Un petit coup d’œil sur la fusion froide

Ces derniers temps, on a fait dans la politique de bac à sable, dans l’économie, dans l’internet et, bien sûr, les lolcats (sans lesquels la civilisation ne serait pas telle qu’on la connaît). Il est temps d’aborder un autre sujet rigolo et qui a toujours permis aux humains de conserver leur flegme : l’énergie. Et aujourd’hui, nous allons faire dans le polémique qui chatouille : nous allons parler fusion froide…

La fusion froide, à première vue, c’est un peu comme un bon roupillon en avion, un politicien honnête ou un journaliste consciencieux : c’est un parfait oxymore, une impossibilité, une absurdité, quelque chose qu’on n’a jamais vu.

Il faut dire que l’histoire de la fusion froide est immanquablement reliée à celle de Pons & Fleischmann, deux chercheurs de l’Imperial College of London, qui en 1986, à la suite d’un montage d’une apparente simplicité, obtinrent une source de chaleur très en excès par rapport à ce qu’ils s’attendaient à obtenir. Très rapidement, la presse s’était emparée de l’affaire en montant en épingle la découverte hasardeuse des deux scientifiques. De fil en aiguille, on en était arrivé à la conclusion qu’une nouvelle source d’énergie pouvait être trouvée dans cette expérience.

L’idée était la suivante : puisque de l’énergie en excès était trouvée, et que cette énergie, compte-tenu des observations menées, ne pouvait provenir ni d’une source électrique, ni d’une source chimique, il était possible qu’elle provienne d’une réaction de fusion (c’est-à-dire obtenir un atome plus lourd depuis deux atomes légers, ce qui relâche beaucoup d’énergie).

Las : il y eut beaucoup de problèmes pour la reproduire et le scepticisme de la communauté scientifique toute entière renvoya les deux chercheurs à leurs tableaux, notes et expériences, frappés du sceau de l’infâmie pour faire bonne mesure. Eh oui : en 1986, quand on ne pouvait pas reproduire une expérience, ça se passait comme ça (à l’opposé, quelques années plus tard, des bricolages vagues sur des modèles numériques caricaturaux suffirent pour faire gober la cause anthropique à un réchauffement climatique douteux ; comme quoi, la science est très fluctuante).

On pourrait croire qu’après le raté magistral de Pons & Fleischmann, les expériences dans le domaines se soient arrêtées. En réalité, de nombreux essais furent réalisés, et si beaucoup d’entre eux (l’écrasante majorité, en fait) concluaient à une absence de phénomène, quelques uns permettaient de constater des lectures anormales. Il n’y a pas là forcément de quoi s’affoler et crier à La Découverte, mais la potentialité d’un phénomène mal expliqué existant, et l’humain étant d’un naturel curieux (voire obstiné), les expériences continuèrent.

Au vu du passé sulfureux de la Fusion Froide, on renomma les études scientifiques sur ces phénomènes d’un « Low Energy Nuclear Reaction » (LENR) plus consensuel. Et récemment, ces expériences diverses, menées la plupart du temps dans la discrétion feutrée de laboratoires reculés et très peu médiatisés, ont amené un certain nombre de scientifiques à revoir légèrement leur position initiale.

C’est ainsi qu’en novembre dernier, une conférence du Glenn Research Center de la NASA a officiellement présenté le résultat de ses recherches en la matière. La présentation est disponible en ligne, et comme je suis sympa, je vous l’ai retrouvée (le lien sur le site de la NASA est ici).

Cette conférence fut suivie d’une interview de l’un des chercheurs du cru qui explique, assez clairement, que les expériences menées ont bel et bien constaté un excès d’énergie. La petite vidéo ci-dessous en retrace les éléments saillants :


(là encore, le lien sur le site de la NASA est ici)

Dans d’autres laboratoires, des expériences similaires ont elles aussi abouti à produire entre 25% et 70% d’énergie en plus de celle injectée dans le système. Tous les expérimentateurs s’accordent cependant à admettre l’aspect instable et transitoire des réactions observées : en clair, il y a bien quelque chose, mais on a beaucoup de mal à le répéter de façon systématique et continue. Cela ne semble pas empêcher un certain Rossi d’envisager la production en série de petites unités de production d’énergie à bas coût ; pour le moment, on a assez peu d’éléments à se mettre sous la dent, mais après tout, pourquoi pas ?

Là où l’histoire devient intéressante, c’est lorsqu’on se rend compte que ces informations ont maintenant dépassé le stade du purement confidentiel dans les médias outre-atlantique et dans une partie des médias occidentaux scientifiques.

En revanche, la presse traditionnelle, et notamment française, se fait fort de ne relayer absolument aucune de ces expériences et aucun de ces développements. On comprend aisément que la précédente aventure de la Fusion Froide, avec l’embarras qui en a résulté, a bien refroidi certains journalistes un peu rapides à produire du papier (mais dont les prouesses en matière de réchauffement climatique ne sont plus à prouver).

On comprend aussi qu’avec des expériences massives et trèèèèèèès coûteuses en argent public comme ITER sur le sol français, il serait assez mal venu de se rendre compte que toutes ces dépenses nous mènent à l’impasse pendant que des expériences bien plus simples et moins dispendieuses permettent d’obtenir, ici et maintenant, des résultats sinon décisifs, du moins prometteurs et intéressants.

Enfin, on n’aura aucun mal à imaginer les enjeux des développements qu’on peut attendre d’une « fusion froide » maîtrisée : il s’agit ici d’une source d’énergie extrêmement abondante et probablement très propre (bien plus que le pétrole et la fission nucléaire, en tout cas). Elle déboulerait donc comme un chien dans le jeu de quille des pétroliers et des gouvernements dont une partie du pouvoir repose sur la maîtrise des énergies. Accessoirement, certains écologistes, plus politiciens que réellement soucieux de la bonne santé planétaire, en trouveraient leur propre influence diminuée.

Dès lors, on peut s’attendre à une bataille assez âpre entre les différents acteurs de cette nouvelle aventure humaine et c’est à mon avis pourquoi il faut s’y intéresser dès à présent et tenter de bien en comprendre les différents tenants et les aboutissants. Si ces différents facteurs ne permettent pas de se dire que le proche avenir sera rempli d’une nouvelle forme d’énergie avec des voitures volantes, des voyages Terre-Mars en pédalo électrico-fusionnels ou autres joyeusetés de science-fiction pour adolescents, on se prend à rêver d’une voiture qu’on ne rechargerait quasiment jamais, de production électrique totalement décentralisée au niveau du pâté de maison, et d’une énergie disponible aussi bien pour les occidentaux dodus que pour les habitants des pays émergents.

Ne nous leurrons pas : les obstacles sont nombreux et l’échec parfaitement possible. Si ça se trouve, la fusion froide, ça n’existe pas. Mais en tout cas, une chose est sûre. Si la presse française n’en parle pas, si elle passe systématiquement à côté du sujet, c’est bon signe : c’est que c’est probablement important.

J'accepte les Bitcoins !

18EaXfqCAWK51qoAyPyi74YkgdZ5qciJ7H

Vous aussi, foutez Draghi et Yellen dehors, terrorisez l’État et les banques centrales en utilisant Bitcoin, en le promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires83

  1. Le Gnome

    C’est trop dandereux, il doit y avoir des vices cachés dans ce truc là qui vont tuer des gens. Au nom du principe de précaution, il faut interdire toute recherche sur cette fusion douteuse. En France, tout du moins.

    1. JB7756

      C’est sûr !
      Les radiations froides vont refroidir le Sahara, cuire de l’intérieur les bébés phoques, transformer les souris en dinosaures mutants !
      Et en plus ça risquerai de faire bobo à EDF, GDF, Total, nos amis pétrodictateurs…
      Il faut interdire ! (ou taxer)

        1. Le libéralisme pour les débutants

          J’ai eu mal à la tête le jour de l’expérience. C’est surement lié.

          A quoi sert le principe de précaution dans la constitution, si les ondes maléfiques deviennent planétaires.

          La France doit faire un package entre le principe de précaution et la taxe tobin pour l’imposer au monde. Nous serons alors en sécurité.

  2. seb

    « Si la presse française n’en parle pas, si elle passe systématiquement à côté du sujet, c’est bon signe : c’est que c’est probablement important. »

    Absolument !

    Ce matin, le premier article du Figaro c´est « Insultes antisémites contre Arnaud et Pulvar ».

    Voilá un article de fond sur l´élection présidentielle…

    1. Inso

      Ca me rappelle le problème de « est-il vraiment souhaitable d’avoir un accès à la culture inépuisable ? »

      Certaines entreprises y perdront pour sur. Mais l’humanité… ça m’étonnerait.

      1. Ernest

        Mais de tout temps l’homme vit dans un monde fini dans tous les domaines, et jusque là on s’en accommode. Et on n’a pas fait la preuve qu’on sait correctement gérer l’abondance, je dirai même qu’on a fait la preuve qu’on ne sait pas la gérer correctement.

        1. BN

          O_o

          Et vous craignez quoi au juste ?
          Que l’abondance d’énergie nous tue, par heu, voyons…

          Le seul « problème » qu’on peut imaginer avec l’abondance d’un truc indispensable et non nocif à la base, c’est que les personnes qui veulent « gérer », « contrôler », n’aient plus de raison pour le faire. Vous avez raison, c’est vraiment horrible.

          Sinon, une petite liste de choses, comme ça, qui sont abondantes, ou l’ont été, suivant la zone géographique ou l’époque : l’air, l’eau, le bois, le terrain, la chaleur.
          C’est vrai qu’à chaque fois, cela a déclenché une horrible catastrophe que seule la pénurie de tout cela a permis de résoudre. Oh wait…

        2. Ernest

          Consommation logique, chasse au gaspillage, juste répartition, préservation de la ressource… L’inverse de ce qui se fait par exemple dans la pêche : on ratisse notre monde parallèle (les mers) pour que des gens en montagne puissent bouffer du poisson frais, dont une partie finira à la poubelle, pendant que les stocks s’épuisent… Exemple type d’une mauvaise gestion quoi!

          1. Et voilà : dès qu’une énergie bon marché pointe le bout de son nez, on a un gros rabat-joie qui débarque et qui dit « Oh, SayLeMal, on ne va pas pouvoir vivre en décroissance et forcément ça va tournay à la cataströphe. »

            C’est bizarre, j’ai pas du tout envie d’argumenter tellement cette position m’insupporte.

        3. Ernest

          On n’a jamais testé l’infini! Et le bilan avec les ressources abondantes mais finies telles que l’air l’eau ou la bouffe n’est pas bien encourageant : on envoie des merdes dans l’air, dans l’eau, on fait de l’essence avec de la bouffe, bref l’environnement n’est pas réfléchi à l’échelle globale, c’est « mal géré ».
          Perso ça me fait peur l’énergie infinie! C’est votre rêve de continuer à voir des autoroutes embouteillées tous les matins avec 1 personne mal réveillée dans sa bagnole? Des trucs comme ça sont le résultat de la gabegie énergétique dans laquelle on se vautre depuis des dizaines d’années. Tout le gaspillage auquel on assiste (ex: les téléphones portables qui étaient solides il y a encore 10 ans sont désormais en cristal, ce qui est bon pour le taux de renouvellement) est rendu possible en partie par le fait que l’énergie est déjà quasiment gratuite et illimitée aujourd’hui. Les cerises du Chili sur les étals en hiver, c’est possible grâce à l’essence qui coûte rien, et c’est contraire à la logique la plus basique.

          NB: je ne suis pas en train de dire que le réchauffement climatique est d’origine anthropique, qu’on ne m’attaque pas là-dessus (faut se méfier ici).

        4. BN

          On envoi des merdes dans l’air… je ne vois pas bien le rapport avec le fait que l’air soit infini. Chacun peut respirer autant qu’il veut, faire des efforts parfaitement inutiles pour le plaisir d’en faire (sport) et reprendre librement sa respiration. L’idée d’avoir un air limité, qui impose à chacun une dose d’effort limité par jour, est tout sauf réjouissante.

          « C’est votre rêve de continuer à voir des autoroutes embouteillées tous les matins avec 1 personne mal réveillée dans sa bagnole? »
          Le problème ici est non pas le manque d’énergie, mais la saturation des routes. Une nouvelle source d’énergie ne changera ni le problème, ni les solutions (agrandissement des routes, transport en commun, covoiturage, domicile proche du lieu de travail). Hors-sujet donc. À moins que vous ne comptiez sur la fin de l’énergie pour dégager les routes ? Mais quel intérêt d’avoir des routes vides, qu’on ne peut pas utiliser faute d’énergie ? Quitte à ne pas les utiliser, vous pouvez le faire dès maintenant.

          « Les cerises du Chili sur les étals en hiver, c’est possible grâce à l’essence qui coûte rien, et c’est contraire à la logique la plus basique. »
          Contraire à la logique… À quelle logique, quelles sont les prémisses de votre raisonnement ? Le fait que cela demande plus d’effort ? Cela se ressent sur le prix. Si un nombre suffisant de personnes pensent que manger des cerises en hiver vaut le surcoût, et bien le faire est… logique. Le fait que l’on gaspille des ressources ? La question devient sans objet avec une source d’énergie abondante.

          « Perso ça me fait peur l’énergie infinie!  »
          Oui, je crois que c’est bien le fond du problème. Peur de changer de paradigme. J’espère que vous avez conscience que c’est tout à fait irrationnel.

        5. Ernest

          « je ne vois pas bien le rapport avec le fait que l’air soit infini »
          L’air n’est justement pas infini, il est juste abondant. Comme l’eau. D’où le sentiment d’inépuisabilité qui conduit à des gaspillages insensés.

          « Le problème ici est non pas le manque d’énergie, mais la saturation des routes. »
          Les routes sont saturées parce que l’énergie est très peu chère. Si le plein coûtait 500€ (je dis pas non plus que ce soit souhaitable ; on me « traite » de décroissant un peu vite) y’aurait moins de bagnoles et de camions sur les routes.

          « À quelle logique, quelles sont les prémisses de votre raisonnement ? »
          L’homme est un animal, et les animaux vivent des ressources qui les entourent. Voici les prémisses de mon raisonnement.

          « Peur de changer de paradigme »
          Non, je veux changer (« j’ai changé »), mais chacun a sa direction.

          « J’espère que vous avez conscience que c’est tout à fait irrationnel. »
          Si on doit faire le tri entre ce qui est rationnel et ce qui ne l’est pas, on n’a pas fini, peuchère!

        1. Ernest

          D’accord, mais l’énergie ne sert pas qu’à la bouffe. Et jusque là l’espèce humaine a survécu et s’est multipliée avec des sources d’énergies finies (bien qu’abondantes et parfois gratuites, comme l’esclavage).

          1. Rien n’est gratuit, pas même l’esclavage. Quant à l’humanité s’en est bien sortie, les milliards de gens qui sont morts de faims doivent sourire amèrement à cette vérité balancée sans réfléchir.

        2. Ernest

          H16, ton mépris envers tous ceux qui ne pensent pas comme toi est assez impressionnant. Autant j’aime assez lire tes billets, même si je suis pas forcément d’accord avec le fond, autant tes réactions face à tes contradicteurs sont celles d’un môme.

          1. Je m’adapte au niveau des remarques qui me sont faites. Si ça te bouscules au point qu’ensuite, tu puisses faire un effort avant de poster un commentaire idiot, c’est toujours ça de gagné. Ce que tu appelles « réactions d’un môme », c’est la petite claque que certains auraient dû te mettre quand tu dis des bêtises quasiment insultantes pour l’intelligence.

            Je sais : ça fait mal. Mais c’est salutaire. Tu as le choix : tu essaies de comprendre pourquoi j’ai une réaction agressive, pourquoi ce que tu écris est péniblement bête (parce que ça l’est), pourquoi je ne veux pas prendre de gants avec ceux qui ne font pas d’efforts. Ou tu te dis « oh, il n’est pas gentil, il me maltraite dans les commentaires, donc c’est un gamin qui me veut du mal. » et tu te retranches dans ta morgue dépitée en te disant que le monde est injuste et pas assez bisou.

            Tu dis des trucs bêtes parce que tu n’as pas fait l’effort de réfléchir à ce qui t’es venu en premier dans la tête. Tu parles d’énergie illimité, ce qui est déjà, une énorme connerie. L’article n’en parle pas, la science montre que ça n’existe pas, mais c’est pas grave, toi, tu en parles. Tu évoques des risques (flous, mous, sans rapports) et fais des manoeuvres dilatoires sans comprendre ce que j’ai dit (quand je parle de nourriture, ce n’est pas du tout du tout hors sujet, c’est précisément, pile poil dans le sujet, c’est une des premières conséquence de l’accès à une énergie peu chère.)

            Tu n’a pas fait l’effort de te documenter sur ce que signifie l’ensemble du paradigme énergétique pour l’humanité (si tu l’avais fait, tu rougirais des inepties que tu alignes). Tu confonds pollution plus ou moins directe avec l’usage d’une énergie (ce n’est pas lié, contrairement à ce que tu penses). Ainsi, plus on utilise d’énergie, moins on pollue (par définition). En outre, plus on dispose d’énergie, plus on en brûlera pour en obtenir encore plus.

            Et si l’humanité est aussi gloutonne en énergie (et, espérons-le, continuera à l’être), c’est précisément parce que c’est une question de vie ou de mort. Et si tu ne comprends pas pourquoi, là encore, renseigne-toi.

            J’ai pondu une longue tartine pour te répondre, ce n’est pas souvent, mais profites-en pour réfléchir : secoue-toi un bon coup, sort de ton inculture à ce sujet, et fais un effort quand tu postes un commentaire.

            Merde à la fin.

        3. Laurent

          Le sujet c’est :
          l’être humain est fait pour manger des fruit au pieds des arbres dans la savane africaine. Mais pourquoi diable a t il cherché à faire autre chose le con? ça c’était logique!

      1. pi31416

        Ça dépend un peu de qui. De qui manger, veux-dire. Mais qui que l’on mange, c’est plus « classe » avec un couteau et une fourchette qu’avec les doigts.

    2. pi31416

      Ernest a répondu:
      février 29th, 2012, 10 h 03 min

      Les cerises du Chili sur les étals en hiver, c’est possible grâce à l’essence qui coûte rien, et c’est contraire à la logique la plus basique.
      ===== fin de citation =====

      L’essence qui coûte rien? Vous habitez au Vénézuéla?

      Et si l’on avait une source d’énergie qui coûte un centime le terawatt-heure ce serait contraire à la logique la plus basique de faire venir l’agneau de Nouvelle-Zélande et le saumon de Tasmanie en avion plutôt qu’en pirogue et char à bœufs?

      1. Ernest

        Je vois la quantité de gens seuls dans leur bagnole, ou qui la prennent pour un oui ou pour un non. Je vois la quantité de gens qui prennent l’avion pour aller se faire dorer aux Antilles. Je vois la quantité de camions qui font circuler dans tous les sens des marchandises.
        Je vois qu’une bonne partie du carburant cramé l’est pour des raisons très très loin d’être vitales.
        Donc oui, l’énergie est déjà (ou encore) très bon marché.

        La logique c’est pas de faire venir l’agneau de Nlle-Zélande, c’est de bouffer celui de Provence, ou des prés salés de Normandie. On c’est de bouffer du poisson à Marseille, mais pas à Clermont-Ferrand.

        Il y avait eu un billet (http://h16free.com/2011/12/22/11853-le-changement-profond-des-voitures-sans-conducteurs) sur les bagnoles sans conducteur : là les hypothèses de H16 étaient hyper intéressantes et faisaient miroiter un avenir plus intelligent que l’actuel, ce qui n’est pas le cas dans le texte d’aujourd’hui.

        1. Stéphane

          Quelle insupportable suffisance. Quand je lis des répliques comme la vôtre, je sors de mes gonds.

          Qui êtes-vous pour décréter que les gens dans leur voiture la prennent « pour un oui ou pour un non »? Etes-vous dans la tête de chacun de ces gens, savez-vous où ils vont? J’aimerais qu’un jour, en vous mettant au volant, vous tombiez sur un olibrius comme vous qui décréterait que la raison pour laquelle vous voulez prendre votre véhicule n’est « pas suffisante » et vous le refuserait. A partir du moment où chacun paye chaque litre d’essence (et les 80% de taxes qui vont avec) vous n’avez aucune légitimité pour interférer dans la vie des autres.

          Et la « quantité de gens qui prennent l’avion pour les Antilles » (et y faire vivre le tourisme, soit dit en passant), ne pensez-vous pas qu’ils ont le droit de temps en temps de se reposer, de fêter des noces d’or, de voir leur famille? Non?

          Mais tout ça n’est pas vital, pas vrai? Les seules activités vitales sont peut-être le déplacement des ambulances, et encore…

          « La logique c’est pas de faire venir l’agneau de Nlle-Zélande, c’est de bouffer celui de Provence, ou des prés salés de Normandie. On c’est de bouffer du poisson à Marseille, mais pas à Clermont-Ferrand. »

          Oui, et crever de faim dans les Alpes, parce que l’hiver y est long et dur. Mais sérieusement, si vous n’êtes pas capable de comprendre que le problème ne vient pas de ce que l’agneau soit de Nouvelle-Zélande, mais qu’un agneau produit de l’autre côté du globe dans un pays tout à fait développé se retrouve sur nos étals et soit vendu à un prix compétitif malgré le coût du transport, les droits de douane, les législations protectionnistes et tutti quanti, tout cela face à nos bon gros producteur locaux engraissés à coups de subventions, eh bien, vous ne comprendrez jamais que ce que vous appelez la « logique » a été perverti par quelque chose qu’on appelle la « politique ».

          Et vous êtes en plein dedans.

        2. Higgins

          « On n’a jamais testé l’infini! » déclarez-vous plus haut. Avec le niveau de vos réflexions (attention, dans votre cas, ce mot lui-même devient un paradoxe), on est en train de le faire et on vérifie qu’Einstein avait une fois de plus raison quant il dissertait sur cette notion.

        3. Alex6

          Puree mais il est gratine celui-la! C’est l’ambiance debats d’idees a trois sous de la periode electorale qui ramolit le cerveau?
          Selon votre logique, on retourne donc directement a la consomation unique des produits fabriques « localement ». Et bien ca va etre du joli, bonne chance avec les ordinateurs fabriques en France. Et puis si vous habitez un peu trop loin de l’usine, paf, pas d’ordinateur. On fait ensuite la meme chose avec les appareils medicaux venant des US parceque c’est vrai a la fin, c’est insupportable ces Francais qui vont se faire soigner ou depister avec du materiel fabrique aussi loin aors qu’il suffirait de forcer les entreprises locales a les faire dans le village d’a cote.
          Faudra pas vous plaindre de repartir pour 5 ans de socialisme dur avec ce genre de pensee en Mai 12. Enfin moi je m’en fiche, j’ai deja du popcorn qui attend bien au chaud.

        4. jmdesp

          Ernest, le *vrai* problème c’est le transport depuis la Nlle-Zélande représente une faible part du coût énergétique de la production de la viande.

          Le climat de Nlle-Zélande est idéal pour élever les moutons en masse, les surfaces de pré herbeux très importante et pas prélevées sur d’autres activités, si c’est plus économique de produire la viande là bas, c’est principalement parceque le coût énergétique est inférieur.

          Ensuite, non le transport malgré les kilomètres ne coûte pas grand chose énergétiquement. Le bateau-container est le moyen le plus efficace en rendement énergétique pour transporter quelquechose sur une grande distance. Et le carburant que brûlent les diesels marimes est la pire qualité qui existe, seul ce type de moteur est capable de fonctionner avec, même si le coût du carburant en général est augmenté celui-là restera disponible à assez bas prix, par manque d’autres usages.

  3. Stéphane

    Ce truc-là va probablement générer de nouvelles radiations nocives et dérégler l’horloge interne de coléoptères menacés d’extinction. Enfin, je n’en sais rien, mais les chercheurs n’ont pas prouvé le contraire: CQFD, le principe de précaution doit prévaloir.

    Vite, interdisons les recherches sur le sujet en France et essayons d’utiliser l’Europe pour les faire interdire sur le continent.

    Vite, mon chapeau en papier alu….

  4. kelevra

    a priori, le professeur rossi serait en voie de commercialiser sa machine ECAT. le principe de son reacteur est la fusion du nickel et de l hydrogene produisant de l energie et transformant le nickel en cuivre. les chiffres annoncees sont plutot remarquable 1 kg de nickel permettrait de produire l equivalent de 200 t de fuel. en production en continue, il suffirait de 2 kg de nickel par an pour faire fonctionner le reacteur. le reacteur de la taille d une valise, pourrait tres bien servir dans une voiture electrique et aussi dans une habitation individuelle. actuellement le cours du nickel est a 20$ le kilo, equivalent energie a 200 tonne de fuel, largement de quoi faire rouler une voiture toute une annee.
    de quoi ruiner l etat francais qui ne percevrait plus bcp de taxes, un peu comme FREE avec son offre mobile qui ruine l etat en baissant les prix…

    1. Inso

      Ben non, l’argent économisé par les consommateurs sera dépensé ailleurs. Donc l’état récupérera des taxes ailleurs. Donc pour lui, la différence est nulle.

      1. Laurent

        Non parce que l’argent dépenser dans le pétrole est taxé à 80% alorsque lorsqu’il est dépensé dans d’autre produit c’est 20% au plus donc il y a bien manque à gagné pour l’état

    2. Pascale

      Et puis surtout, l’etat s’empressera de créer les taxes sur cette nouvelle source d’énergie. Avec en plus interdiction pénale de posséder ce genre de réacteur chez soi ….. Par principe de précaution …

  5. gnarf

    Interessant….deja on sent un boulot plus systematique et approfondi dans ces etudes des centres de recherche.

    Mais rien a faire je n’arrive pas a faire confiance a Rossi. Mon radar a charlatans clignote, sirene hurlante, des que je l’ecoute ou le lis.

    Et il y a son passe qui ne plaide pas du tout en sa faveur.
    Son arnaque petroldragon, et la deuxieme arnaque generation d’electricite a partir de la chaleur. Toujours le meme principe. Annonce fracassante, bilan energetique magique sur le papier, rien en realite.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Andrea_Rossi_(entrepreneur)

    1. Stéphane

      J’ai le même genre de réflexe, mais quelques aspects de l’affaire plaident en faveur de Rossi:

      – Un arnaqueur chercherait à faire un max de pub autour de son produit, demander des financements et des recherches en promettant la lune, et quel meilleur moyen de vivre longtemps sans rien produire de concret que de s’en remettre à l’Etat? Or, là, il a choisi la voie du privé, et d’une relative discrétion.

      – La production d’électricité de son invention est modeste et facilement vérifiable. C’est pas comme si il fallait construire un immeuble de douze étages en alliage carbone titane pour valider la théorie au bout de six ans… Là encore, la modestie de la trajectoire choisie plaide pour la sincérité.

      Donc soit M. Rossi est un manipulateur habile mais qui a sérieusement et inexplicablement réduit la portée de ses arnaques, soit il est honnête (ou en tous cas sincère).

      L’intérêt prudent me semble l’attitude la plus appropriée.

      1. Voilà : intérêt prudent. Si c’est un arnaqueur, il est très grossier. S’il est sincère, il est juste très maladroit (ce qui reste possible).

      2. Laurent

        on peut sincèrement se tromper (comme certain homme politique) comme par exemple les nombreux inventeur d’avions qui se jetaient bravement dans le vide en croyant qu’ils allaient voler et s’écrasaient comme des m….. Avant leur cuisant (et quelques fois répétés) échec ils avaient l’assurance et la conviction de la réussite…Hélas cela ne suffit pas

      3. gnarf

        Oui, interet prudent :)
        Je tiens juste a faire remarquer que pour ses deux arnaques precedentes il a aussi maintenu une trajectoire assez modeste.

        Dans son unique demo filmee, qu’il a depuis refuse de reiterer…il y a bien de la vapeur d’eau qui sort, mais le debit est bien inferieur au debit attendu ca se voit(sachant ce qu’il annonce injecter comme dihydrogene). Et il fait son bilan energetique en considerant qu’il y a autant de moles de vapeur qui sort que de moles de dihydrogene qui rentre…ce qui lui permet de demontrer sur le papier qu’il y a creation de chaleur.

        C’est pas du tout serieux comme facon de faire. Un eleve de terminale mesurerait debit et temperature de ce qui rentre ET de ce qui sort pour faire son bilan.

        1. Stéphane

          Ca l’air louche, c’est vrai.

          D’un autre côté, M. Rossi – qui pense sans doute avoir trouvé la Pierre Philosophale – fait tout ce qu’il peut pour essayer de verrouiller son invention avec des brevets, en en montrant le moins possible entre-temps.

          Si son truc était une truanderie finie genre mémoire de l’eau, il ne s’embêterait pas à essayer de protéger le processus (purement hypothétique) avec des brevets…

          Mais j’avoue que le truc du « hop il en ressort de la poussière de cuivre tout ce qu’il y a de plus banal, isotopes compris » sent bien la magouille…

          Décidément, la logique de ce monsieur m’échappe. Il arrive à faire beaucoup d’argent avec son machin?

        2. gnarf

          Mon hypothese c’est que ca n’est pas serieux…et que Defkalion les Grecs se sont faits avoir (ca explique qu’ils ont resilie le contrat avec Rossi).
          Defkalion pretendent poursuivre leurs propres recherches sur un meilleur systeme…c’est ptetre une facon de ne pas admettre qu’ils se sont faits avoir…ils vont laisser tout ca s’eteindre.
          Rossi annonce qu’il a depasse les 100 000 pre-commandes de son reacteur de petite taille…100 000 personnes qui commandent une chaudiere radioactive fonctionnant a l’hydrogene selon un principe controverse c’est quand-meme miraculeux.
          http://ecatnews.com/?p=2012

  6. NeverMore

    Dans le clip de la Nasa, plus de la moitié du temps utile est pour dire qu’on peut récupérer de l’énergie perdue ou gachée (waste energy) pour chauffer de l’eau.

    A partir de là, idée géniale, on peut utiliser l’eau chaude (réinventée) pour produire entre autres de l’électricité. Sans doute en passant par une phase vapeur ; décidément, depuis Cugnot et consorts, on n’arrête pas le progrès.

    Il paraîtrait même qu’on pourrait directement utiliser des chutes d’eau – même froides – pour entraîner des roues à aubes.

    1. El Gringo

      @NeverMore

      « décidément, depuis Cugnot et consorts, on n’arrête pas le progrès. »

      Au cas ou vous l’ignoreriez, une centrale nucléaire fonctionne sur ce principe;

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire

      Mais peut être est-ce de l’humour au second degré?

      @H16

      « c’est un parfaite oxymore » ==> c’est un parfait oxymore

      Merci pour cet intéressant article, dans la lignée des pièces « imprimables »:

      http://h16free.com/2011/09/25/10199-imprime-ton-gun-camarade

      et des produits hydrophobes:

      http://h16free.com/2011/11/27/11422-solution-qui-roxxe-nepatacher-sa-cravate

      Le monde s’améliore toujours grâce aux technologies, jamais à cause des politiques.

  7. Franck Boizard

    ITER est une connerie, mais pas pour les raisons que vous semblez croire.

    S’intéresser à la fusion « chaude » n’est pas idiot en soi, après tout, c’est la voie la moins méconnue.

    En revanche, ITER est un gros machin comme les aiment nos politocards. Or, c’est beaucoup trop tôt. Bien des inconnues technologiques auraient du être levées avant de se lancer là dedans.

    Mais plein de petites études passionnantes, ça fait moins de passages à la télé qu’une grosse connerie très chère avec l’argent des moutontribuables.

  8. bbph

    « [...]et probablement très propre (bien plus que le pétrole et la fission nucléaire, en tout cas)[...] »

    Propre, sale, comme quoi les pseudo-écolos font du bon boulot de lavage de cerveau.Parler d’énergie propre ou sale, c’est couillon. Le gaz de schiste, il propre ou il est sale? On s’en fout, l’important c’est qu’on l’exploite et on en fasse l’utilisation en maitrisant les risques associés, non? Et puis y’a cette idée que les réacteurs nucléaires, la fission et tout ça, sont une création de l’homme (ce qui est faux, m’enfin…), alors c’est forcément mauvais (un peu comme les OGM, hein).

    1. Pardon, mais insérer la périphrase « énergie qu’on pourra exploiter bien plus proprement et avec moins de risque et de retombées sur l’environnement que ce qu’on fait avec le pétrole et le nucléaire, et encore on se débrouille pas si mal », c’était un peu long dans le texte.

  9. Franck Boizard

    Je vous conseille la lecture The bottomless well (recension sur mon blog).

    Les auteurs nous expliquent que nous ne manquerons jamais d’énergie et que les deux sources d’énergie pour le XXIeme siècle sont le charbon et le nucléaire (pan dans la face d’Efa Choly et de Noël Tamère).

    Quel nucléaire ? Froid ? Chaud ? Fusion ? Fission ? Je ne sais, mais vu comment les recherches partent dans tous les sens, je ne doute pas que le nucléaire va s’améliorer.

    D’ailleurs, l’EPR est déjà un progrès.

  10. Deres

    Comment voulez vous faire des applications industrielles avec des phénomènes que vous ne comprenez et ne maîtrisez pas ? Déjà que la pratique est difficile quand la théorie est aboutie, il me semble difficile de croire à une industrialisation alors que la reproductibilité d’une expérience tenant sur une table n’est pas parfaite … Vous courez en permanence le risque que vos machines ne fonctionnent plus sans en comprendre la raison ni savoir quoi faire …

    1. Parce que vous croyez que l’électricité était parfaitement connue et maîtrisée lorsqu’on a commencé à l’utiliser ? Et pareil pour le pétrole, du reste… Bien sûr qu’il est important de comprendre ce qui se cache derrière. Bien sûr qu’il est nécessaire de bien maîtriser les phénomènes observés. Mais c’est une énonciation d’évidence, ça.

  11. Deres

    Ceci dit, on n’est jamais à l’abri de découvertes fulgurantes et révolutionnaires. Pour donner un exemple, les supra-conducteurs à haute température ont été découverts par hasard en 1986. Comme les théories n’expliquent pas bien ce phénomène, les supra-conducteurs utilisés actuellement ont été trouvés par pure tâtonnements et essais. Il est possible que si une théorie solide était trouvée, elle permettrait de prévoir l’existence de supraconducteur à température ambiante. ce serait une vraie révolution …

  12. Pascale

    Avec tous les commentaires de gens frileux qui ont peur même de leur ombre que je lis ici, je me dis que , si des l’aube de l’Humanite, on avait eu peur, il est hallucinant de voir que ces petochards ne prenne pas conscience que sans tous les risques pris par certains, ils ne pourraient pas échanger en temps quasi réel avec la Terre entière. Internet illimité ça leur pose quand même pas trop de problème !?

  13. daredevil2007

    Comme toujours, Hash, analyse très pertinente ;)

    Petite correction : « on se laisse à rêver d’une voiture = on se prend à rêver d’une voiture « 

  14. Nicolas B.

    « Si la presse française n’en parle pas, si elle passe systématiquement à côté du sujet, c’est bon signe : c’est que c’est probablement important. »

    +1 (*100)

    J’en ris encore!

  15. miamat

    HS je ne sais pas si vous connaissez le moteur stirling qui produit de l energie a partir d une difference de temperature (cycle de carnot) ca tombe bien avec ce rechauffement climatique qui se prepare ;-)

  16. eheime

    Moi j’ai inventé une fusion froide qui transforme le plomb en or.

    Mais je vous dirai pas comment :)))

    Imaginez la tete des gens qui possedent de l’or si c’était vrai :)

  17. Donovan

    Comme Einstein a dit :

    La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne; la pratique, c’est quant tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.

    Il y a trop d’essai en cours pour qu’il n’y ai rien…

    Et puis si le principe de précaution était si important, pourquoi construisons nous toujours des centrales nucléaires???

Laisser une réponse

(obligatoire)
(facultatif)