La Génération Web 0.2 n’aime pas du tout l’excellente mémoire d’Internet

C’est en ne regardant pas du tout le débat des primaires du socialisme décontracté que j’ai encore une fois constaté à quel point notre élite politicienne était technologiquement contrariée. Certes, c’est assez facile de se moquer de ces pathétiques candidats puisqu’ils se jettent eux-mêmes en pâture dans une soupe médiatique typiquement 20ème siècle. Mais ce constat est facile à étendre sur tout les vieux débris qui sucent aux mamelles républicaines…

Et c’est grâce à un lien d’un lecteur (que je remercie au passage) que je suis tombé sur cette palpitante émission récente d’Yves Calvi sur France-5.

Utiliser les technologies du 21ème siècle est très pratique, quand on y pense : on dispose ainsi, rapidement, de l’information dont on a besoin, sans avoir à se palucher les centaines d’heures de crétineries consternantes que débitent les stations de radio ou de télévision. Et pour un type comme moi, qui n’a pour ainsi dire aucune minute à accorder à la télé, c’est une utilisation optimale de mon temps.

Si je m’attarde sur ce mode de consommation, c’est aussi pour faire remarquer que cette utilisation des nouvelles technologies introduit une cassure nette entre un vingtième siècle où les producteurs de contenu maîtrisaient bien la façon dont cette information était distribuée, et un vingt-et-unième où tout le monde peut devenir producteur, et où toute information peut être reproduite, disséquée à loisir, analysée, et, surtout, conservée.

Et c’est cette dimension que nos vieux dinosaures républicains n’arrivent absolument pas à comprendre et à gérer. Ils ne sont, tout simplement, pas équipés pour. Pire : cette conservation ad vitam aeternam des informations, ça les terrifie jusqu’au plus profond d’eux-mêmes. Pour eux, l’oubli est un droit, inaliénable et imprescriptible, qu’ils font absolument tout, actuellement, pour élever au-dessus de la liberté d’expression et de la vie privée.

C’est ainsi que, dans cette émission, on découvre un Alex Türk affolé, terrorisé même, à l’idée que la notion de vie privée évolue à ce point par l’impact des réseaux sociaux sur les comportements des internautes et des citoyens.

Précisément, il déclare :

« Notre vie privée va être profondément bouleversée dans les 10 ans qui viennent. Mais bientôt, je pense qu’on ne maîtrisera plus vraiment notre intimité, notre identité. (…) A l’horizon 2020, vous n’aurez jamais plus la certitude absolue de vivre en étant ni entendu ni vu. Et ça je pense que c’est insupportable. (…)On est prêts à renoncer à nos libertés individuelles en cédant à la tentation technologique. Les gens ne sont pas conscients de cela. On a fait des études, et des milliers de gens n’ont absolument pas conscience qu’en rentrant dans des systèmes, ils sont immédiatement repérés, suivis pour l’éternité. Je ne suis pas certain qu’ils aient des structures intellectuelles préparées au point de résister au travail des professionnels qui sont chargés d’établir leur profil. Moi, j’ai 61 ans, je vais passer au travers des gouttes, mais je pense à mes enfants et mes petits enfants. Comment vont-ils s’adapter ? »

C’est vrai, quoi, les générations futures, mon brave Yves Calvi, t’y as pensé, aux générations futures ? Elles vont au devant d’un de ces problèmes, moi, je te dis, aïe aïe aïe !

Les générations futures, elles vont déguster !

En effet, comme chacun le sait, les générations futures, ça ne s’éduque pas. Ca ne sait pas, ça ne peut pas savoir, et ça ne saura pas s’adapter à la nouvelle donne. Z’ont pas les bonnes structures intellectuelles bien préparées comme il faut. Sur les 100.000 dernières années, les générations futures ont réussi à s’adapter, mais là, c’est trop comprenez-vous : il existe maintenant un truc qui va se rappeler pour l’éternité des conneries qu’on raconte et qu’on publie !

Alors que faire ? Hein, alors ?

Attendez. Avant de proposer une solution, il faut d’abord faire appel à l’émotion. Ce que notre bon Alex enchaîne avec brio :

La vie privée et la liberté d’expression ne se négocient pas. La protection des données personnelles, c’est quelque chose de sacré.

Moyennant quoi, on l’apprend un peu plus loin,

Pour internet et la géolocalisation, il faut une position mondiale.(…)
Il faut absolument aller vers une régulation internationale. De toute façon il n’y a pas d’autre solution.

Limpide, non ?

Comme la vie privée serait menacée par cette mémoire eidétique qu’offre internet, vite vite, régulons. Et de préférence, au niveau mondial. Ceux qui connaissent Alex Türk (l’ancien président de la CNIL) ou qui ont lu sa biographie Wikipédia ne seront pas étonnés : nous avons ici affaire avec un gagnant régulier aux Big Brother Awards, notamment en 2010, « Pour tromperie et dissimulation, [et pour avoir endossé] les habits du défenseur tout terrain de la vie privée et des libertés alors qu’il en est parfois le fossoyeur et souvent le facilitateur. »

Il ne vient en effet pas à l’esprit de notre bon sénateur Türk que, petit à petit, les gens se rendent compte que Facebook, Twitter et d’autres sont un reflet de ce qu’ils publient. Les internautes de 2000 et ceux de 2011 ne sont pas les mêmes et les derniers ont déjà commencé à prendre des mesures concrètes pour faire attention à leur identité numérique.

Le danger évident de mettre en place de gros coussins législatifs (au demeurant techniquement impossibles), c’est, comme d’habitude en Socialie, d’enlever toute responsabilité au gentil internaute : il poste sur internet des photos de lui, nu, bourré chez le voisin, et récolte des misères dans son travail ? Heureusement, l’Etat est là et efface les méchantes traces. Et le fait de faire l’andouille et de le publier bruyamment n’est plus considéré comme un écart, mais simplement comme une péripétie que Maman Etat va nettoyer derrière.

Avec l’argent du contribuable.

Evidemment, tout ceci ne sert que de prétexte.

Ce qui terrifie le petit Alex, et qui détruit nos politiciens à petit feu, c’est bel et bien le fait que de plus en plus ils sont confrontés non pas à l’image privée qu’ils ont d’eux-mêmes, mais leur propre image publique qu’ils ne peuvent plus entièrement contrôler.

Or, pour un homme public, ne pas pouvoir contrôler son image, c’est une catastrophe.

Exemple pratique:François Hollande

En début de campagne des primaires socialistes, il nous écrivait doctement qu’il fallait abroger HADOPI. Et paf, un lien HTML. Internet se souvient. On a même son texte, ici.

Je ne pointe pas sur son site, parce que si on cherche à l’adresse http://www.francoishollande.fr/03062011/propos-de-la-loi-hadopi , on obtient ceci :

Hollande-404

Roooh. Le petit coquin. Il a retiré le billet incriminant.

En effet, notre froufroutant clown présidentiable n’a rien trouvé de mieux à faire qu’à revenir sur ses propos. Ce n’est pas malin : de nos jours, tout ce qu’un politicien écrit publiquement pourra être retenu contre lui, ce qui sera d’autant plus facile qu’il aura tout fait pour.

Hollande et Türk (comme à peu près 99% de la classe politique actuelle) sont de cette génération Web 0.2 qui n’a toujours pas compris qu’avec Internet, on sait tout de suite s’ils se contredisent. Et comme ils ne veulent absolument pas assumer leurs contradictions, que cette mémoire dévoile leurs petits jeux politiques minables, ils en appellent aux procédés émotifs les plus grossiers pour tenter, une fois de plus, de renverser la vapeur.

Ne vous leurrez pas : si Türk et tant d’autres politiciens réclament à cors et à cris une régulation d’internet, un Droit à l’Oubli là où seule l’éducation et la responsabilité devrait prévaloir, ce n’est pas pour sauver vos miches.

C’est pour sauver les leurs, pour qu’ils puissent continuer à s’occuper des vôtres.

Rape Is Imminent

J'accepte les BCH !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !
BCH : qqefdljudc7c02jhs87f29yymerxpu0zfupuufgvz6
 

Commentaires38

  1. Calvin

    C’est embêtant pour eux, cette trace ad vitam eternam de leur logorrhée baveuse.
    Alors qu’avec la télé, pouf, deux jours plus tard, tout était oublié ; plus vite même, dans le cas de lapsus (rigolos ?) faisant le tour des médias et éclipsant le reste…
    Bienvenue à nos amis les politiciens dans le monde réel.
    Un monde où leurs ineptes décisions ont des conséquences.
    Un monde où leur irresponsabilité crée des dégâts.

    Et, qu’ils fassent gaffe : l’éternité, c’est très long, surtout vers la fin…

    Par contre, ce qui me gêne avec Hadopi et le mec « normal », c’est le revirement AVANT d’être élu.
    Autant je peux comprendre un candidat, qui une fois élu, annonce : « bon, j’ai fais des promesses, puis, j’ai analysé froidement les données, avec mes équipes, mes armées de fonctionnaires, je pense que je ne les appliquerai pas ».
    D’abord, on y est habitué, mais parfois ça nous aurait évité des promesses farfelus (comme les 35h).
    Là, le candidat revient sur sa promesse, sachant que :
    – Hadopi n’a rien apporté,
    – il n’a pas de solution de rechange,
    – il n’a même pas pris le temps de réfléchir si, déjà, il y avait un problème.

    Au final, merci à l’Internet de mettre froidement les gens en face de leur déclarations.
    Peut-être que cela les obligera à ne pas se jeter trop vite sur un gros micro mou, à prendre le temps de la réflexion, parfois, même, à se déclarer incompétent dans le domaine concerné…
    Je rêve, je rêve…
    Mais n’est-ce pas l’activité principale du Bisounoursland ?

  2. Pascale

    Quelqu’un a-t-il une idée sur la cadence du nombre de lois votées ou de règlements édités ? Plusieurs par semaine ? Par jour ? Et ce depuis combien de temps ? 30 ans ? 40 ans ?

    1. Calvin

      C’est faisable, notamment à partir du site legifrance : http://www.legifrance.gouv.fr/
      En revanche, il y a, il me semble, une synthèse des 2 dernières législatures (à partir de 2002). Au delà, il faut requêter leur base de données.

      De plus, en 2000, le Conseil d’Etat avait recensé 9000 lois et 120000 décrets.
      En 2008, des journalistes ont recensé environ 10500 lois et 127000 décrets (ouvrage : UBU LOI).

      Par rapport à la fréquence, il faut diviser par le nombre de sessions parlementaire dans le cas des lois.

      Je rappelle que « nul n’est censé ignorer la loi » !
      Je n’ose imaginer le temps nécessaire, rien que pour lire cette somme de documentation…

      1. gem

        Je rappelle que « nul n’est censé ignorer la loi » est un adage qui concerne SEULEMENT au pénal, c’est à dire tout le monde sait, ou plutôt est censé savoir, qu’il est interdit de voler, tuer, etc.

        Par contre pour le reste on peut plaider l’ignorance et la bonne foi

        1. Calvin

          Oui, bonne précision.
          N’empêche que lorsqu’on veut innover ou créer, il faut à ce moment se coltiner tout ce qui concerne le domaine pour éviter le retour de bâton.
          Et, souvent, les lois sont corporatistes.
          Et là, les corpos, elles savent se défendre !
          (Elles savent mieux se défendre que d’innover, d’ailleurs…)

      2. Pascale

        @ Calvin.
        Merci pour vos précisions. Il y aurait donc eu 1.500 lois votées entre 2000 et 2008. Ce qui donnerait 187 lois par an. Soit grosso modo une loi tous les deux jours. Sans compter les publications de règlements. Bref, c’est hallucinant. Comme si nous vivions dans un cahot indescriptible et que tout, absolument tout devait être réglementé.
        Nos gouvernants sont bien atteints de légiférite aiguë. Et malheureusement c’est le citoyen qui voit ses libertés se réduire comme peau de chagrin.

        1. Calvin

          Il y a eu une énorme accélération ces dernières années.
          D’abord, parce qu’il y a deux croyances ancrées chez les gens :
          – un homme politique qui décide, c’est qu’il agit,
          – un homme politique qui agit, c’est mieux pour le pays.
          Ces deux prémisses sont loin d’êtres exactes.

          Ensuite, les parlementaires font leur travail à moitié : une nouvelle loi présuppose aussi la modification ou la suppression d’autres, devenues obsolètes.

          Bien sûr, il y a un effet de nombre : on a tellement de parlementaires (députés et sénateurs) qu’au final, cela se multiplie. Encore, que ces derniers temps, les lois sont essentiellement à l’inspiration du seul gouvernement.

          Mais, surtout, donc, ces derniers années, les gouvernements ont réagit à l’émotion, la passion du moment ou du fait divers, au détriment de la réflexion de fond.

    2. kelevra

      pour le code du travail, j ai lu il y a quelques jours, qu il augmentait d une page tous les 3 jours, en gros 120 pages par an depuis 20 ans, le code du travail fait en gros 5000 pages, ca a donc double en 20 ans

      et ca juste pour le code du travail, a ca vous rajouter tous les autres codes:
      code civil
      code de procedure
      code penal
      code l urbanisme
      code fiscal
      etc
      etc
      etc

      1. GrosBen

        Liste trouvée sur wikipédia:

        Code de l’action sociale et des familles
        Code de l’artisanat
        Code des assurances
        Code de l’aviation civile
        Code du cinéma et de l’image animée
        Code civil
        Code de commerce
        Code des communes
        Code des communes de la Nouvelle-Calédonie
        Code de la consommation
        Code de la construction et de l’habitation
        Code de la défense
        Code de déontologie de la Police nationale
        Code de déontologie des agents de Police municipale
        Code de déontologie des architectes
        Code de déontologie des professionnels de l’expertise comptable
        Code disciplinaire et pénal de la marine marchande
        Code du domaine de l’État
        Code du domaine de l’État et des collectivités publiques applicable à la collectivité territoriale de Mayotte
        Code du domaine public fluvial et de la navigation intérieure
        Code des douanes
        Code des douanes de Mayotte
        Code de l’éducation
        Code électoral
        Code de l’énergie
        Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
        Code de l’environnement
        Code de l’expropriation pour cause d’utilité publique
        Code de la famille et de l’aide sociale
        Code forestier
        Code forestier de Mayotte
        Code général de la propriété des personnes publiques
        Code général des collectivités territoriales
        Code général des impôts, doté de quatre annexes
        Code des instruments monétaires et des médailles
        Code des juridictions financières
        Code de justice administrative
        Code de justice militaire
        Code de la Légion d’honneur et de la médaille militaire
        Livre des procédures fiscales
        Code des marchés publics
        Code minier
        Code monétaire et financier
        Code de la mutualité
        Code de l’organisation judiciaire
        Code du patrimoine
        Code pénal
        Code des pensions civiles et militaires de retraite
        Code des pensions de retraite des marins français du commerce, de pêche ou de plaisance
        Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre
        Code des ports maritimes
        Code des postes et des communications électroniques
        Code de procédure civile
        Code de procédure pénale
        Code de la propriété intellectuelle
        Code de la recherche
        Code de la route
        Code rural
        Code rural et de la pêche maritime
        Code de la santé publique
        Code de la sécurité sociale
        Code du service national
        Code du sport
        Code du tourisme
        Code des transports
        Code du travail
        Code du travail applicable à Mayotte
        Code du travail maritime
        Code de l’urbanisme
        Code de la voirie routière

        Mon préféré est quand même le Code du cinéma et de l’image animée, je me demande quel traumatisme ont subi les députés durant leur enfance pour se retrouver à légiférer sur Blanche-neige et Tom & Jerry…

        1. Martin Lothar

          @ GrosBen : bravo ! J’adore ce genre de collections déprimantes. Mais vous avez oublié le « Code des Codes » (franchouillard, oeuf corse) qui ne comporte que trois articles :
          Art.1 : Tous ceux (français ou pas) qui ne connaissent pas sur le bout de leurs doigts la liste de tous les codes français seront corvéables et contribuables à merci (nemo censitur ignorare legem) ; sauf ce qui est dit à l’article 2 du présent code.
          Art.2 : l’article premier du présent code des codes est abrogé et sans effet pendant les primaires de tout poil ou les élections de toute nature, mais reprend toute sa vigueur fiscale après ces festivités.
          Art.3 : les articles 1 & 2 du présent code ne concernent pas les citoyens désignés à l’article 4 du présent code.

  3. Fryer

    Bien trouvés les lolcat. Et là encore, article à diffuser, les politiques ne sont pas altruistes : un mythe à détruire au plus vite.

    1. GrosBen

      Sympa ce blog.

      http://bisonteint.net/2011/08/28/une/statue-du-marquis-deplacee-la-ville-de-besancon-a-oublie-de-consulter-le-sculpteur/

      J’aime bien cet article, en gros la ville de Besançon a décidé de déplacer une statue alors qu’une loi interdit de déplacer une sculpture sans l’accord de son créateur. Bien sûr, je trouve ridicule qu’il y ait une loi pour ça, ces problèmes artistiques devraient être résolus par simple contrat entre l’artiste et l’acheteur. Mais quand les étatistes se prennent les pieds dans leur propre tapis législatif, c’est toujours jouissif.

  4. infraniouzes

    Ceux qui vont en baver ce sont tous les « nègres » de service, s’attelant au dur labeur de la rédaction des mémoires de ces polichinelles de politiciens. C’est qu’il va falloir faire attention à ne pas se tromper sur les dates, les dits, les non-dits, les soupirs poussés ici et là, les fausses déclarations, les vrais repentirs bref tout.

    Internet veille, bonne gens, dormez tranquilles. . .
    Pour une fois, Big Brother aurait-il du bon ?

  5. deres

    Hollande est un socialiste. Il était contre HADOPI avant qu’il soit créé car il était dans l’opposition.

    Maintenant que HADOPI existe, c’est devenu un nouveau bidule étatique qui emploie des fonctionnaires à des choses inutiles. En bon socialiste, il ne peut donc plus être pour son abrogation. Comme c’est de la fonction publique, c’est devenu une nouvelle vache sacrée.

    A la rigueur, il pourra changer ses missions en supprimant les sanctions et en les remplaçant par des bisous festifs et citoyens, histoire que cela ne servent définitivement plus à rien. Mais au final, de toute manière, le budget augmentera ainsi que la quantité de personnel. Que voulez vous, ils seront absolument débordés par une paperasse indispensable et les containers de bisous à distribuer en toute urgence. Et puis sa présidente doit penser à augmenter ses réseaux en prévision de sa retraite. Vite, une campagne publicitaire et des entretiens en tête à tête avec les grands patrons des majors.

    1. infraniouzes

      Bravo, entièrement d’accord. Mais plutôt que de distribuer des bisous humides je propose qu’on institue les HADOPI annuels:
      HADOPI d’or: ceux qui n’ont pas téléchargé du tout. (déclaration sur l’honneur jointe à la demande de décoration).
      HADOPI d’argent: ceux qui ont occasionnellement téléchargé et encore, très vite, de tout petits fichiers. (CD). Mêmes conditions d’attribution.
      HADOPI de bronze: ceux qui téléchargent de temps en temps, sans l’intention de nuire, juste pour passer le temps. (conditions d’attribution; cf supra).
      La cérémonie pourrait être organisée au Zénith parisien (puis après en province), avec remise des décorations par les vedettes du showbiz, le tout sous le haut patronage du Ministère de la culture et bien sûr payé par le contribuable.
      Zut ! Voilà que je me prends pour Jack Lang. . .

      1. sam_00

        Et pour ceux qui ont téléchargé comme des sagouins, a s’en faire péter le disque dur et chauffer au rouge vif les câbles de cuivre? hein? pas de décoration pour lui?

        pffff … je vais quand même pas devoir encoder à la main mes vieilles VHS non? ça va quand même plus vite sur megaupload :p

  6. Pere Collateur

    Ah la mémoire d’internet… C’est un peu le sparadrap qui colle du Capitaine Haddock.

    Tonnerre! Ca veut pa partir.

    En tout cas, moi, ca me fait bien rigoler et plus ca leur pourrira la vie, et le mieux ca sera.

  7. Selrahc

    « Et c’est grâce à un lien d’un lecteur (que je remercie au passage) »

    De rien, c’est un plaisir de contribuer à l’enfoncement des murs de l’État, et cela, à grands coups de bélier.

    1. Ieremenko

      N’oubliez pas, internet n’oublie pas. Les terroristes néolibérôs pourraient être sévèrement châtiés lorsqu’on retrouvera traces de leurs tentatives anarcho-capitalisantes…

  8. Franck Boizard

    Pour une fois, je ne suis pas d’accord avec vous.

    A mon sens, tout le monde a le droit à l’oubli et à la vie privée.

    La mémoire d’internet est bien utile pour la conserver la vie publique, mais hélas il déborde vers la vie privée.

    1. La vie privée, oui, 100 fois oui. Le droit à l’oubli, non, 100 fois non. C’est une excuse trop facilement utilisée par les sbires de l’état pour parvenir à leur fin. Si on ne veut pas d’une information sur internet, on ne l’y met pas. Je sais que cela peut être dur. Mais pour savoir que le feu brûle, parfois, il faut se brûler.

      1. brandonwalsh

        Et si j’ai publié des choses il y a de nombreuses années en n’ayant pas conscience de la mémoire éternelle de l’internenet, je fais quoi ? Quand on est jeune ou insouciant, on ne se rend pas forcément compte de ce genre de conséquences. Je pense que les lecteurs de H16 ont une culture et un esprit de réflexion particulièrement développés pour savoir qu’en effet « si on ne veut pas d’une info sur internet, on ne l’y met pas ». Maintenant je l’ai compris. Mais il m’a fallu un certain temps, et aujourd’hui je ne suis plus maître du contenu qui me concerne, à moins de contacter tous les sites concernés et de leur demander fort gentiment de virer mon nom.
        J’ai bien compris que vous dénoncez ici la mascarade des politiques pour tenter de se protéger eux-même, mais la question a quand même un sens pour la population

        1. « Quand on est jeune ou insouciant »
          … on s’instruit, on s’éduque. On a des parents, qui, responsables, expliquent.

          Et la question n’a pas le même sens suivant la population qu’on regarde. Ceux qui ont vécu des périodes plus difficiles, ceux qui viennent des ex-pays soviétiques, etc… ceux-là connaissent encore le sens du mot « responsabilité ».

        2. brandonwalsh

          Un peu facile comme réponse. Donc avec internet on n’a pas le droit à l’erreur selon vous. Aujourd’hui c’est effectivement aux parents de responsabiliser les enfants. Mais il y a 10 ans, c’est moi qui ai expliqué internet à mes parents, et je ne dois pas être le seul dans ce cas. Mais je pense qu’on ne sera pas d’accord. J’ai laissé des traces il y a 10 ans n’en cernant pas les conséquences, c’est donc soi la faute de mes parents soit la mienne, et tant pis pour moi jusqu’à la fin de mes jours…

          1. « Donc avec internet on n’a pas le droit à l’erreur selon vous. « 
            Avec une moto non plus. Faut-il interdire les motos ?

            « et tant pis pour moi jusqu’à la fin de mes jours… »
            Allons, Caliméro, ne sois pas si dur avec toi-même. Tu as posté des images de toi, nu, bourré comme un coin, en train de sodomiser une vache ? Je ne pense pas.

        3. BN

          « Avec une moto non plus. Faut-il interdire les motos ? »
          On ne parle pas d’interdire internet, mais de permettre de faire retirer des données privées nous concertant. Ça n’a rien à voir. Faut-il interdire la chirurgie aux accidentés de moto sous prétexte qu’on avait qu’à être responsable ?

          Pour ma part, je partage à 100 % ton opinion sur l’hypocrisie des politiciens. Ils ne cherchent pas à aider l’ado inconscient à se refaire une virginité numérique, mais à sauver leurs miches, c’est clair.

          Mais dans l’absolu, une loi qui obligerait les éditeurs de contenu à retirer les données personnelles concernant la vie PRIVÉE des gens me parait être une bonne chose. En étant conscient de ses limites (ça ne marcherait que sur les acteurs mainstream genre facebook et google).

          1. « Mais dans l’absolu, une loi qui obligerait les éditeurs de contenu à retirer les données personnelles concernant la vie PRIVÉE des gens me parait être une bonne chose. »
            Ça existe déjà. Il n’y a donc rien de spécial à faire.

    2. Théo31

      Quand vous créez votre blog ou votre page facebook, vous le faites en connaissance de cause. Faut assumer. Si vous pensez que peut nuire à votre vie privée, ne le faites pas.

      1. brandonwalsh

        Encore une fois, cette remarque est valable aujourd’hui avec un minimum d’éducation, et en ayant un retour d’expérience après plusieurs années d’existence. Aux débuts d’internet on faisait un peu n’importe quoi sans savoir que tout resterait gravé dans le marbre pour l’éternité. Mais ça visiblement ça vous passe au-dessus… Je m’arrête là parce que je vais m’énerver. Heureusement il ne s’agissait pas de ma vie privée, juste des choses sans importance mais ça aurait pu être plus gênant.

        1. Tu vas t’énerver ? Mais non. Tout simplement parce que tu sais que ça laisse des traces. Tu vas donc faire preuve d’intelligence et de responsabilité.

          Le feu, ça brûle. Rien de tel que se brûler une fois pour le comprendre.

    3. Obsédé Textuel

      La vie privée…. c’est privé !
      D’ailleurs il faudrait s’interroger sur les ressorts psychologiques qui conduisent une personne à dévoiler sur le Net ce qu’elle va taire longtemps à sa propre famille.

  9. Alex6

    Toujours une histoire de responsabilite individuelle. Toute information postee sur le net a le potentiel de creer des problemes dans le futur s’il est possible de tracer votre identite.
    La solution? Faire en sorte que votre identite ne soit pas revele pour ce qui peut etre potentiellement genant (carriere, famille etc…) et si vous ne savez pas faire, ne pas poster d’information sur le net.
    L’etat ne pourra qu’etre nefaste dans toute tentative de regulation.

  10. Guillaume

    Attention, il y a les infos postées par les autres aussi. Par exemple, je veux nuire à quelqu’un, je pourrais mettre des photos de lui bourré à sa place, ou tout un tas de choses qui pourrait lui nuire (exemple : sextape pour un(e) prof, ça doit bien le faire).

    N’oubliez pas que les recruteurs regardent sur Internet aussi (les malins sauront au contraire générer du contenu gratifiant).

    Par contre, pour les politiques, tout ce qui est de l’ordre des déclarations publiques, faits publiques ne devraient pas être concernés par cette loi.

    1. Là encore, la loi existe déjà.

      Et puis, c’est à double tranchant. Si on poste des crasses sur moi (étant libéral, parfait, avec un comportement irréprochable et tout et tout, ce serait dur, mais c’est une hypothèse, hein), rien ne m’empêche de le faire sur celui qui l’a fait (et c’est pas dur, puisque c’est un gros salaud anticapitaliste).

      Même chose que dans la vie réelle, quoi.

  11. Juan

    ahahah, c’est tellement juste…
    Après la mémoire est un principe philosophique qui ressurgit a raison et qui demande tout de même réflexion.

    H16 liberal n’est pas liberté! Tout le monde n’a pas les moyens de sa défense tout de meme!

Les commentaires sont fermés.