Le web n’a pas tué la presse papier. Elle s’est suicidée.

« Dispose d’une forte marge de progression » : c’est ainsi qu’on qualifiera la presse française actuellement, et plus généralement, c’est de cette façon qu’on pourra décrire les performances journalistiques quotidiennes dans la République du Bisou Tranquille. Il ne se passe en effet pas une journée sans qu’un titre hasardeux, un article approximatif ou un reportage consternant ne viennent égayer la journée d’un honnête homme ; trois minutes d’un journal télévisé d’une des grandes chaînes nationales, quelques feuilles d’un quotidien frémissant de professionnalisme chichement dosé redonnent au citoyen parfois un peu abattu ce sentiment joyeux que non, finalement, il n’est pas une sous-merde et qu’il existe bien pire que lui.

J’avais d’ailleurs fait état de la médiocrité de cette presse dans de précédents billets, dans lesquels je notais par exemple que le prix au poids de la presse quotidienne était très défavorable au lectorat français ; j’ai aussi remarqué que, conséquemment, ce lectorat, probablement lassé de payer cher (deux fois) un piètre produit s’en détournait progressivement.

À l’époque, j’avais d’ailleurs fait le constat lucide que les organes de presse, moribonds, remuaient encore un peu et que seul un vigoureux élan citoyen, consistant à se désabonner massivement, permettrait de mettre fin à l’agonie une fois pour toute. Je renouvelle ici cet appel : n’achetez plus ces étrons que sont lentement devenus Libérassion, Le Môônde ou Le Figlaro. Leur parti-pris, leur absence quasi-assumée d’éthique et de recul, leurs sujets abrutissants, leur traitement rigologène de l’actualité et la morgue insupportable doublée d’une fine couche de mépris hautain que leurs journalistes vedettes utilisent régulièrement pour s’autoriser leurs lamentables performances justifient largement votre désabonnement et la faillite complète de ces monuments de mauvais goût.

Pignouferies de presse

Jusqu’à présent, cependant, ces organes avaient persisté tant dans leurs sales habitudes de se croire De Quälitay que dans celles de se croire aussi Les Seuls Professionnels À Avoir Leur Mot À Dire, en cachant malhabilement la fuite de leur lectorat derrière une explication aussi simple qu’à la mode : le oueb, la presse gratuite, et pire, la presse gratuite sur le oueb.

Petit à petit, cependant, il apparaît que le voile pudique qui déguisait la réalité de l’effondrement de la presse française se déchire au détour de petits articles … de la presse en ligne justement. On sent poindre un aspect particulièrement moqueur derrière cette révélation mais c’était prévisible : puisque la presse gratuite et en ligne sert largement de bouc émissaire pour expliquer les déboires des dépotoirs à articles mal boutiqués que sont devenus les grands journaux nationaux, elle a fini par enquêter pour voir à quel point elle était effectivement responsable de la situation.

Et le constat est un peu plus pastel que ce que voudraient nous faire croire des journalistes traditionnels bien en peine de nous expliquer leurs privilèges sans faire une faute d’orthographe, des phrases alambiquées ou de pathétiques erreurs de grammaire : la presse papier doit une très grande partie de sa déconfiture … à elle-même, avant tout.

(Ici, le lecteur régulier ne sera pas étonné – Le journaliste traditionnel, arrivé ici par hasard, entre deux cafés syndicaux et un petit brin de causette à la standardiste en stage fraîchement arrivée, vient de louper une systole.)

On apprend ainsi que le déclin de la presse quotidienne, nationale ou régionale, ne peut effectivement dater de l’arrivée de la presse gratuite on-line puisque ce déclin s’est amorcé, en gros, dès les années 70 pour ne plus s’arrêter depuis : entre 1945 et 2005, seize quotidiens nationaux plient proprement et le tirage global de la presse recule de 59%.

Non, le web n’y est pour rien. Mieux : il serait en réalité un « décélérateur » de la tendance générale, puisque la perte de lectorat s’est réduite ces dernières années avec l’arrivée de ces mêmes quotidiens sous forme électronique…

En fait, je le redis plus simplement : si la presse quotidienne est de moins en moins lue, ce n’est pas à cause de la concurrence des gratuits (aussi mauvais) et de la presse en-ligne, mais c’est simplement parce qu’ils sont suffisamment pourris pour ne plus attirer le lecteur, avant tout. L’arrivée de l’électronique a simplement permis de révéler la médiocrité de la presse française, mais n’est pour rien ou à peu près dans sa lente disparition.

En revanche, les subventions assez massives dont dispose la presse expliquent assez bien ce qu’on observe : ronronnement des gros quotidiens, assommés par l’opium facile de la manne publique qui tombe sans qu’on ait à se remettre en cause, multiples privilèges des journalistes rapidement habitués à en faire le moins possible, et, en fin de chaîne, des coûts ridiculement élevés de production engendrés par un syndicalisme mafieux de la CGT qui n’a rien à envier aux flibustiers éhontés de SeaFrance ou de la SNCM.

On pouffera donc en lisant les atermoiements de nos journalistes des grands quotidiens nationaux qui pleurent sur leur triste sort sans rien vouloir changer et mettent sur le compte d’une méchante concurrence leurs déboires indescriptibles.

Parallèlement, on apprend que Médiapart serait rentable. C’est assez intéressant parce que ce média est un impure-player : presse résolument en ligne, électronique et virtuelle, elle se nourrit essentiellement des abonnements, ce qui laisse supposer un business-model tenable sur le long terme, mais aussi de la bonne grosse subvention étatique (d’où le « impure »). Les prochaines années, qui verront assez probablement l’organe se détacher du lot ou retomber dans les travers développés par ses grands frères de la presse traditionnelle, permettront de trancher sur l’impact de ces subventions dans la qualité de la production… Le libéral sait que si ces subventions sont indispensables à Mediapart pour équilibrer son budget, il finira en quenouille.

Au passage, on rappellera que l’expérience Rue89, média tout aussi impure-player que le précédent (et, bizarrement, tout aussi à gauche politiquement), s’est soldé récemment par son rachat par un gros groupe joufflu à la solde du méchant capitalisme ce qui n’a absolument pas dérangé le trotskiste Pierre Haski, qui a probablement dû toucher un petit paquet de brouzoufs au passage, ce qui le mettra définitivement à l’abri du prolétariat dont il nous entretiendra pourtant encore longtemps.

Là encore, l’avenir permettra de connaître tout le bénéfice qu’on peut retirer de la subvention, des privilèges et des habitudes…

Mais en attendant, on pourra tout de même se satisfaire de cette conclusion d’étape : non, le web n’a pas tué la presse papier. En acceptant toutes ces subventions, elle s’est suicidée.

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Commentaires52

  1. Calvin

    « En acceptant toutes ces subventions, elle s’est suicidée. »

    Et cela s’applique à tous les secteurs, pas seulement la presse : l’art aussi, le secteur marchand, l’écologie et même le transport.
    Quand est-ce que les « décideurs » s’en rendront compte ??
    La seule chose qu’ils connaissent, c’est de dire : « ah ben, si ça continue à se casser la figure, c’est que la subvention n’est pas assez élevée ».
    Une fuite en avant pathétique, qui se finira mal, dans le mur.
    D’ailleurs, ce n’est pas que les politiques font un excès de vitesse dans la mauvaise direction, c’est qu’ils sont en état de somnolence : le résultat sera le même, mais ils ne sauront que très tard leur erreur.

    (J’ai détecté un « décélarateur » au lieu de décélérateur)

    1. gem

      +1
      Le meilleur exemple reste l’agriculture. L’état découvre à la fin des années 70 qu’elle est le « pétrole vert de la France « , trois décennies d’intervention et de subvention massives plus tard,
      « La position de la France fléchit sur les pays non communautaires et s’érode sensiblement sur la zone communautaire. » selon l’expression pudique du bisounours de l’INSEE

      Au point que maintenant le lait premier prix en supermarché vient … d’Allemagne. Cruel, pour un secteur qui, selon la doctrine officiel des années 60, servait de contrepoids à l’industrie allemande.

      1. Jesrad

        Et la métallurgie du Nord, c’était aussi récent. Plus les plans d’aide publique s’empilaient, plus le secteur s’enfonçait, depuis il a disparu. Pareil avec la grosse construction navale, la DCN (dernier survivant) se noie.

  2. Joblagadluch

    Bonjour! C’est un peu lapidaire comme conclusion. Et c’est occulter pas mal de faits pourtant avérés : collusion entre les journalistes et les politiques qui mène forcément à une plus grande mansuétude envers ces mêmes politiques. Collusion entre les propriétaires de ces grands groupes de presse et le pouvoir en place. Le patron qui bénéficie du bouclier fiscal n’aimera pas trop que son canard en dise trop de mal! Et peut être aussi, tradition française de de la médiocratie. Les perfusions de subvention n’aident probablement pas. Mais j’ai pris le temps de lire l’article que vous avez mis en lien sur les subventions, et les montants sont sommes toute assez dérisoires par rapport aux budget de ces journaux. C’est dérisoire si l’on compare aux subventions de l’agriculture, de l’industrie (sous forme de cadeaux fiscaux) etc; etc… C’est peut être encore trop, mais dans ce cas, s’acharner sur les seuls médias papier est assez étrange. De plus, si l’on regarde les tirages des journaux, on remarque que les premiers quotidiens en France sont des régionaux (Ouest-France loin devant les autres alors qu’il ne couvre même pas un quart du territoire!). Beaucoup moins subventionnés! Et beaucoup plus loin de « Pâaaaris ». Donc plus loin de la collusion? De plus, ce phénomène de régression de la presse payante est visible à l’échelle Européenne : http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/rapports/tessier/annexe1.pdf page 11. Et l’abrutissement institutionnalisé de la population française orchestrée depuis plusieurs décennies par les gouvernements successifs n’arrangent en rien les choses, car il est plus « facile » de regarder le 20h de TF1 (ou de France 2!) qui va parler 20 secondes d’économie et 4 minutes de Patrick, qui fabrique des cloches en roblochon dans le larzac!

    1. Calvin

      Justement, c’est bien le capitalisme de connivence qui est critiqué ici.
      Mais ce billet a aussi l’avantage de nous donner un bon indicateur de ces arrangements.
      Il n’est pas évident de savoir s’il y a collusion ou pas entre le pouvoir et les pontes d’un secteur, d’une entreprise, d’un syndicat (et ça, on le doit à la presse !).
      cependant, en regardant s’il y a ou non une subvention (la partie visible, quantifiable), on peut soupçonner que cela va plus loin.

      1. Joblagadluch

        Ha mais la collusion à de multiples formes. Ça peut être très subtil. Le patron est copain avec tel ou tel président/ministre/sénateur/député. Donc les journalistes, qui sont humains et des employés comme tout le monde, et aspirent à une promotion, une augmentation, etc… lèvent plus ou moins consciemment le pied sur les critiques vis à vis de cette personne, voir se mettent à faire des éloges là ou il n’y aurait pas lieu d’en faire en étant objectif, ou critiquent un peu plus fortement ses opposants… Et on rentre dans un cercle vicieux ou l’auto-censure voire la flatterie, fait que la ligne éditoriale devient plus molle, l’investigation très faible, et que cela tire le niveau vers le bas.

    2. Higgins

      Pour le journal TV, il semblerait que le programme de M6 ait battu le journal de France 2 hier soir: le début de la fin? (entendu rapidement sur Europe)
      Quant à la déconfiture de la presse écrite, mon marchand de journaux a une explication très prosaïque, outre la médiocrité grandissante de cette dernière et des médias d’information évidemment, c’est que les gens lisent de moins en moins. Un des multiples effets collatéraux de la pédagogie innovante de l’EN probablement.

      Question à notre hôte qui complète une question posée hier par El Gringo: comment on fait pour avoir un avatar?

      1. Calvin

        1 : j’ai répondu, justement pour l’avatar : utilise Gravatar.

        2 : si les gens lisent de moins en moins, en revanche, je pense que c’est, en partie, un effet assez indirect du web, pour le coup. Je crois qu’à force de butiner et surfer, on s’habitue à lire moins de longs textes et on va avoir tendance à privilégier les textes courts. Ce n’est qu’une évolution ; l’EN a beaucoup de défauts (trop !), mais pas encore celui-là. Enfin, je parle des élèves qui ne sont pas sortis de l’EN illettrés, bien sûr.
        Néanmoins, le billet reste valide : même en étant utilisateur du web, je lis encore des articles (H16, Contrepoints, etc…), il suffit qu’ils soient intéressants et à valeur ajoutée. Et je lis aussi des livres.

        1. Joblagadluch

          Mouais. Je pense surtout que l’EN ne sait pas s’adapter à son temps. A notre époque moderne, ou la télévision et internet sont les rois de notre quotidien, c’est incongru de faire lire uniquement du Corneille ou du Baudelaire aux collégiens. Je ne dis pas qu’il ne faut pas l’enseigner, mais peut être attendre plus tard (3ième – Lycée). Au primaire et au collège, il faudrait plutôt faire lire des textes plus modernes et plus attractifs aux enfants pour leur donner le gout de la lecture. Et une fois ce gout acquis, ok, revenir à des classiques, qui sont enrichissants. Mais il ne faut pas espérer donner le gout de la lecture à tous les enfants en leur faisant lire du Mirabeau ou du Rabelais! Car le gout de la lecture vient aussi de ce qu’on a eu/lu/vu des livres dans sa jeunesse. Et je suis sur qu’à l’heure actuelle, il y a un bon nombre d’enfants à qui l’on n’a jamais lu de livres chez eux, voir qui n’en ont pas du tout. Par contre, ils ont probablement des consoles, plein de jeux, etc… Encore un symptôme d’abrutissement orchestré.

        2. Pythéas

          Salut Calvin,
          je pense au contraire que le web amène plus de personnes à lire des contenus d’actu.
          Effectivement, la lecture sur une page web (et finalement, toute lecture sur un écran) est plus ardue que sur du papier (c’est d’ailleurs pour ça qu’on imprime tous des pdf/word de plus de 2 pages et dont la lecture nécessite plus de concentration).
          Pour éviter de perdre son lecteur, le rédacteur web doit donc faire plus concis, plus clair, plus concret.

          Tout ça pour dire que la facilité d’accès et de lecture du web devrait amener plus de lecteurs vers la presse papier ; ceux à la recherche d’un contenu plus fouillé, plus dense et plus théorique (genre Commentaire, qui semble se porter bien malgré le manque de visibilité de la revue).
          C’est donc bien le faible niveau de la PQN qui lui creuse sa tombe.

        3. channy

          Calvin,Joblagadluch pytheas merci pour ce debat intelligent..vous avez tous des proposotions interessantes..je suis entierement d accord
          #Car le gout de la lecture vient aussi de ce qu’on a eu/lu/vu des livres dans sa jeunesse.#
          #même en étant utilisateur du web, je lis encore des articles (H16, Contrepoints, etc…), il suffit qu’ils soient intéressants et à valeur ajoutée. Et je lis aussi des livres.#(moi aussi si ils sont interessants)
          #la lecture sur une page web (et finalement, toute lecture sur un écran) est plus ardue que sur du papier #(mais gare quand la technique aura evolue

          sinon comme la dit H16
          L’arrivée de l’électronique a simplement permis de révéler la médiocrité de la presse française..
          j ajouterais aussi un prix scandaleusement eleve

    3. simple citoyen

      @Joblagadluch: « De plus, si l’on regarde les tirages des journaux, on remarque que les premiers quotidiens en France sont des régionaux (Ouest-France loin devant les autres alors qu’il ne couvre même pas un quart du territoire!). Beaucoup moins subventionnés! »
      Totalement faux.
      Quelques chiffres pour vous donner du grain à moudre:
      2010
      1.338.200 euros, Ouest-France : salle d’expédition de Nantes
      1.945.000 euros, La Voix du Nord : nouveau système éditorial
      2009
      2.745.000 euros, Ouest-France : rotative à Nantes
      2.367.554 euros, Les Dernières Nouvelles d’Alsace : modernisation de la salle d’expédition
      1.020.968 euros, L’Est Républicain : modernisation et refonte de : contenu-maquette-format
      2.745.000 euros, Nice-Matin : rotatives
      etc… Donc la PQR est tout aussi soutenue que la presse dite nationale.

  3. Pascale

    Pour ma part, je ferais un parallèle entre le début de la chute de la presse papier et l’arrivée de la TV. Par exemple, dans ma famille nous avons eu notre 1ère télé en 1968. Au début et même au milieu des années 60 la 1ère question que l’on se posait mutuellement dans la cours de récréation c’était : « t’as la télé? » . Avec une seule chaîne bien évidemment.

    1. ph11

      J’ai pensé à ça aussi. Cependant, ça n’enlève rien au fait que la subvention est la mort de l’excellence.

      On le voit bien dans l’art. Sa subvention, selon ses supporters, devait aboutir à des armées de génies artistiques.

      Où sont-ils ? On voit bien que c’est l’inverse qui se passe. Et même les gauchistes de groland sont critiques vis-à-vis de la culture fraônçaise. http://www.dailymotion.com/video/x7kli1_groland061028_fun

      1. Pascale

        Oui car la subvention permet de laisser survivre des techniques obsolètes et empêche le progrès en sclérosant les vieux shémas.

        Le journal papier fait partie de ces choses complètement dépassées et les grands quotidiens français aussi probablement

    2. L’arrivée de la télé n’est pas un facteur déterminant, je pense, parce qu’elle a été introduite dans de nombreux pays sans qu’on constate systématiquement un effondrement de la presse papier comme en France…

      1. Pascale

        En effet. Ce qui confirmerait votre hypothèse de la médiocrité de notre presse comme facteur déterminant. Et au niveau des prix de vente de la presse ?

        1. La presse coûte plus cher en France qu’ailleurs (il faut aussi tenir compte du nombre de pubs, d’annonces, etc… mais globalement, le rapport poids/prix est très défavorable à la presse française).

  4. Pascale

    Il me semblait avoir lu que Mediapart fonctionnait sans subventions ce qui m’avait fortement étonnée. Ces gens la m’insupportent. Derrière leurs airs de lever des lièvres et de faire du vrai journalisme en balançant des sccoops, on sent l’attachement viscéral et financier au système qui les fait vivre à travers les subventions. Et c’est à ce moment la que l’on comprend bien pourquoi le système essaye de censurer le oueb et de le mettre sous sa coupe

    1. Inso

      Mediapart luttent surtout contre la corruption politique. Leurs avis sont peut être bof vis à vis du libéralisme, je pense que c’est plutôt par ignorance. La corruption politique étant clairement quelquechose critiquée par le libéralisme.

      http://electronlibre.info/Mediapart-vise-l-independance,00828

      «  »Le jour où nous sommes rentables, nous ne toucherons plus un seul centime de subvention. Notre politique est d’ailleurs restrictive puisque nous avons pris la décision de solliciter uniquement des subventions liées à des investissements technologiques. Pour financer, par exemple des développements sur l’ipad. A la différence d’autres sites, nous refusons que la rédaction de mediapart soit prise en charge par le fonds du SPEL »(fonds d’aide aux services de presse en ligne qui dépend du ministère de la Culture). « Nous souhaitons que toute la transparence soit faite sur la répartition et l’affectation des fonds réalisées par les pouvoirs publics. Nous avons d’ailleurs déposé un dossier portant sur une subvention technologique d’un montant de 200 000 euros que nous n’avons pas encore recouvré, je me réserve de l’accepter si toute la clarté n’est pas faite sur l’utilisation de ces fonds publics. » »

  5. infraniouzes

    La désaffection des lecteurs pour la presse papier peut s’expliquer par le fait qu’elle est, comme la presse audiovisuelle, de plus en plus bien pensante et ultra politiquement correct. Donc le lecteur va chercher l’info sur internet et sur les blogs. Ce qu’on y trouve vous fait dresser les cheveux sur la tête. C’est un autre monde, loin des Edwy Plenel, Caroline Fourest etc. j’en passe et des meilleurs, tous ceux qui vont à la soupe, en nous faisant croire qu’ils ont décrypté le monde parce qu’ils causent 2′ dans le poste à une heure de grande écoute. les pauvres fous n’entendent que leur voix mais ça leur suffit pour être heureux en les confortant dans leur suffisance.

    1. Calvin

      Pas d’accord !
      Je veux dire, c’est mon cas, oui. C’est le cas pour toi et pour la plupart des lecteurs de ce blog.

      Mais pas la majorité des gens, non.
      Ils ne savent pas que c’est convenu, plein de clichés et bien pensant.
      Pour eux, c’est loin de leur préoccupations. Qui sont : 1) de survivre, 2) de se reposer après une journée harassante.

      1. Laurent

        Vous êtes trop complaisant.
        1/ si on a internet chez soit on n’est pas en mode « survis »
        2/ Un infirme partie de la population Française est véritablement « harassé » après sa journée de travail. Mon père dans les année 60 travaillait 12H par jours 6 jour par semaine, Travaillait au jardin jusqu’à 8H00 du soir et construisait sa maison les dimanche jour férié et vacances…On pouvait alors dire qu’il était harassé…Au Et tout ça pour parfois ne pas avoir de quoi mettre 1 litre d’essence dans la 2cv pour aller visiter ma grand mère. Et je n’ai jamais entendu la moindre plainte. Notre génération (et les suivantes) avons eu une vie douce et facile, donc nous sommes seuls responsable de notre état d’abêtissement.

        1. Calvin

          Pour parfaire notre échange (car j’abonde dans vos remarques) :
          1) j’ai justement séparé ceux qui utilisent internet des autres (et le terme survie était, je l’avoue, trop fort),
          2) il y a une différence entre un travail réellement harassant et l’impression que l’on a… Ce que je voulais dire, c’était effectivement que la plupart des gens sont devenus paresseux.

    2. eheime

      Vous avez raison Infraniouzes, au moins pour une partie de la population. Internet (sites et blogs) ont été pour moi une vraie bouffée d’oxigène. J’ai pu enfin trouver autre chose que des idées communément exprimées, me retrouver plus facilement dans certaines opinions exprimées ou au contraire ça m’a permis parfois de m’ouvrir à de nouvelles idées, comprendre aussi que celles que je défendais n’étaient pas toujours les meilleures. En fait ce qui est chouette avec internet c’est la diversité des opinions, l’interactivité des commentaires est souvent interessante egalement, et parfois on trouve meme des rédacteurs de qualité, comme H16 par exemple :)

  6. Emmanuel M

    On trouve une excellente presse en France. The Economist est vraiment très intéressant, quoique écrit en anglais.

    Blague à part, la presse fait ce que veulent ses clients. Dans les pays civilisés, les clients de la presse achètent aux journalistes des publications qu’ils jugent intéressantes.

    En France ca marche un peu différent. Les clients de la presse achètent aux journalistes du temps de cerveau disponible pour y déverser leurs opinions socialistes.

    Le lecteur français, lassé de ne plus être rémunéré pour gober de la propagande (voir même de devoir payer) se détourne de ces torchons.

    Je ne suis pas un inconditionnel du canard enchainé mais au moins ce journal considère son lectorat comme une clientèle et non comme un réseau social à monétiser.

    1. estienne

      « Le lecteur français, lassé de ne plus être rémunéré pour gober de la propagande (voir même de devoir payer) se détourne de ces torchons. » De mon point de vue, le fond du problème est là. Non français, mais souvent de passage en France, j’achetais parfois Le Monde, le Figaro, voire Liberazion, pour y humer l’esprit libre et critique à la française (souvenirs de mes études littéraires). J’ai vite déchanté. Le parfum y est plutôt celui de la Pravda et des Isvetzia : toujours les mêmes certitudes sur la supériorité du modèle social centraliste étatique. Le pays a beau s’enfoncer depuis 40 ans, ces moutons stupides, courtisans inconsistants, ne tournent pas la tête d’un degré. Allez oust, dans le précipice !

  7. gnarf

    Le declin de la lecture provient aussi de celui du livre. 13 pays au monde ont passe une loi sur le prix unique du livre fixe par les editeurs. TOUS sont en Europe!!!

    Meme en tenant compte des differences de niveau de vie, un livre est souvent 2 fois moins cher en Pologne ou au RU ou les prix sont libres, qu’en France ou les prix sont bloques.
    Le RU a des livres souvent 2x moins chers qu’en France, et un chiffre total de vente de livres bien superieur a celui de la France….donc au RU on lit au moins 2 fois plus qu’en France. Et on lit aussi la presse.
    Et pourtant les deux pays ont autant acces a l’internet ou a la television.

    A ce titre, l’extension de la loi Lang aux livres electroniques est une nouvelle catastrophe. La semaine derniere j’ai dit a mon beau frere que les livres electroniques etaient aussi cher que les livres papier il m’a eclate de rire a la figure. On passe vraiment pour des cretins.

  8. g.gekko

    If it moves, tax it.
    If it keeps moving, regulate it.
    And if it stops moving, subsidize it.

    Nos politicos sont au fait des apôtres de Reagan, tellement ils l’ont pris au sérieux ;)

  9. Thierry Moreau

    Bonjour,
    Article plutôt bien foutu et écrit, ce qui est plus difficile à dégoter sur Internet qu’au kiosque du coin de la rue, ne vous déplaise, mais qui m’inspire deux ou trois sentiments, assez mitigés, il faut bien le dire.
    Alors qu’on ne vienne pas me dire que le Ouèbe serait devenu un hâvre protecteur pour la belle orthographe!
    Depuis un peu plus de dix ans que je le parcours, j’en suis venu à vérifier toutes mes bases grammaticales et syntaxiques, quasi systématiquement, tant la pléthore de barbarismes et d’aproximations semble devenue la règle elle-même.
    Cela n’existait pas ou peu dans la presse écrite, un mauvais correcteur ( humain, s’entend) étant licencié, tandis que celui de Word s’incruste, le bougre!
    Et dans votre libéralisme échevelé, ayez quand même un questionnement quant à ce que peut représenter, sous d’autres cieux, de s’en prendre aux journalistes « tous vendus, complices du pouvoir », soutenus par la CGT, etc.
    Dans toutes les dictatures, on s’en prend aux journalistes, avocats, enseignants et tous ceux qui, par leur info et leur savoir nous élèvent et nous font nous coucher moins cons.
    Et libres.

    1. Théo31

      « tous vendus, complices du pouvoir »

      N’avez-vous jamais appris que celui qui paie commande ou qu’on ne doit pas mordre la main qui vous nourrit ? Avant une entrevue, les politiciens vérifient quelles sont les questions qui vont leur être posées (sauf peut-être pour la famille Le Pen, qui a droit à un traitement de faveur). Un journaliste qui dérogerait à la règle perdrait rapidement sa carte de presse.

    2. philippe Sandron

      « j’en suis venu à vérifier toutes mes bases grammaticales et syntaxiques, quasi systématiquement, tant la pléthore de barbarismes et d’aproximations semble devenue la règle elle-même. »

      Moi aussi! Hélas, hélas, hélas ! C’est le prix à payer pour lire quelque chose d’intéressant, même chez notre cher H16 (et ailleurs) qui est souvent pardonné, compte tenu de l’abondance soutenue de son inspiration.

    3. balanceofpower

      « Dans toutes les dictatures, on s’en prend aux journalistes, avocats, enseignants et tous ceux qui, par leur info et leur savoir nous élèvent et nous font nous coucher moins cons.
      Et libres. »

      Ah moi aussi j’aime beaucoup les films de Costa-Gavras, je me permet donc d’arranger un peu votre texte :

      « Dans toutes les dictatures, on s’en prend aux x, y et z qui ne font pas allégeance au pouvoir. »

  10. pascaleB

    il ne me viendrait jamais à l’idée de lire un livre sur tablettes, aussi smart soient elles, j’aime trop la carnation du papier, des pages et de son imprimerie. Cependant, pour tenter d’être informée de « l’actualité » un survol général des différentes éditions journalistiques, sans surprise quant à leur parti pris épidermique, suffisent via le net. Donc oui, la presse se saborde toute seule comme une grande, mais le vaste outil que représente le woueb hâte son extinction,car dans ce tout récent XXIè siècle et en matière d’information, nous ne savons plus à quel saint nous vouer…sommes nous trop ou/et mal informés? alors nous allons au plus rapide, au plus accessible, avec ce besoin crescendo de consommer, savoir vite, très vite, qui nous caractérise

    1. gnarf

      « il ne me viendrait jamais à l’idée de lire un livre sur tablettes, aussi smart soient elles, j’aime trop la carnation du papier, des pages et de son imprimerie. »

      Vous rappellez-vous de votre reaction il y a 15 ans face a l’arrivee de la photo numerique?
      Empruntez un lecteur d’e-books sans retro-eclairage (genre Kindle), et lisez un bon gros pave de 1000 pages en grandes polices bien agreables a l’oeil (luxe impossible sur livre papier). Pas de carnation, mais o surprise c’est encore plus comfortable a lire que le papier, surtout en exterieur.

  11. Théo31

    La presse gratuite sur le web ?

    Pour y accéder (sont exclus ceux qui surfent chez leur voisin ou qui paient dans un cyber-café, il faut :
    - un PC
    - un OS
    - un abonnement EDF
    - un abonnement à un FAI

    Conclusion, valable pour beaucoup de secteurs comme la boulangerie : pour avoir de la qualité, le client est donc prêt à payer plus cher.

    La presse est finalement comme l’agriculture : le client paie très cher pour avoir de la merde dans son assiette.

  12. juni palacio

    Les subventions étatiques ne donneront jamais rien de bon. Surtout concernant la presse dont jamais l’état ne doit jamais s’approcher.
    Je mets sur le même plan les achats de journaux par les groupes économiques. ce sont des subventions déguisées . cela se traduit par des complaisances dont les payeurs finaux sont les mêmes que dans le premier cas.

  13. Pod

    Le pépin reste, de construction, toujours le même : qui paye ? Que le flouze vienne de l’état ou d’investisseurs privés, la qualité journalistique tient dans l’in-dé-pen-dan-ce. Or, par définition, il n’y a pas plus clientéliste que le journaleux de base qui ne contrariera guére son responsable de propagande (l’éditorialiste, pas le rédac-chef :); par conséquent, le journaleux payé par un support privé pourra être taxé de « corruption » quant celui subventionné par le pognon du moutontribuable sera lui coupable de « concussion ».
    Cependant, même si ce billet s’entend à propos de la presse à sujets politico-économico-sociaux (la soupe de base des sponsorisés qui y sont décrits) une pensée pour les freelances et autres « reporters » d’investigation qui mouillent la chemise parfois dans de très sales conditions pour prendre l’info et la ramener au vu et au su de tous. Tout autre chose que le pousse-mégots de rédaction planqué et dopé à l’argent gratuit des autres (qui ne lisent pas par ailleurs)…

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