Retraites plombées

En Belgique, retraite se dit pension. Mais « répartition » se dit toujours « répartition », comme en France. Et, comme par hasard, en Belgique comme en France, cette répartition pose les mêmes problèmes. Peu d’ouvrages y fournissent réellement des solutions concrètes. À l’exception notable de celui de Frédéric Wauters et Ludovic Delory, « Retraites Plombées », dont j’ai pu me procurer un exemplaire…


(Je vous passe l’empoignade de folie pour, justement, me procurer le précieux opuscule, tant la bousculade fut homérique et les foules hystériques pour se procurer cette anthologie) – Sur un papier de bonne tenue et avec une police de caractère habilement choisie pour faciliter la lecture, Retraites Plombées traite donc de l’épineux historique des pensions belges, et évoque de façon assez détaillée l’histoire des retraites françaises ; non content d’exposer avec précision les mécanismes qui ont conduit les retraites dans l’impasse où elles sont maintenant, ce petit livre de 150 pages percutant comme un expresso en profite pour exposer les solutions que d’autres pays, confrontés aux mêmes problèmes, ont mis en place et détaille les succès et les écueils qu’ils rencontrèrent.

Retraites Plombées

Mieux : la thèse de nos deux auteurs belges se fend d’un calcul circonstancié et détaillé pour évaluer le traitement que toucherait un pensionné suivant le mode de répartition actuel et celui qu’ils proposent en remplacement. La différence est de plus en plus douloureuse alors que les retraites par répartitions se font chaque jour plus misérables.

Comme je l’ai évoqué quelques lignes plus haut, le livre est serré comme un café matinal et ne s’embarrasse pas d’idéologiquement ou de politiquement correct. La répartition y est exposé pour ce qu’elle est : une escroquerie pure et simple basée sur le vol des épargnants et ne profitant, au final, qu’à une poignée de privilégiés.

Si cette thèse était exposée sans plus d’explications, elle ne saurait tenir contre les arguments répétés jusqu’à l’usure des thuriféraires enthousiastes et bavards de la répartition. En réalité, en quelques chapitres bien amenés, chacun des arguments de la thèse y est exposé et démontré sans ambiguïté.

On apprend ainsi que la mise en place de la répartition s’est faite, tant en Belgique qu’en France, par la spoliation éhontée des épargnants : avant l’instauration (par la force) de la répartition, la capitalisation était la méthode la plus naturelle en vigueur. À la faveur des difficultés budgétaires de l’Etat, les gouvernements ont décidé de saisir le magot que représentait cette épargne pour financer leurs lubies ou nécessités du moments. Le contrat passé pour compenser cette évaporation cynique fut que l’Etat garantirait alors le versement d’une pension dans des conditions déterminées.

La suite, on la connaît : lentement mais sûrement, les pensions se sont érodées, les conditions se sont durcies, les garanties de l’Etat se sont amoindries.

Les auteurs en profitent pour exposer le vice inhérent du système par répartition : chaque travailleur aura tout intérêt à obtenir le maximum de sécurité financière en déployant le minimum d’effort. Or, dans un système par nature collectiviste, le résultat est d’opposer directement les catégories de cotisants les unes aux autres. Ils notent d’ailleurs, dans un chapitre complet, l’ensemble des facilités qui sont mises à disposition de bénéficiaires directs du régime par répartition, dont les cotisations sont très réduites et les pensions très élevées.

On retrouve ici, du reste, exactement les mêmes mécanismes en France qu’en Belgique : les politiciens, toujours très maladroits lorsqu’il s’agit des finances publiques, sont de fins renards lorsqu’il s’agit des leurs ; les pensions des députés, des sénateurs, des ministres et de l’ensemble des fonctionnaires qui ont leur oreille attentive sont notoirement plus avantageuses que celles des professions libérales ou des salariés du privé.

Enfin, nos deux pourfendeurs de la répartition montrent de façon limpide comment la capitalisation donne une chance réelle de retraite décente pour tous. Ils répondent aux objections habituelles des collectivistes et autres tenants du tout à l’égout étatique (« et les plus pauvres ? », « oui mais les marchés se plantent parfois ! », « et la solidarité, alors ? ») et passent en revue différents pays qui sont passés à la capitalisation et dont les peuples ne veulent plus entendre parler de répartition…

Mieux, ils montrent comment et pourquoi un travailleur moyen peut, par la capitalisation, disposer pendant sa retraite d’une pension supérieure à son dernier salaire !

Qu’on soit Français ou Belge, je ne peux donc qu’encourager chaudement l’achat de ce manuscrit : il balaye avec brio les objections trop souvent entendues, et remet parfaitement les pendules à l’heure. Et ça tombe bien : celle de la capitalisation a sonné, tant la retraite par répartition est à bout de souffle.

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Commentaires39

  1. Pascale

    Les retraités qui ont défilé il y a quelques jours pour se plaindre de la baisse de leurs pensions, se sont-ils plaints du vol caractérisé que l’État commettait contre eux ? Je ne crois pas. Au contraire ils ont du demander de prendre aux riches, aux marchés, aux capitalistes afin de « mieux partager les richesses », sans s’apercevoir une seconde que celui qui s’appropriait chaque année 65% (je crois que c’est le pourcentage exact ?)de la richesse produite par le pays c’était …. l’État.

    1. JulesXR52

      En tout cas ce n’est pas ce que fait l’association Sauvegarde Retraites, qui cible une bonne partie de ses actions sur l’abolition des régimes spéciaux. Cela ne résoudrait sans doute pas TOUT le problème, mais certainement une bonne part. Et surtout, la justice serait gagnante.

    2. Nord

      Il faudra des années et des années pour réparer le tort causé par le lavage de cerveau entrepris depuis des décennies et qui fait de la répartition (ourla mutualisation) l’acmé de l’égalitarisme et de la solidarité sociale. Rien que pour ces deux dernières raisons il est hérétique de se prononcer contre la retraite par répartition car en ce cas, on est contre le peuple (enfin le petit peuple parce que les autres ça va très bien merci beaucoup).

      CPEF (aussi)

  2. Théo31

    « dont les cotisations sont très réduites et les pensions très élevées. »

    Tout à fait. Il faut rappeler qu’en France, il n’y a pas de caisse de retraite pour les fonctionnaires et que les pensions sont payées directement avec les impôts.

    D’autre part, les fonctionnaires sont les seuls à pouvoir bénéficier de la capitalisation Prefon, financée intégralement par l’impôt, donc par l’effort et l’argent gratuit des autres. On comprend mieux pourquoi les syndicats qui prétendent défendre les salariés sont contre l’extension de la capitalisation au secteur privé.

    Enfin, rappelons que la répartition est un système qui permet de rétablir l’esclavage et le travail des enfants.

    1. toni

      les enfants sont ceux qui vont avoir à payer l’addition … Bah comme je l’ai dit ailleurs je vais songer à laisser cela aux enfants issus de l’immigration, ils seront de meilleurs contribuables que moi.
      Et puis vu les voitures qu’ils arrivent à se payer et leurs nombreux trafics, ils pourront renflouer les caisses de retraite.

      1. imperitum

        Étant moi même un enfant issu de l’immigration, je doute pouvoir participer efficacement et durablement au financement de notre schéma de Ponzi républicain et solidaire. Je compte personnellement partir très vite une fois diplômé. Ceux que vous dénoncez, qui à mon humble avis ne payeront pas énormément d’impôts, ne seront pas d’une grande utilité non plus.

        1. toni

          Je faisais de l’humour noir.
          le schéma de ponzi républicain mélangé à un certain type d’immigration improductif et coûteux est et sera un cocktail plutôt explosif.

  3. ch

    Savez vous s’il existe quelque part les chiffres précis de qui reçoit combien en termes de retraites ? Où va l’argent prélevé sur le secteur productif et à qui est il versé ? quelles populations en profitent ? Quels sont les frais de fonctionnement des divers organismes étatiques de prélèvement et de distribution ? L’évolution de ces chiffres etc. Je ne trouve sur les différents sites que des généralités mais aucune compilation ni regroupement analysés.

    1. Travail de titan que de trouver de telles informations. Sauvegardes Retraites ou des associations comme ça (Contribuables Associés, par exemple) ont certainement dû compiler des choses comme ça, mais je n’en connais pas les liens internet …

  4. Fred

    En Belgique, l’Office National des Pensions publie des statistiques mensuelles et annuelles dans lesquelles il est déjà possible de piocher pas mal d’informations.

    Nous avons également pu nous procurer auprès du ministère compétent un document retraçant l’évolution – pour les salariés – du montant des cotisations sociales versées spécifiquement au système de retraite par répartition tant par l’employeur que par le travailleur.

    Dès que j’ai un moment, je commencerai à mettre en forme quelques statistiques pour les publier sur « Retraites Plombées ».

    Je profite de l’occasion pour remercier h16 de cette très belle critique de notre livre, qui me touche beaucoup.

    1. Calvin

      Et qui donne envie d’acheter…

      (clique sur le lien Amazon le 9/10/11 à 17h30)

      « … Retraites plombees comment l’etat vole notre avenir …
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      Ah ben, zut…
      Bon pas grave, je réessayerai…

  5. Pere Collateur

    Quand on pense que ce superbe système par répartition est obligatoire et sans échappatoire…
    J’en reviens toujours pas.
    D’un coté une bête règle de trois nous dit qu’on aura rien ou juste des queues de cerises au moment ou on partira en retraite.
    De l’autre, on est obligé de se faire son propre « fond de pension » perso pour palier le premier problème.
    En tout cas, faut pas s’étonner que la sacro sainte consommation des ménages se fasse la malle!

    Mais ça devrait aussi commencer à se savoir qu’actuellement, on paye pour rien des cotisations retraites, non?

    1. Pascale

      Oui, mais si on fait payer « les riches », il n’y aura plus aucun problème : la croissance sera de retour, la dette publique sera remboursée, les retraites seront confortables, les salaires seront plus élevés, il n’y aura plus de chômage etc.

      1. Théo31

        Vous oubliez que les retraites ne sont pas provisionnées et donc financées par de la dette qui n’est pas comptabilisée dans celle de l’Etat. Et là, c’est une bombe thermonucléaire à plus de 1000 milliards qui attend les futurs pensionnés. Quand la cessation de paiement sera effective, les retraités seront en première ligne.

    1. Nord

      (mode degôôôch ‘on’) Aucune de vos sources n’est crédible: elles sont toutes libérales (mode degôôôch ‘off’)

      😉

      Enfin je caricature à peine: je me tape ce genre de réflexion à chaque discussion avec des degôôôch.

  6. Jacques

    Les engagements de retraite de la fonction publique, pour les 40 ans qui viennent, sont de l’ordre de 1500 milliards d’euro.
    Avec les gens du privé, qui cotisent plus et touchent moins, l’ensemble des engagements pour les seuls travailleurs et fonctionnaires actuels sont de l’ordre de 4500 milliards. A rajouter avec la dette nationale actuelle qui approche les 2000 milliards.
    Une paille…
    Bien sûr personne parmi les élus ne veut envisager la cessation de paiement qui se produira dans quelques semaines, ou au mieux quelques mois, si le mensonge franchit un nouveau palier.

  7. toni

    Je vais faire un peu d’humour noir.
    On va prendre au pied de la lettre ce que disent le politiquement correct et la bien pensance.
    La jeunesse actuelle issue de l’immigration permettra d’apporter de nouveaux actifs et très bons contribuables pour permettre la maintenance du système des retraites par répartition.

    On fera ensuite un peu plus de philosophie quand tout le monde sera ruiné … Les gens étant plutôt bouchés dans ce pays, il vaut mieux sortir l’artillerie lourde pour leur remettre les pieds sur terre.

  8. NeverMore

    J’ai toujours pensé et dit depuis plus de 20 ans que je serai probablement amené à toucher ma retraite avec un fusil à pompe.

    C’est maintenant une certitude.

    Je vais quand même commander quelques boîtes de cartouches supplémentaires, pas seulement pour faire des « retraits », mais pour le plaisir.

  9. infraniouzes

    Les Français, qui sont des veaux, sont aussi fâchés avec les mathématiques (cf. le niveau général au bac) malgré une collection de médailles Field.
    Si à une époque il a fallu 5 actifs pour un retraité, le jour où ces actifs prennent leur retraite il faut 25 nouveaux actifs pour leur payer pension avec le même taux de cotisation. Et ainsi de suite. . .. comme dans la vente pyramidale.
    J’ai lu, quelque part, que quand le gouvernement de Vichy (merci Maréchal) avait institué ce merveilleux régime avec départ à 65 ans, les hommes mouraient un ou deux ans après leur départ. Finement calculé…
    Aujourd’hui les générations dépassent 85 ans sans peine… Chercher l’erreur.
    Ma grand mère me répétait souvent ce proverbe: « quand il n’a plus d’avoine au râtelier les chevaux se battent ». Et bien les enfants, on y est presque. . .

    1. Calvin

      Malheureusement, on est dans l’état où il n’y a réellement plus d’avoine.
      On a de l’avoine à crédit.
      Mais bientôt, oui, y aura que dalle…
      Et il faudra passer à la caisse…

      1. toni

        Autrement dit vous allez payer un maximum actuellement pour vous retrouver sans rien au moment de votre départ à la retraite. Encore un dossier que nos voisins germaniques ont bien mieux géré (réforme schröder de 2001).

  10. juni palacio

    Il y a un an disparaissait le seul prix Nobel d’économie français (c’est presque antinomique), j’ai nommé Maurice Allais. Pour lui “toujours mois d’État, c’est toujours plus d’inégalités”. Il a dénoncé le “libre-échangisme mondialiste, idéologie aussi funeste qu’erronée” ainsi que la “chienlit mondialiste laissez-fairiste”. Il se définissait comme un “libéral socialiste”. Ayons une pensée pour lui.
    Pour revenir au problème des retraites, on assiste en ce moment au plus gros hold-up de tous les temps. Les auteurs en sont les générations de l’après-guerre au dépend des générations suivantes. Quelle délicieuse sensation de payer toujours plus en sachant qu’au bout je n’aurai rien..

      1. Martin Lothar

         » Libéral socialiste, c’est à mourir de rire ou de ridicule. » : Ah zut ! Moi qui croyais avoir enfin trouvé le fameux chainon manquant. C’est vrai que « Libéral socialiste » pue l’oxymore germanopratin des banlieues surpeuplées.
        H16, laisse Allais, c’est un Vals…

    1. toni

      juni palacio a écrit : « Pour revenir au problème des retraites, on assiste en ce moment au plus gros hold-up de tous les temps. »

      Le pire étant qu’ils éssaient de t’expliquer comment il faut vivre pour les fêtes de fin d’année.

      1. Nord

        Coluche disait de l’administration que: « si vous aviez besoin de quelque chose écrivez-nous, nous vous expliquerons comment vous en passer. »

        Finement observé 😉

  11. Arkh

    Un système de retraite dont le but serait d’être équitable et de limiter les laissés pour compte serait à mon avis très simple : on fixe un nombre d’heures de travail à côtiser. Lorsqu’un bénéficiaire décide de partir à la retraite, il reçoit une pension dont le montant est le même pour tous les retraités au prorata des heures cotisées.
    Ce montant étant fonction des cotisations de l’année fiscale précédente de manière à ne pas faire de dette.

    Ainsi, quelqu’un qui commence à bosser à 16 ans et fait beaucoup d’heures peut partir avec une retraite pleine avant celui qui n’a rien foutu jusqu’à 25 ans.
    L’ouvrier qui a galéré toute sa vie au SMIC peut compter sur la même pension que son PDG. Si ce PDG veut avoir plus une fois à la retraite, il peut normalement compter sur ce qu’il a capitalisé.

    Surtout, il faut que ce système ne soit pas obligatoire : si certains veulent tout jouer sur la capitalisation mais se plantent, bah tant pis pour eux.

    Mais un système dont personne ne peut abuser est difficile à vendre en France. Chacun s’accroche à ses petits privilèges comme une moule à son rocher, recevant 3 en oubliant qu’il donne 5.

      1. Me

        Si j’étais président, je serais le premier à miser dans ce business : les prestations par capitalisation. je trouve que cela sonne bien. C’est tout.

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