Al Skunk, les fameux « subprimes »… (« prime » étant le « bon » crédit, « sub-prime » le douteux).

    Pourquoi ?

    Disons que Mr. Skunk va emprunter 200 000 dollars, et que son « rating » crédit est peu fameux… On va lui prêter sans difficultés, mais à raison du risque, son taux passera à 8% (au lieu des 6% de Mr. Doe). Le total des intérêts sur 20 ans se montera à 201 491 dollars : beaucoup plus intéressant pour le prêteur que celui de Doe !!!

    La banque A va vendre ce contrat 8000 dollars (le double de celui de Mr. Doe) à B-Trust : elle est donc incitée à placer de nombreux prêts sub-primes, d’autant qu’elle ne supporte pas le risque ! Elle devient un simple collecteur de commissions, tandis que B-Trust engrangera – si tout se passe bien – un taux de 7.5%…

    Dans la pratique, ces prêts ne sont pas cédés à l’unité, mais par paquets de 500 ou 1000 : l’analyse des risques par B-Trust est de plus en plus vague, mais qu’importe, il s’agit de mélanger dans le même MBS des « primes » et des « subprimes » pour majorer sa rémunération globale.

    Si tout va bien, tout le monde est gagnant au départ, sauf l’emprunteur naturellement, qui paie sans le savoir les commissions de tout ce petit monde. La Banque A a tout intérêt à placer des prêts « limites » pour majorer ses commissions, tandis que la B-Trust voit croître le rendement moyen de ses pools de prêts….

     Premier problème : la loi US impose une estimation « indépendante » du bien immobilier financé à hypothéquer. Les experts « indépendants » ont la clientèle des banques A, et sauf à perdre leur clientèle, sont incités à majorer leurs estimations… Les surestimations sont de l’ordre de 15 à 30%, et selon un rapport publié par le NY Times, dans un seul pool analysé, 50% des estimations étaient surévaluées…. Deux rapports du FBI en 2004 et 2006 ont confirmé le fait…

    Mais revenons à notre beau souci, celui de la titrisation : les obligations MBS sont vendues à plusieurs prix, naturellement.

    Les plus sûres sont notées AAA et sont rémunérées à 4.5% sur 30 ans (rappelons que la rémunération du trust est de 6.5%). Puis des tranches « moins sûres » à 5.5% 6.5% et 8%, étant précisé qu’en cas de défaillance des emprunteurs, les tranches les plus élevées encaissent les pertes en première ligne.

    C’est là que l’on découvre que le B-trust a fait procéder à des audits de « paquets » d’emprunts achetés à la Banque A (la firme Clayton Holdings détient 70% du marché de ces audits, et a trouvé que 30% de ces prêts ne respectaient pas les « standards » bancaires, c’est-à-dire le ratio entre la valeur de l’immeuble, les revenus de l’emprunteur et l’importance du prêt).

    A la suite de ces audits, le B-Trust a marchandé avec la banque A pour obtenir, dans le cas de Mr Skunk, un rabais de 8000 à 4000 dollars. Mais la chose est restée si discrète que le prospectus boursier – vérifié par la SEC (commission de vérification des opérations boursières) – n’a fait état auprès des investisseurs, ni du rabais, ni de la mauvais qualité des prêts….

     Mais – me direz-vous, car vous suivez l’actualité, petits canaillous – et les Agences de Notation ? ces incorruptibles Gendarmes qui décident de la vie et de la mort du crédit des Etats et autres moindres seigneurs ?

    Car enfin, comment a-t-on pu noter « AAA » des tranches d’obligations contenant autant de prêts aussi fragiles ?
    Lorsque Clayton Holdings a voulu les aviser de ce qu’ils avaient découvert dans leurs audits (voir ci-dessus), « on » les a gentiment envoyés promener.
    Et pourquoi, je vous prie ?

    Il faut simplement savoir que ces Agences, en position d’oligopoles de par la loi, sont rémunérées par les émetteurs des produits financiers qu’elles sont chargées de noter… alors, leur dilemme était le suivant : soit elles sous-estimaient le risque et permettaient aux émetteurs d’abaisser l’intérêt accordé à l’investisseur, soit elles perdaient le client au profit d’une autre agence, comment dire, plus « compréhensive »…

     Mais – répliquerez-vous, car vous êtes pleins de pertinacité et enclins à favoriser la présomption d’innocence – bon, d’accord pour les Agences de Notation, prises au jeu de la concurrence intéressée, mais et les Régulateurs Publics ?

    Excellente question, mes amis ! les rapports du FBI de 2004 et 2006, et le rapport de Clayton Holdings de 2007, sont restés lettres mortes, et absolument sans aucun effet sur les Pouvoirs Publics…

    Et puis Joseph Stiglitz disait que Fanny Mae et Freddy Mac ne pouvaient faire faillite, Greenspan assurait que la FED ne laisserait pas sombrer l’immobilier, qui rapportait 10% par an….

     Et puis, on avait les merveilleux CDS (Credit Default Swaps), ces assurances contre le défaut de paiement des CDO (obligations) émis par les MBS (trusts)….

    Ah oui, un souci, quand même : et si les assureurs couvrant ces CDS faisaient faillite ? C’est ce qui s’est passé avec l’assureur AMBAC en fin 2010, lequel s’est retourné contre Bank of America pour déclarations frauduleuses (basées sur les sur et sous estimations exposées ci-dessus), et réclamant 20 milliards de dollars…. David Faber, un analyste économique estime que les recours pourraient atteindre 1500 milliards de dollars à l’encontre de plusieurs MBS…

    Mais ceci pourrait n’être que la partie émergée de l’iceberg, et, là, on entre, pour l’heure, dans l’hypothétique… et si, comme le pensent quelques mauvais esprits, si, au lieu d’être une catastrophe basée sur l’esprit de lucre malavisé, tout ceci n’était qu’une monstrueuse carambouille ?

     Autrement dit, si le système n’avait été créé que pour ne pas fonctionner ? en avril 2010, la SEC a porté plainte contre Goldman Sachs et le fond Lone Star de John Paulson. Qu’en est-il ?

    Notre ami Paulson avait créé un MBS du nom d’Abacus délibérement composé de prêts subprimes particulièrement peu fiables. Mais au lieu d’acheter les CDO de ce trust, vendus par Goldman Sachs, il aurait acheté des CDS, anticipant leur déconfiture pour être payé par les compagnies d’assurances….

    Rappelons qu’outre Ambac, cité ci-dessus, AIG plus gros assureur d’obligations du monde n’a pu être sauvé que par le bail out du contribuable américain, bien sûr jamais consulté (dans ce dernier cas, Tim Geithner, actuel Secrétaire du Trésor, qui était à l’époque le dirigeant de la FED de New York a consenti à Goldman Sachs et quelques autres des conditions de remboursement singulièrement avantageuses)… et Goldman Sachs aurait joué le même jeu… tout en vendant à ses clients les CDO dont s’agit….

    Le fonds Abacus ayant perdu 99% de sa valeur, la SEC consent à s’émouvoir et, en avril 2010, inculpe Goldman Sachs et un de ses dirigeants, le français Fabrice Tourre, (Centralien, né en 1979, et Whizz Kid de la Finance mondiale) un idiot qui ne se méfiait pas de ses courriels…
    A la suite d’un accord amiable – scandaleux aux yeux du public américain – Goldman Sachs s’en tire avec une amende de 550 millions de dollars payée en juillet 2010, tandis que Tourre reste seul et fait face à des condamnations possibles de quelques dizaines années de prison…

    D’autres grands noms de la finance new-yorkaise sont dans le collimateur – plein de mansuétude – de la SEC…. A suivre donc….

     Revenons en arrière, pour voir comment les banques porteuses de prêts défaillants peuvent trouver une porte de sortie :

    En cas de défaillance, l’emprunteur voit sa maison saisie et vendue. C’est le principe de façon générale, aux USA comme en France…

    MAIS, mais …. Nous trouvons maintenant une faille gigantesque dans le système américain, à la différence du système français consacré par l’institution des Bureaux des Hypothèques.

    Dans le droit américain, deux documents sont signés par l’emprunteur :

    1/ la reconnaissance de dette (« note » ou encore « IOU ») qui traite du montant et du taux du prêt, des conditions diverses etc.

    2/ l’hypothèque (« lien » ou « deed of trust ») qui stipule qu’en cas de défaut de paiement, le détenteur de la créance peut saisir la maison de l’emprunteur. Sans ce « lien » la créance n’est pas sécurisée.

    Or, avec le système éclaté ou externalisé exposé au départ, ce couple « créance/hypothèque » doit être transmis plusieurs fois entre la Banque A (celle qui octroie le crédit au début) et le MBS.

    L’équivalent du Conservateur des Hypothèques, le « County Clerk » devait à chaque fois certifier que la chaîne de possession « créance/hypothèque » était bien passée de la banque A au Trust B puis au MBS (et autres le cas échéant puisqu’il apparaîtrait que certains biens ont été discrétement hypothéqués plusieurs fois…) et que la maison de Mr. Doe ou de Mr. Skunk servait bien de garantie au MBS…

    Petite difficulté vite réglée par l’informatique : avec le boom des affaires immobilières, et ces milliers de prêts à traiter, c’était une énorme perte de temps et d’argent (et de taxes à payer) que de passer par le truchement des « county clerks »… que de contrariétés !!!!

     Les grandes banques, et Freddy Mac et Fanny Mae parmi elles, ont donc créé un groupement interbancaire, le MERS (Mortgage Electronic Registration System) qui permettait d’enregistrer électroniquement les transactions sur les propriétés hypothéquées. Le Progrès permet d’éviter cet enregistrement si fastidieux par les bons vieux County Clerks !

    L’ennuyeux, c’est que jamais le MERS n’a reçu de sanction législative en règle… Un peu navrant, dans un Etat de Droit…

    Lorsque les défaillances ont commencé à se produire, le MERS s’est chargé du suivi, en prétendant représenter les banques créancières : petit problème, car les tribunaux ont refusé de suivre ce raisonnement, et , plus grave, ont considéré que le défaut d’enregistrement par le « County Clerk » ne permet pas à la banque de se substituer au MERS pour poursuivre la vente de l’immeuble, les documents reconstitués à partir des enregistrements du MERS n’ayant pas valeur légale, quand, au surplus, les archives du MERS sont elles-mêmes souvent défaillantes, les sauvegardes étant inexploitables…

    Et 60 millions de prêts ont été enregistrés par le MERS, depuis 1990…

    On va donc être contraint, dans les banques, de retrouver toutes les archives papier, si elles existent encore, et reprendre la chaîne de transmission : un travail de chartiste pour lequel nos banquiers digital native ne sont pas forcément préparés…

    Et ce n’est pas tout : il va falloir donc repasser par les « county clerks » et payer les droits « négligés », sans compter les redressements fiscaux pour fraude aux droits des collectivités locales… on estime le total, fourchette haute, à 500 milliards de dollars…

    Je vais m’en tenir là : la chose est déjà assez sinistre, sans parler du total des produits dérivés dans le monde, qui s’élève à 600 000 milliards de dollars, estimation « conservatrice » pour 55 milliards de créances réelles…

    Pour de plus amples détails, et si vous voulez vraiment vous mettre la rate au court-bouillon, cherchez les liens de « Foreclosure Gate ».

    1. Before

      Waouh! Merci pour le résumé, j’ai pas tout tout bien compris (j’ai lu un peu vite), mais je vais me pendre de ce pas.

      Mais qu’en est-il des régulations, règles et lois financières sensées éviter ce genre de dérives (ou plutôt d’escroqueries galactiques) ?

        1. Before

          Ben alors, z’êtes pas en vacances ? Faut se reposer un peu, sinon vous n’allez pas tenir le rythme l’an prochain.

          Mais comment les règles ont aggravé les choses ? Par la défaillance de ceux qui devaient les appliquer ?
          Par des failles créant des opportunités pour les rapaces ?

  11. BA

    France : les derniers chiffres du chômage viennent d’être diffusés.

    Catégories A, B, C, D, E :

    Chômage en juin 2010 : 4 816 600 inscrits à Pôle Emploi.

    Chômage en mai 2011 : 4 944 100 inscrits à Pôle Emploi.

    Chômage en juin 2011 : 4 979 800 inscrits à Pôle Emploi.

    Variation sur un mois : augmentation de 35 700 chômeurs.

    Variation sur un an : augmentation de 163 200 chômeurs.

    C’est à la page 15 :

    http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr/IMG/pdf/PI-Mensuelle-nz95.pdf

    Déclaration de Christine Lagarde le 13 mai 2011 :

    « Tous les clignotants sont au vert. »

    http://www.boursier.com/actualites/economie/pour-christine-lagarde-tous-les-clignotants-sont-au-vert-8544.html?sitemap

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.