Le nouveau coupable après les libéraux : les Chinois

C’est la super-crise. Mais tout va super-bien : au journal Le Monde, ils ont de super-penseurs, qui ont de super-solutions.

Bon, ok, il ne s’agit pas d’un article enflammé de l’un des scribouillards habituels du quotidien. Nous évitons cette fois l’odeur d’Hessel, la couleur du Morin ou les productions mi-molles mi-liquides d’Attali.

Notre auteur du jour détient la clef de lecture qui permet de comprendre pourquoi le monde part en vrille, qui est le responsable, et comment revenir à une situation plus stable, le tout, en deux ou trois coups de cuillère à pot et pas mal de jarret. C’est important, le jarret, ça permet de rebondir.

Et c’est donc en rebondissant que je vous encourage à prendre connaissance de l’article ici. Il est d’Antoine Brunet, un sémillant économiste dont la monomanie anti-chinoise a quelque chose de touchant (quasiment tous ses articles présentent ses analyses économiques où le méchant a systématiquement les yeux bridés).

Constatez par vous-même, la thèse est simple : pour Brunet, la Chine bénéficierait outrageusement de son Yuan sous-évalué qui lui permet de nous vendre à pas cher moult produits manufacturés, ce qui lui permet d’avoir tout plein d’euros et de dollars en retour. Copieuses recettes qui seraient ensuite utilisées pour investir les marchés, et, à l’instar d’un pompier pyromane, mettre les pays européens et les USA dans le caca afin de s’en assurer la domination financière. Pire : les pays occidentaux ne peuvent plus répliquer avec des répressions douanières, la Chine étant entrée à l’OMC.

Yahou. Cette odeur subtile de conspiration se mêle aux remugles plus lourds de transpiration qu’un tel scénario a nécessité.

Prenons un petit coup de schnaps et plongeons nous dans quelques velus paragraphes de cet article. On y découvre ainsi que la Chine affiche une santé insolente, avec plein de chiffres qui font rêver d’autres pays. Santé insolente doublée d’une inflation elle aussi insolente. Oui, la Chine engrange de la devise étrangère à pleines caisses… Enfin, disons qu’elle empile les reconnaissances de dettes des américains et des européens, ce qui est sensiblement différent.

Un peu plus loin, on découvre que cette Chine opulente s’est construite au détriment d’un occident oxydé, dont l’industrialisation périclite. Là encore, on peut noter que cette vision est, en elle-même, sujette à débat.

Mais tout ceci n’est que de la petite bière à la lecture de ce qui suit.

Jusque là, la Chine est le coupable idéal, ayant honteusement dégonflé sa monnaie pour mieux sauvagement pénétrer nos marchés. Mais à partir de ce constat, l’auteur nous refait l’histoire de la crise depuis 2001, avec les politiques désastreuses de Greenspan entre 2002 et 2008 : la bulle télécom dégonflée, le président de la Fed de l’époque avait en effet choisi des taux bas et du crédit facile, propulsant l’immobilier au plus haut. La suite, en 2008, on la connaît, avec la chute des mécanismes subprime. Depuis, les bricolages intensifs se succèdent sans aboutir à la moindre solution durable.

Bon.

Si le postulat de base (la Chine fricote pour nous envahir, en substance) est un peu fumeux, ici, on ne voit plus du tout le lien entre les opérations machiavéliques des Chinois, décidément toujours aussi hypocrites que commerçants, et la création des bulles de Greenspan, bulles essentiellement remplies de dettes colossales.

En substance, pour Brunet, les Américains et les Européens ont été, littéralement, acculés par les fourbes jaunes à l’endettement le plus honteux. Et j’ai bien écrit « acculé », hein. Pendant plusieurs paragraphes, notre « économiste » nous explique que nous, les occidentaux, n’aurions jamais du nous laisser faire par les Chinois : nous devons absolument leur imposer un nouveau taux de change, qui nous serait de facto plus favorable, et on doit, dans la foulée, instaurer des barrières douanières histoire de la faire plier un bon coup.

Au passage, on notera clairement les termes employés par l’Antoine ; ce sont des termes guerriers :

  • « Preuve est ainsi faite que le pacifisme monétaire face à la Chine est une impasse totale. »
  • « Il faut se mobiliser pour faire céder la Chine sur sa politique du yuan. »
  • « Il suffit pour cela de préparer sérieusement et collectivement des représailles douanières à son encontre. »

C’est d’un conflit qu’il s’agit, avec de la bonne grosse bataille et du pilonnage d’arrière-flanc au canon de 105, mon bon môssieu ! Nous avons été trahis, voilà la vérité ! Les niakoués n’avaient pas le droit d’encaisser nos dettes ainsi et, par la suite, de tenter de nous asservir ! On va les bombarder de taxes, les envahisseurs !

Outre les remarques déjà pointées en début de billet, il y a quelques petits soucis avec tout ce beau discours.

Par exemple, la Chine a essentiellement une production manufacturière. Elle nous vend beaucoup d’iPad et d’ordinateurs, certes, mais elle importe aussi pas mal de trucs qui lui font défaut (à commencer, bêtement, par tous les produits de haute technicité que nous, occidentaux, produisons, toutes les matières premières dont elle ne dispose pas, et enfin de la nourriture). Du reste, si la Chine bénéficie du commerce avec les occidentaux, sa balance commerciale est déficitaire avec le reste de l’Asie.

Autrement dit, si la Chine s’enrichit, ce n’est pas parce qu’elle appauvrit ses partenaires. Et si certains d’entre eux (les pays occidentaux) s’appauvrissent, c’est avant tout parce qu’ils ont choisi, par des politiques socialistes complaisantes et lénifiantes, de s’endetter plutôt que de créer suffisamment de richesses pour s’acheter les biens que la Chine produit.

Je vais le dire plus clairement : aucun Chinois n’a obligé Chirac, Sarkozy, Bush, Obama, Berlusconi, Blair, Zapatero, Papandréou et tant d’autres à s’endetter dans des proportions scandaleuses. Tous ont choisi cette voie facile parce que c’était celle qui était vendable électoralement.

Encore une fois, la solution proposée, le protectionnisme, va nous permettre de goûter avec joie au bonheur des mêmes produits auxquels nous sommes habitués, mais juste beaucoup plus chers. Voilà qui va inciter à la consommation et, sans nul doute, relancer nos économies. Mieux : comme nous nous serons fait de puissants ennemis, nous aurons du mal à écouler notre propre production. Et en bingo supplémentaire, nos ennemis étant aussi nos créanciers, nous pouvons être sûrs de leur clémence lorsque nous devrons étaler le paiement de nos dettes colossales ou de leur compréhension lorsque nous les entuberons par l’inflation.

Inflation : the insidious way to increase taxes

En 1929, c’était les juifs apatrides. En 2008, c’était les néocapitalistes, les riches, les ultralibéraux. En 2011, Antoine Brunet y ajoute les Chinois avec brio.

Et pour la suite, on connaît le programme.

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Commentaires75

  1. grosben

    J’ai cru un moment que tu faisais dans le point Godwin, j’avais lu « 1939, c’était les juifs apatrides », ouf !

  2. Lib

    Le Monde est incroyable.

    Ils adoraient le régime chinois quand il massacrait sa population à coup de dizaines de millions parce qu’il appliquait le socialisme.

    Aujourd’hui que la Chine a réussi à sortir de la misère le quart de l’humanité, elle est détestée par les mêmes parce qu’elle l’a fait en… libéralisant.

    Comment peut-on en arriver à sacrifier l’humanité la plus élémentaire au profit d’une idéologie?

    1. simple citoyen

      Oui, c’est facinant.
      La peur de l’inconnu ou du vide peut-être.
      C’est le danger mortifère des idéologies qui accèdent à la construction même d’un individu. Ce dernier ne peut plus faire marche arrière ou y renoncer sans remettre toute sa vie en cause: son pouvoir, son intégrité, sa relation aux autres… ça fait beaucoup. Au bout du compte, je suis persuadé que beaucoup de militants socialistes connaissent l’étendue de leurs errements, ou du moins ceux commis au nom du socialisme*, ce qui les rend d’autant plus aggressifs et dogmatistes car s’attaquer à leur croyance revient non seulement à les attaquer intuitu personnae, mais à faire rejaillir en eux cette insatisfaction quasi méthaphysique. Cela leur devient insupportable et seule une fuite en avant éperdue leur parait susceptible d’étancher cette soif. C’est je crois la source de leur radicalisation. Puisqu’ils ont tout perdu de leurs illusions et de leurs croyances, qu’ils n’ont plus la naïveté de la jeunesse, ni l’espoir qui en découle: au diable les conséquences! Que tout s’écroule pour les autres puisque je ne suis finalement rien. Nihilisme radical, surit. Après moi le déluge.
      *Quand je pense à ce que révèle profondément un slogan tel que « Le socialisme à visage humain », j’en ai des nausées.

  3. Le Parisien Liberal

    ta démonstration, h16, est tellement evidente. (si la Chine s’enrichit, ce n’est pas parce qu’elle appauvrit ses partenaires).
    Ils nous font rire, ces économistes, avec leurs histoires de taux de change. L’Allemagne a l’euro, est ce que ca les empeche de vendre des Golf, des Audi, de l’eau de javel, des presses à imprimer ou des distributeurs de cannettes dans le monde entier ? Inversement, le shilling Zimbabwéen tient une petite forme. Le Zimbabwé est il devenu un tigre exportateur pour autant ?
    Le seul danger venu de Chine est lié à notre abandon de la conquète spatiale http://leparisienliberal.blogspot.com/2010/11/la-lune-plutot-que-le-bout-du-doigt.html et à l’explosion des dépenses militaires de l’Armée Populaire de Libération http://leparisienliberal.blogspot.com/2011/07/la-vraie-menace-pour-leurope-taxes.html .

    1. Pandora

      L’eau de Javel est un produit français, Monsieur !!
      ça n’existe pas en Allemagne (et puis ça dégrade l’environnement alors ça risque pas d’y être vendu)

    2. estelle92

      Oui, mais enfin le « made in Germany » est pour beaucoup du « assemblé en Allemagne » grâce à son Hinterland de l’Est : donc pour l’instant pas de souci avec une monnaie forte…
      La suite au prochain numéro !!!

  4. Kuing Yamang

    « Le nouveau coupable après les libéraux : les Chinois »

    Mince, je vais morfler car je suis libéral ET Chinois.
    Je sens monter du racisme inégalitaire et de la discrimination intolérablement injuste.
    Cher M’sieur h16, vivez-vous vraiment au pays des droits de l’Homme pour dire des choses aussi méchantes ?
    Je vous rappelle, cher M’sieur h16, que nous sommes devenus la première puissance mondiale (hé oui, déjà) sans verser une goute de sang mais grâce à des torrents de sueur.

    Je vais de ce pas soumettre votre (ce) billet à la Halde pour qu’elle prenne les mesures que vous méritez.
    Ici même: http://www.halde.fr/Etes-vous-victime,10983.html –> https://www.halde.fr/Saisir-en-ligne,11019.html

    Cordialement quand même.

  5. Mathieu L.

    C’est marrant, cette utilisation de la Chine. J’ai vu exactement le même raisonnement développé dans « C dans l’air » lundi soir.

    Historiquement, l’emploi de l’ennemi étranger était plutôt une caractéristique de la droite française (l’Allemagne, l’Angleterre, l’URSS…), la gauche préférant l’ennemi de classe, comme le libéral tel que tu l’incarnes si bien. Le libéral a d’ailleurs aussi ses bouc-émissaires, comme le socialiste, le fonctionnaire, le syndicaliste…

    Maintenant, vu la panique qui est en train de s’enclencher, il est certain que nous allons lire des tonnes de papiers cherchant des bouc-émissaires. Je suis d’ailleurs surpris qu’on ait pas encore lu de textes sur les sages de Sion…

    1. Stéphane

      « Le libéral a d’ailleurs aussi ses bouc-émissaires, comme le socialiste, le fonctionnaire, le syndicaliste… »

      Bouc-émissaires?? :O

      Le libéral veut qu’on lui foute la paix, point barre. Et il respecte la propriété des autres.

      C’est une nuance de taille avec tous les autres, qui se battent pour façonner une nouvelle société à leur image et/ou s’approprier les biens d’autrui en rendant légale leur spoliation.

      1. Mathieu L.

        Ce que tu proposes là, une société où les individus ne subissent aucune contrainte, n’a jamais existé non plus. Il s’agit donc bien d’une société façonnée à ton image.

        1. « où les individus ne subissent aucune contrainte » : non.
          Et des sociétés libérales (ou nettement plus libérales), si, ça a existé. Et ça marchait plutôt pas mal jusqu’à ce que l’état s’en mêle.

        2. Théo31

          Dans une société libérale, la première des contraintes et de respecter les droits d’autrui.

    2. Un bouc-émissaire, c’est une personne accusée à tort pour tous les maux. Sur ce blog (de libéral), tu verras que j’accuse de maux précis (pas tous) des gens précis, avec des arguments (qu’on peut ou pas partager, là n’est pas la question). Dire qu’un libéral désigne un syndicaliste/un fonctionnaire/un socialiste comme bouc émissaire, c’est idiot et factuellement faux.

      1. Mathieu L.

        Je lis tous les articles que tu produis, merci de ne pas me refaire la musique. Je suis parfaitement capable d’estimer quelles sont tes cibles favorites. Tu dis parfois des choses justes, je ne le conteste nullement. Tu emploies des arguments étayés, je ne le conteste pas non plus.

        Maintenant, je lis beaucoup de blogs et je vois passer beaucoup de commentateurs et de blogueurs libéraux. Je prononce en effet un jugement. Je déteste les bouc-émissaires, c’est tout.

  6. valuebreak

    Le vrai problème avec la Chine, c’est qu’elle a délibérément choisi de développer des réserves de change, bien plus importantes que ses placements en dettes étrangères plutôt que de développer son marché intérieur.

    le vrai problème de l’ Occident, c’est que les gains de productivité de l’industrie et des services n’ont pas servi à faire davantage d’industrie et de services, mais davantage de transferts de richesses aux improductifs …

    1. channy

      Parce que vous croyez que les autres pays du Sud est asiatiques ne font pas la meme chose?
      Maintenant attendons un peu de voir il y a beaucoup de discours d intention en asie en ce moment sur la fait d augmenter fortement les salaires pour developper le marche interieur de ces pays..le nouveau gouvernement en thailande parle de monter le salaire minimum de 200 baths environ a 300. en malaisie des discussions sont en cours..exception notable pour l instant les philippines ou les multinationales ont fait un super boulot de lobbying

  7. Paulo

    C’est réconfortant de lire sur un blog réputé de droite une attaque contre la xénophobie politiquement correcte. Mais je te trouve injuste avec Le Monde, h16. L’édito de Une dans l’édition datée du 10/8 est tout simplement parfait. Et bien foutu, de surcroît : ça commence dans le conformisme et brusquement, coup de théâtre, je quote : « Tout cela est exact. Mais ces griefs ne sauraient faire oublier les premiers responsables de la crise actuelle : en l’occurrence, les Etats et leurs autorités politiques ». Le style en moins, on croirait lire du h16. Bien fait.

    1. Il en existe actuellement encore, bien plus libérales que la France ou les US ou l’Angleterre (NZ, Australie, Canada, et dans certaines mesures Suisse, Hong-Kong, etc…) …
      En outre, tu tournes autour du pot ; il n’a jamais été question de « aucune contrainte » et tu le sais ; le libéralisme n’est pas et n’a jamais été cette caricature. Enfin, c’est juste incohérent de ta part d’imaginer des libéraux prôner à la fois une société « sans aucune contrainte » et de l’autre « qu’elle soit façonnée à leur image » (sans contrainte ? Tu y parviens comment, exactement ?)

      Bref, tout ceci est un raisonnement de bric et de broc pour simplement cogner sur les libéraux. Tu illustres assez bien l’article, finalement 🙁

      1. Mathieu L.

        Je ne mettrai pas le Canada dans la liste des pays libéraux. Je ne pense pas que le système d’assurances sociales canadien soit un système libéral. Concernant HK, la NZ et l’Australie, je ne connais pas suffisamment pour en parler. En Suisse, l’Etat est aussi très présent, il me semble.

        Ce que je dis, c’est que l’usage du bouc-émissaire est une telle habitude dans tous les courants politiques qu’elle obère le raisonnement.

        Pour moi, un raisonnement sain sort des bouc-émissaires. Si on dit que la Chine est en partie responsable de la crise, on le démontre. Je suis d’accord avec toi, la démonstration ne tient pas la route sur la Chine. Par contre, je conteste ton idée de l’appauvrissement des pays occidentaux, puisque justement, la Chine s’est enrichie aussi en développant son commerce avec nous, voire en accueillant notre appareil productif. En parallèle, notre richesse n’a cessé de croître, même si cela a été moins rapide, mais on partait de moins loin.

        Maintenant, je n’en veux pas aux Chinois. Si l’on estime que cela a des effets négatifs chez nous, on agit sur les processus. Sinon, on laisse faire et on se tait, et on assume les conséquences. D’ailleurs, les Chinois devront aussi assumer les conséquences de leurs achats massifs de dettes occidentales pourries.

        Il en est de même sur la dette. Je suis d’accord avec toi sur le fait que les Etats occidentaux sont responsables de l’endettement, à la fois par leurs lois et par leurs budgets en déséquilibre. Les électeurs aussi, puisqu’ils ont élu des gens qui mettaient en oeuvre ces politiques. Maintenant, les prêteurs le sont tout autant, puisqu’ils ont pris des risques aussi, et ils devront les assumer. Ce qui est cohérent, c’est que tout le monde devra payer à terme. Il faut juste éviter que certains acteurs s’en sortent mieux que d’autres. Tout le monde devra assumer sa part de ce bordel que, contrairement à ce que l’on lit parfois, les libéraux n’étaient pas les seuls à avoir repéré.

        1. En parallèle, notre richesse n’a cessé de croître, même si cela a été moins rapide, mais on partait de moins loin.

          Notre richesse a cru, mais elle a cru moins vite que notre endettement total. Au final, je pense que nous sommes actuellement plus pauvres qu’avant ; i.e.: si on faisait le bilan comptable Tout Ce Qu’on A Gagné – Tout Ce Qu’on Doit, je pense que le solde serait légèrement négatif (à hauteur du différentiel croissance – inflation).

      2. poum

        si si le Canada est bien liberal.Il est malade du socialisme comme tous les pays occidentaux, specialement au Quebec, mais la culture est d’abord liberale, les fondamentaux ont du mal a s’oublier meme si l’evolution se fait vers plus de socialisme comme un peu partout.
        Compare a la france, ca reste un bol d’air.

        1. Mathieu L.

          Mouais, l’Etat fédéral a tout de même beaucoup réduit la voilure de ses interventions ces 20 dernières années, particulièrement dans l’emploi public et les assurances sociales.

          Par contre, je suis tout à fait d’accord sur le fait que le Québec confie davantage au secteur public qu’ailleurs. Sans doute une trace forte de la culture française locale.

    2. ph11

      Mouais, je vois dans ces propos l’argument classique antilibéral qui veut faire croire qu’une société libérale n’existe pas, que c’est une chimère, une utopie comparable au communisme, bref que seul la société au léviathan interventionniste keynésien fonctionne…
      C’est surtout une petite pirouette qui permet d’empêcher tout simplement de ne pas mettre en question l’étatisme, d’empêcher la critique. Un genre de « T.I.N.A. » une pensée unique…
      On voit pourtant où on en est actuellement.

      1. estelle92

        C’est curieux cette fixation sur le keynésianisme, mort de sa belle mort dans les années 70…
        Hong-Kong libéral ? Sous la haute bienveillance du « parti communiste » chinois ?
        La Nouvelle Zélande oui, l’Australie aussi (mais dans les deux pays la crise asiatique a remis les pendules à l’heure, comme on dit vulgairement).

        1. channy

          Tout a fait H16,si hong kong etait etouffe par la chine, la plupart des entreprises l aurait deserte depuis des lustres,
          c est dommage que singapour ne soit pas devenu chinois vous auriez pu l inscrire dans votre liste Estelle92..

      2. Mathieu L.

        Tout dépend du courant libéral dans lequel tu te situes. Maintenant, j’ai dû mal à trouver un exemple d’une vraie société libérale. Certes, la France a été bien plus libérale économiquement dans la première moitié du XIXe siècle, mais sans les droits politiques qui caractérisent une société libérale.

        Une société libérale sur tous les plans (offrant donc les moyens de la contester aussi…), je n’en vois pas vraiment. Maintenant, j’attends vos exemples précis avec intérêt.

        Pour ce qui est des communismes étatisés du XXe siècle, je ne les regrette en rien, soyons clair.

  8. El Gringo

    Ah, Le Monde… C’était le seul canard en langue française en vente sur le ferry hier, alors je l’ai acheté. On y trouve de ces perles.
    A la page 7, sous le titre « Le PS tente de profiter de la crise pour crédibiliser son analyse » Thomas WIEDER rapporte les propos d'(entre autres) Arnaud MONTEBOURG:  » Ce qui est inquiétant, ce n’est pas le niveau de notre dette, mais qu’elle soit dans des mains impures de créanciers extérieurs. » Des mains impures? hummm,mais ça nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire ça, mon petit Arnaud! Mais la suite n’est pas triste non plus: « Quant à l’obligation de ramener notre déficit à 3% [du produit intérieur brut], je ne vois pas pourquoi nous continuerions en 2011 à nous plier à des objectifs qui ont été définis en 1992. » C’est vrai ça, on s’en fout du déficit!

    L’article « La nuit d’émeutes de Tottenham illustre l’ampleur de la crise policière » de Marc ROCHE, en page 9, nous informe déjà que s’il y a crise, c’est dans la police. Les émeutes? C’est simple : « Misère sociale, chômage, vexations racistes au quotidien, culture de la violence et haine de la police expliquent les affrontements entre les forces de l’ordre et plusieurs centaines de jeunes » Ben voilà, la police en crise d’un coté et des « jeunes déçus » de l’autre. Et si ces « jeunes » sont « déçus », vous le subodorez déjà, c’est bien évidemment à cause du très méchant libéralisme et pour vous l’enfoncer bien profond dans le crâne, l’article se conclut ainsi: « Le Labour voit dans ces violences l’effet de la politique d’austérité draconienne du gouvernement de coalition conservatrice-libérale-démocrate. Ces incidents rappellent les violences dans le même quartier en 1985 au cours desquelles un policier avait été tué à coups de machette. Le royaume était alors plongé dans la récession thatchérienne provoquée par la baisse des dépenses publiques. Les mêmes causes produisent les mêmes effets… »
    Un article informatif et impartial, tout le contraire de la propagande.

    1. Glam

      les journalistes en ce moment essayent a toute force de coller les emeutes a la crise economique alors que ce sont deux choses sans aucun rapport.
      le plus difficile pour un journaliss c’est de ne pas se comporter de maniere orduriere, on dirait que ca emane d’eux naturellement.

  9. kelevra

    la chine court aussi vers des lendemains qui dechantent :
    – inflation incontrolable
    – bulle immobiliere
    – sous capitalisation des banques
    – la demande des chinois de pouvoir aussi profiter de la croissance, pour l instant une armee d esclaves au service d une nomenklatura d etat
    et surtout un gros probleme demographique du a l enfant unique qui entraine un vieillissement accelere de la population, un economiste a dit la chine sera vieille avant d etre riche

    1. estelle92

      Et le jour où la Chine sera en crise, la nôtre (de crise) sera rétrospectivement vue comme de la gnognotte…

      1. Si c’est de crise humanitaire dont vous parlez, oui, évidemment. Le ratio de Mesquida chez eux est alarmant.

    1. Paulo

      Sympa en effet.
      40 mille milliards, c’est à peu près le PIB mondial, non ?
      Les cartes sont encore plus intéressantes, surtout celle sur le rapport dette/PIB.
      Et votre cher Canada est dans le rouge, messieurs-dames.
      82,4% du PIB. Juste un point de plus que la France.

      1. poum

        le Canada a enormement de ressources, un territoire massif et une petite population.
        La fRance a plein plein de gens tous tasses sur un territoire rikiki, des ressources du meme ordre, un tissu industriel mourant et une mentalite de merde.
        d’autre part, il est factuellement vrai que l’herbe est plus verte au Canada qu’en france.
        les gens qui font ouinouin le canada c’est-pas-si-bien de la fRance sont juste rigolos.

        1. Théo31

          « les gens qui font ouinouin le canada c’est-pas-si-bien de la fRance sont juste rigolos. »

          Faudrait savoir combien chaque année de Français partent vivre et travailler au Canada et combien de Canadiens viennent vivre et travailler en France, histoire de se fendre un peu la gueule en attendant la chute finale.

      2. Regardez l’évolution de leur dette sur les 40 dernières années, et comparez à l’évolution de celle de la France. C’est lol.

        1. Paulo

          Je m’excuse messieurs-dames.
          Et je m’agenouille devant le Canada, ses ressources gigantesques, son territoire massif et sa population rikiki.
          Idéal pour brouter son herbe tellement plus verte.
          Quant au montant (rikiki ?) de sa dette j’ai dû mal lire,
          à moins que ça soit la dette du Quebec franchouillard.

          1. Le mieux, c’est d’aller voir sur place. Quand on se perd en forêt, là-bas, on a après une très très très bonne idée de ce que « ressources gigantesques » veut dire.

        2. Paulo

          T’as raison h16. Je me suis un peu énervé.
          En fait tous mes amis qui sont allés au Canada
          me disent beaucoup de bien de ce pays, du genre presque toutes les vertus des US mais sans la plupart de leurs vices.
          Il est vrai que le Canada ne se sent pas obligé de maintenir l’ordre dans le monde.
          A te lire.

    2. lin

      J’ai de la famille au Canada, les gens ont l’air plus relax que les français là bas.
      En termes de ratio population/ressources, ça parait proche de la Suède, de l’Australie ou de la Norvège.

    3. poum

      Paulo tu es tout excusé, entouré que tu dois etre (si tu es en fRance) de gens dont le premier réflexe est systématiquement de comparer avec un autre pays au hasard (généralement les US) pour dire que finalement on est mieux en fRance, ce qui est faux dans 98% des cas) – dans ce cas, difficile de ne pas prendre le réflexe.

  10. infraniouzes

    Tous les ans les dictionnaires Le Robert et Nouveau petit Larousse illustré claironnent à qui mieux-mieux que leur nouvelle édition contient chacune des dizaines de mots nouveaux, tous plus abscons les uns que les autres.
    Ils oublient de dire qu’un mot a quasiment disparu de notre vocabulaire: TRAVAILLER. (sauf pour les politiciens mais il n’a plus du tout le même sens.)

    TRAVAILLER doit être, sans doute, le premier mot que les bébés chinois apprennent ?

  11. simple citoyen

    Gare à l’orthographe H!
    Heureusement qu’on veille avec les camarades:
    « par des politiques socialistes complaisantes et lénifiantes » Non! Lénénifiantes, enfin! Où as-tu donc la tête?

        1. Lin

          Lénine concluait que « le meilleur moyen de détruire le système capitaliste était de débaucher la monnaie ».

  12. wayne

    faut pas etre naif:si les chinois peuvent nous bouffer ils ne se generont pas.l’inverse est aussi vrai.enfin qu’est ce qui nous empeche de nous sortir les trippes,de produire,d’inventer ?notre oligarchie:toute la classe politique(fn et ecolos inclus) et leurs obligés(medias,syndicats etc..)

    1. poum

      pas uniquement.La culture Francaise, l’etat d’esprit et l’attitude de chacun y sont pour beaucoup.Il faudrait une ou deux generations completes pour y changer quelque chose.

  13. BA

    Pourquoi les banques françaises se sont-elles effondrées mercredi ?

    A cause des Chinois ?

    Mais non.

    Ce n’est pas à cause des Chinois.

    CAC 40 : les valeurs bancaires dévissent, la Grèce en cause.

    En cause, l’annonce par le gouvernement grec d’un possible prolongement du programme d’échange de titres (‘rollover’) auquel ont souscrit les banques françaises.

    La Grèce envisage d’inclure dans son programme d’échange d’obligations des titres arrivant à échéance « un peu après 2020 », a indiqué mercredi à une radio grecque le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos. Jusqu’ici, la restructuration de la dette grecque devait s’achever en 2020.

    Par ailleurs, l’Allemagne a répété mercredi qu’elle n’envisageait pas d’augmentation du Fonds européen de stabilité financière (FESF), alors que tous les observateurs s’accordent à dire que ce dernier n’est pas calibré pour sa nouvelle mission de pompier de la zone euro.

    Les banques françaises sont enfin particulièrement exposées à l’Italie, qui vient d’annoncer un plan de rigueur en réponse à l’inquiétude des marchés sur sa dette.

    http://www.easybourse.com/bourse/financieres/article/19901/cac-40-les-valeurs-bancaires-devissent-la-grece-en-cause.html

    La Grèce à l’origine de la panique.

    Première cause de cette panique sur les banques : l’annonce faite par la Grèce d’étendre son programme d’échanges d’obligations pour échelonner ses remboursements. Ce qui pénaliserait ses créanciers privés, dont les banques françaises font partie.

    Mais c’est surtout l’exposition de ces banques françaises en Italie, évaluée à 410 milliards d’euros, qui inquiète. Elles détiennent de la dette publique, mais aussi des filiales (BNL pour BNP, ou Cariparma pour Crédit Agricole).

  14. Cirieux

    Excellent et en plus on y apprend qu’en finance on peut « honteusement dégonflé pour mieux sauvagement pénétrer ». Mauvais pour le Viagra.

  15. Jesrad

    Je pinaille, c’est ‘cuillère à peau’, une expression dont l’origine est… Pittoresque.

  16. nutmeg

    Comparer en tant que bouc-émissaires les juifs de 1933 avec les chinois de 2011 à cause d’un billet d’opinion publié par le Monde, faut quand même faire preuve d’une très belle mauvaise foi, qui fait mousser et tout et tout.

    1. 1933 ? J’ai écrit 1929, nigaud.
      Faut quand même faire preuve d’une très belle orientation d’esprit pour lire ce qui n’est pas écrit.

      1. nutmeg

        ça ne change pas fondamentalement la mauvaise foi de l’article et mon avis à ce sujet. Les bouc-émissaires de 33 sont les mêmes que ceux de 29.
        Je ne dis pas que ton billet n’a aucun intérêt.
        Mais tu prends un billet d’opinion du Monde qui a publié des dizaines d’articles sur la crise et sur ses causes. L’article que tu commentes est peut-être le seul qui invoque la politique chinoise du yuan faible comme cause potentielle (c’est l’opinion d’un journaliste écrivain qui a écrit un livre sur le sujet, paru avant la présente crise). Cette idée (lle yaun faible « ecnourage la désindustrialisation et le creusement des déficits mais si ce ne peut pas être considéré comme la seule cause, évidemment) n’est pas si stupide.
        Sur le raccourci 29 -> 33, tu voudras m’excuser. parce qu’en termes de raccourci facile, tu t’y connais, je pense.

        1. a/ j’adore le procès d’intention : « ok, ce n’est pas 33, c’est 29, mais bon, c’est pareil et c’est ce que tu voulais dire » . Et après, tu parles de mauvaise foi ? T’en as à revendre.
          b/ je n’ai pas écrit que l’opinion développée par le type était stupide, je la trouve complotiste et pas nécessaire (ni suffisante) pour expliquer la crise. Et surtout, le billet porte sur le protectionnisme.

          Bref : tu as vu ce que tu voulais voir, et tu n’en démordras pas. Dès lors, la discussion a-t-elle un intérêt ?

  17. nutmeg

    Si j’accepte de lire tes arguments et que tu acceptes les miens, alors, oui, la discussion a un intérêt.
    Je ne cherche pas à te faire dire ce que tu ne dis pas (l’erreur 29-33 est bien une erreur, un raccourci ; je l’admets et j’ai juste dit que ça ne changeait pas le fond de mon commentaire).

    Ben si. En 29, aux US, les juifs furent décriés pour leur participation, dans la finance mondiale, à la curée qui eut lieu (avec les banques Rotschild, les actions de Rockefeller, etc…). En 33, c’est en Allemagne que ça se passe, et l’argument est celui de race. Il y a bien une différence de forme et de fond. Ton commentaire tombe à l’eau.

    La politique du yuan faible peut être une des causes de la désindustrialisation et de la crise des déficits en Europe (avec la cupidité des actionnaires industriels, celles des banques et celle des traders, avec la légèreté coupable des gouvernements et avec l’égoïsme de chaucun d’entre nous).

    Désindustrialisation en Europe ? Hein ? En France, déjà, je ne suis pas d’accord, mais en Allemagne, en Suisse (qui ont des balances positives avec la Chine), manifestement, le yuan faible, ils s’en accommodent. Bref, là encore, ça tombe à l’eau.

    Avancer que cette politique du yuan faible avait pour dessein planifié de longue date d’aboutir à la chute actuelle des économies européennes et US, là, effectivement, ça relève de la théorie complotiste. C’est une opinion qui n’est pas nécessairement raciste.

    Où ais-je marqué que c’était raciste ? J’ai dit qu’il s’agit de boucs-émissaires, comme les Juifs en 29. C’est tout. Là encore, tu veux voir des choses qui n’y sont pas. Du tout.

    Je n’ai pas lu le livre de l’auteur du billet sur le Monde, mais la volonté d’hégémonie chinoise, que l’on peut d’ailleurs considérer comme « légitime », est à mon avis bien réelle (voir en parallèle les tensions grandissantes en mer de chine méridionnale, la construction de porte-avions, et le nationalisme ambiant).

    C’est pas le sujet.

    Je ne suis pas du genre à ne pas accepter qu’on ne soit pas d’accord avec moi et ne crois pas être un « nigaud » (pas plus qu’un autre en tout cas). J’ai fait un commentaire un peu « offensif » et (allez, je te l’accorde, un peu de mauvaise foi) parce que ton billet l’est aussi…
    Au plaisir de lire tes prochains billets.

    (nigaud n’est pas très méchant) – Tu peux très bien faire des commentaires offensifs, mais il faut qu’ils tombent juste. Là, non. Better luck next time ?

    1. nutmeg

      a/ Je suis un peu déçu car je te croyais un peu plus ouvert et subtil que cela. En fait tu t’es enfermé dans des schémas de pensée plus ou moins idéologiques, qui ont leur cohérence mais qui tournent en rond. Peut-être un peu comme l’auteur du billet avec les chinois.
      b/ Le juif bouc-émissaire en Allemagne en 33 est évidemment le même que le bouc-émissaire de 29 ou que le bouc-émissaire Dreyfus. Tu vas me dire que ce n’est pas le sujet, mais c’est pourtant évident.
      c/ J’avais pris tes locutions sur les « fourbes jaunes » …etc. comme étant ironiques, pour stigmatiser l’obsession xénophobe ou raciste de l’auteur du billet du Monde, mais j’ai dû me tromper.
      d/ Sur la politique hégémonique chinoise : c’est l’idée directrice de l’auteur du billet, dont la facette concernant le yuan faible qui favoriserait la crise des déficits n’est qu’un aspect. Dire que c’est hors-sujet, c’est fort.
      Tu fais exactement ce que tu reproches aux autres : tu focalises sur un point de vue, sur un aspect du problème qui permettrait de tout expliquer : le reste, c’est complot, mensonge, manipulation. Tu n’aurais pas une théorie du complot fomenté par les anti-libéraux par hasard ?

      PS: même si c’est pratique, c’est un peu de la triche d’éditer les commentaires des autres pour y répondre.

      1. Bon. Je constate que j’avais raison : tu n’avances pas d’un cachou. Comme tu sais mieux que moi ce que je pensais, j’abandonne. Tu me lis comme un livre ouvert. Bravo.

        1. nutmeg

          Au cours de nos échanges, j’ai essayé d’expliciter mes idées et fait quelques concessions ; je n’ai pas botté en touche… En retour, tu m’as gratifié de sarcasmes un peu gros, un peu surfaits, un peu immatures.

          Par contre, « avancer (ou pas) d’un cachou » : j’aime bien l’expression. Merci !

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