Londres accueille avec joie les Olympiades de la Dépense

Dans quelques semaines, Londres et les Londoniens auront l’immense bonheur d’accueillir les Jeux Olympiques et permettront au monde d’oublier les petits soucis quotidiens en regardant de frêles jeunes filles lancer des poids avec grâce dans l’azur ensoleillé de la capitale britannique, ou de fringant jeunes hommes trottiner sur 100 m sans l’aide d’aucune potion magique à 36 km/h de moyenne. Et puis après, le monde s’effondrera.

Enfin, pour le monde, je ne sais pas. Mais pour l’équilibre budgétaire de la municipalité de Londres, en revanche, là, je suis sûr qu’il va morfler sévère.

« Rooh », se dira le lecteur habituel et blasé. « Encore une dose de méchanceté et de mauvaise foi ! Qu’a-t-il donc à reprocher à cette magnifique manifestation d’entente planétaire dans une compétition saine et colorée ? Tout ça, c’est bien sûr, parce que la France n’a pas décroché la timbale en 2005 lorsque les jeux furent attribués à Londres plutôt qu’à Paris ! »

En fait, rien de tout ça, mais avant d’entrer dans le sujet, revenons rapidement en juillet 2005 : après un suspens insoutenable, le Comité Olympique annonce que bah non, Paris ne gagne pas le droit d’organiser les jeux de 2012, ce sera Londres.

C’est la déception dans les rangs français, emmenés, on se le rappelle, par Bertrand Notre Dame de Paris Delanoë, qui va d’ailleurs s’épancher dans le journal de France 2, snif snif, c’est terrible de voir tout ce vivrensemble qui vient de se prendre une tarte maousse pas du tout bisounours :

Eh oui, comme le dit Bertrand, « une défaite un peu inexplicable » compte-tenu du graissage de patte quasi-industriel qui avait eu lieu avant mais qui n’a pas suffi devant la distribution de bonbons encore plus forte côté britannique, et qui a donc plongé le Maire de Paris dans un désarroi lacrymogène. Sur le coup, donc, euphorie londonienne et pleurnicheries parisiennes. Enfin, officiellement.

Officieusement, côté britannique, certains avaient déjà fait des calculs et commençaient à tirer une tête bien sombre. En France, pas mal (dont moi-même) poussèrent un ouf de soulagement en apprenant la défaite de Paris, suivi d’ailleurs immédiatement d’une joie un peu sadique en constatant la mine défaite de l’improbable maire parisien. Nous aussi avions fait nos calculs.

Nous voici sept ans plus tard, au moment où les jeux vont débuter.

On peut déjà parier que ces jeux seront, sur le plan sportif et événementiel, parfaitement organisés, et il est probable qu’ils seront une belle réussite. Les touristes, venus pour l’occasion, en auront pour leur argent, au moins en ce qui concerne le sport (pour la bonne chère, ça reste l’Angleterre, tout de même, n’exagérons rien).

Mais pour le reste, on comprend déjà que tout ne va pas être aussi génial. S’il y a bien quelque chose qui va décidément être sportif, ce sera le rétropédalage des autorités lorsqu’il s’agira d’expliquer que l’opération globale des jeux olympiques menés à Londres n’est pas un gouffre financier.

Non pas que les Jeux Olympiques devraient, par nature, représenter un bonus économique important. De loin en loin, depuis les jeux de Los Angeles en 1984, pas une seule fois les Jeux n’ont rapporté un kopeck à ceux qui les avaient organisés.

On pourrait, à la limite, se contenter d’un budget à peu près équilibré permettant d’éviter de creuser les poches des contribuables. Mais là encore, que nenni : c’est, de façon systématique, un gouffre financier avec, littéralement, des milliards d’euros, de dollars ou de livres sterling dépensées sans espoir de retour. « Roooh » va-t-on encore me sortir ici, doublé d’un « Ce n’est pas possible, avec toutes les retombées médiatiques, le tourisme, et tout ça, l’opération doit être bien moins catastrophique qu’il le prétend, cette mauvaise langue ! »

Sauf que lorsqu’on épluche la presse et les chiffres évoqués pour les chantiers londoniens en cours, on obtient ceci : en 2002, le montant de la facture des Jeux était estimé à 2.8 Milliards de dollars. En 2012, la municipalité de Londres avoue en avoir dépensé 15, ce qui fait un joli x5. Ici, ce sont les contractants qui se frottent les mains, et les contribuables les yeux : un dépassement de budget d’un rapport cinq, c’est tout de même une performance assez remarquable. D’autant que la dernière estimation du coût final, une fois les Jeux terminés, s’établit à présent bien au-delà des 24 milliards de livres (38 milliards de dollars, à la louche). Là encore, on parle d’un gros facteur 13, ce qui donne un peu le vertige.

Évidemment, la facture finale pour Londres, alors que la crise s’est déchaînée entre les larmes de Delanoë, en 2005, et maintenant, remet en perspective les craintes de ceux qui redoutaient ces jeux pour leur capitale (qu’ils fussent parisiens ou londoniens), notamment lorsqu’on se rappelle d’une précédente capitale, Athènes, et de sa petite note de 11 milliards de dollars largement supportée par le peuple grec puis le reste de l’Europe par le truchement d’une tuyauterie financière qui n’a plus de secret pour personne.

Jeux Olympiques d'Athènes 2004

En réalité, les Jeux, s’ils sont Olympiques, le sont surtout du côté des dépenses générées. On entend souvent que les jeux se rembourseront, mais la réalité est que la plupart des équipements sont construits de façon spécifique pour les sports qui vont y être pratiqués le temps des jeux (un mois) puis être, purement et simplement, détruits ou abandonnés. Par exemple, il n’y a pas bousculade de licenciés pour du handball en Angleterre, et le kayak, en Grèce, n’a jamais mobilisé les foules.

Le fait d’héberger les jeux pendant un mois signifie effectivement que la ville va voir l’activité économique exploser juste avant, mais cette activité profite surtout à des contractants extérieurs qui connaissent les besoins, contraintes et spécificités des infrastructures de ce genre d’événementiels. Rares sont les contractants locaux habitués à gérer ces paramètres. L’argent dépensé par les Londoniens dans ces conditions finit donc par quitter la ville, voire le pays, dans sa plus grosse partie. En outre, les emplois créés le sont de façon purement temporaire : la folie des jeux retombée, il n’en reste plus qu’une toute, toute petite partie.

Observation vraie pour les emplois qui s’étend au tourisme : boosté le temps des jeux, les touristes ne viendront pas plus l’année prochaine à cause d’infrastructures désertées ou démontées. De surcroît, les touristes qui peuvent se permettre d’aller aux jeux (avec des dépenses afférentes de plusieurs milliers de dollars) sont peu nombreux, et ne reviendront pas. Quant à l’idée que les jeux provoquent une ruée sur les sports ainsi médiatisés et entraînent donc un regain de consommation correspondante, c’est juste ça : une idée, fausse de surcroît. Je ne pense pas que vous vous soyez récemment rué sur une paire de pompes en ayant regardé Usain Bolt réaliser ses performances. À la limite, ça aurait même tendance à décourager.

Non, pas de doute : les jeux sont des gouffres financiers. Colorés, joyeux, festifs, forcément citoyens (du monde) adossés à une compétition dans un esprit de partage et de fraternité évidemment planétaire avec des rafales de bisous écoconscients en package bonus. Mais ça reste des gouffres.

En ces temps de crise violente, on comprend maintenant mieux les grimaces des londoniens, et mieux aussi pourquoi le petit Bertrand semble avoir largement digéré la pilule.

En effet, quand on sait que la Ville de Paris est, techniquement, dans la dette et les déficits jusqu’au cou, que ses dépenses ont bondi sous l’ère Delanoë de plus de 44%, en parallèle d’une explosion du nombre d’employés et de l’absentéisme, bref, que la situation financière de la ville est proprement catastrophique, on imagine qu’avec les Jeux Olympiques, la facture finale aurait été démentielle.

Tous comptes faits, les Français en général et les Parisiens en particulier pourront remercier chaudement le Comité Olympique d’avoir choisi Londres plutôt que Paris. Les larmes de Delanoë de 2005 prennent un goût étonnamment sucré.

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Commentaires73

  1. Le Gnome

    Apparemment, il y a de nouvelles ruines à visiter à Athènes ( si vous n’êtes pas Allemand, le Teuton étant mal vu là-bas, je ne sais trop pourquoi). Mais il parait que les vestiges du Parthénon sont bien plus belles que ceux des derniers JO.

    1. Théo31

      Les Cariatides de l’Erechteion sont des fausses (les vraies sont à Londres). Même sur leurs antiquités, les Grecs trichent. :D

  2. Homo-Orcus

    « Les larmes de Delanoë de 2005 prennent un goût étonnamment sucré. »
    My God ! téter les yeux à Delanoé, mais c’est dégueulasse !

  3. Monoi

    La vraie facture est connue depuis des annees pour qui se donnait la peine de se renseigner. A l’epoque ou il fonctionnait encore, le blog burningourmoney estimait les depenses a plus de 20mds…

    Quand on sait que la ministre de l’epoque a admis que le chiffre de 2.75mds avait ete calcule sur un bout de papier dans un restau, avec les performances habituelles de budgetisation des politiques, ne nous etonnons pas du resultat.

    En plus, toute la partie ou se trouve le parc olympique a ete refaite. Avant, c’etait une zone industrielle qui ne ressemblait a rien mais ca fonctionnait avec pleins de petites boites. Allez hop, tous vires. Il restera le stade, qui va etre partiellement demonte, le velodrome et un autre truc blanc, mais le reste, ce sont des echaffaudages…

    Ceci dit, quand je mentionne la gabegie que cela represente, nombreux sont les gens qui pensent que je suis un grincheux. C’est l’argent des autres apres tout, pourquoi s’offusquer? Le lien entre « autres » et eux memes est rarement fait. Ce dernier point est incroyable vraiment, car ce sont generalement des gens dans la tranche superieure mais il faut leur expliquer le concept de ce qui ne se voit pas pour avoir un debut de comprehension.

    Perso, je loue une chambre a prix d’or pour 15 jours a un journaliste (il m’aurait offert le 5eme que j’aurais dit oui!) donc ca me refait une salle de bains tout en payant pour des tickets.

    Et puis je regarde dehors en tapant ceci, c’est vent, nuages et pluie…

    La cerise sur le gateau, c’est que les politiques insistent quand meme pour dire qu’on est en dessous du budget…

  4. dede

    Tout a fait d’accord. Lorsque l’on me disait que c’etait une bonne occasion pour ameliorer l’infrastructure, j’ai toujours pense que si ladite amelioration etait vraiment benefique, il n’y avait pas besoin des JO pour prendre la decision d’investissement.

    Sur le tourisme, je suis convaincu que cela permet de faire connaitre une destination, toutefois, le monde entier reve de voir Paris (du moins ceux qui n’y ont jamais mis les pieds et cotoye les joies de notre industrie du tourisme – taxis escrocs, serveurs pas aimables et hotels miteux) et je ne vois pas en quoi les JO vont declencher une envie qui existe deja (c’est different pour Grenade et ses JO d’hiver par exemple : les gens n’imaginaient pas necessairement qu’aller faire du ski au sud de l’Espagne, c’est possible).

    La conclusion a laquelle j’etais parvenu en constatant l’engouement unanime de nos gouvernants pour le bouzin, c’est que dans tous les milliards a depenser, il doit bien y en avoir un peu qui reviennent en retrocommissions…

    Cette fois-ci, une fois n’est pas coutume, ce sont les Anglais qui ont paye, tant mieux pour les contribuables francais.

    NB : j’ai entendu dire que les JO d’Atlanta etaient a l’equilibre egalement

    1. nebukadnetsar

      A combien peut-on chiffrer le rétro-commissionnement, that’s the question ?

      Il ne suffit que de voir l’inflation des ronds-points giratoires sur nos belles routes, maintenant consacrée à assurer la traversée de chemins vicinaux à 10 voitures/jour maxi…

    2. Théo31

      Rétrocommissions, surfacturations : ça permet d’engraisser les copains et de détourner un max de pognon dans un gros enfumage d’intérêt général.

      On notera qu’il n’y a que les politiciens et leurs clients qui se battent pour avoir des JO dans leur commune ou leur pays. Et quand un politicien met son nez quelque part, une bonne grosse odeur de merde l’accompagne systématiquement.

  5. infraniouzes

    Mais les J.O c’est la fête ! Puisqu’on vous le dit…. Regardez ces foules en délire à l’énoncé du nom de leur vile choisie pour cette « Grande Fête de La Jeunesse ».
    N’est-ce pas émouvant ? Attendrissant ? Demandez aux Savoyards le coût des J.O. d’Alberville voulus à TOUT PRIX par le sémillant Michel Barnier, ci-devant commissaire européen au Marché intérieur et aux Services.
    Faut savoir ce qu’on veut.. Faire la fête ça a un prix. Le plus marrant c’est que tout le monde paye, même ceux qui ne font que regarder les J.O. à la TV et même ceux qui ne regardent pas. C’est comme ça….
    Le monde de demain me fait irrésistiblement penser à celui dépeint par Ph. Druillet dans sa BD Délirius: un seul continent voué aux jeux, aux plaisirs, à la fornication (tout ça payant) et sous la coupe d’une organisation planétaire qui empoche le pognon et maintient l’ordre d’une main de fer.
    On y va doucement mais surement et Druillet est sûrement bien plus visionnaire que tous les marchands de soupe qui encombrent nos écrans.

    1. gem

      La vision de druillet me semble encore trop optimiste par son énergie vitale débordante. Celle de Caza (« Les Habitants du crépuscule », « Les Remparts de la nuit »…) me semble hélas plus réaliste, avec ses Om tronqués, mous, bêtes, peureux, immobiles, enfermés douillettement dans une technostructure maternante. Morts.

    2. channy

      « Demandez aux Savoyards le coût des J.O. d’Alberville voulus à TOUT PRIX par le sémillant Michel Barnier, ci-devant commissaire européen au Marché intérieur et aux Services. »

      Barnier a simplement voulu répéter l’exemple de Grenoble en 1968..ou la réception des J.O d ‘hiver à complétement changer la physionomie de la ville( nouvelle gare, aeroport, mairie, nouvelles routes)..et rapporté beaucoup aux stations de sport d’hiver avoisinantes ( chamrousse, villard de lans etc )..sur le plan des retombées ce fut un vrai succès.
      Bon après comme le dit H16 certaines infrastructures ont été laissé à l’abandon comme le tremplin à ski de saint nizier(vendu pour 1 franc symbolique il me semble), la patinoire qui a très mal vieillie et fut détruite..le village olympique est devenu un ensemble de logement sociaux ouvert à tous les trafics

        1. channy

          Vrai LMAE…les jeux ont coute à l’époque 1.1 milliard de francs dont 75% payé par l’état..c’était une époque festive car le gouvernement avaient des comptes publiques excédentaires( si ,si la France a connu cela il y a bien longtemps) et le grand Charles voulait en foutre plein la tronche au reste du monde
          Le reste Soit 300 millions de francs fut à la charge de la ville

          Mais combien ont encaissé les stations de sport d ‘hiver dont quasiment personne n’avait jamais entendu parlé ou si peu avant les J.O? je ne parle même pas des petites stations qui ont vu enfin la construction de vrais routes d’accès

          Certes il y eu de beau gaspillage avec des constructions d’une utilité douteuse( ex le cargo, le conservatoire etc ) preuve que quand il s’agit de dépenser l’argent des autres les politocards sont imbattables

          Les jeux ont été l’occasion de secouer cette ville plutôt endormie depuis la fin de la 2nd guerre mondiale.
          juste l’avis d’un grenoblois
          ps mais de nouveaux J.O à Grenoble Jamais!

    1. eheime

      Au moins il en reste un belvédère sympatique (il n’y a pas de Tour Eiffel à Montreal ) et un velodrome reconverti en biodome qui font partie du charme des visites à faire dans la ville

      1. vengeusemasquée

        Exact. Le biodome, c’est cool. Une bonne reconversion dont la fRance n’aurait pas été capable. Nous on dépense, puis on jette.

    2. nebukadnetsar

      Les suceurs de sirop d’érable ne vont pas nous faire pleurer avec leur coeff x même pas 5 contre un, x12 à Londres…
      De quoi se plaignent-ils ?

  6. gem

    L’avantage des JO pour le politicien tient en trois points
    a) cirque de première bourre
    b) gouffre financier dans lequel on peut, hop, faire disparaitre tous les gravats des autres trous, même les plus maousses
    c) travaux = rétro-commission et financement électoral
    Et tous ça aux frais de la princesse bien sur ; que demande le peuple ?

    1. eheime

      a) les poticiens occupent le devant de la scene, c’est un point important

      Meme en ayant pas le JO, on a vu la tronche de cake de Delanoe à répétition pendant le « suspens » …

      Je crois qu’en fait gérer, au sens propre, un ville, un pays, non seulement ils en sont incapables, mais en plus ca les emmerde.

      Alors que se montrer à la télé …
      Beaucoup de politiciens sont des acteurs manqués malgré leur talent.

      1. gw29

        « La politique consistait à essayer de faire quelque chose, aujourd’hui elle consiste surtout à essayer d’être quelqu’un »
        Magret Thatcher.

  7. Pandora

    Ainsi le tremplin du saut à ski à Courchevel ne serait pas une attraction touristique ?

    Bah, même pas vrai : tous les clients des hôtels plein d’étoiles dans la région ne viennent que pour voir cette incongruité au milieu de la montagne, inutilisée depuis 1992.

  8. barboteur

    Plusieurs choses m’étonnent :
    – ca se passe en GB, un pays hyper libéral
    – Cameron veut nous piquer nos riches en disant que çà paiera leurs écoles, il n’a pas dit leurs JO …
    – même en GB, on laisse les prix d’origine (déjà énormes) se multiplier par 13 … où va-t-on ?

    1. Calvin

      Je confirme.
      La GB n’est pas hyper-libérale !
      Prends la Sécu du pays : hyper-nationalisée, pire qu’en France !!
      L’austérité à la Cameron, c’est du « je diminue le niveau d’augmentation de la dépense publique », et non une vraie diminution.
      La GB a connue, un temps, un vrai virage libéral (sous MT), mais cela reste quand même encore une bonne grosse social-démocratie.

      D’autres pays ont amorcé eux aussi un virage libéral : Nouvelle-Zélande, Suède, Canada (hors Québec)…
      Ils n’en sont pas encore hyper-libéraux !!

      (Note à Barboteur : attention, le terme hyper-libéral est un terme qui permet de détecter la mauvaise foi ou la méconnaissance de celui qui l’emploie !!)

        1. Calvin

          Comme on dit, aucun pays n’est libéral.
          La Suède, malade son Etat Providence a pas mal réformé ces derniers années.
          Une bonne cure de libéralisme, donc.

    2. Monoi

      GB, un pays libéral? On s’est tapé 13 ans de socialisme avec Blair et Brown, qui ont mis le pays en faillite, et maintenant on se tape cet abruti de Cameron associe à clegg, qui sont aussi minable.

      Libéral, ça se saurait.

    1. nebukadnetsar

      Faux ami/ c’est bien « bonne chère » dans le sens du vieux français où « chière » désignait le visage (on présente un visage réjoui parce que l’on apprécie ce que l’on mange.

      @Calvin
      pourquoi pas faisant bonne chère en mangeant de la chair dhère

  9. channy

    Comme dirait notre regrettable ami Gérard Holtz

    « Les J.O sont fait montrer la beauté du sport »

    un seul regret cependant tous ce pognon dépensé de manière festives pour des trucs temporaires,aux retombées financières très aléatoires etc…Bref c’est très français ça ,pas anglais!
    Donc Messieurs les anglais rendez nous nos jeux olympiques.

  10. Calvin

    Organiser des JO, pourquoi pas ?
    On ne reviendra pas sur le côté festif et sportif, auquel on adhèrera ou pas.
    Reste le côté économique qui n’est pas négligeable et, en théorie, devrait permettre de rapporter de l’argent.

    Or, que constate-t-on ? D’abord, le sport ne doit pas être entâché par le privé.
    Donc, OK pour qu’il y ait des sponsors officiel, qui fassent de la pub, mais pour le reste, l’organisation notamment, ce doit être déconnecté des règles de la réalité.

    Les politiques se saisissent donc des manettes.
    Que font-ils ? Ils investissent dans du long terme ? Ils utilisent avec parcimonie et avec intelligence les deniers publics ?
    Non, la finalité c’est :
    – un grand coup de com’, peu importe le coût,
    – un plan de relance puisqu’on arrose des secteurs comme le BTP,
    – la possibilité de dessous de table.

    Au final, on aura récupéré un max de dettes, une légère améiloration des infrastructures autour de la ville organisatrice (masquant peut-être, pour les prochaines années un déficit chronique d’infrastructures).
    Ce qui est construit, ce n’est pas l’amélioration globale du pays, de la région, ce sont les abords immédiats des sites et l’interconnexion.
    On pourrait même les appeler les JP, les « Jeux Potemkine ».

    Un mot sur l’éphémère… Nos élus ne sont-ils pas fer de lance dans l’éco-citoyenneté ??
    Ils n’arrêtent pas d’imposer aux habitants, aux travailleurs, aux entreprises, du Développement Durable.
    Et dès qu’ils doivent organiser quelque chose, ils bâtissent dans le vent et dans le jetable.
    « Faîtes ce que je dis, pas ce que je fais… »

  11. eheime

    Cette histoire de JO me fait penser à une salle d’encheres. Avec deux encherisseurs (Paris et Londres) qui se disputeraient un bien convoité, l’un étant toujours près à se déposséder plus que l’autre pour pouvoir prendre possession du bien. Puis les enchères faites, le gagnant se rend compte qu’il a vraiment surpayé la babiole qui n’est pas si fantastique que ça en fin de compte.

    1. gem

      Magnifique rhétorique, parfaitement imparable. Parce que, un comptable te le dira, un budget est toujours équilibré, par définition !
      Le problème c’est : avec quoi tu as équilibré tes dépenses ? Des recettes ou … des dettes (des subventions etc.) ?
      Et ça, curieusement, le brave homme a omis de le préciser …

  12. nebukadnetsar

    Dans le genre de dépenses olympiques pour un quasi-équivalent en football (Euro 2016) et l’accueil de son club de foot, la ville de Lille (surtout avec le « fervent » appui de sa communauté urbaine) s’est engagée pour plus de 600 millions d’euros sur 30 ans dans la construction de son gigantesque stade > 50.000 places, ceci pour l’investissement hors la maintenance courante qui en découle…
    Et encore il y a un surcoût de la bagatelle de 93 M€ pour des besoins nés des normes nouvelles anti-sismiques qui sont en discussion (qui va payer??? bien que je n’ai guère de doute sur ce point) mais qui sera réalisé ultérieurement et probablement par tranches…
    Le Losc (14.500 abonnés actuellement parce que le LOSC gagne contre auparavant (vers 2005) 10.000 abonnés à peu près, recueille en moyenne une audience dans ses gradins de 15 à 16.000 personnes qui peut monter au maximum à plus de 18.000 (capacité maxi atteinte de Grimonprez-Jooris) les soirs de derby avec Lens ou d’une affiche alléchante pour les amateurs de ce sport.
    La municipalité ayant jugé intolérable que donc certains soirs exceptionnels, des amateurs de foot ne puissent y accéder, il fallait renouveler tout cela…
    Initialement, vers 2006, une nouvelle modification/rénovation de GRIMONPREZ-JOORIS était proposée pour une capacité de 33.000 places pour seulement 38 M€ initiaux (à corriger d’un coeff x3 minimal mais restant plutôt « raisonnable ») mais faisait un peu cheap, surtout quand il y a de l’argent gratuit du contribuable plein les tiroirs.

    Sur une base moyenne de 15.000 abonnés pour faire simple, le stade de plus de 50.000 places correspond à un investissement par spectateur gradin garanti de présence de 40.000 euros sur 30 ans, hors maintenance soit 1.300 euros par an minimum + maintenance.
    Sans dire que les Nordistes sont pauvres comme Job, je ne crois pas que tous les abonnés acquittent un minimum de 1.500 euros d’abonnement par an…

    La chère(onéreuse) Martine Delors-Aubry-Brochen oblige donc 1.105.000 habitants de la LMCU à financer un cadeau pour 20.000 amateurs à tout péter soit grosso modo 50 euros par an et par tête de pipe, pour leur plaisir…

    La même, sans rire -cela va de soi puisque la tête de dogue à qui on a chipé son os à moëlle est son apparence habituelle- assure que de grands spectacles musicaux combleront les besoins.
    Permettez moi de douter qu’on arrive à remplir un tel machin 30 à 40 fois par an avec des artistes d’un tel calibre minimal (§ Stade de France).

    Dommage qu’on ait eu l’attribution del’Euro 2016…
    Espérons que nous louperons les prochaines…

    1. vengeusemasquée

      Je rajouterai, pour enfoncer le clou, qu’une infrastructure de ce type coûte en maintenance sur 30 ans 4 à 5 fois le prix de son investissement. Pleurez mes enfants.

  13. YouplaBoum

    Les jeux de Los Angeles, les derniers ayant été bénéficiaires, furent aussi, ôh surprise, totalement financés par le secteur privé …

    1. Homo-Orcus

      Tiens, àa me rappelle l’émission Eurosport lors de la journée de la désignation de la ville.
      L’invité sportif d’honneur, Daniel Constantini, un type super à écouter, clair, net précis qui a du se fader deux petits cons de journalistes pour qui ça ne faisait pas l’ombre d’un doute, c’est Paris. Jeunes cons arrogants, des franchouilles quoi ! Ayant du boulot, j’écoutais dos tourné à la télé et à un moment les sponsors ont été évoqués. Là, j’entends que Delanoé a refusé la participation de Coca…, il était 11h et je me suis dit, c’est râpé, Coca n’acceptera pas de se faire évincer de son levier préféré de communication. Donc on a préféré jouer les pécores sur les champs pour emporter la chose…

      1. Théo31

        On a de sacrés gros connards de compétition en France, avec tellement de merde entre les oreilles qu’ils ne pourraient pas aller en catégorie poids lourds.

  14. Stéphane

    Je crois me souvenir lors du psychodrame de l’attribution des JO à Londres plutôt qu’à Paris que la ville organisatrice recevait du CIO une « enveloppe » liée aux droits de retransmission, enveloppe dont le montant était de deux milliards d’euros (à l’époque).

    On en fait des choses avec deux milliards d’euros.

    On comprend bien que les politiciens se battent pour décrocher deux milliards d’euros.

    Seul souci, ils ont fait tellement de promesse pour décrocher leurs deux milliards et sont tellement des buses en gestion qu’une fois l’attribution en poche, ils en dépensent quinze.

  15. Jules

    C’est amusant parce que j’habitais Paris en 2005 je me souviens avoir poussé un grand ouf de soulagement lorsque les JOs sont parti à Londres … Très égoïstement, je pensais à mes impôts locaux, qui a défaut d’être maitrisé, n’allait pas exploser.
    Ceci dit, j’avais l’impression d’être un extra terrestre à ce moment là *sick*
    Mon vieux h16, tu prêches des convaincus, mais tu le fais avec talent :-)

      1. Martin-Lothar

        En remarque, la motocrottes pourrait être une nouvelle discipline pour les JO (ça aurait du chien tout en faisant des économies). Quant aux mimes, je suis muet…

  16. Pascale

    Je ne sais si les Anglais sont aussi nuls que les Français en économie mais c’est la seconde fois que j’entends quelqu’un, ici, en France expliquer que ce n’est pas grave qu’une ville (française) soit en faillite, du moment que les travaux ont été faits et que en plus : « on ne pouvait pas vivre comme au XIXème siècle, quand même ! ».

    Et ce seront les mêmes personnes qui s’indignent de la soi-disant main mise de la finance sur nos vies !!! Désarmants de naïveté …

    Donc les travaux pharaoniques de Londres, pfff, il faut bien qu’on s »amuse, quand même !

  17. something

    La video est excellente. Delanoë donne l’impression que son nez s’allonge en même temps qu’il parle et sa dernière phrase servirait d’étalon si le pipeau se mesurait (hommage) !

  18. Martin-Lothar

    Une petite citation-souvenir, qui ne date pas d’hier, d’un certain monsieur Pythagore (un apprenti géomètre grec qui ne buvait pas de thé au Rem — un bar branché) : « Le spectacle du monde ressemble à celui des Jeux olympiques : les uns y tiennent boutique ; d’autres paient de leur personne ; d’autres se contentent de regarder. » ( Pythagore, Fragments)
    Nous n’avons rien inventé !

  19. gnarf

    Je pense la meme chose de l’Euro 2012 en Pologne. J’ai lu des articles ou tout ce petit monde expliquait comment l’euro 2012 avait fait avancer remarquablement le developpement du pays.
    C’est tellement stupide. Ca n’a rien apporte a part une depense carabinee d’argent public, et des stades qui seront sous-utilises.
    Ils ont estime le gain economique par les touristes a 200 millions d’euros. La depense pour les stades a ete d’un milliard d’euros passes. Pendant ce temps-la, dans les villes qui n’ont pas ete selectionnees, comme Cracovie, un stade a vu le jour, finance par le prive, pour 5 fois moins cher qu’un stade de taille identique finance par l’argent public.

  20. Manassas

    J’ai eu l’occasion de visiter l’entreprise Forman&Sons qui a elle aussi une dent contre les jeux olympiques de 2012. En effet cette entreprise spécialisée dans le fumage de saumons sauvage possédait, il y a 5 ans, des locaux qui se trouvaient au centre du nouveau stade olympique et a du plier bagage pour construire ce bâtiment.

    Bien sur, à cet emplacement se trouvaient aussi environ 250 entreprises qui ont du déménager séance tenante avec la promesse d’une compensation financière qui n’est toujours pas versée dans certains cas. M. Forman m’a également expliqué que 75 de ces entreprises avaient fermé boutique, 100 autres sont dans le rouge et le reste s’en est à peu près sorti.

    http://www.garnettkeeler.com/wp-content/uploads/2012/06/Formans-calendar-225×300.jpg

  21. La Coupe Est Pleine

    Notre caste dirigeante est bien loin d’être une « buse en gestion », comme certains le disent. Bien au contraire … Le soucis c’est qu’elle gère avec bien plus de zèle ses propres intérêts que ceux de la communauté.

    Moi je pense au contraire que c’est un bien d’avoir fait succéder au calendrier le foot puis les J.O., au moins pendant ce temps, on se préoccupe moins du déficit public, du train de vie de l’état, de la désindustrialisation du pays, du chômage, de l’inflation, du CAC qui vaut autant que le NASDAQ …. Finalement en 2000 ans d’histoire nous avons connu une bien faible évolution sociale, nous en sommes encore à la recette de Néron : Du pain et des jeux, le peuple sera content.

  22. Achille

    Du Pain et des Jeux, + des sénateurs corrompus (ou achetés, c’est pareil), + des pauvres à ne plus savoir qu’en faire, + des hyper riches et extravagants, + des frontières très poreuses, + des guerres opportunes, … Qui a dit que l’Histoire ne se répétait pas ?

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