Quand les citoyens se passent d’Etat

« Si l’Etat n’était pas là, il faudrait l’inventer » répètent ses thuriféraires à qui mieux mieux pour en justifier autant l’existence que les ponctions fiscales afférentes. La réalité, bien sûr, est qu’à chaque fois qu’il le peut, le citoyen a tout intérêt à se passer d’État, et ce ne sont pas les habitants de Kauai qui diront le contraire…

L’histoire est relatée en anglais par CNN et se déroule dans le parc national de Polihale, qui a été fermé en décembre dernier suite à des inondations. Ces inondations ont entraîné des dommages assez importants sur la route d’accès au parc, estimés à 4 millions de dollars.

Comme par hasard, l’agence en charge de la gestion des ressources naturelles et du parc ne dispose pas de cette somme, et les assurances ne semblent pas couvrir ce genre de dégâts. Avec un tel montant, le parc n’aurait pas pu ouvrir cet été, et les meilleures estimations portaient à deux ans le temps nécessaire à la réfection des infrastructures endommagées.

De façon parfaitement logique, tant que les réparations ne sont pas faites, les commerces attenants ne peuvent fonctionner et sur une aussi longue période doivent s’attendre à fermer purement et simplement, notamment ceux dont les revenus dépendent totalement de l’ouverture du parc pour fonctionner.

Grue à KauaiDevant ce constat et la probable perte de leur affaire, les résidents et personnes directement concernées par la bonne réfection de la route ont abandonné rapidement l’idée de faire faire par l’État ce qu’ils pouvaient faire eux-mêmes. S’associant rapidement les uns avec les autres, ils ont donc loué les machines et utilisé leurs bras pour remettre les infrastructures en bon état.

Ce qui devait finalement prendre plusieurs mois et des millions de dollars s’est étalé sur huit jours. Comme l’explique Troy Martin, qui a prêté les machines et donné l’acier nécessaire aux réparations :

« Nous n’aurions pas dû avoir besoin de faire ceci, mais lorsque toute cette affaire atteint le niveau de l’État, cela devient si bureaucratique que quelque chose qui nous a pris 8 jours leur aurait pris des années. Nous nous sommes donc rassemblés, la communauté, et nous l’avons fait nous-mêmes. »

Finalement, on en arrive à la conclusion que ceux qui sont les principaux bénéficiaires de la route sont aussi ceux qui l’ont remise en état, et ce plus vite et pour un prix inférieur à l’entité plus ou moins abstraite qui en est normalement responsable… Cette remarque peut facilement s’étendre à d’autres routes, d’autres domaines et d’autres communautés, mais le constat est globalement le même : l’État n’est pas le garant que ce qui doit être fait le sera, qu’il le sera dans un temps raisonnable, et qu’il le sera pour un coût normal.

En période de crise, les individus et les communautés seront de plus en plus confrontés à ce genre de décision et devront régulièrement agir pour faire par eux-mêmes ce qu’avant l’Etat entreprenait, avec les lourdeurs et les débordements budgétaires inhérents à sa nature : l’État, en définitive, dépense pour d’autres que lui de l’argent qui ne lui appartient pas, sa motivation pour en faire un aussi bon usage que possible ne tient donc qu’à l’implication fort variable des gens qui l’animent. Or, lorsque la situation se tend et que les budgets se font plus critiques, chacun est tenté de tirer la couverture à lui : on peut donc parier que la dépense sera mal calibrée, mal gérée, et mal planifiée.

Cette petite aventure dans une communauté américaine montre à merveille que la plaie bureaucratique est partout la même, et que partout, la solution n’est pas dans une vaine optimisation de cette bureaucratie, une espèce de raffinement ultime qui permettrait d’avoir un état utopique, efficace et bon, mais qu’elle repose avant tout sur les volontés individuelles des personnes directement concernées par le problème.

Dans quelques semaines, quelques mois tout au plus, l’État français, comme d’autres avant lui, sera aux abois. Chaque Français pourra alors faire le choix de s’entêter, rester le cul vissé sur une chaise et attendre que la République et ses commis lui viennent en aide. Chaque Français pourra réclamer (à bon droit, d’ailleurs, vu les colossales ponctions qu’il aura dû subir) que ce soit l’État qui nettoie le merdier dans lequel le pays se trouvera. Et on peut le parier, la majorité des Français fera exactement ce choix-là.

Mais ceux qui s’en sortiront seront ceux qui auront la présence d’esprit de chercher d’abord en eux-mêmes et autour d’eux les bonnes volontés individuelles, ceux qui ne se reposeront en rien sur l’organisme étatique, cancéreux en phase terminale.

Ils ne seront pas nombreux. Pire : attendez-vous à ce que ceux-là soient rapidement jalousés.

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Commentaires66

  1. Lib

    Je suis sûr que les mecs de Kauai qui ont fait le job (i) n’avaient pas les accréditations nécessaires, (ii) ont travaillé en dehors des prescriptions réglementaires, (iii) n’ont pas acquitté les taxes afférentes à ce qui s’assimile à un don à la collectivité, (iv) verront leur responsabilité pénale engagée si un type crashe sa bagnole sur la route reconstruite.

    On peut se passer d’Etat, mais il ne peut pas se passer de nous.

      1. Totallystone

        On peut tout à fait le faire, le temps qu’ils nous envoient un responsable pour interdire les travaux ils seront déjà finis….
        La nuance c’est qu’on n’a pas le DROIT de le faire, l’état déteste la concurrence.

      2. Josick

        Oui « impossible en France », toute première réflexion qui m’est venu. Les abrutis représentants étatiques se seraient mis en travers d’une telle action. Ils deviennent très efficients lorsqu’il s’agit d’emmerder le quidam surtout s’il est autochtone !

  2. Shonin

    Quand on voit l’état des travaux publics notamment la voirie : qui font des tranchées dans une route pendant des mois, les rebouchent pour les rouvrir quelques semaines plus tard pour rebloquer la circulation…

    pouah !

    1. Yanis

      C’est que les budgets sont alloués par rapports aux dépenses la plupart du temps, et personne ne veut voir son budget baisser, sans parler des liens parfois flous entre les entreprises locales et les élus locaux ( Louis Nicollin & George Frêche par exemple ) alors on creuse et on rebouche ici, on casse et on reconstruit par là . . . et le CONtribuable arrose tout le monde.

      1. GrosBen

        J’ai vu un rond-point franchissable en briquettes rouges être refait à l’identique 3 fois en 8 mois car il était à chaque fois détruit par les camions.
        A priori pas un seul fonctionnaire n’a fait le rapprochement entre les dizaines de permis de construire récemment accordés et ces passages inhabituels de camions.

  3. Le Gnome

    J’espère que les fonctionnaires ne vont pas les enquiquiner parce que l’enrobé n’est pas conforme à la norme 9782-B, que l’autorisation des travaux n’a pas été demandée sur le formulaire 246-A, ce qui peut valoir deux ans de prison et 250.000 $ d’amende, voire même à détruire ce qu’ils ont fait, car, voyez vous, les inutiles font tout pour exister.

  4. Emma

    Votre histoire est révélatrice de l’état d’esprit des Américains, l’optimisme chevillé au corps et ayant confiance en eux. Ils ont conservé cet esprit des pionniers qui a bâti ce grand pays.

    Ici, l’état « cancéreux et en phase terminale » bouge encore et fera des dégâts encore longtemps. L’espoir n’existe plus que dans la sphère privée.

      1. Lorg

        En fRance les administrés auraient fait signer une pétition et ensuite occupation des locaux de la DDE avec leurs élus locaux pour que les travaux soient faits aux frais de l’Etat.

        1. douar

          en fait, on voit ça tous les jours: dans les écoles primaires privées (sous contrat), ce sont les parents qui sont responsables des locaux. S’il y a des travaux ou investissements à faire, c’est nettement mieux fait et surtout beaucoup moins cher que dans l’école publique d’à côté où les parents attendent systématiquement tout de la mairie. Le pire ensuite, c’est que ces derniers soupçonnent toujours le privé d’avoir plus de moyen (« école de riches ») du fait de locaux mieux entretenus.

        2. Paf

          ben ca depend, si on compte les paresseux, les incompetents et les anes bates, au final oui, le prive a toujours plus de moyens que l’etat.L’etat n’a qu’une seule chose c’est le pognon gratuit, et tout le reste lui manque.

  5. Stéphane

    Un peu partout, on va avoir le choix entre crever de faim en attendant sa pitance étatique ou se bouger les fesses et la gagner soi-même…. Mais il reste une troisième possibilité: se servir directement.

    Je pense qu’en France on optera pour le pillage de masse, façon nuages de sauterelles.

  6. Deres

    C’est facile quand on n’a pas à faire de concertation publique, d’études officiels d’impacts, de rapport d’urbanisme et au final d’appel d’offre public. L’Etat s’enchaîne lui même dans l’inefficacité la plus crasse …

    Cela me fait penser à d’autres exemples bien franchouille de cette inefficacité et de cet incapacité à prendre de décisions autre que très consensuelles de type donner de l’argent à tous le monde :
    – aménagement de l’île Seguin. 20 ans après la fermeture de usines Remault, on a toujours un terrain vague alors qu’on est en pleine bulle immobilière. La collection Pinault d’art moderne (détaxé par niche fiscale …) est parti à Venise …
    – la barreau sud du TGV. Après l’aménagement du TGV atlantique il suffisait de 100 millions d’euros pour aménager de façon mineure les voies existantes pour faire passer plus de quelques TGV par heure vers la ligne Paris-Lyon. 30 ans plus tard, après avoir fait de nombreux projets de ligne TGV contournant la région parisienne par le sud, on finit par vouloir creuser une nouvelle ligne sous la région parisienne en parallèle des lignes existantes. En plus du retard hallucinant, il est évidents ue ces nouveaux projest coûtent des milliards.
    – en région parisienne, dans la période 1970-2000, il n’y a quasiment pas eu de changement sur les transports franciliens, pas de nouvelles lignes ou d’extension de ligne. Les fameux RER sont des aménagements de lignes existantes de banlieue. la RATP a fait de gros efforts pour ne surtout rien changé.

  7. GrosBen

    Ca me fait penser à un truc ridicule dans la zone industrielle où je bosse. Cette zone est située sur deux communes différentes et à un endroit il manque 3m de bitume pour relier les deux communes. Pour être sûr de bien emmerder les gens, un talus a été érigé pour empêcher les voitures de passer.
    Cette route coupée oblige à faire un détour de 3Km pour se rendre au centre de tri de la poste où des dizaines voir des centaines d’entreprises déposent chaque jour leur courrier.
    J’ai écrit au maire pour avoir des explications, aucune réponse…
    Je me tâte à demander à un pote qui bosse dans les TP de finir cette jonction, il pourrait le faire avec un reliquat de bitume et ça lui prendrait même pas une heure… On risque quoi pour « destruction de talus et travaux non-autorisés sur la voie public » ?

      1. GrosBen

        Pas évident de le faire en douce, juste à coté il y a un « organisme culturel » (qui grille 1 M€ de subventions par an) qui ne manquera pas de vendre la mèche à la mairie. Le faire de nuit est impossible car le bitume ne doit pas refroidir.
        Quant à faire de la publicité autour de l’opération pour coincer le maire, ça ne m’arrange pas car ça veut dire adieu aux commandes des administrations locales qui représentent quand même 10-15% de mon CA.

        1. YP

          Si tu le l’organise au vu et au su de tous… Tout le monde croira que c’est les mairies qui l’ont fait. Pas de questions, puisque tout le monde trouvera cela pratique :)

          Un fonctionnaire ou un élu finira bien sûr par s’en rendre compte (dans dix ans…) mais n’osera rien dire, car la règle de ce milieu est « surtout ne pas faire de vagues ».

    1. Deres

      Idem dans ma commune. Les routes communiquant avec la commune voisines ont été détruites pour empêcher les voitures de contourner des rond-points perpétuellement bouchés en traversant les zones pavillonnaires cossus. Pour atteindre la commune voisine, il faut aller aux extrémités de la zone de contact inter-communales avec bouchons ubuesques garantis aux heures de pointe. Il n’y a donc pas de route sur environ 1/3 du périmètre de ma commune … cela n’empêche d’ailleurs pas les gens de la zone pavillonnaire de venir profiter à pied des commerces et des installations de ma commune …

    2. Théo31

      Des trucs qui servent à rien :
      – à coté de chez une rue se scinde en deux : alors que personne ne traverse jamais, ils ont mis des clous et un feu
      – là ou je bosse ils ont mis un rond point dans un ligne droite juste parce qu’ils ont construit une petite rue
      – hier en rentrant chez moi, me suis aperçu qu’ils avaient mis un feu dans une portion de rue à sens unique.

      Sinon, belle illustration de la coopération volontaire et de l’efficacité du marché libre.

  8. Josick

    « Mais ceux qui s’en sortiront seront ceux qui auront la présence d’esprit de chercher d’abord en eux-mêmes »…
    Chercher en soi-même ? Mais vous n’y pensez pas… toute la vie n’est qu’extérieure est le credo des socialopes.
    Si l’on considérait les ressources en soi, les gaz de schiste seraient aussi exploité et l’agriculture chaque jour serait réinventée.

  9. jelule

    Il est utile de démontrer qu’il ne faut pas tout attendre de l’état. Je peste autant que vous contre la gestion désastreuse de certaines infrastructures. Les valeurs de solidarités et l’initiative individuelle dans des situations d’urgence sont les meilleurs ciments de notre humanité.
    Ceci dit, si le pont de Kauai s’écroule au passage du premier bus d’enfant, qui est prêt à garantir le risque ? Tout ça pour que des boutiques de souvenirs continuent à vendre leurs bibelots ? Pour ma part, vous n’avez pas choisi le meilleur exemple, mais pourtant, je vous suis sur les principes que vous défendez.

    1. Si le pont s’écroule, ce seront ceux qui l’ont construit qui devront payer les pots cassés. On imagine alors assez simplement qu’ils ont du bien faire attention que le pont ne cassera pas, leurs miches sont en jeu.
      D’autre part, l’Etat ne prendrait pas le risque, hein par exemple au hasard, de faire une digue un peu trop courte et de laisser des maisons se construire derrière et de ne pas évacuer quand une grosse tempête arriverait et ne surtout pas indemniser si jamais tout ça arrivait par malchance…

      L’exemple est non seulement parfaitement parlant de ce que « responsabilité individuelle » veut dire et entraîne comme conséquence, et une parfaite illustration de pourquoi l’Etat se gamelle à chaque fois.

      1. Deres

        C’est criant surtout depuis le retour du « responsable (par ici les pépettes, le statut, le réseau et les avantages) mais pas coupable ». Et de toute façon, l’Etat paie des indemnités avec l’argent des contribuables, donc ne subit pas vraiment les conséquences de ses erreurs …

    2. nebukanetsar

      Les commerçants, concernés par la bonne tenue du pont réparé n’ont aucun intérêt à mégoter sur la qualité de la réparation puisqu’ils dépendent de ce pont pour en vivre quotidiennement.
      Il est évident qu’un commerçant responsable pense à satisfaire convenablement sa clientèle pour la voir revenir ou s’entretenir…

  10. channy

    « Devant ce constat et la probable perte de leur affaire, les résidents et personnes directement concernées par la bonne réfection de la route »
    Quel bande de glands ces ricains vraiment ils ont rien d autres foutre que d’aller bosser, que de piquer le boulot d’ouvrier qualifiés … Dans le cas présent Un bon Fraonçais commerçant ira lui remplir une demande d’indemnisation pour compenser la perte de son chiffre d’affaires durant la durée des travaux, si besoin on ira manifester devant la préfecture avec déversement de fumier.
    comment le faire par lui même ? ah non désolé Monsieur nous on a pas de sous, on est cuistos, hôteliers pas ouvriers de chantier et puis c est salissant, dehors il fait chaud ou froid et puis si on met pas le bon enrobé , si on obtient pas le permis de construire…Bref laissons faire l’état même si cela prend 2 ans tant qu’on touche nos sous c est le plus important au moins on pourra toujours payer les deux semaines au ski et la thalasso

  11. Pascale

    L’administration américaine semble respecter les administrés. En tous les cas c’est ce que je constate dans les livres ou les films US où la référence au contribuable qui ne serait pas content de voir son argent dépensé comme ci ou comme ça est très fréquente.

    Il me semble d’ailleurs que les citoyens américains ont accès aux frais que les fonctionnaires dépensent dans le cadre de leur activité professionnelle.

    Cela m’étonne à chaque fois, tant je trouve qu’en France, le mépris pour les administrés est énorme et rentré dans les moeurs.

    1. L’accès au frais et à tous les documents électroniques et autres des administrations est très anglo-saxo comme approche. On la retrouve en UK, en Allemagne, Suède, Finlande, et ailleurs et même pour les administrations comme l’U.E.

      1. Joelle

        En France, même disposer des comptes financiers des administrations est une gageure. Pourtant, ce sont nos sous qu’elles engloutissent, ces foutues administrations tentaculaires…

    2. Calvin

      Tu as entièrement raison.
      Et c’est là, la grande dérive du pouvoir politique Français.
      On glose ici et ailleurs (à raison) sur les turpides des hommes politiques qui se partagent les prébendes et les avantages.
      Mais on occulte souvent le fait que, in fine, et par manque de courage des précédents, ceux qui restent indéboulonnables, ceux qui imposent leur tempo, leurs lourdeurs, ce sont les grands commis de la République.
      Ils font la loi, ils limitent l’innovation et l’adaptation, ils prônent le conservatisme (le changement, c’est loin d’être maintenant), et briment les initiatives particulières.

  12. Flo

    Bel exemple et tout ça alors même que beaucoup de citoyens US continentaux considèrent les Hawaiiens comme des assistés permanents (sur ce point toute ressemblance avec un pays ayant des territoires sous les tropiques serait purement fortuite).

  13. CynAcidIronic

    « Pire : attendez-vous à ce que ceux-là soient rapidement jalousés. »

    hô que oui jalousés, détestés et dénoncés à la kommandantur du coin… et viendra même un temps ou on chassera ces « rebelles anarcho-autonomes » comme des lapins!!

    « La France est le seul pays du monde où, si vous ajoutez dix citoyens à dix autres, vous ne faites pas une addition mais vingt divisions. » Pierre Daninos

  14. loeis

    a propos de nos amis américains, cette phrase de Mark Twain:
    « Ils ne savaient pas que c’était impossible…alors, ils l’on fait! ».

    1. Calvin

      D’autant plus qu’ils n’ont pas la culture de l’échec comme par ici. Celui qui se plante tire expérience et retente autre chose.
      En France, on passe pour un gros nul, et on se terre…

    2. Before

      Je peux me tromper, mais il me semble que c’est une citation attribuée à Marcel Pagnol… Mais bon, ça reste clair et précis.

      1. Paf

        qui ne sert pas a grand chose et dont tout le monde se fout, sauf pour dire qu’ils sont de droite et comment osent-ils demander des comptes au Saint Etat.

  15. Alexandrov

    Excellent billet !

    Mais comme ça a été dit, je ne pense pas que ce soit possible en France. Là où les américains ont encore une méfiance envers l’Etat, nous considérons qu’il est Bon, qu’il fera le Bien et qu’il vaut mieux attendre mille ans son action divine plutôt qu’entreprendre soi-même quelque chose qui ne serait peut-être pas validé par sa Haute Autorité Omnisciente (et Punitive quand il faut).

    Nous croyons à l’utopie communiste. Mais pourquoi, bon dieu de bon dieu ? A cause de l’éducation uniforme de nos journalistes ? A cause du quasi-monopole d’indignation de ceux qui vivent peu ou prou aux crochets de l’Etat ? Historiquement, parce que Staline s’est latté avec Hitler et qu’il est donc un peu notre sauveur (militaire et moral) ? Parce qu’on déteste les américains et que, contrairement à eux, nous n’avons pas vécu la Guerre Froide ?

    Je n’ai pas de réponse, mais ça me déprime un peu.

    1. Lorg

      Parce qu’on a pas eu la chance d’être libéré par l’Armée Rouge. De vivre au paradis soviétique nous aurait peut être déssillés les yeux.

      1. Shnaffy

        C’est plus vieux que ça, ce date de notre « passé révolutionnaire »
        Allez regarder ce qui a été fait pendant les révoltes et révolution vous comprendrez ( même la commune, ça marche …)

    1. gem

      Wouaou
       »
      près de 150 policiers et 130 gendarmes ont été impliqués pour procéder aux contrôles. « A l’issue de cette opération, qui a duré toute la journée, une quarantaine d’infractions pour travail dissimulé ont été constatées et une dizaine d’ouvriers étrangers étaient en situation irrégulière sur 670 personnes contrôlées »
       »
      je résume : 300 contrôleurs, une journée de boulot sur le terrain, 700 personnes contrôlée ; soit 1 contrôle par demi-journée par contrôleur. Belle perf. :-)
      Chaque contrôleur coute à la louche 300 € à 400 € par jour rien que pour le payer (sans compter le transport, la paperasse, etc.) soit une dépense de 100 000 € minimum de la part de l’état pour ce magnifique « coup de poing ». Ajouter les emmerdement et les retards sur les chantiers. Et tout ça pour quoi ?
      35 types qui n’avaient pas le formulaire et 5 mauvais immigrés qui ne se contentent pas des allocs mais qui bossent pour de bon, les salauds ! Mais que fait la brigade des bisous ?

      1. C’est surtout la partie « immigrés sans papiers qui bossent et qui se retrouvent dans la merde maintenant » qui donne à l’ensemble de l’opération son petit cachet gestapiste parfaitement sain pour une bonne zociale-demokratie qui va bien. Plutôt que d’aller débusquer celui qui viole, vole, pille, terrorise, on claque une fortune pour choper celui qui veut s’intégrer. Que voilà une opération rentable !

  16. Nord

    Excellent billet, j’ai d’ailleurs souvenir d’une initiative similaire, au Canada où un aéroport a racheté les voies d’accès et les a totalement adaptées aux besoins de développement de ce véritable poumon économique.

    Serait-ce seulement possible en France ou autre part en Europe? J’en doute, puisque de mémoire on n’a pas le droit de modifier le plan d’occupation des sols sans autorisation de la puissance publique …

  17. nebukanetsar

    Vous n’avez tous évidemment rien compris.
    Il fallait un temps fou pour réparer cette route parce que les fonctionnaires américains locaux sont bien trop peu nombreux pour s’occuper efficacement des problèmes locaux.
    Et puis ces pauvres amerloques qui paient jusqu’à des taux de 30% de leurs revenus (et sans TVA), ce n’est pas avec ces misères qu’ils vont avoir les moyens, enfin!
    Nous, les veinards qui en avons à revendre (des fonctionnaires et des impôts itou, pas des millions d’euros, quoique…), nous ne verrons jamais une telle situation perdurer plus de quelques semaines puisqu’il suffit qu’une route nécessite réparation pour que les bitumeux tombent dessus comme les sauterelles, aiguillonnés qu’ils sont par les DDE impatientes dans leur souci du Bien commun…

    Pour ceux qui s’en souviennent, A. Peyrefitte, dans le Mal Français, racontait déjà (il y a plus de trente ans) une histoire similaire où un maire d’une petite commune rurale française, lassé d’attendre que la DDE veuille bien s’occuper de la réfection de sa voirie, l’avait finalement fait faire par une entreprise TP en direct.
    Autant la DDE avait traînassé pour le projet, autant elle lui était tombée sans délai sur le râble pour chipoter sur les travaux, peu lui chaudant que la population en était satisfaite et que le Maire ait payé nettement moins cher (de mémoire, il y avait une distance non respectée entre les regards de visite des égoûts qui paraissait chagriner fort la DDE…

    A relire également et dans le même ouvrage, ses démêlés (de Peyrefitte) pour faire reconnaître le statut de mineur aux glaisiers qui était hilarante sauf pour les malheureux extracteurs de glaise, officiellement opérant en carrière (à ciel ouvert) peu important pour notre belle administration qu’en l’espèce, ils travaillassent en mine à galeries souterraines…

    1. Nord

      Intervention tout à fait à propos, sources de qualité, très beau style, excellent usage du subjonctif, un peu d’argot, un verbe, chaloir, certes archaïque mais utilisé à propos, une ponctuation irréprochable … chapeau bas, monsieur (ou madame, je ne suis pas sexiste).

      PS: je me demande par contre s’il n’eut pas fallu écrire « […]peu lui chaudant que la population en *fût* satisfaite […] » … mais je chipote, c’est un plaisir de vous lire :-D

      1. nebukanetsar

        Monsieur.
        (originaire du Nord de la France et peut-être compatriote régional de vous-même)
        Toujours traumatisé des dictées quotidiennes de 10 lignes infligées sans le moindre état d’âme par des instituteurs(trices) sadiques à leurs esclaves puis par des professeurs(H ou F) de français dont les fautes en composition française valaient un point l’unité en devoir à la maison et un demi-point en devoir surveillé, à décompter de la note unique.
        Merci néanmoins pour les compliments.

        « Fût » est également possible, aussi « soit » mais j’évoque une situation devenue vraiment ancienne que A. Peyrefitte relatait lui-même comme antérieure, avec l’idée que la satisfaction de la population soit déjà alors de longue durée parce qu’elle avait une chaussée rénovée de façon globalement convenable, pour un coût moindre et « tout de suite » alors que la DDE travaillait à une voirie absolument irréprochable en regard des normes tout à fait respectables certes mais pour beaucoup plus tard et plus cher.
        Cette situation a été connue dans les années 60 et 70 quand la DG aux Télécommunications freinait des quatre fers le déploiement téléphonique de la France parce que les technocrates voulaient être absolument certains de retenir choisi le « meilleur » système possible en équipement sans remise en cause technologique pour les trente ou quarante ans suivants.
        C’est toujours le fait que le caviar soit sûrement préférable (et préféré) aux oeufs de lump mais les différences de volumes de production et, en conséquence, de prix mettent les amateurs d’oeufs de poisson, normalement fortunés en notre bon pays de Doulce France, devant l’alternative de ne pas en manger du tout ou de se contenter des seconds cités.
        Cdlt

        1. Adrien

          Peut-être, mais je chipote, ayant eu le même style de professeurs que celui que vous décrivez (le style, pas le professeur), peut-être donc eût-il fallu n’écrire ni « était », ni « fût », mais « eût été ».
          Belle grammaire en tout cas, merci !

  18. Achille

    Exaspérés de devoir attendre sans fin l’installation du web haut débit dans leur village, les habitants de Wray ont décidé de prendre les choses en main.

    Armés de pelles et de pioches, les villageois ont commencé à creuser une tranchée de 64 kilomètres de long pour y installer leur propre ligne à haut débit. Les habitants de Wray, dans le Nord de l’Angleterre, se sont alliés avec plusieurs villages alentours.

    Le projet, baptisé « Broadband for the rural north » (Haut débit pour le Nord rural) nécessite un financement de 2,3 millions d’euros. Mais le programme est bien parti : 370 000 euros ont déjà été encaissés.

    Lu sur Le Telegraph

  19. BA

    Dimanche 27 avril 2012 :

    Sur son blog, Olivier Berruyer met en ligne un dessin hilarant :

    « ils vont sauver le monde »

    http://www.les-crises.fr/images/images-diverses/2012/miscellanees/05-23/2012-05-25-comics-troupiers.jpg

    Les surendettés vont sauver le monde :

    Dette totale (dette publique + dette privée) :
    Irlande : 663 % du PIB.
    Japon : 512 % du PIB.
    Royaume-Uni : 507 % du PIB.
    Espagne : 363 % du PIB.
    Portugal : 356 % du PIB.
    France : 346 % du PIB.
    Etats-Unis : 340 % du PIB.
    Italie : 314 % du PIB.
    Allemagne : 278 % du PIB.

    http://leblogalupus.com/2012/05/25/le-graphique-du-jour-ou-en-sommes-nous-en-termes-devolution-dans-le-cycle-du-desendettement-mondial-en-cours/

  20. BA

    Dimanche 27 mai 2012 :

    Suisse : préparation d’un plan en cas d’éventuel éclatement de la zone euro.

    La Suisse, tout en n’envisageant pas d’éclatement de la zone euro, prépare un plan pour le cas où cela se produirait, a indiqué dimanche le président de la Banque centrale.

    Thomas Jordan, nommé le mois dernier à la tête de la Banque nationale suisse (BNS), a précisé au journal germanophone SonntagsZeitung qu’un groupe de travail discute des mesures à prendre pour combattre tout éventuel renchérissement du franc suisse, considéré comme une monnaie refuge.

    « Nous devons nous préparer à un scénario d’écroulement de la zone euro, bien que je ne pense pas que cela va se produire », a ajouté le président de la BNS.

    M. Jordan a estimé que la crise de la zone euro s’est aggravée au cours des dernières semaines et a prédit des temps difficiles à venir.

    « Le groupe de travail se focalise sur des instruments destinés à combattre un renchérissement du franc suisse », a-t-il dit au journal.

    « L’une des mesures envisageables serait un contrôle des capitaux, c’est-à-dire un contrôle direct sur le flux des capitaux en Suisse », a-t-il ajouté sans donner plus de détails.

    http://www.boursorama.com/actualites/suisse-preparation-d-un-plan-en-cas-d-eventuel-eclatement-de-la-zone-euro-4e4b8390880ba84c3eaf2c82fb83f176

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