La jolie bouffonnerie Occupy Wall Street

Vous en avez peut-être entendu parler, notamment si vous avez ripé sur les médias franchouilles : un mouvement de contestataires bigarrés s’est installé devant Wall Street pour protester vigoureusement. Et rapidement, la presse s’est emparée du sujet…

Et pour s’en être emparée, elle s’en est emparée.

Oh, bon, certes, il n’y a pas encore eu de larmoyants reportages télés au format de vingt minutes dans des documentaires, mais cela ne saurait tarder. Pour le moment, la presse publie de plus en plus d’articles pointus et précis sur ce mouvement qui compte … qui compte 5000 personnes selon la police et 12.000 selon les syndicats.

Comme d’habitude lorsqu’on cite des chiffres comme ceux-là, je sors mon petit Badge « Approved By Alain » : au moins, on peut être sûr qu’il y avait 2500 personnes. Toute estimation au-delà relève de la pure spéculation.

Ce mouvement est donc présenté comme assez massif, plutôt spontané, et de message humaniste sur le mode « Les riches sont des méchants qui nous ont ruiné, reprenons le pouvoir ».

Des chiffres vagues, des syndicats, des gens qui protestent, des gentils pauvres contre des méchants riches, il y a là tous les ingrédients pour que la mayonnaise habituelle prenne ; et cette impression ne s’évanouit pas lorsqu’on voit les titres des principaux organes de presse subventionnée intégrer rapidement le terme « indignés » clairement roulé sous l’Hessel. Une enquête rapide s’impose donc pour comprendre un peu ce qui se passe, et mesurer l’habituel décalage entre ce qu’on peut réellement comprendre, notamment en lisant les journaux locaux, et les faits rapportés par la presse franchouille qu’on sent déjà frétillante et toute acquise à La Cause de ces manifestants.

Tout d’abord, regardons rapidement la nature parfaitement spontanée du mouvement : elle est, disons, discutable. Oui, certes, la mise en place du mouvement, utilisant les réseaux sociaux, dispose bel et bien de cette fraîcheur, cette nouveauté, cette génération spontanée qu’on pouvait trouver dans certaines des manifestations du Printemps Arabe. Et ce n’est pas étonnant, du reste, que nos manifestants et la presse n’hésitent pas à y faire référence. Mais cette spontanéité a été rapidement canalisée par les habituelles stars de la récupération politique (Moore, Klein, Barr, West, Chomsky). Même si le mouvement se réclame apolitique dès qu’il le peut, ses vagues slogans, la population concernée, les « élites » qui ratifient et soutiennent ces slogans, … tout cela classe l’ensemble plutôt à gauche.

A la limite, ici, peu importe : si ce qu’ils disent, si ce qu’ils réclament est juste, logique, tient la route, gauche ou droite, cela mérite d’être supporté. Et c’est là que les ennuis commencent.

Exactement à l’instar des purées lyriques de Papy Hessel et des meilleures bouillies tiédasses de Papy Morin, si les slogans sont, sur le plan marketing, intéressants, les revendications sont en revanche pour le moins confuses. Et celles qui se dégagent un peu des brumes sont sans équivoques : ils aiment tendrement la politique d’Obama (qu’on ne pourra pas qualifier de libérale), ils adorent l’idée d’augmenter les taxes.

Eh oui : avec ces taxes, ils visent les « saloderiches », se veulent anti-système, … et réclament exactement ce que les pontes du système (Buffett, Sorros, Obama par exemple) préconisent, précisément parce que ces derniers savent pertinemment qu’ils y échapperont. Au passage, on se rappellera que Obama, justement, fut un bénéficiaire goulu des largesses de l’industrie financière pour payer sa campagne. Dans son top 10, on trouve Goldman Sachs, JP Morgan et Citigroup. Coïncidence ?

Peu importe : pour ces manifestants, l’Etat est détourné de ses justes fins par les grandes entreprises capitalistes de connivence. Et force est de constater qu’ils ont parfaitement raison jusque là. L’oligarchie tient les rênes.

Le souci, c’est que nos gentils occupants de Wall Street pensent réellement que la cause de leurs problèmes est l’avidité sans borne des banquiers, et que le (bien sûr) gentil Etat est corrompu par les (bien sûr) méchantes corporations fachiss’ qui ne veulent rien que diminuer la retraite des enseignants, tuer des bébés phoques, faire des tremblements de terre à coup de fracturation hydraulique et je m’égare mais je crois que vous saisissez le tableau.

Mais aucun ne semble voir, aucun ne veut voir celui qui préempte immédiatement 30 à 50% de leur salaire, qui fait couler, lentement mais sûrement, l’assurance maladie, qui contrôle la création monétaire, qui incite les banques à acheter des obligations d’Etats en échange de refinancement moyennant des impressions dans l’arrière boutique de Ben B, qui définit les codes du logement, qui contrôle l’agriculture, l’instruction, un bon paquet de professions pour limiter la concurrence, qui contrôle le pétrole, le nucléaire, qui enferme les gens pour des motifs arbitraires, qui contrôle l’armée, qui envahit l’Afghanistan et la Libye et y tue des civils.

Il est trop gros, sans doute…

Le plus symptomatique est la parfaite incohérence de leur comportement.

Si, d’un côté, on peut les féliciter d’avoir entrepris quelque chose pour essayer de changer une situation qui ne leur plaît pas (et c’est déjà beaucoup plus que beaucoup de citoyens dans le monde), on ne doit pas s’épargner non plus de noter qu’ils réclament clairement qu’on impose de force leurs idées (on voit des panneaux « A government is an entity which holds the monopolistic right to initiate force ») … à ce gouvernement alors que celui-ci a été totalement acheté par ces corporations qu’ils essaient de réguler. Et lorsque justement, ce gouvernement utilise précisément son monopole du droit d’utiliser la force en les jetant de Wall Street, ils pleurnichent.

Autrement dit, ces aimables excités veulent qu’on impose leurs idées en utilisant la force sur les autres.

Ces gens, finalement, ne valent tristement pas mieux que ceux des corporations : on peut les préférer parce qu’ils sont en bas de la hiérarchie, mais leur comportement montre de façon assez limpide que s’ils avaient toute latitude, ils agiraient avec la même brutalité que ceux qu’ils dénoncent.

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Commentaires47

  1. Mendoza

    Il est amusant de comparer le traitement que fait notre presse nationale de ces manifestation et celui qu’elle a fait des Tea Parties.

    1. asdf

      Loin de moi l’idée de vouloir prendre la défense de la presse franchouille, mais si on regarde le traitement des deux mouvements aux USA :

      – MSNBC encense les uns et méprise les autres
      – Fox News encense les autres et méprise les uns

      Aucun journaliste n’est objectif, même si tous prétendent l’être. On peut parfaitement être informatif tout en ayant un point de vue sur le sujet.

      Quand il y a un sujet qui m’intéresse, je vais voir sur les sites de gauche pour savoir ce que les liberals en pensent, et je vais aussi voir sur les sites de droite pour avoir le point de vue des conservateurs.

      Le problème n’est pas l’orientation politique de tel ou tel journaliste. Le problème c’est quand cette orientation l’empêche d’avoir un regard critique sur ses propres opinions.

      1. Le problème n’est pas l’orientation politique du journaliste. Le problème c’est qu’elle n’est jamais assumée ni clairement mentionnée. Ainsi, ici, tu lis du libéral revendiqué et assumé. Sur Contrepoints, itou. Tu le sais. Et ici, comme sur CP, c’est 0 subvention de l’état. On peut lui cracher à la gueule. Décontractés.

        Quand tu vas sur le Monde, ils prétendent faire du journaliste neutre, par exemple. Et question subventions, ils palpent. Sans même parler de la pub.

  2. Joe

    Dans le même genre (galvaude et pignouferie de presse), la France subit des « perturbations » SNCF en raison de l’agression d’un contrôleur. Toutes les chaines de télé ce matin étaient présentes dans les gares et sur le lieu de l’agression et faisaient du pathos en long, en large et en travers. Sur iTélé, le journaliste a conclu le reportage par « voila ce tout ce qu’on pouvait dire sur ce sujet ». Et bien, non, c’est un peu court. Voila ce que j’aurais aimé entendre :
    – l’agression au couteau d’un contrôleur est certes triste et déplorable mais reste un fait divers (combien d’agression à l’arme blanche chaque année ? Combien dans les trains ?)
    – Les syndicats ont sauté sur l’occasion et exercé le droit de retrait pour profiter de la situation et obtenir « des meilleures conditions de travail ».
    – Il s’agit d’un calcul opportuniste : C’est un coup gratuit pour obtenir de nouveaux avantages, un bon prétexte qui permet d’avoir encore des munitions niveau grève pour le reste de l’hiver.
    – C’est un bon moyen de tester la réactivité des troupes en début d’automne social et de montrer que le pouvoir de nuisance est toujours bien présent (avis aux intéressés)

    1. infraniouzes

      Dernières nouvelles !

      Les gynéco-obstétriciens exercent leur droit de retrait à la suite d’un bourre-pif dont a été victime l’un des leurs entre 23H et 24H. En effet le mari d’une emburqée, furieux de voir qu’on soulevait le voile d’une de ses épouses pour voir comment se présentait la chose, à violemment faire part de son mécontentement au grossier qui s’apprêtait à regarder ce que lui seul – selon le Coran – à le droit de voir.

      A la suite de ce mouvement ordonné par les syndicats de médecin, tous les enfants en instance de naître sont instamment priés de surseoir à leur saut dans le monde et d’attendre que les metteurs au monde aient repris le travail (si j’ose dire) dans des conditions de sécurité dignes de leur profession.

    2. Calvin

      Je vais plus loin.

      Que les agents fassent grève contre l’insécurité est dans leur droit, mais il y a des dispositions légales comme le préavis.
      Or, là, ils utilisent leur droit de retrait, ce qui, dans ce cas, est totalement illégal.
      Un droit de retrait, c’est lorsque un employé craint pour son danger immédiat, sur son lieu de travail.

      Que je sache, il n’y a pas de horde de barbares se ruant dans les trains pour occire de la gente contrôleuse.
      Il n’y a pas de vague soudaine dans beaucoup de trajets, dans beaucoup de régions, dans un si grand nombre de voitures, d’hommes armés prêts à se servir d’un prétexte pour blesser un agent SNCF.

      C’est gravissime, ce dévoiement des règles de base du Code du Travail.
      Si un guichetier se fait blesser dans une Poste de Marseille, presque toutes les Postes de France peuvent instantanément se mettre en grève, grâce au droit de retrait ???
      Je comprends le droit de retrait, si un incident grave touche une voiture de train, reproductible sur d’autres voitures.
      Mais utiliser la violence habituelle comme prétexte…

      Honnêtement, s’ils sont logiques avec eux-mêmes, les contrôleurs n’ont pas de raison de reprendre le travail avant plusieurs mois (années ?) que des mesures soient effectivement prises.

      1. fab

        Sur ce sujet, l’interview du « naif » Jérôme Declercq, responsable CGT, est juste excellente. Il y explique les causes de l’augmentation des agressions envers les contrôleurs: « Il y a plusieurs raisons, notamment les mesures prises par la direction sur l’organisation du travail et sur sa structuration. Il y a des lignes où on a fermé des gares, où on a supprimé du personnel. Résultat: il est parfois difficile d’acheter un billet. Ça agace les usagers et ça peut créer des situations de tension ».

        C’est vrai que c’est triste de se faire poignarder par un étudiant bac+6 véxé de ne pas avoir pu payer son billet comme tout le monde.

  3. hagakure23

    Je trouve déjà bien qu’ils dénoncent les liens entre grandes entreprises et l’Etat. Mais c’est un peu illogique de demander plus d’Etat pour arrêter le corporatisme. A moins que certains voient là l’opportunité d’une révolution complète du système avec des nationalisations massives. Ca m’étonnerait pas d’énergumènes comme Naomi Klein ou Frances Fox Piven.

    Chomsky avait lui aussi fait part de son aversion complète pour les « corporations » dans un documentaire du même nom.

    Donc je pense qu’ils ne supportent Obama qu’en apparence. Pour avoir le soutien des foules et mettre en pratique leur plan socialisant.

  4. vinzzz

    « Autrement dit, ces aimables excités veulent qu’on impose leurs idées en utilisant la force sur les autres. »

    quelles idées? J’ai plutôt l’impression que c’est un soulèvement émotionnel (indigné?), comme en Espagne, sans forcément plus de cohérence, comme tu fais remarquer un peu plus haut…

    « Ces gens, finalement, ne valent tristement pas mieux que ceux des corporations : on peut les préférer parce qu’ils sont en bas de la hiérarchie, mais leur comportement montre de façon assez limpide que s’ils avaient toute latitude, ils agiraient avec la même brutalité que ceux qu’ils dénoncent. »

    Comparer un individu à une corporation…
    S’ils ‘avaient’ toute latitude, ils ne seraient pas – par définition – en bas de la hiérarchie. Bref, j’ai des doutes quand à leurs velléités de violence…

      1. vinzzz

        ah mais si j’ai lu ton billet!
        et justement, je trouve qu’il y a un amalgame qui y est fait :
        il y a une différence entre un mouvement collectif ‘plus ou moins spontané’, ayant choisi explicitement comme slogan « La seule chose que nous avons tous en commun, est que nous sommes les 99 % qui ne vont plus tolérer l’avidité et la corruption des 1% », et la récupération politique qui est faite par dessus (que ce slogan semble pourtant vouloir contrer par son côté volontairement minimaliste).

        Des idées, ce ‘coup de chaud’ sera l’occasion d’en opposer plein, mais de là à dire qu’elles sont ‘nées’ de ce mouvement…

        1. coucou

          Pour ma part aux vues d’un mouvement qui débutait le 17 septembre, je trouve que la presse merdia n’a pas vraiment fait ses choux gras avec les OWS. Surtout avec 700 arrestations dimanche dernier. Pas trop d’écho ! Ici, mais aussi la bas.

          Ensuite, on parle bien des USA, cette nation qui n’a pas bougé le petit doigt ce depuis les 70’s ? Cette nation qui durant longtemps à idolâtré le terroriste BUSH ? Alors, je trouve que pour le compte avec un slogan fort simple de surcroît « WE ARE THE 99% » ils ont fait très très fort ! La planète entière comprend non seulement ces mots, mais en prime tous le monde peu sans problème y adhérer car ils marquent par leurs simplicités mais aussi par leurs forces d’inductions !

          Ensuite que les partis politiques, syndicats et autres parties prenante du système cherchent à tirer une épingle de cela, c’est plutôt encourageant pour les OWS, car cela signifie que qquelchose est en train d’advenir.

          Je pense sincèrement que ces tentatives de recup resteront vaine car on ne la fera pas à ces gosses des première heures. Sont loin d’être crétins en gros ! Pour le registre des idée, tué la WS, la FED, virer les multinationales ce aux USA faut arrêter ! C’EST ÉNORME !

          En terme d’idées si déjà tuer WS et prendre possession d’une FED privé pour la mettre dans le giron publique pouvait ce faire, cela changerait bien des choses partout !

          Alors pas vraiment d’accord avec le ton condescendant de ce post. Qu’il y ai des lacunes dans ce mouvement certes, mais faut leur laisser un peu de temps aux petits ricain ils ont un long chemin à faire en terme de revendications. Y a pas si longtemps ils savaient juste dire Amen et monter des buisness plan ce même pour vendre de simple limonade un jour de match dans un petit bled.

          J’espère bien que loin ils iront, et le soutient que leur offre les anonymes depuis le 17 septembre laisse à penser qu’effectivement loin il iront !

          1. « ces tentatives de recup resteront vaine »
            Non. Elles fonctionnent déjà.

            « End The Fed », c’est un slogan qui vient directement des Tea Partiers, et notamment de Ron Paul, et ce depuis bien avant le 17 septembre.

        2. vinzzz

          ‘leurs idées’ : les ideés DE QUI ? des manifestants (patchwork de gens ayant certainement des croyances très diverses) ou des dirigeants politiques qui récupèrent/trustent le mouvement ?

          ‘troll’ : bel anathème pour dire que je « polémique » et que tu as la flemme d’argumenter, ou fournir des billes. Mais admettons, et soliloquons !

          Ok, je m’efforce de chercher un peu les revendications qui se dégageraient, soi-disant « sans équivoques », des brumes (soyons clair, c’est sur ce point d’interprétation que je ne suis pas d’accord).
          En regardant les vidéos, on voit de tout sur leur pancartes (‘arrêtez la guerre’, ‘plus de démocratie’… ), mais rien d’aussi ‘bien ficelé’ tel que le présente ce billet !
          Alors, en cherchant bien, on tombe aussi là dessus :
          http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:http://occupywallst.org/forum/specific-demand-and-action-list-for-washington-dc/
          (bizarre : le site ne semble plus être en ligne)

          Effectivement, plusieurs demandes, dont 1 demande pour des taxes + ‘justes’. Mais d’où viennent ces demandes, comment ont-elles été formalisées, reflètent-elles vraiment ce que la majorité des manifestants pense ? (on voit déjà que sur ce point #4 des taxes, ça polémique/troll dans les commentaires : certains ne sont pas d’accord, pour la même raison que toi apparemment…)

          Le mouvement est-il récupéré? (http://www.infowars.com/obama-machine-prepares-to-hijack-occupy-wall-street/). On m’objectera qu’on est ‘récupéré’ si on le veut bien :
          ok!
          tout ce que je demandais, c’est un peu de nuance dans le procès d’intention envers ces ‘indignés’ qui semble clore ton billet.

        3. Théo31

          « nous sommes les 99 % qui ne vont plus tolérer l’avidité et la corruption des 1% »

          En l’occurrence, 2500 personnes sur une population de 308 millions, ça fait 0,0008 %. C’est donc peanuts. Ils ne représentent qu’eux-mêmes mais s’autorisent à être le porte-parole de ceux auxquels ils n’ont pas demandé leur avis sur la question.

        4. vinzzz

          @Théo :

          « ils s’autorisent à être le porte parole »
          C’est vrai : Obama a reçu leur chef, et accepté de négocier leurs demandes !

  5. hagakure23

    « Autrement dit, ces aimables excités veulent qu’on impose leurs idées en utilisant la force sur les autres. »

    Les idées elles viennent des gens de gauche qui essayent de récupérer le mouvement.

    Pour les velléités de violence il faut voir la vidéo de Roseanne Barr qui appelait à décapiter les banquiers.

    Après, ce n’est sûrement pas la volonté de la majorité, du moins je l’espère.

  6. Zanda

    On peut aussi occuper les logements:

    elle acquiert un 31 m2 dans un quartier populaire de Paris. Sept ans plus tard, son studio est dévasté. Rendu insalubre, occupé illégalement par ses locataires, il est invendable. … Géraldine se montre d’abord sensible aux difficultés du locataire, elle qui a déjà manifesté contre les expulsions aux côtés de Droit au logement. « J’ai même proposé un bail solidaire. Le locataire a refusé. »

    http://www.francesoir.fr/actualite/societe/geraldine-mes-locataires-sont-un-cauchemar-144507.html

  7. deres

    L’explication est extrêmement simple. Le droit de retrait n’est pas une grève. Il est donc rémunéré, n’a pas besoin de préavis et n’est pas concerné par le service minimum. Encore une preuve que les excès réglementaire actuelles ne règlent jamais rien. Ils introduisent juste en permanence de nouveau moyen de contournement et de simili-escroquerie avec de nouvelles lois ou en en combinant d’anciennes.

  8. Bob

    « Tout d’abord, regardons rapidement la nature parfaitement spontanée du mouvement : elle est, disons, discutable. Oui, certes, la mise en place du mouvement, utilisant les réseaux sociaux, dispose bel et bien de cette fraîcheur, cette nouveauté, cette génération spontanée qu’on pouvait trouver dans certaines des manifestations du Printemps Arabe. Et ce n’est pas étonnant, du reste, que nos manifestants et la presse n’hésitent pas à y faire référence. Mais cette spontanéité a été rapidement canalisée par les habituelles stars de la récupération politique (Moore, Klein, Barr, West, Chomsky). Même si le mouvement se réclame apolitique dès qu’il le peut, ses vagues slogans, la population concernée, les « élites » qui ratifient et soutiennent ces slogans, … tout cela classe l’ensemble plutôt à gauche. »

    Non. L’ensemble n’est pas à gauche, l’ensemble est apolitique, comme tu le dis dans ton paragraphe. Tu VOUDRAIS qu’il soit à gauche pour lui refiler tout un tas d’étiquettes foireuses, d’accord, tu fais ce que tu veux. Mais ce n’est pas un mouvement de gauche.

    Pfrt. Discours typique d’un gamin. Quand tu fais une manif avec des gens qui s’agitent et qui réclament des choses au gouvernement, qui « protestent » et qui « refusent ce système méchant », tu fais de la politique. Tu aurais pu dire que c’était un mouvement non-partisan, mais certainement pas apolitique. La couture, c’est apolitique. La botanique ou la météo, c’est apolitique. Réclamer plus ou moins de taxe, réclamer un changement de système, ou juste dire « Je suis pas content je veux que ça change », c’est de la politique. Cette manie de dire que c’est apolitique, c’est le petit cache sexe d’une pensée politique qui n’ose pas dire son nom.

    « Exactement à l’instar des purées lyriques de Papy Hessel et des meilleures bouillies tiédasses de Papy Morin, si les slogans sont, sur le plan marketing, intéressants, les revendications sont en revanche pour le moins confuses. Et celles qui se dégagent un peu des brumes sont sans équivoques : ils aiment tendrement la politique d’Obama (qu’on ne pourra pas qualifier de libérale), ils adorent l’idée d’augmenter les taxes. »

    J’ai du mal à voir le lien entre « occupy wall street » et « augmentez les taxes, yay obama ». Ce que désire le mouvement Occupy Wall Street, c’est un réel contrôle sur la finance.

    Contrôle que justement revendique ouvertement Obie. Si tu ne vois pas le lien, c’est parce que tu ne connais pas grand chose en politique. Ce qui ne fait pas de tes babillages des phrases apolitiques, du reste. Simplement, tu manies un pétard sans savoir qu’il est allumé.

    Si les « gens » veulent taxer les « riches », c’est parce-que les « gens » casquent déjà à 200%, et que ça augmente régulièrement. L’égalité dans la taxation, c’est un concept honnête, non ?

    L’égalité dans le vol, c’est un concept honnête ? Ah ? Tiens ? Depuis quand ? Aucune connaissance en politique, et une morale douteuse. Le portrait se précise.

    « Eh oui : avec ces taxes, ils visent les « saloderiches », se veulent anti-système, … et réclament exactement ce que les pontes du système (Buffett, Sorros, Obama par exemple) préconisent, précisément parce que ces derniers savent pertinemment qu’ils y échapperont. Au passage, on se rappellera que Obama, justement, fut un bénéficiaire goulu des largesses de l’industrie financière pour payer sa campagne. Dans son top 10, on trouve Goldman Sachs, JP Morgan et Citigroup. Coïncidence ? »

    T’es en train de dire que les gens font partie d’un mouvement qui s’appelle Occupy Wall Street, et que ce mouvement suit les revendications des banques (entre autres).

    Bah non. Ils suivent les revendications d’une poignée de socialistes. Ce qui fait d’eux des socialistes, au demeurant. Comme … des militants. Oui. Voilà.

    Emporté dans tes délires sur une augmentation des taxes (qui n’est PAS une revendication du groupe OWS), tu te prends les pieds dans le tapis. Non, non, et non, les gens ne veulent pas « des taxes ». Ils veulent de l’égalité face aux taxes : qu’on paie tous pareil. On pourrait très bien ne payer aucune taxe. Mais alors PERSONNE n’en paie.

    Le fond du problème, c’est que le gentil peuple se fait enculer un peu trop sèchement, tout simplement.

    Comme je l’ai écrit, dire « je me fais enculer trop sèchement », c’est bien une sentence politique. Et c’est, du reste, parfaitement exact : le peuple se fait enculer trop sèchement. Tu es donc d’accord avec le billet qui admet que cette remarque est parfaitement exacte. Quant au reste, sauf à dire que je mens (qu’il n’y a personne qui trimbale les pancartes avec le slogan que j’ai écrit), tu patouilles autour du pot, mais tu ne commentes pas.

    « Si, d’un côté, on peut les féliciter d’avoir entrepris quelque chose pour essayer de changer une situation qui ne leur plaît pas (et c’est déjà beaucoup plus que beaucoup de citoyens dans le monde), on ne doit pas s’épargner non plus de noter qu’ils réclament clairement qu’on impose de force leurs idées (on voit des panneaux « A government is an entity which holds the monopolistic right to initiate force ») … à ce gouvernement alors que celui-ci a été totalement acheté par ces corporations qu’ils essaient de réguler. Et lorsque justement, ce gouvernement utilise précisément son monopole du droit d’utiliser la force en les jetant de Wall Street, ils pleurnichent.  »

    Paragraphe poussif, pourtant appuyé par tout l’article pour donner des munitions. Ça aurait pu donner un truc incisif, tranchant, claquant. Mais le fait est que l’article a un postulat de base (voire même 2, mouvement de gauche + les taxes) faux. L’édifice est bancal, et ça se ressent.

    La bouteille de vodka qui se moque du taux d’alcool de la bouteille de cidre, c’est toujours assez rigolo.

    « Autrement dit, ces aimables excités veulent qu’on impose leurs idées en utilisant la force sur les autres.  »

    Franchement, c’est pas ridiculement mièvre ? L’article porte sur un sujet ultra ouvert, super sensible, avec de nombreux points à aborder, ça aurait pu être l’occasion d’un débat de fond génial. Mais non, on aura préféré une conclusion à la Oui-Oui. Bof.

    Ah. J’ai chatouillé Caliméro où il ne fallait pas. Bouuh snif. Tu t’en remettras, va.

  9. style

    http://www.20minutes.fr/societe/801628-policiers-fiches-internet-interieur-veut-faire-interdire-site

    Le ministère de l’intérieur veut interdire un site Copwatch, qui surveille les agissement en les filmant ou photographiant des policiers.

    La ou ça risque d’être rigolo,c’est ou il s’apercevront que le site en question et a l’étranger,et qu’il est totalement impossible d’interdire un tel site et d’empêcher les gens d’y accéder malgré son interdiction.

    1. Pascale

      Je ne vois pas trop comment on peut faire son travail correctement si l’on est en permanence « fliqué ». Parce qu’évidemment ce genre de site ne sera qu' »à charge ». Sur le plan de l’éthique je trouve ça limite. Bon, ils font ce qu’ils veulent, mais c’est très malsain…. Dans le genre infantiliser la police, comme on nous infantilise, on ne ferait pas mieux. Surtout que notre police à nous est déjà tellement castrée, que je ne vois pas l’intérêt de les castrer encore plus.

      Surtout quand les mêmes (même si ce ne sont pas exactement les mêmes, c’est la même mentalité) poussent des cris d’orfraie quand un directeur annote sur un cahier des commentaires sur les employés.

      1. hagakure23

        Je pense qu’il est nécessaire de surveiller chaque homme qui a et qui aime l’autorité, ce qui est le cas de 99% des policiers. Un site comme celui ci pourrait façonner un système panoptique. Les policiers ne savent pas exactement quand ils sont surveillés, donc ils doivent faire attention en toute circonstance.

        En plus, on trouve des choses truculentes sur ce site :  » « certains officiers de la BAC se sont crus dans les tribunes du LOSC et chantaient « police-police », »

        A noter qu’ils étaient en civils et qu’ils essayaient d’en découdre avec les manifestants anti-fasciste. Ils sont dangereux, vous dis je…

    1. Nord

      Il faut reconnaître que l’ami Steve raffolait d’enfants communistes sauce Grand-Veneur.

      Ceci dit, il est piquant de rappeler que l’Agat, l’un des premiers ordinateurs soviétiques grand-public (oui, je sais: ça fait bizarre d’écrire « soviétiques grand-public ») était un clone de l’Appel II: http://en.wikipedia.org/wiki/Agat_computer

      J’ai eu l’occasion d’en utiliser un en 1986 lors d’un voyage en URSS – ça faisait tout drôle 😉

  10. Jacques

    Je signale en passant que le nombre 99 relève d’une symbolique très négative:

    Certains livres traitant des sociétés secrètes avancent que la loge F.O.G.C. (traduisible par ordre franc-maçonnique de la centurie d’or) serait aussi connue comme étant la 99ème loge noire. En ce qui concerne les loges noires, il y en aurait 99 disséminées dans le monde et chacune est composée de 99 membres. Chaque loge serait sous la domination d’un démon ( le centième membre ) et chaque membre aurait un propre démon à son service. Ce démon aide la personne à acquérir argent et puissance mais, en échange, l’âme de cette personne est tenue de servir ce démon après sa mort. De plus, chaque année, un membre se voit sacrifié au démon de la loge, en vertu de quoi un nouveau membre est admis. Les membres des 99 loges seraient aussi des dirigeants très influents dans l’économie et la finance et seraient plus présents aujourd’hui que jamais. La loge F.O.G.C. serait l’une des pires qui auraient existé.

  11. pp

    Salut h16,
    Tu as manqué un « détail » important : sur le site de OWS figure en première place le rétablissement de Glass-Steagall. Chose que je n’ai pas vu dans la presse (mais je ne lis pas tout). Comme ce mouvement reste un peu malgré tout la foire où certains essayent de s’incruster pour faire passer leur message, c’est très facile de de faire parler un ou deux huluberlu qui raconte n’importe quoi et de présenter ça après comme « les indignés de WS ». Et c’est exactement ce que font nos chers média.
    C’est un mouvement très hétéroclite, on y trouve on peu de tout, vers quoi ça va évoluer ? Bien malin qui pourrai le dire, et je ne crois pas qu’on puisse conclure de façon aussi simpliste et catégorique comme tu le fait. Peut-être qu’il va se produire un changement majeur positif, peut-etre que ça va finir en eau de boudin ou pire sombrer dans la violence.

  12. alpharuper

    Tout comme pp, je ne serai pas aussi affirmatif… ce mouvement est assez symptomatique d’un certain « raz-le-bol » qui affecte une bonne partie de la population américaine, à commencer par les classes moyennes. J’ai de nbreux collègues yankees et ils sont très compréhensifs envers cette « occupation ». Effectivement, il ya dans ceux qui manifestent des hippies – anars – babacools – (je vous conseille les photos : http://cryptome.org/ows-series.htm) mais se retrouvent aussi des cadres, salariés du secteur privé, fonctionnaires, retraités… qui veulent aussi exprimer leur dégout et leur colère contre la façon dont les politiques ont traités « wall street ». Ce sont des gens qui ont parfois soutenu les « tea parties » pour se rendre compte qu’une fois élus, comme les autres républicains, ils allaient à la gamelle. C’est aussi beaucoup d’électeur qui sont « frustrés » par les actions d’Obama (forcément, quand on attends un messie…) Les commentaires de Karl Denninger hier sont assez symptomatiques de ce revirement de certains « libertariens » vis à vis de d’OWS. De là a dire qu’OWS pourrait générer une nouvelle orientation politique, c’est un pas que je ne franchirai pas. De toute façon, comme en Europe, les réalités financières finiront pas s’imposer (et imploser) ruinant des millions d’américains. Sans être un oiseau de mauvais augure, mais connaissant mon histoire, ce genre de situation finit souvent par une bonne guerre, histoire de remettre les pendules à zéro…

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