Ce que l’Espagne pourrait apprendre du Canada

Lors d’un précédent billet, je notais que l’austérité française, fort mal calculée, se résumait essentiellement à quelques réformettes timides, et que ce début d’ersatz d’austérité s’était bien vite interrompu à l’arrivée de Hollande dans son gros fauteuil mou présidentiel. Les actuels spasmes espagnols remettent cependant la question de la rigueur budgétaire sur la table…

Il n’aura pas fallu longtemps pour que la période de grâce de Hollande s’achève. Certains, facétieux, avaient noté qu’elle s’était probablement achevée sous les trombes d’eau qui l’accompagnèrent lors de la passation de pouvoir, et l’air piteux du président trempé a certainement aidé à leur donner raison. Mais plus sérieusement, il aura fallu attendre quelques semaines pour que la réalité et l’actualité rattrapent le nouveau locataire de l’Elysée.

Et c’est donc au milieu du week-end électoral des législatives que François, fraîchement intronisé Président des Bisous, se sera retrouvé plongé dans les affres d’une crise internationale, avec nécessité de prise de décision rapide, engagement de tous les moyens de l’État à commencer par l’argent du contribuable, et bien sûr, tout ce qu’il faudra pour obérer un peu plus les générations futures qui, si elles doivent recevoir moult bisous dès lors qu’il s’agit de climat, de petites fleurs et de petits oiseaux, pourront sans souci se faire écraser la gueule à coup de pompes cloutées quand il s’agira de leurs ressources économiques.

Il faut donc sauver le soldat Espagne.

Évidemment, le souci, c’est que le soldat est nettement plus gros et plus velu que le petit troufion grec (qui, même frêle, a un sacré coup de fourchette et a déjà englouti 300 milliards d’euros). Pour la mise en bouche, on parle à présent de 40 à 80 milliards d’euros pour sauver un secteur bancaire qui, en pratique, est complètement sinistré puisqu’il accumule, au moins, 184 milliards d’euros de créances douteuses et de dettes irrécouvrables. Et vous pouvez être sûr que s’il y a tant de créances douteuses officielles, il y en a au moins autant de cachées à droite et à gauche dans des mécanismes comptables douteux.

On place donc la barre à 60 milliards pour le premier sauvetage, avec l’assurance qu’on va devoir continuer. Et c’est absolument certain parce que ce chemin là, on le connaît. La Grèce l’a déjà emprunté, et les mensonges espagnols ont déjà commencé : Rajoy, le 28 mai dernier, déclarait sobrement : « No va a haber ningún rescate de la banca española. » (« Il n’y aura pas de sauvetage des banques espagnoles »). Patatras donc.

Parallèlement, la presse ne s’est pas vraiment faite l’écho de ce qui se passe en France sur le même plan bancaire. C’est donc en toute discrétion que les banquiers français se « tiennent à la disposition » de Hollande pour discuter de l’avenir économique et de la situation de la France dans la zone Euro. On les voit mal lancer cet appel si tout baignait dans l’huile.

Du reste, on les comprend. Officiellement, en effet, les dernières expositions connues des banques françaises aux dettes espagnoles sont les suivantes :

Expositions des banques françaises à la dette espagnole

Pas de quoi affoler, n’est-ce pas ? 114 milliards, c’est, si l’on s’en tient aux montants régulièrement manipulés par nos élites, quasiment de l’argent de poche. Il semble donc acquis que la réunion qui est proposée avec insistance par les patrons de banques françaises avec Hollande sera détendue et placée sous le signe de la bonne humeur, de la jovialité et des petits canapés qu’on peut gober en une bouchée rapide.

Bref : l’Europe et la zone euro viennent de rentrer dans une nouvelle phase de la crise financière. Et à cette nouvelle phase, nos gouvernants répondent exactement de la même façon qu’aux phases précédentes qui n’ont pas trouvé d’issue favorable. On peut donc parier que celle-ci n’est qu’un avant goût de la prochaine.

En effet, depuis 2008, tout le monde s’est employé à cacher les raisons fondamentales qui ont provoqué les soubresauts économiques et financiers. Les subprimes ? Pfff, ce sont les méchants banquiers qui ont vendu des subprimes. Les CDS qui grimpent comme des malades ? Les méchants traders de la City et de Wall Street jouent contre les Etats et veulent affamer les peuples ! La Grèce ? C’est parce qu’ils ne payent pas leurs impôts, pardi ! L’Espagne ? C’est la conséquence logique des tensions sur les marchés, voyons !

Personne n’est prêt à admettre l’évidence pourtant simple : quand on dépense plus, beaucoup plus, que ce qu’on gagne, en faisant un, puis deux, puis dix paris sur l’avenir et sur les châteaux en Espagne en Italie sur Mars qu’on construira avec la belle croissance qu’on va générer, on finit par perdre pied avec la réalité et terminer dans le caniveau.

Les particuliers ont utilisé les facilités de crédits généreusement encouragées par l’État américain. Ils ne gagnaient pas assez pour acheter une maison ? Qu’à cela ne tienne ! Et pan, les subprimes.

Les Etats financent des régimes sociaux toujours plus favorables, leurs dirigeants sauvent leurs amis banquiers sans demander l’avis du peuple ? L’argent n’est pas gagné qu’il est déjà dépensé ? Le peuple lui-même en réclame toujours plus ? Qu’à cela ne tienne ! Produisons des dettes souveraines ! Et pan, les CDS, et pan les dettes, et pan la croissance et fini les châteaux sur Mars.

La voie de sortie existe pourtant.

Je l’ai évoquée en parlant de la Suède, de la Nouvelle-Zélande. Je peux y ajouter l’exemple du Canada : des années 60 aux années 80, le Canada a ainsi entrepris d’accroître son état providence, en augmentant les impôts, en nationalisation à tour de bras et en utilisant le protectionnisme. Les années 90 virent l’explosion des dettes fédérales, provinciales et locales qui atteignirent plus de la moitié du produit intérieur brut (si ça vous rappelle la France, je vous rassure : ça ne va pas durer).

À partir de 1995, le gouvernement de Jean Chrétien a commencé à couper sérieusement dans les dépenses. Ici, couper ne veut pas dire « arrêter de faire croître », comme en France ou ailleurs actuellement, mais bien réduire, et pas seulement en euros/dollars courants : le gouvernement canadien a coupé dans les dépenses militaires, l’assurance chômage, les transports, les subventions diverses, les aides aux gouvernements provinciaux. Les dépenses fédérales s’effondrèrent ainsi de 22% en 1995 à 17% en 2000, puis 15% en 2006, point le plus bas depuis les années 40. Dans les années 2000, les impôts sur les sociétés furent massivement réduits de 29% en 2000 à 15% en 2012.

EFW index 2009

Le résultat est visible actuellement : en plus d’être l’un des pays où il est le plus facile actuellement de créer une entreprise et de l’y faire prospérer selon l’Institut Fraser, le Canada est le membre du G7 le plus solide financièrement.

L’Espagne, devant les résultats obtenus par le Canada, aurait tout intérêt à s’inspirer des mesures énergiques qui y furent menées. Mais, tout comme ailleurs en Europe, le simple mot de rigueur budgétaire semble déclencher un mouvement de révulsion des dirigeants.

Il n’y aura donc pas de remise à plat des dépenses gouvernementales espagnoles. La dette continuera de s’accumuler et le reste des pays européens continuera donc à s’enfoncer dans une situation inextricable.

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Commentaires97

    1. Il est vrai. Mais l’Europe dispose aussi de ressources minières, importantes, qu’on se gardera d’exploiter, parce que bon, c’est cracra.

    2. Homo-Orcus

      Le Canada possède des matières premières renouvelables à l’infini, l’eau et la forêt.
      Cette évolution favorable de son économie a du se faire par une industrialisation du pays, les matières premières ne suffisent pas. Je me souviens dans les années 85, sur l’autoroute New-York / Buffalo, les trucks transportaient des autos vers le Canada et revenaient avec des matières premières.
      Pour l’eau, si vous avez des doutes, vous pouvez toujours envoyer un mail à Lavoisier qui vous expliquera.

    3. gem

      Ça n’aide pas du tout. Ce genre de cadeau empoisonné de la nature a même un nom : « malédiction des ressources naturelles » ou « malédiction minière ». C’est une tentation insupportable pour les politiciens dépensiers. Et même quand ils résistent plus ou moins du fait d’une culture locale rigoureuse, ça provoque la « maladie Hollandaise », que Homo-Orcus évoque implicitement : pourquoi vous faire chier à faire l’effort de fabriquer des machins quand vous pouvez simplement les acheter à l’étranger en échange d’un gros stock de trucs gentiment déposés par la nature ? Les avantages comparatifs de Ricardo frappent méchamment les imprévoyants qui dépensent leur stock, seuls les rigoureux qui vendent ce stock naturel pour acheter du capital international (« fonds souverain ») ou mettre en place des structures économiques favorables (faibles impôts sur l’activité) ont une chance d’échapper à la malédiction.

      1. channy

        « pourquoi vous faire chier à faire l’effort de fabriquer des machins quand vous pouvez simplement les acheter à l’étranger en échange d’un gros stock de trucs gentiment déposés par la nature »
        Même pas Gem quand je vois ce qui se passe en Malaisie..on produit de l’huile de palme brut, comme on produit en masse, ça rapporte, mais personne n’a l’idée de raffiner cette huile pour y faire plus de valeur ajoutée(du moins pour l instant), et vous pouvez appliquer cela à d innombrables ressources naturelles du pays.
        Le pire étant que le made in Malaisie est d une qualité extrêmement moyenne comparé à la concurrence(sans parler des prix ridicules)..au point que pour les locaux les produits étrangers sont jugés de meilleurs qualité y compris ceux fabriqués par la chine.

        1. Jean Tabel

          C’est un peu exagéré, oui, à cause de la taille des économies concernées (rapport de 1 à 4):

          Québec:
          P.I.B par habitant: (2010) 40394 CAD (31377 Euros)
          Population:7.9 millions
          Dette provinciale: 250 milliards CAD (194 milliards d’Euros)
          Quote-part de la dette Canadienne/fédérale: 135 milliards CAD(105 milliards d’Euros)
          Dette totale: 385 milliards de CAD (299 milliards d’Euros)
          Par habitant: 48734 CAD (37849 Euros)

          Grèce:
          P.I.B par habitant: 19000 (2011)
          Population: 11.3 millions
          Dette totale: 420 milliards d’Euros
          Par habitant: 37168 Euros

          Mais oui, le Québec est un peu trop socialiste à mon goût.
          Trop tard pour moi, je me suis évadé du Chirakistan pour le Québec et j’y suis très bien, et je je bouge plus.
          Mais pour mes enfants, l’Amérique du Nord est vaste.

          Sources:
          http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise
          http://www.debtclock.ca/
          http://en.wikipedia.org/wiki/Greek_government-debt_crisis#Second_bailout_loan_and_austerity_measures_.28July_2011_-_current.29

  1. Alecton

    N’étant pas expert en orthographe, je me contente de citer ce qui m’a un peu fait saigner les yeux (sans pour autant me risque à proposer de solution, hein, chacun son job… ;)
    – « Pour que la réalité et l’actualité rattrape »
    – « de pompes cloutés »
    – « 4à à 80 milliards d’euros »
    – « On les voit mal lancer cet appel si tout baignait dans l’huile. »

    Pour ce qui est de l’Espagne, Delamarche l’avait évoqué le 29 mai sur BFM, l’Espagne c’est 3 millions de logements vides (plus que dans tous les US), prenez une moyenne de 150 000€ par logement, multipliez les deux et vous obtenez à la louche la facture totale (450 milliards) du bousin.
    Donc, pour moi, en conclusion (et par ordre de préférence) : de l’argent, du plomb et de l’or

      1. Alecton

        En première lecture, j’aurais aussi mis le verbe voir au conditionnel ; ce qui aurait donné :

        « On les verrait mal lancer cet appel si tout baignait dans l’huile » mais après avoir relu ta phrase plusieurs fois, mon impression première à disparu…

      2. Higgins

        Si notre hôte avait utilisé le conditionnel (qui se construit avec le verbe au futur et les fins de l’imparfait pour faire simple), il aurait mis « baignerait » (pour info, « baignera » au futur). Il a simplement utilisé un imparfait (je baignais, tu baignais, il baignait…). Donc, pas de faute dans ce cas.
        Pour info, le Grévisse précise que « si peut être suivi d’un futur ou d’un conditionnel dans des phrases où la supposition porte sur un verbe sous-jacent. »

  2. Higgins

    Pour l’état réel des banques françaises (et des autres), on trouve les bonnes infos sur le site de JP Chevallier (http://chevallier.biz/2012/05/leverage-des-banques-systemiques-mondiales-au-1%C2%B0-trimestre-2012/ et http://chevallier.biz/2012/05/big-banks-systemiques-1300-milliards-e-a-rajouter/). Comme on peut le voir sur les graphiques, nos Grossbank sont super bien placées et ne risquent rien!!! Comme le dit un ami à moi: « Les urines sont claires. Pas de soucis à se faire. »

    Chose curieuse, une rencontre serait souhaitée: http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20120609trib000702997/les-banquiers-francais-prets-a-discuter-avec-francois-hollande.html
    Doit-on y voir une relation de cause à effet?

  3. Calvin

    Ce qui est giga-méga-bien, quand on regarde ce graphique, c’est que nos élites ont pris soin de gérer chaque soubresaut en commençant par le plus « facile » (la Grèce), puis en augmentant les difficultés (Espagne, bientôt l’Italie).
    Bon, on se doute, qu’à un moment, l’obstacle sera insurmontable et que ce soit alors le pays entier qui trébuche, mais cela n’a pas l’air de les inquiéter !
    D’ailleurs, pourquoi s’inquiéter ? Les montontribuables ne sont pas encore complètement tondus : il reste encore de l’épargne, des biens, de la richesse à racketter !

  4. Alecton

    Un papier pertinent de Abadie sur le comportement avenir de l’Allemagne à mettre en exergue face à la stupidité des membres de la zone Eurss :

    Angela Merkel dispose de trois options :
    1) Quitter le navire, c’est à dire la zone euro.
    Ce serait la solution la plus courageuse et la meilleure à long terme, mais elle impliquerait à court terme une forte aggravation de la crise : moins d’exportations vers une Europe plongée dans la dépression associée à l’implosion de l’eurozone, et nécessité pour l’état allemand de venir au secours de son système bancaire hyper-leveragé qui ne pourra pas encaisser le choc….
    Vu les échéances électorales en Allemagne (législatives en 2013), je ne crois pas qu’Angéla Merkel prendra cette décision…
    2) Un scénario médian de « fuite en avant modérée », où la récession continuerait de s’aggraver en Europe, avec des demandes de plus en plus pressantes des pays et banques d’Europe du Sud … obligeant l’Allemagne à accepter une monétisation sous forme d’eurobonds, en échange de nouvelles coupes budgétaires et plans de rigueur pour les pays « aidés ».
    Ce scénario, selon moi le plus probable, …
    Bien entendu il ne changerait pas l’issue finale, c’est à dire l’implosion de l’eurozone sous le poids de ses déséquilibres…
    3) Un dernier scénario « ultrakeynésien », où on abandonnerait tout semblant de rigueur en Europe du Sud… avec une monétisation massive de la BCE sous forme d’eurobonds, qui rapprocherait l’Europe du modèle américain de 2010-2012 (déficits massifs +  monétisation).
    Cette issue n’est pas la plus probable, mais elle n’est malgré tout pas impossible à partir de 2013, dans l’hypothèse d’une défaite d’Angela Merkel et d’une victoire des socio-démocrates.
    L’issue finale d’une telle politique serait une hyperinflation et une implosion de l’eurozone, avec cette fois des causes politiques (rejet massif de la construction européenne par les opinions publiques des pays créanciers d’europe du Nord).

      1. Pascale

        De toute façon à l’automne 2013, il y les élections allemandes. Rien ne dit QUE Merkel les gagnera et donc que sa politique perdurera

        1. Stéphane

          Euh, si. Les socialos du SPD ne sont pas aussi benêts que des franchouilles, mais quand même, hein, il y a un sacré tronc commun.

          C’est pour ça que la politique allemande me fait un effet bizarre: régulièrement, la Chancelière Angela Merkel et son parti se prennent défaite électorale sur défaite électorale, soit-disant parce que les électeurs sanctionnent sa politique accommodante avec les « dépensiers » de l’Europe (Grèce, Portugal, etc.) mais la « sanction » consiste à amener au pouvoir des gens qui sont [b]encore plus[/b] accommodants avec ces pays!

          « T’es trop dépensier? J’aime pas ça, alors je vais mettre à ta place qqu’un encore plus dépensier que toi »

          Ca ne tient pas debout…

          Mais j’imagine qu’il doit y avoir pas mal de manipulations médiatiques là-dedans.

      2. Alecton

        D’accord avec toi pour les scénarios 2 puis 3, à un bémol prêt, les sociaux-démocrates allemands n’ont pas autant de merde entre le oreilles que nos socialistes officiels…la phobie de Weimar est encore dans les esprits et je ne suis pas persuadé qu’ils offrent un blanc seing aux cigales….

        1. Calvin

          La fourmi teutonne n’est pas prêteuse, c’est là son moindre défaut.
          La cigale latine aimerait pourtant qu’elle le soit… afin qu’elle puisse continuer, nuit et jour, à danser et à chanter.

      3. Deres

        Oui, on voit bien venir le Flamby avec ses gros sabots. Angela dit : « redressement puis aide ». Hollande dit : « Aide moi et on verra après comme j’arrive à redresser ». C’est donc un poker menteur où FH demande aux allemands de payer pour voir.

        1. Pandora

          Mais ils ne paieront pas. Pas avant que les pays n’aient remis de l’ordre dans leurs finances publiques.
          Même si le SPD gagne les prochaines élections, ils ne reviendront pas sur la politique décidée en 2003 (par un SPD). Les allemands ont souffert pendant 10 ans (hausse des cotisations et stagnation de leur pouvoir d’achat) : ils n’admettront pas que les autres pays ne fassent pas les efforts qui leur ont été demandes.

          Mais in fine, ils paieront pour sauver ce système monétaire qui ne résulte que d’une décision politique.

  5. johnny_rotten

    Lorsque des dirigeants des banques françaises, qui habituellement snobent le pouvoir en place, demandent un rendez-vous ultra-pressé à Hollande , on peut supposer que les Oudéa (SoGé) et autres Chifflet (Credit Agricole) sont en mode « panique à bord ».
    Toutes ces élites « petite pointure » qui se sont bien fait chahuter et traiter d’incompétents notoires, lors des AG des dites banques, essayent pitoyablement de se raccrocher aux branches au-dessus du torrent.

  6. Curmudgeon

    « Ici, couper ne veut pas dire « arrêter de faire croître », comme en France ou ailleurs actuellement, mais bien réduire [...]« . Si seulement chez nous c’était « arrêter de faire croître », donc maintenir à un niveau fixe… Mais c’est plus fort, puisque en français actuel, « diminuer » a carrément acquis une nouvelle définition : « diminuer le taux d’augmentation ». Si je dépense 100, puis 108, au lieu de 100 puis 110 auparavant, je dis désormais que j’ai « diminué » mes dépenses. C’est de l’arithmétique créative, ludique, citoyenne et durable.

    1. Pascale

      C’est e que l’on appelle « la baisse tendancielle des taux » … terme grâce auquel les socialistes de tous bords essayent de nous enfumer.

  7. Calvin

    La remarque sur les châteaux d’Espagne m’a rappelé la chanson de Zazie (Rue de la Paix), qui étonnamment décrit poétiquement la situation que l’on vit :
    « Un monde où tout le monde s’aimerait Enfin
    J’achète un château en Espagne
    J’achète un monde où tout le monde gagne A la fin
    Je vends ma carte chance
    Et je puise dans la caisse
    On a bien mérité de toucher une avance
    Si c’est pour rendre la caisse A la communauté »

      1. Calvin

        On n’a pas toujours le choix de la musique diffusée sur la radio !
        Enfin, ça, c’était avant !!
        En fait, j’avais retenu la chanson à cause de ce terme de communauté.
        Je me disais que le collectivisme se niche partout…

  8. infraniouzes

    On a vu B Obama faire la leçon aux européens. Qu’est ce qu’il lui prend à notre ami Barack ? A mon avis la tsunami bancaire se rapproche lentement mais surement de Wall Street et les faisans qui sont à l’origine de ce merdier commence à s’inquiéter. Non à trembler, il en faudrait plus que ça mais ils doivent considérer d’un mauvais oeil qu’une petite banque européenne arrive chez eux avec un paquet de CDS et dise: payez-moi ! Là on ne rira plus car il semblerait que AIG et autres marchands de promesse n’aient pas le premier $ pour honorer leurs engagements. Donc, suivant l’excellente théorie des dominos, il s’ensuivrait déconfitures et banqueroutes en cascade et tout ce qui va avec.
    A 5 mois des élections on comprend les soucis de B.O.

  9. Pascale

    «  » »Certains, facétieux, avaient noté qu’elle s’était probablement achevée sous les trombes d’eau qui l’accompagnèrent lors de la passation de pouvoir, et l’air piteux du président trempé a certainement aidé à leur donner raison. » » »

    D’autant plus qu’un type normal se serait abrité sous un parapluie …

    1. nebukadnetsar

      Pour quelqu’un à la capacité supposée de marcher sur les eaux, il n’allait quand même pas se débiner sous les eaux !

  10. Bof

    Bon exemple le Canada.
    Mais il faut dire qu’ils n’ont pas eu le choix, car pas eu de chance.

    Nous, en France, on a la chance d’avoir François Hollande. François Hollande, il a compris que c’est grâce à la croissance qu’on va sortir de la crise et redresser les comptes. François Hollande, il a aussi compris que c’est en répétant 10x par jour le mot « croissance » qu’elle vient – car la croissance est comme le chien de ma grand-mère, elle vient quand on l’appelle.

    Les Canadiens ne le savaient pas. Les Grecs, les Espagnols, les Allemands non plus. Mais le Français François, oui.

    Avec des penseurs comme ça, la France n’a pas de bile à se faire.

      1. ceedee

        Malheureusement, la croissance « politique » est un vieux chien sourd, fatigué et paralysé donc il ne viendra pas.

        Au moins on pourra mettre le tout à l’Etat au tout à l’égout!

      2. Nemrod

        Si elle est comme le mien qui s’en va dès que je l’appelle…j’aurais du l’appeler « Foulcan », nous sommes mal.
        Mais François a du mieux éduquer sa croissance que moi mon chien…Non ?

      1. wpe

        « François Hollande va remplacer Chuck Norris alors? »

        Hollande n’attend pas la croissance, c’est la croissance qui attend Hollande.

  11. nebukadnetsar

    114 Mds €, c’est à peu près 2 années de francés déficit.
    On a donc l’habitude de tels montants d’autant qu’on les emprunte comme et quand on veut (version officielle du Französicher Propagandastaffel)et pour pas cher en plus.
    Bref, c’est une aubaine pour nous permettre d’apprécier de bons petits taux d’intérêts à nous réservés et de reprendre une louchée de plomb destinée à nos (lointains) héritiers de l’an de grâce 2.100.
    Déjà qu’on est pas riche alors si, en plus il faut se priver!
    Pourquoi donc s’affoler, cher H16 ???

    1. gem

      Tu retardes. Le temps où il nous fallait 2 ans pour cramer 114 Mds € est révolu, de nos jours il nous faut un an. On vise les six mois dès l’an prochain

      1. Deres

        D’ailleurs, j’espère qu’ils vont se calmer un petit peu car 20 milliards de dépenses supplémentaire en un mois … A ce rythme là, on va faire 300 Md€ de déficit en une année … Enfin, ce n’est pas grave, l’Allemagne paiera (Clemenceau 1917, ah ben non, Hollande 2012).

  12. labolisbiotifool

    J’ arrive pas à retrouver , mais il y a bien un roi
    ou un empereur qui, chez nous, à tout simplement confisqué
    carrément les économies des Français, en gros l’ épargne
    privée stockée dans les banques ?
    Brutalement et sans demander la permission bien sûr …
    Ca nous pend au nez,je le sens :)

    1. gem

      Aucun roi n’a fait ça ; l’épargne n’est centralisée en banque et assurance que depuis très peu de temps.
      Il y a bien Pétain qui a confisqué les capitaux qui garantissaient les caisses de retraite de l’époque (qui fonctionnaient par capitalisation bien sûr) en inventant la répartition. Même manœuvre que la Hongrie l’an dernier (sauf erreur).
      Mais faire ça suppose de tirer un trait sur l’emprunt pendant 30 ans, et ça, c’est pas possible actuellement

      1. homo orcus

        heuh ! peut-être Louis le seizième avec Law mais c’était une époque particulière et les sujets franchouilles de l’époque n’ont rien compris au système Law. Aujourd’hui ce serait différent, les Français sont au fait de ces mécanismes.

        1. nebukadnetsar

          Law a agi sous la Régence d’avant Louis XV, soit bien avant la naissance de Louis XVI…
          Mais il a montré en vraie grandeur que des émissions incontrôlées de titres par rapport aux garanties réelles détenues en contrepartie, étaient un véritable danger économique et il a créé le premier bank run français…

      2. Pandora

        Mais si, tous les rois ont berne leurs créanciers !
        Philippe le Bel (beau nom!) a commence officiellement vers 1100, en massacrant (brulant) l’ordre des Templiers pour leur piquer leur or.
        Comme les rois se sont octroyé le privilège de battre la monnaie, ils en ont profite pour diminuer la quantité d’or et autres métaux précieux que contenaient les pièces de monnaie.

        Ça ne s’appelait pas encore l’inflation mais le résultat était le même : la monnaie perdait de son pouvoir d’achat et le peuple de sa richesse.

        1. gem

          Ah oui, ça ils l’ont fait ; mais « confisqué carrément les économies des Français » c’était pas possible ; sinon ils l’auraient peut-être fait, remarque, mais c’était juste pas possible

        2. H.

          Les Templiers ont été arrêtés le vendredi 13 octobre 1307.
          Leur histoire n’est pas qu’une question d’argent. Philippe V (dit Le Bel) ne voulait plus de cet ordre de moines soldats qui n’avaient d’ordre à recevoir que du Pape et qu’il avait dans les pattes. (et/mais qui étaient pétés de fric…)
          Il a eu leurs têtes (et leur tête: Jacques de Molay brûlé en mars 1314) mais pas tout leurs biens, loin s’en faut.
          Je vous conseille la lecture de « La tragédie des Templiers » de Georges Bordonove.

    2. Deres

      FH est un politicien expérimenté. Il fera quelque chose de bien plus subtil mais qui reviendra au final en grande partie au même. Mais sans révolte et avec les félicitations des pigeons en prime. N’oubliez pas que les gens se souviennent de Mitterrand avec la larme à l’oeil … Ah le brave Tonton, qu’il était bien ! Tout le monde a oublié les 3 dévaluations suite à une politique socialiste à contre-courant du monde, l’inflation associée et l’explosion du chômage consécutive. Tout le monde a oublié les affaires peu glorieuses du type Rainbow Warrior et écoutes de l’Elysée sans même parler de tous les scandales de corruption et d’enrichissement d’amis et de socialistes. je ne parle même pas de ce que nous avons appris après coup sur sa carrière sous Vichy, le faux attentats, la deuxième famille au frais de l’Etat, … Cette page donne quelques exemples : http://actualites.forum.orange.fr/messages/index/46406/actualite-politique-les-sales-affaires-de-mitterrand-suite.html

      1. Higgins

        Voilà comment David D. Friedman, le fils de Milton Friedman définit le socialisme: « Imaginez cent personnes assises en cercle, écrit-il, chacune ayant sa poche pleine de pièces de un cent. Un politicien marche à l’extérieur du cercle, prenant un cent à chacun. Personne n’y prête attention : qui se soucie d’un cent ? Lorsqu’il a fini le tour du cercle, le politicien jette 50 cents devant une personne, qui est ravie de cette aubaine inattendue. On recommence le processus, en terminant avec une personne différente. Au bout de cent tours, chacun se retrouve plus pauvre de 100 cents ; plus riche de 50 cents, et heureux. » comme les pigeons français… (http://copeau.wordpress.com/2012/05/15/david-friedman-lanarcho-capitalisme-par-la-demonstration-rationnelle/)

        1. nebukadnetsar

          Ce cher Friedman parle de la version américaine du socialisme, bien trop égalitaire en prélèvement et redistribution.
          De grands enfants, ces Américains !
          En France, on pratique une version améliorée par la justice sociale : on prélève toujours 10.000 cents mais de la façon suivante : au premier, on prend un, au second on prend trois, au troisième on prend cinq et ainsi de suite jusqu’au centième à qui on prend 199.
          C’est vertueux puisqu’on a toujours 10.000 cents.
          Maintenant, passons à la redistribution mâtinée de la justice sociale en dosage variable majoritariste :

          au premier à -1 de capital dispo, on donne 253, au second à -3 de capital dispo, on donne 251 et au 85me à -169 de capital dispo, on donne 1.

          Les 14 trop riches qui n’ont rien ? la réponse est dans la question.
          Et gare, s’ils mouftent, à un petit prélèvement exceptionnel sur les super-riches.

          Si un esprit chagrin me rétorque qu’il y a 10.795 cents redistribués, il a raison.

          Comme je suis bon gestionnaire et que j’équilibre mes comptes, j’emprunte la différence que mes arrières-petits enfants paieront assurément au roi de Prusse.

          En passant et comme il me faut 25 personnes (enfin je crois parce que mes registres de personnel ne sont pas à jour) pour mener à bien ce pompage/dégazage, j’emprunte ce qu’il faut en sus (combien exactement : comment voulez vous que je le sache puisque mes registres de personnel…) car je suis pour le social bien généreux et subventionné à la grecque et quand on aime, on ne compte pas, n’est-il-pas?.

          Et ce qu’il y a de bien dans ce système, c’est que le 51me dans l’ordre des prélèvements reçoit encore un boni de ma part, enfin de l’argent que je me suis approprié pour faire le bon samaritain, mais chut!!!

          D’accord, il n’ira pas à la Tour d’Argent bambocher avec (je suis pour la diététique à base de slogans libertariens de manger des légumes, des fruits…) mais l’essentiel est qu’il reçoive un petit cadeau qui lui fasse croire qu’il n’est pas dans les riches puisqu’il a un pourboire gratuit.

          Subséquemment et s’il est logique, il appuiera vigoureusement toute ma politique à base de faire payer les riches pour redistribuer aux pauvres.

          51/100 :mon succès électoral est assuré sur le long terme (je suis un grand démocrate à la charité bien ordonnée, n’en doutez pas).

          Mon coût total de fonctionnement : ne soyez pas vulgaire ou pire, allemand, avec des questions d’argent alors que la noblesse des sentiments et l’altruisme guident mes pas!

          (in le socialisme expliqué à ma fille)

  13. BA

    Dimanche 10 juin 2012 :

    L’Espagne va demander « une aide financière européenne » pour redresser son secteur bancaire, a annoncé à Madrid le ministre de l’Economie Luis de Guindos, après une réunion téléphonique des ministres des Finances des 17 pays de la zone euro.

    M. de Guindos a expliqué que cette aide serait considérée comme de « la dette publique » espagnole, qui va donc augmenter, et « devra absolument être remboursée ».

    http://www.boursorama.com/actualites/l-espagne-se-resigne-a-demander-une-aide-pour-ses-banques-26c3d6049ab14c996e697db42de7303a

    C’est toujours le même remède. Mais ce remède ne guérit pas le malade : ce remède ne fait qu’empirer la maladie. Ce remède aggrave la maladie.

    L’Espagne est déjà surendettée. Et donc on va rajouter du surendettement au surendettement qui existe déjà !

    L’Espagne est écrasée sous des montagnes de dettes. Et donc on va empiler des montagnes de dettes supplémentaires sur les montagnes de dettes qui existent déjà !

    Et on va continuer à croire que ces montagnes de dettes peuvent monter jusqu’au ciel !

    Mais les montagnes de dettes NE peuvent PAS monter jusqu’au ciel. Il arrive toujours un moment où tout s’effondre. Ce moment précis, ça s’appelle un défaut de paiement.

    Le Portugal, l’Irlande, l’Italie, la Grèce, l’Espagne, Chypre, etc, foncent vers un défaut de paiement total.

  14. labolisbiotifool

    @Gem : si vous le dites …
    Pourtant ça me titille la mémoire, mais même gougueule ne
    m’ aide pas …
    Et je parlais plutôt des dépots d’ or et autres métaux, en
    banque .
    Peut-être me trompe-je :)

    1. Pandora

      Les rois n’avaient aucun intérêt à confisquer l’épargne de leurs sujets : par cet acte autoritaire, ils se fermaient les marchés pour financer la dette publique.

      Ils préféraient la manière douce.

  15. Rémy Bigot

    Article intéressant, même si je ne suis pas vraiment d’accord sur les causes.
    Pour moi, le vrai problème date de 1973, lorsque nous avons décidé de payer des intérêts inutiles à des banques privées pour obtenir des fonds pour faire tourner les pays.
    Il s’agit probablement de la chose la plus absurde jamais faite en Europe. Alors que l’on pourrait emprunter gratuitement à la banque centrale, on préfère jouer avec les banques privées, et accepter de payer des intérêts qui devraient déjà être remis en question !
    La 1ère chose à faire, donc, est de renégocier cette dette et ces intérêts, bien avant tout le reste !

    1. Non. N’importe quoi.
      La loi de 73 n’a absolument rien changé à la donne.
      Il faut arrêter avec la purée des cocos à ce sujet, c’est juste totalement pathétique à quel point ils n’ont rien compris au problème. Le fait que les socialistes de Marine se rejoignent avec les socialistes de Méluche sur ce sujet montre à quel point toute l’éducation économique de base de ce pays est à refaire.

      http://h16free.com/2011/11/28/11407-pour-en-finir-avec-la-loi-de-1973
      http://www.contrepoints.org/2012/03/12/72842-idees-recues-sur-la-loi-du-3-janvier-1973-dite-loi-rothschild
      http://www.contrepoints.org/2011/12/26/61979-lattaque-infondee-contre-la-loi-rothschild
      http://www.contrepoints.org/2011/09/08/44601-de-la-fameuse-loi-pompidou-giscard-rothschild

      La 1ère chose à faire, quand on ne veut pas payer d’intérêts sur des emprunts, consiste à ne pas emprunter. C’est le B.A. BA.

      1. Rémy Bigot

        Je ne remets pas en cause la responsabilité des états, au contraire. Je vais lire vos liens avec intérêt, même si je pense que toutes ces lectures impliquent un biais suivant son bord politique ^^.
        Pour revenir au sujet, les choses ont été faites ainsi (malheureusement), il faut donc maintenant, après la dénonciation, trouver des solutions.
        La 1ere pour moi reste la restructuration de la dette, puis 2/ la croissance (qu’il n’y aura probablement pas ^^) et 3/ la réduction des dépenses.

        1. C’est quoi le biais dans « Tu ne veux pas payer d’intérêt, tu n’empruntes pas » ?
          Elle est où, la coloration politique de « Un budget équilibré, c’est l’assurance d’un avenir sain » ?
          C’est quoi, exactement, le souci de dire « Si tu empruntes, tu payes, et pour un état, mieux vaut freiner la tendance et éviter d’imprimer à tout va » ? Tu aimes donc l’inflation, spolier les épargnants, écorcher vives les générations futures ?

        2. gem

          ton 3 vient forcément avant le 1 : si tu ne bouche pas le trou dans la coque, aucune restructuration ne fera magiquement disparaitre l’eau qui monte, monte…

        3. eheime

          @ Remy

          Il n’y pas de biais politique dans le post de H16.
          Ce qu’il dit est juste la plus élémentaire des évidences.

          Si l’Etat doit dépenser plus qu’il ne perçoit, ce qui est le cas en ce moment, il a deux choix :
          – soit il emprunte réellement à un tiers, et c’est ce que prévoit la loi de 73
          – soit il ‘emprunte’ de l’argent à lui-même (ou assimilé tel que Banque Centrale et autre) et c’est ce que propose le FN, le FdG et même parfois l’UMP ou le PS.

          Ce qu’il faut comprendre c’est que toute monnaie ‘empruntée’ par l’Etat à lui-même revient à ajouter de la monnaie, peut-être seulement temporairement mais ça revient à ajouter de la monnaie à un moment donné, dans le circuit, c’est à dire dans la masse monétaire de départ.

          A première vue ça ressemble à une solution miracle, mais quand vous faites cela vous induisez un déséquilibre.

          Meme si ce déséquilibre n’est que temporaire , vous ‘cassez’ l’echelle des valeurs : ce qui était difficile de s’offir à un moment donné devient tout d’un coup plus facile. L’Etat peut ‘offrir’ plus de prestations, les fonctionnaires peuvent etre augmentés et eux mêmes peuvent encherir par exemple sur l’immobilier. Tous les agents économiques finissent par s’habituer à cette nouvelle donne et réajustent leur prix. Mais entre temps, en cassant l’echelle des valeurs vous avez spolié les agents économiques : s’il avait su que les prix allaient augmenter, ils auraient eux-memes augmenté leurs tarifs avant … C’est ainsi que l’Etat profite temporairement de la situation pour s’offrir biens et services à bon compte … sur le dos des autres agents économiques.

          Si en plus cet argent introduit devait être retiré (ce qui en pratique n’arrive quasiment jamais ) nous recréerions un 2ème déséquilibre ! Une déflation cette fois car l’Etat en retirant l’argent doit faire un effort très important et brutal pour rembourser . Ce qui se répercuterait forcément à nouveau sur l’économie : moins ‘d’aides’, baisses des salaires des fonctionnaires par exemple.

          En pratique on ne voit jamais que la première étape se réaliser car les ‘emprunts’ ne sont jamais remboursés. Soit l’Etat fait défaut, soit il finit par imprimer de la monnaie pour rembourser.

          Il est sûr que nous sommes arrivé à une situation abérante : l’Etat (donc nous) paie une véritable ‘dîme’ au secteur privé ! Car l’encours de crédit et donc les intérets qui en découlent est beaucoup trop important par rapport à la richesse produite (le PIB).

          Pour y mettre fin il faut :
          – arreter d’augmenter l’encours de crédit (or nous faisons le contraire !!!)
          – solder au moins une partie de l’encours (la question n’est même pas abordée par nos politiciens …)

          Cet encours de crédit est en fait des promesses de paiement que l’Etat a faites et qu’il faudrait résoudre :
          – soit en trahissant ces promesses (ce que fait la Grece)
          – soit en les payant

          Pour les payer l’Etat peut :
          – imprimer de l’argent, mais on l’a vu, toute création de monnaie floue ceux qui ne profitent pas directement de cette création,
          – prendre l’argent à d’autres en augmentant l’impot par exemple, ce qui a un effet décourageant dévastateur sur l’économie car personne de veut être celui qui paie cet impot donc tout le monde cherche à y echapper, quitte à réduire son activité.

          En tout état de cause, au final il y a donc un ‘pigeon’ qui paie dans l’histoire, c’est à dire quelqu’un qui paie les promesses d’un autre : celles que l’Etat a faites.

          On voit donc que la ‘solution miracle’ n’en est pas une …

          Est-ce plus clair ainsi ?

        4. eheime

          Pour en revenir à la loi de 73.

          Le problème de création monétaire que j’ai pointé au début de mon explication n’est peut etre pas claire pour la plupart des gens, mais elle est tres clairement à l’esprit des gros preteurs.

          Pour que ceux ci acceptent de préter, ils doivent savoir que l’Etat ne va pas les rembourser en imprimant de la monnaie, c’est à dire en les spoliant !

          D’où la loi de 1973, et d’où sa nécessité !

          Sans loi de 1973, vous n’avez pas de préteurs et vous avez la situation monétaire du Zimbaboué, avec les répercutions économiques subséquentes.

    2. Monoi

      Emprunter gratuitement?

      Il y a des gens qui disent des choses pareilles de nos jours?

      (ceci dit, avec l’inflation qu’on se tape depuis des decennies, les etats ont pas mal « efface » de leurs dettes. A nos depens evidemment. C’est peut etre ca la gratuite?)

      There are no free lunch.

  16. BA

    Mardi 12 juin 2012 :

    Espagne : le taux à 10 ans au plus haut depuis la création de l’euro.

    Le taux à 10 ans de l’Espagne a atteint un plus haut depuis la création de la zone euro mardi en milieu d’après-midi, la méfiance des marchés à l’égard de la dette du pays s’accentuant malgré l’annonce du plan de sauvetage des banques.

    Vers 16H10 (14H10 GMT), le rendement espagnol se tendait à 6,756%, contre 6,487% lundi soir.

    La situation de l’Espagne est pire que la semaine dernière, a estimé un opérateur pour qui le plan annoncé samedi n’a pas apaisé les craintes sur la situation du pays.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Espagne_le_taux_a_10_ans_au_plus_haut_depuis_la_creation_de_l_euro95120620121616.asp

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